INCENDIES, SÉCHERESSE, BIODIVERSITÉ : ce que LES ARBRES nous disent du climat
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On est capable d'inventer des boissons gazeuses et des téléphones sans fil, mais nous ne semblons jamais tirer aucun enseignement durable de nos erreurs. Les arbres ne doivent rien comprendre à notre espèce, éécrit Jean-Paul Dubois dans son roman une vie française. Et c'est dans ce roman que j'ai trouvé à titre personnel un des plus beaux passages de la littérature pour parler des arbres.
Il y en a beaucoup d'autres et vous êtes d'ailleurs invité à les partager. Petit appel à contribution auprès des auditeurs. Des arbres donc du bois écrit qu'il y a ceux qui prennent les choses à la légère, prêt à dinguer au premier vent.
Il y a les austères habitués au sol pauvres et à l'économie des effets. Les inébranlables véritables châteaux forts végétaux en fichés dans le sol jusqu'au royaume des morts. Les rêveurs, le corps maigre si peu de ce monde et la tête toujours au cieux.
Les anxieux, les torturés, les noueux enroulés sur leurs doutes séculaires. Les aristocrates droits comme des i, légèrement dédaigneux, subtilement auint. Nous recevons ce matin deux hommes qui aiment les arbres et qui les voient comme on les voit tous s'évaporer dans de grandes langues de feu ou flambé comme des torches.
Fabrice Ber Thomas Braille, bonjour. Bonjour. Bonjour et bienvenue dans ce studio.
Comment vous présentez Fabrice Hibert ? Vous êtes artiste plasticien, peintre semeur car vous semez des arbres. Vous avez entretemps d'autre chose participé au festival hor piste horschamp organisé en juillet par le centre Pompidou et ouvert grand pour l'occasion les portes de votre royaume d'arbre en vendé on en parlera.
Thomas Braille vous êtes le fondateur du groupement national de surveillance des arbres. Vous êtes groupe pardon comment groupe je pourquoi je dis groupement c'est plus institutionnel le groupe national de surveillance des armes. Et vous n'aimez pas trop qu'on ajoute quand on dit que vous êtes arboriste le l'adjectif engagé.
Pourquoi ? parce qu'on doit tous l'être tout simplement. C'est aussi simple que ça.
Je je vais pas m'étendre là-dessus. Je pense que voilà, il faut juste qu'on prenne conscience qu'on a besoin des arbres et que et que c'est notre seul salut. On le voit aujourd'hui.
Et voilà. Et puis on a l'habitude toujours de m'inviter quand ça brûle la plupart du temps. Et c'est triste.
J'aimerais que aussi qu'on qu'on prenne conscience que les arbres en a besoin tout au long de l'année et pas uniquement cette prise de conscience permanente quand ça brûle quoi. Voilà. Comment ils vont vos arbres à vous d'ailleurs ?
Enfin vos arbres, j'imagine que vous n'aimez pas trop le l'adjectif possessif. Il est très bien. Je non, il c'est très bien de parler de dire vos arbres.
Je pense qu'il faudrait que ce soit cet adjectif, il soit utilisé pour tout le monde quoi. Ce sont nos arbres à tous quoi. Et si on est on prend pas soin et bien en fait on est en grand danger.
C'est déjà le cas. Je suis désolé mais moi je vais être un peu cynique ce matin. C'est le cas.
On est en danger en fait donc il faut vraiment se réveiller quoi et rapidement quoi. Vous vous êtes originaire de Mazam à côté de la forêt de la montagne noire dans le Tarne. Vous les feux de la des forêts de Bordeaux arrivent jusqu'à vous j'imagine sans peine puisqu'ils arrivent jusqu'au massif central.
Et ou oui tout à fait. Matinant on s'est réveillé dans la vallée, ça sentait le brûlé. Donc j'ai commencé à avoir peur en me disant que c'était aussi nos forêts dans le coin qui allaient brûler.
Et il se trouve que non, c'était une brume matinale qui était très bleutée et on sentait vraiment la fumée de Bordeaux. Donc on est tous impactés. Donc l'oxygène bien évidemment ben il est moins pur à partir du moment où ça brûle hein obligatoirement.
On a perdu en pureté depuis à peu près depuis l'air industrielle. On a perdu en pureté, il faut le savoir hein puisque on balance beaucoup de cochonneries dans l'air quoi. Fabrice, comment vont vos arbres ?
Comment va l'avallée ce donc vous donnez à votre forêt ? La vallée la vallée se porte assez bien. Il fait toujours aussi frais quand on la traverse.
C'est génial. Et c'est une c'est une forêt qu'on a semé une trentaine d'années avec des graines et petit à petit la forêt grandit. Et puis évidemment à l'orée de la forêt, il y a toujours un petit peu de brûle de ça chauffe quoi.
