IMMIGRATION, SÉCURITÉ : LA DROITE DEVIENT FOLLE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
La droite qui devient folle à force de courir derrière Zemmour et Le Pen, les politiques qui redécouvrent l’indépendance nationale et Zemmour, encore lui, qui baisse dans les sondages. C’est le sommaire du numéro 5 de la Guerre du trône. La droite a-t-elle perdu sa boussole républicaine ?
Au terme du deuxième débat des candidats LR à la présidentielle, la question est posée. Car sur le plateau de BFM, c’est à une surenchère inédite sur l’immigration et la sécurité que se sont livrés les cinq prétendants. Petite revue de détail.
Éric Ciotti veut supprimer le droit du sol, ce principe qui fait que tout enfant né sur le territoire français devient Français. On ne peut plus devenir Français par le hasard du droit du sol, il faut devenir Français par la filiation, c’était le Code civil de Napoléon. Le droit du sang ou alors par un long parcours de naturalisation.
Ça veut dire quoi long ? Combien de temps ? Au moins dix ans.
Valérie Pécresse propose pour sa part d’appliquer les conditions de la naturalisation aux enfants dont l’un des parents est étranger. Je pense qu’il faut cesser le droit du sol automatique. Moi, la France, elle se choisit.
Ce que je veux, c’est que tous les enfants qui sont nés de parents étrangers, ils fassent un vrai choix à 18 ans. Un vrai choix, et qu’on vérifie à 18 ans leur assimilation. Quand on vérifiera leur assimilation, on vérifiera qu’il respectent les valeurs de la République et on vérifiera aussi qu’ils ont un casier judiciaire vierge, parce que ce sont les conditions aujourd’hui de la naturalisation française qu’on leur appliquera.
Quant à Xavier Bertrand, il promet de rétablir des peines planchers. Je souhaite mettre en place des peines minimales obligatoires. Quand on aura agressé physiquement un policier, on aura la certitude d’aller en prison.
Pas d’aménagement, pas de sursis. Ce sera un an minimum. Nicolas Sarkozy voulait nettoyer les banlieues au Karcher ?
Éric Ciotti, lui, entend y envoyer l’armée. On a des forces Sentinelle aujourd’hui, plusieurs milliers d’hommes qui protègent des édifices contre le terrorisme. Il faut reconquérir quoi qu’il en coûte ces quartiers.
S’il y a des tensions, s’il y a des émeutes, il faut que l’ordre soit rétabli. L’ordre soit rétabli, et ceux qui ne respectent pas les lois, ils prennent le risque. Valérie Pécresse n’exclut pas le recours à l’armée, elle aussi.
Mais elle préfère ressusciter les Groupes d’intervention régionaux que Nicolas Sarkozy avait mis sur pied en 2002. Ces structures, sans grande réussite à leur actif, réunissaient policiers, douaniers et agents du fisc. Il faut y mettre des vraies brigades coup de poing.
C’est quoi des brigades coup de poing ? C’est de la police, c’est de la justice, c’est de la police municipale, ça peut être aussi des militaires, c’est aussi des gens du fisc, et après on met des sanctions exemplaires. Circonstances aggravantes, vous commettez un crime dans ces quartiers-là, ces soixante quartiers de reconquête républicaine.
Je n’ai pas totalement dit n’importe quoi, pardon Valérie Pécresse. Non, circonstances aggravantes. Et je n’exclus pas qu’on puisse faire intervenir aussi l’armée dans ces brigades coup de poing.
Vous avez bien entendu : commettre un délit dans un quartier de “reconquête républicaine” sera considéré comme une circonstance aggravante. Au mépris de l’égalité des citoyens devant la loi. Selon que vous serez puissant ou misérable… À l’issue du premier débat des Républicains, lundi dernier, Marine Le Pen s’était moquée de cet empressement sécuritaire : Je n’ai plus de concurrence, je n’ai plus des clones maintenant.
C’est-à-dire que c’est un concours pour savoir qui va ressembler le plus, en réalité, dans le cadre de son projet, à celui de Marine Le Pen. Il semble bien que les clones s’améliorent de jour en jour. À ce train-là, la candidate du Rassemblement national va bientôt passer pour une modérée.
