"Le bloc central doit s'organiser", dit Philippe Juvin pour qui Xavier Bertrand "a beaucoup d'atouts"
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Et bonjour Philippe Juvin.
Bonjour.
Vous êtes en trêve olympique vous aussi ?
En fait je suis comme vous le savez un homme politique qui a aussi un métier donc je suis à l'hôpital actuellement.
C'est ce qui vous anime et vous occupe en ce moment. On imagine quand même que vous réfléchissez à la façon de faire tourner le pays à la fin de l'été comme dans chaque camp sans majorité absolue. Qui doit gouverner selon vous ?
Quelqu'un capable à la fois d'apaiser le pays et d'apporter des solutions à un manque d'ordre dans la rue, à l'école, aux frontières, dans les finances publiques. Quelqu'un qui est capable de parler à à peu près tout le monde dans le spectre politique.
Vous avez au moins un point commun avec la seule candidate officielle, celle de la gauche, Lucie Casté, qui est arrivée à la gauche, le nouveau Front populaire qui est arrivé en tête aux législatives. C'est la défense des services publics. Vous avez signé une tribune dans le Figaro il y a quelques jours. Le titre c'était « Le populisme prospère sur la faillite des services publics et non à cause d'un réformisme libéral imaginaire ». Ça vous rend compatible ?
Alors c'est probablement le seul point commun, c'est que nous avons deux mots en commun, c'est « services publics ». Mais après, sur la mise en œuvre, nous en sommes, elle et moi, très très éloignés. J'ai toujours été celui qui a droite, a dit qu'il fallait une droite des services publics. Pourquoi ? Parce que les services publics, c'est l'assurance quand ils fonctionnent. Une équité de traitement sur le territoire des uns et des autres. L'hôpital, l'éducation, les transports, évidemment le régalien, ça doit fonctionner. Le vrai sujet en France des services publics, c'est qu'on paye beaucoup d'impôts et beaucoup de taxes. Nous sommes le pays d'Europe qui payons le plus d'impôts et de taxes.
Et pour ce prix-là, je voudrais des services publics qui fonctionnent. Or, ils ne fonctionnent pas suffisamment bien à hauteur de ce qu'on les finance. C'est un des sujets des services publics.
Vous n'êtes pas si nombreux à droite. C'est peut-être à gauche que ça se passe pour faire passer ces idées-là, sérieusement.
Eh bien, qu'est-ce que ça signifie ? Ça signifie que des hommes et des femmes de bonne volonté peuvent se retrouver sur des sujets, en particulier sur les services publics.
Elle dit que le nombre de textes qu'elle proposerait si elle devenait Premier ministre susciteraient du consensus bien au-delà du Nouveau Front Populaire. Et il y a un fait, c'est que le Nouveau Front Populaire est arrivé en tête aux législatives. On est d'accord là-dessus ?
Non, on n'est pas d'accord là-dessus. D'abord, personne n'est arrivé en tête, la réalité. Si vous regardez, par exemple, au nombre de voix, c'est Mme Le Pen et ses alliés de Chioty.
193 députés du Nouveau Front Populaire, 166 camps présidentiels et suivi 126 RN.
Il y a eu une élection à l'Assemblée Nationale. On a élu, en l'occurrence, la présidente de l'Assemblée Nationale. Qui a gagné ? Est-ce que c'est le candidat communiste qui était soutenu par la France Insoumise et le Nouveau Front Populaire ? Ou est-ce que c'est le candidat ou la candidate qui était soutenue par le Bloc Central ? C'est Mme Braun-Pivet. Donc, en fait, il faut arrêter d'enfumer les gens en disant « nous avons gagné, nous avions droit ». D'abord, la nomination de Premier ministre, ça ne dépend que d'une personne. Ce sont les institutions qu'ils veuillent. Ce n'est pas vous, ce n'est pas moi, ce n'est pas elle. C'est le président de la République.
