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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 31 octobre 2018 25 min

"Un policier qui intervient dans une école, ce n'est pas un policier armé", assure Gabriel Attal

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour à tous, merci d'être avec nous ce matin sur France Info, notre invité Gabriel Attal, bonjour. Bonjour. Secrétaire d'Etat auprès du ministre chargé de l'éducation nationale et de la jeunesse. Bonjour Renaud Dely. Bonjour Jérôme Cadet. Le gouvernement qui s'attaque à la violence scolaire.

0:13
Gabriel Attal

Oui, bonjour Gabriel Attal. Vendredi dernier, donc après l'agression d'une enseignante mise en joue par un lycéen, on s'en souvient, à Créteil en plein cours, un comité stratégique de lutte contre les violences scolaires s'était réuni, avec Jean-Michel Blanquer, Nicole Belloubet, Christophe Castaner. A l'issue d'ailleurs, le ministre de l'Intérieur envisageait la présence physique de force de l'ordre dans les lycées. On parlait d'une annonce hier à l'issue du Conseil des ministres. Et puis finalement, rien, tout a été reporté. Le plan sera dévoilé finalement à annoncer Benjamin Griveaux d'ici le 15 décembre. Pourquoi ce retard ? Finalement, rien de presse ?

0:44
Invité

Alors, ce qui avait été annoncé, c'est une communication à l'issue du Conseil des ministres, où ce sujet a été abordé hier, pas des mesures qui interviendront avant la fin de l'année. Il y a plusieurs sujets. Il y a des sujets de violence contre les professeurs qui sont inacceptables. On a vu la vidéo de Créteil. Et à ce sujet-là, il faut une réaction immédiate des pouvoirs publics. C'est ce qui a été engagé par Jean-Michel Blanquer, mais qui avait été déjà anticipé avant même cette situation, puisque des mesures avaient été annoncées bien avant depuis l'arrivée du ministre.

Mais il y a un sujet aussi culturel à l'école, sur la question de l'autorité, pour que l'autorité soit rétablie, l'autorité du professeur, pour que les professeurs aient le sentiment, ils surtout voient quand ils signalent un fait, qu'il ne reste pas sans réponse, qu'il ne disparaît pas, qu'il n'est pas mis sous le tapis. Et donc là-dessus aussi, il faut avancer.

1:35
Gabriel Attal

Parmi les toutes premières mesures assez spectaculaires, envisagées par Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur, il y avait donc l'idée d'imposer des policiers dans certains établissements. Il a l'air un petit peu moins pressé de le faire, le ministre de l'Intérieur. Il s'est exprimé hier chez nos confrères de RTL.

1:51
Invité

Évidemment, il ne s'agit pas de mettre des policiers dans les écoles en permanence. Évidemment, je demande que dans certains quartiers, dans certains moments, on puisse avoir un lien tout particulier avec l'école, quitte à assurer une présence de sécurité chaque fois que l'établissement le souhaite.

2:05
Gabriel Attal

Vous, Gabriel Attal, chargé de la jeunesse, vous trouvez que c'est une bonne idée des policiers dans les établissements scolaires ?

2:08
Invité

La question des policiers des établissements scolaires, elle déclenche souvent des passions, et quelque part c'est légitime parce que c'est un sujet sensible, parce que l'école, ce n'est pas un lieu de maintien de l'ordre, c'est un lieu de transmission du savoir. L'enjeu, c'est qu'il y a aujourd'hui des professeurs qui font plus de maintien de l'ordre que de transmission du savoir dans certains endroits. Ce que je veux dire... Ça ne vous choque pas.

2:29
Gabriel Attal

Le principe ne vous choque pas, vous pouvez le comprendre.

2:31
Invité

Ça ne me choque pas, à condition que ça soit encadré, et c'est ce qui est annoncé par Christophe Castaner, et c'est ce qui va se préciser. Ce que je veux dire dans un premier temps, c'est qu'il y a déjà aujourd'hui des liens entre les policiers et les écoles. Moi, j'ai été élu en 2017 sur une circonscription, j'étais député avant d'être ministre, à Islée Moulineau, à Venve, où je suis élu, il y a des policiers qui interviennent dans les écoles pour faire de la prévention sur plein de sujets. Ce qui va changer, c'est qu'il faut que, dans chaque établissement, il y ait un contact, un référent auprès de la police qui puisse à la fois faire du conseil...

