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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 23 février 2017 10 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiEurope & internationalInstitutions & élections

Eric Coquerel : "Benoît Hamon doit choisir, et pour l'instant, il fait le mauvais choix"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 70 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 45 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:08OuverteRéponse partielle

    Il vous inspire quoi d'abord le sacrifice de François Bayrou au profit d'Emmanuel Macron ?

  • 1:32OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a une mesure programmatique d'Emmanuel Macron qui vous fait horreur et qui prouve son ancrage à droite ?

  • 2:10OuverteRéponse partielle

    La socialisation du risque au chômage, par exemple ?

  • 3:21ComplaisanteÉludée

    Une alliance Bayrou-Macron peut peut-être créer une dynamique, nous verrons.

  • 3:27OuverteÉludée

    Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon vont rester chacun dans leur couloir.

  • 4:03RelanceRéponse partielle

    si je prends mon programme on peut discuter.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:14Invité politiqueFait
    « En décembre 2016, François Bayrou disait derrière Emmanuel Macron, il y a de grands intérêts financiers incompatibles avec l'impartialité exigée par la fonction publique. »
  • 1:49Invité politiqueFait
    « Je connais la baisse des dépenses publiques, donc la continuité de la politique qui est appliquée maintenant en France depuis 10 ans. »
  • 1:56Invité politiqueFait
    « Je connais effectivement son penchant pour l'ubérisation de la société, qui est quand même absolument une catastrophe. »
  • 2:13Invité politiqueFait
    « une politique qui continue à produire autant de chômeurs, telle que celle qu'il propose, c'est la politique de l'oeuf. »
  • 2:40Invité politiqueFait
    « La politique macroéconomique de Macron, c'est la poursuite de la politique de compétitivité, c'est la règle d'or en fait. »
  • 2:57Invité politiqueFait
    « la règle brune, on en parlera peut-être après de Marine Le Pen, sur la constitutionnalisation du principe de préférence nationale, qui est absolument dramatique et racialiste. »
  • 4:18Invité politiqueFait
    « Il a battu Valls, c'est-à-dire qu'en gros il nous a donné raison sur notre position pendant cinq ans à la politique de ce gouvernement. »
  • 4:30Invité politiqueFait
    « Les Français d'ailleurs ne suivraient pas. »
  • 5:40Invité politiqueFait
    « on ne refait pas une politique différente avec les hommes du passé et ceux qui, depuis 5 ans, ont appliqué la politique, justement, de M. Macron. »
  • 5:56Invité politiqueFait
    « une assemblée composée des mêmes hommes pourrait voter l'abrogation de la loi El Khomri, pourrait voter l'abrogation de la loi Macron. »
  • 6:43Invité politiqueFait
    « Sinon, François Hollande se serait présenté à cette élection. »
  • 6:52Invité politiqueFait
    « nous, nous disons, oui, il faut transformer l'Europe, il faut essayer de la transformer radicalement. »

Temps de parole

  • Éric Coquerel80 %
  • Présentateur20 %

4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Le 7-9, Patrick Cohen, sur France Inter. Bonjour Eric Coquerel, coordinateur du Parti de Gauche. Il vous inspire quoi d'abord le sacrifice de François Bayrou au profit d'Emmanuel Macron ?

0:14
Éric Coquerel

En décembre, je ne vous en citerai pas beaucoup, mais en décembre 2016, François Bayrou disait derrière Emmanuel Macron, il y a de grands intérêts financiers incompatibles avec l'impartialité exigée par la fonction publique. Donc vous souscrivez, c'est ça ? Oui, je souscris. Ce qui m'étonne, c'est qu'il ait aussi vite renié cette position, mais surtout au-delà de ça. En réalité, je pense que ça va peut-être permettre de mettre fin à une entourloupe. Parce qu'Emmanuel Macron, vous savez, c'est un peu l'illustration de Guy Debord, il y a 50 ans, la société du spectacle.

Le système se cache derrière des artefacts et qui nous joue à l'anti-système, alors qu'on sait que depuis 10 ans, en réalité, Macron, que ce soit dans les banques ou que ce soit au gouvernement, applique une politique qui est celle que nous connexons de compétitivité libérale, etc. Et l'intérêt peut-être finalement du ralliement de Bérou, ça va resituer Macron où il est, c'est-à-dire un candidat de centre-droite comme il en a toujours eu. Vous avez eu Poher, vous avez eu le Canoet, vous avez eu Balladur, et bien maintenant il y aura Macron.