Ça chauffe un peu. On voit bien des et bien il y a beaucoup il y a beaucoup de variétés de d'arbres dans cette vallée. Donc il y a il y a aussi ils sèdent beaucoup les uns les autres.
Il y a des zones humides qui sont créées. Il y a plein de choses comme ça. Donc c'est c'est une vallée en qui souffre un peu.
Ça c'est clair. Puis surtout on sent on sent qu'il y a un problème. Mais alors c'est une histoire longue les arbres.
Alors commencez par nous raconter peut-être le début. Vous avez acheté 100 hectares de terre en vendé dans les années 90 entre Maroil sur la DIS et Château Giberg. J'espère que je disais peut-être comment se représenter ces terres et pourquoi à 16 ans vous être dit par ailleurs c'était avant d'acheter tout ça mais que vous alliez semer des arbres euh parce que j'ai toujours été un c'était c'était une petite vallée qui était où mes parents élevaient les moutons.
C'est un petit peu aride où il y avait pas grand-chose et tout ça. Il y avait pas beaucoup d'arbres, il y avait le remembrement avait fait son travail et tout ça. Et donc il y avait et à un moment donné quand j'ai vu le l'agriculture industrielle qui est arrivé là, j'ai voulu protéger cet endroit-là.
Donc je l'ai acheté et puis avec mes sous d'étudiants et puis j'ai j'en ai fait j'ai fait petit à petit une forêt et donc on a semé la forêt avec mes parents qui m'ont aidé et donc on a semé tout cette ces territoires et petit à petit la forêt a largement pris le dessus, a enrichi le paysage. Il y a beaucoup de fruitiers, il y a beaucoup de d'armes différents, il y a d'humidité, il y a de il y a des animaux qui sont arrivés, il y a c'est vraiment un endroit de rêve, c'est très agréable et on on peut on peut y faire beaucoup de choses. Est-ce que comme château brillant qui leur adressait à ces arbres des élégis, des sonnets et des odes ?
Il disait il y a pas un seul d'entre eux que je n'ai soigné de mes propres mains, que je n'ai délivré du verre attaché à sa racine, de la chenille collée à sa feuille. Je les connais tous par leur nom comme mes enfants. C'est ma famille, je n'en ai pas d'autres.
J'espère mourir au milieu d'elle. Est-ce que ça vous parle ? Ces mémoires de famille.
C'est tout à fait ça. C'est tout à fait ça. C'est c'est vraiment un endroit où tous les arbres sont des sont des gens.
En fait, je suis en train de je suis en train d'imaginer une église pas très loin où je dessine des arbres sur les sur les les murs de l'église. Tous ces arbresl sont des sont la vie de quelqu'un en fait. Je représente parce que un arbre aussi un lune de vie en fait.
Vous avez semé000 graines au fil du temps. 300000 graines ne donne pas 300000 arbres bien sûr il y a le les rongeurs et le climat. Thomas Braille, est-ce que vous aussi à 16 ans vous semiez ou plantez des plantiez des arbres ?
Euh oui oui bien sûr. Moi c'est c'est c'est mon métier hein. Donc moi je viens de là, je suis jardinier à la base.
Ensuite j'ai dérivé vers le métier euh d'arboriste grimmeur. Mais je trouve intéressant ce qui est en train d'être dit aujourd'hui. On on voit qu'il y a beaucoup de feux de forêt euh des feux de forêt dans des dans des plantations d'arbres notamment en dans les landes.
Ce sont des pains maritimes. C'est la main de l'homme en fait qui a fait qui a créé ces ces plantations. Et ce ne sont pas des forêts.
Vraiment, je tiens à dire ça à tous vos auditeurs. Les plantations d'armes ne sont pas des forêts. sont des plantations pour un modèle économique.
Et c'est pour ça qu'aujourd'hui à force de trop manier nos paysages, de remager nos paysages et à force d'en faire uniquement à chaque fois un modèle économique, en fait c'est ça qui nous qui fait qu'on va droit dans le mur et et j'attire l'attention sur le fait et c'est très intéressant de semer en fait on n pas besoin de de planter. La régénération naturelle elle fonctionne. Les forsens ont 380 millions d'années.
On a 200000 ans homo sapiens. À quel moment la forêt elle a eu besoin de nous ? Donc vraiment, je pense qu'il faut il faut faut réfléchir à ça et se dire qu'on n'est pas indispensable et retrouver beaucoup d'humilité en tant qu'être humain quoi.
Tout simplement quoi. Votre père plantait des arbres. Le premier c'était un être pourpreit.
Ça ressemble à quoi ? Est-ce qu'il est toujours là ? Ah bien sûr qu'il est toujours là.
J'y fais très très attention bien évidemment. Ben les êtres, ils sont ils sont impactés grandement aussi par la canicule, hein. C'est sûr qu'ils sont en train de tous roussir dans nos forêts.
