L'ancien ministre du Travail Olivier Dussopt devient président du conseil d'administration du groupe Emeis
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Vous avez pris hier la tête du conseil d'administration du groupe Emeis. Pourquoi finalement vous vous retrouvez là-bas ?
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Quel sera votre rôle très concrètement ?
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La stratégie, ça va être, par exemple, l'attribution de moyens sur qu'est-ce qu'on renforce très concrètement dans ces EHPAD-là et dans ces cliniques, par exemple ?
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Est-ce que ce n'est pas un peu compliqué d'arriver là-bas quand même ?
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Est-ce qu'on a les moyens ? Est-ce qu'on va pouvoir s'occuper correctement de nos aînés qui vont être de plus en plus nombreux ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« C'est à la fois un groupe français avec 230 EHPAD, avec 120 cliniques en France, mais aussi un groupe international avec au total plus de 1000 établissements et presque 85 000 salariés. »
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« Les actionnaires d'Emeis, c'est la Caisse des dépôts, c'est la Maïf, c'est MACSF, une mutuelle de médecins, c'est CNP Assurance. »
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« Le groupe aujourd'hui va mieux. Il va mieux. »
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« Ce qui est important, c'est qu'elles soient signalées, qu'elles soient traitées. »
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« Les moyens ont beaucoup augmenté avec une aide en France de la part de l'État, de la sécurité sociale qui est une aide importante. »
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« d'ici 5 à 10 ans, plusieurs millions de personnes qui vont atteindre des âges plus importants, qui vont passer la barre des 75 ans, la barre des 81 ans, des 85 ans. »
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Gros Mardèche, le réveil 100% local, ici matin jusqu'à 9h. Olivier Dussopt, l'ancien ministère des choix du travail a été nommé hier président du conseil d'administration du groupe Emeis, Exorpea, c'est le géant privé des EHPAD et cliniques psychiatriques, touché par le scandale de la maltraitance il y a 4 ans maintenant. Il est avec nous ce matin, Julien Raymond. Bonjour Olivier Dussopt.
Bonjour. Vous avez pris hier la tête du conseil d'administration du groupe Emeis. Pourquoi finalement vous vous retrouvez là-bas ?
D'abord parce qu'Emeis est un beau groupe. Emeis est un groupe qui regroupe des cliniques, qui regroupe des maisons de retraite, des services d'hospitalisation à domicile. C'est à la fois un groupe français avec 230 EHPAD, avec 120 cliniques en France, mais aussi un groupe international avec au total plus de 1000 établissements et presque 85 000 salariés. Pourquoi Emeis et pourquoi cette fonction ? Parce qu'en réalité, derrière Emeis et derrière tous les groupes de ce secteur-là, il y a des enjeux qui sont très contemporains. Des enjeux de démographie, de vieillissement de la population, de prise en charge de la dépendance, puis des enjeux aussi d'aménagement du territoire.
Parce que lorsque vous avez en France 230 EHPAD et 120 cliniques, forcément vous êtes présent partout dans le territoire avec des emplois et des services pour les habitants.
230 EHPAD, dont deux en Dromardège. Vous avez parlé de clinique aussi, puisque Emeis, c'est aussi des cliniques spécialisées notamment dans le traitement des maladies mentales. Précisément, vous devenez donc président du conseil d'administration. Quel sera votre rôle très concrètement ?
Dans certaines sociétés, c'est le cas d'Emeis. Il y a un président du conseil d'administration qui anime le conseil d'administration, bien sûr, qui assure la relation avec les actionnaires. Les actionnaires d'Emeis, c'est la Caisse des dépôts, c'est la Maïf, c'est MACSF, une mutuelle de médecins, c'est CNP Assurance. C'est aussi le conseil d'administration et son président qui travaillent, en lien avec le directeur général, sur les questions stratégiques, sur les questions de grand choix pour l'avenir de la société.
Et c'est un binôme, puisque c'est une présence de conseil, binôme avec le directeur général, qui lui, au quotidien, dirige le groupe, dirige l'entreprise, et met en place l'ensemble de la stratégie arrêtée au conseil.
La stratégie, ça va être, par exemple, l'attribution de moyens sur qu'est-ce qu'on renforce très concrètement dans ces EHPAD-là et dans ces cliniques, par exemple ?
C'est un groupe comme Emeis, composé de cliniques, de maisons de retraite. C'est un groupe qui, d'une part, travaille beaucoup avec l'État, avec la sécurité sociale, sur les questions de santé, sur les questions de dépendance. Lorsqu'en France, en tout cas, nous voulons ouvrir de nouveaux établissements, de nouveaux lits, tout ça est soumis à des autorisations administratives, puisque le secteur est très régulé.