C'est à lui de désigner qui ira à Matignon. Je vous dis une chose. Si Mme Castet, demain, devenait Premier ministre, ça serait le chaos immédiat en France. Immédiat. Pourquoi ? Augmentation massive des impôts, 150 milliards d'augmentation des impôts. Comment voulez-vous que des gens comme moi tendions la main à quelqu'un qui propose 150 milliards d'impôts ? Il faudra bien faire rentrer de l'argent dans les caisses. 150 milliards, il faut voir ce que c'est. C'est quelque chose d'absolument dément. Ce qu'il faut faire, c'est rétablir les comptes publics. Vous avez raison. Mais pas comme Mme Castet le suggère. Mme Castet nous conduit au chaos. Elle nous conduit au chaos dans la rue.
En fait, ils ont théorisé cette idée qu'il fallait créer le chaos. C'est une manière pour eux d'assumer, de prendre le pouvoir. Moi, je crois tout le contraire. Je pense qu'il ne faut pas augmenter les impôts. Je pense qu'il faut les baisser. Je crois tout le contraire. Je pense qu'il ne faut pas mettre plus de règles au fonctionnement de la société contraignante. Il faut au contraire libérer les potentialités des individus. C'est ça, la liberté. Ça crée de la prospérité. Je suis à l'exact opposé de Mme Castet. Mme Castet, c'est une imposture de communication. Je ne mets pas en cause cette femme qui a probablement de très grandes qualités humaines.
Mais c'est une imposture de communication politique. On est à milieu de ce que les Français souhaitent. Les Français, qu'est-ce qu'ils veulent ? Ils veulent de l'ordre, je le disais tout à l'heure, dans la rue, à l'école, aux frontières. Vous croyez que c'est Mme Castet qui va remettre de l'ordre aux frontières ? Allons, allons.
De l'ordre dans votre parti, on peut en parler aussi, parce qu'on a du mal à s'y retrouver. D'abord, qui est président des Républicains pour vous ?
Écoutez, aujourd'hui, il y a un président par intérim qui est Annie Gennevar. Mais vous savez que nous sommes malheureusement devant les tribunaux, puisque Éric Ciotti a fait ce qu'on appelle un hold-up. Et c'est la justice qui, au mois d'octobre, devrait mettre un peu d'ordre dans cette affaire. Mais nous sommes dans une situation qui est très trouble et très dommageable. Donc vous, vous ne le considérez plus du tout comme votre président ? Non, absolument. En fait, pourquoi ? Parce qu'il a pris une décision politique, tout seul, dans son coin, en quelques heures, d'ailleurs, sans en parler à personne.
Moi, j'ai déjeuné avec Éric Ciotti, peut-être deux semaines, en tête à tête, deux semaines avant la décision qu'il a prise de rejoindre Marine Le Pen. Il était à mille lieues d'une telle position. Il prend cette position probablement pour des raisons locales, en fait, parce qu'il y a la question de Nice qui se posait. Mais sans en avertir personne, sans faire ce travail élémentaire quand on est responsable d'un parti politique, c'est au moins de consulter les uns et les autres.
Mais on a du mal à comprendre ce que sont en train de devenir les Républicains actuellement. Comment définissez-vous, vous, votre parti ?
Ça devrait être. Vous avez raison qu'il y a aux Républicains plusieurs différences entre les uns et les autres. Je pense que c'est un parti qui veut d'abord apaiser le pays. Il y a des millions de Français qui, brutalement, se sont mis à détester d'autres millions de Français.
Apaiser, mais en se divisant en interne.
Il faut apaiser le pays. Et nous devons, déjà, dans la manière d'exprimer les choses, il faut tenter de faire en sorte que les gens se détestent un peu moins qu'ils ne se détestent aujourd'hui. Et puis, remettre de l'ordre. Je le dis, mais je suis contraint de le répéter. C'est probablement le point commun de la droite républicaine, c'est de dire, nous ne ferons rien tant que le pays n'aura pas retrouvé un peu d'ordre, en particulier dans les finances publiques. Avant les élections, pardon, avant la dissolution de l'Assemblée, avait été créée une commission d'enquête parlementaire sur la dette et sur les effets de la dette sur la souveraineté et le pouvoir d'achat.
