Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 8 avril 2025 25 minActualité / polémiqueSécuritéEurope & international

Visite en Égypte : déclaration du Président Emmanuel Macron depuis El-Arich.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que le Président Trump a répondu hier aux propositions lancées avec vos partenaires arabes ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Inquiétude sur la militarisation de l'aide humanitaire à Gaza : qu'en pensez-vous ?

  • 18:00RelanceRéponse directe

    15 humanitaires tués près de Rafah le 23 mars : condamnez-vous ces attaques ?

  • 24:00OuverteRéponse directe

    Le Président Trump a évoqué Gaza en termes d'immobilier : cela nous mène-t-il nulle part ?

  • 30:00OuverteRéponse directe

    Comptez-vous avancer sur la reconnaissance de l'État palestinien ?

  • 36:00OuverteRéponse directe

    Avez-vous abordé les tarifs douaniers avec le Président Trump ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Emmanuel MacronFait
    « Depuis le début du conflit, il y a un effort humanitaire considérable qui est fait par l'Égypte »
  • 20:00Emmanuel MacronFait
    « 15 humanitaires ont été tués près de Rafah le 23 mars dernier, dont quatorze [inaudible] »
  • 52:00Emmanuel MacronFait
    « Nous avons perdu des compatriotes dans l'attaque du 7 octobre »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour à toutes et tous. Merci d'être là, aujourd'hui, à El-Arich. Je voulais juste dire quelques mots après la visite que nous venons d'effectuer avec le Président Sissi, à la fois à l'hôpital et dans ce centre de stockage de l'aide humanitaire destinée à Gaza et à la population qui y vit.

Tout d'abord, je tiens ici à remercier les autorités égyptiennes, le gouvernement, et, plus largement, l'ensemble de celles et ceux qui contribuent à cet effort, et toute la population. Nous l'avons vu parce que, depuis le début du conflit, il y a un effort humanitaire considérable qui est fait par l'Égypte et la présence, ce matin, à mes côtés, du Président Sissi signait aussi cet engagement très fort pour obtenir à nouveau le cessez-le-feu, construire une paix dans la durée, mais avoir une réponse humanitaire de très court terme. Je vais revenir sur chacun de ces points.

Je voulais également avoir un mot pour remercier l'ensemble des organisations non-gouvernementales humanitaires qui opèrent, nous sommes ici devant le Croissant-Rouge égyptien, et l'ensemble des agences comme des programmes des Nations Unies qui opèrent à leurs côtés. Depuis le début, ils mènent une action absolument essentielle pour les populations civiles et ils ont eu à connaître, malheureusement, des pertes encore ces derniers jours, par exemple, le Croissant-Rouge palestinien, mais quasiment toutes ces organisations non-gouvernementales, quasiment toutes ces agences ont eu à vivre durant les derniers mois des blessures, parfois des décès de leurs personnels humanitaires. Je m'exprime devant vous, devant des lots que vous voyez provenir de l'aide française qui ont été refusés, et dont certains vont être périmés dans les jours qui viennent.

Ils ont été refusés car les boîtes sont en fer. Historiquement, ils ont été refusés ces derniers jours, depuis le 2 mars, car tout est refusé depuis le 2 mars. Et on l'a vu ce matin aux côtés d'enfants, de femmes, de personnes âgées qui étaient malades, blessés.

Quand on parle aux humanitaires, la situation aujourd'hui est intenable et elle n'a jamais été aussi grave. Elle n'a jamais été aussi grave parce que, depuis le 7 octobre, la guerre a commencé. Depuis le 8 octobre, la situation humanitaire à Gaza est critique car il n'y a jamais eu une période aussi longue de blocage complet, à la fois de l'aide humanitaire, de l'aide en termes de médicaments, du soin et des sorties des personnes les plus fragiles.

C'est pour nous la priorité. C'est ce que nous avons échangé avec les organisations non-gouvernementales, avec nos gendarmes qui œuvraient dans le cadre de la mission de l'Union européenne pour tenir le point de passage en soutien. C'est ce que j'ai pu évoquer hier avec le Président Sissi et le roi de Jordanie dans l'entretien que nous avons eu.