Donc le paysage, il est en train de changer là au jour après jour he je vois la forêt qui devient rousse et donc c'est très inquiétant bien évidemment quoi. Pour moi, ce qui est étonnant c'est que c'est l'altérité absolue. C'est une forme de vie qui nous dépasse très belle.
Donc la l'esthétique est à sa place silencieuse, discrète, vulnérable aussi. Ça, j'admire beaucoup. Voyez des arbres de 3000 ans, si vous avez le temps et une sc une tronçonneuse, une schane, et ben vous pouvez le couper.
Il va pas se plaindre, il va pas rouspéter, il tombe, c'est tout. Il y a quelque chose d'admirable là-dedans. Une totale non violence aussi.
Totale non violence et puis une utilité incroyable. l'être humain pourrait pas survivre sans les armes, ça c'est clair. Bref, une accumulation de qualité de premier plan et je trouve qu'on serait bien inspiré de les imiter un peu surtout en ce moment.
Vous vous avez reconnu Thomas Brail la voix de Francis Allé. C'est le parrain d'ailleurs je crois du tout à fait de de de votre groupe. Alors là c'est un entretien à voinu pour France Culture enregistré en 2009 à Montpellier par Simon Dek.
Il parle de quelle tronçonneuse en l'occurrence ? Parce que quand il dit ce silence de ces arbres qui tombent sans se plaindre, euh c'est à chaque fois, il y a certains arbres qu'il faut de toute façon parfois tomber. Oui, mais bien évidemment, je veux dire, on a utilisé enfin la ressource bois, on l'a utilisé depuis la nuit des temps.
C'est c'est pas ça la question. C'est pas le fait de dire il faut plus utiliser le bois, c'est pas ça. Mais je sais pas, je pense qu'aujourd'hui euh et je m'adresse aussi peut-être au bûcheron, il faudrait peut-être avoir une pensée avant d'abattre un arbre, quoi.
Je veux dire, c'est c'est pas tout nous est pas dû, quoi. Donc voilà, être un petit peu précautionneux, faire attention, avoir conscience que ben cette matière là, elle est pas arrivée toute seule, qu'elle est vivante aussi. Et donc un arbre, c'est vivant.
En fait, moi j'ai envie de dire c'est pas parce qu'il a pas des yeux, une bouche et qu'il parle pas que c'est pas quelque chose qui vit et il est peut-être bien plus précieux que tout le reste quoi. Voilà. Fabrice cyber.
Alors les arbres évidemment c'est très c'est très précieux mais en fait dans une forêt il y a il y a il y a des arbres qui tombent, il y a des arbres qui faut éliminer qu'il faut amener parce qu'en fait si la forêt si on la laisse faire toute seule en fait elle va elle va s'autonomiser, elle va pas elle va pas donner plus. Alors que si on intervient à l'intérieur, si on on passe et puis on enlève quelque chose, B to va se réactiver puis reproduire quelque chose. Et en fait c'est un c'est un lieu de production qui est génial où il y a plein de choses.
Il y a du bois, il y a des fruits, il y a des il y a de l'oxygène. Notre oxygène il vient aussi de la forêt la plus la plus grande partie. Donc toutes ces choses-là c'est très précieux.
Ça a pas de valeur en fait. C'est ou alors c'est extrêmement valorisable. Vous avez tout fait au Mabrail pour sauver les arbres condamnés par le tracé de l'autoroute à 69 entre Toulouse et Castre.
En 2005, vous aviez arrêté de vous nourrir pendant 40 jours. Une greffe de la fin qui avait réussi à à suspendre les travaux. Pas pour longtemps parce que le chantier touche à sa fin, l'autoroute doit être mise en service à l'automne.
Est-ce que vous aurez réussi, vous et d'autres, à sauver quelques arbres malgré ce que vous devez considérer, j'imagine, comme un échec, mais est-ce que vous savez où ils sont ? Ce que ceux qui sont toujours là, ce que peut-être le tracé a fini par contourner. Oui.
Non, c'est pas un échec. C'est pas une échec dans la mesure où le groupe national de surveillance des arbres, d'ailleurs je remercie toutes les personnes qui œuvrent que ce soit au CA ou que ce soit les bénévoles, il y a une création de groupes locaux en France à peu près chaque semaine. Donc ça veut dire qu'on a des antennes un petit peu partout.
Ça veut dire qu'aujourd'hui il y a une vraie levée de bouclier concernant la protection des arbres quand on essaie de les abattre, il y a des il y a des citoyens qui se mobilisent. C'est pas du tout un échec. Ça a mis en lumière le fait que des projets comme cela, on nen veut plus aujourd'hui.
Euh ils sont ils sont antidatés et il y en a d'autres qui arrivent. Donc je pense que tout le monde a compris l'importance des arbres. On enfant de 4 ans l'aurait compris et aujourd'hui même si on on nous a eu traité à l'époque d'écoterroristes, bah les écoterroristes aujourd'hui on les fait venir sur les plateaux et et devant des plateaux télé, des plateaux radio parce qu'en fait bah on se dit ils ont peut-être raison ces gens-là au final.
