Entrepreneuriat : je me mets à compte !
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
France Inter France Inter Le 18-20 Fabienne Sintès Peut-être que vous allez vous reconnaître, vous travaillez dans une entreprise depuis un moment, vous avez des compétences, vous avez confiance en vous, mais vous vous ennuyez sévère. Vous avez fait le tour et vous vous dites que dans votre branche ou pas loin, vous pouvez tenter l'aventure et créer votre boîte. Vous venez d'être licencié pour quelle qu'en soit la raison, c'est l'occasion. Vous allez vous lancer, vous rêvez d'être autonome depuis si longtemps et vous y allez.
Vous venez de sortir de l'école, pourquoi pas, le salarié ça ne vous a même pas traversé l'esprit, vous avez ouvert votre entreprise tout de suite, vous avez une idée que personne n'a eue avant vous, vous voulez la développer, vous allez créer votre boîte. Dans tous les cas, vous nous intéressez, c'est en regardant le grand rendez-vous de la CPME, aujourd'hui les petites, les très petites, les moyennes entreprises que nous est venue cette idée. Qui sont les entrepreneurs en France aujourd'hui ? Ceux qui se lancent, ceux qui se sont lancés, ceux qui créent leur propre entreprise. On parle de quel profil, on parle de quel secteur ?
Est-ce que c'est vrai que la période du Covid a changé beaucoup de choses ? Vous allez peut-être nous aider à dresser ce portrait robot et puis surtout nous raconter pour ceux qui nous écoutent et vont nous appeler, qui ne savent pas encore s'ils ont les reins assez solides et qui veulent quand même faire le grand saut. Alors par quoi je commence ? Quels sont les premiers pièges ? À quel moment ? Comment on s'entoure ? Qui va m'aider ? Pourquoi ? Et à quoi surtout faut-il me former ? À quel moment je me paye ? Qu'est-ce que je dois savoir avant d'embaucher ? Où est-ce que je vais trouver l'argent ? Les investisseurs et surtout, au secours, l'URSSAF.
Je peux vous dire que vous êtes déjà tous dessus, au standard. Ceux qui en sont là en tout cas, ou ceux qui sont passés par là, tout cela nous intéresse ce soir. Pour arriver peut-être à répondre d'ailleurs à cette question, sommes-nous un pays d'entrepreneurs ? C'est le Téléphone Sun. Soyez les bienvenus. Simon, vous êtes le premier, vous êtes le bienvenu. Bonsoir.
Bonsoir. Merci pour votre émission et merci de prendre mon appel. Je voulais donner mon témoignage qui vaut pour mon expérience à moi. Mais j'ai quitté un bon poste dans la publicité après 15 ans de carrière, pour une carrière plutôt artistique. Parce que j'avais une opportunité, j'avais créé un projet artistique qui fonctionnait très bien et je me suis dit que ce serait dommage de ne pas souffler sur les braises. Et en fait, si j'avais un conseil à donner aux personnes qui c'est pour arriver, c'est que moi je n'ai vu que mon cœur de métier, c'est-à-dire la partie artistique et la création. Je n'ai pas vu que j'allais devenir entrepreneur. Pour moi, ce n'était pas un mot qui existait.
Et en fait, on s'aperçoit très vite que la partie de son cœur de métier, c'est qu'une très infime partie de son temps et de son investissement et qu'on passe plus de temps à faire de la comptabilité, de la fiscalité, de la logistique. Donc, moi, c'est une des premières choses qui m'a vraiment marqué. Ça a été un dragon dans ma vie. Après, je pense que ça apporte une liberté qui est quand même incroyable et je ne pense pas que je pourrais revenir un jour travailler pour quelqu'un. Ils valideraient mes congés.
Et voilà, c'est ce que je disais dans mon message initial, c'est que je n'ai jamais été aussi heureux d'être libre et puis de tout ce que j'ai ou ce que je n'ai pas, je le dois qu'à moi-même. Et en parallèle, je n'ai jamais aussi mal dormi parce que tous les soirs, on reçoit ces déclarations URSA, comme mon affairement est-il le mois d'après.
Mais du coup, Simon, est-ce que ça veut dire que si vous recommenciez maintenant, en fait, fort de votre expérience, il y a des choses que vous feriez différemment ? Est-ce que peut-être vous formeriez un certain nombre de choses ? Est-ce que vous repartiriez exactement de la même manière ou pas ?
Non, pas du tout, non. Alors déjà, moi, ce que je dis souvent aussi à mes stagiaires et tout, c'est jamais se l'un de mettre à son compte en sortant d'une école. C'est important d'avoir une expérience en entreprise avant pour comprendre le métier et tout. Et après, voilà, je pense que quand on se met à son compte, il faut prendre tout de suite un comptable. Il faut peut-être aller voir les chambres de commerce pour avoir des formations. Toutes les choses-là que je n'ai pas faites parce que moi, en plus, ayant un profil artistique, je suis à 10 000 kilomètres de remplir une feuille d'impôt et tout.
Donc, c'est des choses qu'on se fait par violence et je pense que ça m'a joué beaucoup de tours à une époque. Donc, je pense que si c'était à refaire aujourd'hui, je prendrais plus conscience que je ne me lance pas dans une activité artistique, mais que je vais vous créer une entreprise. Et j'essaierai d'avoir un côté plus solide et sérieux sur cette partie qui permet après d'avoir l'esprit tranquille une fois que tout est en place.
