Emmanuel Macron peut-il renommer Sébastien Lecornu ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 50 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 13:48OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on a déjà vu un président recevoir des chefs de partis juste avant de nommer un Premier ministre ?
- 16:11OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'Emmanuel Macron cherche à faire avec ce rendez-vous ?
- 18:03OuverteRéponse directe
Acceptera-t-il de déléguer le pouvoir ?
- 21:43OuverteRéponse directe
Que pensent Hervé Marseille et Marine Tondelier de la renomination de Sébastien Lecornu ?
- 26:06OuverteRéponse directe
Qui pourrait être Premier ministre selon vous ?
- 29:47OuverteRéponse directe
Quelles conséquences cette semaine peut avoir sur l'image de la politique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 12:26Locuteur non identifiéFait
« Cette réforme des retraites est une faute grave. C'est un problème démocratique et social. »
- 12:39Locuteur non identifiéFait
« Cette réforme est un marqueur fort pour le centre et la droite, suffisant pour aller jusqu'à la censure si la réforme est remise en cause. »
- 21:34Locuteur non identifiéFait
« Tous les bruits qui nous reviennent depuis ce matin, c'est que ça serait M. Lecornu qui pourrait être renommé. »
- 21:58Locuteur non identifiéFait
« Ce n'est pas la personne de Sébastien Lecornu qui mérite considération. Ça ne serait pas un bon signal. »
Temps de parole
- Présentateur41 %
- Locuteur non identifié30 %
- Locuteur non identifié 214 %
- Locuteur non identifié 37 %
- Invité2 %
- Locuteur non identifié 42 %
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Et l'heure de notre reportage en région, direction la Bretagne. On va vous parler d'un procédé innovant, voire révolutionnaire, qui transforme les déchets de moules en ressources énergétiques. Ce système permet de valoriser les petites moules non commercialisables. On regarde ce reportage, il est signé Philippe Berthoud pour nos partenaires de TVRN.
Après 7 ans de recherche et mise au point au sein du groupement des producteurs cultimaires, le prototype innovant de fermentation des moules est désormais opérationnel. Le procédé est intégré dans un conteneur maritime, d'où il ressort deux produits après chauffage de la matière à 55 degrés durant trois jours. Des coquilles de moules dépourvues de chair qui vont être épandues en tant qu'épandage agricole
pour notamment lutter contre l'acidité des sols. Et on obtient également un hydrolysa issu de la fermentation de la chair de moule
qui va être méthanisé et transformé en biogaz, en biométhane.
Avant d'être acheminé vers un méthaniseur, le liquide est chauffé à 70 degrés pour raison d'hygiène. Donc ça fonctionne depuis déjà quelques mois et donc on est sur une innovation qui est complémentaire avec les déchets agricoles. Cette méthanisation permet de régler le problème de la gestion des moules sous taille non commercialisables, représentant tout de même 40% des récoltes sur une saison et qui jusque-là étaient rejetés en bord de côte sur les zones de marnage. On a déjà rencontré des problèmes en baie du Mont-Saint-Michel avec un arrêté où temporairement il a été impossible de rejeter sur l'estrand. Donc on voit bien qu'on tend de plus en plus vers ça.
Donc il faut être en capacité d'apporter une solution à la filière. Ce prototype qui aujourd'hui traite une tonne et demie de moules par jour est donc promis un bel avenir commercial à destination de tous les producteurs conchilicoles. Le coût global du projet s'élève à 800 000 euros financés par la région Bretagne et des fonds européens.
Et on poursuit notre tour des régions vacants. Bonjour Hervé Morin, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes le président de la région Normandie. Hervé Morin, événement aujourd'hui dans votre région. On va parler du millénaire de la naissance, de Guillaume le Conquérant. Et à cette occasion, vous bâtissez dès maintenant un projet européen inédit. Qu'est-ce qui va se passer ?
Dès maintenant, ça fait déjà deux ans qu'on y est. Juste, voilà, en 2027, c'est le millénaire de la naissance de Guillaume le Conquérant. Et on a décidé, avec cette Normandie désormais réunifiée, qui peut porter la fierté de l'histoire et du patrimoine normand, de faire un immense événement. Alors au début, on s'était dit, on va faire un événement régional. Et puis, en allant en Irlande, j'ai découvert qu'au bout du compte, non seulement la Normandie parlait au monde entier, compte tenu de notre histoire, mais que tout le monde avait parfaitement conscience de son passé normand, là où les Normands ont eu une influence considérable.
Je pense, bien entendu, au Royaume-Uni, puisque notre duc est devenu leur roi, mais aussi en Irlande, où un dénommé Strongbow a conquis l'Irlande un siècle plus tard. Et puis, bien entendu, dans le sud de l'Italie, puisque l'ensemble du patrimoine, notamment par exemple en Sicile, est un patrimoine lié au roi normand, puisque pendant un siècle et demi, globalement, les rois normands ont dominé cette partie de l'Italie, c'est-à-dire du sud, avec les cinq régions, les Pouilles, la Basilicate, la Calabre, et bien sûr la Sicile.
Et on y a associé, on y a associé au sud. Est-ce que vous attendiez à une telle résonance, quand vous avez commencé à lancer ce projet, est-ce que vous attendiez à une telle résonance au niveau européen ?