Moi je moi je suis pas un écoterroriste, je suis juste arboriste grimpeur et ça fait 30 ans que je fais ce métier. Donc quand je vous parle d'arbre, je sais de quoi je parle. C'est mon métier en fait.
Donc il faut arrêter c lagur arbor c'est aussi élagur ils ont fait pas mal de bêtises à l'époque. On a on a redéfini en arboriste parce que parce qu'aujourd'hui il faut prendre soin des arbres avant de les abattre. Essayer de les conserver les et les laisser vivre le plus longtemps possible.
Est-ce que vous est-ce que vous sauriez dire la quand était la première fois que vous êtes monté sur un arbre ? Non pas pour les laguer mais mais pour le défendre ? Euh bah pour le défendre c'est pas compliqué.
C'était en 2019 à Mazamé. J'ai grimpé dans un platan qui était en danger et c'est de là où le groupe national de surveillance est né. Donc euh donc voilà.
Après, j'ai ce souvenir aussi d'avoir grimpé dans un cerisier quand j'étais petit et c'est de là, je pense qu' m'est venu cette envie de de protéger les arbres quoi. C'était quoi dans cette ville à Mazam ? C'était des platanes bicentenaires.
Il était question de faire un parking ? Bah écoutez, c'était parce que il y avait une une dame qui se plaignait qui avait des bruns sur sa toiture et pour récupérer quelques voies électorales, le maire a décidé d'abattre un alignement de neuf platanes âgé à peu près de 100 ans. Donc aujourd'hui sur les neuf, il en reste sept.
Voilà. Donc [grognement] et vous les connaissiez bien ? Vous aviez travaillé et je travaill à la ville de Maamé pendant une dizaine d'années.
Donc ces arbresl je les connaissais quoi. Et ça change quelque chose de bien les connaître des arbres pour pour avoir cet élan pour pour parce que vous partez tout le temps, vous êtes tout le temps dans les trains pour aller sauver un arbre dans n'importe quel Bien évidemment que c'est important et c'est pour ça que je tire la zone d'alarme et que je dis aujourd'hui dans les programmes scolaires, il faut il faut euh il faut refaire de l'école en forêt. Il faut redonner envie aux enfants de savoir ce que c'est un arbre pour mieux le défendre.
Demain, on peut pas défendre quelque chose qu'on ne connaît pas. On sent c'est simple quoi en fait quoi. Est-ce que vos arbres à vous Pierre Hibert sont Fabrice ?
Pourquoi je appelle Pierre ? Je sais pas, c'est la deuxième fois. Non.
Est-ce que vos arbres à vous sont protégés pour toujours ? Est-ce que le fait que vous ayez acheté ce terrain est-ce que comment vous projetez la suite ? Comment vous projetez l'avenir de vos arbres qui vous survivront et qu'il faut protéger pour longtemps ?
Alors moi je suis moi je suis artiste aussi surtout et donc au départ donc je fais en sorte que cette vallée-là soit protégée comme une œuvre. Donc peu à peu, c'est un endroit où qui est qui est valorisable parce que c'est un endroit où qui a été semé. C'est la première forêt semée depuis très longtemps, depuis au moins 200 ans en Europe.
Donc c'est euh c'est un endroit exceptionnel. Donc il faut le il faut le variser pour pour ça, mais il faut le variser pour pour le paysage concret, pour les images qu'on crée autour de ça. À partir de ce moment-là, les plus grands paysages protégé dans le monde sont les paysages parce qu'il y a des poètes qui ont écrit dessus ou des ou des peintres qui ou des dessinateurs qui ont fait le paysage.
Donc c'est c'est une des une des possibilités. Comment pourquoi pourquoi vous disiez tout à l'heure que vous ne faites que semer des arbres et pas les planter ? Qu'est-ce que ça change ?
Ah ben ça c'est très important en fait quand quand j'avais moi je depuis que je suis gamin en fait je semais des graines. Je piquais des graines dans les arbres et puis je je les planquais dans ma poche par que j'ai l'impression que je vol quelque chose puis j'ai le sem chez moi des noyaux vous fumez vous p un noyau de mirabelle vous le semez ça ça pousse hein. Ça donne des petites des petites clodines.
Voilà c'est super comme dans l'homme qui plantait les arbres génaux qui plent des des glands. Ex voilà et en fait il plantait pas il semait enfin on peut le dire comme ça. Et en fait j'ai semé parce que je je me suis aperçu que lorsqu'on plantait un arbre l'arbre il fa qu'il se réadapte donc il est fragilisé. de suite.
Alors que quand la graine, la graine c'est un micro ordinateur ultra puissant et en fait il va il va s'ouvrir même si dans la au moment de la dormance comme ça, il va s'ouvrir au moment où il y a assez d'eau, de d'humidité de de de chaleur pour pouvoir s'exploser, pour voir la première racine et à ce moment-là il pousse. Et là cette première racine, c'est là c'est la base du du projet de l'arbre et si on lui enlève ça, ben il va être fragile. Donc une forêt plantée est fragile.