Nous appelons d'abord à une reprise, le plus rapidement possible, de l'aide humanitaire. Celle-ci est absolument indispensable au vu de la situation critique, c'est-à-dire la reprise de la livraison de nourriture, d'eau, de générateurs pour pouvoir désaliniser et mettre cette eau en condition et évidemment de médicaments. La reprise des sorties des personnes les plus fragiles pour qu'elles soient prises en charge dans les hôpitaux en particulier celui qu'on a vu, ce matin, à El-Arich, car les capacités médicales ont été très largement détruites à Gaza.

Nous appelons, le plus urgemment possible, à la reprise d'un cessez-le-feu. C'est ce dont nous avons besoin. C'est ce qui a été arrêté, malheureusement, le 2 mars dernier.

Nous demandons et nous l'avons demandé officiellement hier au Président Trump, lors d'un appel que nous avons passé ensemble, la reprise d'un cessez-le-feu pour 40 à 50 jours, la libération d'otages, à nouveau, et la reprise de discussions afin de consolider un accord sur la solution sécuritaire et politique à Gaza le jour d'après, la démilitarisation du Hamas, l'avancée des discussions sur la gouvernance de l'Autorité palestinienne et la reprise d'un processus qui permettra d'aller vers une solution politique à ce conflit qui est la seule solution viable, la seule solution possible. C'est celle que nous portons avec l'Égypte et la Jordanie, celle que j'ai pu échanger ces derniers mois avec les collègues de la région, et celle que nous essayons de bâtir avec l'Arabie saoudite en vue de la conférence qui nous a été confiée pour le mois de juin prochain. Voilà les quelques mots que j'étais venu vous dire.

Priorité à la reprise de l'aide humanitaire, soutien à tous nos travailleurs humanitaires, rappel à ce qu'est le droit international qui doit protéger nos travailleurs humanitaires et puis appel au cessez-le-feu pour que l'ensemble du travail puisse se faire sur le plan sécuritaire et de la solution politique. Monsieur le Président, est-ce que le Président Trump a répondu hier aux propositions, aux idées que vous avez lancées avec vos partenaires arabes sur les points que vous avez évoqués ? La deuxième question que je voudrais vous poser, elle concerne une inquiétude que vous avez certainement entendue de la part des ONG sur la militarisation de la délivrance de l'aide humanitaire à Gaza et en Cisjordanie, c'est-à-dire le fait qu'Israël choisirait à terme les ONG qui pourraient remettre de l'aide, protégées par l'armée israélienne, etc.

C'est un sujet d'inquiétude importante et une violation du droit international. Qu'est-ce que vous répondez à cela ? On a présenté ces propositions au Président Trump.

On a discuté avant qu'il n'échange avec le Premier ministre Netanyahou. Je pense qu'on a pu ensemble exprimer notre inquiétude très forte compte tenu de la situation, notre conviction aussi que la solution est politique et le Président Trump se rendra dans quelques semaines dans la région. Si une solution politique peut être construite, elle ne peut l'être que dans le cadre d'un cessez-le-feu.

Il y a eu un long échange, d'une vingtaine de minutes. Je crois qu'il nous a entendus. Il y a tout un travail en cours, des échanges ces dernières heures et j'espère que les prochaines heures pourront être marquées au moins par une reprise de l'aide humanitaire qui, encore une fois, est, pour moi, la priorité des priorités.

On nous l'a dit tout à l'heure, à la fois les agences de l'ONU et l'ensemble des ONG ont été très clairs. Il n'y a jamais eu une telle situation et on est à deux ou trois semaines de la rupture en termes d'eau potable, on est au-delà du strict minimum pour vivre, mais de ce qui n'a jamais manqué jusque-là alors que tout manquait déjà. J'espère que dans les prochaines heures, car les discussions se poursuivent… Ça, c'est vraiment l'urgence.

