Contre-matinale #6 : Guerre sociale : Macron ne désarme pas ! | Thomas Portes
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 43 %Attaque 42 %Défensif 14 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 10:57OuverteRéponse directe
Seras-tu dans la rue contre la réforme de l'assurance chômage ?
- 17:58RelanceRéponse directe
Les travailleurs professionnels et les chômeurs professionnels, ça te rappelle quoi ?
- 24:07RelanceRéponse directe
Est-ce qu'on peut entendre la proposition de Mélenchon comme autre chose qu'une provocation ?
- 27:40OuverteRéponse directe
La thématique de la cantine bio gratuite est-elle un thème universel ?
- 31:06OuverteRéponse directe
Julien Bayou a proposé une place à Sandrine Rousseau, est-ce un acte de bonne volonté ?
- 35:23OuverteRéponse directe
Tu étais discret sur le collectif national de génération ? Tu vas le faire quand même ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 11:34PrésentateurChiffre
« 41% des allocataires de l'assurance chômage vont perdre en moyenne 13% de leurs revenus dans l'année à venir. »
- 13:54Locuteur non identifiéChiffre
« Il y a 400 000 personnes qui vont perdre quasiment 40% de leur allocation. »
- 15:57Locuteur non identifiéChiffre
« Il y a 13 fois plus de chômeurs que d'emplois disponibles. »
- 27:26Locuteur non identifiéChiffre
« 83% des Françaises et des Français sont prêts à changer immédiatement leur mode de vie si des mesures radicales sont prises. »
- 49:40Locuteur non identifiéPromesse
« Je serai le président du climat. »
- 1:00:44Locuteur non identifiéChiffre
« à plus de 60% par la consommation »
- 1:01:35Locuteur non identifiéFait
« il faut inverser cette causalité »
- 1:04:16InvitéChiffre
« l'Afrique subsaharienne devrait connaître une augmentation de 3,3% de son PIB en 2022 contre 2,8% en 2021 »
- 1:04:30InvitéFait
« le Fonds monétaire international et la Banque mondiale faisaient de la lutte contre la pauvreté dans le monde une priorité, avec un objectif celui de diviser par deux la pauvreté en 2015 »
- 1:04:43InvitéFait
« l'Afrique est la seule région au monde où la population extrêmement pauvre a doublé en 50 ans »
- 1:05:36Locuteur non identifiéFait
« spécialisé à l'export »
- 1:06:40Locuteur non identifiéFait
« certains disent regardez le taux de croissance à deux chiffres c'est très dynamique »
- 1:10:19Locuteur non identifiéFait
« une forme de protectionnisme des industries naissantes »
- 1:13:27Locuteur non identifiéFait
« la Corée du Sud était pauvre comme le Mozambique il y a encore une quarantaine d'années »
- 1:13:31Locuteur non identifiéFait
« aujourd'hui c'est eux qui ont Samsung »
- 1:15:18Locuteur non identifiéFait
« ils exportent le pétrole ils importent l'essence »
Temps de parole
- Locuteur non identifié32 %
- Locuteur non identifié 228 %
- Présentateur26 %
- Invité6 %
- Invité 22 %
- Invité 32 %
≈ 0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Salut à toutes et à tous, salut à vous les matinaux qui nous regardez en direct et aussi à vous ceux de la France qui se lèvent tard, c'est une blague, désolé. Vous qui nous regardez en replay, vous êtes sur le Média TV et c'est la première édition de notre contre-matinale en rythme quotidien. Je rappelle que pendant un peu plus de deux mois, nous avons proposé à ceux qui nous aiment de faire un don sur une cagnotte citoyenne et populaire sur la plateforme Ulule. Au final, nous avons mobilisé 113 200 euros apportés par 3 130 contributrices et contributeurs. Nous voudrons leur dire merci ici, nous voudrions leur dire merci de la manière la plus solennelle.
Cette matinale entre donc dans sa périodicité quotidienne ou quasi quotidienne, car il n'y en aura pas le week-end, il ne faut pas déconner non plus. Nous faisons le pari sur l'avenir en comptant uniquement sur notre public parce que nous normalement, nous aurions dû offrir avec l'argent que nous avons récolté une revue de presse et un flash info. Mais non, nous allons quand même oser enrôler des chroniqueurs et des reporters dans cette aventure. Votre soutien, vous pouvez toujours nous l'apporter en suivant les liens que vous pourrez trouver en description. C'est à cette seule condition que nous serons forts. La contre-matinale du Média, épisode 6, c'est parti.
Aujourd'hui, je serai en plateau avec Thomas Porte, porte-parole de Sandrine Rousseau lors de la primaire écologiste et toujours son porte-parole d'ailleurs, membre de Génération avec un S et un point et président de l'Observatoire national sur l'extrême droite. Il est aussi membre de la CGT. Ensemble, on parlera en revue, on passera en revue l'actualité politique du week-end qui a été assez riche avec des sorties de Jean-Luc Mélenchon, d'Éric Zemmour, de l'écologiste Julien Bayou, soutien de Yannick Jadot, et la crise de nerfs entre la France et l'Algérie, des parties de déclarations tonitruantes de notre bien-aimé président Emmanuel Macron.
Avant ça, nous aurions dû contacter par téléphone Nicolas Framont, notre camarade Nicolas Framont, co-rédacteur en chef de Frustration Magazine, sociologue et maraîcher bio. Nous devions évoquer la grosse actualité de cette rentrée sociale, c'est-à-dire le nouveau mode de calcul de l'assurance chômage qui constitue un séisme, selon Nicolas. Ce n'est bien entendu que partie remise. Commençons par la titrologie. Ce matin, la mort de Bernard Tapie, ancien dirigeant de l'OM, homme politique et homme d'affaires clivant, est à la une ou en manchette de plusieurs quotidiens français.
On remarquera à la une « Collectors de Libération » avec une grande et belle photo de Tapie et le titre, « Toute affaire cessante ». Le quotidien cite les multiples casquettes que Tapie a portées. Bernard Tapie, businessman, dirigeant sportif, ministre, patron de presse, comédien, repris de justice. Bernard Tapie, personnage médiatique, tapageur et populaire, est mort à 78 ans. Le Figaro se focalise sur la légende personnelle de l'ancien patron de l'OM et se sert de métaphore empruntée à des titres de films, la rage de vaincre, fureur de vivre. Le ton est plutôt bienveillant. De son côté, Mediapart refuse de céder à la politesse de circonstances dans de tels moments et attaque bille en tête.
Ce que Bernard Tapie a révélé de la République, écrit Laurent Mauduit. Enfant terrible de la Mitterrandie et des années fric, Tapie a par la suite bénéficié des largesses de la Sarkozy et de la Hollandie, toujours à la lisière de la légalité. Je lis, avec le décès de Bernard Tapie, la célèbre affaire qui porte son nom éclose. Mais elle reste un formidable miroir où l'on peut déceler la face sombre du second septennat de François Mitterrand comme les dérives du quinquennat sarkoziste. Elle en dit long sur les manipulations dont la justice peut faire l'objet, comme sur l'anémie de la démocratie.
Je lis encore, si l'inusable Bernard Tapie a eu un incontestable talent durant toutes ces années, c'est d'abord celui d'exploiter tous les passe-droits et avantages qu'autorise le capitalisme de connivence à la française, ce capitalisme de la barbichette organisé sur la base d'échanges de bons procédés mutuels. Il les a exploités sûrement mieux que personne. L'humanité met un plaidoyer à sa une. L'Europe peut agir contre la pénurie de médicaments. Brevets, délocalisation, transparence. Un rapport démontre comment reprendre la main sur l'industrie pharmaceutique.
Le Monde, daté de dimanche lundi, mais sorti en réalité samedi après-midi, a fait sa grande une sur le rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels au sein de l'Église catholique qui doit tomber demain le 5 octobre. Pédocriminalité, l'heure de vérité pour l'Église. La Croix met le même sujet à sa une aujourd'hui. Abus dans l'Église, l'éprouvante enquête. Éprouvante pour les membres de la Commission dont les conclusions pourraient provoquer. Un séisme, nous dit la Croix. Éprouvante aussi pour les nombreuses victimes qui ont été entendues. L'opinion, le quotidien pro-business, nous explique que les hausses de prix dans les secteurs gaz et électricité, ce n'est que le début.
Il faudrait 1 000 milliards d'euros pour financer la transition énergétique. Et cet argent va forcément augmenter la note selon l'opinion. Bref, bref, bref. Reporters, le quotidien de l'écologie en ligne nous donne à lire une interview de Guillaume Pitron, journaliste et spécialiste des matières premières, qui utilise une image assez forte. Un téléphone portable ne pèse pas 150 grammes et 150 kilos. Il compte le poids des matières premières nécessaires, bien sûr. Toujours dans la presse indépendante en ligne, cet article de Bastama qui explique comment le pass sanitaire imposé aux enfants entrave leurs droits fondamentaux à l'éducation et aux loisirs.
Et surtout, cet article du média indépendant en ligne marocain, Le Desc, qui raconte en exclusivité, juste avant complément d'enquête d'Élise Lucet, et toujours dans le cadre du Consortium international des journalistes d'investigation, qui sort la grosse affaire Pandora Papers. Et bien, il raconte les magouilles et le double langage de Dominique Strauss-Kahn, qui proclamait en 2013 son aversion pour les paradis fiscaux, lesquels privent les États de recettes fiscales. Dans le même temps, il créait, après une escale au Maroc, une société offshore émiratie, qui abritait le fruit de ses conseils vendus très très cher à des dictateurs comme Denis Sasungueso du Congo.
Je rappelle que les Pandora Papers éclaboussent des dizaines de riches entrepreneurs, chefs d'État et de gouvernement, qui ont planqué, écoutez bien, 11 300 milliards de dollars. À ce niveau, on n'arrive pas à imaginer 11 300 milliards de dollars. De quoi donner le tournis pour boucler cette titrologie ? On regarde l'extrait de Cash Investigation dédié au même sujet.
Vous pensiez tout savoir sur Dominique Strauss-Kahn ? Vous risquez d'être surpris. L'ancien ministre de gauche a implanté ses sociétés dans des endroits du monde où l'impôt est à zéro. Optimisation fiscale, rémunération digne d'un patron du CAC 40. Les honoraires d'un Dominique Strauss-Kahn par rapport à un gouvernement, c'est très élevé, un peu élevé, moyennement élevé. Jusqu'à 3 millions d'euros. Ah oui, quand même ! Au terme d'une enquête mondiale, des documents secrets révèlent comment DSK s'est reconverti dans des affaires qui lui rapportent gros.
Son front de commerce, finalement, c'est ces dictateurs africains qui l'a caressé dans le sens du poil.
DSK et les Pandora Papers dans Cash Investigation, en partenariat avec l'ICIJ, le Consortium International des Journalistes d'Investigation, c'est jeudi soir à 21h05 sur France 2 et dès demain sur la plateforme France.tv.
Retour plateau, comme le veut la tradition, nous devons avoir au téléphone un socio qui commentera avec nous les unes de la semaine et parlera des sujets qui lui parlent. Alors aujourd'hui, normalement, on doit avoir Dan. Dan, est-ce que tu es avec nous ?
Oui, bonjour, je suis avec vous.
Alors, comment tu vas ?
Je veux bien.
Tu nous appelles d'où ?
Oui. Tu nous appelles d'où ? Alors, j'appelle de Saint-Pey-d'Armin, c'est pas très loin de Saint-Énudion, dans Gironde, du côté de Pordeaux.