1:14
Présentateur

À vos yeux, ça prouve que Macron est de droite, mais à ceux de la droite, ça prouve qu'il est de gauche.

1:17
Éric Coquerel

Ça prouve aussi que le gouvernement dans lequel il était depuis 5 ans a fait une politique de droite, rétrospectivement, je ne peux pas me marquer, et lui, il ne se dit pas de gauche. Ça, c'est vous qui le disiez, mais moi j'entends, il dit ce que dit en général un candidat de centre-droite, c'est-à-dire, voilà, je me situe au-delà, mais son programme, lui, ubérisation de la société, baisse...

1:37
Présentateur

C'est ce que j'allais vous demander, est-ce qu'il y a une mesure programmatique d'Emmanuel Macron qui vous fait horreur et qui, selon vous, prouve son ancrage à droite ? Vous les connaissez, ces mesures programmatiques ? Il n'a toujours pas sorti son programme ?

1:48
Éric Coquerel

Ah oui, on en connaît quelques-unes. Ah écoutez, oui, je connais la baisse des dépenses publiques, donc la continuité de la politique qui est appliquée maintenant en France depuis 10 ans avec les résultats que nous connaissons. Je connais effectivement son penchant pour l'ubérisation de la société, qui est quand même absolument une catastrophe, et dont les victimes premières, c'est-à-dire ceux qui travaillent justement dans ces conditions, sont en train de plus en plus, sur lesquelles ils sont en train de protester.

2:10
Présentateur

La socialisation du risque au chômage, par exemple ?

2:13
Éric Coquerel

Mais vous savez, une politique qui continue à produire autant de chômeurs, telle que celle qu'il propose, c'est la politique de l'oeuf, qui pense toujours qu'il faut baisser le prix du travail pour faire en sorte que les profits soient les plus importants, et demain va produire, soi-disant, un progrès pour tout le monde, ce qu'on nous sourit depuis 30 ans et qui fait chèque partout. Si après vous mettez des pansements pour essayer de solutionner les choses, je n'y crois pas, pour ma part, c'est ce qu'on constate comme politique depuis une dizaine d'années. La politique macroéconomique de Macron, c'est la poursuite de la politique de compétitivité, c'est la règle d'or en fait.

Moi je pense que cette élection, il y a trois règles. Il y a la règle d'or des libéraux, Macron, Fillon, c'est-à-dire la continuité finalement des politiques d'austérité et d'oeuf. Il y a la règle brune, on en parlera peut-être après de Marine Le Pen, sur la constitutionnalisation du principe de préférence nationale, qui est absolument dramatique et racialiste.

Et puis il y a la règle verte que nous proposons au niveau de l'écologie, c'est-à-dire de faire primer l'intérêt général, continuer à pouvoir respirer cette planète, ne pas consommer plus que notre planète peut produire et d'une manière globale, remettre la question du partage des richesses, l'intérêt général au centre de la vie politique française.

3:18
Présentateur

Alors on va tourner la page Macron, une alliance Bayrou-Macron peut peut-être créer une dynamique, nous verrons. A gauche, Éric Coquerel, pas de dynamique. Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon vont rester chacun dans leur couloir.

3:29
Éric Coquerel

Je n'entendais rien, demandez-le à Benoît Hamon. C'est quand même extraordinaire.

3:33
Présentateur

Là j'ai l'un des porte-parole de Jean-Luc Mélenchon face à moi, donc je vous demande à mes...

3:37
Éric Coquerel

Moi je constate ce que nous, nous avons fait. Benoît Hamon a expliqué avant, le soir du deuxième tour des primaires, il explique, il téléphonera à Jean-Luc Mélenchon dès qu'il sera élu. Jean-Luc Mélenchon dit, ok, je suis disponible pour un café. On a attendu des jours, des semaines, bon au final on s'est dit, on ne peut-être pas continuer à attendre longtemps, Jean-Luc Mélenchon à Strasbourg propose un rendez-vous pour la fin de cette semaine à Benoît Hamon. Lui écrit une lettre. Il lui attrape une lettre dans laquelle il lui dit,

4:06
Présentateur

si je prends mon programme on peut discuter.

