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interviewC dans l'air· 2 octobre 2023 64 min

Immobilier : La bombe sociale #cdanslair 30.09.2023

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:07
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous. Une bombe sociale, c'est le terme utilisé pour décrire la crise de l'immobilier. Les banques distribuent quasiment deux fois moins de crédits. La construction de logements neufs également est quasiment divisée par deux. Dans l'ancien, le marché est bloqué. Résultat, les jeunes générations, faute de pouvoir acheter, se reportent sur la location qui est complètement saturée. Et on n'a peut-être encore rien vu, car avec les nouvelles normes environnementales de performance énergétique, nombre de logements pourraient devenir impropres à la location et être retirés du marché.

Une bombe sociale, puisqu'on parle là de ménages insérés dans la vie active, mais qui ne peuvent plus se loger, se projeter dans une vie de famille. C'est le sujet de cette émission de C'est dans l'air, intitulée ce soir « Immobilier, la bombe sociale ». Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Henri Buzicazo. Vous êtes président fondateur de l'Institut du Management des services de l'immobilier, membre du Conseil national de l'habitat et du Conseil national de la refondation.

Emmanuel Duteil, directeur de la rédaction de l'Usine Nouvelle, Pascal Hébel, directrice associée chez Seaways, et Jean-Laurent Casselli, vous êtes journaliste, essayiste, vous écrivez sur le mode de vie des Français, et vous êtes le co-auteur avec Jérôme Fourquet de « La France sous nos yeux », c'est aux éditions du Seuil. Merci de participer à cette émission en direct. Henri Buzicazo, on va essayer de se mettre à la place de ces jeunes qui n'ont plus accès au crédit. Donc on l'a dit, moins 40% pour l'octroi de crédit sur un an.

Alors ce sont donc des gens insérés dans la vie active qui s'entendent dire, je cite, « vous n'êtes pas finançable », donc on leur refuse cette envie qu'on a tous quand on débute dans la vie, c'est de se projeter, d'avoir un toit, de construire, de se lancer dans la vie.

1:50
Bruno Le Maire

Oui, le vrai préjudice de cet effondrement dans la production de logements neufs, dans les transactions, c'est à peu près moins de 35% sur les transactions, ce sont ces projets d'une moitié des Français qui n'aboutissent pas. Alors les victimes désignées sont les plus jeunes, parce qu'aujourd'hui, sans un apport personnel conséquent, on n'a pas de crédit, ça c'est écrit, l'équation ne s'équilibre pas, les prix n'ont pas encore suffisamment baissé pour redonner de l'oxygène à ces jeunes ou à ces moins jeunes. Les travailleurs en mobilité sont en difficulté.

Le MEDEF, la CEPME ont établi qu'un emploi sur cinq était refusé par une personne jugée compétente, parce qu'elle ne peut pas trouver de logement à proximité d'entreprise, le télétravail ne faisant pas tout.

2:37
Présentateur

Donc ça a des conséquences sur l'emploi ? C'est plus difficile de trouver un logement aujourd'hui qu'un emploi, c'est inversé par rapport à il y a 20 ans.

2:43
Bruno Le Maire

Oui, et d'ailleurs, très clairement, dans les permanences des élus, je voyais un maire de région parisienne il y a deux jours, dix personnes qu'il reçoit, huit d'entre elles viennent le voir pour une question de logement. Il y a trois ans, c'était huit personnes pour des questions d'emploi. Donc très clairement, là, c'est inversion. Et on voit même, d'ailleurs, puisqu'on parle des jeunes, des jeunes qui relancent... Et là, pourquoi ce maire, il leur dit ?

3:05
Présentateur

Là, j'ai autant un emploi, je peux me débrouiller, là, le logement ?

3:09
Bruno Le Maire

Oui, et puis le logement, on vient le voir, certes, plutôt pour des logements sociaux, mais aussi éventuellement pour trouver une réponse dans le parc privé, en location ou à l'achat. Et les maires sont démunies. On a même des interruptions de projets de formation, c'est-à-dire des jeunes qui sont pris dans une université, qui sont pris dans une école, à Lyon, à Bordeaux, à Toulouse, et qui, faute de logement, interrompent leur parcours. On sait aussi, l'exemple de Lyon est frappant, que 80% des places de camping dans cette période sont occupées par des jeunes étudiants.

3:41
Présentateur

Les étudiants, maintenant, étudient en camping.

3:45
Bruno Le Maire

Ah, mais très clairement, dans ces grandes villes universitaires, j'en ai cité une, on pourrait citer Lyon, Rennes, Marseille, on a ce phénomène-là de logement précaire pour ceux qui tiennent le coup, qui se disent, on va trouver. Et vous avez une situation du marché de la location qui, bien sûr, connaît un report de l'accession. Ceux qui ne peuvent pas acheter, qui seraient en situation de le faire, des jeunes ménages, ce report sur la location, ils viennent rallonger des files qui, déjà, étaient très chargées. Le parc locatif privé ou HLM ne suffisait pas. On le sentait depuis des années.

Un chiffre s'agissant des HLM, pour ceux qui sont éligibles, c'est une grande partie de la population, 2,4 millions demandeurs, au moment où on parle. C'est deux fois plus qu'en temps normaux. Dans des temps normaux, on avait 1 million, 1,5 million, 1,6 million. On a 2,4 millions demandeurs de logements sociaux. Et 25% de pression en plus sur les logements locatifs privés, avec des villes, celles que j'ai citées notamment, où c'est 50% de pression de plus. Voilà, donc, tous les segments sont bloqués. On parle de l'achat, de l'achat, de la location, du 9 ou de l'ancien, on a des indicateurs rouges.

4:52
Présentateur

Jean-Laurent Casselli, le logement, le foyer, home, comme disent les Anglais, c'est au cœur du projet de vie. Ça veut dire quoi pour ces jeunes ? C'est la douche froide quand ils voient que leur projet de vie, c'est non. Vous n'êtes pas finançable.

5:07
Invité

Pour les jeunes et les moins jeunes, parce que ce qui est intéressant dans cette crise immobilière, quelque part, c'est qu'elle concerne de plus en plus de segments de français et de plus en plus de territoires. En fait, il y a une sorte d'extension de cette crise qui va au-delà de la région parisienne, au-delà des grandes villes. Il y a 10-20 ans, ça n'a intéressé que les gens des grandes villes de parler immobilier. Les autres s'en fichaient, parce qu'ils avaient une maison, un appartement, ce n'était pas vraiment un problème. Aujourd'hui, on voit que cette tension concerne de plus en plus de territoires.

Les grandes villes, je l'ai dit, mais aussi les premières couronnes, les banlieues, les couronnes périurbaines, mais aussi les zones littorales, méditerranéennes, atlantiques, mais aussi un certain nombre de villes dynamiques, parce qu'elles sont sur le tracé du TGV, ou qu'elles sont bien connectées justement au marché de l'emploi. Et de plus en plus de segments de français, les jeunes, vous l'avez dit, les jeunes étudiants, parce qu'ils hésitent à aller étudier dans une grande métropole, mais aussi les jeunes qui ne sont pas étudiants, il y en a beaucoup, qui veulent rester habitées près de là où ils ont grandi, tout simplement.

Et puis, les moins jeunes, les actifs, la chambre des enfants, l'obligation de s'éloigner pour avoir plus grand, ou l'obligation, je dirais, de payer autant ou plus pour avoir moins bien que ses parents. Et ça, ce sentiment de déclassement, il est très fort.

6:17
Présentateur

Mais Jean-Laurent Casselli, il y avait la question SMS de Betty dans l'Essonne. Pourquoi a-t-on l'impression qu'il y a de plus en plus de besoins de logement, alors que la population en France semble assez stable ?

6:27
Invité

Mais parce que la géographie aussi, comment dire, de l'activité a changé. Pourquoi les gens veulent, j'allais dire, veulent habiter dans la région parisienne ? Justement, non, ils ne veulent pas, mais ils le font, et ils continuent à le faire même après le Covid, parce qu'il y a un grand nombre d'emplois, déjà, ils sont concentrés.

6:41
Présentateur

Les emplois sont dans les métropoles.

6:43
Invité

Voilà. Quand on choisit un logement, on a deux critères. On a la qualité de vie, une vue sur mer, la nature, un jardin, et puis on a la question de l'emploi. Est-ce que je serai à 20, 30 minutes de mon boulot ? Est-ce que ça va être compliqué d'y aller ? Est-ce que je vais être dans les bouchons, je vais galérer tous les matins ? Est-ce que j'aurai un RER à l'heure ou un TER ?

7:04
Présentateur

On va dans les villes agréables ou dans les villes où il y a du travail.

7:07
Invité

Et c'est pour ça que Pierre-Robin, la maison individuelle avec jardin, cartonne chez les Français depuis 50 ans, parce que ces territoires-là promettent, en théorie, les deux.

7:16
Présentateur

Pascal Hébel, on ne cesse de parler du prix des pâtes, on ne cesse de parler du prix des carburants, on parle beaucoup moins de logements. Pourtant, c'est un budget autrement plus conséquent qui pèse dans le budget des ménages.

7:28
Invité

Oui, tout à fait. Ça pèse 28% des dépenses de consommation. Ça a doublé depuis 40 ans. Et c'est le premier poste, bien sûr. C'est deux fois plus que le budget alimentaire. Et on est le pays d'Europe où ça pèse le plus, en fait, par rapport à tous les autres pays européens. On est juste derrière la Slovaquie, donc des pays qui ne nous ressemblent pas du tout. Et surtout, ça fait une croissance énorme, beaucoup plus qu'ailleurs, parce qu'on a en effet ces problèmes, surtout sur le prix du loyer. Et pas tant que ça, finalement, sur le prix de l'énergie, puisqu'on a une énergie qui n'est pas chère.

Donc dans le poste logement, on a vraiment cette partie de comment on se loge et plus toutes les dépenses qui sont autour de...