René Barjavel le raconte très bien dans un livre qui s'appelle La fin du tigre. Il dit "Ça commence à la graine dès que le hasard ou le semoir l'ont enfoncé dans la terre humide. Les ordres inscrits en elle déclenchent leur offensive.
Elle s'ouvre, éclate, pousse dans l'humus ses tentacules et commence à le dévorer. Elle lance vers le haut sa tigelle, émerge, déploie ses feuilles qui vont avaler l'ir et la lumière. C'est ainsi que ça commence.
Une graine grosse comme la falangette d'un petit doigt avale de la terre et de l'eau, puis de l'air et de la lumière et fabrique avec ça un chaîne vivant de 30 m de haut. Thomas Brey, est-ce que vous plantez ou semez des arbres pour aussi pour votre fils peut-être ou Ah oui oui. Ben écoutez, c'est oui, c'est fait depuis longtemps d'ailleurs.
Il a eu son petit chîn quand il est né et je je fais attention comme la prunelle de mes yeux. Il sait que c'est son arbre, mon fils et chaque année, il va voir comment il évolue, il regarde comment il est. Voilà, c'est c'est simple et basique en fait.
C'est ce que faisaient nos anciens en fait. Et je pense qu'il y a eu une déconnexion il y a quoi une centaine d'années, on s'est complètement déconnecté de de cette façon de faire mais avant on plantait un arbre à la naissance. Donc c'est important de continuer d'inscrire ça dans le temps quoi.
Voilà. Donc en France ici on a des chaînes des êtres. En Afrique par exemple au Mali on peut pas on peut imagine la même chose exactement avec des basobabes comme l'explique ce villageois malien.
C'était sur France il y a très longtemps. Il s'appelle Sissé. Le culte de l'arbre ne peut se concevoir aussi euh que par référence à leur âge.
Le Bab c'est c'est l'un des plus grands arbres les plus sacrés, les plus respectés à cause de l'orage et par le fait qu'ils ressellent hein dans leur tron les ossements des premiers ancêtres. C'est là qui ont vécu il y a 2000 ans, 3000 ans, 4000 ans. Ils ont vu naître et les villages et des générations entières.
Ils ont résisté au temps, aux guerres, aux incendies, aux inondations. Il reste toujours debout face à l'humanité. Ils ont bravé la foudre, n'est-ce pas ?
Et en cela, ils sont comme des élus de Dieu, [pleurs] n'est-ce pas ? Vivre longtemps, c'est avoir la baraka, c'est être un élu de Dieu. Plus on vieillit, plus euh on est entouré, on est adoré.
Il en est de même enfin euh des arbres. Archive des nuits magnétiques sur France Culture en 1989. C'est pour ça que je vous posais la question Fabrice Hiber de savoir comment vous faites pour être sûr que vos arbres sont protégés pour toujours, qu'ils sont là pour toujours.
Ben, je crée des structures pour pouvoir le J'ai une j'ai un fond deation, une association, une société. Moi-même, je signe le paysage d'une certaine manière. Petit à petit, en fait, [grognement] j'en fais un lieu aussi de de culture et pas seulement d'agriculture.
C'est c'est un peu ça. C'est un lieu où on peut visiter, on peut on peut accéder à plein. J'ai une collection en plus où je montre les œuvres autour de du vivant et je fais venir des artistes du monde entier, des chercheurs.
J'ai beaucoup de de d'études sur la forêt parce que c'est une forêt quand même d'exception. Donc donc ça va, c'est pas possible de la c'est pas possible de la détruire. À moins que ça soit quelque chose qui vienne d'ailleurs.
Je ne sais pas. Est-ce que comme artiste Est-ce que comme artiste vous inventez des arbres où il y a tellement de de différents déjà dans la nature que c'est impossible d'en imaginer de nouveau ? Alors le c'est très amusant parce que quand je commençais à dessiner des arbres, c'était un peu des lignes de vie comme ça.
Et puis à un moment donné, je me suis j'ai dessiné des marques complètement imaginaires, enfin des des des lignes de vie imaginaires et puis en fait ils existent toujours dès que dès qu'on dessine un arbre, il existe et en fait il faut ça c'est très étonnant, il y a toujours des inventions d'arbres. On peut pas imaginer à quel point la nature elle est tellement complexe et riche. C'est génial.
Il faut il faut pas la limiter. Il faut la il faut il faut que ça ça s'expense en fait. Et quel arbre et à quel moment de son cycle vous vous a inspiré le vert qui qui fait de votre qui fait votre signature dit vert iber ?