Et ça n'existait pas dans les lycées de votre circonscription ? Il n'y a pas de contact dans les lycées qui connaissaient les policiers ? Dans ma circonscription, il y a des policiers qui interviennent notamment pour faire de la prévention sur les addictions, sur plein de sujets. Ce n'est pas le cas dans toute la France. Donc ce qu'il faut, c'est faire en sorte qu'il y ait des liens entre les écoles et la police dans toute la France. Mais il ne s'agit pas d'envoyer des policiers armés dans les écoles. Évidemment, quand les policiers interviennent dans les écoles, ils ne sont pas armés.

Je pense que c'est des choses qu'il faut dire parce que c'est vrai que quand on imagine des policiers, on se dit tout de suite, on voit les images que ça renvoie. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il faut que chaque école puisse avoir un contact dans la police, qu'ils puissent faire du conseil, qu'ils puissent éventuellement intervenir s'il y a des situations de tensions extrêmes entre bandes, par exemple. Et c'est ça sur quoi on va travailler.

3:37
Gabriel Attal

Votre ministre de tutelle, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale, lui, il envisage de renforcer ce qui existe déjà, des équipes mobiles de sécurité, ce qui repose notamment sur des retraités de la police et de la gendarmerie. Jean-Michel Blanquer s'en est expliqué.

3:53
Locuteur 6

Nous avons besoin pour les 13-18 ans de structures dédiées solides, encadrées par des personnes qui peuvent venir de différents corps de métier. Aussi bien de l'Education nationale que des personnes qui peuvent venir, par exemple, de l'armée ou de la police.

4:07
Présentateur

D'anciens militaires, par exemple, pour encadrer des jeunes.

4:09
Invité

Ce que je veux dire, d'abord, c'est que les unités mobiles de sécurité, elles ont été créées par Jean-Michel Blanquer, pas au ministère, mais à l'époque où il était recteur de Créteil. C'est bien qu'il y a une connaissance toute particulière de ce sujet-là. À l'époque, il les avait créés dans son académie, ça avait fait débat, ça a ensuite été quasi généralisé à toute la France. Il avait pris un conseiller sécurité dans son rectorat. À l'époque aussi, c'était très nouveau. Là aussi, ça se systématise. Oui, il faut les renforcer.

Il faut les renforcer pour qu'il puisse y avoir un conseil, il puisse y avoir des interventions s'il y a des situations très tendues dans les établissements scolaires.

4:40
Présentateur

Mais là, dans ces structures dont parle Jean-Michel Blanquer, ils vont apprendre quoi les jeunes ? Dans ces structures solides, encadrées ?

4:46
Invité

Il y a deux sujets. Honnêtement, il y a les enseignants, les chefs d'établissement, où là, il doit y avoir des liens avec la police pour du conseil, pour expliquer un certain nombre de réflexes à avoir, pour être sûr que s'il y a des situations très tendues et graves, il y a des signalements qui soient opérés. Puis il y a la question du lien entre les jeunes et la police, où là, encore une fois, il y a déjà des interventions en milieu scolaire et il faut regarder où elles ont lieu et si en France, il y a des endroits où il faut qu'elles se systématisent ou en tout cas qu'elles se renforcent.

5:13
Gabriel Attal

Est-ce qu'il y a à vos yeux un risque aussi que dans ces situations tendues, s'ils ont plus des policiers, voire des militaires qui sont présents dans les écoles, ça ne renforce pas justement la tension et les risques d'affrontements avec les jeunes ?

5:23
Invité

Encore une fois, je veux dire ce que j'ai dit tout à l'heure, un policier qui intervient dans une école, ce n'est pas un policier armé. Et ça, je pense que c'est important de le dire, parce que c'est vrai que tout de suite, on a l'image de quelque chose d'extrêmement tendu. Les policiers, ils sont vus par les jeunes comme des personnes qui font du maintien de l'ordre, mais ils sont aussi porteurs d'un certain nombre de valeurs de la République. Il n'y a pas de rejet de la police par les jeunes. Et moi, je pense que tout ça peut se faire avec la communauté éducative, la communauté scolaire, en parfaite intelligence, sans qu'il y ait de tension.

5:51
Gabriel Attal

Est-ce qu'il n'y a pas un risque, une propension du gouvernement à céder un réflexe ? Ce qu'on a bien connu dans le passé, on a vu cette image extrêmement spectaculaire de cette agression en plein cours dans ce lycée de Créteil. On se souvient des années Sarkozy, un fait divers, une loi, un fait divers, une loi, de légiférer dans l'émotion.