8:08
Présentateur

Vous diriez que c'est l'éléphant au milieu de la cuisine qu'on ne voit pas, qu'on ne veut pas voir.

8:13
Invité

J'ai l'impression que c'est quand même un sujet où beaucoup de gouvernements ont essayé de résoudre les choses en faisant quand même les lois, Pinel, etc. On vient de les arrêter, ça ne fonctionnait pas bien. Mais c'est vraiment un domaine où on a quand même eu le droit au logement qui s'est mis en place il y a quelques années. Et c'est un domaine où, en effet, on a arrêté, là, en tous les cas, depuis quelques années, de produire du logement social. Depuis quelques années, avec le Covid, les investissements se sont un peu bloqués. Et, en effet, on n'en parle pas beaucoup.

Ce n'est pas un sujet dont on parle beaucoup dans les médias, même si, évidemment, c'est crucial, puisque, évidemment, se nourrir et se loger, c'est quand même ce qu'il y a de plus indispensable dans la vie.

8:52
Présentateur

Alors, Emmanuel Dutail, côté maintenant, construction, l'usine nouvelle, on l'a dit au début, la construction de logements neufs, c'est moins 40%, je crois. On a coutume de dire quand le bâtiment va, tout va. Est-ce que l'inverse, c'est vrai ? Est-ce que c'est toute une filière qui est à l'arrêt ? Et on n'en parle pas beaucoup, ça, aussi.

9:11
Invité

À l'arrêt, non. Mais peut-être qu'il faut revenir aux raisons de pourquoi on en est là aujourd'hui. Vous disiez, pourtant, on a l'impression que la population est relativement staffe, certes, mais on n'a pas construit suffisamment de logements, et ce, depuis 20 ans. Regardez François Hollande, dans sa campagne présidentielle, après Emmanuel Macron, ils ont fait d'énormes annonces pour dire on va construire des millions de logements. On n'y arrive jamais. On n'arrive pas à être au niveau de production. Donc aujourd'hui, il y a tout simplement avant toute chose, et quelles que soient les raisons que nous puissions avancer, nous manquons tendanciellement de logements. Alors pourquoi ?

Parce qu'en France, on n'a pas assez de ce qu'on appelle le foncier, c'est des terrains à bâtir, avant même qu'on mette la loi sur le zéro artificialisation nette. Il y a plein de maires qui ne libéraient pas suffisamment de foncier pour pouvoir construire. Les normes pour construire se sont beaucoup durcies ces dernières années. Il y a eu un renchérissement extrêmement important, au-delà même de l'inflation actuelle. Mais ces normes font qu'il y a un renchérissement du coût de la construction, et donc ça fait que tout ça est plus cher au bout du bout. Donc pas assez de logements, et quand il y en a, ce sont des logements assez chers.

Donc c'est important, je pense, de revenir à cela, parce que c'est à cause de cela que nous en sommes là aujourd'hui. Alors est-ce qu'on est à l'arrêt ? Pas encore totalement, parce que qu'est-ce qui baisse aujourd'hui ? C'est les permis de construire, et ce qu'on appelle les mises en chantier. Un permis de construire, c'est quand vous allez construire demain. Donc il y a encore aujourd'hui beaucoup de travail du côté du bâtiment, mais ça va être le cataclysme d'ici quelques mois. Et ce qui étonne tout le monde, c'est que tout le monde avait vu venir ce ralentissement, cette crise.

Peu de gens, moi j'ai vu pas mal d'acteurs ces dernières semaines, avaient imaginé que ça allait aller si vite, et que ça allait descendre si vite. Et notamment sur le neuf en France, là il y a un arrêt total, et même un petit peu sur l'ancien, sur la rénovation dans l'ancien, à cause, là une fois de plus, de l'augmentation des prix, il y a un ralentissement. Donc pour le moment, on construit encore. Pour le moment, il y a du travail, donc quand le bâtiment va, tout va, donc pour le moment ça va encore à peu près. La seule certitude, c'est que la catastrophe, c'est pour demain.

11:05
Présentateur

Alors, les logements trop énergivores pourront-ils toujours être loués en 2025 ? Après cette dite favorable à un délai, cette semaine, le ministre de l'économie a été forcé de faire machine arrière pour justifier sa position. Bruno Le Maire invoque la situation du marché de l'immobilier qui tourne au ralenti. Sujet de l'éosseux avec Erwann Illion. Les propriétaires de cet appartement parisien n'avaient plus le choix. Classé G, avec une consommation énergétique au-delà des seuils autorisés, impossible de louer. Aux commandes des travaux, Pierre-Antoine Menez, gestionnaire de biens. Ici, j'ai un croquis, d'accord ? Donc, qu'est-ce qu'il me dit ? Je dois isoler tous les murs extérieurs.

Ensuite, je vais avoir la liste de ce que je dois faire. Ici, je dois isoler le plafond sous comble. Je dois changer mon système de chauffage, mettre une ventilation, pas n'importe laquelle. Une feuille de route pour sortir cet appartement de la catégorie passoire énergétique. Mais ces travaux ont une conséquence. Ici, c'est l'isolant. Oui, c'est pas très lourd. Donc ça, ça fait 14 cm d'épaisseur. Qu'est-ce que ça veut dire, techniquement ? C'est qu'on vient d'isoler 10 mètres linéaires de mur. Donc, 10 mètres linéaires de mur par 14 cm égale 1,40 m de perdu. Donc, le propriétaire, si on part du principe que c'est 10 000 euros le mètre carré, il a juste perdu 15 000.

Et ça, il ne la trouvera jamais. L'appartement s'est réduit. Un bien déprécié en plus du coût des travaux. Encore 15 000 euros pour cet appartement qu'il faut pouvoir financer. En pleine crise du logement et face à cette chasse aux passoires thermiques avec des critères de location amenés à se durcir progressivement d'ici 2034, ce mercredi, Bruno Le Maire met les pieds dans le plat dans une interview au Parisien. Il veut donner du temps au propriétaire. Il faut être très pragmatique et regarder si on peut décaler les calendriers. À titre personnel, j'y suis très favorable, en particulier pour les copropriétés.

Une proposition aussitôt critiquée par l'opposition, comme la majorité, et jusqu'à la présidente de l'Assemblée nationale.

13:16
Locuteur non identifié

Il ne faut pas renvoyer à la Saint-Glinglin. Je crois que ça, c'est une trajectoire que l'on a prise et qui est importante et il ne faut pas renoncer.

13:25
Présentateur

Donc il a tort, Bruno Le Maire ? Je ne suis pas là pour dire

13:28
Locuteur non identifié

qu'il a tort, il a raison. Je vous dis ce que je pense.

13:30
Présentateur

Quelques heures plus tard, rétro-pédalage du ministre, pas question finalement de modifier le calendrier. Reste que ces mesures pourraient peser encore un peu plus sur un marché locatif, déjà très tendu, notamment dans les grandes métropoles. Car la facture des travaux de rénovation peut parfois être dissuasive. Les propriétaires qui aujourd'hui sont propriétaires de passoires thermiques vont être confrontés forcément à un choix, faire les travaux ou vendre et un certain nombre d'entre eux vont choisir de vendre leurs biens. Donc forcément, ça va encore plus diminuer le parc locatif. Alors dès qu'une annonce est publiée, cet agent immobilier croule sous les demandes.

Cet appartement situé en région parisienne affiché à 1090 euros n'échappe pas à la règle.

14:15
Locuteur non identifié

L'appartement, il fait 42 mètres carrés. C'est un appartement de deux pièces. On a une très très belle vue sur Paris, sur les monuments.

14:21
Invité

On a eu une 50 demandes de locataires. On a eu une trentaine de dossiers et on a fait 15 visites.

14:28
Présentateur

C'est beaucoup plus que d'habitude ?

14:29
Invité

Oui, par rapport à l'année dernière, on a à peu près deux fois plus de contacts.

14:33
Présentateur

Difficile donc de trouver un appartement à louer. Après une semaine de recherche, Pauline et Jade sortent tout juste d'une des deux seules visites qu'elles ont réussi à décrocher. Et elles se font peu d'illusions.

14:43
Locuteur non identifié

On a envoyé vraiment une cinquantaine de messages pour juste au moins visiter les appartements. Et en fait, quand on vient, il y a 50 autres personnes qui avaient eu la même idée. Donc c'est un peu décourageant. Nous, on se dit qu'on ne trouvera jamais. Alors qu'on veut juste en travailler à Paris, il faut qu'on trouve à se loger. Et encore, on n'a pas le pire des dossiers. On a une situation stable. Donc là, je n'imagine pas pour les personnes qui ont un métier plus temporaire ou un dossier plus précaire, ça doit être quasi impossible.

15:13
Présentateur

Une situation pas prête de s'améliorer avec la hausse des taux d'emprunt. Beaucoup de locataires se retrouvent bloqués dans leur projet sans pouvoir quitter leur logement, contribuant ainsi à saturer le marché. Pascal Hébel, quand on a du bien, on a du mal, comme on dit. C'est un vrai stress pour les propriétaires, ces histoires de normes à respecter. Quand on est logement G, on ne pourra plus le mettre en location à partir du 1er janvier 2025 ?

15:41
Invité

Oui, tout à fait. En effet, tous ceux qui sont propriétaires et qui louent sont obligés de faire les travaux. Donc ce qui se passe, c'est qu'on voit bien que le marché est ralenti aussi à cause de ça puisque quand on est investisseur, on ne veut plus acheter du G+, du G et on va tout de suite vers du ABCD parce que c'est ce qui n'aura pas besoin d'être rénové. Et ça fait en effet baisser aussi les prix de tous ces appartements qui sont en G. Rappelons quand même que c'est important de rénover puisque c'est complètement basé, ces notations, sur les consommations énergétiques. Si on est en G, c'est qu'on a une consommation de plus de 420 kWh par mètre carré. Donc l'eau est bien...

