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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 22 novembre 2024 27 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesAgriculture & alimentationSolidarités & famille

Instant Porcher | Michelin, Auchan, etc : pourquoi la communication de Macron s’effondre

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:08OuverteRéponse directe

    Est-ce que tout ça n'était pas malheureusement prévisible ?

  • 8:48OuverteRéponse directe

    Parlons du laisser-faire de l'État et des aides publiques aux entreprises.

  • 9:58RelanceRéponse directe

    Est-ce que ce n'est pas un peu dans le discours un désaveu de la politique d'Emmanuel Macron ?

  • 12:08RelanceRéponse directe

    Mais là on est juste sur l'augmentation des dividendes.

  • 14:02OuverteRéponse directe

    Si les dirigeants cherchent à savoir maintenant ce qu'ont fait les entreprises de ces aides publiques, est-ce que ça veut dire que les responsables politiques n'en avaient aucune idée jusqu'à maintenant ?

  • 15:31OuverteRéponse directe

    Prisca Thévenot explique que la réindustrialisation du pays ne nécessitait pas de politiques volontaristes. Qu'en penses-tu ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:20PrésentateurChiffre
    « Les salariés de la plateforme chimique Vancorex sont menacés par la suppression de 425 postes sur les 450 actuels. »
  • 3:04PrésentateurChiffre
    « La CGT a montré que 150 000 emplois étaient menacés en France. »
  • 4:59InvitéChiffre
    « Il va y avoir entre 160 000 et 200 000 salariés qui risquent de perdre leur emploi. »
  • 6:12InvitéChiffre
    « Le bénéfice net de Michelin, on est autour de 2 milliards. »
  • 20:57PrésentateurFait
    « Emmanuel Macron avait promis des sortes de prix plancher pour ne pas vendre en dessous du prix de revient. »

Temps de parole

  • Invité66 %
  • Présentateur29 %
  • Présentateur 25 %

0,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Pour ne rater aucune de nos vidéos, n'oubliez pas de vous abonner et d'activer la cloche. On ne peut pas accepter qu'une entreprise qui dégage des bénéfices en milliards puisse fermer des usines. C'est inacceptable. Cette facilité de licencier a été théorisée par des économistes et mise en application par des dirigeants politiques. Arrêtons avec ça. Je sais que c'est le rêve du patronat de payer les salariés au même tarif que l'on paye les Chinois et d'avoir plus d'armes sociales et environnementales. Mais à ce jeu-là, nous allons encore perdre.

0:26
Présentateur

Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de l'Instant Porché avec tous les discours qu'on entend autour de nous. Notre meilleure arme, c'est de les connaître et de les comprendre. Vous êtes plus de 64 000 à avoir signé notre grande pétition pour une répartition plus équitable et plus démocratique des fréquences TNT. Continuez de signer et de partager cette pétition sur tnt.lemediatv.fr. Et sachez qu'on est arrivé sur la plateforme Molotov. Vous pouvez aussi nous regarder là-bas en plus de Free et de notre chaîne YouTube. La diffusion du média s'agrandit et c'est grâce à vous. Merci beaucoup. On ne vit que par votre soutien.

Alors n'hésitez pas à vous abonner à partir de 5 euros par mois. Bonjour Thomas.

1:04
Invité

Salut Lisa.

1:05
Présentateur

Alors avec toi aujourd'hui au programme, la France perd encore des usines et des emplois et les agriculteurs vont reprendre la mobilisation. C'est parti. C'est l'hécaton pour les usines françaises et leurs salariés. Michelin annonce la fermeture de ses usines de Cholet et Vannes qui emploie 1200 personnes. Une fermeture inéluctable selon le groupe en raison, je cite, de la concurrence asiatique sur les pneus de camionnettes et poids lourds, mais aussi de la dégradation de la compétitivité de l'Europe. Inquiétude, colère et lutte gagnent les rangs des salariés de Michelin qui multiplient les manifestations.

L'entreprise a déjà supprimé des postes et des sites en France, en Europe ou encore en Chine, toujours au nom de la baisse de la production et de la compétitivité. Malgré ces fermetures, Michelin reste florissant. Le groupe vise 3,4 milliards d'euros de bénéfices en 2024, un chiffre similaire à celui de 2022. Michelin a préparé depuis des années son évasion industrielle. Il a monté les mêmes entreprises en Asie, en Europe, de l'Est et en Amérique du Sud, s'indigne dans Libération. Serge Allègre, secrétaire fédéral de la FNIC-CGT, la branche chimie du syndicat. Un cas loin d'être isolé. Dans la même semaine, Auchan a annoncé supprimer 2300 emplois.

