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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 13 octobre 2024 18 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileEurope & internationalJustice

Pourquoi BFMTV a censuré Rima Hassan ?

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 31 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:00FerméeÉludée

    Bonsoir, vous comprenez les sifflets contre le Président de la République ou vous les condamnez ?

  • 3:45OuverteRéponse partielle

    Je me permets juste une petite parenthèse et puis je vais répondre à votre question.

  • 4:17RelanceÉludée

    Vous ne pouvez pas commencer par nous attaquer, on vous invite poliment à répondre à des questions.

  • 4:54ComplaisanteRéponse partielle

    Cela ne nous fait pas penser un peu à du Cyril Hanouna dans le style...

  • 5:24FerméeÉludée

    C'est très problématique que votre chaîne soit félicitée.

  • 6:24OuverteRéponse partielle

    Ça veut dire quoi, des comptes à rendre ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:52InvitéFait
    « Je veux simplement dénoncer le fait que vous avez été félicité par Olivier Rafovic, ce qui est un porte-parole de l'armée israélienne, une armée génocidaire, de la ligne de votre ligne éditoriale. »
  • 6:35InvitéFait
    « Quand vous avez une partie au conflit qui vous félicite, c'est comme si vous aviez le Hamas demain qui vous félicitait. »
  • 7:05PrésentateurFait
    « la Cour internationale de justice a parlé de génocide plausible dans la bande de Gaza »
  • 9:10InvitéChiffre
    « le 1er octobre, Olivier Raphobis, porte-parole francophone de l'armée israélienne, avait été interviewé neuf fois, en 24 heures, sur les principales chaînes d'info françaises. »
  • 16:08PrésentateurChiffre
    « Rami Abou Jamas a perdu 176 de ses confrères, de nos confrères, à Gaza en un an »

Temps de parole

  • Présentateur63 %
  • Invité9 %
  • Invité 27 %
  • Invité 36 %
  • Invité 43 %
  • Invité 53 %
  • ?3 %

3,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Sommes-nous en 2024, immergés dans la société de l'information ou dans la société du spectacle ? En tout cas, la médiation médiatique est aujourd'hui indissociable de la vie politique, de la politique, du politique. Et cette médiation médiatique produit des biais, des catégories, fabrique des monstres et des méchants. Et des fois, elle accentue les divisions, brise le lien social et tente d'imposer une sorte de hiérarchisation de la valeur des vies humaines à travers la banalisation de la vie des uns, réduite à d'effroi de statistiques et la valorisation de la vie des autres, considérée à hauteur d'individus.

Elle est à ce titre un instrument de la nécropolitique, selon l'expression du philosophe Achille Mbembe, qui désigne ainsi le pouvoir de choisir qui va vivre et qui va mourir. Un principe qui a toujours existé, mais qui prend des proportions extrêmes dans notre société technologique, mondialisée et médiatique. La médiation médiatique est un pouvoir, mais par une sorte d'auto-enchantement, elle se veut le pouvoir. Une sorte de pouvoir total auquel participent les sphères politiques, économiques, administratives. Ces dernières semaines, ces derniers jours, on a pu s'en rendre compte, notamment à l'occasion de l'an 1 du 7 octobre 2023.

On en parle dans cette édition spéciale de l'actu démasquée. L'eurodéputée française d'origine palestinienne Rima Hassan est-elle une terroriste ? Je vois d'ici certains d'entre vous ouvrir grand les yeux. Mais en réalité, cette petite musique, ce type d'insinuation posée innocemment ça et là, constitue depuis des mois le non-ji, le métatexte des leaders d'opinion qui s'en prennent à elle. Revenons sur ces derniers échanges musclés à l'antenne de BFM TV avec les journalistes Olivier Truchot et Alain Marchal le 8 octobre dernier. Un peu de contexte. La veille, le Premier ministre Michel Barnier s'est rendu à la commémoration du 7 octobre 2023.

Et lors de son discours, des huées ont retenti à l'évocation du nom d'Emmanuel Macron.

2:13
Invité

Un an après le 7 octobre, 4000 personnes rassemblées par le CRIF pour rendre hommage aux victimes de l'attaque. Face au public, le Premier ministre assure sa détermination à lutter contre l'antisémitisme. Nous ne laisserons rien passer. Nous continuerons à défendre, à combattre l'antisémitisme par tous les moyens. Alors qu'Emmanuel Macron a appelé samedi à l'arrêt de livraison d'armes à Israël, l'évocation de son nom déclenche un tollé dans quelques rangées. Vous pouvez compter sur le Président de la République, sur le Premier ministre.