Très franchement, non. Mais on a un enthousiasme incroyable. Les Siciliens nous disent, vous savez, on a eu dans notre histoire 150 ans de prospérité, c'est quand les rois normands ont dirigé notre île. Le patrimoine, si vous allez à Palerme en vacances, ou le palais où est le gouvernement que tout le monde visite s'appelle le palais des normands. La fête nationale de Sicile, c'est la fête des normands. Quand vous visitez la cathédrale de Montréal, cette magnifique cathédrale, c'est une cathédrale qui est liée à l'histoire normande. Et quand vous allez dans le sud de l'Irlande, ils vous disent, mais tous nos châteaux, tout notre patrimoine, il est lié à l'histoire normande.
Et donc, on a ensuite eu des appels, c'est extraordinaire, on s'était limité à ça. Après, les Galois nous ont dit, mais nous aussi, notre histoire, elle est liée à la Normandie. Les Écossais, donc le gouvernement écossais nous a appelés en disant, on veut aussi participer. Le gouvernement des Flandres, la région des Flandres, en disant, mais n'oubliez pas que Mathilde, la femme de Guillaume, elle est de chez nous. Donc, nous aussi, on veut participer. Et puis, on a proposé, bien entendu, à ceux qui nous ont envahis, à qui on doit tout, en quelque sorte, le Danemark et la Norvège, qui nous ont envoyé les Vikings, de participer aussi.
Donc, on a aujourd'hui une proposition culturelle, patrimoniale, artistique et touristique absolument gigantesque, avec une programmation qui va être absolument énorme, qui va être une des grandes propositions culturelles et donc touristiques en 2027 pour tous ces pays.
– Alors, il y a évidemment l'aspect européen, mais il y a aussi des projets régionaux.
– Ah oui, alors là, en Normandie, on s'est submergé par les propositions. On a fait un premier appel à projets, on a eu 450 propositions. Et puis, ma petite équipe, qu'on a constituée pour le millénaire, nous dit qu'il y en a encore 300 projets qui sont dans les armoires. Donc, on va avoir 700 à 800 événements en Normandie portés par des communes, des associations, des musées. Et donc, on va avoir un magnifique événement en Normandie aussi, bien sûr.
– Un dernier mot à propos de la tapisserie de Bayeux, dont le transfert a fait beaucoup parler ces derniers jours. On en est où ?
– La tapisserie est en boîte. Elle a été sortie du musée, puisque la région, le département et la ville ont reconstruit le musée, là, on a deux ans de travaux. Elle a été déplacée. Le camion qui avait mis des espèces de capteurs pour voir s'il y avait des vibrations, alors qu'il y a beaucoup de pavés dans la ville de Bayeux, a indiqué qu'à aucun moment les vibrations n'avaient été au-delà des seuils autorisés par les conservateurs. Et donc, après, il appartiendra au gouvernement. Mais vous savez, on ne comprend pas ça, mais les Anglais, il y a une date qu'ils connaissent tous. Nous, on connaît tous, 1789.
Il y a une date que tous les Britanniques connaissent, c'est 1066, c'est-à-dire la bataille d'Essing. Le début de l'histoire, la monarchie anglaise est là. Et donc, pour les Anglais, on leur prête la tapisserie de Bayeux exposée au British Museum pendant six mois. C'est un événement gigantesque. C'est le début de leur histoire. C'est le début de l'histoire de la nation britannique. Et donc, c'est un beau geste. Et en contrepartie, nous allons avoir, dans les musées de Brun ou de Caen, dans les deux, un autre trésor extraordinaire qui n'est jamais sorti d'Angleterre, qui s'appelle le trésor de Sutton Hall et qui, lui, va faire partie des grands événements de 2027.
– Merci Hervé Morin. Merci beaucoup d'avoir été avec nous, président de la région Normandie, pour nous parler de ce millénaire…
– Je vous en ai appris beaucoup sur l'histoire de la Normandie hier.
– Ah ben là, énormément ! Merci ! On suivra vos événements jusqu'en 2027, ce millénaire de Guillaume le Conquérant. Merci Hervé Morin d'avoir été avec nous. Quentin, on regarde ce qu'il y a à la une de nos journaux régionaux. Alors, on commence par de l'actualité internationale, ce matin. À la une de nos titres régionaux, c'est l'accord signé entre le Hamas et Israël.
– Oui, parce qu'en fait, de nombreux titres de presse régionale reviennent ce matin sur cet accord signé entre Israël et le Hamas. Un accord porteur d'espoir, c'est ce qu'on lit ce matin à la une de l'Alsace à Mulhouse. Le Bien Public, autre titre du groupe de presse Ebra à Dijon, qui parle d'un espoir historique, le Télégramme à Brest, qui parle de pas vers la paix. L'accord signé hier a provoqué des scènes de liesse à Ranunès, dans la bande de Gaza, mais aussi à Tel Aviv, en Israël. La première phase de l'accord, c'est le cessez-le-feu. Puis l'armée israélienne doit se retirer d'une partie du territoire enclavé. Les otages doivent être libérés par le Hamas.
Un porte-parole du gouvernement israélien qui dit que tous nos otages, je cite, seront libérés 72 heures après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, ce qui nous amène à lundi. Beaucoup d'espoir donc se tournent vers lundi, Oriane.
Autre sujet, Robert Bazanter est entré hier au Panthéon. La Voix du Nord revient sur cette cérémonie.
