Covid-19 : Les contrôles des voyageurs renforcés à partir de lundi, annonce le secrétaire d’État au Tourisme
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France Info.
L'invité éco, Jean Lémarie.
Bonsoir à tous. Les vacances de printemps sont bousculées, les déplacements limités et les règles encore confuses. L'invité éco ce soir est Jean-Baptiste Lemoyne. Bonsoir. Bonsoir. Secrétaire d'État chargé du tourisme. Le week-end de Pâques commence, Jean-Baptiste Lemoyne. Les Français qui veulent partir ce week-end ont-ils le droit de partir ?
Le président, dans son allocution, a précisé qu'il y avait une tolérance ce week-end en vue, éventuellement, de changer de résidence pour s'isoler. Il veut dire pour s'isoler pour les semaines à venir. Donc, c'est quand même un week-end de Pâques qui n'est pas tout à fait comme les autres. On en appelle encore à la responsabilité des Françaises et des Français, responsabilité dont ils ont fait preuve depuis le début. Et moi, je tire mon chapeau parce que, que ce soit du côté des Français, que ce soit du côté des acteurs du tourisme, on vit des moments compliqués.
Mais c'est cette patience, cet effort de patience qui va payer et nous permettra aussi, je l'espère, avoir une saison estivale qui sera la plus normale possible.
Mais quelqu'un qui veut partir demain matin et rentrer lundi soir pour s'aérer avant les nouvelles restrictions, que lui arrive-t-il ?
Ce n'est pas la philosophie. La philosophie, c'est de pouvoir prendre la route lorsqu'on a besoin, par exemple, pour s'organiser, faire le choix de passer les prochaines semaines, effectivement, peut-être au vert, dans une logique non plus métro, boulot, dodo, mais voilà, rando, boulot, télétravail et dodo. Et donc, on n'est pas là dans un week-end où chacun s'égague. Donc, c'est un appel, mais il n'y a pas de contrainte, il n'y a pas de contrôle là-dessus ? Alors, les contrôles vont être renforcés à partir de lundi, ça a été annoncé parce que...
Donc, il n'y en aura pas ce week-end, c'est ce qu'on a compris. Est-ce que les Français ont le droit de voyager dans un autre pays européen ?
Alors, sur le papier, il reste possible de se déplacer dans l'Union européenne, mais beaucoup de pays ont mis en place des quatorzaines à l'égard des Français. C'est le cas de l'Italie, c'est le cas de l'Espagne, etc. Et donc, en fait, on est en train de travailler pour regarder s'il ne faut pas, par cohérence quand même, restreindre encore ces déplacements au sein de l'Union européenne. Donc, aujourd'hui, on décommande, en tous les cas, les déplacements qui ne sont pas interdits.
Mais c'est pareil, ça n'est pas interdit. Donc, à l'intérieur de l'Hexagone, les déplacements sont limités, mais si je veux prendre un avion pour une capitale européenne, je peux.
C'est pour ça qu'on est en train de travailler sur le sujet pour, le cas échéant, prendre une mesure. Mais, encore une fois, moi, je n'incite pas nos compatriotes à le faire, parce que de nombreux États ont pris des mesures et passés cinq jours en quatorzaine. Mais vous entendez l'incohérence. Non, mais c'est pour ça qu'on est en train de regarder pour peut-être ajuster ce point-là.
Beaucoup de professionnels doivent tout réorganiser en France, fermer des résidences de tourisme qui devaient ouvrir, annuler des réservations. Ils nous l'ont dit depuis quelques heures. Depuis le début de la crise, le secteur a reçu 26 milliards d'aides. Est-ce qu'il y aura de nouvelles aides avec ces nouvelles restrictions ?
Alors, en fait, on va poursuivre les dispositifs existants pour faire face à ce nouveau choc. Ça veut dire, très concrètement, par exemple, l'activité partielle, prise en charge à 100% dans le secteur du tourisme, eh bien, elle se poursuit. Et donc, de ce point de vue-là, le compteur va continuer à tourner. On en est à plus de 6 milliards d'euros, déjà, décaissés de ce point de vue-là. Mais c'est un choix aussi qu'on fait. C'est le choix de préserver l'outil économique, d'aider ces acteurs à passer le cap pour mieux rebondir. Et rebondir, c'est aussi une logique d'investissement.
Et par exemple, nous avons mis en place un plan de 1,3 milliard d'euros d'investissement qui fait que, par exemple, la Banque des Territoires, BPI, peuvent intervenir en fonds propres sur des projets portés par des acteurs du tourisme. parce qu'on considère que la France reste la France, Paris reste Paris, Biarritz reste Biarritz, etc. Vézelay reste Vézelay. Et donc, nous avons des fondamentaux qui sont très solides. Il convient de les aider à rebondir. Et donc, vous dites sur la distance, combien de temps ? Vous savez, on a été toujours pragmatique depuis le début de la crise. On a sans cesse ajusté les dispositifs.
