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AutreFrance Inter — Le débat de midi (sur Site radio)· 3 août 2022 56 minAutoproduitMixte

Influenceurs : l'avenir de la jeunesse ?

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0:15
Présentateur

Bonjour, très heureux de vous accueillir pour le débat de midi. L'autre jour, figurez-vous qu'en nous baladant sur Internet, nous sommes tombés, comme la plupart des gens en fait, sur ce qu'on appelle des influenceurs. Vous savez, sur le réseau social Instagram, il s'agissait par exemple d'une femme prise en photo dans les plus beaux endroits du monde, tout simplement. Sur TikTok, c'était un garçon qui montrait ses biceps, voilà, ça s'arrêtait là, mais chaque compte, eh bien, était vu au moins par des millions d'abonnés. Voilà, incontournable de la société numérique dans laquelle nous mérions, les influenceurs sont devenus des objets de marketing, parfois vendant du rêve.

Souvent, eh bien, en crépeau, on peut dire ça en vantant une soi-disant vie sans impôts à Dubaï pour certains. Ils sont présents dans tous les domaines, de la cuisine aux vêtements pour enfants, du maquillage au voyage, en passant même par une récente polémique avec le rappeur Booba. Alors certes, les influenceurs sont jeunes et s'adressent en priorité aux 15-25 ans peuplant notre pays, mais selon un récent sondage, figurez-vous que 85% des parents d'enfants de moins de 11 ans affirment avoir déjà acheté un produit pour leur progéniture après avoir consulté l'avis d'un ou d'une influenceuse.

Vie facile, argent facile, l'image donnée par certains influenceurs paraît un idéal, au point que certains ont même créé une école d'influenceurs. Et oui, alors y aura-t-il bientôt des influenceurs pour influenceurs ? Jusqu'à quel point ces vies font-elles rêver ? Pourquoi ces personnes touchent-elles à ce point la jeunesse ? On en parle bien sûr, sans influence, dans le débat de midi. Jean-Mathieu Pernin, le débat de midi, sur France Inter.

1:40
Auditeur

Moi je pense que les influenceurs en ce moment voient la limite que ça représente et le fait que ça devrait être régulé.

1:45
Invité

Il y a TikTok, bah oui je suis dessus de A à Z, le matin au coucher. Être un personnage, c'est un métier qui je trouve doit s'imprimer en fait. Je pense que c'est important pour les jeunes d'avoir aussi des guides. Je swipe, beaucoup, beaucoup, beaucoup. C'est clair que les parents ont une responsabilité énorme quand on est jeune, de pouvoir orienter sur les personnes que l'on suit, sur les personnes qui vont nous influencer.

2:10
Auditeur

Moi c'est le côté argent facile que j'aime pas aujourd'hui. Les influenceurs, la radio, ce sont des influenceurs.

2:16
Présentateur

Voilà, micro-trottoir sur les influenceurs réalisés par Anaïs Ponsain, Pénéoptrica et Benjamin Woodcock mis en musique, bien sûr, par Théo Raison qui réalise cette émission. Alors laissez-moi vous présenter quelques convives qui se sont installés autour de la table du débat de midi. J'attends bien sûr vos questions et remarques comme tous les jours par mail via l'application France Inter. Également sur Twitter, hashtag le débat de midi, allez-y, on aime vous lire. Donc autour de la table du débat de midi, nous trouvons Maud, Maud pardon, Maud, Maud, Kénixval, bonjour. Bonjour. Vous êtes journaliste au Figaro, vous avez enquêté notamment sur l'école dont je parlais, l'école d'influenceurs.

Ambaza également, Yannick Ponce, bonjour. Bonjour. Vous êtes ce qu'on appelle un créatif stratégiste au sein de l'agence d'influence riche qui s'occupe du marketing et des partenariats entre les marques et les influenceurs. Également Anissa, bonjour. Bonjour. Vous êtes ce qu'on appelle une influenceuse, notamment on en parlait de TikTok et Instagram avec près d'un million d'abonnés, c'est ça ? C'est ça. Voilà, un million d'abonnés. Vous avez lancé également le MeToo animation. Vous, vous souhaitez dénoncer les violences sexuelles dans le secteur des colonies de vacances.

3:22
Invité

Oui, dans l'animation en général, les colonies et les centres aérés.

3:24
Présentateur

Voilà, et vous avez lancé une pétition sur change.org. Vous l'avez lancée quand cette pétition ?

3:29
Invité

J'ai lancée à peu près il y a deux mois.

3:31
Présentateur

D'accord.

3:32
Invité

Non, même un mois et demi, c'était vers le 29 juin.

3:34
Présentateur

Très bien. Et ça va, vous avez du monde déjà dessus ?

3:36
Invité

Et ça va, il y a eu du monde très rapidement, donc là ça stagne un peu parce que ça a pris très rapidement. Donc là, c'est un peu dérangeant quand on voit que ça stagne parce que c'est un sujet qui est très important, mais oui, ça fonctionne très bien.

3:46
Présentateur

Bon, très bien. Et nous avons également Pascal Lardelier. Bonjour à vous.

3:50
Invité

Oui, bonjour.

3:50
Présentateur

Vous êtes professeur à l'université de Bourgogne, Franche-Comté, sociologue, spécialiste des réseaux de communication. Votre dernier livre, « S'aimer à l'air des masques et des écrans », c'est aux éditions de l'Aube. Alors, on va parler donc de ces influenceurs, mais juste au début, Yannick Ponce, je crois qu'on va faire un petit lexique, avant tout une petite définition. Donc, en fait, déjà, ça vient d'où ce terme qu'on a découvert finalement assez récemment. On l'a découvert quand d'ailleurs, à peu près ce terme ? C'est ça, imposer quand ? Influenceur.

4:16
Invité

Il n'y a pas de date précise de l'arrivée du terme d'influenceur, mais en fait, l'influence digitale, comme on l'entend aujourd'hui, est venue avec l'essor des réseaux sociaux. On a notamment deux réseaux qui ont permis l'essor de l'influence, c'est YouTube et Instagram aujourd'hui.

4:34
Présentateur

C'est ça. Et alors, aujourd'hui, est-ce qu'on peut dire qu'il y a une sorte d'influence et d'affluence des influenceurs ? Il y en a beaucoup.

4:42
Invité

Il y en a 150 000 en France aujourd'hui. 150 000. Oui. Rich publie une étude tous les ans qui étudie et les influenceurs et les marques qui travaillent avec les influenceurs. On considère qu'il y a 150 000 influenceurs, donc 150 000 comptes de plus de 5 000 abonnés qui ne sont pas des marques ou des entreprises. Et donc, ça fait beaucoup. Ça fait beaucoup de monde. Ça fait aussi un ensemble très diversifié. On parle souvent des influenceurs comme une grande masse. Il y a énormément de différences entre tous les types d'influenceurs, entre toutes les tailles. Et il faut savoir faire cette différence.

5:18
Présentateur

Alors, Maud, ceux qui sont appréciés aujourd'hui, les influenceurs, on voit, on le disait, il y en a de différentes sortes. Mais c'est vrai qu'il y a juste une question. Quand on a vu l'évolution d'Internet, comment est-on passé de la fille ou du garçon qui nous parle dans sa chambre, soit pour nous amuser ou parler de son quotidien, à des personnes qui sont suivies par des millions d'autres et qui vendent également des produits ? Comment on est passé ?

5:42
Invité

C'est une question de succès avant tout. C'est-à-dire que c'était des personnes, au début, quand elles commençaient, il y a quelques années, on va dire, il y a une dizaine d'années sur YouTube, des personnes qui commençaient dans leur chambre pour partager une passion. Simplement, c'était montrer du maquillage, jouer aux jeux vidéo ensemble, etc. Et peu à peu, ça s'est professionnalisé simplement en voyant que ça marchait. Quand on a vu que ces gens-là étaient suivis, qu'ils avaient de plus en plus d'influence, c'est justement le terme qui est au cœur du débat aujourd'hui. En fait, en voyant ça, les marques se sont intéressées à leur profil.

Parce qu'en fait, c'était des personnes qui pouvaient toucher autant que certaines publicités à la télé ou dans les magazines. Et en fait, en étant simplement une personne et elles incarnaient quelque chose. Et c'est ça qui a vraiment marqué la professionnalisation et l'apparition même d'un métier.