Voilà, le journal de Lille qui titre avec cette citation d'Emmanuel Macron, une voix porteuse des idéaux de la France. Une voix singulière et forte, a-t-il dit également hier. La cérémonie était très solennelle. Un hommage, le jour de l'anniversaire de l'abolition de la peine de mort de 1981. Le journaliste qui raconte dans La Voix du Nord, dans la fraîcheur d'une belle soirée d'octobre, le sénéotaf s'est lentement avancé vers le Panthéon sous les applaudissements. Ce sont faits effectivement des objets symboliques qui rentrent au Panthéon. La robe d'avocat de Robert Badinter, aussi une biographie de Condorcet ou encore un ouvrage de Victor Hugo.
La dépêche, titre ce matin sur le procès jubilard. Christian, en ce moment, Albi.
Voilà, l'accusé à la barre. Cédric Jubilard doit s'exprimer aujourd'hui. La dépêche qui écrit qu'il va devoir raconter, expliquer ou continuer de s'enfermer dans son propre mystère. On lit ce matin que, depuis l'ouverture du procès le 22 septembre dernier à Albi, Cédric Jubilard affiche un comportement qui intrigue autant qu'il questionne. À première vue, il apparaît maîtrisé, parfois désinvolte, mais son corps trahit une tension constante. Dès le premier jour, il confiait. La disparition de ma femme me touche, tout en avouant ne pas aimer parler de ce qui le touche, c'est-à-dire dans la dépêche.
Allez, on en vient au sujet plus léger. C'est vendredi, Quentin, vers un magnifique millésime de 1025 dans la chair, chez vous.
Voilà, tout à fait, c'est-à-dire dans le Berry républicain, où on parle d'une vendange avec un rendement en baisse, mais dont les premiers jus laissent augurer de magnifiques profils. Avis aux amateurs de Sancerre ou de Mentou Salon, on pourrait avoir un ménésime de 1025 brillant, voire exceptionnel. Se réjouit la presse ce matin à consommer avec modération, bien sûr.
On viendra le déguster chez vous, du coup, quand on va. On termine, comme tous les vendredis, par une idée de sortie.
Voilà, et si nous partions en soirée techno, c'est-à-dire ce matin dans l'Union à Reims, ces soirées se démocratisent. Elles connaissent même un succès fulgurant, dit le journal. Prolifération de collectifs techno, émergence d'une scène féminine, viralité sur TikTok de certains extraits ludicaux. Tout cela a participé à développer l'essor de ces soirées. D'où cette question, Auréane, que je vous adresse. Est-ce que vous aimez la musique techno ?
Non, ce n'est pas ma préférée.
Vous êtes plutôt électro ?
Oui, c'est content. Merci beaucoup pour cette commune. À la semaine prochaine. On revient à l'actualité politique. Place au débat des éditorialistes. Aura-t-on un Premier ministre d'ici ce soir ? Emmanuel Macron reçoit à 14h30. Les chefs de parti, Aurélie FI et RN, parviendront-ils à se mettre d'accord ? On voit ça avec Audrey Vétaine. C'est le point qu'il veut retenir de son ultime salve de consultation. Pour Sébastien Lecornu, un chemin est possible entre les forces politiques pour éviter une nouvelle dissolution. Mais ce chemin s'annonce signeux. Premier obstacle, l'épineuse réforme des retraites.
La gauche et les syndicats appellent toujours à sa suspension, voire plus à son abrogation dans le prochain budget.
Cette réforme des retraites est une faute grave. C'est un problème démocratique et social. Il n'y aura pas de stabilité politique sans abrogation de la réforme des retraites.
Oui mais voilà, cette réforme est un marqueur fort pour le centre et la droite, suffisant pour aller jusqu'à la censure si la réforme est remise en cause.
Ça n'a pas été acté. Mais globalement, il y a eu un fort mouvement de parlementaires qui ont dit que l'abandon de la réforme des retraites poserait un problème parce que c'est aussi un non-marqueur politique.
C'est un problème qui n'irait pas jusqu'à la censure ?
Ou qui pourrait aller jusqu'à la censure ? On verra, on verra, on verra. Autre point d'achoppement,
il faut déterminer le visage du prochain Premier ministre. Certains penchent pour un chef de l'exécutif technique, d'autres regardent du côté du bloc central sans LR, avec non-censure des socialistes. À gauche, les chefs de partis hors LFI avancent une solution beaucoup plus simple. On a assez perdu de temps. Ces gens doivent rendre le pouvoir à ceux qui ont gagné les émissions, c'est-à-dire à la gauche et aux écologistes.
L'équation aux multiples inconnus pourrait être résolue aujourd'hui. Cet après-midi à l'Elysée, Emmanuel Macron recevra tous les chefs de partis hors LFI.
– Et on va y revenir avec nos éditorialistes. Bonjour Bérangère Bonte, merci d'être là. Et bonjour Arnaud Benetti, merci également d'être avec nous. Alors, on a appris tôt ce matin qu'Emmanuel Macron allait donc recevoir les chefs de partis hors LFI et hors RN à 14h30. Un président de la République qui reçoit des chefs de partis juste avant de nommer un Premier ministre. Est-ce qu'on a déjà vu ça Arnaud ?
– Ah là, il faut que je fasse appel à ma mémoire. De toute façon, comme on vit une situation totalement inédite, tout est inédit depuis le début dans ce que l'on appelle une séquence, comme celle-ci. Ça veut dire que de toute façon, maintenant, ça se joue et c'est normal constitutionnellement au niveau du président de la République. C'est lui qui désigne le Premier ministre. Que va-t-il leur dire ? C'est la question… Moi, personnellement, je trouve que depuis le début dans cette affaire, enfin, je ne suis pas le seul d'ailleurs, c'est que l'enchaînement des faits montre qu'il y a une sorte de perte de contrôle, si vous voulez. C'est-à-dire que…
– De la part d'Emmanuel Macron ?
