Surtaxe de l'impôt sur les sociétés : "On fera jamais notre deuil de ces mauvaises nouvelles", lance Patrick Martin
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 1:01OuverteRéponse directe
Quels sont les effets du réchauffement climatique sur l'économie selon les patrons ?
- 1:44OuverteRéponse directe
Le chiffrage de 15 milliards d'euros pour la canicule vous semble-t-il excessif ?
- 2:16OuverteRéponse directe
Les entrepreneurs prennent-ils suffisamment leur part dans la transition écologique ?
- 2:35RelanceRéponse directe
Les efforts des entreprises pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre sont-ils suffisants ?
- 3:09OuverteRéponse directe
Les taux d'intérêt français à plus de 4% vous inquiètent-ils ?
- 3:46OuverteRéponse directe
Cette situation se traduit-elle par des gel des investissements ou des embauches ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:44Invité politiqueChiffre
« Monique Barbu dit la canicule, ça a coûté 15 milliards d'euros. »
- 2:47PrésentateurChiffre
« Ça coûte 40 milliards par an aux entreprises de tenir la trajectoire de décarbonation. »
- 3:30PrésentateurChiffre
« On va être 20 000, 20 000 pour notre rencontre des entrepreneurs de France, cette université d'été, qu'on a eu 66 000 réponses de chefs d'entreprise. »
- 4:05PrésentateurFait
« Depuis la dissolution, on a des politiques publiques, en particulier des politiques économiques, fiscales, sociales, qui sont très dissuasives pour les entreprises. »
- 4:52Invité politiqueChiffre
« 18% qui est la dette détenue dans les coffres de la Banque de France. »
- 5:36PrésentateurFait
« La dette française est majoritairement détenue par des créanciers étrangers. »
- 7:18PrésentateurFait
« On a les entreprises les plus taxées au monde. »
- 8:29PrésentateurFait
« Les très grandes entreprises sont les plus taxées au monde. »
- 10:27PrésentateurFait
« Il est question de désindexer ou sous-indexer les retraites pour toutes les parties des retraités. »
- 10:32PrésentateurChiffre
« C'est à l'euro près le coût de la suspension de la réforme borne. »
Temps de parole
- Présentateur59 %
- Invité politique24 %
- Présentateur 215 %
- ?3 %
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France Inter, Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale. Et dans le grand entretien, nous recevons donc ce matin le président du MEDEF. Venez avec vos questions, vos réactions, chers auditeurs.
N
'hésitez pas au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France. Bonjour Patrick Martin. Bonjour. Merci d'avoir choisi France Inter le jour de l'ouverture de vos universités,
de
rentrer à Roland-Garros dans un climat d'inquiétude des patrons. A l'orée de la campagne présidentielle, vous recevrez d'ailleurs 7 candidats qui devront répondre à ces inquiétudes demain. Ce matin, c'est nous qui allons vous poser des questions. On va évidemment parler de la situation économique, du budget, de vos propositions, puisque le MEDEF a tout pour se faire entendre dans le débat présidentiel. Mais d'abord, Patrick Martin, un sujet transversal qu'on a tous vécu, subi cet été. Ce sont les conséquences
du
réchauffement climatique. Cette série de vagues de chaleur intenses qui ont des effets sur l'économie, sur la croissance. Alors vous qui parlez avec les patrons, ils en ressortent comment ? Ils en tirent quel bilan
? D
'abord, ça nous rend encore plus conscients de ce péril climatique. On évoque les incendies, mais il y
a
pu y avoir des tornades ici et là, en Outre-mer notamment. Donc on est très mobilisés sur ce sujet. Spécifiquement dans le Var, en Gironde, dans les Landes, il y a beaucoup d'entreprises qui sont directement affectées dans l'hôtellerie, la restauration, le camping. Mais pas que, ma propre entreprise a été touchée en Gironde. Donc on a mobilisé toutes nos troupes pour retrouver des financements pour, et malheureusement ça n'avance pas assez vite, déroger aux règles de reconstruction. Mais on a en face un État qui nous dit non, il y
a
des règles d'urbanisme, ça prendra deux ans si ça doit prendre deux ans.