Beaucoup de chauffage l'hiver

16:21
Présentateur

et il fait très chaud l'été sûrement. Voilà, tout à fait. Parce que quand c'est mal isolé, ça marche dans les deux sens.

16:24
Invité

Comme les prix de l'électricité vont augmenter de 10% en août et vont augmenter de 15% en janvier, on sait bien que ça va continuer à augmenter le prix de l'énergie. Donc il vaut bien qu'il y ait une rénovation pour diminuer les dépenses des locataires parce que ceux qui ont le plus de difficultés, c'est en effet ceux qui sont locataires. Dans le logement social, les investissements sont faits. Mais c'est dans la location privée qu'il n'y a pas d'investissement pour rénover.

16:48
Présentateur

Henri Buzi-Cazot, on parlait du manque, de la difficulté de trouver un logement à louer. On s'apprête. De quoi on parle là, ces logements G et F ? C'est 5 millions de logements. 17% du parc. 5 millions de. 5 millions de logements qui pourraient être retirés du marché si on ne fait pas les travaux. Et à Paris, c'est 31% des logements qui sont F et G. Donc on s'apprête si on ne fait rien à retirer du marché parisien un tiers du parc locatif.

17:14
Bruno Le Maire

Oui, j'ajoute que les G+, c'est-à-dire les plus gros consommateurs et les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre, parce que c'est la deuxième donnée qui est montrée du doigt, depuis le 1er janvier 2023, et ça fait 100 000 logements, ne peuvent plus être reloués. Donc ça a commencé. Le coût est déjà parti. Alors, est-ce qu'aujourd'hui, les propriétaires mettent sur le marché, arrêtent de louer, mettent sur le marché ces logements ? Non, il ne faut pas forcer le trait. Il y a une grave inquiétude. C'est vrai qu'ils se demandent s'ils doivent conserver, comment faire les travaux, quels travaux, est-ce que les diagnostics sont fiables, à quel prix ?

À toutes ces questions, il y a des réponses, elles ne sont pas faciles. Et pour moi, je dis que c'est l'attitude du nouveau ministre du logement qui est la bonne. Il dit, on ne va pas commencer par décaler le calendrier, on ne va pas commencer par là. C'est ce qu'avait dit Bruno Le Maire. Bruno Le Maire, lui, disait, il faut décaler, le ministre dit de manière beaucoup plus pragmatique, et je crois qu'il a raison parce que le signal est donné par le calendrier de la loi climat-résilence, il ne faut pas affaiblir ce signal. Il faut faire ces rénovations, le confort de vie, les économies d'énergie, la planète, exigent qu'on le fasse, il ne faut pas décaler. Mais il faut trouver les moyens.

Alors les moyens, on est en train de fiabiliser les diagnostics, ça c'est le premier point. On est en train, on a un problème d'entreprise aujourd'hui. Il n'y a qu'une sur dix qui a la compétence et qui donne accès aux aides. Une sur dix. Là, on en avait une sur six il y a encore six mois. Et puis il y a les financements. Et les financements, les primes, les aides publiques ne vont pas tout faire. Là, le gouvernement, c'est ce qu'il a vraiment fait de bien. A abonder ma prime rénov' de 2 milliards et demi dans le budget qui va être voté. Les aides publiques sont fortes. Mais les banques elles-mêmes ne sont pas aujourd'hui au rendez-vous de l'histoire pour financer la rénovation énergétique.

18:57
Présentateur

Emmanuel Duteil, quand on se met à la place des propriétaires, tous les deux jours à la télévision, il y a un reportage sur les arnaques à la rénovation avec des Français qui sont endettés sur très longtemps, qui comptaient sur des primes qui ne tombent pas parce qu'ils sont face à des margoulins. Il y a ces lettres dont vous êtes affublés d'un G, d'un F. D'ailleurs, question de téléspectateurs, le gouvernement a-t-il vraiment les moyens de vérifier si les logements sont des passoires thermiques ? Est-ce que derrière, la logistique suit pour cette rénovation qu'on impose

19:25
Invité

à 5 millions de logements ? Non, elle suit assez moyennement. Il faut voir que déjà, ça avait mal commencé avec les DPE parce que vraiment, les premiers calculs... Les diagnostics de performance énergétique. Ils étaient déjà mal faits, donc il a fallu les revoir. Pour pas qu'on en rajoute de trop quand même dans cette catégorie. Après, un tout petit bémol, ça fait des années qu'on en parle, les propriétaires auraient pour certains pu anticiper quand même les travaux de rénovation.

19:46
Présentateur

On a une athéro, on révise toujours la veille.

19:48
Invité

Sauf qu'a priori, on sait que le devoir de maths, ça demande potentiellement moins de temps de travail que rénover intégralement un logement. Parce que quand on est G, c'est qu'il faut a priori à peu près tout refaire dedans. Après, vous avez totalement raison. Il y a un énorme marché. Au démarrage, ça a généré beaucoup de fraudes. Il y a quand même maintenant des contrôles qui sont un peu mieux assurés. Il y a de plus en plus d'entreprises qui sont labellisées pour le faire. Et puis d'une certaine manière, la chute du marché du neuf dont on parlait il y a un instant va faire qu'il va y avoir un peu plus de capacité pour certaines entreprises à se concentrer là-dessus.

Moi, je pense que quand même le gouvernement ne va pas reculer sur la date du 1er janvier 2025. Mais en revanche, parce que là, logiquement, il faut sortir du G pour aller beaucoup plus haut dans le classement. Je pense que si on sort du G, on va au F et puis après, on remonte, ils vont peut-être laisser un petit délai. En tout cas, c'est ce sur quoi quand même, là, en ce moment, ils sont un peu en train potentiellement de travailler parce que vous avez intitulé votre émission de la bombe sociale. Là, on est quand même dans une forme de bombe sociale.

20:47
Bruno Le Maire

Au dernier moment, s'il faut reculer une échéance, le Parlement le fera. Bien sûr. Si un an avant, on n'est pas dans les clous, bien sûr qu'on repoussera.

20:53
Présentateur

Parce que Jean-Laurent Casselli, c'est très bien, le mal-logement, il faut le combattre, mais il y a pire que le mal-logement, il y a le non-logement. Est-ce que maintenant, se loger dans les métropoles, là où il y a du travail, vous nous disiez, est-ce que c'est mission impossible pour la classe moyenne ? Question de Lionel en Seine-et-Marne. L'accès à la propriété est-il dorénavant réservé aux riches, aux très riches ? En tous les cas, dans les centres-villes, dans les métropoles.

21:18
Invité

Je ferais volontiers un parallèle avec ce qui se passe dans les transports. Vous avez montré à l'écran le nuancier du DPE. Il y a l'équivalent de les transports, c'est la vignette critère. Et plus vous avez une vignette critère claire, plus votre véhicule est récent, plus vous pouvez circuler dans les grandes villes. Et plus votre véhicule est l'équivalent d'une passoire thermique, c'est-à-dire une épave au diesel, plus vous allez être rapidement interdit de circulation dans ces métropoles. Et en fait, ça s'appelle le ZFE,

21:48
Présentateur

zone à faible émission.

21:50
Invité

Zone à faible émission, exactement. On finit par s'y perdre avec tous les sigles de ces dispositifs. C'est ZAN, l'autre. Voilà, le ZFE, on parlera tout à l'heure, j'en suis sûr. Et c'est vrai qu'avec ces interdictions, ces carcans, on voit bien qu'on est face à la question de l'acceptabilité sociale de la transition énergétique, climatique. C'est-à-dire que les gens, il y a eu un sondage encore récemment au Doxa Blackburn, je crois, qui est paru sur les passoires thermiques. Les gens vous disent à 80%, oui, on est pour s'attaquer à ce problème, c'est très important, c'est prioritaire.

Puis quand on leur demande est-ce qu'ils vont faire des travaux ou est-ce qu'ils sont d'accord pour reporter le calendrier, ils sont aussi une courte majorité à dire oui, on veut bien reporter le calendrier. Donc sur les ZFE, d'ailleurs, la métropole de Paris a déjà reculé sur la question de l'automobile. On devait interdire un certain nombre de véhicules anciens en 2024 et en fait, on recule parce que, comme vous le disiez, la logistique ne suit pas et on se rend compte qu'on ne va pas pouvoir contrôler. Donc là, il y a un vrai paradoxe.

22:45
Présentateur

Henri Buzicazo, Emmanuel Diteil disait le problème du manque de logement, c'est qu'on n'a pas assez construit. Ce qui veut donc dire qu'il ne faut pas s'attendre à une baisse des prix, il y a toujours une demande non satisfaite parce que c'est vrai que quand on regarde les prix immobiliers, alors ils ont un peu baissé quand même, mais bon, moins 5% à Paris, alors moins 8% à Bordeaux et moins 8% à Lyon. Votre analyse sur cette baisse des prix, est-ce qu'elle va s'accélérer ou bien non ? Il y a un manque de logements structurels, donc ce qui est rare et cher, donc ça va rester élevé.

23:13
Bruno Le Maire

On n'a pas assez construit, un seul chiffre quand même, 300 000 logements, c'est à peu près en 1990, il y avait 18 millions d'habitants de moins en France, moins de décohabitations, moins de couples qui se séparaient, donc le volume de la construction, bien sûr, n'a pas été ménagé. On a mal aménagé le territoire et les Français aujourd'hui veulent, n'ont pas habité seulement dans les hausses métropoles, mais dans des villes moyennes, mais dans les territoires ruraux et on a congestionné, c'est ça qui a fait monter les prix.

Aujourd'hui, les prix de l'ancien et le prix du foncier, le prix des terrains sur lesquels on bâti les logements neufs, le terrain fait 50% à peu près du coût de construction, vont baisser, sont en train de baisser. Il ne peut pas en être autrement, malgré la demande, parce que vous avez perdu aujourd'hui avec l'inflation à peu près 25% de pouvoir d'achat logement.

24:00
Présentateur

Un jeune ménage, un revenu égal, il peut emprunter 25% de moins du fait de la hausse des taux.