6:21
Présentateur

Anissa, qu'est-ce qui vous a poussé justement à embrasser ? On va voir dans un instant si c'est une profession ou pas, mais à embrasser cette activité d'influence.

6:30
Invité

Alors moi, je ne me suis pas du tout lancée dans l'influence pour faire de l'influence. À la base, j'étais étudiante en fac de droit, j'étais en licence et ensuite en master. Donc, rien à voir. J'ai tout simplement commencé à faire des vidéos. Mais pour mes amis, en fait, sans avoir comme une vieille, je ne sais pas, c'est pas ma génération TikTok, sans en fait comprendre qu'il y avait un algorithme qui allait propulser ma vidéo à des milliers de personnes. Et en fait, avec humour et débat que j'ai pu avoir et des sujets auxquels je m'intéressais, les vidéos ont commencé à prendre des vues. Et puis, j'y continuais et ainsi de suite. Mais ce n'était pas du tout mon objectif.

Ce n'était pas votre plan de départ, en fait ? Non, non. De base, je n'étais pas du tout sur les réseaux. Je n'avais que 300 abonnés. Enfin, je n'avais que mes amis, quoi.

7:07
Présentateur

Et aujourd'hui, c'est un million. Eh oui. Ce n'est pas trop prévu, la chose. En effet. Alors, Pascal Lardelier, aujourd'hui, on parle véritablement d'une influence dans la société de la part des influenceurs.

7:18
Invité

Alors, on peut dire vraiment que d'abord, pour plagier Houellebecq, il y a véritablement une extension du domaine de l'influence. Puisque longtemps, l'influence, c'était le lobbying, c'était la diplomatie, c'était des choses assez subtiles et assez discrètes. Et puis, c'est vrai que depuis une quinzaine d'années, avec l'émergence des réseaux sociaux, eh bien, on a effectivement ces débats publics. Et pour preuve, France Inter s'y intéresse. Alors, je crois qu'on peut véritablement parler d'une institutionnalisation désormais de l'influence. Et j'en veux pour preuve que le mot influenceur est entré dans le dictionnaire, le Larousse, l'année dernière.

Donc, ça marque effectivement cette institutionnalisation. On se souvient de McFaill et Carlito faisant des pirouettes devant Emmanuel Macron à l'Élysée. Et puis, il faut quand même reconnaître aussi que les influenceurs portent des débats dans la sphère publique avec des causes. On vient d'en parler avec Alissa. Et c'est vrai qu'il y a vraiment une institutionnalisation désormais de quelque chose qui a longtemps essayé, finalement, sinon clandestin. Du moins, ça procédait d'une espèce de sous-culture, au sens de sub-culture, qui était dans les réseaux. Et maintenant, il y a une explosion sociale. Et vous le disiez à l'instant, il y a 150 000 personnes qui sont influenceurs.

Il y a même des écoles d'influence. Il y en a une qui a beaucoup prété à rire sur les réseaux sociaux. Voilà, et c'est vrai qu'il y a une professionnalisation désormais.

8:32
Présentateur

Est-ce qu'on peut dire, Yannick Ponce, que c'est un métier influenceur ?

8:37
Invité

Ma réponse simple est oui. La réponse un peu plus développée, c'est que oui, c'est une activité qui, d'un côté, prend du temps et qui est rémunératrice. Donc, généralement, c'est un peu ce qu'on peut dire d'un métier. Mais pour développer un peu, en fait, un influenceur ou un créateur de contenu, comme on aime à les appeler, c'est quelqu'un qui, tous les jours, va devoir réfléchir au contenu qu'il va poster, va devoir les écrire, les tourner, les monter. Et en fait, c'est une activité à temps plein. Alors, pas réellement, pour la grande majorité des influenceurs en France, c'est une activité secondaire. Pour 86% des influenceurs en France, ce n'est pas leur activité principale.

Mais ça prend beaucoup de temps et il faut l'apprendre aussi.

9:21
Présentateur

Est-ce que, d'après vous, Maud Genswalt, c'est ça aussi qui fait rêver, alors, beaucoup, finalement, aussi, de plus jeunes aujourd'hui ? Ça veut dire qu'on a l'impression que c'est très simple, en fait. Il suffit de prendre son téléphone, se filmer, de se mettre sur les réseaux et puis ça y est, c'est fait. Est-ce que ça fait partie aussi de ça ?

9:35
Invité

C'est évidemment cette impression de facilité. En fait, avant, pour devenir connu et pouvoir gagner de l'argent comme ça, il fallait, par exemple, devenir acteur. Et devenir acteur, c'est accéder à des plateaux de cinéma, c'est, en fait, être à la télévision. Et c'est des choses qui étaient très loin de la réalité des adolescents, par exemple. Et en fait, aujourd'hui, ces adolescents, ils ont juste à prendre leur téléphone et à poster sur les réseaux sociaux. Ça ne veut pas dire que ça marche, mais ils voient ça comme une opportunité. Et ça leur laisse l'impression qu'en fait, oui, on peut y aspirer et ils peuvent, eux aussi, devenir influenceurs et en faire leur métier.

10:05
Présentateur

C'est ça, Nissa, aussi. Il faut le préciser aussi. Quand on dit, est-ce que c'est un métier ? D'ailleurs, pour vous, c'est un métier ou pas ?

10:10
Invité

Là, ça l'est devenu, oui. Ça l'est devenu complètement. Mais oui, c'est un métier. Dans tous les cas, je suis totalement d'accord avec le fait que ce soit un métier. Dans tous les cas, ça prend un temps, mais fou, vraiment un temps fou. Et on est rémunéré. Donc, c'est la base d'un métier, finalement.

10:23
Présentateur

Alors, on va voir comment vous êtes rémunéré. Mais pour vous, c'est vrai que quand on voit beaucoup de gens, on se dit, on pense parfois même à des professeurs aujourd'hui où il va y avoir leurs élèves qui vont mettre influenceurs dans le métier qu'ils veulent faire plus tard.

10:34
Invité

J'ai justement reçu un mail ce matin d'une ancienne prof d'espagnol que j'avais et qui m'a dit félicitations. Parce que d'habitude, je n'ai pas du tout l'habitude de pousser les jeunes à être influenceurs, etc. Parce qu'on a souvent une mauvaise image de ce métier-là. Parce qu'il y a beaucoup de jeunes, justement, au lycée, qui écrivent dans leurs petites fiches au début de l'année qu'ils veulent être influenceurs. Sauf que c'est un métier qui fait rêver. Mais c'est très compliqué d'y accéder. Ce n'est pas du jour au lendemain que d'un coup, le compte va monter, qu'on va pouvoir être rémunéré, qu'on pourra faire quelque chose de sa vie avec ça. Donc, ça fait rêver.

Mais je pense qu'il faut en parler. Parce que les jeunes, ils ne se rendent pas compte de la réalité des choses.

11:12
Présentateur

Alors, on va se rendre compte. Oui, s'il vous plaît.

11:14
Invité

Non, mais Maud faisait le parallèle avec les acteurs. Et le parallèle, il est idéal, en fait, avec ce qu'Anissa disait. Il y a 150 000 influenceurs en France, mais très peu qui sont payés et qui en vivent. Très peu qui ont une très belle situation derrière. Et en fait, le parallèle avec les acteurs, les sportifs, les mannequins, c'est exactement ce parallèle qu'il faut faire. Il y a beaucoup de candidats, mais très peu d'élus, au final.

11:39
Présentateur

Alors, on va voir comment ça se passe, juste concrètement, en écoutant aussi un influenceur. Il s'appelle Léonard. Lui aussi, il a un million d'abonnés. Il fait des vidéos chaque semaine et il explique, vous allez l'entendre à France 3, quel est son quotidien et sa routine hebdomadaire.

11:56
Invité

Je fais les retours à mon monteur concernant la vidéo qui sort tout à l'heure. On est un peu dans le rush parce qu'on est lundi et ça sort le lundi. Le but, du coup, c'est de prendre de l'avance, évidemment. Mais comme en plus, il y a un client sur cette vidéo, je dois faire à la fois les retours au monteur et à la fois les retours avec le client. Donc, je suis un peu en train de jongler. Par client, il faut comprendre le sponsor de la vidéo qui finance le contenu. Le client, il a son droit de regard sur une vidéo parce qu'on parle soit de son produit, soit de son service. C'est vraiment une publicité.

