Que penser du nouveau congé de naissance ?
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 1:17OuverteRéponse directe
En quoi consiste ce nouveau congé de naissance ?
- 2:06OuverteRéponse directe
Est-ce que ça répond à un blocage pour les parents aujourd'hui ?
- 2:56OuverteRéponse directe
En un mot, en quoi consiste ce collectif Liberté Parentale ?
- 3:40OuverteRéponse directe
Racontez-nous comment vous avez sollicité ce congé parental.
- 4:34OuverteRéponse directe
Combien étiez-vous rémunérée ou quelle était l'indemnité ?
- 4:50RelanceRéponse partielle
Évidemment, ce n'est pas possible.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:45PrésentateurChiffre
« Le nouveau congé de naissance serait mieux indemnisé que l'actuel congé parental. 70% du salaire net le premier mois, 60% le second. Cela devrait coûter 300 millions d'euros aux finances publiques. »
- 1:32InvitéFait
« La France était assez en retard, notamment au regard de la directive européenne en matière de congés parentaux, puisqu'elle demande aux États membres d'avoir des congés bien rémunérés, 4 mois par an. »
- 1:43InvitéChiffre
« Le congé parental, disons l'allocation de congés parentaux, la prépare, qui existe aujourd'hui en France, est un congé assez long, mais très mal rémunéré, puisque c'est autour d'un tiers du SMIC. »
- 3:12AuditeurFait
« Il sert à informer les parents et surtout alerter sur le projet de réforme du congé parental. »
- 4:37AuditeurChiffre
« 448 euros, la prépa. »
- 7:00AuditeurChiffre
« 83% des familles qui voudraient prendre le congé parental s'il était mieux rémunéré. »
- 11:33PrésentateurFait
« C'est un rapport qui avait été mené par Boris Cyrulnik sur les mille premiers jours du développement de l'enfant. »
- 15:56AuditeurChiffre
« Les assistantes maternelles sont en train de partir à la retraite. Elles ne sont pas remplacées pour plus de 50%. »
Temps de parole
- Invité41 %
- Présentateur30 %
- Auditeur26 %
- Présentateur 23 %
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Oui, le nouveau congé de naissance serait mieux indemnisé que l'actuel congé parental. 70% du salaire net le premier mois, 60% le second. Cela devrait coûter 300 millions d'euros aux finances publiques. Et pour en parler, ce matin, vous recevez Hélène Périvier, économiste et directrice de recherche à l'Observatoire français des conjectures économiques Sciences Po. Également, Samantha Meslem, une maman créatrice du collectif Liberté Parentale pour améliorer le statut parental. Bonjour Hélène Périvier. Bonjour. Et merci d'être avec nous ce matin. Bonjour également à vous Samantha Mélème. Bonjour. En ligne aussi. On entendra votre témoignage dans une minute Samantha Mélème.
Mais d'abord Hélène Périvier, je me tourne vers vous. En quoi consiste ce nouveau congé de naissance ?
Alors d'abord, je pense qu'il faut préciser que la France était assez en retard, notamment au regard de la directive européenne en matière de congés parentaux, puisqu'elle demande aux États membres d'avoir des congés bien rémunérés, 4 mois par an. Alors la France n'était pas complètement dehors des clous, parce qu'on a déjà le congé maternité-paternité, qui est quand même de nature assez différente. Et puis le congé parental, disons l'allocation de congés parentaux, la prépare, qui existe aujourd'hui en France, est un congé assez long, mais très mal rémunéré, puisque c'est autour d'un tiers du SMIC.
Donc ce congé de naissance, c'est l'idée d'essayer de modifier ce système de congés pour aller vers un congé mieux rémunéré, donc pour les parents qui travaillent, et permettre, plus court, d'avoir un congé partagé entre les deux parents.
Et parce qu'aujourd'hui, ça répond à ce qui était un blocage aujourd'hui pour les parents, le mode de garde ?