24:06
Bruno Le Maire

25% de moins.

24:07
Présentateur

Donc les prix devraient baisser de 25%.

24:08
Bruno Le Maire

Il faut donc que l'oxygène que cet emprunteur, jeune ou moins jeune, a perdu soit pour partie au moins redonné par les prix. C'est à l'œuvre. Il ne faut pas dire l'inverse. Les observatoires ne le disent pas encore parce qu'il y a un effet retard. Mais en 2023, on aura eu une baisse qui probablement aura été, selon les marchés, de 10 à 15% par rapport à des prétentions de vendeurs qui souvent sont même sur de l'anticipation. On le constate. On le constate aujourd'hui sur quantité de marché. Moi, je suis favorable au café du commerce. Les observatoires, c'est très gentil. Vous parlez avec des agents immobiliers partout en France.

Ils vous disent si je ne corrige pas, si je n'obtiens pas mon propriétaire, une réfaction de 8, 10, 12, 15%, la vente ne se fait pas. Voilà, c'est mécanique. Donc, même s'il y a une pression, il ne peut pas l'être autrement. Les vendeurs rechignent. On a une culture de marché en France qui pose un problème. C'est-à-dire que ceux qui pourraient être corrigés dans des pays anglo-saxons en 3 ou 6 mois vont mettre un an, deux ans à se faire en France. La baisse des prix, on a un problème avec ça. Ceux qui ont fait des plus-values, c'est quand même 80% de ceux qui vendent, ils ont fait des plus-values. Ils ont acheté il y a 10 ans, 15 ans.

Et donc, ils ont gagné souvent sans imposition si c'est la résidence secondaire. Principale. La résidence principale, pardon. Ils ont gagné beaucoup d'argent. Ils l'oublient. Donc, ce n'est pas facile, évidemment, de dire je vais sacrifier 30, 40, 50 000 euros. Mais c'est ce qui permet la vente.

25:30
Présentateur

Je voudrais revenir à ce que vous disiez au tout début de votre intervention. Vous disiez on construit autant de logements qu'en 1986. Oui. Sauf qu'aujourd'hui, il y a plus de population, 18 millions de plus, et il y a plus de divorces. Est-ce à dire que à cause de ce manque de logement, il y a des divorces

25:46
Bruno Le Maire

qui ne se matérialisent pas ? Mais attendez, c'est très simple. Quand on parle de bombe sociale, bon, mettons des réalités, après, vous jugerez si le mot est bon, mais les tensions sociales sont extrêmes, il y a 5 grandes raisons de changer de logement. C'est les décences et les décès. Ce sont des couples qui se forment ou qui se séparent, des divorces. Et c'est la mobilité professionnelle. Les 10% qui restent, c'est les résidences secondaires, mettons les de côté. Ce sont des causes avec lesquelles on ne transige pas. Quand un enfant naît, il faut la chambre de plus.

Quand il y a un décès, il faut pouvoir se replier sur un logement moins grand parce qu'on ne peut pas entretenir un plus grand. Et quand on divorce, eh bien évidemment, c'est qu'on ne peut plus vivre ensemble. Il y a aujourd'hui une proportion énorme, les mères le savent ça, ils le sentent, de couples qui ont décidé, le divorce, parfois même il est prononcé, et on continue à vivre ensemble. C'est sordide. Des couples qui ne se supportent plus et qui continuent de vivre ensemble pour la raison immobilière. Bien évidemment. Il y aura des conséquences en termes de violence conjurale. Il ne faut pas se voiler la face. Voilà, donc c'est ça la bombe sociale.

26:42
Présentateur

Pascal et Belle, on parlait aussi de logement, on voit que les naissances sont au plus bas. Est-ce qu'au fond, cet immobilier fait qu'on rogne sur tout parce que c'est une logement contrainte, on a moins d'enfants, on va économiser ailleurs, est-ce que ça vous pourrit la vie ?

26:56
Invité

Oui, de toute façon, on sait très bien que par exemple, les sujets qu'il y a sur l'aide alimentaire, ça vient du logement en fait. C'est-à-dire que c'est des vases communiquants. Ce sont les mêmes très importants et on l'a toujours dit. C'est-à-dire que quand il y a des tensions sur le logement, ça se reporte sur des difficultés à manger. Et là, comme en plus on a des difficultés à manger parce qu'il y a un vrai sujet sur l'inflation alimentaire, eh bien ça se reporte sur le budget du logement. Donc ce qu'on observe, c'est qu'il y a 6% de gens qui vivent dans des logements gratuits. On se débrouille. Il y a des colocations qui augmentent. Les jeunes vivent à plusieurs.

Les étudiants, ils ont mis ça en place depuis un petit moment et on va vivre

27:37
Présentateur

et dans la vie active, on peut faire de la colocation. Autrefois, la colocation était réservée aux étudiants. Maintenant, on est banquier et puis hop, on fait de la colocation.

27:47
Invité

Il y a à peu près 10% des 18 ans et plus qui vivent en colocation et donc c'est des jeunes actifs qui n'ont pas les moyens de faire autrement, qui continuent, après avoir été étudiants parce qu'il y a de plus en plus d'étudiants qui le font, ils ont trouvé que finalement ça pouvait bien se passer et continuent à faire de la colocation et donc vivent à plusieurs... C'est une cause

28:04
Bruno Le Maire

de baisse de la démographie. Quand on ne peut pas trouver un logement et notamment à prix abordable, eh bien on ne fait pas le deuxième ou le troisième enfant qu'on souhaiterait.

28:12
Présentateur

Donc quand on voit que le nombre de naissances est au plus bas depuis l'après-guerre, c'est une cause.

28:17
Bruno Le Maire

Ça n'est pas verbalisé. Un ménage ne vous dira jamais, même dans un repas d'amis, on n'aura pas ce deuxième enfant parce qu'il coûte, en clair, un enfant de plus à Paris, ça coûte 90 000 euros si vous prenez 10 000 euros du mètre carré. Voilà. Ce que je dis est affreux mais dans l'inconscient collectif, c'est ce qui se passe. On fait des enfants quand on peut les élever dignement. C'est clair.

28:37
Présentateur

Jean-Laurent Cassidy, d'ailleurs, en termes d'immobilier, est-ce que les Français ont toujours les mêmes aspirations ? On disait beaucoup que c'était le pavillon un petit peu au vert. C'est toujours ça ? Est-ce que les aspirations immobilières ont changé ?

28:51
Invité

Alors, on a beaucoup dit que depuis le Covid, l'expérience assez traumatisante des confinements pour les citadins, l'hégémonie de la maison individuelle s'est encore renforcée. En tout cas, dans les discours, moi je l'ai vu, je prends souvent cet exemple des magazines qui faisaient il y a 10 ans le top des métropoles dans lesquelles il fait bon vivre. Il y avait toujours Bordeaux, Nantes, Strasbourg. Maintenant, c'est le top des villes moyennes.

29:13
Présentateur

Parce que c'est devenu trop cher, Bordeaux, Nantes, Strasbourg ? Pas seulement.

29:17
Invité

Alors, je pense qu'il y a deux raisons. Il y a la raison financière. Effectivement, on va vers des marchés de report. Mais je pense aussi que le regard a changé. C'est ce qu'on appelle parfois la France périphérique. Les gilets jaunes sont passés par là. Le Covid est passé par là. On a un regard, je pense, parmi les élites urbaines aussi moins condescendant sur la France des territoires, comme on dit aussi parfois. Et sur ce fameux pavillon qui est assez pluriel. Parce qu'il y a du pavillon de constructeurs, d'entrée de gamme. Il y a des maisons. Aujourd'hui, le pavillon des années 50-60 est racheté.

J'ai fait un reportage dans la région d'Aix-Marseille l'année dernière qui rachète des pavillons dans les premières couronnes des grandes villes. Et en fait, là, vous aviez un couple d'employés dans les années 80. Vous avez un couple de cadres de CSP+. Donc, il y a vraiment cette espèce de ruissellement à l'envers qui fait que chacun pousse la catégorie qui est au-dessous de lui dans la hiérarchie immobilière. Et donc, on a beaucoup parlé de la gentrification des grandes villes.

30:05
Présentateur

Donc, les Français, les plus modestes, sont expulsés de plus en plus loin du cœur.

30:11
Invité

Oui, il y a une correction, vous l'avez dit, notamment sur les maisons dans la grande périphérie francilienne, parce qu'à un moment, il faut s'arrêter, quoi. Le pavillon à 700 000 euros, c'est du délire. Mais on a vu que ces franges urbaines dans lesquelles habitaient plutôt des ménages moyens ou modestes ont été aussi investies par des ménages plus aisés parce que ces communes sont bien connectées, encore une fois, au marché de l'emploi. Et puis que la maison individuelle avec jardin, en fait, ça séduit une grande majorité, en tout cas, des ménages quand ils ont des enfants.

30:41
Bruno Le Maire

71% des ménages. Je viens du salon de Toulouse, une région qui a toujours aimé la maison individuelle. Ce matin, au salon de l'immobilier, on faisait le test sur les deux premiers jours de fréquentation. 71% des visiteurs viennent pour acheter une maison individuelle qui n'est pas le même cadre. qui n'est pas le même cadre.

30:56
Présentateur

Sauf qu'Emmanuel Duteil, l'ancienne ministre du Logement, avait gaffé en disant le rêve de la maison individuelle, il faut oublier parce que maintenant, il faut préserver la nature, il ne faut plus bétonner. C'est la fameuse loi, le ZAN, le zéro artificialisation nette. Et d'ailleurs, hasard de calendrier, on apprend aujourd'hui que Laurent Wauquiez annonce qu'Auvergne-Rhône-Alpes sort du dispositif du zéro artificialisation nette. C'est un peu la version l'écologie, ça commence à bien faire. Moi, j'ai des administrés à loger.