La semaine dernière, encore, par exemple, eh bien, on a ouvert le guichet pour que les remontées mécaniques puissent déposer leur dossier d'indemnisation, jusqu'à 70% de leur coût fixe. Et nous continuons les travaux pour, à chaque fois, comment dire, mettre fin à certains trous dans la raquette. Je travaille avec les entreprises du voyage. Je sais qu'elles sont très impactées. Et elles aimeraient pouvoir aussi bénéficier de certains dispositifs. Donc, vous voyez, c'est un travail qu'on fait chaque semaine avec le comité de filière tourisme pour essayer de ne laisser personne sur la route.
Ces nouvelles restrictions, combien vont-elles coûter au secteur du tourisme ?
Alors, ces restrictions ont été chiffrées, je crois, sont en cours de chiffrage de façon générale pour l'économie française. On parle de 9 à 10 milliards d'euros. Le secteur du tourisme, il représente environ 8 à 10%. Et donc, on voit bien qu'il est, lui, en revanche, particulièrement exposé. Ça fait combien, ça, à peu près ? Vous savez, on est plutôt dans une logique de constat ex poste, parce qu'on n'est pas là à compter les sous. On est là pour, tout simplement, mettre en place les dispositifs qui leur permettent de garder la tête hors de l'eau. Il s'agit de ça, de survie, en fait.
Parlons de la suite. Le chef de l'État a annoncé la réouverture progressive de certains lieux à partir de mi-mai. Est-ce qu'il faudra, pour les Français, un pass sanitaire pour aller, quand c'est possible, et quand ce sera possible, au restaurant, pour entrer dans un musée, pour aller dans un parc d'attractions ? Est-ce qu'il faudra prouver qu'on est immunisés contre le virus ?
Alors, ce n'est pas l'esprit qui anime le gouvernement. Olivier Véran, hier, au Sénat, a dit qu'il n'était pas spécialement favorable à ce type de dispositif, parce qu'il y aurait, d'ailleurs, une inégalité, quelque part, parce que tout le monde ne sera pas vacciné au 15 juin. On en sera à 30 millions de personnes sur l'ensemble des Français, même si ça monte très fort.
Donc, l'idée, c'est qu'on travaille avec Cédrico, qui est secrétaire d'État au numérique, à une application, justement, une sorte de tous anti-Covid version améliorée en matière, justement, de tracing, pour s'assurer que, quand on va dans un établissement, peut-être en scannant le QR code qui est à l'entrée, si quelqu'un se déclare positif, eh bien, on peut être prévenu, si on était au même moment, etc. Donc, on est sur ces réflexions. Et je dis réflexions parce qu'on souhaite aussi, naturellement, travailler avec le Comité national d'éthique, avec la CNIL, tout ça, pour que ça se fasse dans les règles de l'art.
Donc, c'est plutôt non sur le pass sanitaire. La Commission européenne, elle, prépare son système de passeport sanitaire pour permettre, et c'est important, des voyages à l'intérieur de l'Union. Là, l'horizon, c'est l'été, c'est le milieu du mois de juin. Quand la France va-t-elle adopter ce système ?
Alors, ça, c'est un travail qu'on fait en européen, en commun, les ministres du Tourisme. Et il s'agit plutôt que d'un passeport sanitaire, parce que je récuse un peu l'expression, le passeport, on a l'impression que, si on n'est pas vacciné, on ne peut pas se déplacer. Là, c'est plutôt ce qu'on appelle un certificat sanitaire, pareil, une application, dans laquelle on pourra mettre, soit son certificat de vaccination, soit la preuve du fait qu'on est immunisé parce qu'on a été atteint, qu'on est guéri, soit le test PCR négatif. Parce que certains pays maintiendront, pour les gens qui ne sont pas vaccinés peut-être, la demande d'un test PCR négatif.
Donc, il s'agit que chacun puisse, d'une façon ou d'une autre, montrer qu'il ne fait pas courir de risque, que lui-même ne court pas de risque.
Et c'est quand en France ?
Alors, eh bien, c'est un travail qui est conduit en européen. La Commission a présenté sa copie il y a dix jours, et le Parlement européen devrait statuer au mois de juin. Donc, c'est deuxième quinzaine de juin que ce dispositif européen devrait voir le jour. En France aussi ? En Europe. Et puis après, les États membres restent libres de leur politique par rapport à un certain nombre d'admissions, de circulations, etc. On le fera, quoi.
On le fera, dernière question.
Mais donc, on est en train d'y travailler. Je ne peux pas vous donner les résultats avant la fin. Mais c'est pour vous dire qu'on y est d'arrache-pied avec Thierry Breton, le commissaire en charge.
Jean-Baptiste Lemoyne, merci, le secrétaire d'État chargé du tourisme.
Invité Éco de France.
Jean-baptiste Lemoyne