Les salariés de la plateforme chimique Vancorex sont menacés par la suppression de 425 postes sur les 450 actuels. Et chez le géant de l'automobile Stellantis, on arrête les commandes et conduit à la fermeture le sous-traitant, comme M à France dans le 93 ou encore à Rennes, où 250 emplois intérimaires sont supprimés. Des milliers d'emplois vont être détruits dans des filières qui sont dans des situations préoccupantes, a prévenu Marc Ferracci sur France Inter, le ministre de l'Industrie. La chimie, la filière automobile, en particulier les équipementiers, et la métallurgie sont des filières soumises à une très forte concurrence internationale.

Selon le ministre, il y aura des annonces de fermeture de sites, probablement dans les semaines et les mois qui viennent. Économistes, journalistes, syndicats ou encore politiques avaient prévenu, et nous aussi à maintes reprises, que cela allait se terminer comme ça. La CGT a montré que 150 000 emplois étaient menacés en France. Thomas, franchement, est-ce que tout ça, c'était pas un peu malheureusement prévisible ?

3:12
Invité

Si, c'était prévisible. Et d'ailleurs, on voit bien qu'en fait, les entreprises qui sont touchées sont dans des secteurs différents. Auchan, Michelin, tu en as cité d'autres, il y en a la chimie. C'est touché, c'est des secteurs différents, et ils sont touchés de la même façon. Et pourquoi ils sont touchés de la même façon ? Tout simplement parce que pour lutter contre l'inflation, on a augmenté les taux et on a réduit la croissance économique. C'était un choix. L'inflation est vue par certains comme une surchauffe de l'économie. Donc, on ralentit l'économie par la hausse des taux.

Ça fait baisser l'inflation, mais ça entraîne effectivement une perte d'activité, ce qui fait que les entreprises ferment leurs usines. Et surtout que les multinationales, aujourd'hui, peuvent plus facilement fermer des usines depuis les lois travail. La loi El Khomri ou la loi XXL qui a été votée sur Macron sont des lois qui permettent, quand l'activité économique n'est pas au rendez-vous, de se séparer des salariés. Donc, c'est une loi qui a été votée, qui devait faciliter les licenciements, les gens le disaient, qui devait faire du salarié la variable d'ajustement. Et là, nous y sommes. Vous voyez, nous y sommes. Donc, c'est quelque chose vraiment dû au contexte macroéconomique.

Après, il y a d'autres éléments aussi à prendre en compte. La politique commerciale très agressive des États-Unis et de la Chine, les coûts de l'énergie qui ont augmenté et qui ne sont pas revenus à ce qu'on avait vécu avant l'Ukraine, les prêts garantis par l'État, que l'État demande aujourd'hui de rembourser alors que l'activité est faible, qui va plomber un certain nombre de petites PME. Il y a d'autres facteurs. Mais le facteur principal, c'est le fait d'avoir ralenti la croissance pour baisser l'inflation. On avait parlé d'autres solutions ici.

On aurait pu faire en sorte de conserver le pouvoir d'achat en indexant une partie des salaires, notamment ceux qui sont en dessous du salaire médian, puis monter jusqu'à un certain niveau de salaire pour préserver le pouvoir d'achat. Mais ce n'est pas cette option qui a été choisie. Ça a été l'option de tuer la croissance économique. Et là, nous y sommes aujourd'hui. C'est qu'il va y avoir entre 160 000 et 200 000 salariés qui risquent de perdre leur emploi. Et attention, attention. Quand il y a un salarié qui perd un emploi, c'est toute une famille qui est touchée.

Quand vous avez une usine qui ferme, vous avez des pertes d'emploi directes, vous avez des pertes d'emploi indirectes, c'est les fournisseurs qui bossent avec les usines, et vous avez des pertes d'emploi induits. Le café du coin, la poste du coin, etc. Donc il va y avoir une vraie purge sur l'emploi dans certaines régions.

5:25
Présentateur

Ce que les syndicats disent, c'est quand on perd un emploi industriel, c'est deux à trois emplois dans les services qui perdent. Après, c'est la maternité qui ferme, c'est le service d'un hôpital qui ferme. Après, on connaît tous les gens qui n'habitent pas dans des grandes villes savent très bien comment ça fonctionne.