– Mais de tout le monde. De tout le monde, de toutes les forces politiques, de tous les acteurs politiques. Et on l'a vu dimanche, qu'on a vécu dimanche dernier, et tout à fait exceptionnel dans la vie, non seulement de la Ve République, mais dans la vie de la République, puisque je crois qu'on a eu le gouvernement le plus court de l'histoire politique française, toute République confondue, 12 heures. Peut-être qu'on en a eu encore plus court dans des périodes révolutionnaires, c'est probable. – Deux heures, on peut dire. – Oui, ça a pu se faire. – Deux jours pendant ces jours. – Mais quand même, 14 heures, reconnaissons que c'est quasiment un record, c'est évident.
Donc, c'est ça le problème, c'est que depuis quelques jours, depuis dimanche, et même avant, en fin de compte, et même, j'allais dire, presque depuis 2024, on a l'impression qu'il faut toujours gagner du temps. Mais que le temps se raccourcit. C'est-à-dire qu'il fallait qu'aligner quelques mois. Il fallait d'abord gagner quelques mois. Michel Barani avait gagné trois mois. François Bayrou, huit ou neuf mois. Et là, maintenant, on est sur une durée encore plus courte. C'est-à-dire que c'est gagner des heures et des heures. On le voit bien, d'ailleurs, lundi, ce qui s'est passé est très intéressant.
On a un Premier ministre démissionnaire qui remissionnait quelques heures plus tard pour nous dire que dans 48 heures, il rendrait une copie. Finalement, il n'a pas rendu de copie, de fait, parce que l'interview qu'il donne le mercredi chez vos confrères de France Télévisions ne nous en dit pas plus que ce qu'on pouvait attendre lundi ou mardi. Donc, on est quand même dans un très grand brouillard. Alors après, le Président de la République essaie peut-être de reprendre la main. Il essaie de vouloir reprendre la main. C'est ça que ça signifie de recevoir les faits aux confrères.
Qu'est-ce qu'il cherche à faire avec ce rendez-vous, Bérangère, selon vous, Emmanuel Macron, cet après-midi ? Ah ben, Arnaud l'a dit, il a gardé la main. Et moi, il me semble peut-être qu'une des choses qui n'a pas été modifiée, changée, tentée, c'est de déplacer un peu le rôle du Président de la République. Institutionnellement parlant, il y a zéro débat, c'est lui qui nomme. Et ça, on est d'accord. Mais moi, ce que j'entends, notamment dans la bouche de certains constitutionnalistes, c'est qu'il y a une urgence de construire un budget.
Donc ça, il va bien falloir, et on en parlera, mais ce n'est pas forcément de la technique, ce n'est pas uniquement de la technique, c'est aussi de la politique. Donc il y a un moment où il faudra que le Parlement puisse travailler. Et donc ça suppose, peut-être, c'est ce que disent certains constitutionnalistes, que le Président de la République accepte de se mettre en retrait. Encore une fois, non pas pour ne pas nommer le Premier ministre, mais nomme quelqu'un et s'engage à se mettre en retrait.
Et effectivement, ce lien direct avec les partis, c'est parfaitement son droit, mais dans le contexte d'absence de majorité qu'on connaît depuis deux ans, et encore plus là, depuis la dissolution, ça ressemble à une voie sans issue.
Moi, je pense qu'on voit bien ce qu'il va essayer de tenter. Il va vouloir à la fois prendre à témoin l'opinion, en disant aux partis, qui sont les partis qui peuvent éventuellement participer à une coalition, de prendre leurs responsabilités. Mais moi, à mon avis, ce qui se joue fondamentalement aujourd'hui, c'est d'essayer peut-être de rebâtir une sorte de socle central, avec ou sans les socialistes, ou en tout cas, à minima, en essayant de négocier un accord de non-censure des socialistes. Ce qui peut permettre, en la matière, une adoption éventuelle d'un budget. Mais enfin, je veux dire, après, il y a la dynamique du débat parlementaire qui fait que tout peut bouger très rapidement.
Et une des questions, c'est quel rôle va jouer Emmanuel Macron ? Acceptera-t-il de déléguer le pouvoir ? C'est en tout cas ce que lui demande une partie de son camp, et notamment Gabriel Attal. On l'écoute, il était ce matin sur France 2.
Évidemment qu'il faut partager le pouvoir, et ne pas donner le sentiment de s'acharner à vouloir garder la main sur tout. Parce que je pense que c'est ce qui explique aussi la difficulté d'un certain nombre de partis politiques, de l'opposition, de l'ancienne opposition, à se mettre autour de la table pour parler du fond.
Il y a une responsabilité d'Emmanuel Macron dans sa manière de gérer le pouvoir. Dans sa façon de conserver effectivement la main sur tout, encore une fois, avec des partis à qui il faut surtout demander de s'entendre entre eux dans le régime qui est le nôtre, parlementaire, avec une assemblée qui… Est-ce que c'est possible si Emmanuel Macron ne veut pas toucher à son héritage ? Est-ce que du coup ça ne bloque pas les compromis ? Moi je pense que Gabriel Attal a raison sur le fond, sans doute, dans la volonté, dans le fait de dire qu'il faut que le président se mette un peu en retrait.