6:05
Invité

Justement, vous ne pouvez pas me dire d'un côté que vous regrettez qu'il n'y ait pas des mesures qui étaient annoncées immédiatement et un plan qui a été sorti suite à une vidéo, et de l'autre côté, considérer qu'on légifère et qu'on annonce des mesures dans l'émotion.

6:15
Gabriel Attal

Christophe Castaner avait parlé un peu vite le week-end dernier.

6:18
Invité

Christophe Castaner et Jean-Michel Blanquer ont lancé des pistes. Il y a deux sujets, encore une fois. Il y a un sujet scolaire. Et là-dessus, on a commencé à avancer avec Jean-Michel Blanquer. On continue à le faire. Tout à l'heure, on réunit tous les recteurs au ministère de l'Éducation nationale. Et on va avancer sur un nombre de sujets très concrets, notamment, qui est dans chaque établissement, un registre de suivi de tout ce qui est signalé par les professeurs, pour être sûr qu'il y a une suite, une simplification pour réunir les conseils de discipline. On sait que, jusqu'à maintenant, il y a beaucoup d'établissements qui ne réunissaient pas les conseils de discipline systématiquement.

Une procédure assez lourde. Oui, il y a une question de procédure, et il y a une question aussi où des chefs d'établissement ne voulaient pas que leur établissement soit mis à l'index parce qu'il y avait beaucoup de conseils de discipline. Il faut changer cette culture-là. Et puis, il y a un sujet interministériel où, là-dessus, ça se travaille entre notre ministère, l'Éducation nationale et l'Intérieur. Et là-dessus, comme c'est interministériel, il faut échanger entre ministères. On va avancer avant la fin de l'année. D'ici au 15 décembre, il y aura un plan qui sera annoncé.

7:06
Présentateur

Et des annonces. Gabriel Attal, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse. Notre invité ce matin sur France Info. Il est 9h20. Toute l'info, Camille Revelle.

7:16
Locuteur 1

Et l'avenir de la Syrie Ascoval est au cœur d'une réunion à Bercy. Ce matin, 281 emplois sont en jeu. Et sur le rapport d'un cabinet d'experts pour décider s'il participe au financement du projet de reprise du site. Sur France Info, le député communiste du Nord, Fabien Roussel, dit avoir l'impression que le gouvernement fait tout pour empêcher ou rendre plus difficile cette reprise. Il dit avoir voulu créer un électrochoc. Le procureur d'Orléans a requis 2 ans et demi de prison ferme contre un prêtre accusé d'attouchement sexuel sur une dizaine de garçons en 1993 et un an ferme contre l'ancien évêque d'Orléans.

Poursuivi pour non-dénonciation, le jugement du tribunal correctionnel est mis en délibéré au 22 novembre. Un comité d'accueil hier à Pittsburgh pour Donald Trump, 1500 manifestants opposés à la venue du président américain. Il venait se recueillir dans la synagogue où un tireur antisémite a abattu 11 fidèles samedi. Toujours pas de courant, 45 000 foyers encore privés d'électricité ce matin en France après les intempéries d'hier. Strasbourg à Nantes, premier qualifié pour les huitièmes de finale de la Coupe de la Ligue de football. Les Alsaciens battent l'Ile 2-0. Victor Descanaries contre Montpellier 3-0.

8:21
Présentateur

France Info. Gabriel Attal, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse. Notre invité ce matin. Des jeunes notamment, mais pas seulement, des jeunes homosexuels pris pour cible par de nombreuses agressions qui sont multipliées ces dernières semaines, Renaud.

8:33
Gabriel Attal

Les agressions se sont multipliées en effet. L'association SOS Homophobie a reçu hier soir trois de vos collègues du gouvernement, Christophe Castaner, Nicole Belloubet et Marlène Schiappa, qui ont annoncé d'ailleurs de premières mesures, notamment la facilitation des dépôts de plaintes en ligne. Vous êtes donc chargé de la jeunesse. L'homophobie, souvent, ça commence dans les cours d'école.

8:50
Invité

Oui, l'homophobie, ça commence parfois jeune. C'est pour ça que l'éducation a un rôle majeur. Il y a des mesures qui ont été annoncées hier, notamment sur la facilitation du dépôt de plaintes, qui sont très importantes. Nous, avec Jean-Michel Blanquer, dans les prochaines semaines, on va annoncer là aussi des mesures nouvelles. Il y en a déjà qui avaient été annoncées. Maintenant, depuis un an, vous avez un référent harcèlement dans chaque établissement scolaire. Il y aura une sensibilisation qui sera faite davantage dans les écoles ? Oui, il y aura une nouvelle campagne de sensibilisation.