Quand on parle de stratégie, c'est aussi voir quels sont les secteurs sur lesquels il nous paraît les plus important de se positionner, comment on fait pour personnaliser l'accueil, comment on fait pour être présent dans tous les territoires, comment on fait aussi pour faire en sorte que ces établissements, tant les cliniques que les maisons de retraite, puissent avoir une offre de services, une offre de soins sur tout le territoire français et au-delà. Nous sommes présents dans presque 20 pays en dehors de la France, la plus utile possible aux habitants.
Le groupe Emeis, c'est aussi le nouveau nom du groupe Orpea qui a été embourbé, comme vous le savez, dans le scandale de la maltraitance en 2022 suite au livre des Fossoyeurs. Est-ce que ce n'est pas un peu compliqué d'arriver là-bas quand même ?
Non, c'est même une grande chance parce qu'énormément de travail a été fait en 4 ans, avec de nouveaux actionnaires, avec une nouvelle direction, avec une réorganisation complète du groupe et un travail fantastique de redressement financier, puisque, en plus des difficultés que vous avez mentionnées et du livre qui avait été publié, il y avait aussi des questions financières, notamment d'endettement. Le groupe aujourd'hui va mieux. Il va mieux. Il a une qualité de service, une qualité de soins qui est de très bon niveau, qui est très reconnue.
Le taux d'occupation, puisqu'il faut parler parfois de statistiques, c'est-à-dire le nombre de lits, le nombre de chambres occupées, augmente chaque année parmi toutes celles que nous avons à la proposition des usagers, des patients, des résidents. Et il y a un énorme travail qui a été fait aussi sur les questions d'éthique, avec des signalements qui sont plus faciles à faire, parce que lorsqu'on parle de 86 000 salariés au niveau mondial, de 30 000 salariés en France, lorsqu'on parle de centaines de milliers de patients ou de résidents dans les établissements en France et ailleurs, évidemment qu'il peut y avoir des difficultés.
Ce qui est important, c'est qu'elles soient signalées, qu'elles soient traitées. Et nous nous appuyons beaucoup, à la fois sur les médecins, sur les personnels. Et le personnel fait un travail absolument formidable. On parle d'être soignant, on parle d'auxiliaire de soins, d'infirmiers, de jour comme de nuit, présents auprès de nos aînés, présents auprès de gens en convalescence, présents auprès de gens souffrant de maladies et de troubles mentaux. C'est un travail fantastique qui est fait. Ce scandale d'il y a 4 ans est désormais derrière. Et ce redressement, tout ça fait que le groupe a un rôle clé à jouer pour l'offre de soins sur tout le territoire.
Ce scandale d'il y a 4 ans est désormais derrière, c'est ce que vous dites. Au-delà du groupe EMEIS, il y a une vraie question aujourd'hui qui se pose dans la plupart des EHPAD. Ici, Dromardèche était encore chez vous à Anonay la semaine dernière pour couvrir un mouvement de grève. La population vieillit en France. Est-ce qu'on a les moyens ? Est-ce qu'on va pouvoir s'occuper correctement de nos aînés qui vont être de plus en plus nombreux, plus on va avancer dans le temps ?
En fait, c'est une situation très paradoxale. Les moyens ont beaucoup augmenté avec une aide en France de la part de l'État, de la sécurité sociale qui est une aide importante. Et malgré cela, ils font encore des moyens noirs, ils font encore des moyens supplémentaires. Et cela coûte malgré tout, encore très cher malheureusement, que ce soit dans le public ou dans le privé d'ailleurs, tant aux résidents des maisons de retraite qu'à leur famille, quand les familles doivent aider. Nous sommes dans une meilleure situation que bien des pays en Europe, mais tout cela reste extrêmement difficile.
Et surtout, nous devons faire face à un mouvement démographique extrêmement important, avec d'ici 5 à 10 ans, plusieurs millions de personnes qui vont atteindre des âges plus importants, qui vont passer la barre des 75 ans, la barre des 81 ans, des 85 ans. Et donc, une demande et une nécessité d'accueillir toujours plus dans les établissements. Et donc, c'est un vrai chalenge, un vrai enjeu. Je pense que cela passe à la fois par le renforcement du réseau des maisons de retraite, bien évidemment, mais aussi par le renforcement des politiques de maintien à domicile. Beaucoup de nos aînés souhaitent rester à leur domicile le plus longtemps possible, et c'est normal.
Et c'est aussi une façon de gérer ce flux démographique dans les meilleures conditions pour eux.
Merci Olivier Dussopt d'avoir été ce matin l'invité d'ici de Romardèche. Il est 7h55.