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interviewBLAST· 30 avril 2024 22 min

LE GOUVERNEMENT DÉCLARE LA GUERRE À LA JEUNESSE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

ah cette jeunesse oisive individualiste violente il serait temps de lui réapprendre l'autorité qu'enfin la République contre-attaque face à la décadence et qu'elle remette la jeunesse dans le droit chemin parce que si tu casses tu répares tu salis tu nettoies tu défie l'autorité on t'apprend à la respecter ce discours pourrait paraître très caricatural et pourtant je n'ai rien inventé il s'agit bien de la vision de la jeunesse portée actuellement par le gouvernement vraiment je n'ai rien exagéré chacun de ces mots a été annoncé récemment par Gabriel hatal qui semble avoir fait des jeunes une véritable cible il y a un problème de violence chez les jeunes nous lutterons contre loisiveté par tous les moyens justement pour les remettre dans le droit chemin tu casses tu répares tu sies tu nettoies tu défies l'autorité on t'apprend à la respecter il faut aussi parler du repli sur soi de nos jeunes de cet individualisme parfois forcené vous en pensez quoi du macran ah bah moi je travaille je travaille avec lui donc comment ça qu'est-ce que c'est que ça pourquoi tu dis ça est-ce que vous êtes content d'être là d'abord non c'est rassurant aujourd'hui c'est la République qui contre-attaque vous avez bien vu bien entendu si l'on en croit les mots du Premier ministre l'une des plus grandes menaces pour notre pays et bien ce serait une partie des jeunes et pour y répondre le gouvernement est en train de mettre en place des mesures parmi les plus répressives de ces dernières décennies internat forcés modification de la justice des sommes colossales vont être dépensées pour rétablir l'autorité au détriment des droits des mineurs alors en quoi consistent ces mesures quel dangers font-elles en courir aux jeunes et quand bien même on considérerait que les jeunes ont vraiment un problème avec l'autorité ces mesures sont-elles efficaces c'est ce qu'on va voir tout de suite dans cette nouvelle émission pour blast ces derniers mois plusieurs événements violents ont eu lieu dans le pays impliquant des mineurs début avril un adolescent de 15 ans a été battu à mort par d'autres près de son collège à vir Châtillon dans les sonnes ce drame a suscité un vif et moi en France et donné lieu à une interrogation sur de nombreux plateaux de télévision y a-t-il une explosion de la violence des jeunes tous les tabou et les interdits sont en train de de tomber il a y a il n'y a plus de limite on voit bien qu'il y a un basculement dans la violence qui se fait beaucoup plus rapidement qu'avant les élèves sont extrêmement jeune et la violence elle est décuplée par rapport à ce qu'on pouvait voir par le passé maintenant ils ont plus aucune limite il y a plus de limite c'est dans l'irrespect total et on le voit bien il y a plus de valeur alors avant d'aller plus loin commençons par répondre à cette question il y a-t-il vraiment une explosion de la violence chez les [Musique] jeunes au-delà des commentateurs de plateau cette idée selon laquelle la jeunesse serait plus violente qu'avant a été reprise par les membres du gouvernement a commencé par le ministre de la Justice la délinquence des mineurs à évoluer qu'elle est plus violente qu'autrefois on peut en effet s'interroger au vu de l'enchaînement des faits divivers tragique et très médiatisé que se passe-t-il avec la jeunesse les actes de violence sont bien évidemment compliqués à quantifier surtout dans les cas où il n'y a pas de plainte alors pour comparer les époques et essayer de répondre à notre question on peut regarder les chiffres des homicides tous âges confondu la tendance est à la hausse ces dernières années le nombre d'homicidees enregistré par les forces de l'ordre a augmenté de 3 % en moyenne entre 2016 et 2022 selon une note du service statistique du ministère de l'Intérieur ces données comprennent les homicides intentionnels et les violences ayant entraîné la mort et sur cette même période le taux de mineur mise en cause dans le total des homicides reste stable il n'y a pas d'augmentation de l'implication des mineurs par rapport au reste de la population les moins de 18 ans représentent entre 7 et 9 % des mises en cause pour homicide chaque année on a donc potentiellement une légère augmentation la violence de manière générale et pas un problème spécifique aux mineurs comme voudrait nous faire croire le gouvernement et si l'on compare avec les années 90 par exemple on est largement en dessous le nombre d'homicide n'avait cessé de décroître depuis cette période jusqu'à 