Emmanuel Macron giflé lors d'un déplacement - C à Vous - 08/06/2021
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Chapitres
Questions et réponses
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- 0:53OuverteRéponse directe
quelle est votre réaction à tous les deux après ce qui est une agression contre le chef de l'État ?
- 2:39ComplaisanteRéponse directe
Ne laissons pas des faits isolés des individus ultra-violents prendre possession du débat public
- 3:57RelanceRéponse partielle
C'est-à-dire qui ont confisqué le débat ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00InvitéFait
« C'est une agression et c'est une agression physique. »
- 1:09InvitéFait
« dans une culture politique française qui n'a jamais été d'ailleurs une culture pacifiée et où on confond souvent la figure de l'adversaire avec la figure de l'ennemi. »
- 1:35InvitéFait
« Et là, tout de même, c'est le premier président qui est pris à partie physiquement. »
- 2:10InvitéFait
« Le président de la République, il représente l'unité nationale. »
- 2:21InvitéFait
« quand le président de la République est giflé, c'est la République française qui reçoit une gifle. »
- 3:23PrésentateurFait
« Ce youtubeur d'extrême droite, proche d'Éric Zemmour, qui a menacé de son... Enfin, qui a mis une vidéo dans laquelle il se mettait en scène, imaginant une agression physique d'un représentant, la France a soumis. »
- 3:33InvitéFait
« Avec des armes, avec des armes à feu, il y a ça. »
- 3:43InvitéFait
« Il y a un mauvais climat. »
- 3:45InvitéFait
« Il y a un climat peut-être même délétère. »
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quand une gifle devient le symbole de l'état d'un pays, surtout quand elle est adressée au président de la République. Bonsoir Pascal Perrineau, politologue, professeur émérite des universités à Sciences Po, ancien directeur du centre de recherche politique de Sciences Po. Vous êtes aussi l'auteur, on le signale, de ce que sais-je sur le populisme qui est paru le 17 février dernier. A vos côtés, David Doucan, rédacteur en chef du service politique du Parisien. Merci à tous les deux de votre présence. Deux hommes ont donc été interpellés dans la Drôme après ce geste assez incroyable qui s'est produit vers 13h15, alors que le président poursuivait son tour de France dans la Drôme.
L'Élysée préfère d'ailleurs parler d'une tentative de gifle plutôt que d'une gifle. D'abord, quelle est votre réaction à tous les deux après ce qui est une agression contre le chef de l'État ?
C'est une agression et c'est une agression physique. Les agressions verbales, on y est habitué, hélas, dans une culture politique française qui n'a jamais été d'ailleurs une culture pacifiée et où on confond souvent la figure de l'adversaire avec la figure de l'ennemi. Et l'ennemi, c'est l'ennemi à abattre. Ça, c'est la première réflexion que je voulais faire. Deuxièmement, c'est tout de même, le président relativiste, je le comprends, il dit c'est un fait isolé. On parle tout de même beaucoup de violence par les temps qui courent. Violence sociétale, violence économique, violence terroriste, violence politique.
Et là, tout de même, c'est le premier président qui est pris à partie physiquement. Certains avaient été bousculés, par exemple Nicolas Sarkozy. Mais là, c'est le premier président, en effet, qui est pris, même si apparemment, et heureusement, la gifle n'a pas atteint complètement son but du fait de la réaction vive des services de sécurité. Mais enfin, gifler le président de la République, c'est quelque chose, c'est d'une violence symbolique rare. Il ne faut pas sous-estimer ce qui s'est passé. Le président de la République, il représente l'unité nationale. Et quelque part, quand le président de la République est giflé, c'est la République française qui reçoit une gifle.
Vous savez, on distinguait jadis, du temps de l'autorité monarchique, on distinguait le corps réel et le corps symbolique. Le corps réel, même sous la République, d'un président, il est porteur du corps symbolique de la nation française, de la République française. Et c'est aussi ce corps symbolique qui a été touché.
Ne laissons pas des faits isolés des individus ultra-violents, comme il y en a toujours quelques-uns dans les manifestations, prendre possession du débat public, il ne le mérite pas. C'est ce que dit Emmanuel Macron.
Au Dauphiné libéré, et c'est au fond tout l'enjeu des prochaines semaines, des prochains mois. Tentative de gifle. Je ne sais pas s'il est utile de minimiser le geste. Et sur les images que vous avez à l'instant diffusées, j'ai le sentiment, je ne suis pas expert en gifle, mais j'ai le sentiment qu'on l'entend. Donc, est-ce qu'il y a nécessité de minimiser le geste ? Je ne crois pas. Parce que c'est un geste qu'il ne faut pas minimiser. Pascal Perrineau le disait à l'instant, il a une portée symbolique terrible. Confisquer le débat politique. Parce que là, il y a eu, pas si tôt, cette polémique.
Ce youtubeur d'extrême droite, proche d'Éric Zemmour, qui a menacé de son... Enfin, qui a mis une vidéo dans laquelle il se mettait en scène, imaginant une agression physique d'un représentant, la France a soumis.
Avec des armes, avec des armes à feu, il y a ça. Le chanteur Francis Lalanne, qui a agressé des confrères de journalistes. Il y a un mauvais climat. Il y a un climat peut-être même délétère. Et au fond, quand le président de la République dit qu'il ne faut pas que le débat soit confisqué, c'est bien de le dire, mais il faut le faire. Il y a une responsabilité des responsables politiques dans leur ensemble et des candidats qui seront candidats l'année prochaine en 2022.
C'est-à-dire qui ont confisqué le débat ?
Non, c'est-à-dire de se battre pour que le débat de cette présidentielle soit sur les idées, la confrontation des projets de société.
Et non pas des insultes et des prises à partie verbales d'un camp à un autre.
Je crains que si l'on privilégie l'invective, c'est la facilité et ça ouvre la voie, au fond, à l'expression parfois de violence.