5:39
Invité

C'est un effet domino, tout à fait.

5:41
Présentateur

Alors pourtant, moi, ce qui me frappe aussi, c'est que ces groupes-là avancent que les ventes ont baissé, qu'il y a une compétitivité, certes, et tu en as parlé, mais ces groupes-là, dans la grande majorité des cas, ils ne sont pas du tout déficitaires. On n'est pas sur des suppressions d'emplois

5:53
Invité

pour sauver l'entreprise. Oui, tout à fait. C'est bien de le rappeler. Ça, par exemple, pour Michelin, c'était bien de rappeler ses bénéfices à 3 milliards. Même Stellantis. Voilà, à 3 milliards. Et Stellantis, des bénéfices énormes. On peut rappeler le salaire du patron de Stellantis qui était de mémoire à plus de 60 millions d'euros. Le bénéfice net de Michelin, on est autour de 2 milliards. C'est énorme. Et vous savez, il y a une époque où quand une entreprise faisait des milliards de bénéfices, il était très difficile pour elle de fermer des usines. Mais ils arrivaient toujours à se débrouiller quand même pour le faire.

Aujourd'hui, c'est facilité par les lois travail qui font qu'on ne peut retenir qu'un échelon national pour pouvoir fermer des usines. Donc, vraiment, il faut avoir en tête que quand même, tout cela a été théorisé. C'est-à-dire, cette facilité de licencier a été théorisée par des économistes et mise en application par des dirigeants politiques de gauche, sous le Parti Socialiste, et de droite, ou centrée sous Emmanuel Macron, on peut dire de droite. Libéral. Donc, tout cela a facilité la situation que nous vivons aujourd'hui. Et qu'ensuite, la faible croissance a été aussi un choix des dirigeants politiques avec la hausse des taux. Il faut vraiment le rappeler.

Ensuite, il y a une erreur majeure qui a été faite. C'est-à-dire qu'on a baissé, je veux dire, ça a coûté énormément d'argent public de baisser les impôts, de faire le CICE, de faire le crédit impôt recherche. Et ces baisses d'impôts, elles avaient pour but d'augmenter la compétitivité française. Et force est de constater que ça n'a pas fonctionné. Ça a été une perte de rentrée fiscale, ce qui explique en partie aujourd'hui le déficit, on l'a dit plusieurs fois ici. Mais en plus, sur le terrain, ça n'a pas fonctionné puisque nous ne serons jamais aussi compétitifs que les Chinois. Arrêtons avec ça.

Je sais que c'est le rêve du patronat de payer les salariés au même tarif que l'on paye les Chinois et d'avoir plus de normes sociales et environnementales. Mais on ne pourra pas. On peut baisser comme on veut les impôts, on ne pourra pas. Donc il faut accepter ce fait qu'on ne pourra pas être plus compétitifs que les Chinois. Et que donc, il faut une autre politique industrielle qui protège les industries françaises, qui offre des débouchés aux industries françaises, qui offre tout un circuit économique de la production et à la demande.

Et une fois qu'on aura fait ce circuit qui protégeront un certain nombre d'industries, et bien là, on sera sortis de cette histoire de compétitivité coût qui montre qu'elle ne fonctionne même pas à l'intérieur de l'Europe puisqu'on est moins compétitifs que les pays du Sud, on est moins compétitifs que les pays de l'Est sur les coûts, et en termes d'innovation sur la compétitivité d'un produit, l'innovation, on est moins bon que les pays du Nord. Donc on est au milieu du guet. Donc à un moment, il faut redéfinir des échelons.

Alors certains le veulent européens, moi je crois que ça ne changerait pas grand-chose, il faut surtout des échelons nationaux et faire en sorte d'avoir une vraie politique industrielle. Parce que je veux dire, on ne peut pas accepter aujourd'hui, pour conclure, je dirais ça, on ne peut pas accepter parce que beaucoup de gens semblent accepter, mais on ne peut pas accepter qu'une entreprise qui dégage des bénéfices en milliards puisse fermer des usines. C'est inacceptable. Et à partir de là, si on est tous d'accord là-dessus, il faut tout réorganiser différemment.