2:49
Présentateur

C'est dans ce contexte que Truchot et Marshall invitent Rima Hassan à s'exprimer sur BFM TV. Et on va le voir, la question est très très fermée. Bonsoir, vous comprenez les sifflets contre le Président de la République ou vous les condamnez ? Bien sûr que Rima Hassan ne peut pas comprendre le message envoyé par celles et ceux qui s'indignent qu'on puisse plaider pour une trêve dans l'administration quotidienne de la mort à son propre peuple.

Si elle veut rester dans le cadre édicté, elle ne peut donc qu'apporter son soutien à Emmanuel Macron dont l'attitude dans ce conflit est pour le moins ambiguë, dont elle est une opposante dont le gouvernement réprime les voix pro-palestiniennes par tous les moyens que l'on connaît. Et si elle décide d'être bonne joueuse et d'approuver Macron, elle sait que cela revient à alimenter le discours adverse qui tiendra ses propos pour une preuve de la compromission du locataire de l'Élysée. Elle change donc de braquet et attaque dans un premier temps BFM.

3:45
Invité

Je vous remercie d'abord de votre invitation. Je me permets juste une petite parenthèse et puis je vais répondre à votre question. Je veux simplement dénoncer le fait que vous avez été félicité par Olivier Rafovic, ce qui est un porte-parole de l'armée israélienne, une armée génocidaire, de la ligne de votre ligne éditoriale. Et c'est très très important pour moi de dénoncer ça à l'occasion de cette interview parce que ça dit beaucoup de la ligne éditoriale qu'est la vôtre sur le sujet. Et j'espère que vous vous rendez compte quand même que vous aurez tôt ou tard des comptes à rendre en tant que média. Je réponds maintenant à votre question.

Non, non, attendez, vous ne pouvez pas commencer par nous attaquer. On vous invite poliment à répondre à des questions et vous mettez en doute la ligne éditoriale de BFM TV. Je suis libre de mes propos. Je suis libre aussi de dire que ce que vous êtes inacceptable. C'est un porte-parole d'une armée, c'est inédit. Il n'y a pas de médias qui sont félicités par un porte-parole d'une armée qui par ailleurs est pointé du doigt par toute la communauté internationale. Admettez que c'est inédit. Vous mettez en cause le travail d'une rédaction, c'est inacceptable.

4:49
Présentateur

Vous ne pouvez pas commencer à nous attaquer, on vous invite. Cela ne nous fait pas penser un peu à du Cyril Hanouna dans le style... Bref, le présupposé des propos outragés des présentateurs de BFM TV est que les politiques qui ne peuvent se passer de leur médiation pour parler au grand public leur doivent déférence. Les élus doivent se soumettre au pouvoir médiatique. Vous me direz, sinon quoi ? Eh bien, regardez la suite. Là, pardon, vous n'avez pas invité que vous attaquez BFM TV. C'est très problématique que votre chaîne soit félicité. Non, écoutez, stop, on va arrêter les interviews, désolé. On va vous féliciter pour ça, on vous remercie.

On va vous féliciter pour vos crises de position et des attaques au BFM TV, désolé. Merci à vous. L'interview s'arrête. Sinon quoi ? Sinon, quick, micro coupé. Et maintenant, c'est qui le patron ? C'est qui le patron ? Mais bon, voilà, cela ne va pas de soi. BFM est sur la TNT, bénéficie de fréquences publiques et un cahier de charges qui devrait l'obliger à organiser le débat public de manière à permettre à tous les citoyens de se forger leur opinion. Notamment, c'est nous les patrons. Mais revenons à cette dispute télévisée. Dans le fond, les journalistes de BFM craquent parce qu'ils n'ont pas d'argument à opposer à leur contradictrice.

Ils hésitent de lui porter la contradiction ou alors la faire taire. Ou la mettre en cause, l'accuser de les menacer. On rembobine.

6:20
Invité

Vous aurez des comptes à rendre. Non, mais c'est trop facile. Ça veut dire quoi, des comptes à rendre ?

6:25
Présentateur

Des comptes à rendre devant qui ?

6:26
Invité

Devant qui ? Devant quoi ? C'est-à-dire que les médias sont censés informer de façon neutre. Quand vous avez une partie au conflit qui vous félicite, c'est comme si vous aviez le Hamas demain qui vous félicitait. C'est très problématique, admettez-le. Donc là, vous avez une armée qui viole le droit international sur beaucoup de choses. C'est la comité international, c'est des juridictions internationales qui est le point. C'est très problématique que votre chaîne soit félicitée.