Merci beaucoup, Simon, parce qu'elle nous fait avancer dans l'émission, votre première question, votre premier témoignage. En tout cas, merci vraiment beaucoup d'avoir participé au Téléphone Sun pour discuter ensemble jusqu'à 20h autour de la table. Il y a Stéphanie Edmond, Mariette, bonsoir. Bonsoir Fabienne. Vous êtes fondatrice de SEM Habitat Dural, vous nous raconterez ce que c'est. Vous avez une histoire, vous aussi, très particulière, mais c'est justement là qu'on va aller chercher les gens qui vous intéressent peut-être. Vous, Marie-Adeline Pex, bonsoir. Bonsoir Fabienne.
Vous êtes la directrice exécutive en charge des partenariats régionaux de la création et de l'action territoriale de BPI France. Donc normalement, justement, quand on a un Simon qui crée une entreprise, c'est votre porte-à-vous qui l'aurait pu pousser. Et peut-être que vous lui aurez dit deux, trois trucs, notamment, attention, ton métier va changer. Oui, alors on n'est pas étonné du témoignage de Simon qui dit en fait plein de choses, effectivement, dans son témoignage. Il est très représentatif des Françaises et des Français qu'on interroge. Aujourd'hui, il y a plus de 30%, un Français sur trois, qui a envie de se lancer dans l'aventure entrepreneuriale ou qui est déjà entrepreneur.
C'est beaucoup. Et quand on leur demande pourquoi, beaucoup se disent, j'ai envie d'être mon propre patron. 35% qui disent ça, j'ai envie de réaliser un rêve. Et il y en a très peu, en fait, qui disent, j'ai envie parce que je n'ai pas trouvé d'autre solution ou je n'ai pas de travail. Personne ne dit, j'ai envie de remplir les papiers de l'URSSAF, vraisemblablement. Non, non, assez peu, en fait, oui, effectivement. Et ce que dit aussi Simon dans son témoignage, et on l'entend beaucoup, beaucoup, beaucoup, quand on rencontre des entrepreneurs qui se sont lancés et qui se disent après, ah, mais si j'avais su, je me serais fait accompagner. Ce qu'il dit, c'est faites-vous accompagner.
Et c'est ce que nous, chez BPI France, on dit toute la journée. C'est pour ça qu'on a réuni autour de nous un collectif qu'on appelle le collectif CapCrea, qui regroupe 26 associations qui, partout en France, de la sensibilisation jusqu'au rebond, accompagnent les entrepreneurs, justement pour faire en sorte que des gens qui ont envie de se lancer dans l'entrepreneuriat parce qu'ils ont un rêve, parce qu'ils ont une compétence spécifique, ajoutent dans leur arc toutes ces flèches qu'ils n'ont pas forcément et qui sont nécessaires, en fait, pour réussir cette aventure entrepreneuriale. Ou ne pas avoir peur, effectivement, de ne pas y aller tout seul.
Je repense à Simon, il a besoin d'un comptable et on peut comprendre. Lui, il a une fibre artistique, on n'est pas censé, on n'est pas obligé de savoir compter quand on a une fibre artistique. Il faut savoir s'entourer. Exactement. Stéphanie Edmond-Mariette, vous l'avez compris tout de suite. Combien de temps vous avez passé d'abord en entreprise classique, si j'ose dire, avant de vous lancer ? Alors moi, j'ai eu 15 ans de salariat. C'est fou, pardon, parce que 15 ans, Simon, c'était pareil. On a l'impression que c'est une espèce de moment charnière, enfin, ce moment où on réfléchit. Vous, c'est un licenciement économique, dans mes souvenirs, un plan social.
Un plan social, exactement, pendant Covid. Donc, je travaillais à l'aéroport de Paris. Les aéroports ont été fortement touchés pendant Covid. Et pendant ce temps de Covid aussi, comme beaucoup de Français, je me suis posé la question du sens. Et donc, j'ai eu quelques drames familiaux au cours de ce moment. Ce n'est pas un moment facile. Et ça m'a aussi encore plus boostée à me dire, j'ai une idée. Ça fait un moment que je l'ai. Je n'ai plus rien à perdre, parce que là, je veux vraiment donner du sens. Donc, ce qui m'a fait que je me lance ?
Alors, votre idée, on va le dire rapidement. Votre entreprise, si on la résume un peu rapidement. Mais les associations, les grosses associations ont besoin de logements. Vous, vous savez les trouver. Vous êtes un peu l'agent immobilier, j'y mets des guillemets, ce qui est beaucoup plus complexe que ça. Mais vous êtes un peu l'agence immobilier, effectivement, de ces associations qui ont besoin d'un intermédiaire pour loger des gens. Et c'est comme ça que vous avez créé votre boîte. Ce que dit Simon sur ce qu'il aurait fait et qu'il n'a pas fait au début. Est-ce que vous, vous aussi, vous avez fait des erreurs au démarrage ?
Tout à fait, je pense que les erreurs m'ont nourrie pour créer quelque chose qui, aujourd'hui, est encore en création et encore en structuration. Et je pense que c'est toute une vie, c'est comme une vie, l'entreprise. Et en fait, même les grandes entreprises sont encore en structuration, encore se remettent en question et donc pour évoluer. Et effectivement, moi, au tout démarrage, j'en ai fait beaucoup, beaucoup des erreurs.
Genre, par exemple, est-ce que vous êtes formée ? Par exemple, Stéphanie, c'est-à-dire, je rigolais en parlant de l'URSEF, mais enfin, on n'est pas censée connaître ces choses-là réellement. On se forme pour ce genre de choses-là, donc on a besoin d'apprendre le droit parce qu'on va embaucher des gens, donc il y a un droit du travail, il a du sens.