Mais on va tout faire pour que dans les prochaines heures et prochains jours, on puisse avoir une avancée aussi sur le cessez-le-feu. J'ai entendu et je partage la préoccupation à la fois des agences des Nations Unies et des organisations non gouvernementales L'aide humanitaire a des règles. Elle a des règles qui sont justement celles de l'accès indifférencié car on vient aider des femmes et des hommes, des enfants, des personnes âgées, indépendamment de ce qu'ils sont, d'où ils viennent, car c'est le principe même du droit international humanitaire.

Cela ne doit donc pas être un instrument de la guerre, en aucun cas. Et je pense que c'est notre devoir, pour toutes les nations qui ont une responsabilité au sein des Nations Unies et qui croient dans ce qui a été notre ordre international et doit demeurer, et c'est notre responsabilité en tant que membres permanents du Conseil de sécurité. Très clairement, nous défendons cette ligne.

Vous avez évoqué hier des discussions sur un cessez-le-feu [inaudible]. Vous avez évoqué avec nous… C'est ce que nous poussons, tout à fait, ce que nous avons souhaité, c'est exactement ce que nous avons discuté. On a poussé avec le Président Sissi et le roi de Jordanie pour qu'on puisse obtenir le plus vite un cessez-le-feu de 40 à 50 jours avec des nouvelles libérations d'otages et, malheureusement, de restitution de corps et la reprise de discussions autour des termes que j'évoquais à l'instant.

C'est-à-dire que durant cette période de 40 jours, on puisse reprendre le travail sur la démilitarisation du Hamas, sur la gouvernance et la sécurité à Gaza le jour d'après, sur la transition politique et l'évolution de l'Autorité palestinienne, et sur le plan de reconstruction de Gaza. Votre collègue a été interrompu deux fois, je veux être juste… 15 humanitaires ont été tués près de Rafah le 23 mars dernier, dont quatorze [inaudible]. Des vidéos montrent qu'ils s'étaient présentés en tant qu'humanitaires.

Condamnez-vous ce qu'il s'est passé et ressemble, au minimum, à une bavure ? Bien sûr que je le condamne et j'ai eu l'occasion, en arrivant ici, de présenter mes condoléances aux organisations ici présentes et à travers eux, à leurs collègues palestiniens, puisque c'était le Croissant-Rouge palestinien. Mais comme je le disais, beaucoup d'agences, de programmes et d'organisations, ont malheureusement subi cela ces derniers mois.

Je leur ai présenté mes condoléances et celles de la France. Nous condamnons évidemment avec force ces attaques et il faut qu'ensuite la vérité soit établie comme il se doit, parce que le monde a des règles et c'est une bonne chose. Les humanitaires doivent être protégés quand ils interviennent, car ils ne sont pas des parties prenantes à un conflit.

Ils sont là au nom de la communauté internationale pour venir en aide à ceux qui en ont besoin. Il est donc absolument essentiel, aujourd'hui, de n'accepter aucune concession sur la protection des travailleurs et travailleuses humanitaires, dans ce contexte. Suite à votre appel, le Président Trump, dans le Bureau ovale avec le Premier ministre espagnol, a reparlé de Gaza en termes de d'immobilier, a reparlé d'annexion, de déplacement de populations.

Est-ce que ça veut dire que tout ça ne nous mène pour l'instant nulle part ? La priorité, d'abord, je le redis, pour que chacun ait quand même en tête, je veux bien commenter chaque jour des choses qui se disent, mais la réalité, c'est qu'il y a deux millions de personnes enfermées, deux millions. Après des mois et des mois de bombardements, d'une guerre terrible, où des dizaines de milliers de personnes ont perdu la vie, vous avez des dizaines de milliers d'enfants mutilés, sans famille.

C'est ça dont on parle quand on parle de Gaza, ce n'est pas d'un projet immobilier. Ce qu'on a vécu ce matin, vous étiez avec moi, ce sont des femmes et des enfants qui ont connu le drame et je ne sais pas comment ces enfants grandiront. Imaginez une seule seconde ce qu'ils ont déjà vécu.