8:48
Présentateur

Parlons justement du laisser-faire de l'État et des aides publiques aux entreprises. Elles étaient enfin au cœur du sujet la semaine dernière et la semaine d'avant. Nous qui en parlons depuis des mois, des années, sans qu'on soit vraiment entendus. Elles représentent 200 milliards d'euros par an. Elles ont connu une très forte augmentation, même avant la période Covid et quoi qu'il en coûte. Elles augmentent cinq fois plus vite que le PIB, trois fois plus vite que les aides sociales pour qu'on se rende bien compte. Michel Barnier a annoncé mettre en place un audit sur ces aides.

Devant l'Assemblée nationale, le Premier ministre a dit avoir le souci de savoir ce qu'on a fait dans ces groupes de l'argent public qu'on leur a donné. Il a dit je veux le savoir et nous allons poser des questions et nous verrons si cet argent a été bien ou mal utilisé pour en tirer les leçons. Nous sommes en train de demander à toutes les entreprises qui ont reçu de l'argent public ces dernières années notamment pour surmonter les crises du Covid et de l'énergie chère de nous dire c'est qu'elles en ont fait. Le Premier ministre maintient quand même une confiance a priori pour ces entreprises.

Je le cite je pense qu'elles l'ont globalement bien utilisé montrons-le en toute transparence pour qu'il n'y ait pas de soupçons à ce sujet. Et en cas de mauvaise utilisation le gouvernement a déjà annoncé qu'il ne demandera pas le remboursement de ces aides. Thomas, est-ce que ce n'est pas un peu quand même dans le discours un désaveu de la politique d'Emmanuel Macron ?

10:02
Invité

Complètement. Je le redis encore la politique de l'offre elle n'a pas fonctionné. Elle n'a pas fonctionné sur les entreprises et la preuve en est que la compétitivité certes a été améliorée mais elle ne nous a pas permis de prendre plus de parts de marché et les usines ont continué à fermer. Elle a été une catastrophe d'un point de vue budgétaire parce qu'elle explique la moitié du déficit. Donc ça n'a pas fonctionné du tout. Maintenant les aides aux entreprises ce qui est assez marrant c'est qu'un certain nombre de gens et des gens comme Maxime Combès etc. n'ont pas cessé de répéter que ces aides étaient 40 étaient sous perfusion d'aides de l'État.

Nous avons dit un certain nombre de fois qu'il fallait que ces aides soient conditionnées et aujourd'hui c'est ça qui est très fort chez les libéraux c'est qu'ils se réapproprient souvent le langage puisque la réindustrialisation le plan de relance la planification écologique et aujourd'hui le fait d'aller vérifier les aides et de dire oui c'est vrai que si une aide n'est pas valable on va l'enlever je veux dire c'est pas nouveau ils se réapproprient le langage mais alors pour passer à l'acte c'est autre chose.

Parce que là on va voir tout ça parce que Bruno Le Maire avait promis aussi plein de choses au niveau de l'inflation Macron avait dit que si l'ISF ne fonctionnait pas il serait prêt à revenir dessus il n'est jamais revenu dessus là je demande à voir parce que c'est toujours très simple au moment de la crise au moment où tout ce que vous n'avez pas vu venir et que d'autres ont vu comme nous et d'autres arrive que vous dites ah bah en fait oui je vais demander un audit alors ça ça coûte rien de demander un audit on fait un rapport ça calme un peu tout le monde en disant ah il est pas mal il a fait quand même son audit puis après quoi ?

si après il n'y a rien ça ne sert absolument à rien donc oui il est vrai qu'un certain nombre d'entreprises françaises sont biberonnées à l'aide publique c'est pas forcément négatif à partir du moment il y a des conditions choisir des gagnants choisir des entreprises dans une politique industrielle qui les empêcherait justement de fermer des sites qui leur trouverait des débouchés et tout pourquoi pas pour servir par exemple je sais pas moi la transition écologique notamment le rail pour certaines entreprises ou le développement des renouvelables ou la rénovation des bâtiments ou peut-être même aller on va dire dans un plan de transformation et de changement de voiture en passage à voiture électrique avec des constructeurs français pourquoi pas

12:08
Présentateur

mais là on est juste sur l'augmentation des dividendes

12:10
Invité

il faut que ces aides soient conditionnées sinon ces aides elles vont directement dans l'entreprise et elles profitent effectivement aux actionnaires

12:16
Présentateur

c'est intéressant aussi comment il veut dès que ça touche les entreprises il faut encourager il faut faire un audit il faut regarder il faut pas aller trop vite en besogne en conclusion hâtive par contre quand c'est les chômeurs ou le RSA là il faut tout de suite taper il n'y a pas d'audit c'est vraiment une méthode différente alors qu'en termes de coût pour l'état c'est quand même pas du tout