Est-ce que vous vous êtes formée ou pas ? Comment ça se passe ? Tout à fait. Alors déjà, dans le cadre de mon plan de départ, j'avais plusieurs choix, soit reprendre les études, soit arrêter totalement, soit reprendre une entreprise. Et l'entreprise où j'étais m'accompagnait pour créer une entreprise. Donc déjà, j'ai eu un premier accompagnement par mon employeur qui n'était pas forcément suffisant, c'était vraiment généraliste. Et tout de suite, n'étant pas du monde de l'entreprenariat, non, je n'y connaissais rien du tout, j'ai été obligée de me former. Et j'ai effectivement...
Je suis allée chercher l'information et j'ai ouvert la porte de Pandore avec tout un tas d'accompagnements qui pouvaient me former, et en plus, gratuitement. Donc ça, ça a été...
C'est un point hyper important, Marie-Hélène Peix, parce que oui, à un moment, il va falloir avancer. Il va peut-être falloir, si on a de la chance, embaucher des gens. Il va falloir savoir comment on fait pour être sûr qu'on a les moyens de le faire. Il va donc falloir faire de l'ARH. Je le disais, il va falloir faire du droit. Enfin, subitement, on ouvre la porte de Pandore, comme disait Stéphanie à l'instant. Il y a beaucoup de choses qui sortent de là qu'on n'avait absolument pas prévues au départ. Alors, effectivement, auxquelles tous les entrepreneurs vont se trouver confrontés. L'expérience de Stéphanie, elle est là aussi très révélatrice de quelque chose qu'on a constaté.
On a un site qui est un site d'informations extrêmement riche, extrêmement puissant, sur lequel on trouve à peu près tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'entrepreneuriat, sans oser le demander, qui s'appelle bpifrancecreation.fr. Ce site a explosé pendant le Covid. Et aujourd'hui, ce site existe toujours. Et au-delà de ce site, ce qu'on a mis en place, c'est une appli qui s'appelle monpassecreation.fr et qui permet à l'entrepreneur, non seulement d'aller chercher dans l'encyclopédie, mais surtout de préparer lui-même son projet, d'avoir tout un tas d'outils qui vont lui permettre, pas forcément de devenir docteur en droit, c'est pas l'ambition.
Mais en revanche, de trouver toutes les réponses aux questions qui se posent à un moment donné. Avant de retrouver Francis qui nous attend au standard, vous dites qu'il y a eu effectivement explosion pendant le Covid. Est-ce qu'on sait dire, entre explosion et concrétisation, ce que ça veut dire ? Est-ce qu'il y a vraiment eu un changement de paradigme ? Et oui, on voit l'accélération des créations d'entreprises. Est-ce que les choses sont plus ou moins rentrées dans l'ordre ? Alors, la croissance du nombre de créations d'entreprises en France, c'est une tendance longue, elle ne date pas du Covid, mais tous les ans, on pense avoir atteint un plafond et tous les ans, on le dépasse.
Et cette année encore, on a 5% de créations en plus par rapport à l'année dernière. L'année dernière, 5%. Donc, ce n'est pas un effet Covid, en fait ? Non, ce n'est pas un effet Covid. Un effet sens comme celui que Stéphanie a décrivé ? C'est un effet que Simon a un petit peu décrit qui est la recherche de liberté. C'est ça, le premier argument. Liberté, autonomie dans le travail. Francis est avec nous. Bonsoir. Bonsoir. On vous écoute.
Alors, moi, j'ai créé il y a une douzaine d'années. J'ai réussi à me faire un peu accompagner. Et le problème, si problème il y a, que je vous rencontre aujourd'hui, c'est la digitalisation de tout plein de services. Tous ceux qui sont administratifs, on a parlé de l'Ursaf, moi j'ai un peu de même pas parce que je travaille dans l'agricole et des choses comme ça. La digitalisation, en fait, nous charge d'une partie du travail. Je vais prendre un exemple tout bête. Je dois déclarer des heures supplémentaires pour un de mes salariés. Alors déjà, c'est des heures complémentaires parce qu'il est à temps partiel.
Et il faut que j'aille sur un site que je partage avec mon comptable pour, moi, mettre les chiffres dans la bonne case parce que c'est numérique. Moi, avant, je pensais appeler mon comptable et dire, voilà, il faut mettre X heures en plus à tel salarié. Et non, c'est à moi de le faire et à moi de ne pas me tromper de case. Et cet exemple-là, il est pour moi valable dans énormément de catégories. Et en fait, la numérisation, la digitalisation de toutes ces démarches isole. Et on n'a plus de contact avec un expert qui nous explique. on a moins du moins.
Intéressant. Merci beaucoup, Francis, pour ce témoignage. Vous avez ressenti ça aussi, Stéphanie Edmond-Mariette. Subitement, vous êtes toute seule
avec votre idée et votre démarrage, en fait. Tout à fait. Et on se sent très, très seule. Et je ressemble témoignage. Au démarrage, on se sent seule. En plus, on travaille souvent de chez soi au démarrage. Donc, on est encore un peu plus isolé. D'où les accompagnements qui sont là, justement, pour préparer à cette digitalisation parce qu'on parle effectivement de déclarations de salariés, mais aussi de la facturation électronique qui arrive. Et ça, c'est un enjeu. Et on peut se former, effectivement. Et sur le site de BPI, on a des formations qui sont dispensées gratuitement. On peut aller à l'OPCO aussi. Chaque entrepreneur a normalement un OPCO qui lui est attribué.