J'étais le président de cette commission d'enquête. Cette question est clé. Si on ne remet pas de l'ordre dans les données publiques, nous allons vers des déconvenus très importantes.
Xavier Bertrand, parlons-en, il s'est mis un peu tout seul en campagne, disons-le, c'est parce que le candidat de la droite, dont la droite ne veut pas, c'est le sentiment qu'on a, c'est surtout la Macronie qui en parle. Vous, qu'en pensez-vous ? Est-ce que l'ancien ministre de la Santé, pour vous le médecin, est un bon candidat ?
Il n'a pas été que ministre de la Santé. Écoutez, moi, je suis un de ceux qui, depuis toujours, considèrent qu'il faut un accord politique d'une manière ou d'une autre. Certains parlent de pacte législatif, c'est ce que dit Laurent Wauquiez, d'autres vont plus loin, mais c'est vrai que la ligne politique, c'est le pacte législatif, avec le bloc central. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas d'alternative. Pardon. Il y a aujourd'hui une situation tout à fait inédite, où il y a un rassemblement national très fort, où il y a un nouveau front populaire hétérogène, mais fort, et il y a un bloc central. Globalement, les forces sont assez équilibrées. Il n'y a pas de solution.
Le bloc central doit s'organiser. Comment s'organise-t-il ? Il s'organise avec un programme, je viens d'en parler, et autour d'un homme ou d'une femme, l'homme ou le femme, qui doit être désigné, je le répète, non pas par un parti, c'est la Ve République, mais par le président de la République. C'est le rôle du président. Maintenant, Xavier Bertrand, qu'est-ce que j'en pense ? A-t-il des atouts à vos yeux ? Oui, il a beaucoup d'atouts, bien sûr. Oui, c'est un homme qui a des atouts. D'abord, il dirige une grande région, il a une expérience ministérielle, il a gouverné, et il gouverne d'ailleurs, je crois, au quotidien dans sa région, avec des gens de droite, de gauche, du centre.
Il essaye de trouver des consensus. Maintenant, encore une fois... Il a battu l'URN, deux fois, Marine Le Pen ? Il a battu l'URN. Encore une fois, pardon de vous le dire, moi, je ne suis que député, et voilà, le régime de la Ve République, c'est le président de la République qui choisit le casting, et c'est pas le nouveau populaire ou les Républicains.
Et on va poursuivre sur ces sujets-là, bien sûr, avec vous, Philippe Juvin, député LR des Hauts-de-Seine. Ce sera juste après le fil-info, à 8h40, avec Mathilde Romagnan.
Le président américain Joe Biden a accueilli, ce matin, sur son sol, les trois détenus libérés par la Russie, parmi eux, le journaliste américain Erwan Gershkovitch. Au total, 26 personnes ont été échangées hier entre les Occidentaux, la Russie et la Biélorussie, après un accord historique. De sérieuses défaillances de l'armée israélienne ont conduit à la mort de sept travailleurs humanitaires dans la bande de Gaza il y a quatre mois. C'est ce que montre une enquête commandée par l'Australie. Une de ses ressortissantes a été tuée dans cette frappe. L'accès à Instagram est impossible en Turquie.
L'autorité turque des communications annonce avoir bloqué aujourd'hui l'accès au réseau social, mais sans expliquer pourquoi. Avant-hier, Ankara a accusé Instagram de censure, affirmant que la plateforme empêchait les internautes de publier des messages de condoléances après la mort du chef du Hamas. Prudence, aujourd'hui encore face aux fortes chaleurs dans le sud-est de la France. Neuf départements restent en vigilance Orange Canicule et huit départements sont en alerte pour risque d'incendie. Ça va des Pyrénées-Orientales jusqu'au Var. En compagnie de Philippe Juvin, député LR des Hauts-de-Seine, ancien maire de la Garenne-Colomb, on parle de cette hypothèse Xavier Bertrand.
