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Podcast / conversationMarie-Charlotte Garin· 29 mars 2025 11 minComplaisantPortrait personnelSolidarités & famille

Thé & Consentement, M-C Garin X Émeline K/Bidi

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Défensif 40 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que là déjà tu veux choisir ton sachet de thé ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ça t'évoque "sans oui c'est non" ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    À quel moment on dit oui ? Comment s'exprime le oui ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que toi le consentement c'est une notion à laquelle tu as été sensibilisé plus tard ?

  • 15:00OuverteRéponse partielle

    Est-ce que tu es d'accord de coucher avec moi ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que tu veux rajouter un truc que tu aurais pas dit ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:00Émeline K/BidiFait
    « mon corps m'appartenait, que j'étais seule à pouvoir choisir ce que j'en faisais, ce qui est pas le cas de de beaucoup de de beaucoup de femmes de ma génération. »
  • 17:00Émeline K/BidiFait
    « est-ce que vous avez eu des rapports avec lesquels vous étiez pas d'accord souvent elles me disent oui. Et donc je leur dis mais c'est donc du viol. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Je cl Salut Émine. Salut. Donc je suis avec Éminine Kabidi qui est député de la Réunion.

J'ai bon c'est ça tout à fait. L'idée là c'est qu'on parle un peu de consentement et qu'on prenne une petite tasse de thé. Tu vas comprendre pourquoi après.

Est-ce que là déjà tu veux choisir ton sachet de thé ? Alors je choisis à l'aveugle. Comme tu veux.

Il y a des petites phrases. Est-ce que tu veux lire ce qui a écrit sur ton sachet de thé ? Alors c'est écrit sans oui c'est non.

Et qu'est-ce que ça t'évoque ça ? Alors, ça m'évoque forcément la question euh du consentement, toutes ces affaires très médiatique qu'on a vu passer euh ces dernières ces derniers mois. Ouais.

Tu penses à quoi ? Je pense à laffaire Pélico. Je pense forcément à laffaire Péico et puis au choix de défense de tous ces hommes qu'on a vu passer pendant des jours et des semaines devant le tribunal et qui venaient expliquer que ils avaient pas compris, qu'elle était pas d'accord euh alors qu'elle avait jamais elle pu exprimer un un consentement.

Et pour le coup, elle elle a pas pu dire oui. Giselle Péico, elle était pas en état de dire oui. Elle était pas en état de dire oui.

Ils auraient dû comprendre que que c'était non. Et euh et en fait ça nous a tous secoué, ça nous a tous interrogé, enfin pas seulement en tant que député, mais personnellement euh comment s'exprime comment s'exprime le oui ? Parce que sans oui, c'est non, ça semble couler de source.

Mais comment s'exprime le oui ? Ouais. Ou ouais.

C'est ça la difficulté et il est pas toujours forcément formalisé dans une relation saine sans enjeu de domination. Parfois tout n'est pas non plus ultra explicite. Alors rien n'est jamais tout à fait explicite.

Enfin c'est c'est aussi une question de génération. Je pense qu'on a une nouvelle génération qui arrive à parler assez librement de sexe, y compris avant le premier rendez-vous. Ouais. et une génération ou des générations un peu plus anciennes euh dont une dont je fais partie euh qui n'a pas forcément l'habitude d'exprimer très clairement ses attentes, ses envies et son consentement.

Est-ce que toi du coup le consentement c'est une notion à laquelle tu as été sensibilisé plus tard dans ta vie ? Genre tu as pas de ce que je perçois, de ce que j'entends, tu as pas forcément grandi avec ça. Là où peut-être moi ma génération, ça fait quand même quelques années que même avant justement d'entrer dans une relation sexuelle avec quelqu'un, souvent on parle déjà de consentement.

Toi, c'était pas comme ça. Moi, j'ai eu la chance de vivre dans une famille où avec ma maman notamment, on pouvait aborder les sujets de sexualité, mais pas dans le détail, ça restait quand même un sujet qui relevait de l'intime, presque du tabou. Et donc, petite fille, on m'a toujours dit que mon corps m'appartenait, que j'étais seule à pouvoir choisir ce que j'en faisais, ce qui est pas le cas de de beaucoup de de beaucoup de femmes de ma génération.