12:31
Présentateur

Léonard accepte les partenariats pour financer sa chaîne YouTube car ses vidéos lui demandent beaucoup d'argent. Voilà, Anissa, quand vous entendez ça, j'imagine que c'est aussi peut-être bien votre routine. Voilà, vous connaissez bien. Finalement, est-ce que vous faites votre métier, c'est-à-dire la publicité ?

12:50
Invité

Finalement, tout dépend du partenariat qu'on peut avoir. Mais oui, on est une figure de pub. Moi, je le dis souvent et au début, on va parler ensuite de la rémunération, mais j'avais du mal à comprendre comment on pouvait être payé autant. Après, il y a toute une réflexion derrière. Et en fait, quand je me suis rendu compte des prix que les marques payaient pour passer à la télévision, rien que 15 secondes, je comprends que non soit payé finalement à ces prix-là, sachant que c'est vraiment peu comparé au prix que les marques devraient payer à la télé.

13:17
Présentateur

Je peux me permettre de vous demander combien c'est un sponsor, par exemple, sans donner la marque ?

13:21
Invité

Tout dépend de la marque, tout dépend de ce qu'on va y faire. Si ça va être plusieurs vidéos, ça peut monter. En fait, tout dépend du nombre d'abonnés. Évidemment, moi, un million, je serais mieux payé que quelqu'un qui est à 200 000. Mais ça peut monter de 2 000 jusqu'à 6 000 le contrat. Tout dépend vraiment du partenariat.

13:38
Présentateur

Pascal Lardelier, c'est ça aussi où la frontière est ténue, où on a de temps en temps un peu de mal à comprendre. C'est qu'on peut suivre en effet des personnes qu'on aime bien sur les réseaux sociaux. Et on se rend compte que derrière aussi, on nous vend un produit.

13:49
Invité

Oui, c'est vrai qu'il y a quand même une obsession de la métrique. On l'entend dans tous ces témoignages. On compte les centaines de milliers et les millions de personnes qui suivent. Et le juge de paix de ce marché, ça reste in fine, effectivement, cette métrique. Quelqu'un qui a très peu de personnes qui le suivent n'existe pas. Et c'est vrai qu'il y a un nouveau champ symbolique qui va octroyer la légitimité. Alors, il y a un changement complètement paradigmatique, puisque c'est vrai qu'auparavant, il y avait l'obligation d'un talent. Attention, je ne dis pas que les gens qui sont influenceurs n'ont pas de talent.

Mais c'est vrai qu'on peut, vous le disiez dans votre lancement tout à l'heure, on peut poser en version ma vie, en version plus-plus devant des palmiers, devant des piscines de rêve. Et puis, effectivement, ça peut faire le buzz. Et la dynamique du mouvement, c'est le buzz. C'est-à-dire qu'on se met à suivre de plus en plus des personnes, jusqu'au moment où, effectivement, leur notoriété en ligne, donc cette capacité, ce capital d'influence, il devient monnayable, véritablement.

14:45
Présentateur

Voilà, alors nous, sur l'application France Inter, il y a Patrice qui nous dit juste, voilà un petit message, 65 ans, il dit bonjour, j'ai plus de 65 ans, et je n'ai pas honte à vous avoir été plusieurs fois influencé par des influenceurs, cordialement. Voilà, il nous dit, donc, en tout cas, il les suit. Alors, vous avez travaillé, Maud, vous, Keniza, sur un segment assez particulier, justement, du monde de l'influence, dans lequel nous vivons, même malgré nous, c'est celui, eh bien, de ces personnes qui ne se lancent pas, qui disent aujourd'hui, pour, comme n'importe quelle profession, il faut se former pour être influenceur.

Et notamment, on a beaucoup parlé d'une école, et ça ressemble à ça.

15:23
Invité

Devenir influenceur, ce n'est plus un rêve inatteignable. Ambaza est la première école d'influenceurs française. L'objectif pour chaque élève est d'obtenir 20 000 followers Instagram et de générer plus de 5 000 euros par mois. La formation coûte 1 200 euros, mais elle sera totalement financée pour les 15 premiers candidats. Donc, rien à payer. Prêt à changer votre vie ?

15:41
Présentateur

Voilà, donc ça, c'était la bande-annonce d'une école pour influenceurs qui avait beaucoup fait parler d'acité vers le mois de juin dernier, c'est ça. Et surtout, quand on l'a vu apparaître, on s'est dit, oh là, ça sent l'arnaque.

15:52
Invité

Ça sent l'arnaque, simplement parce qu'en fait, le clip, donc là, on a entendu déjà le son qui parle assez, mais en fait, quand on voit le clip, c'est du champagne à gogo, c'est des yachts, c'est en fait une image de l'influenceur qui est très loin de la réalité qu'on a aujourd'hui, très loin de ce que toi, Anissa, par exemple, qui vit au quotidien. Ah oui, ça n'a rien à voir. Ça serait si j'étais sur des yachts tous les soirs avec du champagne.

En fait, c'est vendre une image, mais qui est très différente de ce qu'on peut avoir et surtout le problème de ces écoles, une école comme Ambassa, vous l'avez entendu dans la publicité, c'était, vous payez 1 200 euros pour 28 heures de cours, ce qui est déjà énorme, et en fait, après, ça va tout de suite rentabiliser parce que vous récupériez 5 000 euros dans un mois. En réalité, ce n'est pas aussi simple, c'est une promesse qui est fausse parce que, contrairement à, par exemple, certaines études comme les études d'avocat où on est sûr, à la fin des études, d'avoir son diplôme et donc de pouvoir exercer, on ne devient pas influenceur de la même façon.

16:44
Présentateur

Il n'y a pas de diplôme en France d'influenceur.

16:46
Invité

Il n'y a pas de diplôme, en fait, il n'y a rien qui puisse le justifier. En fait, on devient influenceur en ayant de l'influence, en ayant des abonnés. Or, on ne peut pas gagner des abonnés via ce genre de formation. On peut avoir des conseils, on peut peut-être progresser, mais on ne peut pas devenir influenceur comme ça.

17:02
Présentateur

Est-ce que, Yannick Ponce, vous qui rapprochez les marques et les influenceurs, est-ce que ce n'est pas un peu vous, enfin votre métier, qui a changé aussi la donne de ces personnes dont je parlais tout à l'heure qui étaient tout simplement en train de faire des vidéos tranquillement dans leur coin et en voyant le nombre de personnes qui pouvaient les regarder, eh bien, vous vous êtes dit, à partir de là, ça peut intéresser la publicité.

17:22
Invité

Oui, en fait, c'est un peu un cercle vertueux, ce qui s'est passé entre les marques, les influenceurs. Certains diraient vicieux. Je préfère le terme. Et les agences avec ça, c'est que les marques voyant les influenceurs grandir et leur influence grandir, ils ont vu un potentiel de communication, c'est clair. En voyant ce potentiel de communication, ils ont eu envie de l'utiliser, donc de réunir à les influenceurs pour parler de leurs services, de leurs produits, de leurs marques. Et en fait, grâce à ça, les influenceurs gagnant un peu plus d'argent peuvent créer du meilleur contenu et ça sert à leur communauté et ça sert aussi du coup aux marques à nouveau. Le métier évolue.

Quand on est arrivé sur le marché en 2015, c'était un peu la jungle et il y avait peu de métriques. On parlait beaucoup de métriques tout à l'heure. Qu'est-ce que c'est que métriques ? Il y avait peu de moyens de mesure de la performance et on payait des influenceurs sans trop savoir ce qu'il y avait derrière. Aujourd'hui, le métier s'est beaucoup professionnalisé et que ça soit du côté marques, agences ou influenceurs, tout le monde en est très conscient. Et oui, on regarde le nombre de vues, le nombre de likes, le nombre de commentaires générés par un influenceur et c'est un peu comme ça qu'on va mesurer son influence.

On parlait du nombre d'abonnés, mais au final, ce n'est pas le plus important. Ça ne veut rien dire le nombre d'abonnés. On peut avoir 300 000 abonnés et avoir 12 likes.

18:46
Présentateur

D'accord, très bien. C'est très assurant pour mes tweets. Le plus important, c'est comment je fais réagir ma communauté.