Et l'OPCO est censé accompagner l'entrepreneur. Ça veut dire qu'il ne faut pas hésiter à les ouvrir ces portes-là. C'est ça que vous dites, en fait ? Exactement, à les demander. Déjà, se lancer dans l'entrepreneuriat, c'est de l'audace, c'est du culot. Et il faut continuer dans ce sens-là tout au long de sa vie d'entrepreneur pour aller oser questionner tout le monde. À quel moment
on comprend, quand on a l'idée qu'on est sur la table de la cuisine, je vous imagine, sur la table de votre cuisine avec votre ordinateur en train d'imaginer, vous avez l'intuition que l'idée est bonne, qu'il manque quelque chose et que vous pouvez l'apporter. À quel moment vous comprenez que c'est viable, en fait ? Ou est-ce qu'on y va sans être sûr à 200%
avec mes premiers clients, que j'ai su que c'était viable ? Alors, au démarrage, pas du tout. Et je dis souvent que l'entrepreneuriat, c'est vraiment une fusée qu'on lance sans l'avoir construite. C'était vraiment ça. Et moi, les retours des clients m'ont énormément convaincue, donné confiance. Et puis ensuite, j'ai osé pitcher devant des personnes qui ne me connaissaient pas. Je me suis portée au jugement des autres et de plus en plus de pitchs, de plus en plus de prises de confiance. Et en fait, les gens nous renvoient cette confiance et nous, entre guillemets, valides. Et donc, ça donne encore plus confiance en nous pour avoir encore plus d'audace et continuer dans ce sens-là.
Et quand on pitch, on n'a pas peur de se faire piquer l'idée ? Non, mais sérieusement, après tout, on n'est pas chez les bisounours. Ça existe ? Ça arrive ? Non ou pas ? Non, je pense pas. Enfin, d'abord, si on a vraiment des idées très disruptives avec des brevets et autres, on les protège en général avant de pitcher. Et puis, il y a l'idée et puis il y a ce qu'on en fait. Je pense que Stéphanie, il y a peut-être des gens qui ont eu la même idée qu'elle, mais des Stéphanie, il n'y en a qu'une. Exactement. Mais il y en a eu après, d'ailleurs, qui ont eu la même idée que vous.
Et je sais, parce que vous avez discuté avec Pierre tout à l'heure, que c'est très valorisant finalement d'avoir un concurrent qui arrive sur la même idée parce que vous dites
« Ah, ah, ah ! » Donc j'ai eu la bonne idée. Exactement. Ça donne envie à d'autres personnes de se lancer. Donc moi, dans mon domaine, dans l'immobilier, on n'est pas assez de quelques concurrents, mais c'est bon signe. Ça veut dire qu'il y a du marché. Exactement. Et ça, c'est le meilleur pour l'entrepreneur.
Stéphanie, la suite dans les idées, encore une fois, vous avez une histoire, on ne va pas rentrer dans les détails, mais enfin, vous êtes une enfant de l'ASE, Stéphanie, donc ça veut dire que le parcours que vous avez à faire est plus difficile que celui de n'importe qui d'autre. On sait comment ça se passe à l'ASE, à 18 ans, on est dehors et après, il faut se débrouiller. Et c'est ce que vous avez fait. Donc vous êtes vraiment dans quelque chose, vous avez les bras beaucoup plus solides quand vous grimpez que ceux de n'importe qui d'autre. Mais justement, Marie-Adeline Pex, est-ce que Stéphanie est un cas totalement atypique en fait ? Où est-ce qu'on commence à en voir des Stéphanie ?
Et quand je dis Stéphanie, c'est alors une histoire, c'est une femme, issue de la diversité, il y a des choses qu'on a envie de cocher quand on regarde une entrepreneuse comme elle. Est-ce qu'on les coche ou est-ce qu'on n'y est pas encore quand on regarde la liste ? Alors nous, on porte haut et fort l'idée, le principe, la conviction que tout le monde ne doit pas nécessairement devenir entrepreneur. On parlait de monde de bisounours, on ne vit pas dans un monde de bisounours. En revanche, il ne doit y avoir aucun déterminisme social, territorial, genré qui ferait que Stéphanie se serait dit je ne suis pas née sous la bonne étoile, je ne peux pas devenir entrepreneuse.
Et donc, des Stéphanie, il y en a, des entrepreneurs dans les quartiers qu'on va chercher, qu'on accompagne, qu'on fait émerger, qu'on soutient, il y en a, et il y en a de plus en plus. Et sur le million de créations d'entreprises en France, il n'y a pas un million de personnes qui sortent d'une grande école de commerce. il y a beaucoup de femmes. Dans le chiffre que j'évoquais tout à l'heure sur la volonté d'entreprendre, aujourd'hui, les femmes, le décalage entre les hommes et les femmes est beaucoup moins grand. On a un enjeu important qui est de mettre en valeur toutes les Stéphanie. C'est ce que je lui disais tout à l'heure avant votre émission. sans la réduire à son parcours.
Parce qu'aujourd'hui, Stéphanie, c'est une entrepreneuse qui a un projet extraordinaire et qu'il faut valoriser au titre de son projet extraordinaire. Mais elle a plein de choses à dire, Stéphanie, à des gens qui ont une partie, qui se reconnaissent en partie dans son parcours. Et ça, c'est quelque chose aussi dont on est convaincu, c'est que la meilleure façon de convaincre un entrepreneur de se faire accompagner, c'est que ce soit un entrepreneur qui lui dise. Parce que le témoignage de Stéphanie qui dit « Moi, les premières m'ont aidée », ça vaut tous les...
