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InterviewEurope 1 — L'interview politique du week-end (sur Podcast)· 15 juin 2025 8 minComplaisantActualité / polémiqueDéfense

Israël/Iran : « La population iranienne veut des relations apaisées avec Israël» estime Emmanuel Razavi

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 30 %Défensif 70 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:12OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous pouvez nous dire si on parle de guerre ?

  • 1:05OuverteRéponse directe

    Avec une population iranienne qui, potentiellement, ne soutient pas le régime, même si c'était très difficile pour eux d'en parler en tant qu'opposants. Il y a une brèche qui s'ouvre néanmoins, vous pensez ?

  • 2:28OuverteRéponse directe

    C'est vrai que le monde est sur le qui-vive, là, pour l'instant. On entend des appels à la désescalade, d'un côté. On voit que Donald Trump, ce matin, encore, menace Téhéran de représailles. C'est vrai que là, on est un peu dans une situation extrêmement floue.

  • 4:38OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça montre tout ça que les alliés de l'Iran, finalement, ne sont pas invincibles ? Ce qui pourrait, effectivement, inspirer l'opposition à intensifier des actions. Et quels sont ses moyens ? Quels sont ses leviers ?

  • 6:10OuverteRéponse directe

    Et comment vous voyez les prochains jours, les prochaines heures, les prochains mois, peut-être ? Est-ce qu'on est parti sur un conflit qui va durer très longtemps ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15InvitéFait
    « Ah oui, bien sûr, c'est une guerre. »
  • 0:45InvitéFait
    « Trump cherche encore quand même peut-être une issue négociée, diplomatique. »
  • 0:53InvitéFait
    « Les bombardements israéliens frappent des cibles qui vont bien au-delà du nucléaire. »
  • 2:42InvitéFait
    « Les Israéliens ont tué, en fait, des très très haut gradés, ce qu'on appelle des officiers généraux, en fait, du corps des gardiens de la Révolution. Salami, Bagheri. »
  • 3:50InvitéChiffre
    « Le détroit d'Hormuz, c'est un détroit, en fait, du Golfe Persique, par lequel transite, si vous voulez, quasiment 25 à 30% de la production d'hydrocarbures à l'échelle mondiale. »
  • 5:35InvitéFait
    « Israël a réussi, quand même, à décapiter les états-majors de l'armée, de l'aviation, de, comment dire, des passes d'Aran, enfin, des gardiens de la Révolution, en 48 heures. »
  • 5:54InvitéFait
    « L'Iran, aujourd'hui, se trouve quasiment sans eau potable. Deux tiers du territoire n'a pas d'eau potable, sans électricité. »
  • 6:47InvitéFait
    « Contrairement à une légende urbaine que j'ai entendue sur un plateau du service public, très clairement, la diaspora iranienne communique énormément avec l'intérieur de l'Iran. »

Temps de parole

  • Invité79 %
  • Présentateur21 %

2,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

était inévitable. Bonjour Emmanuel Razavi.

0:02
Invité

Bonjour, merci de me recevoir.

0:04
Présentateur

Merci de venir dans ce studio. Alors, nouvelle nuit de frappe, on en parle depuis ce matin dans les journaux sur Europe 1. Nouvelle nuit de frappe entre les deux pays. Est-ce que vous pouvez nous dire si on parle de guerre ?

0:15
Invité

Ah oui, bien sûr, c'est une guerre. Vous savez, de toute façon, entre Israël et l'Iran, il y avait une guerre de l'ombre déjà depuis des décennies, un coup de service secret, si vous voulez. Vous savez, tous les assassinats qu'il y a pu avoir de part et d'autre. Et aujourd'hui, on est dans une guerre qui est une guerre, je dirais, ouverte, très clairement. Je pense qu'elle ne s'arrêtera pas du jour au lendemain. J'ai pas mal d'informations qui arrivent, bien sûr, d'Iran, mais aussi des Etats-Unis, de conseillers spécialistes de l'Iran, qui me disent que Trump cherche encore quand même peut-être une issue négociée, diplomatique.

La réalité, c'est qu'on voit bien que les bombardements israéliens frappent des cibles qui vont bien au-delà du nucléaire. Donc, on peut imaginer qu'Israël aujourd'hui est en train, comment dire, de préparer les conditions d'une chute du régime, pourquoi pas d'un changement de régime. Encore une fois, je ne fais pas de prévision, je regarde juste ce qui est en train de se passer.