Le duo Wauquiez-Retailleau qui préside aujourd'hui les deux groupes parlementaires, est-ce qu'on est sûr qu'il soutiendrait cette hypothèse ? Laurent Wauquiez qui est le candidat, pas encore officiel, mais enfin que tout le monde a en tête, lui est le premier, n'a pas très envie de voir ressurgir ce Xavier Bertrand pour des raisons personnelles. Et puis parce que ce n'est pas la même droite. C'est quand même un sujet ça. Finalement s'il rassemble au-delà de la droite, mais que sa propre famille n'en veut pas.
Pardon, Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau, Gérard Larcher, Xavier Bertrand, certes il y a des différences dans la droite, mais ils sont tous membres des Républicains. Alors j'entends, et je le sais bien entendu, que la droite elle est diverse traditionnellement, culturellement, historiquement, mais ils font partie du même parti. Je pense qu'ils ont un point commun tous ces gens, c'est qu'ils veulent le bien du pays. Et donc c'est pour ça que Wauquiez, quand il arrive à l'Assemblée nationale, dit on ne peut pas continuer comme avant, on va mettre sur la table des propositions pour que l'Assemblée nationale s'en saisisse et trouve des points d'entrée avec l'ex-majorité présidentielle.
Donc en fait la démarche, intellectuellement elle est la même, c'est d'essayer de trouver des solutions de déblocage. Enfin, vous vous rendez compte, que penseraient de nous nos électeurs si nous étions nous les responsables du blocage ? Donc je crois que toute solution doit être cherchée. Pardon, mais si on ne fait pas ça, si la droite ne fait pas ça, si la droite ne débloque pas les choses, c'est le chaos. C'est le chaos, c'est le chaos.
Non mais on parlait tout à l'heure de la situation de la droite, tout n'est pas aussi clair. On peut dire que tout le monde est unique, ce n'est pas le cas.
Mais bien entendu, c'est très compliqué, vous avez raison, c'est évidemment compliqué.
Il n'y aurait pas de censure ? Le LR de Wauquiez ne censurerait pas un gouvernement Bertrand ? Ça, vous en êtes convaincu ?
Encore une fois, je n'ai pas de boule de cristal, mais ça paraîtrait tout à fait illogique. À partir du moment où nous aurions sur la table ce fameux pacte législatif dont on parlait Wauquiez, qui permettrait de se dire, nous nous mettions d'accord sur quelques textes. Non, je crois qu'il est très important que le bloc central, sous tous ses aspects, mais je parle de LR, mais il faudrait parler de la majorité présidentielle, peut-être, et également de Liotte, qui est un groupe parlementaire un peu divers, centriste, on va dire, pour le faire vite, quelques socialistes aussi. Il faut absolument qu'on trouve un accord pour sauver le pays. Sinon, c'est quoi l'alternative ?
En politique, vous savez, c'est Raymond Aron, on disait, il y a le possible et il y a le souhaitable. Le souhaitable, c'est qu'il y a une majorité absolue et que ça se passe bien. Le possible, c'est qu'il n'y en a pas, donc il faut faire avec. J'ai été député européen pendant dix ans, j'ai appris là-bas la vertu du consensus entre des forces politiques qui ne s'entendent pas a priori.
Donc, consensus avec le centre, dites-vous, la majorité présidentielle, ex-majorité présidentielle, l'ERN, on l'exclut totalement de votre point de vue ?