C’était en 2018, à l’occasion d’un voyage d’Emmanuel Macron. Le chef de l’État s’était aventuré à comparer les Danois et les Français. Et ce peuple luthérien, qui a vécu les transformations des dernières décennies, n’est pas exactement le Gaulois réfractaire au changement mais encore que… Cette formule, Jean-Luc Mélenchon l’a sans doute gardée en mémoire.
Dans une interview sur la politique étrangère publiée cette semaine dans le Figaro, il déclare : “Je ne veux aucun maître. Ma ligne, c’est l’indépendance de la France. Quand les États-Unis dominent, je les mets à distance.
Je suis un Gaulois, de ce peuple indépendant et rebelle.” L’indépendance nationale. C’est la valeur qui monte depuis le désastre industriel qui a accompagné la pandémie.
Des masques aux vaccins en passant par des respirateurs, la France a manqué de tout à force de s’en remettre à la mondialisation. Bref, le pays se redécouvre gaulois et gaulliste. Il était donc naturel que Jean-Luc Mélenchon se rende vendredi au salon du Made in France, porte de Versailles à Paris.
Ravie de vous accueillir ici. Merci madame. On a beaucoup désindustrialisé, mais il y a encore des choses.
Encore heureux qu’il y a encore des choses. Attendez, je m’en occupe vous allez voir. Il n’est pas le seul à avoir fait le déplacement : Marine Le Pen, Valérie Pécresse, Nicolas Dupont-Aignan, Arnaud Montebourg, mais aussi Yannick Jadot et Éric Zemmour ont parcouru les allées du salon au cours du week-end.
Un vrai pull marin ça. Bonjour, bonjour à tous. Une couche de chocolat avec de la coco torréfiée.
Moi j’ai une proposition. Tous ont plaidé pour un protectionnisme pour les filières stratégiques, tantôt au niveau européen, tantôt au niveau national. Et la plupart sont prêts à réserver une partie des commandes publiques à l’industrie nationale.
Qui aurait pu imaginer pareille convergence, il y a encore deux ans ? Oui, mais voilà, il y a un hic. Que Jean-Luc Mélenchon, invité de France 3 ce dimanche, s’est empressé de souligner.
Pour instaurer une ligne de partage… À tous qui voulez du Made in France, vous êtes obligés de fermer les frontières sur certains produits. Très bien. Si vous voulez le faire, alors vous devez répondre à une question : Comment vous faites alors que c’est interdit par les traités européens ?
Peut-on pratiquer un protectionnisme raisonnable dans le cadre des traités européens ? C’est une des questions clés de la campagne présidentielle. Car comment reconstruire une industrie nationale, sinon ?
Comment créer des emplois, comment maintenir nos capacités de défense ? 51 ans après sa mort, l’ombre du général de Gaulle plane encore sur la classe politique. Ça nous change des réhabilitations de Pétain.
À en croire deux sondages publiés jeudi par Odoxa et Elabe, la fusée Zemmour est en panne. Les deux sondeurs le donnent en recul et, surtout, replacent Marine Le Pen devant lui. Le polémiste d’extrême droite n’a pas vraiment d’explication.
On ne peut pas, on ne peut rien prévoir. C’est toujours délicat de commenter les sondages parce qu’après tout… Mais tout le monde les regarde. Soyons pas hypocrites.
Cependant, certains de ses soutiens ont compris qu’il valait mieux ne pas enterrer Marine Le Pen trop tôt. Marion Maréchal, qui s’affichait pro-Zemmour, a mis de l’eau dans son vin dimanche sur Europe 1. Quand je regarde aujourd’hui les forces en puissance, que ce soit côté RN ou côté Eric Zemmour ou d’autres d’ailleurs, on arrive à un bloc qui est à 36%, 37%.
Quand je vois cette opportunité, c’est vrai que j’ai plutôt tendance à plaider pour une candidature unique derrière le mieux placé. Un revirement qui pourrait en annoncer d’autres… Si vous avez aimé cette chronique, si vous voulez nous soutenir, n’hésitez pas à vous abonner à notre chaîne Youtube. Et n’oubliez pas d’activer la cloche.
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À jeudi pour un Bourbon Sinon Rien. Et à lundi pour un prochain numéro de La Guerre du trône.
Éric Zemmour