Alors, quels sont les titres, les sujets d'actualité qui te parlent aujourd'hui ?
Alors moi, des sujets qui me parlent le plus, donc c'est le prix de l'énergie, parce que ça questionne vraiment sur notre dépendance aux énergies fossiles. Ça questionne aussi sur le principe de l'offre et la demande, simplement, puisque plein de journaux parlent de la reprise économique mondiale qui influe donc sur les coûts de l'énergie.
C'est l'offre et la demande en temps réel.
Ça m'interroge sur la privatisation des secteurs de l'énergie. Alors, j'ai été plutôt charmé par Manon Brie, pour le coup, qui explique, qui rappelle en fait que la privatisation des secteurs, en fait, contrairement à ce qui pourrait paraître intuitif, qui conduit à une baisse des coûts lorsqu'on met en concurrence, c'est tout l'inverse qui se produit à chaque fois qu'un secteur est privatisé. Et j'aimerais mettre ce sujet en parallèle avec l'assurance-chômage, parce que ça, c'est quelque chose que les journaux ne titrent pas beaucoup, ne mettent pas en gros titre la réforme de l'assurance-chômage.
– En fait, il n'y a pas beaucoup ce sujet à la une aujourd'hui. On imagine qu'il y aura demain, parce que c'est demain la journée de mobilisation et de grève. Mais aujourd'hui, il n'y a pas grand-chose.
– Donc, moi, ce qui m'inquiète, c'est que toute la politique du gouvernement, en fait, repose finalement sur les plus précaires. Parce que j'ai entendu le ministre, je crois que c'est Jean Castex, qui explique qu'il va bloquer les prix de l'énergie. Mais en contrepartie, ça va reposer sur la hausse de la TVA.
Donc, c'est un petit peu contre-intuitif. – En tout cas, on parlera de tout ça, Dan, aujourd'hui avec Thomas. Et puis, vous êtes tous invités à réagir dans le chat et puis en commentaire. – Merci, Dan, et bonne journée à toi. – Merci, au revoir. – Alors, je rappelle que je suis sur ce plateau avec Thomas Porte. Thomas Porte a été porte-parole de Sandrine Rousseau pendant la campagne pour les primaires écolo. Il est toujours son porte-parole. Il est membre de Génération, avec un point et un S, le mouvement fondé par Benoît Hamon. Il est président de l'Observatoire national sur l'extrême droite. Il est aussi syndicaliste CGT.
Alors, Thomas, seras-tu dans la rue contre le projet de modification du calcul de la location chômage ? Peut-être qu'avant de te poser la question, avant que tu y répondes, je voulais vous conseiller cet article de Frustration magazine, donc le magazine dont Nicolas Framont, qui devait être avec nous, mais qui est malade et le co-rédacteur en chef. Parce que c'est un article, finalement, assez court, assez bien fait, assez rapide, et qui nous permet de cerner. Donc, le titre, c'est « Comprendre la réforme de l'assurance chômage en 4 points et en 5 minutes ».
Et donc, le point 1, c'est, voilà, il y a un chiffre, 41% des allocataires de l'assurance chômage vont perdre en moyenne 13% de leurs revenus dans l'année à venir. C'est un chiffre de lunedique. Et il y a une étude des députés socialistes qui montre que cette réforme touchera d'abord les salariés les plus précaires et les jeunes. Et donc, il débinque un peu, disons, de fausses idées positives sur cette réforme. Par exemple, la clémence du gouvernement dit qu'il a été orientée vers les plus aisés. Les personnes dont le salaire moyen a été supérieur à 4 500 euros brut devaient voir leur allocation chômage baissée avec 6 mois.
Le dernier décret d'application de la loi prit le 30 mars leur octroi, 2 mois supplémentaires, avant que la dégressivité s'applique. Et donc, il y avait une mesure qui semblait vouloir indemniser des missionnaires. Mais en réalité, franchement, elle ne sera quasiment jamais appliquée. Le bonus-malus sur les cotisations patronales des entreprises en fonction de leur taux d'utilisation des contrats courts et mis en place. Mais ce sera en septembre 2022 uniquement et ça excluira les secteurs les plus utilisateurs de contrats précaires, comme l'hôtellerie, restauration, etc. Il ne faut pas contrarier les patrons avant les élections selon Frustration Magazine.
Alors, voilà, c'est des éléments comme ça, très concrets, sur cette réforme qui est vendue comme quelque chose qui apportera du bien. Mais en réalité, c'est une réforme qui est antisociale de bout en bout. Alors, c'est pour ça que je te demandais, Thomas, toi qui es toujours membre de la CGT, est-ce que tu seras demain dans la rue ?
Oui, je serai demain dans la rue parce que cette réforme, elle a uniquement un but, c'est de faire des économies. On parle d'années de croisière, c'est-à-dire qu'elle sera mise au taux d'Allemagne d'implication, ça équivaudra à 2,3 milliards d'euros d'économies par an. Et si on fait le parallèle avec la réforme de l'ISF où on a supprimé 3 milliards dans les caisses de l'État, on voit bien l'objectif. Il faut bien mesurer ce qui se passe avec la réforme de l'assurance chômage, c'est-à-dire qu'on va modifier une règle qui est le calcul du salaire journalier qui permettait de définir le droit des allocataires après. Cette règle n'avait jamais été touchée depuis 40 ans.
Aujourd'hui, on va modifier ça, on va prendre la période où ils ont travaillé, mais aussi celle où ils n'ont pas travaillé. Donc, ça va faire évidemment baisser les allocations. On parle, tu l'as dit, quasiment de 17% de moyenne de baisse. Il faut savoir qu'il y a 400 000 personnes qui vont perdre quasiment 40% de leur allocation avec l'entrée en vigueur de l'assurance chômage et de cette réforme. Il faut savoir que le gouvernement, là-dessus, il est aussi passé en force, puisqu'elle a été retoquée deux fois par le Conseil d'État.
Et Emmanuel Macron a publié un décret la veille de l'application de la réforme pour ne pas permettre aux syndicats de l'attaquer, puisqu'un décret est simplement attaquable le jour où il est publié. Donc là, il va être attaqué par les syndicats, mais la réforme est déjà lancée. Donc, c'est plus difficile pour le Conseil d'État d'intervenir une fois que la réforme est appliquée qu'en amont. Mais c'est vraiment une réforme de classe, parce qu'il y avait un dispositif qui était avancé par le gouvernement, c'était de lutter contre l'utilisation des contrats courts, qui est aujourd'hui un véritable fléau. Tu l'as dit, ça a été décalé à 2022.
Et en vérité, si on veut lutter contre les contrats courts, il faut beaucoup mieux les encadrer, il faut quasiment les interdire, sauf sur certains secteurs. Et aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Et en vérité, comme on veut imposer aux salariés d'avoir un temps de travail et toujours d'être comptabilisés dans le jeu de l'assurance chômage, on va les obliger à prendre n'importe quel boulot, n'importe quelle condition de travail, n'importe quel salaire. Donc, c'est ça qui est absolument scandaleux. Et c'est véritablement une attaque, une fois de plus, sur le modèle social français qui permettait de protéger les plus précaires, avec simplement une volonté de faire des économies.
Et une fois de plus, évidemment, Emmanuel Macron, le président des riches, fait les poches des plus pauvres.
En fait, il y a aussi, d'une certaine manière, un stress qu'on inflige aux demandeurs d'emploi, parce que finalement, il y a 3 millions de chômeurs, il y a 300 000 postes vacants. Mais en réalité, l'enjeu est surtout de pousser les chômeurs vers des postes vacants qui sont scandaleusement mal payés. Donc, quelque part, ça répond à cette plainte du patronat sur la pénurie de main-d'œuvre. On veut jeter les demandeurs d'emploi dans les bras du patronat et changer le rapport de force.
Oui, parce qu'on reviendra tout à l'heure, d'ailleurs, sur ce que dit Eric Zemmour, avec les fameux gens qui ne veulent pas travailler, qui sont des fainéants. Mais aujourd'hui, il y a l'espèce de mythe qui dit qu'il y a une majorité des gens qui ne veulent pas travailler parce qu'ils bénéficient des aides sociales. Ils préfèrent rester chez eux. Alors qu'on sait que c'est faux. Tu l'as rappelé, la DARES a sorti un chiffre très intéressant. Il y a 13 fois plus de chômeurs que d'emplois disponibles. Donc, il n'y a pas assez d'emplois dans ce pays. Et effectivement, si aujourd'hui, il y a des emplois qui sont non pourvus, ce n'est pas parce que les gens ne veulent pas le travailler.
Ce n'est pas parce qu'ils ne veulent pas travailler dans des conditions dégradées. Ils ne veulent pas avoir des salaires de misère pour se lever tôt le matin, avoir des coupures toute la journée et rentrer chez eux à pas d'heure. Souvent, il n'y a pas de transport en commun pour les accompagner. Donc là, c'est une réponse à un désidérata et à des demandes du patronat, c'est-à-dire d'imposer, de faire un chantage à l'emploi quelque part à celles et ceux qui sont aujourd'hui en dehors du marché du travail pour leur dire si vous ne voulez pas accepter ces emplois qui sont très mal payés, qui sont précaires, on va vous sucrer les aides et ce sera encore pire.
Donc, c'est pour ça que c'est absolument scandaleux. La véritable réponse, et je termine là-dessus, pour lutter contre le chômage, elle passe par une autre organisation du travail, notamment par une réduction du temps de travail, ce que demande la CGT, par la semaine à 4 jours de travail, les 32 heures, qui permettrait de créer voire 1,5, voire 2 millions d'emplois. Ça, c'est une véritable réponse. Aujourd'hui, la réforme de l'assurance-sourmage, ce n'est pas une réponse pour répondre au travail, c'est une réponse pour encore plus précariser les gens et leur imposer des métiers qui ne sont aujourd'hui pas acceptables.
On va continuer avec les thématiques de la semaine politique, disons du week-end politique qui vient de se dérouler. On procédera ainsi, nous diffusons une séquence courte qui témoigne d'un fait qui s'est déroulé ce week-end dans la sphère politique. On y va ? Allez. On commence par un extrait vidéo d'une conférence publique du pas candidat Éric Zemmour à Lille, habituellement, il nous fait du pétain, mais là, il nous a fait, à mon avis, du Macron ou du Sarkozy. On l'écoute.
Je sais très bien que ce modèle social, il est légitime. Vous y tenez, et j'y tiens, comme à la prunelle de mes yeux. Mais il faut distinguer entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas, entre ceux qui cotisent et ceux qui reçoivent de l'assistanat, entre les chômeurs professionnels, entre les chômeurs professionnels et les travailleurs professionnels, les uns payant pour les autres.
Alors, Thomas, les travailleurs professionnels et les chômeurs professionnels, ça me rappelle un peu la rhétorique de la France qui se lève tôt, de Sarkozy, de Nicolas Sarkozy, et celle de ceux qui réussissent et de ceux qui ne sont rien d'Emmanuel Macron, une manière de cliver le camp des travailleurs, vraiment d'agiter ce petit sentiment mauvais qui nous donne l'impression qu'on bosse toujours un peu plus que le voisin. Est-ce qu'il retourne finalement aux fondamentaux de la droite après avoir exprimé ses penchants fascistoïdes ?
