Près de 40.000 visiteurs au musée de Pont-Aven, notamment grâce à l'exposition sur la sculptrice Camille Claudel
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Vous n'êtes pas loin d'un record de fréquentation ?
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Alors justement comment on explique ça ? Camille Claudel, effet été, estival, vacances ?
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Camille Claudel n'est pas seule, il y a d'autres sculptrices, c'est ce que vous montrez dans l'exposition avec 80 sculptures à peu près ?
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Cette exposition évoque aussi les inégalités entre les sculptrices femmes et les sculpteurs hommes.
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Est-ce que les visiteurs vont pouvoir voir quand même des sculptures d'Auguste Rodin ?
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Vous parliez au début de cette interview de l'exposition sorcière qui avait très bien marché l'an dernier.
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« on devrait atteindre presque les 40 000 visiteurs la semaine prochaine ou 31 août. »
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« 17 000 visiteurs. »
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« c'est à voir jusqu'au 8 novembre au musée de Pont-à-Ven. »
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Il est 7h47, excellent réveil à tous, vous allez peut-être occuper vos derniers jours de vacances à aller visiter des musées. Et pourquoi pas le musée de Pont-Avennes avec son exposition au temps de Camille Claudel, être sculptrice à Paris et qui a enregistré cet été de très bons chiffres de fréquentation Emadoué. On en parle tout de suite avec la directrice du musée et conservatrice Sophie Carvon, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous dans les studios d'ici Brésizel. Avant de rentrer dans le fond de cette exposition, parlons un instant du succès qu'elle remporte. Vous n'êtes pas loin d'un record de fréquentation ?
Alors c'est vrai que l'année dernière on a eu l'exposition sorcière qui avait été une année assez formidable mais cette année elle est vraie encore plutôt pas mal parce qu'on devrait atteindre presque les 40 000 visiteurs la semaine prochaine ou 31 août. Avec un bon mois de juillet aussi ? Oui ce serait vrai, 17 000 visiteurs. C'est vrai que la fréquentation était un petit peu moins bonne dans le tourisme mais chez nous au musée je pense que Camille Claudel a quand même attiré pas mal de nos visiteurs.
Alors justement comment on explique ça ? Camille Claudel, effet été, estival, vacances ?
C'est difficile, je dirais une combinaison de tout cela mais c'est vrai que Camille Claudel c'est une icône que tout le monde connaît alors qu'au final il faut vraiment garder en tête qu'elle n'a été redécouverte que dans les années 1980. Elle ne disait absolument rien à personne avant cette période-là et une historienne de l'art notamment Anne Rivière qui est notre commissaire d'exposition a fait toute une étude sur cette sculptrice dont on connaît la relation tumultueuse avec Auguste Rodin. L'internement dans un asile en 1913 et elle mourra d'ailleurs internée en 1941 mais notre exposition elle voulait surtout montrer qu'il ne faut pas en faire un génie isolé de Camille Claudel.
Elle a travaillé autour de plusieurs autres sculptrices et c'est vraiment l'objectif de notre exposition.
Oui justement Camille Claudel n'est pas seule, il y a d'autres sculptrices, c'est ce que vous montrez dans l'exposition avec 80 sculptures à peu près ?
C'est ça, 80 sculptures dont une dizaine de Camille Claudel, des sculptures qui pour certaines n'ont jamais été vues en France parce qu'on a fait venir des œuvres de Suède, de Finlande, de Grande-Bretagne. Parce que Paris en fait était un lieu d'attractivité pour les femmes artistes notamment qui venaient à l'international faire leurs études à Paris. Et donc on montre ces artistes qui ont aussi gravité autour de Camille Claudel et d'Auguste Rodin. Et certaines qui ont sculpté aussi pendant ces vacances d'été en Bretagne.
Oui, c'est vrai, on a une petite bretonne de l'étape, c'est la sculpture qui a été sculptée par une artiste suédoise qui s'appelle Rouss Miles et qui en effet est venue étudier à Paris dans ce qu'on appelle les académies, les écoles d'art privé type Académie Julien ou Académie Collard aussi et qui pendant l'été je crois qu'elle souffrait aussi de tuberculose. Donc souvent on allait près de la mer pour soigner ce type de pathologie. Et elle a été fascinée par nos coiffes et autres. Elle a trouvé une sorte de filon en faisant plusieurs petites sculptures avec des têtes de bretonnes.
Alors je pense que les aficionados auront du mal à reconnaître la coiffe parce que c'est une sorte de mélange bretonne, hollande, etc. Mais voilà, en tous les cas ça a très bien fonctionné.
Je pense que cette exposition aussi vous évoquez les inégalités entre les sculptrices femmes et les sculpteurs hommes. Mais ça se passe aussi au niveau de la formation.
Oui, toute une histoire là aussi. C'est vrai que l'école des beaux-arts qui est la formation artistique idéale par excellence n'a été ouverte aux femmes qu'en 1897. Donc avant cette date-là, pas de possibilité d'enseignement artistique pour les femmes. C'est pour ça qu'à Paris il y a eu des académies privées, des écoles d'art. Mais d'ailleurs les femmes devaient payer plus cher aussi que les hommes pour avoir accès à ce qu'on appelle le modèle vivant, des modèles qui posaient et pour lesquels les sculptrices pouvaient ensuite travailler. Est-ce que les visiteurs vont pouvoir voir quand même des sculptures d'Auguste Rodin ? Oui, alors on a quand même fait…
Rodin est présent, Alfred Boucher, un autre sculpteur aussi, avec des œuvres assez folles, toujours de Rodin. Et moi, une de mes œuvres préférées, ça reste quand même le buste de Rodin par Camille Claudel parce qu'on y voit vraiment son talent, son génie et cette façon qu'elle a de représenter d'une manière très expressive les gens.
C'est vrai que vous parliez au début de cette interview de l'exposition sorcière qui avait très bien marché le l'an dernier. Il y en a eu d'autres sur les femmes, les femmes chez les nabis, les artistes voyageuses. Vous vous inscrivez clairement dans un sillage féministe avec toutes ces expositions sur la femme.
Alors moi je vous dirais que je m'inscris dans un sillage historique, c'est-à-dire qu'on veut revaloriser la place de la femme dans l'histoire de l'art. C'est vrai que ces femmes, elles étaient connues au XIXe siècle, les sculptrices, on leur a fait des commandes de l'État. Elles ont sculpté, elles étaient connues et c'est l'histoire de l'art faite un peu trop par des historiens et moins par des historiennes qui ont invisibilisé toutes ces artistes pendant des dizaines voire une centaine d'années. Et le travail d'Anne Rivière par exemple a permis justement de remettre sur le devant de la scène ces femmes qui ont tout autant de talent que les hommes.
Et donc c'est à voir jusqu'au 8 novembre au musée de Pont-à-Ven. Je le rappelle juste, pour les moins de 18 ans c'est gratuit. Pour les adultes, on doit dépourser 8 euros et donc c'est donc jusqu'au 8 novembre. Merci beaucoup et bonne journée. Merci à vous. Il est 7h52, vous écoutez ici Brézizel.