12:34
Invité

les entreprises ont été gâtées par ce quinquennat enfin par Hollande par Sarkozy Hollande Macron mais énormément par Hollande avec le CICE énormément parce qu'on n'avait même pas fait Sarkozy et avec la loi travail et énormément aussi par Macron on a dépassé vraiment tout ce qu'on pouvait imaginer donc les entreprises ont été gâtées c'est une réalité maintenant la situation étant ce qu'elle est par exemple sur le remboursement des PGE qui a été vraiment une perfusion d'argent public pour maintenir les entreprises en vie avec beaucoup d'abus avec très peu de contrôle on ne sait pas où ça a été etc je pense qu'aujourd'hui au cas par cas il faudrait faire en sorte voilà parce que la situation est tellement mauvaise peut-être d'étaler une partie des remboursements des PGE pour qu'un certain nombre de PME je parle bien au cas par cas je ne parle pas des grosses entreprises je parle des petites entreprises pour qu'un certain nombre de PME qui dépendent majoritairement du cycle d'activité économique même si les dirigeants ne veulent pas l'entendre ça et qui pensent que c'est qu'une question d'impôt elles dépendent beaucoup du cycle économique parce que quand ça marche les multinationales avec qui elles travaillent beaucoup ou les gens ont plus d'argent etc et donc elles arrivent à mieux vendre et bien ces entreprises là parfois là elles vont mourir parce qu'elles sont étranglées par l'activité étranglées par le fait de rembourser des PGE alors qu'on leur laisserait peut-être quelques années en plus elles arriveraient à subvenir à leurs besoins et donc parfois je me dis vraiment cas par cas de manière contrôlée sur certaines petites entreprises des PME qui auraient touché le PGE il faut faire en sorte peut-être d'étaler un peu les remboursements ce que font les Etats-Unis pour le coup nous c'est un remboursement très rapide sur 5 ans aux Etats-Unis c'est un peu plus étendu

14:02
Présentateur

Il y a une autre question que je me pose aussi si les dirigeants le gouvernement cherchent à savoir maintenant ce qu'ont fait les entreprises de ces aides publiques est-ce que ça veut dire que les responsables politiques n'en avaient aucune idée jusqu'à maintenant ?

14:13
Invité

Bien sûr c'était des aides qui avaient très peu de conditions en fait mais après c'est comme tout c'est à dire que le crédit impôt recherche il a beaucoup augmenté il a profité majoritairement au gros on ne peut pas dire que notre recherche a été plus efficace que des pays qui n'ont pas ces dispositifs mais il a permis aussi à des PME de survivre donc il faut vraiment faire toujours le différentiel entre les grandes entreprises qui savent profiter des aides et qui font de l'optimisation fiscale qui ont des filiales dans les paradis fiscaux qui peuvent délocaliser des petites entreprises qui survivent en partie aussi avec ces aides et que parfois nous avons intérêt à maintenir parce que il faut qu'il y ait une activité de PME qui sont déjà trop soumises moi je trouve à la concurrence internationale sur leurs activités souvent et par des grosses entreprises qui ne sont pas françaises et qui pour beaucoup pratiquent de l'optimisation fiscale pour échapper à l'impôt et donc parfois certains de ces mécanismes peuvent être valables mais il faut vraiment différencier les grandes et les petites entreprises elles ont touché cet argent elles ont respecté soi-disant les conditions et on voit bien que dans un certain nombre de cas l'investissement n'a pas forcément augmenté

15:25
Présentateur

Toute la communication autour de la politique d'Emmanuel Macron et de Bruno Le Maire sur la réindustrialisation tombe à l'eau Prisca Thévenot ancienne porte-parole du gouvernement et maintenant porte-parole du groupe macroniste à l'Assemblée nationale c'est expliqué à notre micro Vous êtes en train d'essayer de dire peut-être c'est qu'il ne fallait pas avoir des politiques volontaristes pour réindustrialiser notre pays réindustrialisation du pays qui veut dire quoi indépendance autonomie pour notre souveraineté nationale sur un certain nombre de sujets extrêmement importants ça veut dire que nous ne devons pas attirer de nouvelles entreprises pour réouvrir dans notre pays et donc créer de l'emploi Je pense qu'aujourd'hui ce qu'on doit plutôt regarder c'est qu'il y a des entreprises effectivement qui sont en difficulté ne pas essayer de polémiquer ou de trouver des coupables mais plutôt de chercher des solutions des solutions qui doivent être en transparence parfaite quand il y a de l'utilisation d'argent public éventuel Là ce qui se passe en ce moment ça ne veut pas dire que ça ne fonctionne pas la politique de rien Excusez-moi on est en train de parler de deux entreprises est-ce que ça veut dire qu'on met à plat une politique globale ?