Vous imaginez le niveau de dureté, de violence qu'il peut y avoir, quand on n'a vécu que les bombardements, l'atrocité. Mais tous ont dit une chose : "Dès que je suis sur pied, je veux retourner à Gaza" car ce sont eux-mêmes les enfants, les petits enfants de femmes et d'hommes qui ont tout perdu pour rester à Gaza et avaient parfois été poussés d'autres territoires. C'est cela, et on ne peut pas effacer l'histoire ni la géographie, car si c'était aussi simple qu'un projet immobilier et que l'acquisition de places dans un programme d'immeubles, il n'y aurait jamais eu de guerre.

Nous en sommes donc là et on doit entendre cela. On doit entendre deux choses essentielles pour qu'il y ait la paix dans la région : le droit légitime du peuple palestinien à disposer d'un État, d'un territoire et de vivre en paix, et le droit légitime du peuple israélien à avoir son État, Israël, à ce qu'il soit reconnu par tous ses voisins aussi, et à ce qu'ils vivent en paix et en sécurité. La négation de l'un ou de l'autre suffit à fragiliser toute la région.

Comptez-vous avancer sur la reconnaissance de l'État palestinien ? Vous avez dit qu'il fallait que ça crée un impact. Est-ce que le durcissement du gouvernement israélien c'est une option qui vous paraît, à court terme, viable et souhaitable ?

Ma priorité, c'est d'abord l'aide humanitaire, le cessez-le-feu, la reprise d'un travail. Ensuite, il y a tout un processus sur lequel on travaille, y compris avec le gouvernement israélien, les partenaires de la région, toute la communauté internationale, qui doit nous conduire à cette conférence, coprésidée par l'Arabie saoudite et la France, en juin prochain. J'en ai parlé il y a huit jours avec le Premier ministre Netanyahou et donc on travaillera avec Israël sur ce chemin.

Je considère que c'est un chemin qu'on doit bâtir ensemble, car la reconnaissance doit aller aussi avec une reconnaissance par les principaux partenaires d'Israël et surtout la possibilité d'avoir une organisation de sécurité régionale qui préserve la sécurité de tous et la stabilité. Monsieur le Président, dans votre entretien avec le Président Trump, avez-vous abordé le sujet des tarifs douaniers ? On voit que les conséquences économiques en France et partout dans le monde sont déjà assez dévastatrices.

Je l'ai abordé, je l'avais abordé avant, on l'abordera à nouveau dans les jours qui viennent. Les choses sont simples : la France et l'Europe n'ont jamais souhaité le chaos ou l'augmentation des tarifs. Nous pensons que c'est une mauvaise idée et une mauvaise réponse aux questions des déficits commerciaux.

Nous avons aussi toujours dit que nous défendrons notre économie et donc si tarifs il y avait, surtout qu'ils sont à 20 %, riposte il y aurait. La Commission européenne mène ce travail dans les compétences qui sont les siennes, d'abord pour répondre aux premiers tarifs qui ont été imposés sur acier, aluminium, automobile, et pour ensuite préparer, dans quelques semaines, une réponse. Notre objectif, c'est de protéger l'ensemble de nos secteurs économiques, et tous nos compatriotes qui travaillent dans ces secteurs, et c'est d'arriver à une situation où le Président Trump revienne sur sa décision.

L'objectif pour nous, il est simple, c'est le démantèlement des tarifs et qu'on arrive à une situation où il y a une libre circulation et que la prospérité puisse se faire. Mais si ça doit passer par un moment où il faut expliquer qu'on est prêts à répondre, il faut assumer de le faire. C'est ce que nous avons d'ailleurs construit à l'échelle de la France avec le Premier ministre et le gouvernement la semaine dernière, en rassemblant les représentants de toutes les filières, et c'est ce qui sera travaillé au niveau européen.