Mais au-delà de ça, parce que les campagnes de sensibilisation, c'est très important, il faut aller encore plus loin. Il y a tout un travail, notamment, à faire avec les associations. Moi, je suis plus particulièrement au ministère de l'Éducation nationale et de la jeunesse en charge de la vie associative. On a un tissu associatif, et on l'a vu hier soir dans la réunion avec les ministres, qui est extrêmement dense et qui a vraiment envie d'intervenir en milieu scolaire. Il faut avancer sur ces questions-là. Elles pourront le faire dans les prochaines semaines ? On va travailler à ça.

9:40
Gabriel Attal

Notamment dans le milieu du sport aussi, un effort tout particulier à faire auprès des associations sportives. On sait aussi que parfois, malheureusement, dans les stades, on a des cris, des injures homophobes.

9:49
Invité

Oui, là-dessus, c'est aussi un sujet. Ma collègue Roxana Maracineanu, qui est ministre des Sports, travaille aussi. On voit bien que c'est un sujet transversal qui concerne l'ensemble de la société, et par définition, l'ensemble des ministères. Donc, il faut avancer.

10:01
Gabriel Attal

Jean-Luc Mélenchon, après la tempête judiciaire qui s'est abattue sur la France Insoumise ces dernières semaines, a lancé une contre-attaque politique. Il était hier soir en meeting à Lille, le patron de la France Insoumise, et il a lancé la mobilisation de ses troupes en vue des élections européennes de mai prochain.

10:18
Locuteur 3

Qu'il faut d'abord gagner cette élection européenne en en faisant un référendum anti-Macron massif pour qu'il entende qu'il y en a marre de lui, de ses méthodes, de ses illusions, de son gouvernement, de sa majorité de robots.

10:32
Gabriel Attal

Les européennes, ça va être un référendum pro ou anti-Macron ?

10:36
Invité

Là-dessus, ce n'est pas une nouveauté. Jean-Luc Mélenchon avait déjà dit cet été qu'il voulait que les européennes soient un référendum pro ou anti-Macron. Moi, je pense qu'il fait une vraie erreur, parce que le sentiment que j'ai, c'est que les Français se rendent compte que c'est crucial ce qui va se jouer lors des prochaines élections européennes, que sur des questions de migration, sur des questions budgétaires, sur des questions éducatives, de mobilité en Europe, on est attendus. Et que si l'Europe ne tient pas ses objectifs qu'on lui fixe, si l'Europe n'est pas là pour répondre aux attentes des citoyens européens, on court à la perte de l'Europe.

Et Jean-Luc Mélenchon, en tenant ce discours, il montre qu'il a baissé les bras sur l'Union européenne.

11:10
Gabriel Attal

Vous êtes sûr qu'il fait une erreur quand on regarde la cote de popularité d'Emmanuel Macron, qui est en berne. Plus que 29% de popularité sur les deux derniers sondages. C'est une stratégie qui est plutôt compréhensible de vouloir faire de ce scrutin un référendum anti-Macron pour engranger sur l'impopularité du président ?

11:26
Invité

Moi je pense qu'honnêtement, c'est prendre les Français pour des idiots. Je le dis, les Français savent très bien que c'est une élection européenne. Et ils voient tous les jours très concrètement sur vos antennes et dans leur quotidien combien l'Union européenne est importante et combien il faut qu'elle soit en mesure de répondre aux enjeux. Je pense notamment à l'enjeu migratoire.

11:41
Présentateur

On nous dit ça à chaque campagne européenne, Gabriel Attal. Et à chaque fois, ce sont des thèmes français qui le plus souvent sont mis en avant.

11:47
Invité

Je ne sais pas si lors des précédentes campagnes européennes, on était dans la situation qu'on connaît aujourd'hui avec une montée des nationalismes, avec une situation migratoire dont on sait que depuis quelques années elle est quand même exacerbée et qu'il y a un sujet aujourd'hui quand même à gérer au niveau européen. Et que le président de la République a engagé ces derniers mois et depuis qu'il est arrivé aux responsabilités toute une mobilisation avec des pays européens hors du cadre de l'Union européenne pour permettre d'accueillir les réfugiés, d'avoir une répartition des réfugiés en Europe.

Sur tous ces sujets-là, il faut que l'Union européenne prenne ses responsabilités et qu'elle avance.