Je crois qu'Éric Zemmour, c'est l'alliance de la bourgeoisie et d'un certain milieu fasciste. Il faut être tout à fait honnête. C'est sorti son raciste depuis plusieurs semaines. Il a été condamné déjà à plusieurs reprises pour ces faits-là. Et aujourd'hui, il refait la rhétorique de l'élite bourgeoise et du grand patronat qui fait croire que certains profitent des aides, vivent sur le dos du système et ne permettent pas aux bons français, comme il dit, d'avoir des emplois. Ce qui est totalement faux et toutes les études le démontrent.
Mais si Éric Zemmour veut parler de celles et ceux qui ne contribuent pas à l'effort collectif et mettent en difficulté le pays, il devrait plutôt parler de ce qui a été révélé hier par un consortium de journalistes qui est une affaire d'évaluation fiscale extraordinaire et qui met en difficulté l'État, qui casse les services publics. Donc là, on voit qu'il y a une volonté effectivement de prendre sur l'électorat de droite puisqu'il a fait baisser Marine Le Pen et il va aller chercher sur l'électorat du Républicain. Il s'est mis en scène avec des jeunes républicains. Mais véritablement, si Éric Zemmour est aussi mis en avant par le système, c'est parce qu'il ne dérange pas le système.
Il ne remettra pas à cause des intérêts des puissants, il ne remettra pas à cause des intérêts du patronat. D'ailleurs, beaucoup de patrons acceptent de le rencontrer. Donc cette sortie-là, c'est du Nicolas Sarkozy dans le texte, mais c'est extrêmement dangereux parce qu'il y a toujours cette... Quand on n'attise pas les haines entre les Français et les étrangers, on attise les haines entre les Français et entre les travailleurs pour dresser les gens les uns contre les autres et c'est le candidat de la haine. C'est ça Éric Zemmour, en fait.
Alors, on a aussi l'impression que Zemmour, en 2022, c'est un peu Le Pen, mais Jean-Marie Le Pen, à l'époque où il était très rigagnant et qu'il assumait son côté ultra-libéral. Donc c'est le RN, disons le FN d'avant Marine Le Pen qui a essayé de parler aux populos, même si c'est pour des raisons purement opportunistes.
Vous avez raison, il y a un parallèle avec Jean-Marie Le Pen et le débat qui a eu face à Jean-Luc Mélenchon l'a mis en exergue sur un passage qui, moi, on m'a marqué. Il a fait une sortie sur l'anticommunisme où il a été cité des références que plus personne de notre génération ne connaît et c'est ce que pouvait faire Jean-Marie Le Pen à l'époque. Et on voit qu'il y a cette volonté de durcir le temps et sur des sujets régaliens comme Marine Le Pen avait un peu abandonné pour avoir un discours avec un vernis un peu plus social, même si on sait ce qu'il y a derrière.
Mais on voit aujourd'hui qu'Éric Zemmour reprend des propos de Jean-Marie Le Pen, reprend des éléments de langage qu'il y avait eu à l'époque. D'ailleurs, Jean-Marie Le Pen, cette semaine, ou même hier ou avant-hier, a dit qu'il allait certainement voter Éric Zemmour. Donc on voit qu'il y a une filiation avec les deux. On voit qu'Éric Zemmour s'entoure des gens les plus abjects. On a découvert ce week-end qu'il y avait, par exemple, un des responsables d'un des comités locaux qui avaient déjà été à l'époque condamnés pour des agressions sur des filles d'origine maghrébine.
Donc on voit qu'il y a tout un mélange de gens particulièrement nauséabonds qui noyautent aujourd'hui l'entourage d'Éric Zemmour. Et effectivement, il y a un parallèle avec Jean-Marie Le Pen. Et ce qui est extrêmement préoccupant, c'est que malgré le fait qu'il fasse baisser Marine Le Pen, si vous additionnez aujourd'hui l'extrême-morte en France, dans les sondages, ils valent ce qu'ils valent et ils peuvent se tromper, mais ils sont quasiment à 30%. Donc c'est une période qui est extrêmement préoccupante. Et la gauche, elle a une responsabilité dans ces moments-là.
Une responsabilité, c'est-à-dire ?
C'est-à-dire qu'elle doit mener la bataille pour combattre ces gens-là. Et je crois que Jean-Luc Mélenchon a eu raison de faire les débats face à Éric Zemmour, même si ça fait beaucoup discuter à gauche et qu'on a dit que ça mettait en avant Éric Zemmour. Je crois que la première responsabilité de celles et ceux qui mettent en avant Éric Zemmour, ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon, c'est les médias qui lui déroulent des tapis rouges. C'est des gens qui participent à des manifestations policières à ses côtés. C'est le Parti Socialiste qui a repris certains éléments de langage depuis des années et qui a abandonné le combat idéologique.
Et je crois que la gauche, elle a la responsabilité de mener le combat des idées face à Éric Zemmour. Ce n'est pas un combat de slogan, mais il faut proposer des horizons, proposer un projet de société. C'est comme ça qu'on va arriver à convaincre largement. Ce n'est pas simplement en disant ne votez pas pour lui, c'est un facho, si vous votez pour lui, vous êtes con. Il faut aller bien au-delà de ça. Aujourd'hui, les gens, ils attendent des réponses sur leur vie quotidienne, des réponses concrètes. Et ça, la gauche, elle doit le porter dans cette élection présidentielle et elle doit avoir un programme ambitieux, offensif qui montre qu'on peut changer la vie des gens.
Et non, il n'y a pas que deux alternatives. Il n'y a pas que l'extrême droite et il n'y a pas que le libéralisme autoritaire d'Emmanuel Macron. Il peut y avoir un projet politique de gauche, radical, écologiste, qui change la vie quotidienne des gens et qui ne dresse pas les gens les uns contre les autres mais qui apportent des vraies réponses, y compris de justice sociale et qui apaise aussi ce pays qui en a aujourd'hui bien besoin.
– Alors Thomas, on rappelle donc que tu es membre de Génération avec un S, que tu es CGT, militant CGT, que tu es également le porte-parole de Sandrine Rousseau, donc la candidate malheureuse à la primaire écologiste qui est arrivée au second tour et qui a perdu d'un chouïa contre Yannick Jadot. On continue avec les séquences politiques du week-end. Jean-Luc Mélenchon était chez Rukier samedi dans la nuit, l'émission On est en direct sur France 2.
Il y a eu de l'électricité dans l'air, notamment entre Léa Salamé et Mélenchon, mais la séquence que j'ai retenue, c'est celle durant laquelle le candidat de la France insoumise ou de l'Union populaire évoque la question de la hausse des prix du gaz et du bouclier tarifaire mis en place par Jean Castex pour la régler.
– Il y a quelque chose chez Castex que j'adore, c'est la bonhomie avec laquelle il vous dit des trucs les plus invraisemblables. Alors il dit comment on va payer tout ça ? Eh bien grâce à la TVA sur la hausse. Bref, il faudrait qu'on dise merci à la hausse parce qu'elle permet d'avoir de la TVA qui permet d'avoir un chèque énergie. C'est une histoire de fou. – Alors parlons de vos propositions. – Oui mais là je termine parce que je vais lui en faire une. – Allez, terminez. – Au lieu de mettre 100 euros comme ça qu'il a trouvé dans un fond de caisse, je lui propose de regarder les entreprises qui sont fournisseurs de gaz et d'électricité. D'accord ?
Ils ont fait 13 milliards de bénéf au premier semestre. Voilà ce que je lui propose. On prend 10%, c'est pas beaucoup hein, 10% de tout ça et avec ce 10%, on donne aux gens 500 euros les abonnés du gaz. D'accord ? 500 euros, c'est la somme qu'ils ont perdue depuis 2017.
– Alors Thomas, j'ai choisi cette séquence parce que bon, elle s'éloigne un peu des polémiques sur ces montées de tensions avec Léa Salamé et c'est du programmatique et je pense que ce qui peut finalement faire avancer cette campagne dans le bon sens c'est le programmatique et on voit là qu'il y a une proposition qui est radicale, c'est-à-dire qui s'attaque à la racine des choses, c'est-à-dire, bon voilà, le prix du gaz augmente, cet argent va directement dans les poches des actionnaires de ces entreprises et donc on leur prend juste 10%, c'est pas grand-chose.
Mais justement, est-ce qu'aujourd'hui avec la radicalisation du patronat et des politiques qui lui sont associées, est-ce qu'on peut encore entendre ça comme autre chose qu'une provocation ?