Mais nous pensons que les priorités, aujourd'hui, sont ailleurs que si on veut faire plus de commerce, gagner des parts de marché, il faut être plus compétitif, il faut continuer les réformes, le travail, investir dans l'innovation, et réussir ces chantiers plutôt que mettre des tarifs. Notre volonté, c'est qu'il y ait une baisse de ces derniers. [inaudible] qui n'ont pas pu être livrés, pourquoi la France a arrêté les largages d'aide aériens ?

Nous avons toujours fait ce qui était pertinent, au moment où ça l'était. Vous avez raison, la France s'est engagée dès le premier jour. Nous avons toujours tenu cette ligne.

Nous avons perdu des compatriotes dans l'attaque du 7 octobre. Ça a été l'attaque terroriste la plus meurtrière pour la France depuis les attentats de Nice. Nous avons donc condamné avec force l'attaque terroriste du Hamas, pleuré nos enfants et appelé à la libération de tous les otages.

Nous avons été, dès ce jour-là, en soutien d'Israël et de sa sécurité. Mais au bout de quelques semaines d'efforts, d'opérations spéciales face au Hamas, nous avons aussi très clairement dit que la réponse ne pouvait pas être une guerre massive indifférenciée sur Gaza, compte tenu de la population qu'il y avait, de sa densité et des structures-mêmes. C'est pourquoi, dès octobre 2023, nous avons appelé au cessez-le-feu.

C'est pourquoi nous avons, dès novembre 2023, organisé la première conférence humanitaire à Paris, le 10 novembre, et c'est pourquoi nous avons multiplié les opérations. En effet, quand la Jordanie ou les Émirats arabes unis nous ont proposé des opérations de largage, on l'a fait. On a mené des opérations terrestres avec le Qatar et l'Egypte.

Nous avons fait venir, dès les premières semaines le Dixmude avec son hôpital militaire, ses capacités, et son soutien logistique. Ce bateau militaire, avec ses capacités de santé, a été mobilisé et toute la fin 2023, début 2024 a permis de soigner des milliers d'enfants, de femmes et d'hommes avec des blessures graves. Nous avons fourni 12 000 tonnes de fret humanitaire, j'en ai encore apporté avec moi ce matin, et plusieurs centaines de millions d'aides.

La France n'a donc jamais cessé son effort. On l'a fait avec des partenaires, à chaque fois, de la manière la plus opérationnelle et la plus adaptée et nous continuerons. Mais pas les largages ?

Si des opérations peuvent être reprises et tout cela nécessite un cadre de sécurité des ONG pour réceptionner et des accords avec les forces israéliennes et le gouvernement, nous le ferons. Larguer sans l'accord d'Israël ? Aujourd'hui, on ne peut pas larguer au milieu de nulle part, parce que, derrière, s'il n'y a pas des gens pour réceptionner et donc des ONG pour travailler, vous créez potentiellement des émeutes, des polémiques immédiatement, parce qu'on vous reprochera que les largages étaient faits pour le Hamas.

On connaît tout ce discours, donc il faut que ce soit coordonné avec les forces israéliennes et les autorités politiques et que ce soit coordonné avec les ONG et les Nations-Unies qui opèrent sur place. [inaudible] votre travail depuis le 7 octobre 2023, regrettez-vous ces propos sur une coalition militaire pour détruire le Hamas ? Non, pas du tout, car vous voyez bien que ce qui se pose, c'est la question de savoir… Je pense qu'il y a eu un rejet complet.

Mais pardon, si on dit que les seuls qui peuvent combattre le Hamas, c'est Israël, on se met dans une situation où, dès qu'il y a un problème avec le Hamas, ils vous disent : "Nous, on va le faire." Et c'est exactement ce qu'ils utilisent. Je pense que nous avons tort de ne pas prendre l'intégralité du problème terroriste dans la région et de considérer qu'ils doivent être le fruit d'une mobilisation de coalition.