Patrick Martin, quand Monique Barbu dit la canicule, ça a coûté 15 milliards d'euros. Et là, vous parlez des effets sur l'économie. Est-ce que ce chiffrage, il vous paraît à peu près dans le bon étiage ou excessif ?
Moi,
je retiens plutôt ce que disent les assureurs, parce qu
'ils
sont directement concernés, et selon lequel il y aura des dizaines de milliards d'euros de dégâts sur la planète, et que ça va augmenter au fil des ans. Donc c'est de notre responsabilité collective, mais entrepreneuriale, d'abord de prévenir ce type de situation, et puis de savoir s'en protéger. Est-ce que les entrepreneurs prennent suffisamment leur part dans la transition ?
On
avait hier à ce micro Jean-Marc Jancovici, qui parlait encore d'un déni généralisé, malgré la catastrophe qu'on a constaté très fort. Jean-Marc Jancovici, que j'apprécie beaucoup, on est d'ailleurs d'accord sur, j'allais dire, la promotion du nucléaire. Je pense qu'il est très excessif, les chiffres sont là. On voit qu'en particulier l'industrie française a des émissions de gaz à effet de serre qui ont beaucoup baissé depuis 20 ou 30 ans. Ce n'est pas que parce qu'on a délocalisé, c'est parce qu'il
y a
eu de gros efforts. Après, ça coûte beaucoup d'argent, ça coûte 40 milliards par an aux entreprises de tenir la trajectoire de décarbonation. Ça renvoie à la nécessité quand même de ne pas étouffer les entreprises pour qu'elles disposent des capacités d'investissement pour être au rendez-vous. Alors, on va parler des difficultés et du blues des entrepreneurs en cette rentrée. Mais la question qui domine en ce moment, c'est celle de nos finances publiques. Les taux d'intérêt français ont dépassé les 4%. Ça faisait 15 ans qu'on n'avait pas payé aussi cher pour emprunter. Ça vous inquiète ? Bien sûr que ça nous inquiète.
Ça impacte tout le monde, y compris les ménages sur le crédit à la consommation, sur le crédit immobilier. Et donc, cette inquiétude, cette frustration aussi au regard d'un paysage politique qui est pour le moins gazeux, ça se traduit par quoi ? Ça se traduit par le fait qu'on va être 20 000, 20 000 pour notre rencontre des entrepreneurs de France, cette université d'été, qu'on a eu 66 000 réponses de chefs d'entreprise, donc beaucoup de PME, de TPE qui composent les rangs du MEDEF pour exprimer cette frustration et cette inquiétude.
Frustration et inquiétude, est-ce que là encore, en termes de comportement d'investissement d'emploi, cette situation se traduit par quoi ? Par des entrepreneurs qui vous disent, moi, dans les mois qui suivent, dans les mois qui viennent, je vais geler des investissements que j'avais prévus, des embauches que je vais mettre sur pause
?
Absolument. En fait, depuis la dissolution, on a des politiques publiques, en particulier des politiques économiques, fiscales, sociales, qui sont très dissuasives pour les entreprises. Et donc, d'ores et déjà, dans les chiffres, on mesure moins d'embauches, moins d'investissements, moins de croissance. Donc, on est rentré dans une espèce de cercle vicieux. Parce que ça veut dire quoi ? Ça veut dire plus de personnes à indemniser, ça veut dire moins de rentrées fiscales. Et donc, il faut inverser cette logique.
On va parler du budget et notamment des décisions qui sont susceptibles d'être prises et leur impact sur l'activité économique. Juste avant, sur la question de la dette, on en parlait il y a encore quelques instants avec Dominique Seux et avec Clémence Guettet, la députée insoumise. Le débat a tourné autour de cette proposition émise par Jean-Luc Mélenchon de mettre au feu ou au frigo, c'est selon une partie de la dette française, 18% qui est la dette détenue dans les coffres de la Banque de France. C'est une proposition qui est également soutenue par le banquier de gauche, Mathieu Pigasse.
Est-ce que c'est une solution pour alléger le fardeau des finances publiques et pourquoi pas réutiliser cet argent peut-être pour soutenir les entreprises ?
M.
Pigasse qui a fait une énorme fortune grâce à la faillite des Etats. Peut-être songe-t-il à la même chose pour la France. C'est une vue de l'esprit. C'est une vue de l'esprit dans l'histoire d'ailleurs. Il les a signés à une époque. Quand un Etat fait défaut, c'est terrible. C'est exactement comme pour un ménage. Quand vous ne remboursez pas un crédit, on vous coupe les vivres. Vous êtes interdit bancaire.