Oui, alors de toute façon, il y a un blocage du côté de l'accueil du jeune enfant, parce qu'il y a beaucoup de parents, et en l'occurrence de femmes, qui souhaitent retravailler après le congé maternité, mais qui ne trouvent pas un accueil de qualité accessible à la fois financièrement et proche du domicile. Donc il y a tout le défi du service public d'accueil du jeune enfant, qui normalement doit se déployer. Et là, il faut vraiment continuer aussi à mettre l'accent sur cette dimension-là. Et puis, il y a aussi, effectivement, la possibilité pour des parents de pouvoir passer un peu plus de temps avec le très jeune enfant.
On pourrait aussi se poser la question de congés plus flexibles pour des adolescents aussi. Enfin voilà, du temps que les parents puissent avoir pour passer avec leurs enfants.
Du temps avec ces enfants. Samantha Mellem, vous êtes maman de quatre enfants, et c'est justement ce que vous vouliez. Vous avez créé le collectif Liberté Parentale. En un mot, en quoi consiste ce collectif Liberté Parentale ?
Il sert à informer les parents et surtout alerter sur le projet de réforme du congé parental. Il a été créé, à vrai dire, quand on a entendu l'idée du congé de naissance, sur le papier, donc mieux rémunéré, c'était intéressant. Mais en lisant les petites lignes, on s'est rendu compte que c'était plus court et il n'y a pas de libre répartition, vu que ça doit être à égal à la répartition entre le père et la mère. Et ce n'est pas forcément ce qu'on attend.
Déjà, vous-même, vous avez été confronté à la difficulté des modes de garde et l'envie de passer plus de temps avec vos enfants. Racontez-nous, on entend d'ailleurs vos enfants à vos côtés, racontez-nous un petit peu comment vous avez voulu solliciter ce congé parental.
Alors, pour mes trois premiers enfants, je ne l'ai pas pris. On a un peu les dictats de la société qui font que c'est mal vu, le congé parental, de prime abord. Et pour ma dernière, je me suis dit que, justement, là, j'allais profiter et passer du temps avec ma fille. Ça, c'était mon premier point. Second point, et non négligeable, je n'avais pas de mode de garde. J'étais censée reprendre au mois de février. Les assistantes maternelles ne sont pas disponibles, les crèches ne sont pas disponibles. Tout se fait, en général, au courant de la rentrée en septembre. Donc, je me suis dit que j'allais profiter du congé parental. Et mon désir de maman, je n'ai pas vraiment...
Enfin, on en a discuté avec mon mari, mais j'avais, moi, l'envie, en tant que maman, de rester avec ma fille.
Et donc, vous avez eu ce congé parental. Combien étiez-vous rémunérée ou quelle était l'indemnité ?
Alors, 448 euros, la prépa. Enfin, là, elle a un peu augmenté. Mais à l'époque, c'était un petit peu moins. Et voilà.
440 euros par mois. Hélène Périvier, vous êtes économiste, on l'entend. Évidemment, ce n'est pas possible. Dans l'arbitrage économique des parents, on comprend aisément qu'il y a une incitation très, très forte à travailler.
Alors, on pourrait aussi dire que pendant longtemps, il y a eu une incitation très forte aux femmes à ne pas travailler. Ce qui pose des problèmes ensuite d'égalité femmes-hommes et des problèmes aussi au moment des séparations. Puisqu'on est dans un pays où les gens peuvent librement se mettre en couple, avoir des enfants, se séparer. Donc, il faut qu'on ait des politiques publiques qui s'adaptent. Le problème, c'est que là, on est au cœur entre deux normes. Des normes éducatives, des gens qui légitimement veulent passer du temps avec leurs enfants. C'est le cas de madame et c'est tout à fait légitime.