Je repense à notre premier auditeur qui, si le recommencer aujourd'hui, saurait désormais par qui s'entourer pour aller plus vite, avoir moins peur. Bonsoir, Karine. Bonsoir. Soyez la bienvenue. Merci. On vous écoute, Karine.
Eh bien, moi, je voulais surtout apporter un témoignage et puis aussi peut-être donner un conseil. Moi, ça fait deux ans que j'ai créé mon entreprise. je suis avocate parce que quand on est avocat, même si c'est une profession réglementée, eh bien, c'est une entreprise et donc, je l'ai créée en entreprise individuelle et après 20 ans, en fait, de carrière dans la fonction publique. Et en fait, je rejoins le premier intervenant pour dire qu'évidemment, cette liberté, cette autonomie, ça n'a pas de prix et on l'apprécie d'autant plus quand on a été salarié pendant plus de 20 ans.
Mais il y a aussi évidemment des contraintes et la première, en fait, qui me vient à l'esprit quand même, c'est de dire que notre rapport à l'argent, la rémunération, change bien évidemment parce qu'on n'a plus un salaire qui tombe à la fin du mois et que donc, chaque jour, on travaille pour gagner sa vie, pour faire fonctionner son entreprise. Donc ça, c'est quand même un élément qui modifie profondément notre logiciel. Et puis, je voudrais donner un conseil, surtout pour ceux qui créent une entreprise individuelle, c'est surtout qu'il faut se sociabiliser et ne pas s'isoler.
Être audacieux, aller vers les autres et aller dans des espaces de co-working s'il faut, mais ne pas rester seul parce qu'en plus, tous les conseils sont bons à prendre, quelle que soit l'entreprise, parce qu'on a besoin de savoir comment faire de la communication, comment gérer son argent ou même moi, dans ma profession, même si on ne fait pas les mêmes activités, on a besoin d'échanger. Je pense que ça, c'est essentiel quand on se lance.
Merci beaucoup pour votre témoignage, Karine. L'histoire du salaire, c'est important. Par exemple, Stéphanie Edmond-Mariette, combien de temps vous êtes restée sans vous payer ?
J'ai eu la chance d'être accompagnée par France Travail qui permet d'avoir une allocation pour création d'entreprise et ça, c'est unique, je pense, dans le monde. Le premier Business Angel de France. Exactement. Ça a duré deux ans. Déjà, ça m'a beaucoup aidé pour le lancement. Ensuite, je suis restée à peu près six mois sans me payer mais j'avais programmé de me payer dès l'arrêt de cette allocation mais les plans ont été différents. Je suis restée six mois. J'avais provisionné avant et d'où les accompagnements.
J'étais accompagnée, je les remercie par les premières qui m'ont vraiment aidée à chiffrer mon business parce qu'effectivement, notre rémunération dépend de ce qu'on vend et elles m'ont beaucoup aidée. C'est vrai que nous, les femmes, on a tendance à un peu
se sous-évaluer. Exactement et donc vous sous-payez. Je veux dire que les choses soient bien claires et c'est le cas, non ? C'est effectivement ce qu'on constate et des réseaux comme les premières ou comme actionnels qui sont des réseaux dédiés aux femmes. Ça ne veut pas dire que les femmes n'ont pas le droit d'aller dans des réseaux généralistes mais pour celles qui ont envie d'être accompagnées par ce type de réseaux, c'est possible.
Un de leurs grands messages et de leur grand appui c'est d'aider et de faire en sorte que les projets soient suffisamment dimensionnés y compris pour tenir compte des aléas parce que les aléas quand on est entrepreneur notamment quand on se lance il y en a toujours et donc le message que l'on porte avec elles c'est qu'il faut anticiper le fait qu'à la fin du mois si on est entrepreneur c'est certes parce qu'on cherche du sens et qu'on a envie de réaliser un rêve mais c'est aussi pour manger et pour faire manger sa famille et puis pour croître et donc dimensionner son projet aller chercher des financements au moment où on se lance c'est essentiel parce que moi ce que je dis toujours aux créateurs c'est quand vous vous lancez vous êtes une opportunité quand vous revenez 6 mois après en disant ah bah je suis ou 2 ans après en disant ah bah oui j'avais prévu que mais en fait j'ai pas le chiffre d'affaires que mon business plan prévoyait etc là vous devenez à risque et donc des financements vous en aurez beaucoup moins facilement y compris par les banques et y compris lorsqu'elles sont garanties par des acteurs comme BPI France il faut absolument dès le départ anticiper toutes les problématiques auxquelles vous allez devoir pouvoir faire face des problématiques de stock des problématiques de plein de choses vous avez parlé d'aller chercher les financements on va y aller justement dans un tout petit instant c'est décidé je me mets à mon compte c'est le thème du téléphone sonne ce soir nous sommes avec Marie-Adeline Pex qui est directe exécutive en charge des partenariats régionaux et de la création et de l'action territoriale à BPI France nous sommes avec Stéphanie Edmond Mariette qui est fondatrice d'une entreprise qui s'appelle SEM Habitat Durable et nous sommes avec Eric Larchevêque qui nous écoute depuis quelques minutes également bonsoir bonsoir vous êtes entrepreneur monsieur Larchevêque cofondateur notamment de Ledger vous êtes aussi si votre nom est familier pour certaines personnes c'est qu'ils vous ont vu à la télévision dans cette émission qui s'appelle qui veut être mon associé je suis contente que vous arriviez à ce moment là parce qu'on parlait d'aller chercher les financements vous vous êtes les financements et je me demandais qu'est-ce qui vous fait ouvrir votre portefeuille monsieur Larchevêque est-ce que c'est l'idée que personne n'a eue avant est-ce que c'est la tête sur les épaules de celui qui vous la vend et vous dit j'ai confiance en lui est-ce que c'est un mélange de tout ça qu'est-ce qui compte le plus pour vous