12:15
Gabriel Attal

C'est nous ce qu'on va porter. Pour que ce ne soit pas un scrutin pro ou anti-Macron qui porte sur la République nationale, il faut donc a priori que le président de la République se tienne en retrait, qu'il ne s'implique pas.

12:23
Invité

Le président de la République, il est président de tous les Français. Et il s'implique aujourd'hui, il s'implique depuis... Il doit s'impliquer dans la campagne, après vous ? Il s'implique depuis un an et demi pour que l'Union européenne ait un avenir. Et surtout, pour qu'elle ait un avenir dans le bon sens. C'est-à-dire qu'on arrête avec la manière dont ça fonctionne aujourd'hui. Nous, ce qu'on veut, c'est pas renverser l'Europe comme Jean-Luc Mélenchon, on veut renverser la table en Europe.

12:41
Gabriel Attal

Donc il doit s'impliquer dans la campagne électorale, le président de la République.

12:44
Invité

Mais le président de la République, il est chef de l'État. Donc il n'est pas dans une logique partisane. Il est président de tous les Français. Donc par définition, un président de la République ne s'implique pas dans une campagne électorale. Mais il s'implique en travaillant pour l'Union européenne. Il s'implique en convainquant l'Allemagne, par exemple, comme ça a été fait, d'avancer sur l'union bancaire. Il s'implique en convainquant la majorité des États de l'Union européenne d'avancer sur la question du glyphosate pour que le renouvellement de l'autorisation se fasse sur 5 ans et pas sur 10 ans ou 15 ans comme c'était prévu au départ.

Il s'implique pour faire en sorte que sur les migrations, on réussisse à avoir une politique harmonisée en Europe pour que l'ensemble des pays de l'Union européenne accueillent des réfugiés sur leur territoire. Voilà comment il s'implique. Et non, on va s'impliquer pour gagner les élections européennes.

13:22
Gabriel Attal

Il s'implique tellement le président de la République qu'il a d'ailleurs un agenda plutôt surchargé. Le Conseil des ministres a été avancé hier. On a évoqué un petit coup de fatigue, un besoin de repos d'Emmanuel Macron. Le porte-parole du gouvernement à la sortie du Conseil des ministres, Benjamin Griveaux, nous donne des nouvelles rassurantes.

13:37
Locuteur 7

En fait, comme des millions de Français, pardon, il peut arriver au président de la République de prendre quelques jours. C'est en fait ce qui va se passer. C'est un président normal en fait.

13:46
Invité

Voilà, franchement, je vous avoue que quand je vois ce débat depuis hier sur le break de trois jours du président de la République, je me dis franchement, on est un peu chez les dingues. Hier soir, je suis rentré, j'étais à un événement avec 300 jeunes avec la fédération Léo Lagrange. Je suis rentré chez moi, j'allume la télé. Il y avait un débat sur une chaîne d'info pendant une demi-heure sur le fait que le président prend trois jours pour faire un break, pour peut-être voir ses proches. On sait qu'il y a un agenda de président de la République, c'est quand même extrêmement dense.

Ensuite, j'ai vu une intervention de Christian Jacob, qui est quand même président du premier groupe d'opposition à l'Assemblée nationale, Les Républicains, qui parlait de ça pendant 20 secondes. Il n'y a pas autre chose à dire sur les réformes qu'on est en train de porter en ce moment. Honnêtement, je trouve ça totalement hors sol.

14:27
Présentateur

Gabriel Attal, c'est l'Élysée qui avait communiqué au début du quinquennat sur ce président qui ne dormait que quelques heures par nuit, qui arrivaient à enchaîner les rendez-vous et les déplacements avec cette force de travail hors du commun ?

14:38
Invité

Personne n'a dit que le président de la République était épuisé ou quoi que ce soit. Il a une force de travail. D'ailleurs, je crois que pendant ces quelques jours où il va peut-être faire un break, comme on dit, et passer du temps avec ses proches, comme beaucoup de Français en ce moment. Il y a des Français qui travaillent et qui nous écoutent, je pense, sur la route de leur travail. Mais il va évidemment suivre ce qui se passe et il sera totalement alerte. Mais encore une fois... Vous confirmez qu'il dort très peu ? Mais moi, je ne comprends pas qu'on soit dans ce débat, honnêtement, et que ça mobilise autant de temps sur les chaînes infos, sur les antennes, de parler de ce sujet-là.