Je dois vous le dire il y a peut-être dix ans de cela avec d'autres députés ici je pense qu'il y avait autant de journalistes pour poser la question de comment on lutte contre le chômage de masse comment on fait en sorte d'être une nation indépendante et autonome et vous aviez raison de poser ces questions aujourd'hui dix ans plus tard nous sommes en train de nous dire que nous avons résorbé le chômage de masse que nous avons pu réindustrialiser notre pays n'oublions pas que nous devons être une nation souveraine, autonome et indépendante et donc pour cela nous devons avoir ces capacités de production sur notre sol Thomas est-ce que tu es convaincu par cette réponse est-ce que tu la vois toi la réindustrialisation et ce bilan plutôt positif ?

16:54
Invité

Non pas du tout et bon là il y a une forme dans son rôle politique mais il y a une forme de déni c'est-à-dire qu'on a creusé vraiment très fortement le déficit avec ces baisses d'impôts des cadeaux ont été faits énormes aux entreprises et aux personnes les plus riches soit les temps passants et la réindustrialisation n'est pas là et toutes les lois de travail qui ont été faites qui devaient favoriser l'emploi parce que soi-disant en licenciant plus on pouvait créer plus d'emplois ben là on va le payer donc non non non ce qui se passe aujourd'hui c'est l'aveu de et à tous les niveaux si on voit plus large c'est l'aveu de la politique de l'offre et ce qui me fait peur moi c'est que en plus les réformes qui vont être faites là de coupes les 60 milliards d'économies que nous connaissons etc de ce plan d'austérité qui va nous arriver va avoir un impact encore plus négatif et nous l'avons dit ici et aujourd'hui tout le monde le reconnaît va avoir un impact encore plus négatif sur l'activité économique donc là ça va être probablement le choc un des chocs les plus forts et là je pense sur les estimations des années prochaines des investissements à faire etc les gens estiment que leur carnet de commandes va être vide mais ils risquent d'être encore plus vite que prévu et là ça risque d'aller très très loin donc c'est un triple échec c'est un échec sur les finances publiques c'est un échec sur la politique de l'offre et sur ce que ça devait apporter en termes de souveraineté de création d'emplois etc et c'est un échec sur la politique future qui va être menée qui va nous plonger dans l'austérité donc il n'y a pas de quoi fanfaronner à un moment il faut accepter que ça n'a pas fonctionné comme ça devait fonctionner et c'est tout

18:26
Présentateur

La colère agricole repart de plus belle malgré les écrans de fumée du gouvernement l'hiver dernier rien ne s'est arrangé pour les agriculteurs français La Confédération Paysanne enchaîne les mobilisations contre le Mercosur cet accord de libre-échange qui menace directement l'agriculture familiale française indique les paysans La FNSEA elle annonce des mobilisations à partir de ce lundi l'homme d'affaires à sa tête Arnaud Rousseau fustige aussi le Mercosur après avoir soutenu le libre-échange quand même il y a quelques mois Sur le terrain les paysans parlent surtout revenus Thomas est-ce que c'était sûr que ça allait reprendre là ?

18:59
Invité

C'était sûr C'était sûr parce que en fait la FNSEA a un problème comme tu l'as dit c'est-à-dire que bon il défend le libre-échange parce qu'effectivement à un moment le libre-échange a servi l'agriculture française qui voulait des débouchés comme on a demandé à l'agriculture française d'être de plus en plus productive de se mécaniser au début pour satisfaire les besoins français ce qui était une bonne chose mais ensuite ils avaient des excédents et bien on leur a dit vous allez avoir des débouchés en Europe de l'Est en Afrique etc sauf qu'aujourd'hui vous avez des pays émergents comme le Brésil qui peuvent offrir des biens beaucoup plus compétitifs on en revient toujours à cette histoire beaucoup plus compétitifs et qui prennent des parts de marché aux agriculteurs français et à ce jeu-là nous allons encore perdre disons-le clairement nous allons perdre face aux Brésiliens et nous allons perdre face aux Asiatiques c'est fini nous allons perdre il faut revoir aujourd'hui ce qu'est la politique agricole est-ce qu'on fait une politique agricole qui s'insère dans une volonté de globalisation et dans ce cas-là on continue à signer des accords de libre-échange ce qui fait des chocs de compétition à des agriculteurs français qui doivent pour beaucoup faire des investissements de long terme qui rentablissent sur le long terme avec des prix de plus en plus fluctuants avec des qui sont pris dans des guerres commerciales c'est très compliqué ou est-ce qu'on se dit à un moment on va redéfinir les échelles et on va changer de type de production mais pour inciter les acteurs à changer de type de production qu'ils élèvent leur production en qualité etc.