Je crois que vous avez raison de prendre cet élément de débat parce que c'est ce que j'ai dit tout à l'heure, si on veut convaincre les gens, il faut des propositions concrètes et celle qu'a fait Jean-Luc Mélenchon sur le prix de l'énergie, elle est de nature à répondre à ce que vivent les gens aujourd'hui, c'est-à-dire, le prix du gaz c'est hallucinant, ça fait depuis le mois de juin, tous les mois on nous annonce une hausse du gaz et là le Premier ministre vient nous dire ça va être gelé après l'augmentation et ça va être gelé jusqu'aux élections présidentielles donc en plus on voit un peu la manœuvre politique qu'il y a derrière et là Jean-Luc Mélenchon il a une proposition qui est certes radicale mais il le dit lui-même il veut prendre que 10% des 13 milliards qui ont été faits ce qui n'est quand même pas le plus radical Si on retourne
dans les années 80-90 en fait ce n'est pas radical ce sont des mesures qui ont pu être prises sans que personne ne crie au scandale mais le niveau des rapports de force idéologique
Non mais c'est aussi ça la bataille des idées c'est qu'aujourd'hui la droite et le patronat ils ont un peu gagné cette bataille des idées et quand on dit on va taxer les riches on a l'impression qu'on s'attaque à quelque chose d'incroyablement novateur et qu'on ne peut pas le faire ça a été fait vous l'avez rappelé dans l'histoire par le passé mais il y aura d'autres solutions et Jean-Luc Mélenchon n'est pas le seul à le dire et il y a d'autres propositions sur la table c'est celle de remettre en place des services publics parce qu'en vérité ce qui se passe aujourd'hui avec le coût de l'énergie c'est qu'on est rentré dans un système de privatisation de mise en concurrence des entreprises de l'énergie et si nous avions en France un pôle public de l'énergie sous maîtrise de l'État et qu'il soit sorti des logiques marchandes avec par exemple la gratuité des premiers mètres de gaz des premières factures d'électricité pour les plus précaires il y aurait des enjeux à répondre parce qu'évidemment il va y avoir une transition écologique à financer mais de l'argent il y en a on en parlera tout à l'heure mais l'évasion fiscale en France c'est entre allez je prends la fourchette basse 60 milliards et la haute 100 milliards donc on peut dégager des choses on peut aller avoir une tranche d'imposition supplémentaire parce que quand on dit taxer c'est pas forcément négatif c'est derrière la question de la répartition des richesses et comment on permet aux gens de vivre dignement aujourd'hui c'est absolument pas acceptable qu'il y ait des gens qui ne puissent pas se chauffer parce que la facture est trop chère qu'il y a encore des coupures contrairement à ce que les entreprises laissent croire des gens sont coupés en plein hiver ils ont pas d'eau on vit dans un monde où la France est la 6ème ou 5ème puissance économique mondiale selon les indicateurs champion d'Europe déversement des dividendes aux actionnaires et on a des gens qui se gèlent dans leurs appartements doit mettre sur la table ce genre de propositions concrètes pour sortir du système libéral et de l'économie de marché qui aujourd'hui ne marche pas et la crise du Covid l'a révélé c'est-à-dire que c'est un système qui gave une minorité et laisse sur leur bord de la route une majorité et ça c'est plus acceptable et je crois que les gens aujourd'hui ils ont quand même intériorisé le fait que ce système-là il n'allait pas et que le mythe du libéralisme où tout va bien et chacun peut s'en sortir sans lien collectif ça ne marche pas et il y a un désir de radicalité il y a un sondage qui est sorti dans Le Monde qui dit que 83% des Françaises et des Français sont prêts à changer immédiatement leur mode de vie si des mesures radicales sont prises et qu'elles améliorent leurs conditions de vie donc ça c'est une réalité et il faudra le porter au cours de cette élection présidentielle et Jean-Luc Mélenchon a raison de mettre ces propositions-là sur la table
Il a aussi parlé et a subi des ricanements de Léa Salamé à ce sujet des 5 fruits et légumes gratuits de la cantine bio pour les enfants est-ce que cette campagne n'est pas aussi une occasion d'imposer la thématique du droit à la nourriture bio pour les gosses ok nous on a bien salopé nos organismes mais nos enfants ceux qui naissent dans cet environnement que nous avons détruit et que nos parents ont détruit on peut quand même leur donner l'opportunité de manger du bio à la cantine est-ce que ça c'est un thème qui parle je veux dire universellement il suffit même on n'est pas obligé de s'intéresser particulièrement à la politique pour être sensible à ça d'autant plus que les parents voient la différence entre les prix des produits bio et des produits pas bio et c'est une souffrance en réalité pour ces parents qui ont l'impression de donner de la mauvaise nourriture à leurs gosses est-ce que cette thématique la thématique de la cantine gratuite avait déjà parlé aux gens en 2017 est-ce que la thématique justement de la cantine bio des 5 fruits et légumes gratuits par jour ou bien disons socialisés est-ce que c'est pas quelque chose qu'on peut avancer notamment dans un contexte où Bernard Friot et son idée de sécurité sociale de l'alimentaire ça prend quand même ça prend
vous avez raison parce qu'il y a aussi la confédération paysanne qui porte une sécurité sociale pour se nourrir pour permettre aux familles d'avoir des chèques pour pouvoir acquérir de la nourriture parce que on n'est pas obligé de s'intéresser aujourd'hui à la politique pour avoir conscience qu'il faut manger bio et sain et je crois que 99,9% des gens de ce pays sont tout à fait conscients qu'il faut se nourrir correctement et que c'est une nécessité mais qu'aujourd'hui les prix ne permettent pas à la fois des salaires bas et des prix du bio qui sont élevés ne permettent pas à des familles de quartiers populaires y compris à des travailleuses et des travailleurs qui aujourd'hui n'arrivent pas à manger sainement il suffit d'aller faire vos courses je ne vais pas s'y aller des enseignes mais quelques-unes des enseignes connues pour être spécialistes du bio quand vous arrivez à la caisse la facture elle est quand même assez élevée et il faut pouvoir aller se nourrir donc là aussi il y a un véritable sujet et le droit à l'alimentation ça fait partie aussi des éléments qui sont des j'ai envie de dire des besoins des premières nécessités c'est pas normal que dans un pays comme le nôtre on ne puisse pas se nourrir correctement parce qu'on n'a pas les moyens d'y arriver parce qu'on sait que derrière il y a l'obésité il y a des maladies on a des gamins qui sont en surpoids il y a des maladies chroniques qui se développent donc il faut y répondre et effectivement
il y a des perturbateurs endocriniens
donc la question de la nourriture elle est absolument centrale et Jean-Luc Mélenchon là aussi a raison de la poser puisque cette campagne présidentielle c'est le moment où on fait des propositions c'est le moment où on développe de nouvelles idées et le mépris de Léa Salamé il est assez hallucinant parce qu'on voit bien dans le débat
je pense qu'elle mange bio je pense que sa famille
je pense qu'elle n'a pas de soucis pour en manger bio Léa Salamé mais on voit bien que toujours on va nous entraîner sur sécurité, identité, immigration c'est toujours la même chose et il faut que cette campagne on arrive à imposer des questions sociales des questions écologiques des questions sociétales qui sont en vérité la préoccupation première des françaises et des français juste pour finir là-dessus quand vous allez sur les marchés vous faites du porte-à-porte les gens ne vous parlent pas du nombre de migrants qu'il y en a dans le pays ils vous parlent qu'ils n'aient pas de logement qu'ils n'arrivent pas à se nourrir qu'ils n'ont pas de boulot c'est ça la priorité des gens donc il faut les imposer dans le débat et il ne faut pas lâcher c'est pas toujours évident donc c'est aussi bien d'avoir des émissions comme la vote ce matin
on poursuit avec Julien Bayou secrétaire national EELV et proche de Yannick Jadot le vainqueur de la primaire des écolos Julien Bayou était l'invité de France Info il a proposé à Sandrine Rousseau dont tu étais le porte-parole durant la campagne de prendre une place importante dans l'équipe de campagne de Jadot cela intervient après des échanges peu amènes par médias et réseaux sociaux interposés on regarde
oui évidemment Sandrine Rousseau a toute sa place dans la campagne et d'ailleurs
quelle place ?
pouvez-vous nous dire exactement quelle place elle va avoir dans la campagne ?
Yannick Jadot lui a proposé de présider le conseil politique dans notre jargon c'est important c'est l'instance on va dire qui va superviser les orientations de la campagne qui va réunir évidemment les différents candidats et candidats les chefs de parti et puis ce qu'on appelle les grands élus nos maires et les parlementaires et bien sûr les instances régionales c'est cette instance qui va définir les orientations les grandes séquences de campagne et autres donc c'est absolument important Sandrine Rousseau a su faire venir à la politique des gens qui disaient je fais de la politique quand vous êtes féministe c'est politique évidemment les droits des femmes c'est politique mais je me tiens à l'écart des partis et donc je crois qu'on doit aussi réussir ça dans la campagne à l'égard notamment de la jeunesse vous avez une grande partie du mouvement climat qui dit il n'y a pas plus politique que le climat puisqu'il s'agit des générations présentes et de l'avenir des générations futures mais elles disent je me tiens loin des organisations partisanes et bien tout l'enjeu de notre campagne et j'en ai discuté beaucoup avec Annie Jadot nous voulons permettre que cette énergie cette envie cette soif de justice elle puisse s'exprimer dans la présidentielle tout en gardant cette indépendance à l'égard des partis
Alors Thomas est-ce que la proposition de Julien Bayou est un acte de bonne volonté on ne va pas faire la langue de bois ici je ne sais pas peut-être que tu auras des problèmes avec Sandrine Rousseau mais il faut dire ce qu'on a envie de dire
Non non mais Sandrine Rousseau d'ailleurs a accepté la proposition faite par Julien Bayou et par Yannick Jadot de présider le conseil politique de campagne du pôle écologiste qui définira les grandes orientations de campagne Julien Bayou vient de le rappeler dans l'extrait que vous avez diffusé mais il n'y a pas que ce sujet-là c'est aussi ce que dit Sandrine Rousseau elle a dit d'ailleurs qu'elle respecterait le scrutin et qu'elle voterait Yannick Jadot donc là-dessus les attaques à dominem contre Sandrine Rousseau n'étaient pas vraiment justifiées parce que sa loyauté ne peut pas être remise en cause puisqu'elle l'a dit de façon très claire sur tous les médias simplement ce qu'elle dit et ce qu'on dit c'est qu'elle fait 49% dans une élection sur une ligne politique très à gauche radicale avec et Julien Bayou l'a très justement rappelé avec des gens qui ne faisaient plus de politique qui disaient que tout ça n'était pas pour eux qu'ils ne se sentaient pas représentés donc dans la campagne que doit mener Yannick Jadot à l'élection présidentielle il faut que ce qu'a apporté Sandrine ses idées et cette force qu'elle a mise se retrouvent c'est ça que nous avons dit simplement et aujourd'hui c'est lui qui a gagné la primaire et c'est un résultat politique et c'est le vainqueur et le rassemblement était entre ses mains je crois qu'aujourd'hui c'est aujourd'hui en train de se réaliser il y a eu des échanges avec Sandrine voilà tout ça il faut aussi comprendre qu'au lendemain des élections les tensions elles sont souvent très fortes quand ça se joue à 1500-2000 voix maintenant Sandrine sera fidèle à Yannick Jadot simplement elle veillera à ce qu'elle a porté et ce que les milliers de personnes qui dans cette primaire ont voté pour elle se retrouvent dans cette campagne là parce qu'elle dit aussi une chose très juste elle dit moi je peux appeler à voter Yannick Jadot je peux voter Yannick Jadot ce que je ferai mais mes électrices et mes électeurs je ne maîtrise pas leur vote et pour qu'ils votent pour le candidat écologiste à la présidentielle il faut qu'ils retrouvent ce que j'ai porté sur 50% des votants à une primaire ou 49% et en faisant comme si ça n'existait pas si Yannick Jadot veut rassembler largement l'écologie politique il doit pas simplement regarder d'un côté mais regarder des deux côtés pour ouvrir largement à celles et ceux qui aujourd'hui sont des militants associatifs sont des militants syndicaux sont des gens qui sont dans des collectifs qui luttent et qui veulent que leur vie change et qui ne veulent pas d'accord sur un coin de table qui veulent une écologie radicale qui remettent en cause aujourd'hui les systèmes de ne marcher et le système libéral c'est ça le véritable enjeu de la campagne politique qui va s'ouvrir avec les écologistes je crois qu'on a vu aux élections régionales aux élections européennes aux élections municipales les écologistes ont fait des bons scores parce qu'il y a un désir d'écologie dans ce pays et c'est d'ailleurs une bonne chose au regard de la situation dans laquelle on évolue maintenant pour y répondre il ne faut pas mettre sous le tapis les questions sociales
J'ai remarqué que tu étais assez discret sur le collectif national extraordinaire de génération au moment dont tu es une des figures qui a accueilli Jadot et Yannick Jadot ce samedi dans l'objectif de préparer la campagne tu vas le faire quand même ?
Oui oui mais moi ce week-end j'ai passé quelques jours de repos chez mes parents puisqu'après plusieurs semaines de campagne avec Sandrine c'était quand même aussi un temps de repos et d'apaisement donc Yannick Jadot s'est rendu au conseil national extraordinaire de génération qui était co-organisateur de la primaire et c'est donc c'est tout à fait normal que le candidat élu vienne débattre dans un des partis qui va participer au futur pour l'écologiste pour exprimer ses idées savoir comment il va construire sa campagne et je crois que Génération d'ailleurs a rappelé à cette occasion là que les questions sociales et sociétales doivent être aussi au cœur du programme de Yannick Jadot donc c'est aussi pour ça que ce mouvement a été créé par Benoît à l'époque à Benoît Hamon à l'époque pour mettre à la fois l'écologie et le social sur le même niveau d'égalité et c'est ça ce qui a été discuté ce week-end donc c'était un temps d'échange informel et il ne faut pas voilà j'étais simplement pas présent pour des raisons personnelles puisque j'étais en repos
J'ai certainement dire que tu avais piscine que tu mangeais des gaufres avec tes enfants etc
Moi je crois qu'on peut moi je laisse les uns et les autres commenter ce qu'ils veulent je crois que j'ai quand même montré pendant cette campagne que j'étais assez présent aux côtés de Sandrine Rousseau et que j'ai toujours fait la part des choses et d'ailleurs dès le soir du résultat j'ai dit qu'il fallait voter Yannick Jadot donc moi je n'ai pas trop de sujets sur les polémiques là tout le monde sait que ma ligne politique n'est pas forcément celle de Yannick on a des divergences et on a des différences elles sont assumées et elles sont connues et maintenant il faut aussi respecter le choix d'un scrutin démocratique et il a gagné la primaire et c'est le jeu politique après
Y a-t-il autre chose de possible comme malentendu entre un adepte du capitalisme vert comme Yannick Jadot parce que c'est ce qu'il est et des écologistes ayant pour horizon la transformation sociale est-ce que c'est pas une sorte de piège à con finalement les primaires une sorte de corset dans lequel on vous contraint d'autant plus qu'en général les forces plus à gauche acceptent les scrutins et les forces plus à droite les refusent c'est-à-dire on avait avec Benoît Hamon en 2017 la quasi-totalité du parti socialiste qui a tourné le dos des pontes et parti avec Emmanuel Macron est-ce que finalement c'est pas une manière de contraindre la gauche de transformation sociale ?