Bien sûr, individuellement, on peut souhaiter avoir du temps pour être avec son très jeune enfant. Et puis, des normes de genre, parce que ce sont essentiellement les femmes qui prennent ces congés. Il y a très peu d'hommes qui prennent le congé parental. Et ça, ça a un effet sur toutes les femmes. Y compris celles qui n'ont pas d'enfants. Y compris celles qui restent très investies dans leur carrière. Pourquoi ? Parce que ça a un effet de réputation. C'est-à-dire qu'ensuite, quand l'employeur va devoir embaucher quelqu'un, il va plutôt se dire une jeune femme. Bon, je ne vais peut-être pas la prendre.
Parce que quand elle aura un enfant, elle prend un congé parental, elle va partir plus tôt le soir, etc. Moi, je préfère avoir quelqu'un dit de fiable. Je ne vais pas la promouvoir. Je ne vais pas. Donc, ça a été montré. Il y a beaucoup de travaux en économie qui ont montré l'effet statistique de cet effet de réputation qu'on appelle une externalité. Et c'est là où on glisse d'un choix individuel bien légitime et respectable à une vraie question sociale.
Comment est-ce qu'on organise des politiques publiques qui permettent à la fois l'égalité femmes-hommes et en même temps, de façon raisonnable, parce qu'on ne peut pas non plus payer un congé parental à 70% du salaire pendant 3 ans jusqu'à la scolarisation. Ça, il faut quand même se poser la question de qui financera un tel congé. Et donc, voilà, il y a tous ces éléments-là à prendre en compte. Donc, il faut aller effectivement vers la possibilité pour les parents qui le souhaitent d'avoir ce congé. Mais il faut aussi que les hommes prennent leur part dans l'éducation des enfants.
Samantha, Mélène, vous aviez souligné dans votre témoignage, justement, que vous en aviez parlé avec votre mari, mais que vous aviez fait ce choix toute seule. Que répondez-vous à ce que peut dire Hélène Périvier ? Comment ça résonne dans votre témoignage personnel ?
Alors, moi, ce qui résonne dans mon témoignage personnel, mais également dans le témoignage de nombreuses familles, on a fait, avec Liberté Parentale, on a commandé un sondage IFOP, qui d'ailleurs a été repris par le Figaro, où il y a 83% des familles qui voudraient prendre le congé parental s'il était mieux rémunéré. Alors, vous parlez de 70% du salaire pendant 3 ans, ce n'est pas forcément ce qui est demandé. Nous, on partait du principe qu'on aurait pu le faire pendant un an et après de manière dégressive. Pour ce qui est des mamans et des papas, il y a des papas qui prennent le congé parental. Ce n'est pas que les mamans.
Alors, certes, c'est plus les femmes que les hommes, bien entendu, mais quand vous parlez de meilleure rémunération, des patrons qui ne veulent pas embaucher les femmes justement parce qu'ils se disent derrière qu'il va y avoir des complications, c'est ces mentalités-là qu'il faut changer. Ce n'est pas le fait qu'un parent veuille s'occuper de son enfant. On veut réarmer démographiquement la France. Ce n'est pas en punissant les mamans et en les obliger à confier leurs enfants à un tiers.
Hélène Bérivier, vous voulez réagir ?
Oui, non, juste, je comprends tout à fait. D'abord, moi, je me base sur les statistiques nationales. Moi, je comprends très bien, on regarde autour de soi. Les travaux que je mentionne sont des travaux qui sont issus des données de l'INSEE. Donc, voilà, 98% des allocataires du congé parental sont des femmes. Et ensuite, effectivement, ce qui est important, c'est que cette charge, ou en tout cas la question de la parentalité, ne soit pas uniquement portée par les femmes. Il faut qu'elle soit partagée pour qu'ensuite l'employeur, et ensuite on pourra voir comment est-ce qu'on peut faire en sorte pour que les parents ne soient pas pénalisés sur le marché du travail.
63% des répondants de l'enquête IFOP dont vous nous parliez, Samantha Mellem, estiment que les décisions prises par les politiques ne facilitent pas leur vie de parents. Vous, ce que vous dites aussi, en tant que maman de quatre enfants, en tant que couple aussi, puisque vous disiez que vous n'en aviez pas avec votre mari, que les politiques aujourd'hui ne vous permettent pas d'avoir le nombre d'enfants que vous voulez.