il faut leur promettre une sécurité et ça c'est le rôle du politique c'est ce qui s'est passé à un moment à l'après-guerre quand on a fait des prix garantis on a promis une sécurité aux agriculteurs pour qu'ils puissent investir et là c'est la même chose si on ne leur prend pas cette sécurité et bien ils sont finalement victimes des aléas des marchés financiers qui déterminent le prix des matières premières et de la politique internationale de signature des traités de libre-échange dans laquelle est engagée l'Europe et donc la situation n'est pas bonne c'est-à-dire que tous les 6 mois on aura une manifestation

20:55
Présentateur

il y a quelques mois Emmanuel Macron avait promis des sortes de prix plancher pour ne pas vendre en dessous du prix de revient mais ça ne s'est pas fait donc les agriculteurs les paysans sont assez déçus et en colère de ça et puis on parle souvent de l'agriculture française mais en fait il y a des agricultures français il y a les vins spiritueux qui gagnent beaucoup à exporter il y a les gros céréaliers qui gagnent beaucoup à exporter aussi puis il y a les éleveurs il y a beaucoup de filières d'élevage qu'on a perdues en France aujourd'hui il en reste quelques-unes mais elles sont aussi menacées d'extinction en France on a aussi des filières de maraîchage etc.

qui elles sont beaucoup plus en difficulté donc le libre-échange aussi fait des gagnants et des perdants tout ça pour te poser la question en te demandant c'est quoi là l'enjeu central un peu comment sauver les agriculteurs français dans le sens où chacun va essayer d'avancer là dans cette mobilisation encore son narratif pour répondre à ses propres intérêts parce que comme je le disais il y a plusieurs pendants il y a l'agriculture familiale et puis il y a aussi l'agro-industrie qui essaye de s'immiscer dans la colère des éleveurs des paysans

21:53
Invité

il y a eu quand même une forte concentration au niveau des exploitations agricoles qui a profité au plus gros ces dernières années ceux qui étaient les plus productifs ont racheté les petits et ainsi de suite la vraie question c'est de redélimiter comme dans la question industrielle c'est de redélimiter l'espace et de ce qu'on veut faire en fait pendant très longtemps la mondialisation a profité à nos industries et à nos agriculteurs parce que nous étions en position de force et un certain nombre de gens l'ont défendu en disant nous allons inonder les pays du sud de nos produits agricoles qui sont plus compétitifs parce qu'on les fait avec des machines alors qu'eux n'ont pas de machines donc c'est la cueillette j'exagère mais c'est à peu près ça et nous avons dit nous allons vendre nos voitures à l'étranger nous allons profiter du marché indien chinois etc.

sauf qu'aujourd'hui c'est différent et à partir du moment où se dit c'est différent parce que les pays émergents fabriquent leurs voitures avec des avances technologiques parce que nous nous sommes restés dans la rente de situation et nous avons préféré payer des actionnaires plutôt qu'investir il faut le dire aussi la situation a changé donc il faut redéfinir ce que l'on veut et d'ailleurs ils n'hésitent pas à le faire les indiens n'hésitent pas à le faire les chinois n'hésitent pas à le faire ils sont en train de négocier leur plan de relance les américains n'hésitent pas à le faire donc nous il faut qu'on le fasse aussi après quelle est la délimitation de ça est-ce que c'est l'Europe est-ce que c'est la France c'est une autre question mais il faut avantager enfin il faut réduire aujourd'hui il faut démondialiser il faut réduire un petit peu l'espace et donc il faut que les productions changent elles ne peuvent plus être basées sur la compétitivité coût il faut qu'elles changent il faut changer vraiment toutes les échelles mais pour faire ça pour que ces changements soient engagés il faut garantir des protections sinon les industriels ne vont pas le faire ils vont continuer à fermer ouvrir en Asie ils vont continuer les agriculteurs à manifester mais il va falloir un moment que la FNSEA même les syndicats les plus libéraux se disent que dans ce système là quoi qu'il arrive on sera perdant et les agriculteurs vont être perdants c'est sûr si on continue là-dedans quoi qu'il arrive donc qu'est-ce qu'on fait voilà on doit changer on doit changer d'échelle on doit changer de système et la base de ça ce sera les prémices d'une réflexion pour l'avenir mais cette réflexion là elle n'est même pas présente dans la tête d'un certain nombre de dirigeants