31:30
Invité

C'est un peu ça. Après, il faut... La nouvelle ministre de la biodiversité qui s'appelle Sarah Lairi lui a par ailleurs répondu. Il faut peut-être déjà expliquer ce que c'est le zéro artificialisation nette. C'est qu'aujourd'hui, vous n'avez plus le droit de construire des logements, de construire des usines sur des zones qui n'avaient pas été jusque-là déjà constructibles. Donc, effectivement, ça pose un gros problème. Typiquement, on n'avait pas eu l'usine Intel qui était l'un des plus gros projets industriels en Europe parce qu'on n'a pas été capable de leur proposer un terrain suffisamment grand. Et pourquoi on n'avait pas ce terrain suffisamment grand ?

Parce qu'on aurait artificialisé une zone énorme. Et en plus, c'est au niveau...

32:05
Présentateur

Ça s'impose aux ménages et aux entreprises.

32:06
Invité

Ça s'impose à tout le monde. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, c'est vrai que c'est un vrai problème pour construire. Après, attention, c'est-à-dire que est-ce que l'idée est louable de cette réforme ? Sûrement. C'est-à-dire qu'on a trop artificialisé les sols. On a un vrai problème de pollution des sols en France. Donc, c'est intelligent d'avoir travaillé là-dessus. Bon. La rumeur voulait qu'ils attendaient les élections sénatoriales pour laisser passer et peut-être revoir un petit peu ça.

Notamment, il y a une rumeur qui laisse entendre que tout ce qui serait très écologique, donc des logements, par exemple, éco-responsables ou des usines totalement éco-responsables, pourraient sortir du zéro artificialisation net. Après, il y a plein de moyens de le contourner. C'est-à-dire qu'on a encore aujourd'hui en France beaucoup de friches industrielles. Des terrains industriels à l'abandon. Il n'y a pas de surprise. Pourquoi on construit en ce moment les gigafactory pour les batteries à Dunkerque ? C'est parce que là-bas, il y a du terrain. Vous avez du terrain dans le port de Dunkerque, vous avez du terrain autour. Moi, j'étais la semaine dernière à Dunkerque.

C'est impressionnant ce qui est en train de se passer. Et je trouve que c'est un bon laboratoire de ce qui va devoir être le logement de demain. C'est la ville du ministre, en outre. C'est la ville du ministre 7000 habitants aujourd'hui. Mais ils viennent de gagner l'usine de Vercors, qui va être une des plus gros gigafactory de batteries. Puis un bout de l'usine Prologium. Vous imaginez, dans une petite ville de 7000 habitants, ils doivent donc construire à tout va des logements. Mais les logements, il faut qu'ils les imaginent pour se muter.

Parce que typiquement, ceux qui vont venir construire les usines, principalement des gens qui vont venir seuls construire l'usine, mais ceux qui vont travailler dans l'usine demain, ils seront sûrement en famille parce que là, c'est des gens qui vont venir. Donc, il faut préparer ces logements. Donc, sûrement de la colocation pour ceux qui vont venir construire l'usine. Et puis, pour ceux qui, après, travailleront dans cette usine pour la faire tourner et pour construire les batteries, ce sera des familles. Le maire a un défi, du coup, gigantesque face à lui. Parce que là, on parle du logement. Mais derrière, vous devez créer...

À chaque fois que vous créez des logements, il y a des strates de normes. Donc, vous devez créer une école en fonction d'un certain nombre de logements. Vous devez avoir des centres sociaux. Et tout ça, aujourd'hui, est compliqué. Mais si on regarde le verre à moitié plein, on va réaménager la carte grâce aussi à tous ces nouveaux projets. Je vous encourage à aller faire un petit tour à Bourgbourg.

34:15
Présentateur

Henri Buzi-Cazzo, quand même, le fait que Bruno Le Maire, cette semaine, d'ailleurs, il s'est fait rattraper par la patrouille, mais lui aussi a eu sa version de l'écologie, ça commence à bien faire, il faut que les Français puissent se loger. C'est le signe de quoi, quand même ? Que le politique dit on ne peut pas ne rien faire face à cette bombe sociale qu'est l'immobilier qui est en train d'exploser. Le logement, premier poste de dépense des ménages et avoir un toit, c'est la base de la dignité, sinon on est un SDF.

34:40
Bruno Le Maire

L'équation est difficile, elle n'est pas impossible. Le zéro artificialisation nette, oui, est une chose nécessaire. Il faut rappeler les échéances, c'est 2050 pour cesser toute artificialisation, ça c'est la loi du 24 août 2021, c'est pas demain, c'est 2050. Les mers, effectivement, se sont tétanisés, ont anticipé, et donc aujourd'hui, disent non, on ne construit plus. au point qu'il a fallu une loi d'août 2023 pour assouplir déjà le ZAN et pour dire, tiens, si vous faites un projet mais qu'il y a des espaces verts, eh bien, il y a un mécanisme de compensation, on va calculer différemment. Et puis, il faut densifier. Là, il y a un vrai sujet.

Même les maisons individuelles, aujourd'hui, sont plus denses, c'est-à-dire, on fait des maisons mitoyennes, des maisons à étage, avec des terrains dont la superficie a été divisée par 10 en 15 ans. Il faut accepter des immeubles qui vont être plus hauts d'un étage ou deux. Et l'opinion elle-même se heurte au maire lorsqu'il dit on va densifier. Ce qu'on ne va pas étaler, il va bien falloir, pour loger les ménages, le faire en hauteur. Voilà, il ne faut pas être un grand architecte pour imaginer ça. C'est le retour des tours. Le ZAN, on ne va pas aller jusqu'aux tours, des immeubles un peu plus hauts, voire des surélévations d'immeubles existants.

Et puis, il y a effectivement des terrains, aujourd'hui, déjà imperméabilisés, des parkings inutilisés d'hypermarchés, des friches industrielles. On est amené à être plus imaginatif, mais il faut en passer par là. Et quand Laurent Wauquiez dit on va s'en dispenser, d'abord, il faut lui rappeler que c'est une loi de la République, donc il ne va pas pouvoir s'en dispenser. Et il vaut mieux mettre de l'innovation, aider les promoteurs, aider les maires à faire parce qu'on devra en arriver là. Et l'échéance 2050, ce n'est pas 2024. On peut quand même faire oeuvre d'imagination et arriver à construire.

36:23
Présentateur

Jean-Laurent Cassédi, j'ai parlé de la dignité et l'absence de dignité de ne pas avoir un logement. Alors on peut évidemment se retrouver SDF et garder toute sa dignité. Mais néanmoins, est-ce qu'il y a le sentiment de ne pas avoir accès à la propriété ? Est-ce que ça nourrit un sentiment de déclassement qui est insupportable ? Cette difficulté, on a un emploi, on est deux, on a un revenu et ne pas avoir accès au logement qu'on espérait, c'est terrible à subir.

36:50
Invité

J'en suis certain, ça crée de la frustration et toute une génération apprend à gérer sa frustration immobilière puisqu'on est arrivé à une sorte de plafond de verre de la gentrification. Donc c'est terminé. Pourquoi ça va baisser dans les grandes villes ? Parce que plus personne ne peut acheter. Donc c'est vrai qu'encore une fois je reviens sur l'axe générationnel dans différentes catégories sociales. La frustration se manifeste de manière différente.

J'ai discuté l'année dernière avec un financier qui me disait dans mon équipe il n'y a que des jeunes qui démarrent avec des salaires très supérieurs à la moyenne à 25-28 ans et qui votent tous Mélenchon parce qu'ils ne peuvent rien se payer dans Paris. Ils peuvent se payer un deux pièces au bout d'une ligne de métro qui n'est pas la mieux fréquentée.

Donc vous imaginez si pour un jeune cadre qui est plutôt hyper privilégié c'est compliqué commencer pour le couple modeste alors certes qu'il n'habite pas dans des métropoles aussi tendues mais on le voit sur le vote la traduction politique chez les diplômés en déclassement c'est plutôt le vote de gauche et puis de gauche radicale et puis chez toute une partie des ménages du grand Péry-Robin c'est plutôt un vote RN ou une abstention parce que enfin ce que je veux dire c'est qu'il va y avoir une politisation de cette frustration c'est rien d'effet

38:02
Présentateur

Les politiques s'en emparent assez peu finalement de ce sujet Très peu c'était pas un sujet pendant la présidentielle et central dans le quotidien des français

38:08
Invité

C'était pas un sujet pendant la présidentielle et là vous l'avez dit en fait c'est arrivé à l'agenda très très rapidement et probablement j'espère que ça a pu nous quitter mais c'est vrai que pendant longtemps les principaux partis politiques de la majorité et ces deux oppositions ont fait comme si c'était pas un sujet primordial pour leurs électeurs Emmanuel Duteil Après ce qui va être aussi très intéressant quand on parlait de l'emploi c'est qu'on sait qu'aujourd'hui l'un des principaux freins à la mobilité c'est d'avoir son logement à un endroit précis vous savez là on parle de zones dans lesquelles les prix ont fortement augmenté mais il ne faut pas oublier qu'il y a en France un truc qui s'appelle la diagonale du vide où là bien souvent votre emprunt immobilier il vaut plus cher que le prix de votre maison et c'est une des grandes raisons du problème de mobilité quand on dit aux gens et qu'on regarde un tableau Excel ah bon sang il y a plein de travail ici il y a plein de postes et puis là-bas il y a plein de chômeurs ils ont qu'à venir franchement c'est pas simple c'est-à-dire quand vous êtes dans cette diagonale du vide que votre maison vaut donc moins cher que votre prêt immobilier que vous avez un petit peu de soutien familial grâce aux grands-parents pour vous aider à garder les enfants et qu'on vous dit va travailler à la Roche-sur-Yon c'est très joli la Roche-sur-Yon il y a énormément d'emplois mais vous n'avez plus le soutien familial et l'immobilier là-bas est hors de plus abondi et c'est ça aussi qui est quand même difficile dans cette question du logement et dans le fait qu'aujourd'hui on a une France qui est un peu bloquée par une carte je crois que c'est vous qui disiez ça par un aménagement du territoire qui a été aujourd'hui mal fait on a mal imaginé les futures zones finalement presque avant de construire une usine il faudrait construire du logement parce que si on veut donner envie aux gens de venir travailler il faut effectivement qu'ils puissent se loger à des tarifs corrects dans un bien correct alors vous parliez de la mobilité

39:46
Présentateur

comment l'immobilier peut freiner la mobilité professionnelle et bien le problème de logement touche un secteur en particulier celui des saisonniers je vous propose ce reportage à Nice c'est l'une des villes les plus chères de France après Paris où les saisonniers ont des difficultés chaque année pour trouver un hébergement temporaire avec des salaires pas toujours très élevés Aubry Perrault Emmanuel Bach et Benoît Thébault Appeler des renforts tout en continuant à faire le café

40:15
Locuteur non identifié

Oua Soussane je vous réveille

40:16
Présentateur

Ce matin-là ce gérant de bar-restaurant tente de convaincre l'un de ses employés de venir plus tôt que prévu

40:23
Locuteur non identifié

Vous pouvez venir à midi ou pas ? Ça marche ? Merci Soussane Voilà vous avez fait une belle paye comme ça ce mois-ci

40:29
Invité

Car 3 minutes avant l'ouverture la serveuse programmée ne s'est pas présentée

40:34
Présentateur

C'est un casse-fait permanent ?