Un Etat ne fonctionne pas comme un
ménage.
On peut le déplorer, mais un ménage ne pourrait pas avoir 3 500 milliards de dettes et continuer à emprunter. Mais
proportionnellement, c'est exactement la même chose.
Il
faut avoir en tête que la dette française est majoritairement détenue par des créanciers étrangers. Ce qui n'est pas le cas au Japon ou en Italie, deux pays qui ont également une dette publique énorme. Donc, ces créanciers étrangers nous surveillent attentivement. C'est pour ça d'ailleurs que le spread, l'écart de taux qu'on a entre la France et certains pays, l'Allemagne au premier chef, est en train d'augmenter. Parce que ces créanciers se disent, on ne va pas se mettre en risque de ne pas être remboursé par la France. Donc, il ne
faut
pas se raconter d'histoire. C'est peut-être très séduisant dans le cadre d'une campagne électorale. C'est la baguette magique,
c
'est la pierre philosophale,
c
'est le fil à couper le beurre, c'est tout ce que vous voudrez. C'est une vue de l'esprit. Alors, cette situation économique, elle va évidemment peser sur le budget et l'élaboration du budget 2027. Sébastien Lecornu a lancé un appel à la responsabilité. Est-ce que vous y croyez ? Est-ce que vous pensez que les forces politiques vont réussir à se mettre d'accord, en particulier en année présidentielle, pour éviter des discussions à rallonge et pour éviter cette incertitude que vous dites tous payer en tant que chef d'entreprise ? Il faut absolument qu'on ait un budget.
Moi,
je ne
suis
pas constitutionnaliste. Est-ce que ça doit passer par des ordonnances ? Est-ce que ça doit passer par un 49.3 ? En tout cas, il ne
faut
pas une loi spéciale qui figerait, on le sait, toutes les dépenses et qui accroîtrait encore le déficit. Ça a été chiffré jusqu'à 6%. On
précise
une loi spéciale qui reconduirait le budget
2026 sur l'année 2027.
Et là, je peux vous dire que nos créanciers réagiraient séance tenante, c'est-à-dire retireraient leur financement et que nos taux d'emprunt augmenteraient encore. J'insiste, ça impacterait tout le monde, pas seulement l'État. Non, la vraie difficulté de l'exercice, c'est que dans ce panorama, c'est tellement facile pour les politiques, j'allais dire de tous bords, de faire supporter la charge aux entreprises. L'effort partagé, il pèse déjà beaucoup sur les entreprises. On a les entreprises les plus taxées au monde. Alors, on peut se dire, ce n
'est
pas grave, c'est les actionnaires qui payent. Si je regarde le MEDEF, simplement le MEDEF, principale organisation patronale, on a 12 millions de salariés dans nos rangs. Qu'est-ce qui se passe ?
On
n'embauche plus. Parfois, on doit licencier. On ne peut pas augmenter les salaires comme on voudrait augmenter les salaires. On n'investit pas. Regardez la surtaxe d'impôt sur
les sociétés. Et donc, tout ça, c
'est à cause des taxes et des cotisations ? Parce qu'on ne sait pas faire les efforts auxquels on ne pourra pas échapper de réduction
des dépenses. On va rentrer dans le détail des propositions que vous faites, mais si on s'arrête précisément sur ce que vous évoquiez, la surtaxe de l'impôt sur les sociétés sur les grandes entreprises qui étaient dans le budget en 2026, qui étaient censées être temporaires, on le rappelle. Là, il s'agit bien d'une surtaxe sur les grands groupes qui dégagent des bénéfices.
Est
-ce qu'on peut dire, comme vous le dites, il faut faire des efforts, il faut précisément éviter que les créanciers perdent confiance en la signature France et dire, par contre, dans les entreprises, nous, on a donné, on ne
fait
plus d'efforts
? Mais
si je ne me trompe pas, et je ne me trompe pas, nos dépenses sociales sont payées à crédit dorénavant.
