Le coup de cœur de Carole Boinet : "Besito" de Judeline.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Cette semaine, la France vibre au son de Bad Bunny, bien sûr, qui jouait à Marseille mercredi et sera à Paris à la Défense Arena ce week-end. Et donc il n'y a pas Bad Bunny, il n'y a pas que Bad Bunny dans la vie, il y a aussi la fameuse Judeline. C'est elle, mon coup de cœur de la semaine, elle qui se plaît comme lui, ame les traditions et avant-garde et chante en espagnol. Elle vient de sortir Bessito, Petit Baiser, un nouveau single que je trouve à tomber.
Judeline, c'est ça, du flamenco, du reggaeton, du R&B, de la musique électronique expérimentale, bien dans son époque.
Un chant en espagnol gorgé d'une certaine dramaturgie et cerise sur le gâteau, une sensualité bravache et hyper contagieuse. Je citais Bad Bunny, mais bien entendu, celle à laquelle on pense instantanément à l'écoute de Judeline, c'est la Queen, Rosalia. L'une des premières artistes à avoir transcendé le flamenco andalou. D'ailleurs, Rosalia a adubé sa consœur en postant son premier album sur son compte Instagram. Et alors, elle nous vient d'où, Judeline ? Alors, Lara Fernandez Castrello, de son vrai nom, est originaire de Los Cagnos des Mécas, petit village andalou de 300 habitants.
Son père, vénézuélien, lui apprend le quattro, guitare à quatre cordes, typique du joropo, ce genre musical traditionnel du Venezuela. Et il lui chante Hey Jude, des Beatles, d'où le surnom, Judeline. À dos, elle rencontre les producteurs Twist et Mayo, avec qui elle va concevoir un premier EP. Judeline habite alors Madrid, où elle jongle entre Petit Boulot, Désir Mordant de monter sur scène. En 2024, ses deux producteurs l'épaule sur son premier album, Bodhiria, aux côtés de Rob Bizel, multinominé aux Grammys, pour son travail avec Sisa ou Kendrick Lamar.
Depuis, Judeline, 23 ans, a été nommé au Latin Grammy Awards, a tourné avec le king du reggaeton, J Balvin, enregistré avec le producteur Sega Bodega, et avec Nine Inch Nails, pour un morceau sur la BO du film Tronc. L'artiste incarne le nouveau raz-de-marée hispanophone, Bad Bunny, Rosalia, J Balvin, mais aussi Oliver Latchez, le réalisateur de Sirat, ou Los Ravis, duo de cinéastes derrière la série à succès, La Messias. Toutes et tous contribuent à faire exploser les codes et à déjouer l'omniprésence de la culture anglophone à l'international. Judeline, Bessito, merci beaucoup, Carole Bouanet.