18:53
Invité

Très bien. Maud ? Le problème aussi qui est né avec l'arrivée de la publicité, ces influenceurs qui ont commencé à faire la publicité, c'était la publicité déguisée. Et c'est là où est venue toutes les polémiques également. C'est qu'aujourd'hui, il y a des influenceurs qui ne précisent pas que c'est une publicité, alors que quand on est à la télévision, on sait quand on regarde une publicité pour un parfum que c'est une publicité.

19:12
Présentateur

On doit préciser, par exemple, si je suis sur Instagram, si je fais une vidéo, je dois préciser, c'est obligé, c'est la loi ? Oui, c'est une réglementation. Oui, c'est dans la loi.

19:18
Invité

Après, ce n'est pas appliqué par tous. C'est aussi ça le problème. Et c'est aussi ça qui, parfois, fait que les gens peinent à faire confiance aux influenceurs. Parce qu'ils se disent, est-ce qu'ils aiment un produit ? Est-ce qu'ils aiment ce produit ? Ou est-ce qu'en fait, ils le présentent simplement par intérêt ? Ils sont payés. Et donc, on ne peut pas vraiment croire ce qu'ils disent.

19:33
Présentateur

Alors, ce monde aussi particulier, on l'a entendu tout à l'heure dans le micro-trottoir, il peut y avoir vous, Anissa. Et puis, il y en a d'autres, dans la caricature, on va dire vraiment de l'influenceur, forcément, des destinations, Badoubaï.

19:46
Invité

Badoubaï ? Mais qu'est-ce que c'est ? Comment il fait bon maintenant à Dubaï ? Ça fait trop du bien. Ça fait du bien à fond. Ça fait bon, hein ? Trop. Bon, baby. Là, c'est vraiment le truc vous vous vous voulez. Là, on mène notre vie, là.

19:58
Présentateur

Voilà, extrait d'influenceurs à Dubaï. J'en profite, Arnaud aussi, sur l'application Inter, qui nous dit « Bonjour, je vais à Dubaï depuis 7 ans. Il y a des influenceurs, mais beaucoup d'entre eux déchantent très vite. Par ailleurs, Dubaï a mis en place un système régulier et commence à exclure, renvoyer du territoire certains qui donnent une mauvaise image. Maud Knessval aussi, il y a, on le sait très bien, sur les réseaux sociaux, beaucoup d'influenceurs à Dubaï pour des raisons fiscales.

20:23
Invité

Exactement. En fait, il y a beaucoup d'influenceurs qui partent à Dubaï justement parce que ça les arrange bien de ne pas payer d'impôts. Et en fait, la contrepartie de tout ça, c'est qu'aujourd'hui, sur les réseaux sociaux, il y a toute cette vie de luxe et de paillettes qui est montrée. Il y a l'image de l'influenceur qui est véhiculée comme ça. C'est pour ça, par exemple, qu'Ambaza s'est servi de cette image pour faire sa publicité. Oui, pardon, l'école dont on parlait tout à l'heure. Il y a l'image que voilà, on est à Dubaï, on ne paye pas d'impôts, on vit dans des maisons incroyables.

Et à ce moment-là, il y a aussi le problème que ces influenceurs-là, ils s'éloignent énormément du quotidien atteignables, contrairement aux influenceurs qui vivent une vie plus classique. Et c'est ça aussi que les gens recherchent généralement, c'est avoir la proximité avec les personnes qui regardent.

21:04
Présentateur

Anissa, quand vous entendez ça, quand vous voyez aussi ces personnes, parce que c'est là où on pense que ces influenceurs, quand on voit Dubaï, cette vie vantée, où beaucoup de gens voudraient leur ressembler, est-ce que vous avez l'impression d'avoir des liens avec ces personnes ?

21:17
Invité

Alors non, pas du tout. Puis surtout, il y avait un point que je voulais aborder, c'est que moi, l'image que je me fais des influenceurs et que la plupart des jeunes, je pense, s'en font, ce n'est pas du tout l'image qui est proposée par l'école et qui était dans l'extrait. Parce que là, c'est des personnes de télé-réalité. Alors oui, il y a des personnes de télé-réalité qui sont devenues influenceurs. Je ne sais pas, je pense à Darko, Bastos, parce que c'est celle que je ne vois pas dans mes feeds. Mais eux, ils sont vraiment influenceurs à l'heure d'aujourd'hui. Puis ils sont youtubeurs aussi.

Alors que, par exemple, les personnes qu'on voit, elles ne sont pas sur YouTube, elles ne sont pas sur TikTok, elles ne sont que sur Instagram. et elles ont été dans la télé-réalité pendant longtemps. Et c'est pratiquement que ces personnes-là qui sont...

21:53
Présentateur

Pour vous, il y a un lien entre cette image des influenceurs qu'on peut avoir et la télé-réalité, justement ?

21:57
Invité

Oui, largement. D'ailleurs, moi, quand on me demande qu'est-ce que je fais dans la vie, je n'arrive pas encore à dire. Je dis que je suis en fac de droit. Parce que j'ai une mauvaise image parce que pour moi, influence était égale télé-réalité. Alors qu'en fait, ce n'est pas forcément le cas. Oui, Yannick ? Oui, le distinguo, en effet, il doit être fait. Nous, on utilise beaucoup, chez Rich, le terme de créateur de contenu. Plutôt qu'influenceur. Parce qu'en fait, influenceur, aujourd'hui, ça englobe beaucoup de choses. Ça englobe les influenceurs de télé-réalité. Ça englobe ce que nous, on appelle les créateurs de contenu.

Ça englobe aussi les célébrités, célébrités du sport, par exemple, qui vont créer un compte et en fait, être influents parce qu'ils ont 2-3 millions de followers sur Instagram. La vraie différence, et Maud le disait, Maud parlait de la passion tout à l'heure, la vraie différence, généralement, c'est qu'un créateur de contenu, il a commencé comme vous, comme moi, avec zéro abonné. Il a eu envie de partager une passion. Parfois, c'était la mode. Parfois, c'était des vidéos drôles. Mais ça peut être aussi la pêche, le bricolage, la maçonnerie. Mais c'est très large. C'est extrêmement large.

Dès qu'il y a une passion, dès qu'il y a un centre d'intérêt, on va trouver un influenceur qui va en parler. Et en fait, petit à petit, il va créer des contenus, tester des stories, des posts, des façons de s'adresser à sa communauté. Il va trouver son style et il va engendrer une communauté.

23:07
Présentateur

Allez, dans un instant, on va s'intéresser aux dérivés du système influenceur. Juste après, l'incandescente Rosalia avec Candy. Vous êtes dans le débat de midi sur Inter.

23:44
Invité

Le choix de Juliette,

26:04
Présentateur

l'orphelin de la programmation d'Inter. Rosalia avec Candy dans le débat de midi.

26:08
Invité

Dans le débat de midi,

26:16
Présentateur

nous parlons des influenceurs. Pourquoi autant de jeunes veulent leur ressembler. Et alors, il est vrai que depuis la semaine dernière, peut-être avez-vous suivi ça avec passion. Nous sommes au cœur d'un véritable clash. Cette fois-ci, alors là, ça va un peu loin entre rappeur et influenceur. Et pas n'importe quel rappeur, peut-être le connaissez-vous. Il s'appelle Booba. Et dans le jour de la libération, il a donné une interview dans laquelle il dénonce les influenceurs comme un monde de toques. Alors, c'est surtout les influenceurs dont on parlait juste avant la musique, ceux qui sont à Dubaï, issus de la télé-réalité, je cite.

Mais surtout, il parle d'arnaques véritablement par des influenceurs. Yannick Ponce, elles existent véritablement, ces arnaques ?

26:57
Invité

Oui, ces arnaques, elles existent. Il y a des arnaques financières, des arnaques de vente de type dropshipping.

27:06
Présentateur

Qu'est-ce que c'est, alors, dropshipping ?

27:07
Invité

Le dropshipping, en fait, ça peut prendre plusieurs formes. Mais généralement, la conséquence du dropshipping, c'est la vente de produits très peu chers à des prix exorbitants. Généralement, des sites qui viennent de grossiches chinois et qui sont vendus, qui sont passés pour des montres de luxe, par exemple, alors qu'elles coûtent 1,50€ à produire.