6:50
Présentateur

On va vous féliciter pour ça, on vous remercie. Pourquoi couper à ce moment-là forcément ? Car si Rima Hassan développe son propos, on entendra forcément les arguments selon lesquels la Cour internationale de justice a parlé de génocide plausible dans la bande de Gaza et selon lesquels le procureur auprès de la Cour pénale internationale la sollicité des mandats d'arrêt contre Benjamin Netanyahou tout comme contre les premiers responsables du Hamas pour crimes de guerre. À ce jeu-là, on met en crise la règle d'or du « mais ce n'est pas pareil ».

Or, c'est le « mais ce n'est pas pareil » qui nous fait admettre l'omniprésence d'Olivier Raffovitz sur les plateaux, alors que même une parole politique du Hamas diffusée sur le même format n'est tout simplement pas envisageable. C'est le « mais ce n'est pas pareil » qui est le soubassement des éditions spéciales des chaînes d'info français, comme celle de BFM à Tel Aviv le 7 octobre, où l'on voit les familles des otages et les visages des victimes, des otages, le porte-parole de Sahal pendant 15 minutes, l'émotion légitime des Israéliens, mais rien, rien, rien concernant ceux qui continuent de mourir à deux pas de là, les Palestiniens.

Le « mais ce n'est pas pareil » est dans tous les esprits. C'est la voie du suprémacisme occidental et nous le savons tous, mais peu osent se l'avouer. Donc on nous voit. Il faut donc s'appliquer à penser que quand Rima Hassan parle de comptes à rendre, elle n'évoque pas la thématique de la complicité de crimes de guerre pouvant être plaidé un jour devant un tribunal international. Il faut penser qu'elle envoie un message à ses frères, à ses frères les terroristes du Hamas et d'ailleurs. C'est le sens assumé des propos de Jordan Bardella sur X.

8:28
Invité

Dans le pays qui a connu la tuerie de Charlie Hebdo, Rima Hassan menace clairement les journalistes de BFM TV. L'extrême-gauche a fait élire une véritable porte-parole du Hamas au Parlement européen. Elle en partage l'idéologie meurtrière et les pratiques d'intimidation.

8:41
Présentateur

Ce qu'affirme sans trembler le président du RN, c'est ce que susurre avec un peu moins de hardiesse, un nombre effarant de politiques et de commentateurs de centre-gauche et de centre-droite. Comme si, au fond, le RN était le porte-parole décomplexé d'un schéma mental partagé. Et il faut le dire, nauséabond. Car ce que pointe Rima Hassan, c'est ce que déplore à longueur de colonne des médias spécialistes. Comme Arrêt sur image.

Arrêt sur image qui notait le 3 octobre dernier, sous la plume de la journaliste Alizé Vincent, que le 1er octobre, Olivier Raphobis, porte-parole francophone de l'armée israélienne, avait été interviewé neuf fois, en 24 heures, sur les principales chaînes d'info françaises. Sur BFM, Éric Brunet et Alice Darfeuil lui donnent du « Mon colonel ! » 8 fois en 10 minutes de journalisme en uniforme, dans toute sa splendeur. Arrêt sur image donne la parole à une journaliste française sur place, très critique vis-à-vis de ce type de pratique.

9:37
Invité

Alice Froussard, correspondante à Jérusalem pour plusieurs médias francophones, estime qu'il faut questionner cette omniprésence médiatique. Selon la journaliste, elle sert à justifier les propos et la version de l'armée israélienne. Une armée en guerre est un outil de propagande et ne doit pas être la source unique des journalistes. Cette parole devrait être remise en contexte en plateau, mais malheureusement, ce n'est pas systématiquement le cas. On l'invite sur tous les plateaux télé et on l'interroge comme un interlocuteur classique qui détiendrait la vérité. À titre de comparaison, avons-nous vu autant la porte-parole de l'armée russe sur les plateaux ? Demande Alice Froussard.

10:09
Présentateur

C'est quoi là la différence avec le raisonnement de Rima Hassan ? Certains analystes disent tenir la preuve de la volonté suprême de nuire de l'eurodéputé de la France insoumise. Comment ça ? Voici les propos prononcés par Olifié Raffovic sur BFM.

10:25
Invité

Je ne parle pas de ce que vous rapportez vous en tant que chaîne, et je dis que votre chaîne fait du travail excellent par rapport à la présentation du conflit des deux côtés.