Alors,
on détourne le regard vers les entreprises. Il se trouve que les entreprises, et dorénavant, prioritairement, les très grandes entreprises sont les plus taxées au monde. Donc, à un moment donné, c'est assez mécanique, l'économie. Vous avez moins d'argent, vous investissez moins, vous embauchez moins. Et donc, ça pose un premier problème, je dirais, objectif. Ça pose, par ailleurs, un problème en termes de message. Quand l'État s'engage
à
ne prélever un impôt que sur une année,
qu
'il le reconduit une deuxième année, qu'il s'apprête à le reconduire une troisième année, ça crée une défiance à l'égard
de l
'État.
Mais, Patrick
Martin, sur la question des engagements qui avaient été pris, vous avez raison, puisque, rappelons-le, c'était censé être temporaire, mais sur la philosophie globale d'un effort à faire à partir du moment où on a un déficit qui dépasse les 5%, une dette qui tangente les 115% de ce que l'on produit chaque année, au nom de quoi, les entreprises devraient-elles être exonérées d'efforts qui sont pourtant fournis ? Il est question d'augmenter les franchises sur le remboursement des médicaments, il est question de mettre à contribution les administrations et les ministères, au nom de quoi, les grands groupes qui dégagent des bénéfices n'auraient pas à contribuer à cet effort ?
Parce que les entreprises, d'une manière générale, sont déjà les plus taxées au monde. On atteint notre seuil de douleur. Moi, j'observe une chose, ça fait 6 trimestres, 6 trimestres, que le chômage augmente. Où est-ce qu'il augmente ? Dans le privé.
Est
-ce que les emplois, dans les fonctions publiques et singulièrement les collectivités locales, ont diminué en même temps qu'ils diminuaient dans le privé ? Non.
Il
y a eu des créations d'emplois publics. Donc, à un moment donné, il faudrait que chacun se mette bien en tête, ça n'est pas votre cas évidemment, que tout ça est payé par le privé et prioritairement par les entreprises. Donc, dire que les entreprises doivent faire un effort supplémentaire et en réalité qu'elles supporteront une fois de plus l'intégralité de l'effort, c'est scier la branche sur laquelle on est assis.
Donc,
vous assumez de demander une année blanche sur les prestations sociales, de demander une augmentation de la TVA, ça c'est nouveau, plus 2%, donc on gèle les APL,
le
RSA, mais pour vous, il n
'y
aura rien de plus.
Je
voudrais commencer par vous dire qu'il est question de désindexer ou sous-indexer les retraites pour toutes les parties des retraités. J'attire votre attention sur le fait que c'est à l'euro près le coût de la suspension de la réforme borne. D'un côté, on travaille moins, d'un autre côté, on dépense plus. Mais à un moment donné, c'est des
matériaux.
Donc, les retraités qui sont susceptibles de voir leur pension désindexer payent la suspension de la réforme borne.
Absolument.
Et ça n'est pas fini si on ne revient pas à cette réforme, le cas échéant modifié. L 'augmentation de la TVA, plus 2%. Mais on a fait une proposition qui est économiquement et socialement de loin la meilleure.
Vous
savez ce
qu
'on va vous rétorquer. Une augmentation de
2%, c'est très
inégalitaire, tout le monde la paye. Des gens qui ne sont pas dans la rationalité,
qui
sont dans la posture et dans le dogme. On dit la TVA, je vois bien qui dit ça, la TVA, c'est antisocial. C'est absurde. La proposition qu'on a faite, d'abord, ne toucherait pas, pardon d'être un peu précis, le taux réduit. Les ménages modestes, 50% de leurs dépenses, ce sont des achats à TVA à taux réduit et des dépenses de logement qui ne supportent pas la TVA. Donc, les ménages modestes, non seulement, ne seraient pas affectés, mais
quand ils vont faire un supermarché,
ils ne sont pas à taux réduit. Mais bien sûr que si. 50% des dépenses des ménages modestes,
c
'est le logement et des dépenses à TVA à taux réduit. Par ailleurs, la proposition qu'on a faite, elle permettrait quoi ? D'augmenter les salaires nets. On a un vrai problème de pouvoir d'achat. Mais au-delà de ça, elle générerait de la croissance et très rapidement, 300 000 emplois. Je pense que les 300 000 jeunes en particulier qui trouveraient un emploi grâce à ça, ne seraient
pas mécontents. Si
je puis me permettre sur les prévisions du MEDEF, la dernière fois qu'on a entendu un patron du MEDEF nous dire une politique va créer un million d'emplois, on n'en a pas tout à fait vu la couleur. 2 millions. Autant, donc Pierre Gattaz avait tout à fait vu juste dans la...