Le vert le vert hiber. Oui, le vert iber c'est c'est depuis le début ma première expo qui s'appelait mutation et la deuxième pollution. en hier, j'avais 20 24 ans et en fait, j'avais décidé d'offrir un cadeau à tous les gens qui venaient voir les expositions, un petit livre vert et le verre de la de la première pousse de charme au printemps.
Ver très très fluorescent comme ça parce que je pensais que le dans l'écologie, il y avait toujours ce verre un petit peu terne qui était un peu triste et tout ça et je me disais moi je veux prendre un verre beaucoup plus fort, beaucoup plus franc, beaucoup presque artificiel qui prenne cette vitalité comme ça que je que je défends depuis toujours. Est-ce que euh vous avez fait breu le vert iber comme la fave clin ou vous trouvez que c'est tellement antinomique avec euh avec ce qu'offre la nature avec les gens ? Non, je voulais je voulais pas garder quelque chose pour moi.
Je pu en plus ce verre là il doit se voir dans la nature. Donc il y a quelque fois une nature verte claire donc il doit être encore plus vert. Quelque fois quand la verre est un peu sombre ben il peut être un peu un peu un peu moins vert.
Donc s'il y en a plein de verres différents. Et depuis que vous avez semé tous ces arbres sur 100 hectares, du temps a passer par définition. Est-ce que vous avez vu la nature changer pas par votre main mais par ce que ces arbres ont eux-mêmes créé ?
Ah ben bien sûr, qu'est-ce que ça change ? Ça change c'est un vrai un vrai joyau en fait. Il y a beaucoup de d'insectes, beaucoup d'animaux qui sont arrivés.
Il y a des espèces incroyables qu'on avait jamais vu. Il y a des oiseaux, il y a au moins 130 espèces d'oiseaux dans la vallée déjà. Donc ça ça revit en fait.
C'est un endroit qui était un peu triste et donc maintenant c'est devenu un drit joyeux. Et puis on le traverse avec bonheur quand on traverse la volée parce qu'il y a il y a un chemin communal qui la traverse entièrement. Donc les gens peuvent passer sans problème.
On est on est à paix là dans cette forêt pendant les canicules. Il faisait 10 15°gr de moins dans la forêt. Donc c'était toujours avec nos invités le peintre et artisteur Fabrice Hibert Thomas Brail fondateur du groupe national de surveillance des arbres arboriste qui est souvent là quand une tronçonneuse s'approche un peu trop des arbres.
En tout cas, quand vous estimez que les coupes sont injustifiables et cet été, des images ont circulé sur les réseaux sociaux d'habitants qui un peu partout se sont opposé à ce que sont à ce que l'on se sépare d'arbres qui pour la plupart ont vu dans ces villages plusieurs générations s'adosser à leur tron ou profiter de leur ombre. Est-ce qu'on vous en veut vraiment Thomas Brail quand vous grimpez dans un arbre pour le protéger ? ont étant ceux qui ont décidé de sa coupe quand vous arrivez est-ce que vraiment on peut oser aujourd'hui s'opposer à ce que à ce que quelqu'un s'oppose à la coupe d'un arbre euh est-ce que est-ce qu'on m'en veut non je pense pas on en veut pas non plus au groupes locaux du groupe national de surveillance des arbres qui v un petit peu partout on a eu un bel exemple cet été dans un village où ils se sont opposés à la coupe d'arbre non je pense qu'aujourd'hui enfin vous savez on n pas énormément de détracteurs en fait euh qui qui aujourd'hui qui aujourd'hui n'aime pas les arbres.
En fait, c'est un sujet qui est qui est qui est euh que dont tout le monde peut s'emparer. Je veux dire, enfin, on le voit, si on n pas d'arbre, il fait chaud. On préfère aller se balader en forêt.
On préfère être sous sous un arbre pour par exemple faire euh pour son repas de famille le dimanche plutôt que d'être sous un parasol. C'est c'est non non je je suis un peu confus là dans dans ce réponse mais est-ce est-ce que c'est déjà arrivé par exemple qu'un policier un gendarme s'approche de vous parce qu'il a il est censé vous faire descendre et puis en fait il il en a pas le cœur quoi. Bah écoutez, enfin moi en tout cas je suis je suis capable de de ressentir beaucoup de choses chez l'être humain et je pense que le discours qu'on porte quand on arrive même face aux forces de l'ordre, ils exécutent.
Moi, j'ai j'ai je le dis clairement, j'ai rien contre les forces de l'ordre. J'en ai les donneurs d'ordre en fait. Mais racontez-nous une fois où c'est déjà arrivé.
Oui, bien sûr. Une fois c'est déjà arrivé. Ben écoutez, j'étais j'étais en garde à vue parce que on s'opposait au projet de la 69 et juste avant de finir ma garde à vue où j'ai passé un peu de temps en cellule, euh un un inspecteur de la gendarmerie m'a dit "Monsieur Bry, est-ce que je pourrais faire un selfie avec vous ?