Nous avons montré qu'en excluant d'ailleurs Éric Ciotti, qui lui-même voulait cet accord, que nous ne voulons pas. Raison de plus pour dire au fait qu'il y a deux types de partis. C'est ça le sujet. Il y a des partis de gouvernement qui ont une responsabilité dont nous sommes et il y a des partis populistes qui disent quoi ? Qui disent, il n'y a qu'à faire ça, il n'y a qu'à faire ça. C'est ce que fait d'une certaine manière Bardella et c'est ce que fait d'une certaine manière Mme Castet. Il n'y a qu'à taxer les riches, il n'y a qu'à nationaliser, il n'y a qu'à abolir la réforme des retraites et vous verrez, ça ira bien.
Vous mettez sur le même niveau Lucie Castet et Jordan Bardella ?
D'une certaine manière, leurs programmes économiques sont assez similaires. Nationalisation, abolition de la réforme des retraites, regardez quand même, il y a des points communs majeurs.
Philippe Jubin, l'arithmétique est têtu. C'est vrai. Si vous n'allez pas chercher, si vous n'intégrez pas, d'incétez pas, je ne sais pas comment il faut le dire, des voix de ORN, il faudra que vous trouviez une façon de vous entendre avec la gauche.
Non, parce que la Ve République a ceci d'intéressant, qu'en fait il ne faut pas une majorité pour gouverner, il faut éviter d'avoir une majorité contre vous au même moment. C'est-à-dire qu'on peut assumer, et moi je pense que c'est la solution, on peut assumer un gouvernement minoritaire qui puisse avoir des objectifs qui sont des objectifs pas tout azimuts, mais faire voter un budget, faire en sorte que nous nous échappions à des motions de censure parce que le RN ne voudra pas s'associer à LFI à un certain moment et réciproquement. Je pense qu'on peut arriver à gouverner le pays pendant quelques mois, on verra dans un an.
Vous savez, si j'en tiens un an, en apportant quelques solutions sur les services publics, je pense à l'hôpital bien entendu. Et puis déjà, si on peut faire ça et éviter à la France de sombrer, ça sera déjà pas mal malheureusement.
Donc vous souhaitez que la droite soit la solution, on l'entend, mais on l'a dit, votre parti vit une crise. Que se passe-t-il si Eric Ciotti ne quitte jamais, ou ne souhaite pas quitter prochainement en tout cas, la tête de votre parti ?
Il y aura forcément une décision qui sera prise, qui sera imposée par la justice. Et là, il y a plusieurs solutions. En tout cas, ce qui est certain, c'est que les Républicains, tels que nous les avons connus ces dernières années, sont d'une certaine manière morts. Et il va falloir recréer quelque chose. Un parti du centre droit.
C'est la fin du parti Les Républicains ?
Je crois que tout le monde le dit. En tout cas, il va falloir que nous passions à autre chose. D'ailleurs, il ne nous a pas échappé qu'à l'Assemblée nationale, notre groupe n'est pas le groupe des Républicains. Il ne s'appelle pas Les Républicains. Droite républicaine. C'est la droite républicaine. Ça a un sens, c'est que nous sommes déjà passés à autre chose.
Pour Matignon, vous appelez aujourd'hui à ce que la droite, que vous l'appelez comme vous voulez, désigne Xavier Bertrand ?
Non. Moi, je n'appelle personne à désigner un Premier ministre, sauf le Président de la République. Je respecte les institutions. Je ne joue pas le casting.
Xavier Bertrand ?
Non. Encore une fois, c'est au Président de la République de faire l'analyse des choses et d'avoir une totale liberté. D'une certaine manière, il est très libre. Il n'a jamais été aussi libre que dans le choix qu'il fera aujourd'hui du Premier ministre. Je regarde simplement les équilibres. Et sans lui donner aucun conseil, ce n'est pas mon rôle, il faut prendre quelqu'un qui soit capable d'aller chercher des idées des LR à des idées de socialistes raisonnables qui ne veulent pas s'associer à LFI comme ils l'ont fait pour des raisons électoralistes.
Ça veut dire, comme le dit Gérald Darmanin, dans une espèce de main tendue à la gauche, augmenter le SMIC, par exemple ? Vous êtes d'accord avec ça ?