27:28
Présentateur

Oui, c'est ça. Quand on voit ça, en effet, Maud Kinzwa, ça a été quand même un clash, là, aujourd'hui, qu'une personne comme Booba, très populaire, notamment. Alors, on ne va pas dire auprès des plus jeunes, parce que Booba, ça commence à faire maintenant, même auprès des gens un peu plus âgés. Mais pourquoi, finalement, ce rappeur, c'est devenu presque un lanceur d'alerte à ce niveau-là sur l'arnaque de certains influenceurs ? C'est pour se faire un peu de publicité ? Je pense qu'il y a quand même beaucoup de publicité. Oui, quoi.

27:53
Invité

Aujourd'hui, c'est attaqué à des influenceurs, c'est être sûr qu'ils vont répliquer, en tout cas, les influenceurs de télé-réalité. Ils basent beaucoup leur vie là-dessus. On en parlait justement entre nous. Aujourd'hui, ces influenceurs de télé-réalité, ils continuent la télé-réalité sur leur compte. C'est-à-dire que, même après les émissions, dans leur vie de tous les jours et continuent à romancer, à faire des histoires. Et donc, forcément, Booba, en s'attaquant à eux, il sait qu'eux vont répliquer. Et à ce moment-là, il se fait une grosse publicité parce qu'on parle de lui. Il y a des cons sur Instagram qui vont reprendre tous ces conflits.

Et donc, il y a vraiment beaucoup d'histoires autour.

28:26
Présentateur

Oui, Pascal Lardelier, aujourd'hui, c'est devenu aussi les influenceurs. Il faut les affronter, les dénoncer parce que c'est un monde qui ne nous convient pas. Ça peut faire de la publicité quand on va dans ce chemin-là ?

28:39
Invité

Cette culture du buzz est un peu aussi une culture du clash. On voit, en en train d'en parler, on voit qu'effectivement, ça fait partie du process d'arriver justement à dénoncer, à provoquer un clash qui va être médiatisé, repris par les réseaux, qui va cliver. Et je crois qu'effectivement, l'anecdote dont on vient de parler, elle s'inscrit vraiment dans cette logique. C'est-à-dire qu'à mon avis, ne soyons pas les idiots utiles d'une espèce de petite querelle derrière. Il y a de la notoriété, du buzz, etc. Et the show must go, je serais tenté de dire.

29:10
Présentateur

J'avais un message pour vous de Nicolas sur l'application France Inter qui nous dit est-ce que les influenceurs ne sont pas les nouveaux communicants, finalement, ceux du monde d'avant avec une libéralisation de la publicité, pro-consommation, en contradiction un petit peu, on va en parler avec les enjeux de sobriété dont on nous parle beaucoup en ce moment.

29:25
Invité

Oui, ce sont en quelque sorte des communicants qui ont intégré l'intégralité de l'arsenal de la communication d'un point de vue des techniques et des technologies. On peut le dire comme ça, en fait. Et c'est vrai que ces logiques girales, ces logiques de vectorisation de la parole et du clash, ce sont des choses qui relèvent de la communication. C'est clair.

29:43
Présentateur

Alors, autre question, je ne sais pas qui d'entre vous pourra me répondre sur l'algorithme Instagram. Alors, je ne sais pas qui est fort là-dessus, mais est-ce que c'est vrai, nous demande Léa, si l'algorithme d'Instagram favorise les contenus sponsorisés ? Est-ce que vous le savez peut-être ?

29:57
Invité

J'apprends que c'est plutôt l'inverse. Non, oui. La rumeur, c'est que c'est plutôt l'inverse. La réalité, c'est que l'algorithme d'Insta ne favorise ni défavorise les sponsorisés par rapport aux organiques. Ce qui va favoriser, c'est les contenus qui engagent. Généralement, les algorithmes des réseaux qui font polémique, ils testent sur une réaction par toute la communauté. Si, je vais prendre des chiffres simples, mais ils vont tester sur 1000 personnes de votre communauté, si vous en avez plus de 1000 déjà, combien de likes vous allez faire ?

Si dans les 10 premières minutes, vous faites beaucoup de likes, beaucoup de commentaires, l'algorithme va pousser le contenu à beaucoup plus de gens. Mais du coup, le corollaire, c'est que forcément, les publications sponsorisées généralement sont assez mal vues par le public. Elles vont être moins engageantes, donc il y a moins de personnes qui vont interagir. Et donc, à ce moment-là, c'est en ça qu'on peut dire qu'Instagram va moins les mettre en avant. Donc, elles seront... Alors, je ne suis pas entièrement d'accord avec ça. Déjà, parce qu'on fait des publications sponsorisées, qui font moins liker.

En fait, un bon partenariat avec une marque, entre une marque et un influenceur, c'est un contenu original, créatif, que les gens ont envie de voir. Oui, par contre... Ils ont envie de voir pour qu'on achète quelque chose ? Que les gens ont envie de voir parce que ça devient un contenu d'entertainment, de divertissement.

31:13
Présentateur

Oui, mais c'est là, vous voyez, la frontière, elle est faible quand même parce qu'on ne sait pas si c'est une annonce commerciale, tout simplement, ou il y avait une publicité, ou alors un moyen de divertissement. En fait, les deux sont mails et maintenant.

31:22
Invité

C'est pour ça qu'il est obligatoire de déclarer qu'un contenu est sponsorisé. Aujourd'hui, il y a une grande majorité des influenceurs qui respectent cette obligation. Il y a eu un travail très important fait avec l'ARPP, l'Autorité de Régulation de la Publicité Professionnelle, pour former les influenceurs, les informer. Et aujourd'hui, une grande majorité des influenceurs respectent ces... Oui, et puis surtout sur Instagram, en général, quand c'est un poste avec des photos, c'est écrit partenariat rémunéré.

31:49
Présentateur

Oui, c'est ça, oui. Alors, on va voir aussi qu'influenceurs, on n'est pas à l'abri de tout, forcément, et notamment du harcèlement en ligne. Alors, aujourd'hui, il y a une influenceuse très, très connue et auprès même des plus jeunes et d'autres. Elle s'appelle Léna Situation, elle a des millions de followers, elle est connue notamment, elle, en milieu de la mode, c'est l'influence mode. Et bien récemment, elle a poussé un coup de gueule, même cette semaine, avec une vidéo qui fait beaucoup parler. En voici un petit extrait.

32:16
Invité

Je me suis pris une patate le jour où la haine que je connaissais qui n'était habituellement que sur Internet quand on te dit oui, mais c'est que quelques zozos sur Twitter. Là, tout ça, ça a été très réel et ça a pris 100% de mon énergie puisqu'on a dépassé le monde virtuel pour aller devant chez ma mère afin d'appuyer sur l'interphone pour la harceler encore et encore, de l'appeler au téléphone tellement de fois jusqu'au moment où elle coupe sa ligne parce que c'était trop et que dès que tu décrochais, tu disais ouais, votre fille, c'est une grosse pute.

32:41
Présentateur

Voilà, donc ça, c'était un témoignage de cette personne, l'une des plus populaires, on peut le dire dans les influenceuses aujourd'hui sur la mode. Anissa, ça c'est quelque chose qui vous inquiète, qui peut aujourd'hui que vous prenez en compte d'ailleurs vous-même ou pas ?

32:52
Invité

Oui, moi je le prends en compte tout le temps et surtout ça me sidère et ça me rend tellement triste parce que Léna, c'est vrai que c'est une des personnes qui je pense subit le plus de harcèlement dans l'influence et elle en parle depuis plusieurs années.

33:05
Présentateur

Pourquoi ? Parce que c'est aussi la plus connue ? Est-ce que c'est un rapport où on peut faire ce rapport-là ?

33:08
Invité

Déjà, c'est la plus connue la bonne comme la mauvaise et surtout les gens ont un problème avec la réussite. La réussite, elle a bâti son empire, elle a bâti son truc et son contenu est génial et c'est super, beaucoup de personnes et évidemment, c'est pas forcément un contenu qui va plaire à tout le monde et par exemple sur Twitter, c'est littéralement l'enfer et une personne qui a autant de visibilité peut évidemment se prendre tout et n'importe quoi en fait. Et oui, moi c'est quelque chose qui m'inquiète. Moi je sais que, puis en plus, je m'attaque à des sujets qui sont assez sensibles sur les réseaux, c'est beaucoup de militantisme et puis c'est des sujets qui peuvent être très critiqués.

Par exemple, le fait juste d'être LGBT, d'aimer les femmes ou d'être féministe, etc. Moi je sais que je reçois des insultes et des fois je me dis mais où est-ce que ces gens vous cherchent ? C'est courant quoi. Oui c'est courant.