C'est pour mon fils parce que il aime beaucoup ce que vous faites." Donc je lui ai dit "Oui, avec grand plaisir." Je lui dis "Dys, on fait pas que des bêtises" mais il a pas répondu mais j'ai bien vu dans ses yeux que il a on était d'accord tous les deux quoi.
Voilà. Vous pouvez trouver un terrain d'entente ? Est-ce que quiconque d'ailleurs a déjà essayé de vous forcer à descendre comme la sœur du baron Percher ?
Une nuit, elle sort avec un un chaud de glu et une échelle et elle englue de la Simopie un caroubier où son frère Cossimo vient vient se percher tous les matins. C'est dans le livre de d'Italo Calvino. Est-ce que ça vous est déjà arrivé qu'on par tous les moyens on essaie de vous faire descendre ?
Oui oui bien sûr. Bon après vous savez comment bah vous savez en fait c'est quand même compliqué d'aller sortir un cramppeur arboriste où les personnes qui font ce métier là des arbres en fait c'est notre métier. On a une façon de se déplacer dans les arbres qui est totalement à l'opposé de ce que de ce que les forces de l'ordre font.
Ils ont des protocoles tellement bien définis que c'est difficile pour eux. Et puis voilà, c'est c'est notre métier. Mais par contre, je vois qu'on arrive à déployer parfois énormément de moyens financiers de la part de l'État pour aller finalement déloger des gens qui sont en train de de vous montrer aujourd'hui que les arbres on en a besoin tout simplement.
Il y a des moyens financiers mais est-ce qu'il y a aussi des moyens juridiques ? C'est quoi aujourd'hui la réglementation autour des arbres ? Est-ce que les maires ont un mandat particulier ?
En tout cas des droits particuliers sur les arbres par exemple pendant leur mandat ? H j'ai envie de vous dire que le droit particulier qu'il faut qu'il faudrait qu'il s'accordent et qu'ils aient de plus en plus, c'est celui de les protéger surtout. Après, il y a le c dans la loi après il y a le code de l'environnement.
Écoutez, moi je grimpe jamais un arbre si j'ai pas étudié le dossier. Et la plupart du temps, on s'aperçoit que il y a il y a un non respect d'un article de loi. On peut reparler de la 69.
Il y a le L350-3 du code de l'environnement qui a interdit l'abattage des arbres d'alignement. Le jour où je suis passé en procès euh parce que j'ai été relaxé pour état de nécessité climatique. En fait, ils se sont J'ai clairement dit que la préfecture n'avait pas donné d'érogation au L350-3.
Ils ont abattu ces arbres en toute illégalité, il faut le savoir quoi. Voilà. État de nécessité climatique.
Tout à fait. C'est très rare. J'ai été relaxé pour état de nécessité climatique parce que je me suis opposé justement à l'abattage d'arbre sur l'autoroute sur le tracé de l'autoroute à 69.
Voilà. Est-ce qu'il arrive que comme vous dites avant d'aller quelque part, je me renseigne, j'épluche le dossier que vous vous disiez mais là je peux rien faire toujours. On a un pôle juridique au GNSA qui fait un travail formidable.
Je tiens à les remercier. On étudie les choses et la plupart du temps, dans 90 % des cas, si on part sur une action avec le groupe national de surveillance des arbres, c'est parce qu'il y a une illégalité. Je tiens à le rappeler, on n'est jamais dans la désobéissance civile.
On justement nous on obéit à à la à la civilité et on obéit aux lois. Donc les lois, elles ne sont pas respectées. Nous, on est là pour les faire appliquer.
C'est regrettable que ce soit nous ce soit à nous de le faire quoi. Fabrice Hibert, dans votre discours d'installation à l'académie des Barts, c'était en juillet 2021. Vous aviez parlé de votre œuvre comme d'une arme de réconciliation massive.
Les arbres sont une arme [raclement de gorge] de réconciliation massive. Comment expliquer aujourd'hui qu'on ne puisse pas s'entendre sur cette questionl ? C'est comme l'eau hierère.
Enfin, c'est je pense qu'on s'entend peu à peu en fait. C'est c'est vraiment un arme un un des armes de récionation parce que petit à petit tous les gens sont d'accord pour dire que les arbres c'est important. C'est on on se on se rassemble sous les arbres.
On [grognement] voit les armes, on sait à quoi ça sert un arbre. On sait à quoi ça sert une forêt. Ça nous sert à avoir du bois, avoir de de l'air, avoir de l'oxygène, avoir de la nourriture, avoir des animaux, avoir du vivant autour de nous.