40:37
Locuteur non identifié

Oui tout le temps Tous les jours en fait il ne se passe pas une journée sans qu'il n'y ait pas un souci personnel ou autre entre guillemets

40:45
Présentateur

Tom Vendeur doit donc mettre la main à la pâte

40:49
Locuteur non identifié

Madame, Monsieur, bonjour

40:50
Présentateur

Car recruter du personnel devient de plus en plus compliqué

40:54
Locuteur non identifié

Un croissant un pain au chocolat quelque chose Pour vous donner un exemple mon chef hier est en repos il est venu pour faire passer trois entretiens sur la journée il est venu pour rien parce que les trois personnes ne sont pas présentées Il y a cette conscience professionnelle où on ne se rend pas compte qu'il y a une équipe derrière C'est comme une équipe de foot une équipe de rugby une équipe c'est dès qu'il manque un maillon de la chaîne c'est tout le monde qui prend en conséquence

41:12
Invité

Dans ce secteur très passant

41:15
Locuteur non identifié

On va dire que c'est la rue l'axe principal parce qu'on a l'accès à la plage qui se fait juste derrière

41:20
Présentateur

Tom Vendeur a même dû se résoudre cet été lorsque la saison battait son plein à fermer l'après-midi

41:26
Invité

Une solution plutôt radicale choisie par plusieurs restaurateurs ici Car Agnes est dans sa région

41:33
Présentateur

chaque année les saisonniers manquent à l'appel Des saisonniers qui peinent à se loger dans l'un des secteurs les plus chers de France

41:40
Locuteur non identifié

Donc là on est dans ma chambre et juste ici on a la chambre de mes deux colloques qui sont autrichiennes Début juin Anna Pourchet a découvert non sans surprise

41:53
Présentateur

sa nouvelle maison sur la côte d'Azur

41:55
Locuteur non identifié

L'avantage c'est vraiment la vue parce qu'on a vraiment une lumière

41:58
Présentateur

L'hôtel pour qui elle travaille règle le loyer Sans ça cette gouvernante de 20 ans aurait-elle pu accepter un poste avec un salaire de 1800 euros

42:08
Locuteur non identifié

Honnêtement non c'est sûr que le logement c'est très important parce qu'on a peu de temps entre nos deux saisons et c'est pour ça que c'est important d'avoir un logement et c'est sûr qu'avec des salaires entre 1000 et 2000 euros c'est compliqué de pouvoir se loger sachant que l'été la plupart du temps on est un peu tous sur la côte d'Azur et l'hiver plus à la montagne vers Courchevel tout ça donc c'est compliqué au niveau des salaires

42:35
Présentateur

Comme elle

42:36
Locuteur non identifié

Service bonjour

42:38
Présentateur

8 parties des saisonniers de cet hôtel sont logés gratuitement Leur employeur débourse pour cela à 300 000 euros par an car dans cet hôtel prestigieux il faut assurer un service haut de gamme 24 heures sur 24

42:50
Bruno Le Maire

Il y a à peu près 8000 mètres carrés de surface intérieure et un hectare et demi de jardin avec des jardiniers non ça s'arrête jamais

42:59
Présentateur

Mais selon Bruno Mercadal à la tête de l'établissement depuis 2002

43:04
Invité

Comment ça s'est passé Amélie ?

43:07
Présentateur

Les temps ont changé et notamment depuis le Covid

43:10
Bruno Le Maire

C'est un métier qui demande beaucoup de dons de soi et aujourd'hui même s'il y a de la passion malgré la passion

43:20
Locuteur non identifié

je crois que tout le monde aspire à une vie de famille tout le monde aspire à une vie normale

43:24
Présentateur

L'année dernière 65 000 postes de saisonniers n'ont pas été pourvus Une situation telle que le gouvernement a lancé fin mai un plan pour sauver cet emploi temporaire mais nécessaire Parmi les mesures principales l'hébergement en réservant notamment des logements sociaux dans les zones les plus touristiques Jean-Laurent Casselli est-ce que cette flambée des prix de l'immobilier est en train de ghettoiser la population on a des ghettos de riches au point qu'on a presque l'impression à Nice que ça devient problématique parce que ces ghettos il n'y a plus de français moyens pour les servir pour assurer le service de ces ghettos

44:03
Invité

Oui c'est l'effet pervers de la ruée vers la mer il y a un petit parti qui lutte sur ces sujets en Bretagne et qui avait fait un tweet très drôle en expliquant que la Bretagne ne pouvait pas accueillir toute la richesse du monde Voilà donc il y a effectivement cette attractivité non seulement des métropoles on l'a dit mais de plus en plus de ce qui était une génération avant des communes de résidence secondaire cette attractivité à l'année elle a évidemment des impacts sociaux puisque sur toute cette bande littorale c'est la même question d'ailleurs dans les stations de ski les saisonniers vous l'avez dit qui sont nécessaires pour faire tourner l'économie touristique et puis pour faire tourner aussi les maisons des télétravailleurs voilà des actifs qui s'installent des retraités ces gens ont besoin aussi de se loger dans le parc dans le parc privé la fondation Abbé Pierre a fait dans son rapport 2023 toute une étude très intéressante sur où peuvent se loger des couples au SMIC une mère célibataire aux minima sociaux un couple de retraités modeste et ils ont pris plusieurs communes types alors les grandes villes mais aussi la première couronne de banlieue à Strasbourg à Nantes ou à Marseille ils ont aussi pris des petites villes comme Tarbes Aubervilliers bon enfin résultat des courses quand vous regardez leur tableau il y a à peu près qu'à Tarbes que voilà les ménages modèles peuvent se loger et encore et encore

45:20
Présentateur

ça veut dire qu'il n'y a plus de mixité dans les écoles l'immobilier a territorialisé selon les revenus les français vous avez raison

45:27
Invité

c'est une vraie question d'ailleurs on le voit dans les grandes villes puisque de plus en plus les écoles sélectives en fait recrutent des jeunes des étudiants qui sont de plus en plus homogènes socialement tout simplement parce que les parents ne peuvent plus les emmener monter en fait à la capitale ou à Lyon pour poursuivre leurs études Henri Buzikazon

45:45
Présentateur

alors vous qui êtes du Pays Basque cette expression on pourrait la reprendre à Biarritz Biarritz ne peut pas accueillir toute la richesse du monde les habitants finalement sont à deux doigts de la révolte contre ces riches

45:58
Bruno Le Maire

alors pour ne pas parler que du Pays Basque mais qui sans doute est l'un des pays les plus malades de cela

46:03
Présentateur

est-ce qu'il y a des manifestations là-bas

46:04
Bruno Le Maire

contre ça oui voilà quand on parle de bombe sociale on dit mais les gens ne descendent pas dans la rue si il n'y a pas de semaine en Pays Basque mais aussi en Bretagne il y a des mouvements qui se constituent des petits partis des manifestations pacifiques ou pas pacifiques ou pas tellement c'est douloureux en fait ce sont des territoires qui cumulent deux problèmes les problèmes qu'on a décrits qui valent pour toute la France et puis leur attractivité elles sont victimes de leur attractivité ces communes avec les locations meublées de courte durée notamment on en parle et le gouvernement va prendre des mesures le parlement va l'y aider va l'y inciter pour limiter ces airbnb qui stérilisent des logements de plus longue durée et deuxièmement les résidences secondaires un décret vient de paraître au mois d'août qui permet à 2500 communes de plus ça vient s'ajouter à 1200 ces communes là peuvent majorer la taxe d'habitation sur les résidences secondaires puisqu'elles continuent à exister pour éviter ces logements les faits venides et qu'on a effectivement dans toutes ces villes très attractives sur tout notre littoral on a un pays très attractif mais aussi dans les zones de montagne et non seulement les saisonniers ne peuvent pas s'y loger mais les personnes effectivement qui tout simplement sont nécessaires à la vie locale c'est une infirmière libérale c'est un artisan qui vont se loger à une heure une heure et quart de leur travail

47:28
Présentateur

parce qu'elle est belle Louis en Vendée l'habitat la voiture l'alimentation sont plombée par l'inflation la guerre le climat même avec deux salaires qui peut s'en sortir