2015 il y a pas d'explosion du taux du taux domicile on peut avoir des variations al il faut faire la distinction entre le sentiment d'insécurité la préoccupation les peurs qui peuvent être alimentés par les médias et le fait d'expérimenter ou de risquer d'être d'être victime plus récemment le sociologue Laurent Muchielli comme beaucoup d'autres spécialistes de la jeunesse a réagi aux propos tenus par Gabriel Atal les discours que je viens d'entendre sont des des des caricatures de de posture politiciennes il y a énormément de dispositifs d'enquête en France qui donnent des données statistiques il faut il faut les connaître il faut les maîtriser pour arrêter de raconter n'importe quoi sur les les faits divers comme le font le comme le font les politiciens et beaucoup de commentateurs que que que j'entends le le fait qu'il y ait des comportements violents à l'adolescence et constitutif même de la desessens depuis qu'il y a des traces histories pour les observer on les observe et il y a absolument aucun des indicateurs disponibles qui qui témoigne d'une quelconque évolution dramatique ces dernières années le Syndicat de la magistrature a d'ailleurs lui aussi rappelé que selon les données récentes du ministère de la Justice le nombre de mineurs jugés devant les tribunaux a baissé de plus de 30 % par rapport à 2019 à taux de poursuite constant cette violence que nous voyons partout dans les médias n'est donc pas nouvelle moi j'ai déjà été juge des enfants à bobini il y a une vingtaine d'années et déjà à l'époque j'ai constaté qu'il y avait parfois des actes extrêmement violents la question des Rix entre quartiers existait déjà la question des meurtres dans le cadre de trafic de stupéfiants existait déjà ceci étant dit il est très compliqué de commenter les déclarations sur le changement de nature de la violence car si les réseaux sociaux ont indéiablement changer l'organisation des violences et leur représentation il est compliqué d'en évaluer sérieusement la nature mais dans tous les cas il ne faut pas oublier que ces épisodes de violence sont utilisés par un certain camp politique comme le soulligne le sociologue Marwan Mohamed ça veut dire quoi l'instrumentalisation ça veut dire que suite à des événements qui sont graves vous avez des acteurs politiques ou des acteurs des médias qui se mobilisent qui se mobilisent parce qu'il trouvent dans cette situation l'occasion pour imposer un cadrage imposer un récit imposer une vie vis idéologique des choses imposer un discours et imposer leur agendat politique il était important de revenir en détail sur cette question de la violence début de cette vidéo car ce sont bien ces drames médiatisés qui sont utilisés pour justifier l'arsenal de réforme et de déclaration offensiv à l'endroit de la [Musique] jeunesse passons maintenant au dispositif mis en place par le gouvernement en ce qui concerne la je l'une des déclarations qui marque un véritable tournant c'est celle concernant l'excuse de minorité la culture de l'excuse c'est fini le Premier ministre s'est dit ouvert à l'atténuation de cette excuse c'est-à-dire l'un des fondements de la justice en France puisque notre justice ne traite pas de la même manière les mineurs et les majeurs et pourtant changer cela c'est l'une des demandes de l'extrême droite depuis longtemps à laquelle Gabriel Atal semble céder je suis favorable à ce qu'on regarde si il est possible et efficace d'atténuer l'excuse de minorité le gouvernement souhaite d'ailleurs que dès 16 ans un mineur ayant commis un délit ou un crime puisse être jugé en comparution immédiate comme c'est déjà le cas pour les adultes ces déclarations ont fait bondir de très nombreux professionnels de la justice revenir sur ce principe de l'excuse de minorité c'est considérer aujourd'hui qu'un enfant est un adulte un enfant de 13 ans il encerait les mêmes peines qu'un adulte c'est la négation même de l'enfance de l'idée qu'on est un adulte en devenir la justice des vurs s'adresse à des adolescents qui sont des êtres en construction et entre l'âge de 13 ans qui est l'âge à partir duquel il y a une présomption de responsabilité pénale et l'âge de 18 ans âge de la majorité pénale chacun peut constater que nos adolescents évoluent de manière extrêmement importante d'ailleurs la science nous dit que le cerveau de l'être humain est change de manière absolument importante à deux périodes de la vie dans les trois premières années de la vie et pendant la période de l'adolescence et on sait également que le développement du cerveau des adolescents fait que les le développement pulsionnel précède le développement de la capacité de contrôler ses pulsions