15:10
Gabriel Attal

Ce sont des proches du président de la République qui, ces derniers temps, ont laissé filtrer l'idée qu'il était un peu fatigué, ce qui, encore une fois, est parfaitement compréhensible. Ce n'est pas les journalistes qui ont inventé ces confidences ? Vous, vous ne l'avez pas trouvé fatigué ? Il est en pleine forme.

15:21
Invité

Ah, ça, je vous le confirme. Oui, il est en pleine forme. Il suit parfaitement les choses. J'ai eu des contacts avec lui encore ce week-end. Enfin, je veux dire, c'est un non-sujet, c'est un non-débat. Vous savez, moi, Emmanuel Macron, je l'ai rejoint pendant la campagne présidentielle au moment où il a lancé En Marche, avant même. Et d'ailleurs, si je me souviens bien, l'an dernier, il était déjà président de la République. L'année d'avant, il était en campagne. Il a pris quelques jours à la Toussaint pour passer du temps avec ses proches et pour faire un break.

15:45
Gabriel Attal

Et quand vous l'avez rejoint, vous avez créé, justement, vous avez été un des doux premiers à le rejoindre, vous avez créé une association qui s'appelle Les Jeunes avec Macron. Vous étiez l'un des cofondateurs et un des animateurs de cette association. Les Jeunes avec Macron, quand on regarde aujourd'hui les sondages, c'est la catégorie qui lâche plutôt le président de la République aujourd'hui. Comment est-ce que vous expliquez qu'il y ait, dans les derniers sondages, la code popularité en baisse d'Emmanuel Macron de façon particulièrement spectaculaire chez les moins de 25 ans ?

16:09
Invité

Moi, je n'ai pas vu ces chiffres-là. Ce que je veux dire, c'est qu'il y a une jeunesse qui doute, mais structurellement, de la politique. Il y a une jeunesse qui évolue dans un monde où on lui explique que la planète est en danger parce que l'environnement se dégrade et qu'il ne voit pas vraiment aujourd'hui au niveau mondial ce qui est fait pour l'empêcher, qu'il voit que le marché du travail est extrêmement dégradé et sinistré et qu'il ne sait pas, qu'il doute sur sa capacité à s'intégrer dans le marché du travail, qu'il voit des risques en termes de sécurité et en termes terroristes qui, objectivement, sont facteurs d'inquiétude et d'angoisse.

16:39
Gabriel Attal

Il n'arrive pas à rassurer cette jeunesse pour l'instant ?

16:41
Invité

Mais je ne dis pas ça. Je dis qu'il faut agir être rassuré en tant que citoyen sur l'avenir de la planète, sur le marché du travail, sur la sécurité en France et ça, c'est un sujet sur lequel on travaille tous. Quand on fait la loi sur l'avenir professionnel et qu'on fait un plan de formation massif avec 15 milliards d'euros sur la table pour former un million de jeunes qui sont aujourd'hui au chômage, quand on met en place des mesures sur le logement des jeunes pour créer 80 000 logements pour les étudiants et pour les jeunes parce qu'on sait que c'est ça la difficulté aujourd'hui pour un jeune c'est de pouvoir se loger.

Quand on fait le pass culture pour faire en sorte que des jeunes qui aujourd'hui n'accèdent pas à la culture parce qu'il y a des inégalités sociales, des inégalités géographiques, on agit très concrètement pour les principations de chacun et c'est directement pour les jeunes que ça avance.

17:24
Présentateur

D'autres questions pour vous Gabriel Attal, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse juste après l'info 8h50. Camille Revelle.

17:32
Locuteur 1

Il y a une volonté claire du gouvernement de lutter contre les agressions homophobes mais ces mesures sont probablement insuffisantes. Réaction sur France Info ce matin du président de l'association SOS Homophobie après l'annonce de plusieurs mesures hier à savoir une meilleure formation des forces de l'ordre et des magistrats mais aussi la possibilité de déposer plainte en ligne. Le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire après le dépôt d'une plainte pour agression sexuelle à l'encontre du réalisateur Abdelatif Keshich plainte déposée le 6 octobre dernier.