Maintenant, là où c'est suspect, dans son cas, comme dans celui d'Édouard Philippe, c'est que leurs ambitions, ils doivent le regretter, mais c'est comme ça, je ne veux pas leur faire de procès d'intention, mais le fait est que leur prise de position et leur prise de distance, l'un et l'autre vis-à-vis du président de la République, sont forcément suspectes à un an et demi d'une présidentielle. Donc c'est un peu ça qui est compliqué. Mais en soi, il me semble effectivement que c'est la seule solution qu'Emmanuel Macron rende vraiment les clés au parti.
Alors est-ce que c'est avec un préfigurateur, ce fameux préfigurateur négociateur ou autre, dont on vante les mérites en Allemagne, en Belgique, etc., pour aider à la magnétique ? Oui, c'est ce propos de Gabriel Attal, d'avoir un négociateur. Mais en tout cas que le président, effectivement, se mette en retrait.
Oui, mais c'est ce qu'il a fait d'une certaine manière, en renommant pendant 48 heures Sébastien... 48 heures... Oui, je suis d'accord, c'est vrai que c'est très court. Oui, mais c'est très court, mais ça ne peut être que court, compte tenu, en effet, si vous voulez, du calendrier parlementaire et de la nécessité d'adopter un budget. On est quand même dans une séquence extrêmement resserrée. Il y a quand même, à un moment donné, si vous voulez, des échéances qui sont totalement incompressibles sur le plan parlementaire et sur le plan constitutionnel. Donc c'est une énorme difficulté pour lui.
Après, bon, moi je pense que fondamentalement, aujourd'hui, le problème, c'est que Bérangère a dit quelque chose de très juste, c'est-à-dire qu'en fait, tout le monde a en tête l'élection présidentielle dans 18 mois. Pas seulement M. Attal et M. Philippe, c'est très clair, je veux dire, ils ont cassé le morceau dès le début de la semaine, mais les autres forces politiques aussi, même du côté du Parti Socialiste, même du côté de la gauche. Tous les calculs se font, si vous voulez, en fonction de ces anticipations. En plus, il y a les élections, un autre paramètre, c'est quand même qu'il y a des élections municipales, je le rappelle, dans six mois, au mois de mars.
D'où le conseil de Sébastien Lecornu, mercredi soir, de dire, pour moi, il faut un gouvernement sans ambition présidentielle.
Oui, mais ça veut dire que vous mettez un gouvernement sans ambition présidentielle, ça veut dire aller chercher un technocrate. C'est le seul moyen, enfin, un haut fonctionnaire. Celui-là, en principe, il n'a pas d'ambition présidentielle. Enfin, quoi que l'appétit vient en mangeant, il faut se méfier. En politique, ça peut arriver, on en a vu d'autres. Mais, donc, je ne vois pas d'autres solutions. Si vous prenez un politique, un politique, de toute façon, naturellement, il a des ambitions présidentielles ou autres. Donc, ça va être extrêmement difficile, si vous voulez, de stabiliser, dans ce cas-là, si on prend la grille de lecture de M. Lecornu, une coalition, quelle qu'elle soit.
La réalité, c'est que, en tout cas, tous les bruits qui nous reviennent depuis ce matin, c'est que ça serait M. Lecornu qui pourrait être renommé, ce qui sera, là aussi, assez peu audible après ce qu'on a entendu mercredi.
– Eh bien, justement, on va voir ce qu'en pensent deux responsables politiques de cette possible renomination de Sébastien Lecornu. Un, dans le camp présidentiel, c'est Hervé Marseille, le patron des sénateurs centristes. Et l'autre, c'est Marine Tondelier, la patronne des Verts.
– Ce n'est pas la personne de Sébastien Lecornu qui mérite considération. Ça ne serait pas un bon signal. Ça ne serait pas un bon signal. Il faut quelqu'un qui repart d'une feuille blanche, qui ait de l'autonomie, qui ait la capacité de rassembler et de trouver les bons compromis. On doit pouvoir, dans l'intérêt du pays, trouver des compromis.
– Lecornu, c'était le Premier ministre du socle commun. Socle commun qui n'a plus rien en socle et qui n'est plus commun. Gouvernement, d'ailleurs, qui a implosé de l'intérieur par Bruno Retailleau, qui sera présent, en tout cas, qui a invité à la réunion tout à l'heure. Donc, je pense que la fable, vous savez, de ce socle de stabilité, de cette plateforme de stabilité, comme l'apprend encore M. Lecornu au JT, plus personne n'y croit.
– Hier, à votre place, Maud Bréjean, qui est une députée du parti présidentiel Ensemble pour la République Renaissance, disait qu'il faut un gouvernement le plus neutre possible, des techniciens, des apolitiques. Est-ce que ce serait l'hypothèse de l'apaisement ?
– Écoutez, vraiment, ils sont prêts à tout vous raconter pour ne pas nous laisser gouverner. Ça s'appelle de l'obstruction à ce stade. C'est du déni de démocratie. Un gouvernement, non, ça n'est pas neutre. – C'est arrivé dans certains pays ? – Un gouvernement technique, c'est déjà arrivé. – Un gouvernement, tous les jours, ça prend des mesures très politiques, pour le climat, pour l'emploi, pour le pouvoir d'achat. – D'abord, sur Sébastien Lecornu, vous entendez et Hervé Marseille et Marine Tondelier, pour qui Sébastien Lecornu, ce n'est pas forcément la bonne solution. – Non, mais… – Mais c'est la tentation d'Emmanuel Macron. – Mais ils n'en ont pas vraiment d'autres.