33:59
Présentateur

Pascal Ardelier.

34:01
Invité

Oui, c'est vrai que c'est l'un des grands thèmes quand on parle des réseaux sociaux de parler de cette haine en ligne. On pourrait parler d'un espèce de retour du refoulé de gens qui sont à la fois jaloux et frustrés, je ne veux pas être trop schématique et puis surtout l'absence de la présence de l'autre, l'absence du regard, du visage, et bien à la baisse toute digue morale et puis on est tout de suite dans l'invective, dans l'injure, dans la menace et c'est une espèce de grand défouloir numérique qui est vraiment le vers son sombre et même pitoyable de ces réseaux sociaux. C'est clair.

34:29
Présentateur

C'est ça, Montenis Vaz, c'est quelque chose d'aussi courant puisque ce sont maintenant, comme vous l'avez dit, c'est comme les comédiens, on imagine aussi malheureusement des menaces qu'il y a pu y avoir avant par lettres. Aujourd'hui, quand on est influenceur ou une célébrité du net, c'est encore plus simple malheureusement parce que c'est par un téléphone.

34:45
Invité

C'est tellement facile, c'est un commentaire et c'est aussi la barrière de l'écran. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, c'est des personnes qui sont chez eux qui ne se rendent pas compte qu'en fait, il y a quelqu'un derrière, il y a quelqu'un qui lit et en fait, cette barrière, le fait d'être vraiment dans tout numérique, ça fait qu'ils ne se rendent pas compte qu'il y a des personnes qui vont subir ce qu'elles vont dire et donc, c'est vraiment des attaques et c'est grave et aujourd'hui, c'est banalisé et c'est pour ça qu'il y en a de plus en plus souvent et que le harcèlement peut aller très vite et peut surtout partir d'un rien.

C'est-à-dire que quand on regarde la vidéo de l'une situation qu'on entendait là tout à l'heure, c'est-à-dire qu'elle change de coupe de cheveux, elle se fait harceler. C'est des choses qui sont de rien.

35:21
Présentateur

C'est ça qui est assez atterrent.

35:22
Invité

Mais surtout, ce que moi je voulais préciser en une phrase, c'est qu'il y a beaucoup de personnes qui oublient que les influenceurs il y a des influenceurs et des influenceuses qui ne sont pas bien. Ce n'est pas parce qu'on est sur les réseaux qu'on est inatteignable et du coup, émotionnellement, on n'est pas là, on n'est pas présent et ça ne va pas nous affecter.

35:42
Présentateur

Oui, c'est ça. C'est-à-dire que ce sont des personnes qui font des vidéos. Oui, on est comme tout le monde. C'est ça. Une chose. Alors, comme tout le monde, aussi, une chose, parce que par rapport à votre travail d'influence, parce qu'on a vu tout à l'heure, ça pouvait éventuellement être une profession, alors pas encore dans une école, pas encore de diplôme.

36:03
Invité

Ah oui, j'ai mon autre entreprise.

36:05
Présentateur

C'est ça.

36:06
Invité

Dès que j'ai commencé à toucher à des contrats, etc., donc c'était au mois de septembre, septembre-octobre, j'ai fait directement mon statut.

36:12
Présentateur

Mais on sait que le fisc français, c'est en train de se pencher un peu, non, sur les influenceurs et influenceuses.

36:17
Invité

Oui, évidemment, mais ce qui est normal aussi quand on voit ce qu'on touche, mais de l'autre côté, ça fait mal. On va partir à Dubaï non plus.

36:24
Présentateur

Non, non, très bien. C'est bien. Yannick Pons, c'est vrai que longtemps, le fisc n'a pas regardé, en fait, ce qui se passait trop de ce côté-là.

36:29
Invité

On n'a pas regardé parce que c'était de toute façon encadré par les statuts. Pour travailler avec une marque, les influenceurs, généralement, commençaient par le statut d'auto-entrepreneur parce que c'est le plus facile, c'est une façon rapide de tester un business. Et donc, en fait, on peut aussi tester son business d'influence comme ça. Mais aujourd'hui, on a des structures, on a des influenceurs qui ont des sociétés qui emploient des dizaines de personnes, des cadreurs, des monteurs, des community managers parce qu'il y en a besoin pour créer leur contenu.

Je pense notamment à des très gros youtubeurs ou à des très gros streamers sur Twitch, donc des influenceurs qui sont sur le réseau Twitch et qui font des émissions en live.

37:12
Présentateur

Pascal Ardelier, il y a une question d'Emmanuel aussi sur l'application France Inter. Lui, il dit que ce que font les influenceurs en vendant des produits, c'est à peu près la même chose qu'à publicité à la télé sans que ça fasse réagir autant. Pourquoi le fait d'avoir ça sur nos téléphones, sur nos réseaux sociaux, de voir une personne qui peut nous vendre, je ne sais pas, un tuyau d'arrosage ou du maquillage, pourquoi d'un coup ça peut provoquer des débats comme nous le tenons aujourd'hui ?

37:38
Invité

C'est une question effectivement qui a des implications un petit peu psychologiques, cognitives. Ce n'est pas évident, c'est vrai que la télévision la regardait de manière un petit peu passive, ce serait-je tenté de dire, alors que là, on sait quand même implicitement ou très consciemment que nous sommes acteurs et que nous pouvons agir et réagir au doigt et à l'œil, si je puis dire. Donc c'est vrai que quelque chose qui ne nous plaît pas, quelque chose qui nous contrarie ou quelque chose qui nous rend jaloux, parce que c'est aussi l'un des vecteurs et des moteurs de tout ce harcèlement, fait qu'on va surréagir tout de suite en commentant, etc., en dénonçant.

Et c'est vrai que c'est l'une des données finalement médiologiques de ce nouvel univers qui fait que chacun d'entre nous un acteur potentiel de combat, de cause, noble et grande ou parfois ville et insignifiante en fait.

ce qui change aussi c'est la proximité et les influenceurs ils jouent beaucoup de cette proximité avec leur audience et donc parfois en fait l'audience va se sentir trompée en se disant mais en fait ils ne sont pas juste amis il y a quand même un intérêt derrière ils ont envie de nous vendre certains produits et c'est le fait qu'il y a un peu cette limite qui ne soit pas forcément fixée entre est-ce que l'influenceur est un professionnel est un communicant est un publicitaire est-ce que c'est juste quelqu'un de gentil qui partage sa passion et c'est ça qui fait qu'il y a des personnes pas contentes parce qu'on a l'impression qu'on les trompe simplement moi je pense qu'il y a aussi le fait que quand on regarde une publicité à la télé comme on le fait tous tous les jours on ne se rend pas enfin en fait les acteurs ils sont dans la pub on ne les connait pas on ne sait pas ce qu'ils gagnent et puis il y a une marque derrière la marque on ne sait pas ce qu'elle gagne non plus en passant à la télé pour faire la promotion de ses produits alors que là l'influenceur encore une fois c'est quelqu'un qu'on peut croiser tous les jours quelqu'un qui est accessible et qu'on peut facilement jalouser alors parce qu'on sait

39:13
Présentateur

peut-être excusez-moi mais peut-être qu'on ne s'attend pas à avoir une publicité aussi quand on regarde par exemple un contenu quelqu'un qui se dit tiens j'ai traversé le Grand Canyon voilà sur un fil on ne s'attend pas d'un coup à ce qu'il y a à la fin ils nous disent ah bah j'ai pu le traverser grâce à ça

39:24
Invité

moi je ne pense pas que ce soit forcément ça le problème parce que moi j'ai plein d'amis qui ne sont pas influenceurs moi je ne l'étais pas avant et je n'avais pas de problème avec le fait qu'on me vende quelque chose tant que c'est bien vendu qu'il y a un intérêt derrière et que c'est réfléchi en fait après oui c'est pour me vendre des soupes qui font maigrir ou je ne sais quoi comme la télé-réalité oui là ça devient problématique mais je pense vraiment que le fait qu'on regarde la télé qu'on ne se rende pas compte que les pubs il y a quelqu'un derrière

39:44
Présentateur

on le voit parce qu'en effet vous en parliez de la santé c'est vrai qu'il y a aussi des influenceurs santé où là il y a eu quand même quelques petits soucis parce que ce n'est pas forcément des gens qui ont fait des facultés de médecine