juste après les annonces du Premier ministre l'UNICEF a exprimé sa vive préoccupation à l'égard des mesures annoncées lesquelles semblent compromettre les avancées de la justice pénale des mineurs et dans la foulée le principal syndicat des éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse alerter sur le risque de stigmatiser les jeunes en difficulté et de bafouer l'un des principes fondamentaux de la Convention internationale des droits de l'enfant dont la France est signataire et tout ça toutes ces déclarations alors que la justice dispose déjà de levierers très importants pour sanctionner les mineurs en cas de graves infractions seulement ce n'est pas forcément le plus efficace en fonction des cas comme le rappelle le sociologue Sébastien rocher est-ce est-ce que la sévérité est de nature à limité la délinquence violente chez les adolescents si on appelle sévérité la durée des peines d'incarcération la réponse est non c'estàdire plus vous allez sanctionner durement un adolescent plus il va récidiver souvent et vite après la peine et ça c'est quelque chose qui a été mesuré depuis la fin des années 60 7 aux États-Unis parce qu'il y a eu toutes les tout ce qu'a dit gabrielal en gros c'est ce que disait la droite conservatrice américaine dans les années 80 l'un des deuxiè axes de son discours consistait à punir les parents des enfants délinquants l'éducation cela commence d'abord à la maison aussi lors des consultations je souhaite que nous aboutissions à des mesures pour responsabiliser davantage les parents des missionnaires responsabiliser ses parents c'est faire en sorte qu'ils aient à répondre eux aussi davantage des actes de leur enfants pour cela je propose et déjà trois idées d'abord réprimer plus largement et plus sévèrement les manquements des parents à leurs obligations ensuite je souhaite comme je l'avais annoncé dans ma déclaration de politique générale que les parents défaillants puissent faire l'objet de travaux d'intérêt général enfin les convocations du juge on s'y rend je souhaite qu'il soit possible désormais pour le juge des enfants de prononcer une amende pour les parents qui ne répondent pas à ses convocations le Premier ministre veut donc les soumettre à des travaux d'intérêt général ou à des amendes et il faut rappeler là encore que le code de la justice pénale des mineurs prévoit déjà des peines pouvant aller jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 45000 € d'amende pour les parents lorsque la carence éducative est reconnue comme étant à l'origine des délits commis par des mineurs en réalité les tribunaux n'applique pas ce texte car il est très complexe d'établir ce lien mais l'on peut aussi analyser la violence de classe véhiculée par ce type de discours comme l'explique Jean-Jacques yvorel spécialiste de la justice des mineurs c'est plus facile de garder ses enfants devant la belle piscine de son ma dans le Lubéron que dans le 15e étage de la tour yuri Gagarine dans le 93 le discours politique vous n'élevez pas bien vos enfants et vraiment un discours de classe réservé aux classes populaires on en arrive au deuxième aspect de cette vidéo oui Gabriel tal utilise des clichés éculés sur les jeunes pour les stigmatiser mais les jeunes visés ce sont avant tout les jeunes des quartiers populaires et cette distinction est assumée pour le comprendre cette déclaration est emblématique tous les collégiens seront scolarisés tous les jours de la semaine entre 8h et 18h à commencé par les quartiers prioritaires et les réseaux d'éducation prioritaire à 12 ans ou 13 ans on a rien à faire dans la rue la journée la place est à l'école à travailler et à apprendre ce que le premier ministre a annoncé implique que tous les collégiant de France seront sommés à terme d'être dans les établissements scolaires de 8h à 18h ce qui ne laisserait plus aucun temps libre et impliquerait de doubler à minima le nombre de professionnels de l'éducation bref ça semble inapplicable le surlendemain le Premier ministre est d'ailleurs revenu là-dessus sur les réseaux sociaux là où il s'adresse aux jeunes donc est-ce que ce sera obligatoire non il s'agit pas comme j'ai pu le voir sur certaines vidéos de dire que maintenant il y aura des cours de 8h à 18h pas du tout vous avez remarqué il dit ça comme si on avait mal compris alors que c'est bien ce qu'il avait annoncé dans un discours écrit et relu par son cabinet et des conseillers en communication tous les collégiens seront scolarisés tous les jours de la semaine entre 8h et 18h rem re tous les jeunes de France à l'école faisaent partie des annonces fortes du gouvernement avant de rétropédaler certains y voità une stratégie de