1:05
Présentateur

Avec une population iranienne qui, évidemment, potentiellement, ne soutient pas le régime, même si c'était très difficile pour eux d'en parler en tant qu'opposants. Il y a une brèche qui s'ouvre néanmoins, vous pensez ?

1:16
Invité

Oui, je crois qu'il y a une brèche qui est ouverte. Après, c'est assez intéressant ce que vous venez de dire, la population iranienne veut des relations apaisées avec Israël. Les peuples perses et juifs sont deux peuples qui entretiennent des relations, je dirais, depuis 2600 ans. Il y a une affection particulière entre les Iraniens et les Juifs en général. Et donc, il y a une dichotomie, si vous voulez, entre les sentiments éprouvés par la population iranienne vis-à-vis d'Israël, et évidemment, ce régime qui est un régime islamiste, de Molla.

Les Iraniens parlent souvent, d'ailleurs, en parlant de la République islamique d'Iran, ils disent que c'est un régime d'occupation en réalité, donc ça en dit long. Donc, c'est vrai qu'Israël, aujourd'hui, peut compter sur un capital, si vous voulez, sympathie à l'intérieur de l'Iran. Mais après, il faut quand même qu'il y ait les conditions. Je dirais, si le régime venait à chuter, il faut bien qu'il y ait une continuité de l'État qui soit assurée d'une façon ou d'une autre. Il faut bien que les oppositions iraniennes, qui sont quand même relativement nombreuses, arrivent à se mettre autour de la table et à travailler ensemble.

Il y a des gens qui sont quand même, aujourd'hui, je pense, incontournables. Je pense à Reza Palavie, notamment, pour prendre peut-être la suite. Mais pour le moment, on ne sait pas encore réellement ce qui va se passer, comme je vous le disais, parce que ça dépend aussi de la Maison Blanche, de Donald Trump, qu'il y a quand même des avis qui sont pour le moins changeants.

2:28
Présentateur

Oui, et c'est vrai qu'on a vu hier ces images d'une partie de la population à Téhéran danser, être ravie d'avoir vu que le gardien de la Révolution, par exemple, avait été Emmanuel Razavi, tué par les frappes israéliennes.

2:42
Invité

Alors oui, les Israéliens ont tué, en fait, des très très haut gradés, ce qu'on appelle des officiers généraux, en fait, du corps des gardiens de la Révolution. Salami, Bagheri. Voilà, absolument, à commencer par leur chef, Ossain Salami, évidemment, des chefs militaires comme Bagheri. Si vous voulez, en fait, il y a un mélange. Moi, en échangeant, en fait, avec Téhéran, je constate qu'il y a un mélange, en fait, d'espérance, c'est-à-dire que beaucoup d'Iraniens souhaitent qu'Israël allait jusqu'au bout pour renverser, en fait, le régime.

Et puis, il y a évidemment la peur, c'est-à-dire la peur parce qu'ils ne savent pas du tout ce que la communauté internationale, à commencer par les États-Unis, veulent faire. Et c'est vrai que c'est assez flou pour le moment.

3:19
Présentateur

C'est vrai que le monde est sur le qui-vive, là, pour l'instant. On entend des appels à la désescalade, d'un côté. On voit que Donald Trump, ce matin, encore, menace Téhéran de représailles. C'est vrai que là, on est un peu dans une situation extrêmement floue.

3:32
Invité

C'est une situation qui est floue, vous avez raison. Et c'est une situation qui ouvre à plusieurs scénarios. Parce qu'aujourd'hui, les options, je dirais purement militaires de la République islamique d'Iran sont quand même relativement faibles. Il y a vraiment une crainte aujourd'hui de voir, par exemple, le détroit d'Hormuz déstabiliser. Le détroit d'Hormuz, c'est un détroit, en fait, du Golfe Persique, par lequel transite, si vous voulez, quasiment 25 à 30% de la production d'hydrocarbures à l'échelle mondiale. Donc, ça pourrait impacter quand même les économies, je dirais, occidentales durement. En tout cas, pour quelques semaines au moins.

Il y a évidemment la menace terroriste à laquelle on pense. Parce qu'à chaque fois que l'Iran se retrouve affaibli sur la scène internationale, en général, elle a des cellules, en fait, terroristes. La France a connu ça. On a eu plusieurs attentats, commandités par les Iraniens, il y a des années. Donc, tout ça peut se reproduire. Donc, évidemment, il y a plein d'inconnus, plein d'inquiétudes. Et je ne vous cacherai pas que, encore une fois, les Iraniens qui sont à l'inviteur du pays me disent exactement ce que je vous dis. C'est-à-dire qu'il y a plusieurs scénarios aujourd'hui. Ils espèrent que les Israéliens iront vraiment jusqu'au bout et qu'ils seront soutenus par les Etats-Unis.