alors l'idée surtout pas parce que l'idée n'a aucune valeur c'est dingue il n'y a que l'exécution qui compte les idées on les a toutes eues et c'est pas ça qu'on va aller vraiment évaluer c'est la capacité d'exécuter et quand on parle à un entrepreneur qui se lance qui va aller lancer son projet et bien on va surtout évaluer l'entrepreneur la personne qu'on va avoir en face de soi et donc la capacité qu'elle va avoir à réussir à nous convaincre est-ce qu'elle est professionnelle est-ce qu'elle connait bien son métier est-ce qu'elle a choisi quand même un projet en adéquation avec ses capacités et est-ce qu'elle va réussir à créer cette conviction qui est indispensable à l'ouverture du portefeuille comme vous dites parce qu'on veut voir en face quelqu'un qui va être déterminé et qui ira jusqu'au bout parce que oui sinon le risque est vraiment important et l'investisseur en tout cas le business angel s'il est là aussi pour accompagner il est là pour aider il est là pour renvoyer l'ascenseur il doit aussi faire des choix qui sont intelligents en matière de gestion du risque et d'investissement
exactement par ailleurs les business angels comme vous dites ne sont pas des philanthropes ce n'est pas à ça qui sert que les choses soient bien claires pour les gens qui nous écoutent non ?
oui tout à fait ils cherchent un retour sur investissement mais la différence c'est qu'ils acceptent le risque puisque la plupart des entreprises vont péréquiter c'est normal c'est le jeu donc ils ont une appétence au risque qui est bien plus élevée que celle des banques et donc ils jouent un rôle très important pour faire un petit peu le pouls entre les deux
après monsieur l'archevêque je voudrais quand même revenir sur le début parce que vous m'avez scotché sur l'idée qui ne compte pas en fait ou visiblement qui compte moins et moi j'ai l'impression qu'il y a plein d'entrepreneurs de grandes choses autour de nous qui peuvent être des sites qui peuvent être des marques ou des choses comme ça qui commencent par une idée que les autres n'ont pas eu avant et c'est bien ça qui en fera finalement le succès et la fortune moi je voudrais comprendre pourquoi ça compte aussi peu
et bien parce que l'idée n'a pas de valeur en soi tout le monde toutes les idées elles ont été créées elles ont été pensées
vous dire qu'il n'y a plus rien à inventer quoi en fait
il y a tout à exécuter en fait l'invention elle est dans la capacité d'amener cette idée sur le marché d'une façon différente une idée qui ne fonctionnait pas il y a 20 ans peut fonctionner aujourd'hui parce qu'aujourd'hui on a toutes les technologies on a l'IA le marché a une forme de maturité et donc on ne peut pas juger une idée et des entrepreneurs qui viennent dans la rue parfois m'arrêtent et me disent monsieur Larchevê qu'est-ce que vous pensez de mon idée je les arrête tout de suite je me dis ça ne m'intéresse pas moi ce qui m'intéresse c'est comment vous allez exécuter cette idée et aussi le pire que peut faire un entrepreneur une grosse erreur c'est de ne pas parler de son idée d'avoir peur de se la faire piquer alors qu'au contraire il faut échanger donc moi mon conseil c'est faites-vous piquer votre idée comme ça on n'en parle plus et allez discuter échanger poser les questions et c'est ça qui va permettre de raffiner le projet et de faire en sorte qu'à la fin on va se rapprocher de quelque chose qui va fonctionner
est-ce que vous diriez vous après je vous laisse c'est promis que j'allais dire les meilleurs entrepreneurs n'exagérons rien mais que les meilleurs profils en fait ce sont ceux effectivement qui ont un passé dans une entreprise qui ont passé 10 ans 15 ans peut-être un peu plus et qui se lancent après est-ce que le meilleur profil c'est ceux qui y vont plus jeunes avec ces talents-là ou est-ce que c'est non quantifiable ça l'idée de l'expérience salariale par exemple est-ce que ça vous paraît important pour les gens qui nous écoutent ou pas vraiment ?
Oui et non c'est-à-dire l'entrepreneur moyen n'a pas de définition ils viennent de partout de tous les niveaux exactement il y a une diversité extraordinaire et je dirais que ce qui fait le bon entrepreneur c'est la rage c'est ce qu'il y a dans les tripes cette volonté de reprendre son destin en main de construire son projet de montrer au monde qu'on est capable de faire quelque chose alors oui l'expérience le fait d'être salarié d'avoir fait des choses peut aider mais il y a des entrepreneurs qui sont autodidactes qui n'ont jamais travaillé qui arrivent à renverser des montagnes et donc on ne peut pas en fait juger à partir de l'expérience c'est un ensemble de choses et l'entrepreneuriat c'est quand même une espèce à part et donc on va vraiment la juger je pense sur le coeur sur les tripes et après bien sûr sur la capacité d'exécuter
merci beaucoup de ce passage dans le téléphone son Eric Larchevêque vous j'ai reconnu Stéphanie dans le portrait type de l'entrepreneur que nous a fait Eric Larchevêque je voudrais qu'on écoute Pierre qui nous attend bonsoir bonsoir soyez le bienvenu Pierre
merci ma question est la suivante quelle est la différence entre un entrepreneur et simplement quelqu'un qui a créé une entreprise
et aussi merci beaucoup pour cette question c'est pour vous Marie-Adeline Peix on a fait cette distinction ou pas ?
