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Podcast / conversationC à vous (sur YouTube)· 27 octobre 2020 8 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalImmigration & asile

L'offensive d'Erdogan contre Macron - C à Vous - 26/10/2020

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:35OuverteRéponse directe

    Bernard Guetta, cinq ans après, ce meeting paraît assez invraisemblable, non ?

  • 5:15OuverteRéponse directe

    Et cette élection, elle se joue aussi en France.

  • 6:10RelanceRéponse directe

    C'est-à-dire que c'est lui qui aurait besoin d'un examen psychiatrique ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:07Invité politiqueFait
    « M. Erdogan, premièrement, en veut de cette évolution à M. Macron. »
  • 4:19Invité politiqueChiffre
    « Or, à la louche, grosso modo, la moitié des imams étrangers officiants en France aujourd'hui sont des imams turcs formés par l'État turc, car c'est l'État turc qui forme les imams en Turquie. »
  • 4:36Invité politiqueFait
    « Et payés par la Turquie. »
  • 4:44Invité politiqueFait
    « Alors, à part ça, intégrisme, terrorisme, etc., c'est même tout à fait secondaire aux yeux de M. Erdogan. »
  • 4:51Invité politiqueFait
    « Il va perdre des agents électoraux. »
  • 5:00Invité politiqueChiffre
    « s'il y avait une élection présidentielle, je ne dirais pas dimanche prochain, mais vendredi prochain, eh bien, c'est très clair, M. Erdogan la perdrait contre le maire de l'opposition d'Istanbul, qui a été élu aux dernières élections. »
  • 5:25Invité politiqueFait
    « Alors, évidemment qu'aujourd'hui, M. Erdogan veut s'affirmer en défenseur d'une minorité musulmane soi-disant persécutée. »
  • 5:36Invité politiqueFait
    « C'est ce qu'il explique. Persécutée en France. Et il va même jusqu'à dire persécutée comme l'étaient les juifs en Europe dans les années 30. »
  • 6:30Invité politiqueFait
    « Il vient d'inaugurer son nouveau palais présidentiel. »
  • 6:34Invité politiqueChiffre
    « Alors, son nouveau palais présidentiel, tenez-vous bien, c'est 200 000 mètres carrés et plus de 1 000 pièces. »
  • 7:30Invité politiqueFait
    « C'est M. Erdogan, vous savez, c'est très simple, c'est l'autre Poutine du continent européen. »
  • 7:44Invité politiqueFait
    « M. Poutine voudrait reconstituer l'Empire russe, c'est pas l'Union soviétique, hein, l'Empire russe, celui d'être ça. »
  • 7:51Invité politiqueFait
    « Et M. Erdogan rêverait tout à fait officiellement de reconstituer, non pas par la force, non pas en recolonisant des pays, etc., mais voudrait reconstituer par l'influence économique, politique et militaire, et militaire, naturellement, la zone d'influence immense qui avait été celle de l'Empire ottoman. »

Temps de parole

  • Emmanuel Macron55 %
  • Invité23 %
  • Invité 210 %
  • Présentateur5 %
  • Invité 33 %
  • Invité 42 %

3,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Le reste de l'actualité est notamment l'offensive de la Turquie d'Erdogan contre Emmanuel Macron et la France. Pour avoir simplement dit que la France ne renoncerait pas aux caricatures au nom de la liberté d'expression, le président turc a insulté à deux reprises Emmanuel Macron et a appelé au boycott des produits français.

0:17
Invité

Macron a besoin de se faire soigner. Que peut-on dire d'autre d'un président qui se comporte comme cela vis-à-vis de millions de personnes vivant dans son pays et qui n'ont pas tous les mêmes croyances ? Comme si la France n'a jamais été marquée, il n'y a jamais été marquée, il n'y a jamais été marquée, il n'y a jamais été marquée.

0:56
Présentateur

Une véritable fuite en avant du président turc, Patrick.

0:58
Invité

Voilà, qu'on va commenter dans un instant avec notre invité Bernard Guetta. Fuite en avant, qui fait oublier, c'est un petit rappel que je voudrais faire en préambule, qui fait oublier le temps où Erdogan remerciait la France de le laisser faire campagne sur son sol. Et ce n'est pas très vieux. Il y a un peu plus de trois ans, mars 2017, on était en pleine campagne présidentielle française. Le ministre turc des Affaires étrangères, Kavuzoglu, avait pu tenir meeting à Metz pour promouvoir auprès de la diaspora turque le oui au référendum sur le renforcement des pouvoirs du président Erdogan.

Meeting d'autant plus remarqué que pratiquement tous les autres en Europe avaient été annulés pour des motifs d'ordre public. En Allemagne, Erdogan s'en était pris à Angela Merkel en dénonçant des pratiques nazies. À Zurich, en Suisse et aux Pays-Bas, où Kavuzoglu venait d'être empêché d'atterrir à Rotterdam.

1:46
Présentateur

Interdit de meeting aux Pays-Bas, le ministre turc des Affaires étrangères savoure ce moment et profite de la tribune pour régler ses comptes.

1:54
Invité

Ils ne peuvent pas dire, nous l'avons fait et ce n'est pas grave. Qu'ils s'excusent ou pas, nous leur demanderons des comptes. Extrait de ce meeting qui avait soulevé un tollé à droite, François Fillon accusant François Hollande d'avoir rompu la solidarité européenne. En réponse, le ministre des Affaires étrangères, qui était Jean-Marc Ayrault, avait expliqué qu'en France, le droit de réunion est une liberté fondamentale à laquelle on ne peut pas déroger sans raison. Moyen en quoi Erdogan avait chaleureusement félicité la France. La France où il était venu faire campagne pour sa réélection, c'était deux ans plus temps.