Je sais pas moi c'était mes premières primaires puisque je découvrais ce processus-là et j'étais plutôt sceptique au départ mais je dois dire que ça nous a permis quand même pendant deux mois de débattre et on a quand même eu des débats de qualité entre les candidats et les candidats à la primaire écologiste donc je pense pas que c'est un moyen d'enfermer et heureusement j'ai envie de dire qu'on a eu ces primaires parce que si le parti Europe Écologie Les Verts ou le pôle écologiste avait désigné un candidat d'office quel aurait été ce candidat ?
Aujourd'hui on sait pas et si on n'avait pas eu les primaires on n'aurait pas pu apporter dans l'espace public et dans le débat public ce qu'a porté aujourd'hui Sandrine Rousseau ça a été la seule à porter des questions sur la baisse du temps de travail c'est celle qui s'est attaquée à la taxation des riches c'est celle qui a eu des mots très forts sur la réforme de la police sur les enjeux écologiques sur le fait qu'il fallait pas laisser des millions de gens sur le bord de la route elle a aussi beaucoup parlé d'alimentation de services publics donc tout ça sans les prix de féminisme évidemment puisque c'est une militante écoféministe et elle a une des premières femmes à avoir brisé l'omerta de la parole dans l'espace public à l'époque où elle était chez Europe Écologie Les Verts et l'affaire Denis Bopin donc elle a pu dans le cadre de cette primaire porter des éléments qui sont extrêmement importants et qui vont compter à l'avenir quoi qu'il se passe à l'élection présidentielle il faudra compter avec Sandrine Rousseau dans les années à venir elle est revenue dans le débat public elle a donné un souffle et elle a donné envie à des gens de faire de la politique qui sont aujourd'hui derrière elle et qui vont continuer à la suivre et à l'accompagner dans les semaines et les mois à venir
– Mais quelque part en fait même s'il dit ok Yannick Jadot dit ok d'accord j'ai entendu le message allez faites campagne avec moi je veux dire il ne s'engage en rien en réalité parce que les choses étant ce qu'elles sont s'il gagne la présidentielle il fait ce qu'il veut on a bien vu que François Hollande s'est un peu servi de toute la gauche de transformation sociale pour arriver au pouvoir en 2012 tout le monde a appelé à voter pour lui il a fait ce qu'il a fait c'est pour ça que la question vraiment se pose sur la responsabilité de celui qui appelle à voter pour quelqu'un sur lequel il n'y aura plus aucune emprise et d'ailleurs ça vaut pour tout le monde enfin pour tous les hommes politiques de premier plan c'est une question
– Non mais c'est une question et vous avez raison puisque rien n'engage à respecter sa parole après on évolue dans un milieu où il y a quand même du respect et on considère que les paroles elles doivent être tenues en tout cas c'est ce que je pense mais c'est aussi pour ça que Sandrine Rousseau parce que vous parlez de gagner l'élection présidentielle et après de respecter sa parole mais il n'y aura pas de victoire du pôle écologiste à cette élection présidentielle s'il n'y a pas de prise en compte de ce qu'a porté Sandrine Rousseau donc c'est aussi ça la garantie quelque part et l'exigence de se retrouver dans le programme qui va être mis sur la table c'est à dire que si on fait fi des 49% on fait fi de la dynamique de l'élan de la fraîcheur qu'a incarné Sandrine Rousseau pendant la primaire il n'y aura pas de victoire politique possible pour le pôle écologiste
– Le week-end politique ça a été aussi une nouvelle étape d'une énième guerre des nerfs franco-algériennes
– Un nouveau raidissement entre Alger et Paris le rappel immédiat de l'ambassadeur algérien en France Mohamed Antardahoud pour consultation fait savoir la présidence algérienne contexte la réduction de moitié des visas octroyés aux Algériens qui avaient déjà donné lieu à une protestation formelle d'Alger mais depuis il y a eu cet article du monde ce ne sont pas les étudiants ni les acteurs économiques qui sont ciblés y affirme Emmanuel Macron mais surtout le milieu dirigeant faute de coopération pour rapatrier des gens en situation irrégulière dit-il en substance mais il y a plus le monde rapporte une rencontre avec des jeunes français certains binationaux pour échanger librement de la guerre d'Algérie Emmanuel Macron aurait à cette occasion évoqué la construction de l'Algérie sur une rente mémorielle entretenue par le système politico-militaire et une histoire officielle totalement réécrite qui ne s'appuie pas sur des vérités mais sur un discours reposant sur une haine de la France qui dit tout le problème c'est la France
alors Thomas tu n'es pas un spécialiste de la politique internationale mais on a l'impression que Macron Emmanuel Macron fait de la politique intérieure au détriment des équilibres de la diplomatie française et de ses alliances parce que en réalité malgré le cinéma franco-algérien l'Algérie et la France sont des alliés
bien sûr et c'est un peu c'est aussi le symbole du quinquennat d'Emmanuel Macron qui se mêle un peu de tout sans forcément maîtriser tous les dossiers qui donne son avis sur tout et qui vient donner des leçons sur la vie intérieure des pays alors on peut penser ce qu'on veut de la démocratie en Algérie chacun a le droit de penser ce qu'il veut mais déjà quand on est président de la république française il faut faire attention à ce qu'on dit parce que les paroles elles portent et puis là la sortie sur la rente mémorielle sur la colonisation quand on connaît la responsabilité de la France dans ce qui s'est passé en Algérie je pense qu'on doit quand même faire un peu profil bas des fois et faire attention aux mots qu'on utilise mais c'est pas surprenant Emmanuel Macron il a dit des choses sur le Mali il a dit des choses sur le Liban on se rappelle quand il y a eu la catastrophe où il était c'était presque le chef d'état du Liban en déplacement en disant on va reconstruire le pays on voit qu'aujourd'hui il n'y a eu évidemment aucun effet derrière et c'était simplement de la communication donc c'est le président de la communication et ça continue et ça tend inutilement les tensions entre des pays qui ont tu l'as dit des relations toujours et qui sont des alliés en vérité donc c'est inutile et c'est symbolique de ce président là qui a toujours besoin de s'exprimer toujours besoin de donner son avis sur tout de se mettre en avant et d'alimenter des polémiques qui n'existent pas parce que là c'est parti d'une discussion avec des jeunes on ne sait pas trop d'où ça vient et tout ça est monté en épingle mais je crois qu'on a besoin dans ces moments-là ce que j'ai dit où quand même le monde est sous tension où il y a des crises un peu partout on a besoin d'apaisement et entre des dirigeants nationaux on est en droit d'attendre des discussions apaisées et sereines et pas des déclarations par voie de presse interposées
– Là en fait on se retrouve au limite du en même temps parce qu'on se rappelle qu'Emmanuel Macron avait un peu fâché disons une partie des rapatriés d'Algérie et leurs descendants avec la question de la remise à plat de la mémoire avec Benjamin Stora qui avait été appelé pour finalement pacifier les mémoires et c'est lui en fait comme un lézard qui détruit de sa queue ce qu'il a construit de ses pattes en gros il dit exactement le contraire de ce qu'il avait dit en 2017 et de ce qu'il a dit durant son mandat et une des rares choses dont on pouvait le créditer côté progressiste entre guillemets c'était justement de sortir en fait de cette hubris colonial mais il y est replongé il y replonge sur le Liban sur le Mali sur l'Algérie est-ce que c'est pour plaire à la droite tout simplement sans aucune sorte de considération ?
– Je pense que vous avez raison de saluer qu'au départ Emmanuel Macron avait pris des positions courageuses sur la question de l'Algérie d'ailleurs tout le monde avait reconnu quelle que soit la sphère politique hormis l'extrême droite qu'il avait pris des bonnes positions et qu'au bout d'un moment il fallait assumer les choses et que la France a donné une histoire il faut l'assumer et puis on ne va pas réécrire l'histoire il faut l'assumer mais là on voit qu'il y a un espèce de retour en arrière et c'est le fameux effectivement en même temps pour essayer de contacter tout le monde et je crois qu'effectivement il ne faut pas dénouer ça de la période électorale dans laquelle on entre et du scrutin présidentiel il va falloir donner des gages à une certaine partie des électrices et des électeurs et notamment de la droite et la droite la plus dure qui a toujours du mal à digérer sur ces questions de l'Algérie à mon avis ça répond aussi à ça les déclarations d'Emmanuel Macron mais je crois que ce n'est pas vraiment très sérieux
Alors tu es un observateur très pointilleux de l'extrême droite en France ce week-end un fait nous est remonté le Parisien a révélé qu'un jeune néo-nazi de 19 ans je ne sais pas on ne peut pas dire autre chose que néo-nazi envisageait de s'attaquer à une mosquée à un lycée en Seine-Maritime son projet aurait été déjoué par la DGSI l'info est classée à la rubrique fait divers du Parisien et ne se retrouve pas ce lundi à la une des autres journaux le fond de l'air est brun on le sait mais à quel point ?