Ça, d'une part, mais ce qu'il faut entendre, c'est que les familles ne sont pas consultées. On propose un projet de réforme du congé parental sans consulter les familles. Et c'est quand même, elles, les principales concernées. Il faut les écouter. Et quand vous parlez également d'économie, en expliquant que ça allait coûter cher à la France, une place en crèche, à l'heure actuelle, ça coûte 2000 euros par mois. La prépare, c'est 448 euros. Donc il y a un delta. Il y a des économies qui peuvent être faites également de ce côté-là.
Ce que vous voulez dire par là, Samantha Bellem, c'est que du point de vue de l'État, ça coûterait beaucoup moins cher de payer des congés parentaux mieux rémunérés ou des congés de naissance mieux rémunérés que financer les places en crèche.
Absolument. Et puis même, il faut laisser la liberté. Là, à l'heure actuelle, on a quand même le droit de partager le congé parental entre deux tiers et un tiers. Ça, c'est un droit qu'on a depuis un moment. Vous constaterez qu'il y a très peu d'hommes qui le font. Pourtant, ils ont la liberté de le prendre. Ils ne le font pas. Ils ne le prennent pas.
C'est leur volonté. Hélène Périvier, sur ce point économique, effectivement, c'est un argument qui est repris souvent de 2000 euros par mois, le coût d'une place en crèche, 400 euros par mois, le coût du congé parental. Pourquoi l'État n'augmente pas le plafond pour qu'il y ait un déport des modes de garde qui coûtent cher à l'État vers le fait que les parents puissent s'occuper de leurs enfants ?
Alors, d'abord, on constate bien que les pères ne prennent pas ces congés. Donc, il faut que les pères prennent ce congé. Et je comprends que certains couples aient envie de faire déporter, de faire en sorte qu'un seul parent le prenne. Mais c'est ce que j'ai essayé d'expliquer tout à l'heure. Comme ça a un effet un peu, ce qu'on appelle une externalité sur l'ensemble de la population. Au-delà des sujets de genre. Ça, c'est un élément important. Ensuite, ça dépend beaucoup. Ça dépend de la durée de ce qu'on propose aux gens. La durée, si c'est un an, si c'est deux ans, si c'est six mois, ce n'est pas du tout le même coût.
Et ensuite, ça dépend du recours, donc qui va prendre ce congé, et du salaire des personnes qui vont prendre ce congé. Donc, c'est ça qui va déterminer le coût potentiel de ce congé. Moi, ce que je pense, ce n'est pas comme ça qu'il faut voir les choses. Il faut regarder l'accueil du jeune enfant sur un parcours jusqu'à la scolarisation. Il n'y a pas que la question de ce que veulent les parents ou leur possibilité de travailler, qui sont des éléments importants. Il y a aussi, qu'est-ce qu'on sait du point de vue de l'enfant ? Il y a quand même un consensus pour dire qu'à partir d'un certain âge, il est plutôt intéressant en matière de développement cognitif de l'enfant qu'il soit socialisé.
Il faut effectivement que ce soit... A partir de quel âge ? Les spécialistes, si vous regardez les mille jours, c'est souvent autour de un an, un an et demi, mais un an. Il y a des pays où c'est plutôt un an. Les pays nordiques, à partir d'un an, les enfants sont accueillis dans une structure collective. Et puis, se pose la question de l'avant. Mais nous, en France, on fait un peu tout. Cette question du libre-choix qui est mis en avant, que madame met en avant et que je comprends. Je veux faire un peu comme je le souhaite. Sur les trois ans de l'enfant, c'est difficile d'organiser des politiques publiques qui permettent ce libre-choix effectif pour tout le monde.