En revanche, on n' jamais abordé la question de du formalisme, du consentement. Et donc je ne me souviens pas moi dans dans ma vie de jeune femme et d'adulte euh avoir avant euh avant d'en arriver aux choses sérieuses avec un homme, avoir demandé s'il était d'accord et ce pourquoi il était d'accord, même si j'ai j'ai l'impression quand même d'avoir toujours fait attention à ce que l'autre souhaitait. Mais le consentement s'exprime, je pense, pas de la même façon selon les générations, selon le milieu dans lequel on a grandit, peut-être même selon euh euh la façon dont on conçoit sa sexualité.

Et ça reste encore aujourd'hui un un tabou pour pour beaucoup de femmes et beaucoup d'hommes. Euh à quel moment on dit oui. Ouais.

Et comment on dit oui. Ça ça reste ça reste encore une difficulté. Puis il y a eu là c'est moi je perçois que c'est un peu en train de changer mais j'ai l'impression que pendant tout un temps c'était un peu perçu comme ringard en fait de devoir verbaliser les choses comme si bon si tu as besoin de le dire ou de poser des questions et c'est d'ailleurs ce que fait l'assaut sex et consentement en nous mettant des petits des petits sagetés genre est-ce que tu as demandé avant est-ce que tu as besoin qu'on fasse une pause là aujourd'hui on est du vachement les jeunes à peut-être vérifier le consentement et alors que j'ai l'impression que quelques générations avant c'était perçu peut-être comme quelque chose quel chose d'un peu ringar et pas sexy en fait de verbaliser là où aujourd'hui ça devient de plus en plus naturel en tout cas dans ma génération.

Moi, je pense encore que on n'est pas obligé de tout verbaliser. Ouais. qui doit exister d'autres façons euh de dire oui que par les mots ou bien sûr pour éviter justement d'imposer une sorte de de contrat ou de façon unique d'aborder d'aborder les relations sexuelles euh qui qu'il faut qu'on soit attentif à tout à tous ces petits gestes, ses regards, ces mots qui peuvent formaliser le consentement sans forcément qu'on en arrive à devoir se poser la question de façon plus ou moins crue.

Est-ce que tu es d'accord de coucher avec moi ? En tout cas, si on devait en arriver un jour à quelque chose d'aussi codifié peut-être codifié, je pense qu'on on en on perdrait on perdrait une certaine spontanéité autour des des relations sexuelles. Je c'est pas le rôle du législateur, je pense de codifier aussi clairement les choses, mais à nous effectivement de faire évoluer la loi pour que la question du consentement devienne centrale euh dans dans les relations et que les jeunes se posent la question.

Moi, j'appartiens encore à une génération où on ne se où on se posait pas aussi clairement la question du se posait la question de soi aussi. Est-ce qu'on a vraiment envie ? C'est peut-être aussi quelque chose qui évolue avec le temps.

En tout cas, moi c'est des échos que j'ai pu avoir avec les certaines collègues parlementaires plus âgés que nous deux qui disait "Mais nous on appartenait encore à une génération où en fait on se posait même pas la question forcément. Est-ce qu'on était consentante ?" Alors ne pas se poser la question et ne même pas avoir conscience que parfois on a pu avoir une relation sexuelle sans sans la sans consentir à l'acte.

C'est vrai que moi j'ai deux deux biais peut-être. Je suis députée mais je suis avocate également et et souvent lorsque les femmes viennent me voir et c'est souvent au moment d'un divorce et ce qu'on a et qu'on aborde la question des violences au sein du couple euh je pose des questions pour savoir de quel type de violence il s'agit et donc sous couvert de confidentialité d'avocat la parole parfois se se libère et lorsque je pose la question est-ce que vous avez eu des rapports avec lesquels vous étiez pas d'accord souvent elles me disent oui. Et donc je leur dis mais c'est donc du viol.