communication par l'annonce d'un projet choquant qui rend toutes les autres propositions beaucoup plus acceptables mais revenons sur la deuxième partie de sa phrase à commencer par les quartiers prioritaires qui revient donc à dire que les jeunes de ces quartiers méritent un traitement différent c'est d'ailleurs eux qu'il vise avec une nouvelle opération de communication celle des internats l'idée c'est d'obliger les jeunes qui ont je site de mauvaise fréquentation à aller en internat très loin de chez eux des adolescents jugés à la dérive qui s'apprêtent à passer leurs de semaines de vacances entre ses murs au programme Réveil Sportif soutien scolaire cours d'éducation civique le tout en uniforme et avec un encadrement des plus strict il y a des enseignants d'éducation nationale il y a des intervenants de la protection judiciaire de la jeunesse la gendarmerie il y a l'armée ces jeunes n'ont jamais commis d'ACT de délinquence mais sont en décrochage scolaire pour la plupart le gouvernement expérimente ses internats d'un nouveau genre et le Premier ministre s'est rendu lundi 22 avril dans l'un d'entre eux au contact de jeunes identifiés comme perturbateurs mais non délinquants je vous laisse apprécier les échanges est-ce que vous êtes content d'être là d'abord non mais c'est rassurant non moi je suis pas content du tout ma mère elle m'a obligée elle m'a forcé elle m'a dit ça c'était bien mais je vois que c'est pas bien là [Musique] ce que le gouvernement ne prend jamais en compte dans les annonces concernant les jeunes ce sont les inégalités ou la violence sociale qu'ils subissent on en a déjà parlé dans plusieurs vidéos à blaste la ségrégation spatiale ne cesse de s'intensifier en France dans les banlieux françaises le taux de chômage est 2,5 fois plus élevé que pour la moyenne nationale et un/art des jeunes de 16 à 25 ans sont non scolarisés et sans emploi contre 13 % pour l'ensemble de la population les chiffres concernant le taux de pauvreté sont encore plus accablants ils dépassent 40 % dans les quartiers prioritaires soit trois fois plus que la moyenne nationale plus de la moitié des enfants 6/1 sont confrontés à la grande pauvreté alors que la moyenne nationale est plutôt de deux enfants sur 10 dans cette situation de détresse le gouvernement se focalise sur l'autorité comme si cela n'avait aucun rapport avec les questions sociales pourtant ces questions rurgissent immédiatement quand il va parler avec ses jeunes plus ches travaille avec lui donc dis plus finanducation national alors que tout son discours est traversé par des mesures concernant l'école comme par exemple le doublement du nombre d'heures d'enseignement civique et moral sans qu'il ne soit jamais précisé comment tout cela va être financé rappelons qu'à la rentrée 2023 3000 postes d'enseignants était toujours vacant à cause notamment des mauvaises rémunérations des enseignants parmi les plus basses des pays de l'OCDE et le gouvernement a prévu de supprimer des centaines de postes d'enseignants en 2024 on l'a documenté à blast depuis des années l'éducation nationale est en crise les professeurs et professionnels du secteur appellent désespérément à l'aide et ne reçoivent en échange que des directive pour appliquer plus d'autorité sans obtenir les moyens qui permettent d'exercer correctement je une élve à blendrard dans le 93 évidemment que ça fait un an que l'assensur ne marche plus sympa je suis prof de français dans 93 évidemment que quand j'étais enceinte mes élèves n'ont pas eu cours de français pendant 6 mois leur année du bac tu élève à blessind bien évidemment que le chauffage il fonctionne pas on est à bless Sandras évidemment qu'on a pas de plafond dans nos toilettes et qu'on fait P dans le noir je su élève à bless Sandras dans 93 évidemment que j'ai des têes toutes cassées je suis une élève à bland rard en 93 évidemment qu'on a pas de table de parcours au moment où Gabriel Attal fait ce discours c'est tout un pan des enseignants qui fait grève pour tirer la sonnette d'alarme et réclamer des moyens budgétaires et humains urgents et tout ça fait partie de ce système éducatif français inégalitaire au point que l'école française est l'une des écoles les plus reproductrices d'inégalité au sein des pays de l'OCDE et si les inégalités sociales ou le financement de l'école n'intéressent que très peu Gabriel Atal depuis son passage au ministère de la Jeunesse en passant par le ministère de l'Éducation jusqu'au poste de Premier ministre il ignore carrément celle des discrimination ou encore des violences commises par les institutions lorsque les banlieux se sont embrasés suite à la mort de naë le gouvernement a