Si je reprends ce point-là, et notamment, vous mentionnez le rapport des mille jours. C'est un rapport qui avait été mené par Boris Cyrulnik sur les mille premiers jours du développement de l'enfant et qui mettait effectivement en avant l'importance aussi d'avoir les parents, papa et maman, dans les quelques premiers jours et les centaines de premiers jours de la vie de l'enfant. Si on reprend cet argument du coût de la crèche et des modes de garde du point de vue de l'État, est-ce que c'est un sujet sur lequel les économistes travaillent ? Pourquoi est-ce que l'État n'investit pas plus dans un congé parental mieux rémunéré plutôt que dans 2 000 euros par mois de mode de garde en crèche ?
D'abord parce que le coût d'un congé parental est difficile à évaluer parce qu'il dépend du recours et du profil des personnes qui y recourent. Ça dépend aussi beaucoup des conditions d'éligibilité. C'est-à-dire qui aura droit à ce congé ? Si ce sont celles du congé maternité, il faut bien avoir en tête qu'il faut être en emploi depuis un an. Il y a tout un ensemble de conditions qui sont bien légitimes puisque normalement un congé parental, c'est pour des personnes en emploi qui s'arrêtent de travailler complètement ou partiellement pour s'occuper de leur enfant. Aujourd'hui, la prépare, ce n'est pas ça. On peut ne pas être en emploi et demander l'allocation de congé parental prépare.
Donc, il y a quand même toute une refonte à faire de ce point de vue-là. Ensuite, l'accueil du jeune enfant dans des structures collectives type crèche, il faut aussi le penser du point de vue du développement cognitif de l'enfant, du point de vue d'une politique de l'enfance. Ce ne sont pas que des politiques d'articulation vie familiale, vie professionnelle.
Samantha Mellem, comment entendez-vous justement ce point d'Hélène Périvier qui parle d'équilibre entre liberté de choix mais aussi l'importance pour l'enfant d'avoir un développement cognitif dans une crèche avec d'autres enfants ?
Les personnes en crèche, elles sont restreintes. Les professionnels en crèche, enfin, les crèches manquent de professionnels. Donc, ce n'est pas évident de pouvoir mettre son enfant en collectivité. Au-delà de ça, vous précisiez qu'il faut obliger les hommes à prendre leurs responsabilités. Mais le fait d'être en congé parental, ou de ne pas vouloir se mettre en congé parental pour un homme, ce n'est pas le fait de rejeter sa responsabilité. Si vous prenez, par exemple, le cas d'un artisan, vous n'allez pas lui demander d'arrêter son activité tout de suite pour se mettre en congé parental. Enfin, derrière, il faut réfléchir. Chaque famille est différente, chaque situation est différente.
Et moi, pour le coup, j'ai pris mon congé parental pour ma quatrième enfant. Ce que je n'ai pas pris pour les autres parce qu'à chaque moment de la vie, on a des situations qui diffèrent. Et il faut laisser la liberté de choix.
Hélène Périvier.
Oui, je ne pense pas à seul moment à prononcer l'idée d'imposer. J'ai juste dit, il doit y avoir... Si vous m'avez dit, il faut... Non, non, excusez-moi, madame, attendez. Effectivement, ce soit Hélène Périvier.
On a pu comprendre, effectivement, que du point de vue de l'économiste, vous disiez, il y a une forme de devoir à ce que les pères prennent leurs congés, prennent des congés parentaux. Ça ne semble pas évident. Donc, il faut les pousser et pousser à un équilibre. Il faut que le droit soit individuel.
Je voulais juste répondre à la question qui était... D'abord, je n'impose pas. J'ai justement dit, il faut avoir trouvé un équilibre entre le libre choix, mais il faut aussi comprendre que ça a un effet sur l'ensemble de la société. Il s'agit juste d'avoir des droits individuels. C'est-à-dire que monsieur a des droits, il ne veut pas les prendre, mais il ne les prend pas. Madame a des droits, elle les prend. Mais l'idée que madame puisse reprendre le temps de congé parental qui était dédié pour monsieur, là, on va renforcer le fait que ce sont les femmes qui s'occupent des enfants, qui vont prendre ces congés, qui vont rester à la maison.