4:08
Éric Coquerel

Non, non, non, vous schématisez trop. Il prend certains grands axes du programme, et surtout il prend des garanties pour que quelque part on ne nous refasse pas le coup du bourget. Nous on prend petitiment ce qui s'est passé avec Benoît Hamon. Il a battu Valls, c'est-à-dire qu'en gros il nous a donné raison sur notre position pendant cinq ans à la politique de ce gouvernement. On dit simplement, il nous faut des garanties, on ne va pas recommencer de la même manière. Les Français d'ailleurs ne suivraient pas. On fait une lettre, le vendredi soir, il y a Cambadélis qui envoie une première salle, en parlant des 21 conditions, vous savez la référence au mouvement communiste du siècle.

Il se fait d'ailleurs taper par David Cormand d'Europe Écologie, qui lui dit, ça serait bien de se taire, non, laissez-moi continuer. Et à ce moment-là, Cherky et les proches de Hamon vont chercher un mot dans une émission de BFM. Moi j'ai regardé l'émission, je ne sais pas vous si vous voulez regarder, je n'ai même pas entendu ce mot tellement la main tendue de Jean-Luc Mélenchon était claire. Et là depuis, bon bah il ferme la porte.

4:57
Présentateur

Le mot c'est Corbillard, on l'a diffusé sur cette antenne.

4:59
Éric Coquerel

La lettre de Jean-Luc Mélenchon est toujours sur la table. À propos du Parti Socialiste, d'accord. Parce que c'est suffisamment important justement de discuter et de vérifier si en réalité Benoît Hamon est le candidat du Parti Socialiste, d'accord ? C'est-à-dire un avatar finalement de Valls, Cambadélis, qui sont d'ailleurs son char, ou si véritablement il choisit les 1,2 millions de personnes qui ont voté pour lui pour une autre politique. Voilà, nous on est toujours prêts à discuter.

5:19
Présentateur

Non, si, pardon, je ne voulais pas vous couper la parole, mais ces chamailleries de petites phrases, ça paraît dérisoire au regard des enjeux électoraux. Non, non, non, non. Et qu'est-ce qui, sur le plan programmatique, puisque les programmes sont sur la table, celui de Benoît Hamon et celui de Jean-Luc Mélenchon, l'avenir en commun, qu'est-ce qui vous paraît incompatible sur le plan programmatique entre les deux candidats ?

5:36
Éric Coquerel

C'est ni des chamailleries ni des problèmes d'égo, d'accord ? Nous avons posé la question des garanties. Il y en a eu une première, on ne refait pas une politique différente avec les hommes du passé et ceux qui, depuis 5 ans, ont appliqué la politique, justement, de M. Macron. Entre autres, M. Valls, etc. Première règle qui me semble évidente, parce que je ne vois pas comment une assemblée composée des mêmes hommes pourrait voter l'abrogation de la loi El Khomri, pourrait voter l'abrogation de la loi Macron, pourrait changer totalement de politique.

6:01
Présentateur

Vous voulez vous rassembler avec Benoît Hamon, mais à condition que Benoît Hamon exclue une partie de ceux qui sont avec lui ?

6:06
Éric Coquerel

Non, à condition de demander une garantie comme quoi il est cohérent. Comment voulez-vous que... Imaginons que Benoît Hamon gouverne ce pays qu'on gouverne ensemble. Comment voudriez-vous qu'avec des députés qui disent à l'avance... Des députés qui sont élus par des électeurs sont les électeurs qu'ils choisiront. Eh bien, nous, nous proposons, par exemple, on est bref dans ce que propose, par exemple, Benoît Hamon. Est-ce que c'est un label ? Est-ce que c'est un label qui permettrait, par exemple, d'identifier une majorité parlementaire qui appliquerait une telle politique ?

Et dans ces cas-là, chacun comprendra que ça ne peut pas être, en réalité, l'amnistie de tous ceux qui viennent de gouverner depuis 5 ans, avec une politique contre laquelle la majorité des Français sont largement opposés. Sinon, François Hollande se serait présenté à cette élection. Et ensuite, nous avons effectivement des garanties programmatiques, dont une, qui est une des différences que nous avons avec Benoît Hamon, qui est la question de l'Union européenne. Parce que nous, nous disons, oui, il faut transformer l'Europe, il faut essayer de la transformer radicalement. On a une année 2017.