Il y a aussi une question d'arithmétique et de pouvoir rassembler des… Quand on calcule la façon dont les choses pourraient se s'organiser, le socle commun, c'est 211 députés, enfin l'ancien socle commun, il faut 289. Pour ajouter les socialistes, vous êtes à 277, on y est presque. Enfin, là où un premier ministre de gauche va faire fuir la droite. Donc, il y a quand même des… Là, il y a une réalité arithmétique. Moi, ce qu'il faut dire aussi, c'est que profil technique, ça veut dire quoi quand on sait qu'il y a un budget à faire, qu'il va falloir parler de la taxe d'Hutman ? Est-ce qu'on taxe les riches ? Est-ce qu'on ne les taxe pas ? Est-ce qu'on revient sur la réforme des retraites ?
Est-ce qu'on n'y revient pas ? Et ça, ce n'est pas technique, c'est éminemment politique. Et donc, c'est un vœu pieux, et sans doute que c'est très respectable, de dire, bah oui, on va extraire, on va déconnecter tout ça de 2027, mais dans les faits, c'est un peu irréaliste.
Non, mais il est clair, pour revenir sur la potentielle nomination de Sébastien Lecornu, c'est vrai que ça voudrait dire que le président de la République ne veut pas lâcher la main. D'ailleurs, ils le disent, l'un comme l'autre, Mme Tondelier comme M. Marseille. Donc, je ne suis pas sûr qu'en effet, ça soit une solution qui soit susceptible d'apaiser les convolutions que l'on connaît aujourd'hui.
Après, moi, je rejoins tout à fait ce qui vient d'être dit, c'est-à-dire qu'un gouvernement technique, c'est un habillage, d'une certaine manière, communiquant, pour ne pas dire que finalement, un gouvernement, de toute façon, par essence, il est politique, et qui va devoir, en tout cas, prendre des décisions qui seront des décisions qui impacteront les politiques publiques et qui seront marquées quand même du saut d'un certain nombre de valeurs et de conceptions qui peuvent être parfois diamétralement opposées entre les différentes forces politiques qui s'affrontent à l'Assemblée nationale.
Donc, aujourd'hui, la situation n'est pas, loin s'en faut, chacun s'accordera à le reconnaître, stabilisée. Et donc, tout est possible à ce stade. Mais là, à l'heure où l'on parle, on ne voit pas, pour l'instant en tout cas, de perspectives et de solutions qui soient pérennes pour durer, sauf à un moment donné qu'il y ait des, si vous voulez, qu'il y ait une des forces d'appoint, soit les socialistes, soit les LR, qui fassent des concessions telles que ça apparaîtra d'ailleurs pour une partie de leur électorat comme des reniements.
Parce que le problème, c'est que pour faire des concessions, il faut à un moment donné, je veux dire, certes, être en capacité de faire ces concessions, mais sans que ça apparaisse à vos segments électoraux comme des trahisons ou des reniements. Et on voit bien que du côté de LR, il y a des lignes rouges. On voit bien que du côté des socialistes, il y a des lignes rouges. Donc l'équation reste, pour l'instant, apparemment insoluble.
Pour terminer sur qui pourrait être Premier ministre, alors il y a l'hypothèse Sébastien Lecornu, il y a aussi un nom qui circule, c'est celui de Jean-Louis Borloo. L'intéressé a répondu hier, il était au micro de Basile Bayeux.
– Je n'ai reçu de coup de fil de personne. Le petit jeu, coup de fil, pas de coup de fil. Franchement, honnêtement, à 40% de déficit, l'état de la jeunesse de France,
l'état des mamans de France, l'état des prisons de France, l'état de l'hôpital de France, épargnez-moi le petit jeu de coup de fil. Voilà, quelqu'un de responsable, si un jour quelqu'un m'appelle, je répondrai de manière responsable à cette personne.
Point final.
– Oui, non ? – Alors, Jean-Louis Borloo, c'est un pur politique, il respire la politique, c'est toute sa vie. En même temps, c'est vrai qu'il dit, et son nom revient tout le temps, en fait, il n'est pas forcément à l'origine de ça, mais c'est vrai que c'est une solution qui d'ailleurs, on l'a entendu hier, rassemble plutôt l'assentiment de pas mal de gens, finalement, c'est pas un repoussoir comme d'autres. Maintenant, tant qu'il ne le dira pas clairement, quand on l'entend parler de déficit, il se place dans le débat politique. Donc, il dit l'inverse de tout ce qui dégage. Les mots disent l'inverse de ce qui dégage. – On n'est pas dans le premier ministre neutre.
– Donc, d'abord, on ne serait pas dans le premier ministre neutre, mais effectivement, on peut entendre, il a 74 ans, je crois, il a une liberté de parole énorme, il a une liberté de voyager, de faire ce qu'il veut, il a une vie privée, enfin, il y a beaucoup, beaucoup de... Je ne suis pas sûre qu'il soit prêt à lâcher tout ça. Et vous n'avez pas cité le nom de Laurent Berger, qui circule aussi, mais pour moi, c'est un peu la même chose. C'est-à-dire, à la fois, ils disent... – L'ancien frère général de la CFDT. – Oui, voilà, non, non, ce ne sera pas ça. Et en même temps, tout le monde sait, à la CFDT comme ailleurs, qu'il a des envies, un jour ou l'autre.