47:36
Invité

alors on a vraiment cette question qui est une vraie bombe sociale c'est qu'en effet on a finalement des inégalités qui s'accroissent notamment quand on a enlevé ce poids du logement et c'est un peu ça qui s'est fait au cours du temps c'est qu'avant il n'y avait pas d'écart entre les catégories de population les plus modestes et les plus riches sur le poids du logement en 1980 et aujourd'hui il y a 10 points d'écart donc c'est les plus modestes qui ont ce poids du logement qui est beaucoup plus important ils peuvent mettre jusqu'à la moitié de ce qu'ils gagnent pour se loger tout à fait donc quand j'enlève ces dépenses contraintes j'ai des inégalités qui s'accroissent et elles se sont accrues avec le Covid puisque le poids du logement augmente donc c'est très compliqué en effet et on sent bien qu'il y a un sujet de contrainte on le voit dans toutes les enquêtes c'est plus 10 points 20 points en un an sur les gens qui se restreignent sur les gens qui n'arrivent pas à boucler le poids du budget c'est 60% des français qui disent qu'ils ont des difficultés sur le logement pour payer le logement donc oui il y a des difficultés qui sont latentes et c'est vrai que ce qui se passe c'est que ça touche des catégories de population qui jusqu'à présent n'avaient pas de difficultés notamment sur l'aide alimentaire il y a des gens qui n'y vont pas parce que c'était c'est quelque chose qui c'était pas pour eux c'était pas pour eux donc le logement c'est la même chose aller chercher du logement social alors qu'on n'en a jamais dans la famille on n'a jamais été vers ça

48:49
Locuteur non identifié

c'est d'où

48:50
Invité

le sentiment de déclassement donc il y a une vraie question qui fait qu'en effet il y a des émeutes et on sent bien qu'il y a des tensions qui sont latentes dans le pays

48:58
Présentateur

allez la crise immobilière sévit ailleurs en Europe alors elle sévit en Chine aux Etats-Unis où l'accès à la propriété devient très difficile pour des millions d'Américains également et donc là-bas aussi ces Américains se rabattent sur la location qui devient où les prix explosent Constance Meyer Ilana Azinko

49:14
Locuteur non identifié

Aux Etats-Unis il n'y a pas que

49:19
Présentateur

les gratte-ciels qui atteignent des sommets les taux d'intérêt s'envolent et font la une des médias

49:24
Invité

les taux d'intérêt dans l'immobilier

49:27
Présentateur

continuent d'augmenter et atteignent 7,31%

49:30
Invité

c'est un bon important pour les taux d'emprunt qui sont à leur plus haut niveau

49:34
Locuteur non identifié

depuis deux décennies

49:35
Présentateur

des taux historiquement élevés à cause d'une politique de la Fed en un an et demi la Banque centrale des Etats-Unis a relevé ses taux directeurs onze fois et assume le choix de la rigueur pour combattre l'inflation 2% et restera notre objectif d'inflation nous sommes déterminés à adopter et à maintenir une politique monétaire suffisamment restrictive pour ramener l'inflation à ce niveau au fil du temps

50:00
Invité

le revers de cette politique

50:04
Locuteur non identifié

c'est un marché de l'immobilier figé les ventes de maisons ont reculé de 22% ces sept derniers mois la hausse des coûts du crédit bloque des millions d'Américains pour acheter et vendre leurs biens à l'image de cette retraitée les récentes augmentations des taux ont fait que nous avons changé nos plans on espérait faire construire une maison avec 3 chambres on en fera que 2 pour réduire la taille de la maison à cause des coûts

50:30
Présentateur

liés à la construction un marché de l'immobilier grippé et des loyers

50:36
Locuteur non identifié

qui explosent à New York réputée pour être la ville qui ne dort jamais il est de plus en plus difficile de trouver un toit les petits appartements se louent en moyenne à 5600 dollars c'est 9% de plus en un an pour répondre à la crise le maire de New York a décidé de s'en prendre à Airbnb et d'interdire les locations inférieures à un mois 10 000 logements devraient ainsi revenir sur le marché c'est déjà assez difficile de trouver un endroit où vivre pour nous New York et donc cette loi c'est une bonne chose c'est certain je pense que c'est

51:10
Invité

probablement nécessaire vous savez les logements sont totalement inabordables à New York mais je pense pas que la solution consiste uniquement à augmenter le nombre de logements

51:18
Locuteur non identifié

à travers les Etats-Unis des milliers d'Américains n'ont plus les moyens de se loger malgré leur emploi et finissent par dormir dans leur voiture ce couple et leurs deux enfants vivent sur ce parking depuis 9 mois c'est très dur pour mon fils Daniel il m'a dit je déteste cette vie et je te déteste les enfants nous demandent tous les jours quand est-ce qu'on va avoir une maison et on répond qu'on ne sait pas mais qu'on essaie de faire de notre mieux

51:51
Invité

de l'autre côté

51:53
Locuteur non identifié

de l'océan Pacifique la Chine est elle aussi traversée par une crise sans précédent provoquée par la chute d'un mania de l'immobilier le promoteur Chu Jiayin dirigeant d'Evergrande celui qui était l'un des hommes les plus riches de Chine est désormais l'homme le plus endetté au monde avec 322 milliards d'euros de dettes arrêté il y a deux semaines il est désormais placé en résidence surveillée

52:17
Présentateur

l'entreprise a fait l'objet d'une notification des services compétents selon laquelle monsieur Chu Jiayin fait l'objet de mesures coercitives en raison de soupçons de crimes ou délits en infraction à la loi

52:28
Locuteur non identifié

écrasé par ses dettes le géant Evergrande est contraint de mettre un genou à terre comme d'autres promoteurs immobiliers à travers la Chine des centaines de villes fantômes illustrent ces faillites cette auto-entrepreneuse a acheté un appartement sur plan qui devrait déjà être terminé depuis plusieurs années mais l'immeuble

52:47
Présentateur

est toujours ouvert

52:48
Locuteur non identifié

c'est la résidence du bonheur c'est son nom on a mis toutes nos économies pour acheter ici mais peu de temps après la signature le chantier a été arrêté j'ai un prêt de 10 ans tout doit être payé à la fin de cette année et je n'ai toujours pas d'appartement une situation pour laquelle les victimes ne disposent d'aucun recours comme elle 45% des nouveaux acheteurs n'auraient pas reçu les clés de leur appartement à cause de faillites de promoteurs en Chine

53:19
Présentateur

Jean-Laurent Casselli on a vu dans le reportage aux Etats-Unis cette famille qui vit contrainte de vivre dans sa voiture question de Yacine en Ile-et-Vilaine le nombre de SDF a-t-il augmenté en France ces dernières années de la même façon

53:30
Invité

ce qui est sûr c'est que les SDF sont la part la plus extrême la plus visible de cette crise du logement mais au-delà de cette catégorie de population qui est particulièrement visible notamment dans les villes leur visibilité a été accrue je ne sais pas si le nombre a vraiment augmenté tant que ça mais leur visibilité est accrue un peu comme aux Etats-Unis où le homeless est devenu une figure du paysage

53:54
Présentateur

il n'y a plus de classe moyenne dans la ville il y a cette question

53:57
Invité

dans les grandes villes américaines qu'on a vu dans le reportage à New York ou à San Francisco vous avez à la fois une grande attractivité du fait du tourisme du fait que tout le monde a envie d'habiter à New York du fait qu'à San Francisco dans ces grandes métropoles vous avez toutes les grandes entreprises du numérique vous avez le siège de Facebook de Google et on a beaucoup reproché à ces salariés avec des très bons salaires d'avoir justement fait exploser les prix et donc vous avez des villes un peu dual avec si je caricature voilà un gars qui travaille chez Google à 300 000 dollars par an et en blesse il est enjambé pour aller travailler et en blesse il y a un point quand même important sur le marché américain et nous on est quand même très protégés en France ce qui se passe là c'est parce qu'ils ont des prêts à taux variable c'est-à-dire que même des gens et il y a des gens qui avaient acheté quand les taux étaient très très faibles et n'avaient pas pensé puisque personne ne pensait malgré tout que ça irait aussi vite dans la remontée des taux et donc beaucoup des gens notamment la dame qui dit je passe de 3 à 2 chambres ou de gens qui ne trouvent pas à se loger aux Etats-Unis c'est des prêts à taux variable en France certes les taux sont aujourd'hui élevés puisque mais quand on a emprunté on a emprunté à taux fixe c'est-à-dire que ceux qui ont eu la chance d'emprunter à 1% et il y en a ces dernières années ça reste à 1% et même aujourd'hui ça a beaucoup augmenté mais aujourd'hui si vous avez un bon dossier sur 20 ans vous empruntez à 4 4,2 environ en ce moment donc rien à voir ce sont deux pays qui ont laissé faire le marché bien sûr et par ailleurs ce qu'on voyait sur la Chine il se passe exactement ce qui s'est passé en Espagne c'est-à-dire que l'Espagne il y a 10 ans était persuadée qu'elle allait avoir sa croissance en créant du logement et tout à l'heure on disait qu'en France on n'a pas assez de logements et ces pays en ont beaucoup trop créé

55:29
Présentateur

c'est là où c'est compliqué l'immobilier c'est qu'il faut taper juste parce que là ils ont construit n'importe où en Chine

55:33
Invité

donc des villes fantômes ils ont construit n'importe où à des endroits les gens ne vont pas s'installer en ne respectant pas les normes et surtout en ne respectant pas Evergrande le promoteur qui est cité qui était l'un des plus grands promoteurs au monde ils ont fait n'importe quoi de la cavalerie exactement allez tout de suite on revient à vos questions

55:49
Présentateur

alors Roger dans les Ardennes Henri Buzicazo si on déménageait un grand nombre d'activités dans la diagonale du vide est-ce que cela aurait un impact positif sur le logement et d'ailleurs est-ce que certaines villes qui étaient à l'abandon redeviennent attractives il y a des reportages sur Rouen qui récupère des habitants après en avoir perdu

56:12
Bruno Le Maire

pendant des décennies non mais c'est très clair c'est la question de l'aménagement du territoire équilibré et encore aujourd'hui dans le budget qui va être voté dans les trois mois qui viennent il y a des erreurs à cet égard le prêt à taux zéro c'est un produit que les ménages connaissent bien et bien dans la nouvelle version qui a été écrite par le gouvernement on le concentre sur les zones les plus concentrées on refait la même erreur notamment pour bannir la maison individuelle c'est une erreur on ne favorise pas non plus la création de logements locatifs dans ces villes moyennes ou dans ces territoires ruraux c'est tout à fait vrai une seule illustration le dernier ministre du logement qui a eu l'aménagement du territoire qui a eu une volonté dans son titre s'appelle Pierre Mérignery 1988 ça fait donc non mais c'est important de le dire on n'aménage plus le territoire depuis 88 j'étais son conseiller à l'époque alors je le dis avec affection mais ça veut dire que depuis cette période là on ne considère pas que l'aménagement du territoire est une priorité et c'est évidemment l'erreur majeur

57:07
Présentateur

Serena dans les Alpes de Haute-Provence Emmanuel Duteil vous nous parliez tout à l'heure de votre exemple de ville à côté de Dunkerque les nouveaux logements de type tiny house et maison écologique ont-ils le vent en poupe ?