Ça veut dire créer les conditions économiques pour que les revenus augmentent. Mais je crois qu'il n'y a aucune économie qui fonctionne où l'État décide quel est le salaire qu'il faut que les entreprises donnent. Les entreprises, elles ont des équilibres à trouver. Et quand l'État dit « telle entreprise doit verser tel salaire », ça ne marche jamais. En tout cas, ça conduit souvent à la faillite.
Vous qui avez été le candidat, un peu inattendu, on peut le dire, de la droite républicaine pour le perchoir, vous avez vu que le Conseil constitutionnel s'est déclaré incompétent mercredi pour statuer sur le recours des députés de la France insoumise contre la réélection d'il y a une brune pivée, à cause des 17 députés, toujours ministres des missionnaires, rappelons-le. Elle pose toujours question, cette réélection, ou il faut arrêter les polémiques, comme le dit la présidente de l'Assemblée ?
C'est extraordinaire. La gauche, en fait, quand elle n'est pas satisfaite des résultats des élections, dit toujours la même chose. Les élections ont été truquées, ou alors il faut revoter. C'est toujours le coup. On nous refait, historiquement, regarder, dans toute l'histoire du socialisme et du communisme depuis 100 ans, on nous refait toujours le même coup. Mme Brune-Pivet est présidente de l'Assemblée nationale. Cela prouve quoi ? Cela prouve que la candidature de Mme Castel est une candidature qui ne tient pas la route, qui est une candidature minoritaire.
Il faut arrêter avec la candidature de Mme Castel, à la fois pour des raisons de fond, je vous en ai parlé, sur le chaos économique que cela créerait, immédiatement, pas deux semaines plus tard, immédiatement, mais aussi pour des raisons de la démocratie. M. Castaigne, communiste, aurait été élu au... Pardon, Chassaigne, communiste, aurait été élu au perchoir. Là, pour le coup, effectivement, Mme Castel aurait beau jeu de dire « Nous sommes majoritaires à l'Assemblée nationale ». Est-ce que c'est le candidat de Mme Castel qui a été élu au perchoir ? Non, c'est Mme Brune-Pivet du bloc central. C'est donc au bloc central de prendre la main politiquement.
Philippe Juvin, député LR des Hauts-de-Seine. On vous retrouve dans un instant. D'abord, l'essentiel, ce matin de l'actualité à 8h50, avec Mathilde Romagnon.
Trois nouveaux pays, le Brésil, la Colombie et le Mexique, appellent à une vérification impartiale des résultats de l'élection présidentielle au Venezuela. Après la réélection contestée de Nicolas Maduro, la chef de l'opposition appelle à manifester demain dans toutes les villes du pays. Ils sont accusés de violences aggravées. Lors du mouvement des Gilets jaunes, le parquet de Paris a requis un procès contre 9 CRS, au moins 4 manifestants et un journaliste ont été frappés dans un Burger King près des Champs-Elysées en décembre 2018. Trois départements sont en vigilance orange pour risque de crues aujourd'hui après des orages, la Meurthe-et-Moselle, la Seine-et-Marne et les Vosges.
Les Vosges où la préfecture a activé sa cellule de crise face au risque d'inondations. Dans la Marne, l'hôpital de Montmirail est inondé. Des patients ont dû être évacués. Au jeu de Paris, Teddy Riner entre en lice. Aujourd'hui, je vais tout faire pour être le meilleur et ramener la médaille d'or. A promis hier, la grande star du judo tricolore. A suivre aussi aujourd'hui le nageur Léon Marchand sur le 200m4nage. Il espère une quatrième médaille d'or. Et Florent Manodou sur le 50m nage libre.
Et Philippe Juvin, toujours avec nous, député à l'ère des Hauts-de-Seine. On va évoquer ensemble le risque d'escalade au Proche-Orient avec ces frappes d'Israël qui ont tué sur le sol iranien le numéro 1 du Hamas et au Liban le numéro 2 du Hezbollah. Comment les qualifiez-vous ces frappes israéliennes, Philippe Juvin ?