Déjà un que ce soit un fait divers c'est quand même assez sidérant puisque ce n'est pas un fait divers c'est quelqu'un qui a une idéologie néo-nazi qui s'apprêtait à tuer des gens on a eu ce week-end
Un autre théorisme sort difficilement quand il ne s'agit pas de terrorisme qui a dit
ce qui est une vraie chose en soi
et à combattre absolument mais terrorisme ce n'est pas réserver une partie non
vous avez raison c'est que quand on parle d'extrême droite on a du mal à mettre le mot terrorisme et ça se voit à l'échelon national européen international dès qu'il y a des affaires on parle peu ou pas de terrorisme pour ces gens-là on parle de dérive ou de groupuscule mais on ne parle jamais de terrorisme on a vu aussi ce week-end à Lille qu'un homme a été agressé par des proches par des jeunes ou des comités Éric Zemmour on a vu la semaine dernière il y avait quand même le procès de gens qui voulaient tuer Jean-Luc Mélenchon et Christophe Castaner au nom d'une idéologie d'extrême droite et si vous prenez assez précisément la presse chaque semaine vous avez des éléments comme ça qui sortent dans le débat où des gens sont arrêtés ou sont confondus parce qu'ils voulaient commettre des actes mortels sur une idéologie d'extrême droite donc le terrorisme d'extrême droite est une idéologie qui tue une idéologie extrêmement mortifère et dangereuse et aujourd'hui on la passe sous silence on la met de côté et pourtant c'est un véritable danger il suffit de regarder ce qui se passe et je termine là-dessus sur un focus sur la ville de Lyon on a une agression par semaine sur la ville de Lyon avec des groupuscules qui ont des locaux que la préfecture et que l'État refusent de fermer aujourd'hui alors qu'ils sont ouverts depuis des années et la dissolution des générations identitaires qui étaient nécessaires n'a pas résolu le problème puisqu'on a laissé les locaux qui lui appartenaient encore ouverts donc ça continue à graviter ça continue à tisser des liens et ça continue à passer à l'acte et aujourd'hui dans la société il y a une libération de la parole raciste il y a une libération de la violence d'extrême droite et c'est extrêmement dangereux et il faut aujourd'hui prendre garde il faut la combattre par tous les moyens possibles il faut surtout rien lâcher là-dessus et chaque fois qu'il y a des éléments comme ça il faut les dénoncer il faut appeler et qu'on veut faire une tuerie à la sortie d'un lycée ou s'en prendre à des musulmans ou à des mosquées c'est du terrorisme d'extrême droite il faut le dire
Merci Thomas Thomas Porte donc porte-parole de Sandrine Rousseau membre de Génération et de la CGT pour avoir été avec nous pour débriefer le week-end politique la matinale se poursuit avec la diffusion en avant-première de l'instant Porchet qui sera rediffusée le soir à 19h de manière spécifique donc c'est l'instant Porchet avec Thomas Porchet et Tania Cadot on se retrouve demain mercredi jeudi vendredi avec des fois moi à la présentation des fois Nadia Lazouni la matinale quotidienne du Média est lancée continuez de nous soutenir
Bonjour à toutes et à tous et merci de nous retrouver dans ce nouveau numéro de l'instant Porchet au programme aujourd'hui la victoire de Yannick Jadot à la primaire écologiste le bilan des années Merkel à la tête de l'Allemagne et l'augmentation de la pauvreté en Afrique c'est officiel avec 51,03% des suffrages Yannick Jadot remporte la primaire écologiste l'eurodéputé et ancien responsable de Greenpeace est ainsi le candidat des Verts à l'élection présidentielle de 2022 ce dernier a d'ores et déjà annoncé son programme et promet plusieurs mesures phares en économie Thomas Porchet nous livrera son analyse après 16 ans à la tête du gouvernement allemand Angela Merkel tire sa révérence alors quel bilan économique peut-on tirer des années Merkel l'Allemagne est-elle un modèle économique à suivre pour la France c'est ce qu'on va voir dans ce numéro selon un rapport sur le commerce et le développement réalisé par la conférence des Nations Unies les 46 pays les plus pauvres ne pourront pas se développer en l'état actuel de leurs moyens économiques financiers et humains 33 pays sont situés sur le continent africain alors comment peut-on expliquer leurs difficultés à se développer et comment peut-on assurer un meilleur avenir économique à l'Afrique c'est ce qu'on va voir dans ce numéro de l'instant Porchet après sa victoire à la primaire écologiste Yannick Jadot fait face à un réel défi celui du rassemblement rappelons que ce dernier avait retiré sa candidature aux élections présidentielles de 2017 au profit de celle de Benoît Hamon le candidat du PS au prochain présidentiel Yannick Jadot va être le président du climat le prochain quinquennat sera celui de l'action pour retrouver la maîtrise de nos vies avec vous grâce à vous
je serai le président du climat
il a d'ores et déjà annoncé son programme sur le plan économique il souhaite par exemple un impôt sur le patrimoine sorte d'ISF climatique qui prend en compte l'empreinte carbone des patrimoines financiers il propose également un plan d'investissement de 50 milliards d'euros par an pour je cite reconstruire l'économie accélérer la rénovation des logements déployer les énergies renouvelables et tout ce qui relève des mobilités collectives et décarbonées enfin il propose d'installer une gouvernance sociale dans les entreprises avec une présence d'au moins 50% des salariés dans les instances de décision alors bonjour Thomas bonjour que peux-tu nous dire des propositions de Yannick Jadot est-ce que ce sont des propositions crédibles
oui là on voit quand même qu'il y a une cohérence dans son programme Yannick Jadot on voit qu'il a travaillé enfin c'est pas la première fois qu'il se présente c'est pas la première fois qu'il gagne c'est quand même quelqu'un qui est je crois que c'est son quatrième mandat de député troisième ou quatrième donc c'est quelqu'un qui a quand même une cohérence globale il a bossé son programme contrairement à d'autres candidats de l'extrême droite ou d'autres candidats de la gauche un peu plus centriste social-démocrate qui se contente d'avoir des grands discours soit humanistes soit des voilà mais qui n'ont pas de programme macroéconomique cohérent lui il en a voilà il en a un il a une vision concrète de ce qu'il veut pour l'avenir alors il y a un certain nombre de mesures on peut les détailler par exemple l'ISF vert c'est quelque chose d'assez important on le voit bien aujourd'hui avec l'augmentation des prix du gaz on l'a vu avec la révolte la manifestation des gilets jaunes quand il y a eu l'augmentation avec la taxe carbone il va falloir à un moment taxer ceux qui ont le plus de revenus parce que c'est quasiment un dollar pour eux ça ne changera pas leur situation ils seront toujours très riches pour redistribuer cette taxe pour redistribuer ça aux ménages les plus précaires pour qu'ils puissent s'adapter à la transition énergétique ou à la variation des prix de l'énergie quand vous regardez aujourd'hui les prix du gaz augmentent on ne peut pas interdire aux gens de se chauffer il faut bien leur donner un chèque énergie pour qu'ils puissent subir cette hausse des prix du gaz et puis pour qu'aussi après ils puissent aller vers un autre type soit de consommation énergétique soit de véhicules moins polluants et ainsi de suite donc l'adaptation la transition énergétique doit être financée en partie par les plus riches donc l'ISF vert est une idée qui a une certaine cohérence pareil sur les 50% de salariés dans les conseils d'administration c'est quelque chose qui se fait en Allemagne c'est quelque chose qui permettrait en fait sur toutes les questions de délocalisation de donner leur avis aussi aux salariés voilà moi je pense que il y a une grosse partie de notre emploi de notre outil industriel que nous avons perdu via des délocalisations ou des fermetures en France parce que justement on n'a pas demandé assez leur avis aux salariés donc mettre une grosse partie des salariés dans les conseils d'administration ce serait une révolution parce qu'on prendrait en compte une partie prenante qui est la plus importante qui est celle qui participe à l'outil de production donc c'est une bonne chose donc je pense que lui il a son programme en tête il est assez clair là-dessus il a beaucoup progressé on peut critiquer après le fond de son programme mais comme Jean-Luc Mélenchon comme des gens qui font les élections depuis un certain nombre d'années les présidentielles ils ont quand même leur programme qui est bien en place bien ficelé et qu'ils maîtrisent et ça c'est une bonne chose parce qu'on va pouvoir débattre du fond plutôt que de débattre de petites phrases sur les prénoms ou de petits élans humanistes qui n'amènent à rien là on va pouvoir débattre du fond donc c'est une bonne chose
et selon toi est-ce que ces réformes sont réalisables dans le cadre européen sans forcément établir un rapport de force avec Bruxelles ?
c'est ça la vraie question en fait maintenant qu'on a le programme tout le monde est d'accord après je vous le dis on peut critiquer le fond comparer avec d'autres mais tout le monde est d'accord mais après c'est la mise en pratique et c'est là qu'il y a une vraie question je veux dire tout le monde est d'accord sur plein de choses mais après il va falloir le mettre en pratique et là c'est comment on met ce programme en pratique et ça c'est une vraie question aussi qu'il va falloir poser au candidat parce que c'est très bien de dire je veux 50% de salariés dans les conseils d'administration vous l'imposez comme ça ça ne va pas s'imposer parce qu'en face vous savez les actionnaires pour avoir des reins solides pour l'imposer vous voulez faire 50 milliards de relance c'est une très bonne chose 50 milliards de relance notamment dans la rénovation des bâtiments pour rénover un million de logements il faut 20 milliards par an donc c'est une bonne chose on est tous d'accord là-dessus comment tu le fais ?
tu dois l'imposer à Bruxelles si tu dois l'imposer à Bruxelles tu dois convaincre l'Allemagne alors c'est toujours très simple de vous dire oui mais on peut les convaincre on va se mettre autour d'une table ça c'est le truc c'est la spécialité des sociodémocrates on se met autour d'une table on va discuter on va convaincre ben oui mais ça fait quand même 10 ans qu'on n'arrive pas à convaincre personne et que finalement l'euro la commission européenne nous impose des cures d'austérité et là ce qu'on nous impose dans les prochaines années risque d'être un peu compliqué donc il va falloir établir un rapport de force comment on l'établit ce rapport de force quels sont les moyens qu'on va mettre pour justement convaincre ça c'est des questions qu'il faut poser et là-dessus on est tous d'accord sur le programme mais après il y a la façon de le mettre en oeuvre qui est une vraie interrogation pour l'avenir
c'est en 2005 qu'Angela Merkel arrive à la tête de l'Allemagne pays considéré à l'époque comme le malade de l'Europe puisqu'il sort de 3 ans de récession 16 ans plus tard l'Allemagne sous Merkel affiche moins de 4% de chômage c'est ce qu'on appelle le plein emploi beaucoup évoquent le coup de pouce de son prédécesseur Gerhard Schröder qui a permis l'instauration de réformes visant à améliorer la compétitivité de l'Allemagne et à réduire le chômage cela a notamment permis aux pays émergents et aux grandes entreprises d'investir dans l'industrie allemande notamment l'industrie automobile alors on peut se demander est-ce finalement un concours de circonstances ou alors le modèle allemand sous Angela Merkel est-il réellement un exemple à suivre ?
j'ai une première question à ce sujet quel est le bilan économique de Merkel pour les Allemands et pour les Européens ?