4:38
Présentateur

Alors, c'est vrai qu'on voit qu'effectivement, il y a eu la chute d'Assad, il y a l'affaiblissement du Hezbollah. Est-ce que ça montre tout ça que les alliés de l'Iran, finalement, ne sont pas invincibles ? Ce qui pourrait, effectivement, inspirer l'opposition à intensifier des actions. Et quels sont ses moyens ? Quels sont ses leviers ?

4:55
Invité

Déjà, je vous remercie de le dire. Parce que, écoutez, depuis des mois, pour ne pas dire des années, on entend certains experts de l'Iran nous expliquer qu'il faut composer, en fait, avec ce régime islamiste. Je le rappelle, vous avez parlé du régime de Bachar el-Assad. Mais ce qui se passe dans les prisons iraniennes, ce n'est pas mieux que ce qui se passait dans les prisons de Bachar el-Assad. Ce sont les mêmes méthodes.

Donc, si vous voulez, aujourd'hui, on sort enfin d'une espèce de fiction qui consistait à nous faire croire que la République islamique d'Iran, et j'insiste, moi, je parle bien de République islamique d'Iran et pas d'Iran, parce que ce régime est une parenthèse, réellement, dans l'histoire, en fait, de l'Iran. Si vous voulez, aujourd'hui, en fait, on voit bien que c'est un régime qui a des faiblesses structurelles. Je vous rappelle quand même qu'Israël a réussi, quand même, à décapiter les états-majors de l'armée, de l'aviation, de, comment dire, des passes d'Aran, enfin, des gardiens de la Révolution, en 48 heures.

Quand vous voyez que Poutine n'a pas été foutu de faire le tiers de la moitié du quart de ça avec l'Ukraine. Donc, très clairement, ça vous montre bien à quel point le pays est faible. Il y a une chose qui est très importante. L'Iran, aujourd'hui, se trouve quasiment sans eau potable. Deux tiers du territoire n'a pas d'eau potable, sans électricité. Il y a de moins en moins d'électricité, énormément, en fait, de coupures. Et alors que c'est un pays qui est très riche en hydrocarbures, se retrouve aussi avec des problèmes, en fait, d'approvisionnement. Alors, pour faire voler des avions, ça va être compliqué.

6:10
Présentateur

Et comment vous voyez les prochains jours, les prochaines heures, les prochains mois, peut-être ? Est-ce qu'on est parti sur un conflit qui va durer très longtemps ?

6:18
Invité

Je ne sais pas vous répondre, parce que c'est très compliqué. On a l'impression que les Israéliens font tout pour que ça aille très, très vite. Et c'est vrai que quand on voit, comment dire, la trempe, pardonnez-moi, a incompris les Iraniens en l'espace de 48 heures, on se dit que ça va aller très, très vite. Mais encore une fois, c'est vraiment important que chacun l'entende, parce qu'on ne parle pas, moi j'entends différents intervenants, on ne parle pas des oppositions iraniennes. Elles sont existantes, pourtant elles sont très actives. On ne parle pas, en fait, des Sénat...

6:42
Présentateur

C'est important la diaspora iranienne dans le monde.

6:43
Invité

Bien sûr. Et en plus, il y a une partie de la résistance qui est à l'intérieur du pays. Il y en a une autre partie, effectivement, qui est au sein de la diaspora. Contrairement à une légende urbaine que j'ai entendue sur un plateau du service public, très clairement, la diaspora iranienne communique énormément avec l'intérieur de l'Iran, comme toutes les diasporas qui communiquent avec, en général, leur pays d'origine. Donc, si vous voulez, c'est vraiment aussi ça, c'est inconnu. C'est que vont décider, parce que l'opposition iranienne, les oppositions, je parle des oppositions démocratiques et laïques, à commencer par Reza Palavi, ces oppositions, elles ont besoin d'un soutien occidental.

Elles ne peuvent pas agir seules. Voilà. Donc, aujourd'hui, c'est quand même une vraie question. Il y a une deuxième question, qui est évidemment la situation avec les Paz Daran, les gardiens de la Révolution.

7:23
Présentateur

Eh bien, merci beaucoup de votre éclairage, Emmanuel Razavi, grand reporter franco-iranien. Je rappelle votre dernier ouvrage, La face cachée des Molas, le livre noir de la République islamique d'Iran. C'est aux éditions du CERF et c'est le moment de vous le présenter.