après moi j'ai une autre distinction à vous demander vous allez voir allez-y alors il y a une différence entre le le créateur et le chef d'entreprise plus exactement l'entrepreneur et le chef d'entreprise il y a les entrepreneurs qui créent des entreprises pour être leur propre patron et souvent pour une partie d'entre eux qui du coup n'ont pas envie d'avoir des salariés parce que la liberté elle se gère avec des salariés et donc il y a des entrepreneurs qui sont des créateurs d'entreprises qui gèrent leur entreprise mais qui ne seront jamais des chefs d'entreprise en tant que telles parce qu'ils n'ont pas envie de voilà et il n'y a aucun jugement de valeur dans mon propos là il y a clairement une différence après d'aucuns vous dirait qu'on peut entreprendre d'autres choses qu'une entreprise qu'on peut entreprendre sa vie la réalité c'est qu'on peut faire de la sémantique un créateur d'entreprise c'est un entrepreneur il ne deviendra pas forcément un chef d'entreprise donc il n'a pas forcément les mêmes besoins et ça c'est quelque chose sur lequel je voudrais insister en rebondissant sur le témoignage précédent c'est que ce qui est important les entrepreneurs ils sont tous différents c'est pas parce qu'ils sont tous uniques qu'ils doivent rester seuls et il faut qu'on adapte les solutions qu'on est susceptible de leur apporter notamment avec le collectif Capréa mais pas que à leurs besoins réels et un auto-entrepreneur il n'a pas le même besoin qu'un entrepreneur de la tech qui je vais vous poser la question des auto-entrepreneurs parce que je me demandais aussi si ce n'était pas ça les auto-entrepreneurs qui faisaient de toute façon grimper les chiffres de création d'entreprise parce qu'il y a aussi plein d'endroits désormais où on vous demande de toute façon d'avoir un statut d'auto-entrepreneur que vous le vouliez ou non donc si on vous met dans les statistiques tout ça est quand même sacrément biaisé nous on sépare différentes choses il y a effectivement dans les entreprises en France 65% et on retrouve dans les créateurs il y a 65% d'auto-entrepreneurs la croissance elle n'est pas plus forte chez les auto-entrepreneurs que chez le reste ce qui nous nous intéresse beaucoup notamment pour regarder le besoin d'accompagnement et de financement de l'entreprise c'est la différence entre les chefs d'entreprise dont c'est 100% de l'activité qui qui ne font que ça et des entrepreneurs et il y en a beaucoup cela représente à peu près 30% des chefs d'entreprise en France ceux qui ont 100% de leur activité dédiée à leur activité de chef d'entreprise et puis ça veut dire que les 70% d'autres ils peuvent être associés ils peuvent être à temps partiel ils peuvent avoir effectivement créé une boîte pour pouvoir tondre la pelouse de leurs voisins le dimanche et arrondir leur fin de mois ça existe aussi Benoît nous attend je voudrais juste partager avec vous d'abord Stéphanie Edmond-Mariette le message de Jérémy c'est surtout la fin qui m'intage je voudrais savoir si vous êtes d'accord avec ça il dit j'ai longtemps été salarié d'une grande entreprise du BTP à Paris depuis 10 ans je suis artisan à mon compte certes les démarches administratives sont complexes l'URSSAF la TVA l'INPI etc mais la liberté d'être indépendant n'a pas de prix il ajoute ceci en France nous n'avons pas la culture de l'entrepreneuriat et rien n'est fait pour nous encourager est-ce que quand même même si oui des portes sont ouvertes mais est-ce que quand même à un moment vous vous êtes dit les portes sont lourdes
quand même oui bien sûr et il y a des moments encore maintenant et je pense que c'est aussi je commence à m'habituer donc je me suis dit que c'est le rythme de l'entrepreneur mais il y a des gros moments de doute où dès qu'il y a quelque chose qui ne marche pas effectivement c'est très difficile effectivement la France est connue pour avoir beaucoup d'administratifs et c'est vrai pour un entrepreneur ça se rajoute aux charges qu'on peut porter par ailleurs il faut faire avec donc il faut se servir de ces charges pour en faire soit un rituel soit quelque chose qu'on apprend ou alors si vraiment on ne peut pas essayer de le déléguer ou trouver autour de soi des proches qui sont experts sur ce sujet qui adorent ce sujet et qui peuvent nous donner un coup de main est-ce que votre
c'est une réalité vos heures de sommeil ont diminué en fonction du nombre de salariés que vous avez embauchés vous en avez 12 maintenant vous êtes en train d'essayer de monter en gamme c'est-à-dire sortir de Paris aller dans d'autres grandes villes donc est-ce que vos heures de sommeil ont été largement réduites j'ai une grande carence
de sommeil surtout en ce moment-là et effectivement avoir des salariés c'est se réveiller en plein milieu de la nuit parce que au secours est-ce que je peux les payer non mais ou est-ce que je vais être obligée de me séparer d'un exactement sur que 12 vous les connaissez tous oui exactement j'ai eu à faire des choix difficiles avec des salariés qui n'étaient pas forcément en accord avec ce que je voulais montrer il y a ça aussi il faut aussi quand on embauche des salariés se poser la question est-ce qu'on est en capacité de donner le droit à l'erreur à quelqu'un sur un projet que nous on a créé toute pièce et sur lequel on est expert et ça il faut se poser la question parce que c'est très dur quand quelqu'un se trompe sur votre projet donc il faut se poser la question et à force on fait preuve d'apprentissage alors je disais ça à Pierre mais je me disais à quoi sert les RH les ressources humaines dans mon entreprise et aujourd'hui je me dis mais c'est indispensable d'avoir des ressources humaines évidemment donc avoir des salariés c'est une charge et c'est une responsabilité surtout en fait