bien vite oublier le déclencheur de ces violences à savoir l'assassinat d'un adolescent par un policier alors qu' qui ne présentait pas de menace pour le dit policier mais non aujourd'hui on ne parle pas de tout ça toute la réalité de la violence sociale des discriminations des violences policière est effacé derrière un discours autoritariste simpliste pourtant il est fondamental lorsqu'on veut parler d'autorité de se demander qui exige l'autorité en 2020 79 % des jeunes considérraent que les violences policières sont une réalité en France et que les fonctionnaires qui commettent une faute sont souvent couverts par leur hiérarchie on rajoutera à cela les multiples exemple de ministre mis en examen de responsabl politiques de très haut niveau condamnés par la justice dont la plupart des jeunes ont déjà entendu parler et l'impression d'une justice à deux vitesses qui n'est jamais prise en compte dans les discours politiques la sociologue Caroline Cardi analyse les violences commises par les jeunes ainsi en tant que sociologue j'y vois davantage le signe de la fin d'un état social et les conséquences d'inégalité sociale de classe et de genre notamment et donc pour répondre à ce qui est aussi une crise sociale le Premier ministre fait appel a des mesures stigmatisantes pour les jeunes il souhaite par exemple qu'une mention soit faite du comportement perturbateur en cours d'un élève dans son dossier parcours sup mais aussi que cela puisse avoir des conséquences sur son bac ou son brevet une manière de marquer sur le long terme des jeunes déjà souvent confrontés à de fortes difficultés économiques et sociales pour la sociologue le modèle est ici celui du casier judiciaire on inscrit sur un temps long une infraction une déviance dans une carrière et une trajectoire scolaire mais de toute façon parcours sup est une plateforme de reproduction des inégalités sociales vouloir établir des classes de niveau s'inscrit dans la même logique bref le gouvernement a décidé de traiter les jeunes comme des délinquants en puissance en faisant reposer sur eux ou leurs parents l'entière responsabilité des violences et en omettant les problèmes sociaux et économiques qui ont aussi produit cette situation la sociologue est clair l'ensemble de ces mesures désocialise elles permettent de dégager la responsabilité de la société dans son ensemble vis av d'une jeunesse qui est par ailleurs très grandement [Musique] délaissée vous l'aurez compris les clichés que mobilise Gabriel Atal sur les jeunes sont globalement infondés la séquence médiatique et politique dont nous sommes actuellement les témoins est monté de toutes pièces non il n'y a pas une explosion de la violence chez les jeunes non les jeunes d'aujourd'hui ne sont pas plus problématiques que les jeunes d'hier ils ne sont d'ailleurs pas plus oisifs non plus si malgré tout ce qu'on a déjà dit vous continuez quand même à vous dire que les jeunes sont plus violents qu'avant plus décadents qu'ils sont en rupture avec l'ordre établi qu'ils sont plus individualiste n'oubliez pas une chose cette impression négative que peuvent avoir une partie des plus âgés ça fait 3000 ans que ça dure le poète grec et Zod écrivaient déjà en 720 avant Jésus-Christ je n'ai plus aucun espoir pour l'avenir de notre pays si la jeunesse d'aujourd'hui prend le commandement demain parce que cette jeunesse est insupportable sans retenu simplement terrible de siècles plus tard on attribue à Socrate ce réquisitoire à l'encontre de la jeunesse nos jeunes aiment le luxe ont de mauvaise manières se moquent de l'autorité et nonont aucun respect pour l'âge à notre époque les enfants sont des tyrans ce bon vieux refrain du c'était mieux avant est un maronnier du regard porté par les plus âgés sur les jeunes générations et si je suis peut-être un petit peu plus engagé que d'habitude dans cette vidéo pour blast c'est parce que ça fait des années que je combats ces cliché d'un autre temps j'ai ai même dédié un livre entier fait à l'appui pour montrer que non les jeunes ne sont pas plus incultes paresseux égoïstes ou désobéissants qu'avant visiblement nous n'en avons pas terminé avec cette stigmatisation des jeunes et particulièrement des jeunes des quartiers populaires alors si cette vidéo vous a plu n'hésitez vraiment pas à la partager autour de vous je vous rappelle que blast est un média indépendant que si j'ai pu réaliser cette vidéo c'est grâce à vous notre audience donc si vous voulez nous soutenir financièrement vous pouvez faire un don ou vous abonner sur blast-ino faire et moi je vous dis à bientôt [Musique]

LE GOUVERNEMENT DÉCLARE LA GUERRE À LA JEUNESSE — Gabriel Attal · Pourquijevote