Octobre 2015, le zénith de Strasbourg, plein à craquer, 12 000 Turcs de France, d'Allemagne, de Suisse et de Belgique, on le voit sur ces images. Un président accueilli comme une rockstar par une foule, scandant son nom et une marée de drapeaux turcs. Des prêches religieux, on va le voir sur ces images. Du zénith de Strasbourg donc et chez Erdogan, un discours critique, voire insultant déjà pour ses hôtes. Le président turc condamnant la réponse européenne à la crise des migrants, présentant la Turquie comme le défenseur de la vraie civilisation face à des états donneurs de leçons, à une Europe rongée, disait-il, par la xénophobie, l'islamophobie et le racisme.

Tout cela à l'époque sans susciter la moindre réprobation des autorités françaises européennes. Preuve qu'avec les autocrates, les accommodements ne sont jamais récompensés. Bernard Guetta, cinq ans après, ce meeting paraît assez invraisemblable, non ?

3:40
Emmanuel Macron

Oui, et c'est une des principales raisons pour lesquelles, M. Erdogan, on veut tellement à Emmanuel Macron aujourd'hui. Parce qu'il est bien évident que ce genre de meeting ne serait absolument plus possible dans la France d'aujourd'hui, avec les évolutions qu'il y a eu. Oui, enfin, ça semble évident. Ça semble évident. Alors, M. Erdogan, premièrement, en veut de cette évolution à M. Macron. Et deuxièmement, il est, mais alors là, véritablement furieux par ce que M. Macron a annoncé qu'il n'y aurait plus d'imams formés à l'étranger et envoyés de l'étranger.

Or, à la louche, grosso modo, la moitié des imams étrangers officiants en France aujourd'hui sont des imams turcs formés par l'État turc, car c'est l'État turc qui forme les imams en Turquie. Et payés par la Turquie. Et payés par la Turquie. Et donc, ces imams sont naturellement des agents de leur gouvernement. C'est clair. Alors, à part ça, intégrisme, terrorisme, etc., c'est même tout à fait secondaire aux yeux de M. Erdogan. Il va perdre des agents électoraux.

Et il va perdre des agents électoraux à un moment donné, à un moment où, dernier sondage, je crois, d'avant-hier en Turquie, s'il y avait une élection présidentielle, je ne dirais pas dimanche prochain, mais vendredi prochain, eh bien, c'est très clair, M. Erdogan la perdrait contre le maire de l'opposition d'Istanbul, qui a été élu aux dernières élections.

5:15
Présentateur

Et cette élection, elle se joue aussi en France.

5:17
Emmanuel Macron

Cette élection, elle se joue, je ne dirais pas largement, mais quand même partiellement, vous avez tout à fait raison, en France, dans la diaspora turque. Alors, évidemment qu'aujourd'hui, M. Erdogan veut s'affirmer en défenseur d'une minorité musulmane soi-disant persécutée. C'est ce qu'il explique. Persécutée en France. Et il va même jusqu'à dire persécutée comme l'étaient les juifs en Europe dans les années 30. C'est comme si on commençait à envoyer les musulmans de France ou d'Europe vers des camps de la mort, des camps d'extermination. Cet homme est totalement délirant.

Quand il recommande au président de la République française de se soumettre à des examens psychiatriques véritablement, on peut lui retourner le compliment.

6:10
Présentateur

C'est-à-dire que c'est lui qui aurait besoin d'un examen psychiatrique ?

6:12
Emmanuel Macron

Vous l'avez dit, oui, évidemment que oui. Évidemment que oui. Vous vouliez commenter une photo aussi ? Ben voilà. Vous avez la photo dans vos arts aussi. Voilà. M. Erdogan, on est en 2016 ou 2015. Je ne me souviens plus très bien, mais qu'un peu. 2015. 2015. Il vient d'inaugurer son nouveau palais présidentiel. Alors, son nouveau palais présidentiel, tenez-vous bien, c'est 200 000 mètres carrés et plus de 1 000 pièces. Et plus de 1 000 pièces. Il l'a fait construire en faisant détruire pratiquement le seul grand véritable espace vert d'Ankara, une forêt qui surplombait la capitale. Et il reçoit là le président Mahmoud Abbas, le président maristinien.

Et d'un côté et de l'autre, à gauche et à droite, il y a, dans la plus pure tradition Walt Disney, parce que véritablement, c'est complètement grotesque, en plus de surcroît, mauvais goût, mal fait, etc., etc., des soldats costumés comme ils l'étaient aux différentes périodes de l'Empire ottoman. Alors, si ça ne s'appelle pas une double mégalomanie, celle du palais et celle de la nostalgie impériale...

7:25
Présentateur

Il est nostalgique de l'Empire ottoman, clairement.

7:27
Emmanuel Macron

Alors, il est complètement nostalgique. C'est M. Erdogan, vous savez, c'est très simple, c'est l'autre Poutine du continent européen. Les deux sont véritablement travaillés par une nostalgie impériale. M. Poutine voudrait reconstituer l'Empire russe, c'est pas l'Union soviétique, hein, l'Empire russe, celui d'être ça. Et M. Erdogan rêverait tout à fait officiellement de reconstituer, non pas par la force, non pas en recolonisant des pays, etc., mais voudrait reconstituer par l'influence économique, politique et militaire, et militaire, naturellement, la zone d'influence immense qui avait été celle de l'Empire ottoman.