39:55
Invité

oui oui il faut faire attention aux pseudo-influenceurs qui vont donner des conseils santé on l'a vu on l'a vu pendant le Covid on va en parler de ça notamment mais je voulais rebondir en effet sur les partenariats qu'on n'accepte pas déjà pour revenir aussi un petit peu en arrière la publicité dans le contenu elle existait déjà avant on parlait de public rédactionnel dans la presse par exemple qui ressemble beaucoup au contenu et qui est de la publicité là on passe en effet à une échelle supérieure mais les communautés sont généralement prêtes à accepter la publicité quand c'est bien fait et bien fait je parlais tout à l'heure de contenu créatif et intéressant de contenu qui va les intéresser mais aussi dans le choix et Anissa le disait le choix des partenariats c'est important pour les influenceurs nous on recommande beaucoup aux influenceurs de refuser les partenariats qui ne leur vont pas et notre étude ressort que plus de 55% d'entre eux refusent des partenariats incompatibles avec leurs valeurs parce qu'en fait quand un influenceur fait grandir une communauté quand il arrive à avoir des followers c'est parce que ces gens ont confiance en lui et si l'influenceur ne choisit pas des produits des services que lui-même utiliserait en lesquels lui aussi la confiance il brise cette confiance avec son audience

41:11
Présentateur

et justement

41:13
Invité

c'est à ça aussi qu'il y a une certaine différence tout à l'heure on parlait des influenceurs à Dubaï qui gagnaient énormément d'argent ces gens-là ne choisissent pas leur partenariat ils en prennent énormément et c'est vrai qu'il y a la tentation de l'argent parce qu'en fait quand on propose 5000 euros pour 5 minutes de stories Instagram on a évidemment envie d'y aller mais ces influenceurs-là qui sont à Dubaï de télé-réalité qui multiplient ces partenariats ils gagnent évidemment beaucoup plus que ceux dont justement on parlait qui choisissent leur partenariat en font 1, 2 peut-être 3 par semaine et qui donc choisissent ce qu'ils vont présenter mais aussi ils gagnent moins et c'est pas forcément la même réalité qu'à Dubaï

41:43
Présentateur

on voit quand même qu'il y a une frontière assez faible entre finalement apprécier aussi quelqu'un et être consommateur on a l'impression qu'on est plus citoyen mais consommateur quand même non ? un petit peu avec les influenceurs

41:53
Invité

alors on est tous un peu citoyens et on est tous un peu consommateurs au final

41:56
Présentateur

oui beaucoup plus peut-être être consommateur ou pas ? non Anissa ? quand on...

42:00
Invité

je suis pas tellement... non je suis plutôt d'accord avec vous

42:04
Présentateur

voilà d'accord un peu des deux très bien voilà on mixe un peu des deux allez on revient dans un instant et vous verrez à quel point aussi les influenceurs ou plutôt comment la politique veut infiltrer les influenceurs c'est tout de suite après Angèle est libre dans le débat de midi

42:17
Invité

le débat de midi

45:11
Présentateur

on fait le tour autour des influenceurs ils sont partout sur les réseaux sociaux on a bien compris qu'il y en avait des différents beaucoup pour nous vendre notamment certaines choses puisque ce sont des vidéos sponsorisées d'où le problème mais aussi on a vu que les influenceurs et bien peuvent être utiles de temps en temps c'était en tout cas souvenez-vous au moment du deuxième confinement nous sommes en octobre 2020 et Gabriel Attal alors qui est porte-parole du gouvernement sur C8 va faire appel aux influenceurs pour qu'ils et bien diffusent auprès de leur communauté les gestes barrières anti-Covid on l'écoute pourquoi vous êtes là tous pourquoi est-ce que Cyril vous a invité parce que vous avez tous des communautés vous êtes suivis par d'autres jeunes vous êtes des exemples pour d'autres jeunes et je pense qu'il y en a d'autres qui nous regardent et qui aussi peuvent être des relais et donc on a besoin de vous pour passer ces messages sur vos réseaux sociaux on essaye aussi le gouvernement d'être innovant moi tous les jeudis sur mon compte Instagram je fais une session de questions réponses avec les personnes qui me suivent qui me posent des questions en plus c'est par message donc on n'a pas forcément on n'a pas honte de poser une question dont on se dit qu'elle est peut-être bête et j'essaye de répondre aux plus de questions possibles voilà Maude Kounis alors on ne connait pas véritablement l'impact que ça a eu mais de s'adresser finalement à des youtubeuses youtubeurs des influenceuses influenceurs pour parler alors du vaccin pour parler du masque on se rappelle à l'époque on était un petit peu dans énormément de questionnements est-ce que c'était une stratégie de communication qui pouvait être efficace ?

évidemment

46:34
Invité

parce qu'en fait c'est des personnes qui parlent le plus à cette cible et quand on veut toucher une cible en fait généralement en publicité on cherche ceux qui sont les plus proches et les influenceurs sont les personnes les plus proches des adolescents des gens que vous voulez toucher à ce moment-là donc oui c'était une bonne stratégie après le risque qui était là également c'est que ce ne seront pas des professionnels et qu'en fait on s'adresse aussi à des personnes c'est des amateurs ils font ça comme ils peuvent avec leur savoir et parfois leurs paroles qui sont celles de personnes qui ne connaissent pas forcément grand chose elles sont propulsées on les écoute religieusement alors que ça ne devrait pas forcément être le cas

47:06
Présentateur

Anissa en sachant qu'il peut y avoir aussi un risque de manipulation de la part des politiques on le sait des influenceurs ça a été très critiqué certains influenceurs on a dit mais pourquoi vous allez avec le gouvernement ça c'est des choses qui peuvent être mal vues oui c'est des choses

47:19
Invité

qui peuvent être mal vues dans la mesure où on prend peut-être une position politique beaucoup trop pas engagée peut-être pour un certain parti à l'occasion d'une vidéo comme ça

47:31
Présentateur

oui c'est ça alors là c'était plus en effet c'était plus sur le Covid on n'est pas dans le même réflexe que par exemple McFly et Carlito on se souvient de cette vidéo à l'Elysée un an avant l'élection

47:40
Invité

là ça peut être largement plus critiqué que voilà des vidéos où on parle de sujets mais qui étaient des sujets les mêmes pour tout le monde c'était le masque et c'était l'importance de se protéger contre le virus là McFly et Carlito c'est quand même autre chose c'est avec le président à un an des élections ça fait très influence mais alors de quel côté

48:00
Présentateur

Pascal Lardelier est-ce que ce sont finalement c'est devenu un couple maintenant influenceurs politiques les politiques essayent de séduire les influenceurs à tout prix

48:09
Invité

oui je pense qu'on peut le dire comme ça puis surtout on est vraiment très basiquement au coeur du marketing politique c'est-à-dire qu'on va segmenter les personnes en âge de voter et puis on va s'adresser à eux avec les médias dans un premier temps les messages et les porteurs de ces messages ensuite qui sont les plus pertinents les plus légitimes et on revient au mot-clé de votre émission les plus influents finalement alors c'est vrai qu'il y a des limites et il y a des ambiguïtés à tout ça bien évidemment et c'est ce qu'on est en train de se dire là il y a un potentiel énorme bien sûr et on le sait et on sait le nombre de millions de personnes qui suivent certains influenceurs et puis il y a des ambiguïtés ou des limites quand ils n'ont pas les compétences ou la légitimité et qu'ils se font finalement les porte-voix de discours qui les dépassent on peut le dire comme ça quasiment on a aussi vu certains politiques donner des interviews à des influenceurs on peut parler du Godécrypt il y a un peu la frontière entre le journalisme ce qui provient

49:02
Présentateur

que quand on est influenceur c'est très divers on le voit parce que Godécrypt c'est un vrai succès c'est un confrère on peut dire ça véritablement puisqu'il met l'actualité au niveau des plus jeunes et c'est vrai ça n'a strictement rien à voir avec les autres mais en effet c'est un influenceur