déjà c'est un bilan économique qui plaît aux libéraux parce qu'il y a deux éléments importants c'est l'excédent commercial l'Allemagne a un excédent commercial énorme c'est-à-dire qu'il exporte plus qu'il importe ce qui n'est pas forcément bien pour les pays voisins parce qu'il y a beaucoup d'organismes comme le FMI qui sont des organismes qui sont loin d'être des organismes militants enfin si ils sont militants mais ils sont plutôt libéraux qui disent que cet excédent commercial est un vrai problème The Economist avait fait sa première page un journal libéral sur l'Allemagne en disant que l'excédent commercial de l'Allemagne était un problème pour le monde puisque l'excédent commercial de l'Allemagne est un des plus élevés beaucoup plus élevé que celui de la Chine et donc c'est un problème parce qu'en exportant trop de cette façon-là ça veut dire qu'elle prend des parts de marché à ses pays voisins mais surtout qu'elle pratique une austérité salariale très forte chez elle on va y revenir après mais ça c'est aussi un vrai problème et puis il y a la dette qu'elle a réussi à maîtriser par de l'austérité de l'orthodoxie budgétaire on avait la même dette en 2005 et puis maintenant on a une dette beaucoup plus élevée eux ont réussi à la réduire fortement je tiens à dire quand même que c'est le seul pays qui a réduit sa dette aussi fortement les autres pays riches ont vu leur dette augmenter parfois plus vite que la France c'est le cas des Etats-Unis c'est le cas du Royaume-Uni qui a vu sa dernière décennie sa dette augmenter beaucoup plus vite que la nôtre et le Japon qui a une dette de plus de 200% donc le fait d'avoir une dette au-dessus de 100% c'est plutôt un symptôme normal dans les pays riches il n'y a que l'Allemagne au prix d'une orthodoxie budgétaire très forte qui a réussi à réduire sa dette maintenant sur l'excédent commercial et l'austérité salariale il faut savoir que l'austérité salariale en fait quand on a un excédent commercial aussi élevé il faudrait un moment que les salaires de l'Allemagne augmentent pour qu'elle puisse consommer sa production là vu qu'elle n'augmente pas sa production est largement exportée ce qui est un vrai problème ça veut dire que cet excédent commercial que tout le monde adore et que tout le monde voudrait copier en France se fait au prix vraiment d'un écrasement des salaires et on a des chiffres hallucinants par exemple entre 2000 et 2010 c'est le pays où les inégalités ont le plus augmenté l'Allemagne le taux de pauvreté a augmenté de 54% le nombre de travailleurs pauvres a été multiplié par 2 le nombre de retraités pauvres a augmenté de 30% vous voyez les gens cumulant 2 jobs a augmenté de 80% donc c'est quoi l'Allemagne c'est un pays riche où il y a des pauvres c'est ça la réalité et je ne vois pas en quoi on devrait tous copier ce modèle si on avait tous des excédents commerciaux c'est à dire si on exportait tous ça ne ressemblerait à rien il y a des pays qui doivent importer d'autres qui exportent il faut garder des équilibres il ne faut pas que tous on se mette à exporter et que tous on pratique une austérité salariale sinon il va y avoir des vrais problèmes l'Allemagne aujourd'hui elle a besoin de plus consommer d'augmenter sa consommation intérieure par les salaires et d'investir dans les infrastructures parce que les infrastructures allemandes sont bien pires que les nôtres en France donc il faut qu'ils arrêtent cette politique qui ne mène à rien et qui voilà investisse un peu plus et augmente la consommation intérieure via les salaires
et en 2005 la France et l'Allemagne avaient la même dette donc à savoir 67% du PIB aujourd'hui l'Allemagne est à 70% et la France à 115% est-ce qu'on peut dire que la politique économique allemande a quand même eu des résultats positifs ?
c'est ce que vont dire les libéraux mais en réalité elle s'est fait au prix vraiment d'une austérité budgétaire donc les Allemands sont plus pauvres même si bizarrement politiquement ils ont toujours la même confiance envers Merkel il y a quelque chose qui m'étonne parce que ça se fait au prix d'une austérité salariale forte et après il faut vraiment avoir en tête que et même si on va nous le vendre au prochain quinquennat c'est sûr et à la prochaine élection présidentielle la réduction de la dette n'est pas une politique en soi c'est pas une fin vous voyez une fois qu'on a réduit la dette so what ?
si on a le taux de pauvreté qui augmente de plus de 50% ou les travailleurs pauvres qui est multiplié par 2 c'est pas une finalité désirable vous voyez donc l'Allemagne ok elle a réduit sa dette très bien elle a des taux d'intérêt un peu plus intéressants que les nôtres nous les nôtres sont toujours intéressants très bien voilà c'est un exemple à part les autres pays riches ont vu leur dette augmenter pendant le Covid toutes les dettes ont augmenté il faut regarder la dette française relativement aux autres et quand on la regarde relativement aux autres en écartant l'Allemagne nous avons une dette qui est parfaitement convenable voilà l'Allemagne en fait on voit un mauvais signal nos élites aujourd'hui à l'époque il fallait copier le Japon dans les années 80 au début des années 2000 le Royaume-Uni maintenant ils sont tous les yeux rivés vers l'Allemagne ils voudraient faire la même chose que l'Allemagne c'est complètement idiot on ne peut pas faire ça et aujourd'hui même des organismes internationaux le disent le modèle allemand l'excédent commercial allemand basé sur une compression des salaires n'est pas quelque chose de viable on prend des parts de marché aux autres pays voilà l'Allemagne a fait en sorte aussi de profiter très fortement de l'euro il faut voir qu'on a une monnaie unique nous notre euro est surévalué pour nous donc il paie sur nos exportations mais pour l'Allemagne l'euro est sous-évalué donc il dope ses exportations donc il y a plein de choses comme ça qui servent aujourd'hui l'Allemagne il y a plein d'indicateurs qui font plaisir aux libéraux chez nous et qui font qu'ils voudraient reproduire le modèle allemand mais le modèle allemand n'est pas reproductible éternellement nous on est tiré par la consommation chez nous notre PIB est tiré principalement à plus de 60% par la consommation si on fait de l'austérité salariale on tue notre croissance voilà les Allemands ils sont tirés par l'exportation c'est quelque chose déjà d'assez bizarre parce que ce sont les pays émergents qui commencent par être tiré de l'exportation et après ils vont sur de l'industrie et ils ont un modèle tiré par la consommation eux ils sont restés là dessus au prix de sacrifices énormes nous ne devons pas copier ça même s'ils ont des bons indicateurs sur la dette bon bah c'est une exception c'est très bien pour eux ils ont fait ce choix là mais les autres pays ont leur dette qui augmente comme la nôtre voire même plus vite et après il ne faut surtout pas avoir des excédents comme ça extrêmes puisque aujourd'hui tout le monde tire la sonnette d'alarme il faudrait justement moi si j'étais la France je mettrais en place un bras de fer ce que ne font pas Macron disait en fait il faut être un bon élève faire des efforts pour être crédible envers l'Allemagne moi je pense qu'il faut inverser cette causalité il faut plutôt aller voir l'Allemagne et mettre en place un bras de fer pour lui dire qu'il faut qu'elle arrête cette politique qui plombe les pays voisins et qu'elle ait une politique où elle investisse chez elle et elle augmente les salaires pour que justement on rééquilibre ces excédents qui sont très nuisibles à l'économie mondiale même à l'économie européenne et après à l'économie mondiale
et justement tu l'as dit l'Allemagne est souvent vue comme un modèle en Europe pourquoi est-ce que nos dirigeants la prennent comme exemple et est-ce que c'est problématique ?
je pense qu'il y a une forme de soumission l'Allemagne vous savez l'Allemagne est la première puissance de la zone euro premier PIB nous on est le deuxième quand même et puis ils sont plus nombreux que nous il ne faut jamais l'oublier et puis ils ont des problèmes aussi structurels une démographie ils ont beaucoup de vieux ils n'ont pas une natalité aussi dynamique que la nôtre donc ils profitent beaucoup aussi des plans d'austérité qui ont été mis en Grèce comme ça la population qui peut émigrer les jeunes grecs diplômés immigrent beaucoup en Allemagne ça a été le cas avant avec l'Europe de l'Est donc ils n'ont pas forcément une politique très satisfaisante quand on regarde mais nos dirigeants depuis des années je n'arrive pas à savoir pourquoi ils sont dans une forme de soumission avec l'Allemagne parce qu'elle a réussi à avoir un bel excédent et réduire sa dette si on regarde les indicateurs et si la politique économique comme nos dirigeants politiques sont devenus maintenant aujourd'hui des financiers ou des comptables ils ne regardent que les indicateurs comme ça pour dire qu'une économie se porte bien derrière il y a d'autres indicateurs quand Trump a gagné aux Etats-Unis tout le monde s'est dit mais pourquoi Trump gagne puisque les Etats-Unis ont un taux de chômage à moins de 5% c'est-à-dire que l'économie va bien il n'y a aucune raison que Trump gagne ben oui ils avaient un taux de chômage à 5% ils avaient une flopée de gens qui n'avaient pas de travail qui n'étaient pas inscrits à Pôle emploi qui étaient en fait des chômeurs de longue durée qui ne rentraient pas dans les statistiques et on le voyait très bien parce que pour la première fois vous aviez une décorrélation très forte entre la courbe d'aide alimentaire et la courbe du chômage c'est-à-dire que le chômage était faible mais la courbe d'aide alimentaire était très élevée et entre cette courbe d'aide alimentaire et cette courbe du chômage vous aviez tous les travailleurs de pauvres que des dirigeants même de gauche américaine n'avaient pas vu et qui ont voté massivement pour Trump donc il ne faut pas regarder quelques indicateurs pour faire une politique économique il faut regarder l'ensemble des parties prenantes et là l'ensemble des parties prenantes c'est qu'il y a une grosse partie des salaires il y a une compression salariale énorme en Allemagne et ce n'est pas viable sur le long terme même s'ils remettent leur confiance en tous les cas ce n'est pas viable au niveau européen ça crée en fait une espèce de spirale déflationniste et de concurrence entre pays sur les coûts de production qui n'est pas viable soit on est des concurrents et dans ce cas-là on ne fait pas l'Europe soit on est des partenaires et si on est des partenaires il faut un peu respecter ses voisins ce que n'a jamais fait l'Allemagne à tous les niveaux y compris quand elle a fait sa sortie du nucléaire elle n'a même pas demandé d'avis aux autres pays ce qui a créé des équilibres énergétiques puisqu'on parle beaucoup d'énergie en ce moment donc il faut que l'Allemagne soit plus coopérative au sein de la zone euro
Selon la Banque mondiale l'Afrique subsaharienne devrait connaître une augmentation de 3,3% de son PIB en 2022 contre 2,8% en 2021 En 2000 déjà le Fonds monétaire international et la Banque mondiale faisaient de la lutte contre la pauvreté dans le monde une priorité avec un objectif celui de diviser par deux la pauvreté en 2015 Pourtant la pauvreté a diminué dans le monde mais pas en Afrique L'économiste Kakodambuco dans son livre L'urgence africaine affirme que l'Afrique est la seule région au monde où la population extrêmement pauvre a doublé en 50 ans Alors Thomas est-ce que tu peux nous expliquer pourquoi la croissance ne profite pas à l'Afrique ?
La croissance ne profite pas à l'Afrique parce que la croissance africaine est largement tirée par les matières premières le pétrole le cacao etc Donc c'est des en fait des produits qui sont majoritairement à l'export Vous savez quand vous êtes un pays pauvre vous n'avez pas d'industrie et vous n'avez pas de financement puisque c'est la base de toute création d'entreprises ou de plans industriels pour acheter des machines c'est d'avoir des financements Donc personne ne vous prêtez de l'argent parce que vous êtes un pays pauvre donc souvent c'est le FMI prêteur de dernier recours qui vous prête de l'argent et quand il vous prête cet argent-là il vous impose un certain nombre de règles notamment de vous spécialiser là où vous avez un avantage comparatif spécialisé à l'export alors quand vous êtes un pays comme le Congo par exemple vous avez du pétrole donc on va vous dire spécialise-toi dans le pétrole mais comme vous n'avez pas les capacités de produire votre propre pétrole vous n'avez pas les entreprises etc c'est une entreprise étrangère qui vient dans le pays qui produit le pétrole et qui l'exporte souvent en direction du pays de provenance de l'entreprise par exemple au Congo c'est Total et Eni l'Italien qui ont pratiquement 60% du pétrole 80% du pétrole congolais et qui l'exporte majoritairement en Italie ou en France donc quand vous avez une croissance tirée par les exportations c'est une croissance qui ne profite pas au pays en général parce que c'est les entreprises qui utilisent qui produisent c'est les entreprises multinationales qui produisent donc elles n'emploient pas ou très peu de Congolais elles n'emploient pas un tissu elles n'ont pas besoin d'un tissu industriel qui est Congolais elles arrivent sur place elles prennent du pétrole elles exportent vers le pays consommateur donc parfois on a des taux d'exportation vous savez quand les prix du pétrole ont augmenté très fortement on avait des taux de croissance à deux chiffres en Afrique certains disent regardez le taux de croissance à deux chiffres c'est très dynamique mais quand vous avez un taux de croissance à deux chiffres qui est tiré par la hausse des prix du pétrole pétrole qui est exploité par une multinationale qui emploie très peu de travailleurs locaux ça profite à qui ?