10:33
Présentateur

Or, Rima Hassan ou ses soutiens auraient diffusé un extrait de ses propos en ôtant le « des deux côtés ». Or, ce bout de phrase prouverait, si l'on suit cette logique, que Raffovic donne crédit à BFM d'une sorte de traitement équilibré. Mais de qui se moque-t-on ? Quel communiquant compromet un média qui lui est favorable publiquement en le remerciant de son parti pris ? En réalité, pour prendre la mesure des propos élogieux du porte-parole de Tsaal à l'égard de BFM, il faut s'attarder sur son rapport très chatouilleux à l'indépendance éditoriale.

On se souvient de son incroyable agressivité face à Mohamed Kassi, journaliste à TV5MONDE, quand il l'a interviewé, normalement, c'était le 15 novembre 2023.

11:20
Invité

Entrer dans un hôpital, ça correspond selon vous au respect des règles du droit international et en particulier humanitaire ? Et pour vous, un hôpital qui est utilisé comme base militaire... Non, non, moi je donne pas mon point de vue, Olivier Raffovic, vous êtes porte-parole de l'armée israélienne, je suis journaliste, je vous pose la question. Non, mais moi je la pose aussi, vous êtes journaliste, vous êtes également un être humain, vous êtes également quelqu'un qui habite en Europe. Un hôpital doit-il être utilisé comme base militaire ? La réponse est non, évidemment. Évidemment que non.

Il n'y a aucune stratégie militaire qui fait que vous puissiez faire sortir, par exemple, si ces combattants s'y trouvent avant d'entrer dans l'hôpital ? C'est impossible ? Écoutez, vous connaissez le Hamas, vous avez vu ce qu'ils ont fait. Ils ont insacré des enfants, ils vont entrer des femmes, brûler des gens, brûler des maisons. Vous croyez quoi ? Qu'ils se comportent selon le droit international ? Qu'ils se comportent selon la justice, selon le respect du droit humain ? Donc vous allez vous faire ici... Donc vous vous comportez comme le Hamas, c'est ce que vous nous dites ce soir ?

Là, vous vous comportez maintenant non pas comme un journaliste, mais comme quelqu'un qui prend une position politique. Vous l'avez ramené maintenant ? Vous venez de dire, le Hamas, comment s'est-il comporté ? Je vous demande si vous calquez sur eux ? Non, non, non. Monsieur, je vous demande un peu de respect, s'il vous plaît. Donc vous me dites, là, c'est une attaque à l'État d'Israël et à Tsaal. Alors reprenez votre propos pour qu'on le comprenne. Non, reprenez-vous votre propos pour que je comprenne. Merci beaucoup, Olivier Raffaveli, d'avoir été avec nous en direct ce soir sur TV5MONDE.

12:37
Présentateur

À la suite de cette interview sans concession, donc normale, résultat de pression ou pas, la direction de TV5MONDE a désavoué son journaliste dans un communiqué. Un journaliste dont l'honneur va par la suite être rétabli par l'ARCOM, le gendarme français de l'audiovisuel, lequel a affirmé qu'il n'avait commis aucune faute. On se souvient également de l'attitude d'Olivier Raffavelis face au journaliste Julien Pain de France Télévisions.

13:00
Invité

On a bien vu ces tunnels qui passent effectivement sous l'hôpital, juste à côté. On ne peut pas le nier. Il y a des journalistes qui sont allés dedans. En revanche, les journalistes qui sont allés dedans, on leur a parlé, nous disent qu'on ne voyait pas le tunnel ressortir dans l'hôpital. Et deuxième chose, ça ne ressemblait pas à un centre de commandement. Est-ce que vous êtes toujours persuadé que c'était un centre de commandement, ces tunnels ? On n'est pas persuadé, on le sait. Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? Je vous dis, il y a deux choses. D'abord, on était présent, on l'a vu.

Et puis, on a des centaines de terroristes du Hamas, des Nourbas qui sont chez nous, et qui parlent, et qui donnent le renseignement le plus précis. Et on a tout. Votre question nous dérange. Pourquoi ? Parce que c'est inadmissible qu'une démocratie comme la vôtre pose une question à une autre démocratie. Posée au Hamas, posée aux salafistes qui tuent et qui attaquent les démocraties, ce qu'ils font eux. Cette remise en doute et cette remise en question est extrêmement étrange, voire nauséabonde. Ambiance.