Les autorités indonésiennes ordonnent le limogé du directeur technique de la compagnie Lion Air deux jours après un accident d'avion. Un appareil s'est abîmé en mer peu après le décollage avec 189 personnes à son bord. 45 000 foyers se réveillent dans le noir ce matin en France près de la moitié d'entre eux en Haute-Loire et dans la Loire c'est la conséquence des intempéries d'hier. Roger Federer lui fait son entrée au Masters 1000 de Paris-Bercy le tennisman suisse affronte Milos Raonic tombeur de Joe Wilfried Songa le numéro 1 mondial l'espagnol Rafael Nadal lui a rendez-vous avec Fernando Verdasco

18:31
Présentateur

France Info Le secrétaire d'Etat Gabriel Attal notre invité ce matin l'un de vos dossiers prioritaires c'est de mettre en place le service national universel Renaud Delis. Et ce service national

18:44
Gabriel Attal

universel Emmanuel Macron justement en posait les bases il y a quelques mois au mois de janvier dernier on écoute le président de la République.

18:51
Locuteur 2

Il ne s'agit pas de réinventer le service militaire il s'agit de donner à notre jeunesse un rendez-vous auquel elle devra se rendre sans distinction de classe d'origine de sexe. Nous allons donc rendre à notre jeunesse ce qui fut en réalité le principal intérêt de la conscription la possibilité de se réunir autour d'un engagement commun en abattant toutes les barrières sociales.

19:15
Gabriel Attal

Quand entrera en vigueur ce service national universel Gabriel Attal

19:18
Invité

Dès 2019 une première cohorte de jeunes sera appelée au service national et ça va se mettre en oeuvre progressivement parce que c'est une réforme structurelle mais d'une puissance énorme c'est-à-dire que c'est sans doute la réforme structurelle la plus puissante du quinquennat d'Emmanuel Macron. On crée un moment dans la vie des jeunes à 16 ans notamment où on va mettre en place un espace de mixité sociale où des jeunes vont rencontrer d'autres jeunes qui viennent d'autres territoires d'autres milieux sociaux qui vont le faire au service de quoi ?

Au service des valeurs de la République au service d'un certain nombre de formations sur, j'en parlais tout à l'heure les réactions à avoir en termes de catastrophes en termes d'attentats en termes de crises sur les gestes de premier secours à prodiguer et puis surtout au service de l'engagement et moi j'ai été nommé ministre notamment pour travailler sur cette question de l'engagement et c'est un enjeu majeur de ce service national

20:07
Gabriel Attal

Alors, on travaille

20:10
Invité

avec méthode il y a un groupe de travail qui a été mis en place piloté par le général Daniel Menaouine il a remis un premier rapport on a donc une base solide sur laquelle on travaille très concrètement il y aura une première phase obligatoire d'un mois en deux fois deux semaines une première phase de deux semaines où là on répond aux objectifs que je viens d'évoquer c'est-à-dire mixité sociale creuset républicain des jeunes

20:31
Gabriel Attal

Un mois pour découvrir la mixité sociale c'est suffisant ?

20:34
Invité

Non mais je vous dis qu'il y a plusieurs objectifs il y a une première étape de 15 jours où des jeunes vont rencontrer et passer un moment avec d'autres jeunes mais pas juste passer un moment pour passer un moment c'est-à-dire qu'il y a des objectifs derrière ça encore une fois les questions de défense et de sécurité les questions de premier secours vous savez que dans les pays nordiques il y a 80% de la population qui sait réagir immédiatement à un accident ou à une blessure à côté d'elle en France c'est exactement l'inverse il y a 80% des français qui ne savent pas le faire donc il faut avancer aussi sur cette question de la formation aux gestes de premier secours Donc c'est 15 jours pour cette première étape et ensuite il y a une deuxième étape de 15 jours qui est là pour l'engagement parce que l'engagement c'est quoi ?

C'est travailler pour une cause à laquelle on croit Qu'est-ce qu'on regarde aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'on voit aujourd'hui ? C'est que l'engagement c'est un facteur d'épanouissement personnel pour ceux qui s'engagent ça fait grandir ça permet d'acquérir des compétences sociales qui d'ailleurs sont recherchées par les employeurs et c'est aussi un facteur positif pour la collectivité et l'intérêt général Qu'est-ce qu'on remarque ?