Je propose qu'on aille un peu au-delà de ces questions de genre qu'on entend bien, Yélène Périvillet. On entend bien dans votre sujet les questions de genre qui sont, selon vous, un sujet. Mais au-delà de ça, il y a aussi le sujet des modes de garde.
Excusez-moi, ce n'est pas selon moi. Je parle au nom des corpus de recherche qui sont faits en sciences sociales. Économie, sociologie...
Tout à fait. Du point de vue de l'économiste, en tout cas. Et ce matin, on voulait un équilibre aussi entre une économiste... Ça n'est pas mon point de vue personnel. Entre une économiste et une maman et justement Samantha Mellem, je voulais m'arrêter avec vous sur les modes de garde. Vous, est-ce que vous pouvez nous raconter si vous avez eu des difficultés à trouver des modes de garde pour vos quatre enfants et notamment pour la quatrième pour laquelle vous avez pris un congé parental ?
Oui, pour la quatrième, du coup, j'avais demandé une place. J'ai fait toutes les réunions pour les assistantes maternelles. J'ai fait une demande de place en crèche et j'allais prolonger, vu que je n'avais pas de retour ni de nourrice ni de crèche, j'allais prolonger mon congé parental. J'ai réussi à obtenir une place de dernière minute et c'est pour ça qu'après, j'ai décidé de reprendre le travail. Mais les nourrices, enfin les assistantes maternelles sont en train de partir à la retraite. Elles ne sont pas remplacées pour plus de 50 %, donc ça, c'est compliqué. Comme je vous le disais, les crèches, elles manquent de personnel.
Et si les mamans veulent ou même les papas veulent s'occuper de leurs enfants même jusqu'aux 3 ans, il suffit juste de plafonner l'indemnisation pour la première année et après de le mettre en dégressif éventuellement et d'aller à l'issue des 3 ans. Les 1 000 premiers jours, c'est plus ou moins les 3 ans, autant en profiter.
Ce que vous dites, c'est que des solutions de politique publique sont possibles. Hélène Périvier, je me tourne vers vous. Des solutions de politique publique sont possibles ?
Alors, d'abord, je pense qu'effectivement, le vrai problème ici, c'est le fait qu'on n'arrive pas à déployer ce service public d'accueil du jeune enfant pour des raisons effectivement d'attractivité du métier, de reconnaissance de ce métier. On a du mal à recruter, donc on a eu mal à ouvrir des places de qualité parce qu'effectivement, il faut que cet accueil soit de qualité, sinon ça n'a aucun sens. Donc ça, c'est un frein majeur sur lequel on doit travailler, sur lequel il y a des réflexions pour essayer d'avoir des systèmes de formation et de professionnalisation de ces métiers qui les rendent plus attractifs. C'est un enjeu absolument clé pour l'accueil du jeune enfant avant ses 3 ans.
Merci beaucoup à toutes les deux. Samantha Mellem, je rappelle que vous êtes maman, créatrice du collectif Liberté Parentale pour améliorer le statut parental. On peut vous retrouver notamment sur les réseaux sociaux et vous avez commandé ce sondage IFOP dont on peut retrouver dans la presse des informations. On vous souhaite une très bonne journée. Merci aussi à vous, Hélène Périvier, économiste, directrice de recherche à l'OFCE, l'Observatoire français des conjonctures économiques avec nous toutes les deux ce matin. Évidemment, cet épisode est à retrouver en podcast sur le site internet de RCF et Radio-Nordial. Notre-Dame, rendez-vous sur rcf.fr.
À suivre sur notre antenne, dans un quart d'heure, Christophe Maury sera avec nous pour nous parler du dernier livre d'Amélie Nothomb. Il s'appelle Tant mieux, pas de rentrée littéraire sans le nouveau roman d'Amélie Nothomb. On en aura lecture, en tout cas, les meilleurs moments, les meilleurs passages avec Christophe Maury. Ce sera juste après le journal de Radio-Vatican présenté ce matin par Delphine Allaire.