bien vous croire voici William qui nous attend bonsoir William
bonsoir
on vous écoute William
alors oui donc je m'appelle William j'ai 17 ans et je gère actuellement une agence de production vidéo spécialisée pour les entrepreneurs et moi je voulais surtout parler du fait qu'actuellement on est dans un monde où il y a de plus en plus d'opportunités ça devient de plus en plus facile de faire de l'argent de gagner ses premiers euros avec internet et pourtant je trouve qu'en termes légals en termes de processus juridiques etc c'est toujours aussi compliqué pour un mineur ou pour un jeune de créer une entreprise ce que j'ai pu ressentir moi pour la première fois que j'ai commencé l'entrepreneuriat j'ai dû forcément passer par mon père afin de de créer mon entreprise et donc sous son nom et même pas sous le mien autrement ce que je devais faire c'était m'émanciper et donc passer au tribunal etc un processus assez long et je me demandais pourquoi actuellement les choses n'ont toujours pas changé alors que le monde s'y est
mais pourquoi William avoir envie dès 17 ans pourquoi pas attendre d'en avoir 18 en fait je pense que c'est une question je sais bien qu'il n'y a pas d'âge je sais bien qu'il n'y a pas d'âge mais de fait moi je m'interroge toujours pour savoir s'il faut absolument créer une entreprise et travailler quand on a 15 ans ou quoi
vous voyez tout à l'heure il y avait Eric Larchevêque une personne que j'admire beaucoup qui parlait et il parlait de la rapidité d'exécution et je pense qu'aujourd'hui c'est ça qui fait la différence si moi aujourd'hui je me lance maintenant et pas à 18 ans c'est pour avoir de l'avance sur les gens qui vont se lancer à 18 ans justement je suis en avance et cette avance me permet d'aller plus loin plus haut plus fort
et bien écoutez on vous le souhaite vraiment William du haut de vos 17 ans moi quand j'avais 17 ans je faisais du stop en Irlande j'ai l'impression d'être dans un autre monde mais à la fois c'est fou parce que j'ai l'impression que le monde aujourd'hui tel qu'il va Marie-Adeline Pex c'est des Williams et c'est aussi des contraires mais immenses à William en fait qui ont envie non seulement de sécurité mais aussi d'une vie qu'ils auront choisie et d'un travail qui ne les mangera pas et pas tout de suite etc heureusement qu'il y a de la diversité après moi je dirais une chose à William c'est qu'il ne faut pas confondre vitesse et précipitation parce qu'il y a une chose qui est sûre c'est qu'il n'aura pas toujours 17 ans et que ça va passer très vite donc qu'il ne s'inquiète pas trop et que d'une certaine manière créer sa boîte c'est la partie la plus facile c'est après que les ennuis commencent vous entendez William il nous dit et franchement il y en a je ne lui jette pas du tout la pierre mais c'est facile aujourd'hui de créer sa boîte et de se faire de l'argent il y a aussi cette envie de rapidité évidemment c'est sûr la question qui se pose et je me tourne vers Stéphanie mais qui se pose à tous les entrepreneurs c'est aussi la pérennité et la pérennité ça veut dire bien créer ça veut dire s'installer dans le temps ça veut dire être accompagné ça veut dire bien financer sa boîte je vous donne juste un chiffre les entrepreneurs accompagnés par le collectif Capriab qui est partenaire de BPI France ils ont 87% de pérennité à 3 ans quand on n'est pas accompagné on a moins de 60% de chance et en même temps pérennité est-ce que ça marche aussi pour un garçon comme William moi je le vois très bien faire un truc à 17 ans et puis un autre à 18 ans et puis à 20 et puis à 21 alors que vous Stéphanie vous êtes partie pour durer j'imagine dans votre boîte l'état d'esprit n'est pas le même en fait
oui effectivement alors être dans l'immobilier c'est avoir une profession réglementée et donc il y a du temps et j'ai été comme William au début de mon projet en me disant mais je n'ai pas encore les habilitations ça ne va pas assez vite mais en fait heureusement que je ne les ai pas eues tout de suite parce que j'aurais fait des tas d'erreurs déjà pas être accompagnée parce que je les aurais eues tout de suite je me serais lancée toute seule sans savoir donc effectivement pas confondre vitesse ces précipitations mais ce n'est pas pour rien si il y a certaines choses qui vont lentement c'est aussi parfois pour nous laisser le temps de décanter certaines choses et voilà donc oui on a l'engouement et c'est très bien c'est génial ça c'est la motivation et aussi il faut prendre ce temps et être patient et ça c'est notre vertu qu'il faut développer quand on est entrepreneur et en même temps
je suis sûre qu'il va réussir quelque chose notre ami William et qu'il doit fourmiller d'idées on lui souhaite bonne chance comme à vous tous d'ailleurs
on passe créa ça va vite
exactement merci à tous