Personne ne sait si ça se transformera, mais tant que l'un et l'autre ne diront pas clairement, vraiment, et se débrouilleront pour qu'on les croit, leurs noms circuleront. – Et ce type de profil, ça pourrait être une solution ? – Oui, mais si vous voulez, vous voyez bien.
Alors, il n'a pas dit non, là, quand même, Borloo. C'est ce que je note. Il ne dit pas non. Il dit, je prendrai... Si on m'appelle, je prends le téléphone. Mais après, je veux dire, ils sont suffisamment avisés, Berger comme Borloo, pour savoir que les conditions vraisemblablement de l'exercice n'apparaissent pas forcément réunies. C'est ce qui, à mon sens, aujourd'hui, fait qu'ils sont sur la réserve, et on peut les comprendre. Donc, ça me paraît assez naturel. Après, est-ce que ça serait un bon profil ? – Borloo, il est malin, c'est évident. Chacun s'accorde à lui reconnaître cette qualité-là. Mais le problème, c'est qu'aujourd'hui, il ne suffit pas d'être malin pour résoudre ce problème.
C'est bien la difficulté, encore une fois. Borloo, il a un profil... Il a un gros avantage, je pense, c'est qu'il n'a pas un profil allergisant, pour quiconque. Ça, c'est très important. En effet, quand on se retrouve dans une situation où l'inextricable semble la règle. Mais est-ce que c'est suffisant ? Encore une fois, vous savez, la politique, c'est parfois aussi de la physique, c'est la physique des forces. Quand vous voyez la physique des forces à l'Assemblée nationale, on voit bien que depuis un an, on n'y arrive pas.
– Mais c'est vrai que Borloo, moi, à l'époque du Grenelle à l'environnement, je couvrais ces sujets-là. Borloo, c'est le Grenelle à l'environnement. C'était un truc inimaginable. Il m'a mis autour d'une table des chasseurs, des écolos, des gens qui presque le lobby des pesticides, enfin, tout le monde. Et il allait physiquement, il ramenait les pizzas le dimanche soir chez Greenpeace et autres. Vraiment, il a une technique, une façon de faire, un truc très particulier, qui, après tout, pourrait se tenter. Mais bon, pour les raisons qu'on a dites, c'est quand même...
– Il y a aussi une question qui se pose, c'est quelle va être l'attitude des LR, qui, jusqu'à maintenant, était dans le gouvernement, dans ce qu'on a appelé le socle commun. Est-ce qu'ils vont rester dans ce socle ou est-ce qu'ils vont pencher plus vers le Rassemblement national ? Jordan Bardella, leur temps la main. – Alors, c'est une des clés, effectivement, ce qui est en train, ce qui pourrait se passer, effectivement, à droite, cette fameuse union des droites. Ce qui est intéressant, c'est de regarder ce qui se passe au sein du RN, parce que, là aussi, il y a deux approches qui ne sont pas tout à fait identiques.
Et l'hypothèse de ce rapprochement des droites, c'est vraiment la patte Bardella, qui a l'air d'être en train, quand même, effectivement, de se mettre en place. Alors, ça va obliger les Républicains à se positionner. Et là aussi, tout le monde n'est pas sur la même ligne. Mais c'est clair que c'est une option qui, pour le coup, amènerait à redéfinir les équilibres et s'approcher d'une majorité. – Il peut y avoir un changement de pied dans la ligne des Républicains, non ?
– Alors, je pense qu'on voit bien que les Républicains, ils sont sous la pression du Rassemblement national. Ils ont quand même une grande partie de leur électorat qui, depuis des années et des années, a filé vers le Rassemblement national. D'ailleurs, vous regardez le vote des députés LR qui ont voté contre ou qui se sont abstenus au moment du vote de confiance qu'avait demandé François Béroud. Vous avez à peu près... Le groupe se fracture.
Et la plupart des députés qui ne votent pas la confiance ou qui votent contre la confiance sont des députés qui, dans leur circonscription, ont un Rassemblement national extrêmement fort qui peut les mettre en difficulté et qui, voire, peut les battre sur le terrain. Donc, il y a cet aspect-là qui joue. Ensuite, on voit bien que ça bouge, quand même. Très clairement. On voit les déclarations. Vous avez des déclarations d'un certain nombre de responsables politiques LR. Les mots qu'ils utilisent vis-à-vis du Rassemblement national ne sont plus les mots qu'on entendait il y a encore 4 ans, 5 ans, et je ne parle même pas 10 ans.
C'est-à-dire qu'on voit bien qu'ils sont, pour certains d'entre eux, prêts à franchir ce Rubicon. Il suffit d'écouter les mots de Mme Prima il y a quelques jours, porte-parole démissionnaire du gouvernement. Alors après, elle a rétropédalé. Mais ça veut dire quand même quelque chose. Donc, en effet, je crois que... Mais le problème des LR, c'est qu'ils veulent exister, qu'ils veulent vivre et qu'ils veulent rester indépendants et qu'ils veulent, évidemment, ils pensent pouvoir encore avoir un avenir. C'est toute l'idée, en tout cas, de Wauquiez et de Rotaillot, même s'ils ont des oppositions par ailleurs.
Quelles conséquences, du coup, cette semaine, ces dernières heures, peuvent avoir sur l'image qu'ont les Français de la politique ? On a entendu les politiques eux-mêmes. Gabriel Attal, Édouard Philippe, parler de spectacles affligeants, de jeux politiques affligeants. Il y a une étude, Arnaud, Harris Interactive, parue ces derniers jours, qui montre que la confiance s'érode entre les citoyens et les politiques, et particulièrement les parlementaires.