Il s'est trompé par
modestie. Bon, je
ne suis pas
tout à
fait sûr que... Écoutez, je
prends les chiffres s'ils soyons factuels.
Il
y a 2 millions
d'emplois.
Je ne
dis
pas que c'est du seul fait de Pierre Gattaz.
C'était un peu mon idée. Simplement, d
'un
mot sur les positions que vous tiendrez par rapport à Bercier et à Roland Lescure, qui est le ministre de l'économie. Est-ce que vous avez bon espoir d'obtenir gain de cause précisément sur cette question de la surtaxe de l'impôt sur les sociétés ? Est-ce que... Ou au fond, est-ce que vous avez fait votre deuil du fait que de toute façon, ce budget ne sera pas favorable aux entreprises
? On
ne fera jamais notre deuil
de
ces mauvaises nouvelles et de ces mauvaises décisions. On prend en compte le fait que le gouvernement a des marges de manœuvre incroyablement étroites et que finalement, le job du Premier ministre, ça peut se comprendre, c'est de tenir. Donc, ça les amène à prendre des décisions qui ne sont pas courageuses.
Ce
n
'est
pas de leur fait, c'est du fait de l'Assemblée Nationale qui ne sont pas courageuses et qui en réalité, non seulement ne règlent pas les problèmes fondamentaux de
l
'économie française, mais les augmentent. Bon courage à qui sera président ou président de la République en 2027.
Eh bien justement, Patrick Martin, ça fait partie des sujets que vous aborderez évidemment avec les candidats à l'élection présidentielle, les sept candidats à l'élection présidentielle que vous recevrez demain aux universités de rentrée du MEDEF à Roland-Garros pour ce qui est présenté dans la presse comme le premier débat de l'élection présidentielle, de la campagne présidentielle.
Est
-ce que d'abord, avant de rentrer dans le détail de ce que vous leur demanderez, vous pouvez nous expliquer à quoi ça va ressembler ? Parce que parfois on nous dit oui c'est des débats et en fait c'est les gens qui parlent les uns après les autres. Est
-ce
qu'ils vont vraiment pouvoir débattre entre eux
?
Écoutez, on va quand même essayer d'encadrer ce débat qui va quand même durer deux heures. Donc ça laisse de la place aux expressions. Mais ces candidats vont être interrogés par cinq chefs d'entreprise, adhérents du MEDEF, des dirigeants de PME. Donc il y
a
une liste de courses sur des sujets qui se rapportent à l'entreprise et à l'économie. Donc on va s'appliquer à ce que les prises de parole répondent à ces questions. Mais ils feront s'interpeller entre eux
? Ils
feront ce qu
'ils
voudront.
Je les crains. Je
les crains d'une certaine manière. Non mais j'insiste beaucoup là-dessus. Notre rencontre des entrepreneurs de France, des entreprises de France, c'est un événement entrepreneurial et économique. Mais dans un pays où il
y
a 57% de dépenses publiques, l'entreprise est minute après minute concernée par la dépense publique. Donc on se doit
d
'avoir un regard attentif sur le politique. Patrick Martin se demande ce que vous attendez de ces candidats à
l
'élection présidentielle alors que vous avez fait réaliser un sondage auprès de plus de 65 000 patrons qui voient l'avenir en noir. Ils sont 82% à se dire pessimistes quant aux effets de la politique économique du ou de la prochaine présidente sur leur entreprise. C'est quoi ça si ce n
'est
pas un rejet total de la politique ? Non, c'est comment dire, c'est un signal d'alarme ou un appel non pas désespéré mais véhément à ce que nos politiques la plupart d'entre eux qui ne le font pas s'intéressent beaucoup plus à l'économie et à l'entreprise. Quand vous regardez la teneur du débat public on ne
parle
vraiment pas beaucoup d'entreprise et d'économie. C'est un cas unique au monde. Unique au monde. Dans tous les autres pays en tout cas les pays libéraux démocratiques l'entreprise est beaucoup plus considérée. Et j'insiste là-dessus et nos concitoyens le savent pour la plupart d'entre eux l'entreprise c'est un collectif c'est beaucoup les salariés eux-mêmes.