57:20
Invité

Non c'est complètement epsilonesque en tout cas pour les tiny house pour ceux qui ne sauraient pas c'est vraiment les toutes toutes petites maisons apportées des Etats-Unis et du Canada là on est vraiment dans l'épaisseur du trait il y a un mini marché mais pour très très peu de gens après les maisons très écologiques tout le monde le souhaite je pense en tout cas beaucoup de gens sauf que ça coûte beaucoup plus cher ce qu'on peut dire en revanche c'est qu'aujourd'hui toutes les normes obligent à avoir des maisons plus écologiques puisqu'on doit avoir un peu plus de bois par exemple aujourd'hui dans la construction ils réfléchissent aussi à améliorer des dispositifs par exemple des stores qui permettent aujourd'hui de garder la chaleur ou de faire en sorte qu'ils ne fassent pas trop chaud l'été ça pourrait entrer peut-être dans MaPrimeRénov' en tout cas c'est en discussion en ce moment bon ça tombe bien on a un très gros groupe en la matière un SOMFIC que vous devez connaître bon voilà on travaille là-dessus mais là on est sur des micro-marchés les gens je crois qu'on le dit assez bien depuis le début de cette émission ils veulent se loger avant tout dans un truc à peu près correct

58:12
Présentateur

les particuliers peuvent-ils faire eux-mêmes les travaux d'isolation Henri-Buzi-Cazzo c'est très compliqué ces travaux

58:18
Bruno Le Maire

c'est très complexe quand on disait tout à l'heure qu'on manquait d'entreprises compétentes pour mener à bien ces travaux qui doivent obtenir des résultats aujourd'hui on est amené à mesurer les résultats vous allez dépenser 15 000 euros est-ce qu'effectivement vous allez faire baisser votre facture énergétique

58:32
Présentateur

on peut faire des travaux et garder la même lettre F ou G

58:36
Bruno Le Maire

c'est très complexe ce n'est pas pour rien qu'il y a une certification reconnue garant de l'environnement RGE pour les entreprises alors ceux qui réellement sont doués peuvent s'y risquer mais très sérieusement il y a une grande complexité alors justement

58:47
Présentateur

qui est habilité pour faire les diagnostics de performance énergétique les DPE est-ce que ça s'achète sous le manteau tiens vous voulez pas je vous donne une petite enveloppe et vous me mettez la lettre A là celle qui va bien

58:58
Bruno Le Maire

ah mais il faut être très clair il y a aujourd'hui le risque que se développent ces pratiques tellement l'enjeu de ne pas sortir son logement de la location est important pèse effectivement sur les diagnostiqueurs cette menace là c'est une question d'éthique il y a des questions de formation profitez-en pour en parler de la filière des diagnostiqueurs de structuration elle doit gagner en sérieux en compétences c'est compliqué de mesurer j'imagine la performance énergétique de votre management alors c'est compliqué il y a des logiciels qui eux sont fabriqués par l'état c'est une chose mais il faut savoir les utiliser et puis il y a la question du prix des prestations on est aujourd'hui dans une situation de dumping qui est préjudiciable un diagnostic de performance énergétique qui va être facturé on voit des excès 50 ou 80 euros et bien sérieusement est-ce que c'est suffisant non parce qu'il faut passer du temps il va falloir faire venir des informations pour savoir quels travaux ont été faits éventuellement faire des sondages techniquement on sait aussi faire des sondages sans dégrader évidemment le bien c'est un travail extrêmement fin cette filière là est très récente et elle doit gagner en compétences elle est en train d'ailleurs de s'en saisir avec des cycles de formation qui vont se créer

1:00:06
Présentateur

alors Nathalie à Paris que vont devenir les locataires des logements G en 2025 comment vont-ils se reloger alors ils vont quand même pas être expulsés

1:00:14
Bruno Le Maire

non ? il y a le risque d'un marché gris il faut être clair qu'il ne respectera pas la loi on est en remarche oui d'accord

1:00:21
Invité

et puis logiquement on doit faire en sorte que ces logements ne soient plus G et s'il le reste bien sûr s'il le reste

1:00:26
Présentateur

les ventes de résidences secondaires sont-ils en hausse ou en baisse

1:00:30
Invité

c'est plus 1,2% par an oui ça augmente c'est plus 1,2% par an donc ça augmente plus vite que le reste c'est le signe de quoi ça ? qu'il y a de l'argent ?

oui c'est ça et puis c'est une conséquence du Covid et c'est aussi le fait qu'il y ait un vieillissement de la population c'est les gens les plus âgés qui quand ils ont fini leur carrière vont continuer à posséder et ils prennent deux logements et ils ont les moyens de le faire et il y a quand même des différences aussi générationnelles sur le patrimoine et donc ça crée en effet des tensions dans certaines régions on l'a dit sur tout le pourtour au bord de la mer mais par contre il y a quand même un paradoxe c'est que dans le centre de la France c'est pas parce qu'il y a beaucoup de résidences secondaires que les prix sont plus élevés parce que c'est un peu l'inverse c'est-à-dire que le fait qu'il y ait des résidences secondaires notamment en creuse où le prix du mètre carré est très faible ça crée un peu d'activité donc les résidences secondaires on peut les critiquer mais pas dans des zones où finalement ça amène du monde alors il y a aussi des étrangers quand même même si les anglais sont un peu partis il y a des investisseurs qui viennent avec des résidences secondaires mais qui viennent d'autres pays

1:01:35
Présentateur

c'est 10% 10% du parc des logements les résidences secondaires

1:01:39
Invité

donc ça augmente

1:01:40
Présentateur

quelles conséquences à la pénurie de construction de logements dans le neuf Emmanuel Dutay alors on sait

1:01:48
Invité

que le secteur du bâtiment va connaître des périodes extrêmement compliquées donc je pense qu'il faut s'attendre sûrement à des vagues de licenciements dans les 200 à 300 000 emplombes peut-être pas cette année mais au cours de l'année prochaine ça devrait commencer il y a déjà eu

1:02:02
Présentateur

la faillite retentissante de la maison mère des maisons phénix

1:02:06
Invité

Géoxia exactement

1:02:07
Présentateur

ces fameuses maisons des années 80

1:02:09
Invité

mais qui est très symbolique justement du moment que l'on vit aujourd'hui parce que c'était un dossier qui réunissait beaucoup de difficultés des maisons qui étaient moins adaptées à ce qu'on vit aujourd'hui parce que quelque chose de très standardisé une image de marque pas exceptionnelle il y avait eu beaucoup de problèmes financiers avant la crise le Covid les a laminés après les hausses ils avaient passé beaucoup de contrats avant le Covid l'inflation est arrivée quasiment tout ce qui allait se passer ils allaient le vendre à perte donc ça a été très compliqué c'était un dossier dommage parce que pourtant très bien géré

1:02:39
Présentateur

parce que l'inflation fait que le coût des matériaux a explosé mais ils avaient déjà prévendu et donc ils fabriquaient à perte si le 9 chute c'est parce que les jeunes ménages n'ont plus accès au crédit et donc ils ne peuvent plus acheter ils ne peuvent plus réaliser leur rêve

1:02:52
Invité

avec des taux d'intérêt à 5% aujourd'hui ce n'est pas possible pour une bonne partie de ce qu'on appelle les primo-accédants

1:02:58
Bruno Le Maire

de pouvoir accéder à ce marché une conséquence aussi c'est la baisse des rentrées fiscales bien sûr c'est moins 5 milliards de TVA cette année

1:03:05
Présentateur

les fameux frais de notaire qui vont dans la poche des notaires

1:03:07
Bruno Le Maire

moins 5 milliards dans la poche des collectivités locales des départements on va avoir moins 5 milliards aussi donc il faut s'attendre à du moins 10 milliards de rentrées fiscales à cause de la baisse des ventes et de la construction

1:03:18
Présentateur

quel rôle a joué Airbnb dans la crise de l'immobilier et dite dans les Alpes de Haute-Provence

1:03:22
Bruno Le Maire

un rôle non nul aujourd'hui on ne peut pas s'empêcher de dire qu'effectivement il faut mettre des barrières pour qu'il n'y ait pas une stérilisation du parc des logements à des fins très lucratives il y a un risque

1:03:34
Présentateur

de Disneylandisation de certains quartiers

1:03:36
Bruno Le Maire

à Paris d'ailleurs on l'a à Paris et là les Jeux Olympiques évidemment favoriser cette possibilité de se loger mais elle va favoriser aussi des excès et il faut contenir ces excès c'est vrai dans toutes les grandes villes et dans toutes les zones attractives voilà

1:03:50
Présentateur

c'est la fin de cette émission merci beaucoup de nous avoir éclairé sur cette crise immobilière une bombe sociale c'était le titre de cette émission vous restez sur France 5 à suivre c'est l'hebdo et on se retrouve lundi pour un nouveau C'est dans l'air avec Caroline Roux bon week-end sur France 5