Oui, c'est une étude qui a été menée avec les cours des hautes études internationales et politiques. C'est intéressant, parce qu'en fait, cette étude, elle ne fait que confirmer ce que l'on sait déjà. Un long processus d'érosion de la confiance des Français, à la fois dans le politique, à la fois dans les institutions. Mais ce qu'on voit clairement, c'est que les Français ont le sentiment, à tort ou à raison, majorité, que la Ve République n'est plus en mesure, aujourd'hui, si vous voulez, de déverrouiller la situation politique de crise dans laquelle on se retrouve. Moi, personnellement, je ne pense pas. Je pense que la Ve République a beaucoup d'outils pour qu'on puisse franchir la crise.
Je ne crois pas que ce soit une crise institutionnelle. Mais enfin, en tout cas, ce sentiment est très intéressant.
C'est une crise politique, ce n'est pas une crise de régime ?
Oui, c'est une crise politique. C'est-à-dire qu'en fait, c'est l'usage que l'on fait des institutions qui fait que les institutions se retournent contre la classe politique et contre les gouvernements et contre les Français, in fine. Mais ce que montre ce sondage, c'est qu'en fait, oui, aujourd'hui, une majorité de Français sont favorables quand même à un retour aux urnes, clairement. Ça, c'est un... Mais beaucoup d'autres sondages l'ont démontré.
Et que, quand on regarde les niveaux institutionnels et de direction politique, encore une fois, ce n'est pas une surprise, ce sont les collectivités de proximité, c'est-à-dire les mairies, éventuellement les conseils régionaux, qui, aujourd'hui, ont plutôt la confiance relative, d'ailleurs, parfois, des Français, bien plus que le Parlement et bien plus que le Président de la République.
– Effectivement, les Français favorables à un retour aux urnes, il va y avoir d'autres choix que la dissolution, Emmanuel Macron ? – Ils sont de moins en moins nombreux, les choix possibles. C'est clair que de... On discutait juste avant avec Arnaud. On a le sentiment, depuis toutes ces dernières semaines, derniers mois, avec cette succession de premiers ministres, que le Président et que tout le monde gagnent du temps, mais qu'en fait, on recule pour mieux sauter. Ça va être long, jusqu'à la présidentielle de 2027.
Il y a un Président de la République, et je ne suis pas sûre que la destitution, ce que prônent notamment les insoumis, soit une solution, ou la démission, soit une solution, parce que, précisément, et même, dans la proposition d'Edouard Philippe, qu'Emmanuel Macron démissionne, elle provoque une présidentielle anticipée, il y a quelque chose d'assez dangereux dans le fait de mettre en péril, d'ailleurs, une fonction qu'il brigue lui-même.
Ensuite, il y a, dans le cas d'Edouard Philippe, là aussi, un intérêt, on le disait tout à l'heure, mais un intérêt aussi à, alors c'est un peu technique, mais à ne pas dissoudre ce que l'Assemblée ne soit pas dissoute, parce qu'il l'empêcherait, lui, éventuellement élu président, de dissoudre à nouveau pour espérer avoir une majorité. Donc, il y a aussi un jeu… – Parce qu'il se retrouverait en première ligne, Emmanuel Macron. Un mot juste très court, parce que dans cette étude, il y a un chiffre, il y a 39% des Français qui disent qu'il faut limiter le pouvoir du Président de la République. – Ça, c'est lié à Emmanuel Macron ?
– Ah oui, certainement. Enfin, c'est lié, en tout cas, comme c'est un sondage qui vient d'être réalisé, c'est lié, vraisemblable, à la perception qu'ils ont aujourd'hui du fait que le Président de la République, d'ailleurs, quel que soit le nom qui soit responsable de la présidence, je veux dire, aujourd'hui, est un facteur de blocage. Mais il est d'autant plus dans cette situation actuelle. Moi, je ne suis pas tout à fait d'accord avec Bérangère sur le fait qu'on a un précédent, quand même, sur la Ve République d'un Président qui a démissionné, c'est le général de Gaulle. Ça n'a pas fragilisé pour autant les institutions, en l'occurrence.
Donc, l'argument qui consiste à dire, oui, ça fragiliserait le futur Président… Alors, c'est vrai que l'époque n'est plus la même, je suis tout à fait d'accord avec vous. Ça, c'est un facteur qu'il faut prendre en compte.
– Et on suivra, bien évidemment, ce qu'il va se passer dans les prochaines heures. Allez, on termine par une idée de sortie pour ce week-end, un peu de légèreté, un peu autre chose. Vous connaissez tous le Festival de BD d'Angoulême. Eh bien, à moins de 100 kilomètres, se tient ce week-end le Festival de BD en Périgord. C'est à Bassillac-Auberoche, en Dordogne. Une cinquantaine d'auteurs qui sont attendus. C'est la 36e édition, tout de même. La BD est un média qui rencontre beaucoup de succès avec un nombre d'auteurs populaires relativement importants. C'est ce que dit le président du festival.
Parmi les auteurs attendus, Étienne Davaudot, Jean-David Morvan, David Prudon, « L'un de nos objectifs est de lutter contre le désenchantement du monde ». On va dire que c'est un beau programme pour ce week-end. Merci beaucoup. Merci à tous les deux d'avoir été avec nous. Merci à tous de nous avoir suivis. Excellent week-end.