49:14
Invité

et il n'a pas la carte de presse c'est aussi important quand même de faire la distinction il n'a pas la carte de presse mais donc il est influenceur on va dire actualité et donc lui il a reçu tous les candidats à la présidentielle dans son émission il y a aussi eu dans un autre style vraiment rien à voir Magali Berda donc qui est elle agent d'influenceur alors c'est un petit peu compliqué à définir c'est l'agent elle est agent pour des influenceurs télé-réalité et donc on la voit aussi souvent intervenir dans Touche pas à mon poste donc cette femme là elle a aussi fait une chaîne YouTube donc elle est elle-même on peut dire influenceuse puisqu'elle a aussi un certain nombre d'abonnés elle est quand même influente et donc en fait elle aussi elle a fait une chaîne YouTube dans laquelle elle a reçu les candidats à la présidentielle et donc en fait on voit que les candidats ont quand même accepté de se prêter au jeu donc voilà d'aller vers ce type de personnalité donc de s'associer aussi à ces influenceurs mais pour bénéficier de leur notoriété

50:03
Présentateur

Oui Yannick Mons on le voit de plus en plus les politiques on les voit d'ailleurs sur les réseaux sociaux de temps en temps à Nyssa je crois que Jean-Luc Mélenchon essaye et sur votre créneau presque en tout cas on en voit en effet Jean-Luc Mélenchon Emmanuel Macron lui-même compte officier de la présidence de la République sur TikTok donc ils ont compris que ce ne sont pas des influenceurs mais ce sont des personnalités politiques donc presque influenceurs à l'ancienne

50:25
Invité

Ils ont en effet compris l'intérêt des réseaux sociaux ça fait déjà deux campagnes présidentielles qu'on voit les politiques beaucoup investir les réseaux sociaux donc via des influenceurs mais aussi via leur propre compte pour devenir influent auprès des communautés et on le voit sous des vidéos sur TikTok Instagram YouTube il y a énormément de débats énormément de commentaires sous chacune des apparitions des politiques

50:57
Présentateur

C'est ça Anissa est-ce que vous avez l'impression parfois vous êtes aussi un relais finalement de la société quand vous parlez ça veut dire quand vous parlez vous vous engagez vous adressez un million de personnes ça veut dire que c'est rare il n'y a pas beaucoup de français qui peuvent s'adresser à un million de personnes

51:12
Invité

c'est clair et puis surtout c'est affolant l'influence vraiment qu'on a sur les jeunes moi je les vois en ce moment parce que je crois souvent mes abonnés dans la rue tout le temps même les messages je réponds tout le temps et les répercussions qu'on a sur leur vie des répercussions positives en tout cas pour ma part sur des sujets hyper personnels et c'est des jeunes qui ont besoin de réponses à leurs questions et on a énormément d'influence

51:32
Présentateur

Juste une question assez pratique de la part de Camille qui je pense peut-être veut se lancer dans le milieu de l'influence est-ce qu'il arrive aux influenceurs de démarcher leurs sponsors ou alors on vous propose ? ou c'est vous qui démarchez ? je pensais que c'était pas pour l'inverse oui oui non

51:45
Invité

en général c'est l'inverse en général c'est l'inverse qu'on soit en agence ou pas c'est souvent les marques qui viennent vers nous mais oui ça peut arriver mais en globalité c'est l'inverse

51:53
Présentateur

mais plus vous avez d'abonnés plus en fait en tout cas j'imagine vous avez des propositions c'est ça

51:57
Invité

c'est ça généralement c'est les marques qui vont vers les influenceurs mais plus une marque est importante plus une marque est connue plus elle reçoit de demandes d'influenceurs plus petit plus important nous on travaille notamment avec des marques pour qui on est chargé de répondre à ces influenceurs on analyse leur compte on voit à qui ils s'adressent et si du coup il y a un potentiel de partenariat entre les deux

52:21
Présentateur

ce qui est assez intéressant c'est qu'on voit tout de même on parlait de politique il n'y a pas finalement beaucoup d'influenceurs engagés politiquement est-ce qu'aujourd'hui ça veut dire que ça représente aussi comme vous êtes il y a personne vous êtes tous assez jeunes politiquement ça veut dire qu'aussi ça représente une partie de la société désengagée en France

52:39
Invité

alors pas forcément c'est plutôt qu'il y a quand même un risque à ne pas montrer ses opinions politiques enfin plutôt à les montrer le risque c'est de dire ben voilà moi je suis engagé pour telle partie et donc toutes les personnes qui ne supportent pas ce parti pourraient s'éloigner de cet influenceur et donc ils pourraient perdre en abonnés et donc c'est ça le risque en fait je ne sais pas on ne peut pas vraiment savoir si tous les influenceurs sont engagés politiquement mais on peut penser qu'il y en a quand même beaucoup qui ont une opinion et qui vont voter mais ils ne partageront pas cette opinion simplement parce qu'en fait ils risquent de déplaire après on peut ne pas partager son opinion et par contre inciter à aller voter enfin moi je sais que j'ai fait des vidéos pendant le présidentiel parce que pour moi c'était hyper important surtout pour ce mandat là et j'ai incité à aller voter après j'ai pas incité à voter telle ou telle personne mais oui inciter les jeunes au moins à s'intéresser à la politique et à leur avenir parce que c'est l'avenir de la France enfin c'est pas les personnes qui ont malheureusement 50 ans aussi mais bon c'est quand même plus les jeunes de 18 ans

53:32
Présentateur

mais vous l'avez dit tout à l'heure en premier c'est qu'il n'y en a aucun qui parle de son engagement politique

53:38
Invité

il n'y en a pas beaucoup moi je sais que j'en parle parce que ouvertement dans tous les cas ça se voit facilement mais il n'y en a pas beaucoup il n'y en a pas beaucoup qui parlent politique il n'y en a pas beaucoup qui se mouillent et moi j'ai longtemps pas compris pourquoi et c'était vraiment un sujet d'énervement où je demandais aux autres influenceurs mais c'est pas possible d'avoir par exemple des influenceuses qui ont un million d'abonnés et qui sont touchés par des inégalités en fonction de leur orientation sexuelle de leurs origines et qui ne font rien et qui ne font jamais rien et qui ne sont pas engagés et en fait c'est parce qu'il y en a beaucoup aussi qui ne veulent pas se coller d'étiquettes et du coup prendre le risque de louper des contrats

54:11
Présentateur

voilà c'est ça

54:12
Invité

directement on est dans une case moi je sais que je suis dans une case

54:14
Présentateur

dans la même veine

54:16
Invité

il y a aussi la question de l'engagement écologiste voilà aujourd'hui l'engagement écologique ça fait quand même un grand débat sur les réseaux sociaux parce que en fait il y a certains influenceurs qui disent bah voilà il faut faire attention à la planète etc mais aujourd'hui dès qu'ils le disent il y a aussi le risque pour eux donc il y a quand même peu de risques qu'on leur tourne le dos parce qu'on n'est pas intéressé par cette cause là parce que c'est pas non plus une cause très clivante par contre il y a le risque que derrière bah voilà si jamais ils se montrent en train de prendre l'avion tout de suite on les attaque on leur dit mais attends voilà c'est ça c'est qu'en fait dès qu'on s'engage pour quelque chose c'est aussi le risque que derrière la communauté attendent

54:48
Présentateur

c'est ça Pascal Lardelier c'est assez finalement c'est une sorte de miroir aussi d'une société des influenceurs

54:55
Invité

oui il y a certains écarts et puis je veux croire quand même qu'il y a une limite à la toute puissance et je mets des guillemets des influenceurs c'est quand même le discernement de leur communauté et des individus je veux croire qu'ils donnent des idées dans le débat public dans cette grande agora citoyenne et commerciale que sont les réseaux sociaux mais c'est pas unilatéral c'est pas parce que sinon on serait dans des logiques complètement sectaires et ça serait presque effrayant donc je veux croire que leur limite c'est ça quand même c'est le discernement des gens qui regardent et qui ont une capacité à se dire que c'est bien ou c'est pas bien in fine

55:27
Présentateur

allez le débat de midi va lever le couvert dans un instant merci beaucoup à Yannick Ponce Maud Kénixval Pascal Lardelier et Anissa d'avoir participé à ce débat merci également à Théo Raison pour la réalisation de cette émission avec Guillaume Roux préparation Victorien Thomas et Pénop Tricard et programmation musicale JL Orphelin demain on se posera une question tout simplement si la pandémie a changé notre conception du bonheur on se retrouve demain c'est le truc

55:52
Locuteur

à Théo Raison et Pénop Tricard et Pénop Tricard et Pénop Tricard et Pénop Tricard et Pénop Tricard et Pénop Tricard

Influenceurs : l'avenir de la jeunesse ? · Pourquijevote