La lucidité me conduit à dire que je n'ai pas été suivi sur cette question, mais il y a des tas de façons, et on le voit bien d'ailleurs, et on le fait à travers les coalitions qu'on a su faire à l'égard d'autres groupes terroristes, opérations auxquelles nous contribuons militairement, par exemple l'opération Inherent Resolve. Je ne compare pas ce qui n'est pas comparable, mais le Hamas, clairement, après ce qu'il a fait, est un groupe qui justifie une réponse et une coordination, mais avec l'opération Inherent Resolve, face au groupe Daech, nous avons eu une efficacité, nous n'avons pas désactivé notre présence, on continue à mener des opérations et malheureusement, on le voit en certains endroits de la Syrie et de l'Irak, cela se justifie pleinement. Sur l'Iran, que pensez-vous de la perspective d'une négociation directe ou indirecte, d'ailleurs, entre Américains et Iraniens à propos du programme nucléaire militaire de l'Iran ?

Pensez-vous que ce soit une bonne initiative de la part de Monsieur Trump, même si l'Europe n'est manifestement plus en position de jouer les médiatrices ? D'abord, il faut être clair, l'Europe est dans une position [inaudible] si on refait l'historique. À l'été 2015, 14 juillet 2015, est signé le fameux JCPOA.

Il a été largement négocié par les Américains, les Européens s'étant raccrochés à la dernière minute. Ils améliorent cette négociation qui donne un cadre. Ensuite, les Américains, de manière unilatérale, en sortent, à cause du changement d'administration.

Les Européens sont restés, mais l'extraterritorialité de certaines sanctions a fait que, objectivement, nous n'avons pas été en capacité d'abord, d'avoir un suivi efficace du programme sans les Américains, même si, avec l'AIEA, nous avons fait le maximum de nos efforts. Ensuite, ce qui était, en quelque sorte, l'accord, si les Iraniens tenaient le programme était très peu tenable dès lors que les Américains coupaient et sanctionnaient quiconque allait aider. Nous avons dans nos mains quelque chose d'important, qui avait été négocié, c'est ce fameux mécanisme de snapback.

C'est un instrument diplomatique fort, et dont, si je puis dire, le délai est au sortir de l'été. C'est une très bonne chose s'il y a un retour de négociation. C'est ce que nous avons poussé en 2018 et 2019.

C'est ce que vous m'avez entendu plaider à la tribune des Nations Unies, dans les actions menées en parallèle et lors du G7 français : reprendre des négociations directes, y inclure le programme nucléaire, le programme balistique, et les proxies régionaux. C'est une très bonne chose que ces négociations reprennent. Nous jouerons le rôle que nous devons jouer, c'est-à-dire celui de défendre nos intérêts, notre sécurité et de veiller à la sécurité de nos grands partenaires de la région.

Mais c'est une bonne chose si ces négociations peuvent reprendre et si elles amènent à un recul du programme en cours, des mécanismes sûrs de vérification et la certitude que l'Iran n'accède pas à l'arme nucléaire. Vous êtes sûrs que la Russie et la Chine, qui étaient dans la négociation d'origine, jouent le jeu également, ou cherchent peut-être à bloquer, notamment à désactiver ? Je ne suis sûr de rien. [inaudible] le mécanisme de snapback ?

Je pense que le mécanisme de snapback est solide, mais je pense qu'aujourd'hui ce serait trop tôt pour engager et surtout engager pour les autres. L'avenir le dira et je le souhaite. Pour prolonger la question de mon confrère sur le soutien à Israël après le 7 octobre, vous avez parlé de soutien inconditionnel.

Il ne s'agit pas de remettre en cause le soutien à Israël, mais est-ce que, a posteriori, compte tenu de ce qu'ont été les actions du gouvernement israélien, de Benyamin Netanyahou, certains disent qu'un soutien inconditionnel, c'était une façon… Vous ne m'avez jamais entendu dire cela en ces termes. Beaucoup de responsables politiques français l'ont dit, pour ma part, non. - Jamais parlé de soutien inconditionnel ? - Je n'ai jamais utilisé ces termes.