J'écoutais Bernard Guetta tout à l'heure qui expliquait qu'il y a une élection en Allemagne en 2017. Et nous, nous pensons que, justement, il y a une fenêtre pour essayer de transformer radicalement les choses à partir du moment où la France proposera de négocier sur des bases radicalement différentes de celles des traités actuels. Mais ça, ça implique une condition. C'est le fait d'avoir un plan B, c'est-à-dire de pouvoir faire pression, comme quoi, si nous n'y parvenons pas, nous ne sacrifierons pas le programme pour lequel nous avons été élus par rapport à l'Union européenne, qui est quand même le seul espace de libre-échange au monde qui n'a aucune harmonisation sociale et fiscale.

Et qui, donc, est une prime au dumping avec toutes les catastrophes qu'on connaît. On ne peut plus continuer comme ça.

7:38
Présentateur

Vous ne craignez pas de donner l'impression, Éric Coquerel, que Jean-Luc Mélenchon préfère la pureté de ses idées que la mise en œuvre d'une partie d'entre elles ? Non, non. Au contraire, on veut gouverner le pays. Et d'ailleurs,

7:48
Éric Coquerel

la raison pour laquelle, une des preuves que nous voulons gouverner le pays, Et si l'électorat de gauche continue de se partager à part égale entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, on n'y arrivera pas. Non, on a un programme. On l'a budgété. M. Macron, y compris M. Hamon, n'ont toujours pas de programme, y compris parce qu'en réalité, M. Hamon participe à une primaire, donc chacun sait qu'elle était faite pour M. Hollande, au départ. Ils n'ont pas de programme. Nous, on a un programme. On a une cohérence. On a un projet. On va le présenter aux Français. Moi, je pense que Jean-Luc Mélenchon peut être au deuxième tour.

Et que s'il est au deuxième tour, c'est le candidat qui a le plus de chances de battre Marine Le Pen si c'est elle, la candidate en face de lui.

8:19
Présentateur

J'ai l'impression aussi, Éric Coquerel, parfois que vous avez du mal avec l'idée du rassemblement. Vous avez annoncé votre candidature aux législatives en Seine-Saint-Denis face à Bruno Leroux dans une circonscription où le Parti communiste avait déjà désigné un candidat. Le PC n'est plus un partenaire.

8:34
Éric Coquerel

Vous avez des très mauvaises informations parce qu'apparemment, ils ont une consultation samedi donc ils ne l'ont pas encore désigné.

8:38
Présentateur

Radek Durand n'est pas candidat.

8:40
Éric Coquerel

Et nous, France Insoumise a choisi un candidat, en l'occurrence moi, je parle des insoumis locaux. Donc on verra bien la suite. Moi, je souhaite qu'il y ait un seul candidat en gros de tous les partis forces qui soutiennent Jean-Luc Mélenchon. Donc on verra bien comment ça arrive. Mais pour l'instant, le Parti communiste n'a pas encore désigné le candidat.

8:56
Présentateur

Mais vous avez vu le couac que ça a provoqué puisque le meeting qui devait avoir lieu mardi à Saint-Denis a vu la participation de Marie-Georges Buffet, de Clémentine Autain et de François Ruffin annulée.

9:06
Éric Coquerel

C'est vrai que sur leur pression de leur parti notamment, Marie-Georges l'a regretté, ils ont préféré remettre ce meeting. Mais figurez-vous, on en a profité pour faire une rencontre avec tous les animateurs de lutte avec lesquels je suis en permanence dans les rues. Des migrants, des travailleurs sans papier, les gens de la compagnie Jolimo, des gens qui faisaient l'extraordinaire rassemblement de Bebigny, des jeunes des quartiers populaires dont malheureusement on a peu parlé parce qu'on a surtout parlé des échauffourés qui ont eu lieu le soir.

Et du coup, ça a été un moment tel qu'on l'imagine, c'est-à-dire d'implication citoyenne entre les luttes et une campagne, ça sert les deux à transformer les choses et la société. Et donc le Parti communiste c'est un partenaire ? C'est sûr que c'est un partenaire, d'ailleurs Jean-Luc Mélenchon va rencontrer Pierre Laurent demain.

9:49
Présentateur

8h31 et Éric Coquerel invité de France Inter ce matin. On vous retrouve dans quelques minutes avec les questions des auditeurs de France Inter.