Je pense qu'on ne sortira pas de cette affaire qui est évidemment et minimement complexe si on ne met pas sur la table plusieurs choses. D'abord, Israël a été agressé le 7 octobre et Israël se défend en éliminant les responsables du massacre du 7 octobre. C'est ça qui est en train de se passer. Et il y a de la légitime défense. Quand vous êtes agressé comme État, vous vous défendez. Le deuxième point, on ne s'en sortira pas si on n'affiche pas qu'à la fois Israël et à la fois les Palestiniens ont le droit de vivre dans un État qui leur appartient. Et donc, il faut sans cesse remettre sur la table des négociations la question de la solution aux deux États. Il n'y a pas d'alternative.
Elle est difficile à mettre en œuvre, elle est super complexe, mais il n'y a pas d'alternative.
Mais on ne s'en approche absolument pas avec ces dernières frappes.
Il y a la guerre, ça s'appelle la guerre. Après la guerre, il faut organiser les conditions de la paix. Et là, il y a un troisième point qui est peut-être très important pour les Français, c'est que la France, traditionnellement, depuis le général de Gaulle, a une politique arabe. C'est la fameuse politique arabe de la France. Et bien que cette politique arabe se mette au service de la paix, au service d'Israël, indirectement, en créant les conditions de la paix et au service des Palestiniens, en aidant à la création de cet État palestinien. Nous avons, nous, les Français, un rôle historique à jouer dans cette affaire. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, c'est la guerre.
Israël ne joue pas un peu le chaos dans le contexte de tensions et en tout cas prend un risque d'embrasement général, un risque aussi pour ces otages qui seraient toujours aux mains du Hamas.
Non mais vous savez, pardon, le 7 octobre, ils ont été agressés d'une manière absolument violente et ils ont décidé de se défendre. On ne peut pas leur reprocher cela. Il nous serait arrivé la même chose.
Histoire à continuer, il y a la guerre à Gaza. Il nous serait arrivé la même chose.
Est-ce que vous auriez considéré que nous n'avions pas le droit de nous défendre ? Quand il y a eu des attentats dans le passé en France, qu'est-ce qui s'est passé ? La France a réagi, y compris militairement, en allant bombarder des positions. Qu'est-ce qui s'est passé en Afghanistan ? Pourquoi y a-t-il eu la guerre en Afghanistan ? J'ai été soldat en Afghanistan, je suis le seul député à avoir été soldat en Afghanistan, à avoir mis ma peau sur la table pour défendre un certain nombre d'idéaux de liberté. C'est parce que nous avons été agressés, le monde occidental. Donc que les pays se défendent, c'est une chose...
Et qu'on vit frappé en Iran, dont on peut imaginer les conséquences. L'Iran, c'est le Hezbollah, c'est le Liban.
Il y a quelques semaines, j'étais à Beyrouth, physiquement, moi-même, le jour où c'est l'Iran qui a bombardé Israël. Vous vous souvenez ? Donc, moi, j'entends la responsabilité d'Israël, mais la mise en cause permanente d'Israël, d'une manière unilatérale, est assez surprenante. On oublie de dire que l'Iran a envoyé des centaines de missiles sur Israël il y a quelques semaines encore.
Personne ne l'oublie, mais à un moment, comment on calme le jeu ? Comment on apaise ?
Absolument, vous avez raison, c'est la question. Comment on apaise ? Eh bien, on rencontre les gens, on met sur la table des plans qui fonctionnent, on essaye de trouver des interlocuteurs. Un des sujets majeurs qui nuit aux Palestiniens, c'est l'absence d'interlocuteurs. Alors, les élections en Palestine datent d'il y a 20 ans, 20 ans sans élection. Et donc, les interlocuteurs, où sont-ils ? Nous ne les connaissons pas. En fait, on sait historiquement que le Hamas a pris le pouvoir en Palestine, a pris le pouvoir alors que les élections ne les avaient pas désignées comme vainqueurs. Ça s'appelle de la diplomatie. Il faut être armé pour cela. La France a un rôle à jouer.