Parce que j'ai toujours considéré que ce qu'il y avait derrière, parce que nous savions le risque qu'il y avait. C'est pour cela qu'on a pris position dès octobre. J'ai toujours considéré qu'il y a, en quelque sorte, une espèce d'échec collectif à dire : "On est pour la sécurité d'Israël, "mais on ne veut pas s'occuper du problème du Hamas" car, à ce moment-là, vous donnez carte blanche.

Si on veut être cohérents en tant que communauté internationale, on doit aider à apporter une réponse pour traiter ce sujet sécuritaire d'Israël. Mais je n'ai jamais apporté mon soutien inconditionnel à qui que ce soit, en général, dans la vie, pour quelque État que ce soit. Mon soutien inconditionnel est pour les Françaises et les Français.

Après, le reste ne dépend pas de nous. Nous, on est exigeants, on a apporté beaucoup de soutien. On a apporté un soutien fraternel à Israël, après le 7 octobre.

Nous continuons à le faire auprès de l'ensemble des communautés juives et en particulier des Français de confession juive, dans ce moment qui est aussi un moment d'explosion de l'antisémitisme. Mais pour autant, on ne confond pas tout. On considère que le gouvernement d'Israël a des responsabilités qui sont aussi celles d'une démocratie.

Nous-mêmes, nous avons eu à lutter contre le terrorisme dans notre propre pays. A-t-on fait tout et n'importe quoi quand on a lutté contre le terrorisme ? On s'est soumis à un contrôle constitutionnel, du parlement, du juge.

On a essayé de faire ce qu'une démocratie doit faire quand elle lutte contre le terrorisme, c'est-à-dire ne pas oublier ce qu'elle est profondément. Voilà. [inaudible] avec Netanyahou, est-ce que vous lui avez parlé ?

Oui, bien sûr, je lui ai parlé il y a quelques jours, et je continuerai. Je compte lui parler en revenant car je ne sous-estime pas la difficulté à laquelle ils sont confrontés. Ils ont eu aussi de vrais succès dans la région qui ont permis de changer la situation et de l'améliorer dans certains pays.

Mais je suis un partenaire exigeant. Je dis toujours la vérité au Premier ministre Netanyahou, mais quand il s'agit de Gaza, du Sud-Liban, de la souveraineté du Liban, quand il s'agit de de l'importance d'accompagner la transition de la Syrie, la France porte sa voix. Nous sommes engagés, nous nous parlons, nous travaillons ensemble, mais on peut partager des désaccords.

Je lui reparlerai dans quelques jours et je lui ai parlé il y a quelques jours. [inaudible] auprès de Donald Trump, où est-ce une version amendée de ce plan arabe ? Le plan arabe continue d'être amélioré.

J'y ai apporté mon soutien car je pense que c'était très salutaire, alors qu'on sortait d'une proposition de déplacement forcé de population à laquelle je suis totalement opposée. Je pense que c'était une très bonne première étape. Il est toujours en cours de travail, notamment, la question du Hamas dans ce plan est importante.

Je leur ai dit : "Vous êtes plusieurs à négocier avec le Hamas. "Obtenez la sortie de ces cadres militaires." Il faut être collectivement sérieux et on revient à l'idée initiale : on ne peut pas laisser les gens face à une impossibilité de régler leurs problèmes sécuritaires.

Donc, il y a la question du Hamas. Il y a la question de la gouvernance de Gaza, il y a la question de la réforme de l'autorité palestinienne, de la reconstruction de Gaza. Un très gros travail a été fait par des collègues et amis de la région et je veux vraiment les saluer.

C'est ce travail qui sera poursuivi. On doit filer, je crois. Il faut vraiment que j'y aille.

En termes d'inclusivité, est-ce que [inaudible]. Ce qui m'importe maintenant, c'est qu'il fasse le travail sur la lutte contre le terrorisme, le cadre du retour des réfugiés et sur tout ce qu'on a discuté longuement la semaine dernière, lors d'un appel téléphonique important avec le Président Aoun et mes collègues chypriotes et grecs, c'est qu'il avance aussi sur la frontière avec le Liban qui doit être tenue.