à la multinationale ça ne profite pas au pays donc la croissance africaine ce n'est pas une croissance qui profite à l'économie locale ou indirectement via des compagnies qui vont faire des affaires un petit peu avec les multinationales mais ça reste très marginal donc la première des choses qu'il faudrait faire c'est faire en sorte qu'une partie de ces biens qui viennent du sous-sol ou de l'agriculture africaine soient transformés sur place si elles étaient transformées donc qu'il y avait une industrie pour transformer ça créerait de l'emploi local et ça permettrait d'avoir une croissance qui est tirée par l'économie locale mais ce n'est pas dans les plans du FMI qui est le prêteur de dernier recours et tant que les banques privées ne voudront pas prêter et donner leur chance aux pays africains ils seront condamnés à des modèles de développement comme je l'ai dit où finalement on ouvre tout aux multinationales on se spécialise à l'export et puis c'est tout donc vous avez des pays parfois qui ont des potentialités agricoles énormes qui sont exploités seulement à 2-3% c'est le cas notamment du Congo alors qu'ils pourraient nourrir avec cette agriculture leur population mais on leur dit ça ne peut pas trop aller à l'export ce n'est pas ta spécialité c'est le pétrole donc tu laisses ça de côté donc on est dans des modèles qui sont extravertis et commandités souvent par les prêteurs qui sont en dernier recours le FMI donc la marge de manœuvre pour développer une politique économique qui puisse profiter au pays lui-même en Afrique est extrêmement limitée en réalité que l'on ait un dirigeant corrompu ou non
Et finalement pourquoi est-ce que les documents stratégiques de réduction de la pauvreté qui ont été mis en place par le FMI et la Banque mondiale n'ont pas fonctionné en Afrique ?
En fait ce que je vous ai expliqué là avec le FMI qui prête de l'argent et qui oblige les pays à privatiser à se spécialiser à l'export et à libéraliser leur économie qui profitent majoritairement aux multinationales a été très critiqué très critiqué par la société civile africaine très critiqué par des ONG très critiqué par des intellectuels à l'époque Stiglitz qui avait écrit un livre d'ailleurs dessus Donc quand il y a eu ces critiques le FMI a dit bon j'ai bien entendu toutes les critiques je vais changer de stratégie quand je te prête l'argent quand je prête l'argent au pays je ne lui impose plus un programme je lui prête de l'argent et lui fait un programme que moi je valide donc il y avait une inversion de la causalité c'était le pays qui préparait son programme de réduction de la pauvreté pour que ce programme profite aux plus pauvres et qui le soumettait un petit peu au FMI et s'il le validait le FMI il avait le droit de l'argent s'il ne le validait pas il n'avait pas d'argent donc au début beaucoup de gens ont dit c'est génial maintenant c'est le pays qui choisit et qui prend en main son destin c'est plus le FMI qui impose beaucoup de gens ont dit ça des intellectuels ils ont dit c'est super sauf que en général vous savez quand vous avez un professeur qui vous note c'est le cas du FMI vous devez lui rendre la copie qu'il veut voyez donc ce que faisait le FMI c'est qu'il envoyait un document un peu qui servait de base de référence et puis il fallait que les autres fassent leur document stratégique de réduction de la pauvreté en fonction de ce document de base ce qui laissait peu de marge à des politiques alternatives c'est à dire que si quelqu'un rendait ce document stratégique de réduction de la pauvreté en disant nous voulons avoir accès au financement pour financer notre industrie donc on va faire en sorte d'imposer aux banques de faire en sorte que les banques privées ou que le FMI nous prêtent ça pour notre industrie pour une industrie plutôt locale l'agriculture etc voilà qu'on ne parle pas que d'exportation on parle vraiment de production locale mise en place je ne sais pas moi d'une forme de protectionnisme des industries naissantes sortie du CFA pour avoir le contrôle le contrôle de la monnaie ce sont des choses aujourd'hui qui font débat chez les économistes et beaucoup de gens disent qu'il faudrait enfin dans une voie du développement pour l'Afrique il faudrait mettre en place ça mais si vous rendiez ça au FMI le FMI ne vous prêtez jamais d'argent il vous disait non non moi je ne vous prête pas d'argent contre ça donc il fallait rendre toujours un document au FMI où on disait on va libéraliser on va faire ci on va faire ça voilà et là le FMI vous prêtait de l'argent donc en réalité ces documents qui ont été présentés comme oui il y a un changement maintenant c'est le pays qui a le droit de prendre en main son destin c'était de la poudre de perlimpapin en réalité derrière il n'y avait rien du tout c'était toujours le FMI qui validait et qui donnait l'argent et quand tu écrivais un document il fallait que tu présentes un document où tu disais toujours la même chose qu'il fallait exporter qu'il fallait libéraliser que le service public il fallait le diminuer au profit du service privé et ainsi de suite donc il n'y avait rien de réellement concret et je vais dire même il y avait parfois par exemple dans le document stratégique de réduction de la pauvreté du Congo il y avait des choses par exemple il y avait tout un aspect tout un volet que le FMI aimait bien dans ses principes de participation citoyenne vous savez c'était à ça et bien eux ils ont dit la participation citoyenne on met ce document en ligne sur internet les gens peuvent le consulter oui mais en ligne sur internet à l'époque on était au début des années 2000 au Congo dans un pays où les gens n'ont pas tous un ordinateur où il y a des coupures d'électricité ou dans un pays francophone on met un DSRP en anglais allez me dire maintenant en quoi ça va faire que les gens vont s'en emparer dans la société civile voilà donc c'est des principes comme ça des principes sur le papier qui sont beaux mais qui concrètement ne se traduisent par rien du tout comme il y avait un volet sur l'éducation on disait il faut équiper les salles de vidéoprojecteurs le FMI a validé bon ben non il faut équiper les salles de stylos de cahiers de chaises voilà les professeurs pareil de cahiers de tableaux enfin pas les vidéoprojecteurs dans un pays où il y a des coupures d'électricité je ne sais pas si on en a vraiment besoin donc vous voyez il y a tout un tas de principes comme ça les gens remplissaient des principes ils savaient des hauts fonctionnaires congolais pour beaucoup que c'était du bullshit et qu'ils faisaient ça juste pour avoir des financements que tous les pays ont pour se développer sauf les pays les plus pauvres donc ça les empêche de se développer vous connaissez l'adage on ne prête qu'aux riches et donc ils savaient mais ils jouaient le jeu parce que c'était la seule façon d'avoir ces fonds-là et donc la réalité c'est que ces DSRP ce n'était pas un vrai débat c'était une façon de dire bon le pays a un peu de marge de manœuvre alors qu'il n'en a pas en réalité et donc il ne faut pas s'étonner des résultats après très négatifs de l'Afrique je veux dire si on ne change pas la politique il n'y a aucune raison que les pauvres soient moins pauvres ils sont restés plus pauvres
et finalement comment est-ce qu'on peut assurer un meilleur avenir économique à l'Afrique ?
il faudrait alors il faudrait déjà lever un certain nombre de contraintes il faut quand même se souvenir d'une chose c'est que tous les pays qui sont passés du sous-développement au développement l'ont fait sans respecter finalement les mesures du FMI ou les mesures libérales qui leur étaient imposées c'est le cas de la Corée du Sud c'est le cas de la Chine vous savez la Chine elle a ouvert son économie progressivement elle a commencé par les zones de l'Est et puis progressivement elle a ouvert voilà et maintenant elle a beaucoup investi dans son industrie etc la Corée du Sud c'est pareil la Corée du Sud était pauvre comme le Mozambique il y a encore une quarantaine d'années c'était un pays très pauvre aujourd'hui c'est eux qui ont Samsung c'est pas l'Europe c'est eux qui ont Samsung c'est eux qui ont Hyundai ils ont une industrie automobile une industrie de haute technologie ils ont réussi à se développer alors que c'est un tout petit pays qui est coupé en deux et en guerre avec le Nord donc il avait toutes les mauvaises conditions ils ont réussi à le faire et pareil ils ont réussi à le faire parce qu'à un moment ils ont eu accès à des financements que personne ne voulait leur prêter au début personne le FMI ne voulait pas les institutions ne voulaient pas les banques ne voulaient pas ils ont réussi à se débrouiller avec le Japon parce qu'il y avait eu une guerre et le Japon a dit ok je veux bien refinancer c'est à partir de ces financements-là qu'ils ont investi dans leur industrie et ils ont fait ce que nous connaissons aujourd'hui Samsung etc donc vous voyez les Africains il faudrait faire en sorte qu'ils puissent avoir accès au financement il faut avoir à un moment un droit à l'erreur c'est-à-dire que on ne peut pas prêter qu'aux riches les pays riches on leur prête parfois ils se gourent ils investissent c'est des trous le Concorde etc il y a des projets industriels qui ont été des catastrophes comme d'autres qui ont été des super trucs donc il faut permettre aux pays africains d'avoir accès au financement et puis à un moment il faut leur donner aussi dans certains pays une autonomie monétaire il faut qu'ils puissent jouer avec leurs armes monétaires également ils ne peuvent pas être comme ça des pays encore reliés avec des anciennes colonies c'est plus possible ça il faut leur donner le droit d'avoir à ça et puis après il faut faire en sorte aujourd'hui d'avoir des obligations pour les compagnies pétrolières moi si j'étais un conseiller d'un président africain je lui dirais d'être beaucoup plus agressif dans la négociation de la part du partage de produits qui revient au pays d'être plus agressif parce que les pays africains aujourd'hui ont finalement la part la plus faible par rapport aux autres pays du monde de ce qu'ils récupèrent quand il y a des contrats de partage de production pétrolier ou minier donc je leur demanderai d'être plus agressif pour avoir plus de fonds et j'imposerai aux multinationales un transfert de compétences plus ou moins fort pour que justement on ait aujourd'hui vous avez des pénuries d'essence dans des pays africains qui sont pétroliers ils sont pétroliers il y a des pénuries d'essence parce qu'ils exportent le pétrole ils importent l'essence c'est pas possible il faut aujourd'hui que sur place ils raffinent leur pétrole et qu'ils transforment en essence ça crée des emplois ça crée une industrie donc ça il faut imposer comme certains pays du Golfe l'ont fait aux multinationales imposer que quand une multinationale vient elle doit par exemple faire une raffinerie et ainsi de suite et c'est ce que font aujourd'hui beaucoup les Chinois pour rafler des contrats ils offrent des cadeaux des barrages ils refont des voies ferrées etc.
aux Africains naturellement et donc il faudrait faire jouer cette concurrence moi je pense pour un chef d'État africain avec également les Européens pour qu'ils puissent développer leur industrie qui emploie des hommes au niveau local voilà et être petit à petit indépendant c'est nécessaire
l'instant porché c'est fini pour aujourd'hui merci à toutes et à tous de nous avoir suivis et n'oubliez pas le Média est indépendant et n'existe que grâce à vous alors n'hésitez pas à devenir sociaux ou à faire un don et nous on se dit à la semaine prochaine le Média devient une coopérative alors pour garantir son indépendance n'hésitez pas à devenir sociaux et à nous soutenir sur lemediatv.fr et pour ne rien rater de nos contenus abonnez-vous au podcast Sous-titrage ST' 501