L'Europe aussi, à condition que l'Europe s'organise et elle ne l'est pas vraiment aujourd'hui.
Un propos de diplomatie, Philippe Juvin. Le gouvernement algérien vient de rappeler son ambassadeur en France, très fâché du soutien français au plan d'autonomie marocain du Sahara occidental. Sujet complexe qui divise la classe politique française. Quel est votre sentiment à vous ?
Mon sentiment, c'est que les Algériens, pardon, n'ont rien fait pour calmer les choses depuis quelques années. Il y a eu tout un tas de mesures qu'ils ont prises en interne très vexatoires à l'égard de la France. Il ne faut pas s'étonner à un moment que la France réagisse en disant, écoutez, nous sommes des gens ouverts à la discussion, sympas, mais il y a un moment où il faut arrêter de nous taper dessus. Quand on sait ce que devient le français en Algérie, quand on sait combien l'anti-français est un argument de politique intérieure d'Algérie, il y a un moment où on leur dit stop et c'est probablement, ils sont en train de recevoir la monnaie de leur action interne.
Donc la France est en train de choisir entre le Maroc et l'Algérie, deux pays qui partagent une histoire très forte avec eux ?
Bien sûr, nous avons une histoire très forte avec tout le continent africain. Il faut faire des choix, mais encore une fois, la situation actuelle, que les Algériens le comprennent, elle est aussi la conséquence de positions anti-françaises répétées de la part du pouvoir algérien. Et en tant que responsable politique français, je dis aux Algériens, écoutez, soyez un peu plus sages et un peu plus amicaux avec les Français. Peut-être que les Français seront de nouveau un peu amicaux avec vous.
Philippe Givin, il nous reste une minute.
Oui, le Venezuela, un mot, pardon, je vous le dis, parce que M. Mélenchon, Mme Castet nous disent depuis des années, le Venezuela c'est formidable démocratiquement, sociologiquement, économiquement, c'est ça qu'il faut faire. Aujourd'hui, au Venezuela, on tire sur la foule. Voilà le résultat des politiques telles qu'elles sont menées et qu'on essaie de nous voir en France. Non, non, pardon, le Venezuela a été montré comme un exemple par M. Mélenchon depuis des années. Je regarde que la démocratie ne fonctionne pas très bien au Venezuela.
Bon, alors là, il nous reste 30 secondes, le médecin que vous êtes, on dit qu'aux urgences, on voit surgir des gens pleins d'enthousiasme pour les Jeux, c'est ce que vous constatez aussi ?
Oui, oui, et je mets en garde les gens qui...
Qu'est-ce que vous voyez arriver ?
Je vois arriver des gens qui regardent les Jeux, qui se disent c'est formidable le sport, tiens, je vais m'y remettre. Ils remettent leur basket et alors qu'il fait 40 degrés dehors, se mettent à courir. C'est une très mauvaise idée. Remettez-vous au sport, c'est bon pour la santé, mais pas quand il fait 40 degrés.
Ces 15 jours de joie, d'euphorie vont changer quelque chose dans le pays où ça va retomber derrière ?
C'est sûr que dans un pays qui n'a pas confiance en lui, c'est assez formidable de voir cette moisson de médaille et puis finalement tout se passe bien. Donc moi, je suis ravi pour la France. Nous sommes un grand pays, nous avons été un grand pays. Il n'y a pas de raison que nous ne continuions pas à être un grand pays et pas seulement en matière sportive.
Philippe Juvin, chef des urgences de l'hôpital Pompidou et député LR des Hauts-de-Seine. Merci d'avoir été avec nous sur France Info ce matin. Merci beaucoup, bonne journée.