Et je les vois soit s'effondrer, soit vraiment tomber des nu être surprises. Mais c'était mon mari. Euh voilà, on a eu des relations avec lesquelles j'étais pas toujours d'accord, mais euh c'était pour avoir la paix, c'était pour éviter que les choses s'en venî, c'était pour lui faire plaisir.

Euh enfin, il y a toujours une plus ou moins une mauvaise raison euh d'avoir accepté un rapport non consenti leur faut un peu de temps pour digérer l'information et s'apercevoir qu'en réalité un rapport sexuel non consenti, c'était un viol et qu'elles ont été victimes de viol conjugal en plus du reste parce que souvent ça vient s'ajouter à d'autres types de violence. Oui, c'est souvent dans le continuum de la violence mais effectivement c'est dur de en fait aussi d'accepter qu'on a pu être victime et en particulier dans le cadre conjugal quoi. Merci.

Est-ce que tu veux rajouter un truc que tu aurais pas dit ? Non, je pense qu'on a on a abordé un un un tout petit un tout petit bout euh de la question du consentement et en fait on devrait faire des podcasts de 45 minutes, tu vois. On interview des députés de chaque groupe pour parler en fond en compte du consentement.

H je pense qu'il y a il y a autant de consentement et de façons de donner son consentement qu'il y a de personnes. Ouais. Et comme il y a autant de relations, enfin les relations aussi sont uniques et chaque relation est unique.

Une même personne en fonction des relations qu'elle peut avoir avec d'autres personnes euh n'aura pas la même façon. Il y a des gens pour lesquels il est totalement exclu au cours d'une relation sexuelle de parler de verbaliser. Ça ça peut être bloquant. d'autres qui aiment ça ou qui ont besoin de ça pour être rassuré tout au long du rapport et être certain de pas faire mal que la personne est d'accord et cetera.

Il y a consentir à l'acte, il y a consentir à des pratiques. Euh il y a voilà la question du consentement est diverse et effectivement je pense que si on on parlait chacun de nos expériences, on aurait fort à dire. Mais il faut que l'on trouve nous en tant que législateur la façon euh de d'un je pense vraiment de de faire en sorte que la question se pose dans la société par le biais euh d'une proposition de loi, d'un amendement, d'un débat à l'Assemblée nationale que les gens se posent ces questions que moi je m'étais pas posé avant d'avoir la bonne trentaine.

Euh comment je fais comprendre que je suis consentante ? Comment je suis absolument certaine que l'autre est également consentant ? Et est-ce qu'on est obligé de se dire les choses pour pour forcément exprimer le consentement ?

Euh si la la nouvelle génération est capable de le faire, j'en suis j'en suis ravie. Mais mais notre société est pas composée que de jeunes et la sexualité elle on l' jusqu'à tard. Euh, on parle pas de sexualité des personnes âgées.

Euh, mais je pense que si tu avais l'occasion d'interroger des personnes de différentes générations, on s'apercevrait que les questions qu'on se pose se posaient encore moins il y a quelques dizaines d'années de cela. Et c'est là où on voit que c'est aussi bien complémentaire avec l'éducation, à la vie relationnelle, sexuelle et affective. En fait, il y a quelque chose qui se crée dans la nouvelle génération qui vient et bah déjà comme tu le disais tout à l'heure, les procès des agresseurs de Giselle Péico ont vraiment fait exploser la fenêtre et et en tout cas ont permis une conversation je pense autour du consentement et là de se dire bon bah effectivement si on a un débat aussi à l'assemblée ça nous permet à nouveau de mettre ça en lumière quoi, de dire bah le consentement c'est la frontière entre la sexualité et la violence.

Et puis ça montrera que à l'Assemblée nationale, on n pas de frontière nous dans les sujets que l'on peut aborder. On va dans intime. On a pu débattre longuement de la fin de vie l'année dernière.

Euh on peut débattre du genre. Tout ce qui relève de la sphère intime en réalité interroge le législateur et nous du coup on est obligé de lever les tableaux. Donc on est là, on les lève ensemble. consente.

Je suis consentante à lever le tabou avec toi. Non mais c'est vrai, c'est trop intéressant. Trop bien.

Merci. Merci à toi.