Patrick Martin essayons de faire un tour d'horizon des profils de ceux que vous allez recevoir et notamment de leur programme. Commençons par le Rassemblement National Marine Le Pen sera là ce sera donc elle la candidate qui contrairement à Jordan Bardella n'a pas l'air pressé c'est un euphémisme d'amender la réforme des retraites qui est celle du Rassemblement National qui je le rappelle prévoit de permettre de partir à 62 ans voire un peu plus tôt pour ceux qui ont commencé à travailler tôt. Question assez simple est-ce que l'élection du Rassemblement National serait un danger pour l'économie française
? Bon
écoutez nous on est démocrate donc on se pliera finalement
Mais être démocrate et
respecter les règles n'empêche pas d'avoir un avis sur l'effet d'un
programme sur l'économie.
L'avis il est très difficile à exprimer s'agissant du Rassemblement National Marine Le Pen ou de beaucoup d'autres candidats c'est assez normal on est à 7 mois encore de l'élection on voit pas beaucoup de programmes précis nous ce qu'on attend c'est de la clarté c'est de la loyauté et c'est du courage on ne peut plus se dérober à des décisions courageuses singulièrement sur les retraites ça serait pas un drame et donc il faut il faut arrêter
par
démagogie de faire croire des choses qui sont des illusions.
Mais donc c'est un danger pour l'économie française ça vous n'êtes pas en capacité de répondre à cette question
?
Mais je pense que si Mme Le Pen ne s'amende pas je le dis respectueusement à son égard comme à
l
'égard de tout autre candidat sur le sujet des retraites ça accentuera les difficultés très graves de l'économie française. Vous continuez à échanger avec le Rassemblement National qu'est-ce que vous dites quand vous voyez que votre homologue de la CFDT Marie-Lise Léon explique hier qu'elle ne leur parlera plus elle ne parlera plus aux candidats d'extrême droite je la cite
Oui
vous pourriez citer d'autres syndicats qui assument totalement de parler y compris avec l'extrême droite de la même manière que nous parlons avec LFI on aura M. Mélenchon demain lors de notre REF donc le moins qu
'on
puisse faire quand même c'est primo de nous inquiéter de nous interroger sur la teneur des programmes des uns et des autres d'une extrémité à l'autre du spectre politique et puis c'est ça le plus important c'est de leur dire ce que l'on pense et ce que l'on veut il ne
faut
pas inverser les rôles il appartient à ses candidats ou candidates d'écouter la réalité du pays la réalité économique
D'accord mais ça pardon Patek Martin il y a un peu de slogan là-dedans on voit quand on vous pose la question des dangers respectifs du programme du
Ration nationale Je ne connais pas les
programmes ou de la France insoumise écoutez je crois qu'on connait à peu près les grandes lignes de ces programmes on parle de politique économique on a parlé du projet de Jean-Luc Mélenchon d'effacer une partie de la dette entre les deux programmes lequel vous inquiète le plus comme patron n'est pas ses programmes
Monsieur Mélenchon essaie de faire croire qu'il est favorable aux petites et moyennes entreprises je suis bien curieux de savoir en quoi il est favorable ce sont des slogans vous me parlez de slogans ben voilà un slogan donc nous on attend de connaître la réalité et le détail des programmes et on verra qui est qui et on verra qui est courageux j'insiste là-dessus sur le plan économique on est sur un point de bascule en France je ne reprends pas tout ce qu'on a évoqué déjà sur la croissance le chômage l'investissement j'en passe et des meilleurs le déclassement de la France et puis pardon j'insiste sur un
point
mais alors pardon mais prenons à l'inverse chez vos j'allais dire vos administrés vous n
'êtes
pas tout à fait maire des patrons mais en tout cas chez ceux que vous représentez qu'est-ce qui les inquiète le plus entre le programme du Rassemblement National et le programme de la France Insoumise
mais je vais vous dire très sincèrement et les yeux dans
les