On remarque que l'engagement il est marqué aujourd'hui socialement Dans les personnes qui s'engagent dans les associations il y a deux fois plus de cadres supérieurs que d'ouvriers ou d'employés Les cadres ne sont pas plus généreux ou plus altruistes que les ouvriers ou les employés Donc dès la jeunesse dès le plus jeune âge il faut faire en sorte de lever les barrières à l'engagement notamment c'est les jeunes et c'est l'objectif de cette deuxième 15e heure

21:43
Gabriel Attal

Précisément Gabriel Attal il y a un grand nombre d'organisations de jeunesse plutôt marquées à gauche qui considèrent que ce n'est pas la priorité pour inciter effectivement les jeunes à s'engager lever les barrières comme vous le dites il vaudrait mieux s'attaquer à la précarité qui précarise donc toute une grande partie de la jeunesse et qui a des priorités sociales plutôt que d'imposer un service national universel obligatoire

22:03
Invité

Mais l'un ne va pas sans l'autre et on travaille sur la question sociale et sur la question de la précarité dans le plan pauvreté qui a été annoncé par le président de la république il y a des mesures très fortes pour lutter contre la précarité chez les jeunes encore une fois ce que je disais tout à l'heure sur le logement ça vise aussi à ça Sur le logement

22:18
Gabriel Attal

le premier signal l'année dernière

22:19
Invité

a été la baisse des APL Oui enfin on crée 80 000 logements étudiants et pour les jeunes actifs on met en place des mesures très fortes pour garantir l'accès des jeunes au logement avec une garantie une caution étatique la caution visale pour y parvenir les mesures elles sont là Ce que je veux dire c'est que le service militaire a été abandonné et c'est heureux parce que ça ne servait plus en France aujourd'hui de former toute une classe d'âge qui était d'ailleurs à la fin plus du tout une classe d'âge entière au maniement des armes mais on a abandonné aussi un moment qui dans l'objectif visait à faire en sorte que toute une classe d'âge passe un moment ensemble et quand on parlait tout à l'heure des questions de homophobie de vivre ensemble comme on dit même si je n'aime pas beaucoup ce terme mais justement le service national universel ça répond aussi à ce sujet là moi ce qui me frappe c'est qu'on a lancé par exemple à l'école la rentrée en musique et moi je vois à chaque rentrée des jeunes enfants qui viennent de quartiers différents qui viennent de milieux différents qui chantent ensemble et qu'est-ce qui se passe pour que plus tard ils se retrouvent à être divisés et qu'ils ne soient pas aussi unis le service national ça vise aussi à ça

23:17
Présentateur

toute une classe d'âge appelée combien ça va coûter d'héberger de nourrir ces jeunes

23:23
Invité

des intervenants je comprends parfaitement votre question ce que j'ai dit c'est qu'on a élaboré un scénario qu'on est en train de travailler et de préciser notamment sur les questions opérationnelles l'hébergement l'encadrement toutes ces questions là elles sont en train d'être précisées il y aura des annonces d'ici à la fin de l'année par définition le coût d'une réforme il dépend de ces questions là

23:40
Gabriel Attal

on évoque 1,7 milliard d'euros pour la première année

23:44
Invité

on évoque à peu près tous les chiffres c'est à dire que quand je dis on c'est des observateurs par définition je vous dis on est en train de calibrer cette réforme vous ne savez pas encore

23:54
Gabriel Attal

combien va coûter la réforme la plus structurelle du quinquennat comme vous le disiez tout à l'heure

23:58
Invité

le coût de la réforme il sera évalué quand on aura précisé l'organisation concrète opérationnelle de cette réforme ça sera fait d'ici à la fin de l'année donc je pourrais revenir si vous me réinvitez à la fin de l'année ce que je peux vous dire par contre ce sera gratuit ce que je peux vous dire par contre oui évidemment que ça sera gratuit ce que je peux vous dire par contre c'est important c'est que le président de la république il sait que ça va coûter de l'argent il l'a toujours dit mais ce qu'il a toujours dit c'est que pour lui c'était pas un coût c'était un investissement parce que à cette occasion du service national on va faire un certain nombre de bilans sur l'orientation des jeunes sur leur état de santé un jeune décrocheur il y a 150 000 jeunes qui décrochent chaque année c'est à dire qui sont ni en formation ni à l'école ni dans le travail vous savez combien ça coûte à la collectivité entre guillemets si on résume comme ça en termes budgétaires c'est 200 000 euros par jeune donc on va aussi éviter des coûts induits pour la société et on va faire en sorte que des jeunes au lieu de décrocher très vite on puisse les insérer dans des parcours vers l'emploi vers la formation première classe d'âge concernée ceux qui sont nés en 2003

24:50
Présentateur

c'est les jeunes qui auront 16 ans l'an prochain absolument Gabriel Attal secrétaire d'état auprès du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse c'était notre invité ce matin sur France Info bonne journée à tous

"Un policier qui intervient dans une école, ce n'est pas un policier armé", assure Gabriel Attal — Gabriel Attal · Pourquijevote