23:54
Présentateur

il peut y avoir un narratif aussi des mobilisations s'attardant entre guillemets sur les détails les normes les trucs machin alors que les paysans quand on est sur le terrain quel que soit leur syndicat ils nous parlent de revenus ils nous parlent de revenus de prix

24:05
Invité

de revenus et de concurrence le fait qu'ils soient étouffés par la concurrence et bien sûr la question des normes peut être fatiguante mais elle est d'autant plus fatiguante quand vous avez un problème de revenus et de concurrence et il faut bien être conscient aujourd'hui que les Asiatiques ou les Américains ils servent leurs intérêts les intérêts de leur industrie les intérêts de leur agriculture il y a des questions économiques mais aussi il y a des questions de sécurité de souveraineté il y a tout un tas de questions qui se mettent à côté il y a les questions géopolitiques parce qu'elles ne veulent pas être dépendants d'autres pays il y a les questions de sécurité il y a les questions de souveraineté il y a les questions économiques donc à côté de la seule question le profit etc il y a tout un tas d'autres questions qui sont prises en compte et que nous nous devrions prendre en compte à l'échelle française déjà et puis peut-être après si on arrive à se mettre d'accord un jour c'est pour ça qu'il ne faut pas compter trop sur l'Europe à l'échelle européenne

24:52
Présentateur

Entre ça et le sujet d'avant les échecs d'Emmanuel Macron se multiplient 6 ans presque jour pour jour après les Gilets jaunes qu'est-ce que ça en dit ?

25:01
Invité

Macron c'est quelqu'un qui faisait confiance à la mondialisation à la financiarisation donc ça ne pouvait on ne pouvait arriver qu'à cela moi je me souviens d'un livre que j'ai écrit en 2015 qui est sorti en 2016 qui s'appelait Introduction inquiète à la macroéconomie et qui expliquait ça qui expliquait que les inégalités allaient augmenter qui expliquait qu'il y a un certain nombre de personnes qui allaient être ouvertes au vent de la mondialisation et que ça n'allait pas être quelque chose de nouveau mais quelque chose d'une continuité mais en pire c'est ce qu'on avait dit grosso modo avec mon co-auteur Frédéric Farah finalement ça se vérifie ça se vérifie le quinquennat Macron a profité à certaines personnes mais il a profité à une minorité la grande majorité s'est vue exposer à beaucoup plus de risques aujourd'hui vous pouvez être licencié plus facilement puis quand vous êtes licencié vous avez moins d'assurance chômage donc vous sortez les chiffres du chômage d'ailleurs ça a été montré quand vous êtes un agriculteur vous êtes encore plus exposé à la mondialisation quand vous êtes un travailleur vous êtes encore plus exposé aux délocalisations pour la majorité de la population c'est une vie qui est beaucoup plus dure

26:02
Présentateur

les fameux 99% vous font référence à ta dernière BD

26:05
Invité

merci tout exactement

26:06
Présentateur

merci Thomas et merci à vous chez vous d'avoir suivi cet épisode de l'instant porché j'attrape une dernière fois votre attention avant de se quitter la situation politique est inédite historique de direct par jour du terrain du reportage mais aussi de l'enquête le média c'est 25 travailleurs et travailleuses qui produisent de l'information au quotidien et sachez qu'on est arrivé sur la plateforme Molotov vous pouvez aussi nous y regarder en plus de Free et notre chaîne YouTube la diffusion du média s'agrandit et c'est grâce à vous merci beaucoup et d'ailleurs on a ouvert une seconde chaîne YouTube pour vous informer encore plus pour vous y proposer nos replays ou encore des reportages au coeur des luttes n'hésitez pas à vous y abonner merci beaucoup pour votre soutien spectateurs abonnés donatrices et sociaux je vous dis à la semaine prochaine à la semaine prochaine

26:49
Locuteur

à la semaine prochaine