yeux les chefs d'entreprise ne se lèvent pas tous les matins en se demandant s'ils vont voter Mélenchon Le Pen Philippe Attal Retailleau je ne sais qui les chefs d'entreprise et c'est encore plus vrai aujourd'hui parce que la situation est sur un point de bascule se lèvent tous les matins en se demandant s'ils vont regardir leur carnet de commandes s'ils vont pouvoir faire ce
qui
est en particulier aux décisions politiques qui seront prises en mai 2027
les
non-décisions actuelles et effectivement les décisions qui seront prises en 2027 mais que voulez-vous on est en face d'une urgence économique nous ce qui nous intéresse c'est de savoir si les candidats prennent en compte cette urgence économique et puis pardon d'insister là-dessus prennent en compte une situation qui est scandaleuse et que le MEDEF pointe depuis deux ans dorénavant qui est la situation de la jeunesse
parce que la jeunesse vous considérez que l'emploi des jeunes a diminué le chômage des jeunes a diminué sur les 10 ans d'Emmanuel
Macron
mais c'est pas lié à ça enfin si c'est en partie lié à ça mais pas que on a 22% de taux de chômage des jeunes on a un taux d'emploi des jeunes qui est de 35% il est 51% en Allemagne il
est
de 75% aux Pays-Bas ça pose des problèmes de santé mentale ça pose des problèmes d'accès à l'emploi ça pose des problèmes de pouvoir d'achat ça pose des problèmes de logement on parle beaucoup des seniors et il faut parler des seniors personne ne parle des jeunes si le MEDEF parle des jeunes ça renvoie à quoi ? à l'apprentissage à la réforme des lycées professionnels à l'accueil des jeunes et des enseignants dans les entreprises je vais commettre un livre qui sortira mi-septembre sur ce sujet là il y a une impérieuse nécessité et ça renvoie au programme des candidats de se pencher prioritairement sur cette situation
c
'est-à
-dire
de demander des aides en l'occurrence parce que quand on parle d'apprentissage et qu
'on
demande pourquoi il y
a
moins d'apprentis désormais vous répondez parce qu'on est moins aidé à vrai dire si on est aidé c'est avec de l'argent intégralement financé par les entreprises donc c'est un peu hâtif de dire qu'on est aidé et ça ne se résume pas à ça nous on est très demandeur je crois que les syndicats le sont aussi d'être beaucoup plus impliqués par exemple dans l'orientation dans ce qu'on appelle la carte des formations il faut arrêter d'égarer des jeunes y compris dans l'enseignement supérieur dans des formations qui n'assurent pas de débouchés professionnels la Suisse 70% de chaque classe d'âge qui passe par l'apprentissage taux de chômage des jeunes
3
,2% 22% en France donc à un moment c'est pas des histoires de crédit d'aide de subvention de quoi que ce soit ce sont des questions de bon sens et d'intelligence collective
Patrick Martin si on continue et qu'on termine le tour d'horizon le candidat à la primaire social-démocrate Raphaël Glucksmann propose à verser au débat cette proposition d'augmenter le salaire net comme vous le souhaitez sauf que vous vous souhaitez le financer par une augmentation de la TVA de deux points lui souhaite taxer les 1% des plus gros héritages en France qui rapporterait il l'a chiffré 15 milliards d'euros est-ce que c'est une bonne idée il poursuit le même objectif que vous augmenter le salaire net des français
écoutez comment dire c'est un système de vastes communicants au bout du compte ça créera pas 1 euro de richesse supplémentaire en France pas 1 euro et c'est pire que ça je crois qu'il
y a
des économistes assez affûtés peut-être plus affûtés que monsieur Zuckman d'ailleurs qui ont démontré que ça ferait fuir des capitaux ça dissuaderait l'investissement en
France c'est pas
la taxe Zuckman ça taxer 1% des
plus gros héritages c
'est la logique c'est la philosophie de la taxe Zuckman et puis là aussi il faut être objectif lucide et honnête la France est un des pays
où
les répartitions de revenus et de patrimoine sont les plus égalitaires au monde après redistribution donc voilà on entretient ces écrans de fumée nous ce qui nous importe c'est de parler des faits et des réalités et de la concurrence internationale ce que vous allez faire aujourd'hui et demain pour votre rentrée vos universités d'été du MEDEF merci Patrick Martin d'avoir été au micro de France Inter ce matin la revue de presse à suivre