13:59
Présentateur

Les défenseurs de l'honneur outrage et du BFM ressortent également un communiqué de la Société des journalistes

14:05
Invité

La Société des journalistes de BFM TV déplore la mise en cause du travail de la rédaction par la députée européenne Rima Hassan sur sa couverture du conflit au Proche-Orient. La SDJ rappelle que la chaîne a de nombreux envoyés spéciaux ou correspondants dans la région, au Liban, en Cisjordanie, en Israël ou en Iran, qui font entendre la voix de toutes les parties civiles ou militaires. Le week-end dernier, nous avons diffusé à deux reprises une enquête long format qui témoigne des dégâts terribles infligés à Gaza par les bombardements israéliens et questionne la proportionnalité de la riposte de Tzahal.

L'enquête, réalisée avec des journalistes palestiniens basés à Gaza, a d'ailleurs été vivement contestée en plateau par le porte-parole de l'armée israélienne, Olivier Rafovitz, interviewé sans concession à l'antenne. La SDJ regrette qu'une phrase prononcée par Olivier Rafovitz durant cette interview ait été sortie de son contexte et instrumentalisée pour prendre à partie BFM TV et le travail de sa rédaction.

14:58
Présentateur

Bon à savoir, la même société des journalistes s'alarmait fin 2023 de la part belle faite à l'armée israélienne à l'antenne, au détriment de la population de Gaza. Nous sommes donc en pleine orchestration d'une panique morale surjouée, au cœur de ce qui peut être malheureusement considéré comme le bilan minable de la médiatrature française depuis le 7 octobre 2023, et qui peut se résumer à la mise en scène infinie de politiques politiciennes franco-françaises sur des petites phrases constitutives de délits imaginaires, d'islamo-gauchisme et d'apologie du terrorisme.

Des polémiques d'autant plus indécentes qu'elles ont servi à couvrir les cris de dizaines de milliers d'enfants morts et disparus dans la bande de Gaza. Morts, non pas de maladies ou d'accidents de la circulation, mais tués par les bombes d'une armée considérée comme celle des États-Unis d'Occident. Tués, sans plus d'ingéniation que cela, parce que leur vie ne vaut pas tant que cela, dans l'esprit de beaucoup trop de journalistes, et pas que. Un exemple frappant de cette indifférence et de ce cynisme, c'est une interview accordée par le journaliste palestinien Rami Abou Jamas, à Alamarshal et Olivier Truchot de BFM, justement.

Rami Abou Jamas a perdu 176 de ses confrères, de nos confrères, à Gaza en un an, ce qui est un carnage sans précédent sur un tout petit espace, un aussi petit espace dans l'histoire récente. 176 confrères tués par l'armée israélienne, confrères de Truchot et Marshall aussi. Enfin, on imagine. Le peuple de Rami Abou Jamas meurt, tente de fuir, survit sous détente et tenaillé par la faim. Sur le bandeau de BFM, il est écrit, alors qu'il parle, un journaliste raconte Gaza depuis un an. C'est ce qui avait été manifestement prévu dans le conducteur de l'émission.

Mais au final, les deux journalistes qui se sont distingués face à Rima Hassan se transforment en procureurs, incapables de s'intéresser même un tout petit peu au Gazaoui et désireux de mettre de la distance entre leur expérience humaine et les téléspectateurs de BFM.

17:01
Invité

Rami Abou Jamas, est-ce que vous en voulez au Hamas d'avoir déclenché cette guerre ? Parce que c'est eux qui l'ont déclenché avec les attentats terroristes. Est-ce que vous condamnez ce qu'a fait le Hamas le 7 octobre ? Non mais le conflit israélo-palestinien n'a pas démarré le 7 octobre. Mais en quoi ça justifie de massacrer et de viser des juifs le 7 octobre ?

17:24
Présentateur

Le Hamas pourrait libérer les otages aussi. Le fondateur d'Arrêt sur image, Daniel Schinderman, a trouvé un très beau titre à sa chronique consacrée à ce sujet. Victime palestinienne, accusez-vous. C'est tellement ça. Dans nos sociétés de l'information et du spectacle, qui se vivent comme des démocraties, le projet totalitaire ne passe pas forcément par les pouvoirs exécutifs, législatifs ou judiciaires. Voilà, c'est fini pour cet épisode de l'actu démasqué. Le Média, votre Média, ne vit que des dons et des abonnements de soutien de celles et ceux qui le regardent et qui l'aiment. Alors si vous le pouvez, allez sur lemediatv.fr slash soutien et donnez-nous de la force.

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18:02
Locuteur

Sous-titrage ST' 501