Et je pense pas qu'on peut qu'on peut aller contre ça ou alors vraiment faut vraiment être idiot, hein. Il y a beaucoup d'enfants qui viennent dans votre dos. Est-ce qu'on peut dire votre domaine ou votre vallée ? la vallée qui est à moi parce que je la protège comme ça mais elle pourra je je fais en sorte qu'elle soit à tout le monde en fait à tous les voisins et tous les il y a une école en fait qui se met en place depuis depuis déjà 4 ans dans la vallée où des enfants viennent tous les jours de 7 ans à 20 ans et même plus d'ailleurs et qui qui suivent un peu moi j'ai une collection d'œuvres alors je vais je montre toutes ces œuvres je leur apprends plein de choses autour du dessin ch comme ça mais aussi surtout tout ce que c'est qu'un arbre comment comment on s'aime un arbre comment on voit les animaux autour les oiseaux et tout ça et Et en général, ils ont des petits bouts de terrain dans lesquels ils font des expériences et tout ça.
C'est extraordinaire parce que tout d'un coup, il découvrent des choses qu'ils n'ont pas forcément. Moi, je me souviens quand j'étais à Tokyo où j'avais semé des des graines de d'arbres dans Tokyo. Tout d'un coup, les Tokyoïdes, voyez, des une tomate entière, c'était complètement dingue.
Voilà. Donc, il faut apprendre en permanence en permanence apprendre aux enfants que qu'est-ce que c'est que d'où vient ce qu'on ce qui nous nourrit. Une tomate sur un arbre.
Oui. [rires] Non mais j'avais j'avais mis des des j'avais fait à Tokyo en 2008 2005 5 2008 je me souviens plus dans tous les endroits où il y avait des terrains un peu vierges comme ça. On avait avec un grand musée on avait j'avais semé des des fruits et des légumes partout partout partout pendant 6 mois et ce qui fait que les gens pouvaient se rassembler voir des légumes comment ça poussait tout ça c'était génial.
Il y en a qui sont restés depuis plein de fruitiers. Je l' vous demandé si tous étaient toujours sur pied ou si beaucoup ça bouge beaucoup. Donc tous ces enfants qui viennent Mais il faut planter des arbres dans les villes, ça c'est clair.
Mais dans la terre les semer carrément sûr les semer. Pourquoi les semer ? Braille ben déjà on a plus de chance de réussite parce que comme l'a dit Fabrice en fait à partir du moment où on déplante un arbre et qu'on le replante, il faut le suivre à l'arrosage.
Après c'est très compliqué. Une graine, si elle trouve sa place, il peut arriver qu'elle ne germe pas, mais c'est très rare, mais à partir du moment où on la sème, euh normalement elle germe, quoi. Euh après, j'ai envie de dire bien évidemment l'intervention de la main de l'homme mais il vaut mieux le faire, ils vont mieux le faire en semant qu'en plant.
Et voilà. Et moi, j'aimerais qu'on ait une attention toute particulière pour les arbres qu'il y a dans les villes en fait, parce que euh c'est de notre propre volonté et c'est de notre comment dire, c'est nous qui les avons planté à un endroit bien défini. Et les arbres parfois enfin ils sont mieux avec leurs copains en forêt que d'être au milieu de de voiture de de gaz d'échappement et enfin ils ils mangent les gaz d'échappement, c'est pas la question mais au moins avoir cette humilité de dire que c'est nous qui avons décidé qu'il soit là.
Ils ont pas décidé à être là dans les villes. Donc il faut vraiment encore plus y faire attention quoi. Voilà.
Mais déjà dans le livre de Jionao, l'homme qui plantait les arbres, alors on n'est pas en ville, on est dans les Alpes de Haute Provence, mais il raconte que l'œuvre, et quand il parle de l'œuvre, c'est cette immense forêt qui a planté cet homme qu'il va voir euh tous les ans ou tous les et ou avant la guerre, après la guerre. Il dit que cette œuvre ne courut un risque grave que pendant la guerre de 1939 parce que les automobiles marchaient alors au gazogène. On avait jamais assez de bois.
On commença à faire des coupes dans les chaînes de 1910, mais ces quartiers sont si loin de tous les réseaux routiers que l'entreprise se révéla très mauvaise au point de vue financier. On l'abandonna. Le berger, lui, n'avait rien vu.
Il était à 30 km de là et il continuait paisiblement sa besogne. Donc pendant que les villes euh s'agitent, pendant qu'on s'agite, pendant que des arbres sont coupées, il y a quand même encore des hommes sur les hauteurs dans des forêts qui continuent cette œuvre là. Qui sont ces hommes ? part Fabrice Ber qui en a planté semé plein qui continue à semer toujours et toujours d'infatigables semeurs.
Je sais pas s'il y en a vraiment beaucoup des semeurs en fait. Aujourd'hui, la problématique c'est qu'on est sur comme je vous l'ai expliqué, on peut parler du Tarn. Moi je vois des forêts de feuilles diversifiées se faire raser pour faire de la plantation de Douglas.
Je vois on voit les sommets de nos montagnes qui sont en train de se transformer. Mais OK, d'accord, il faut du bois. Très bien.
Mais je pense qu'il faut arrêter ce modèle là. On va droit dans le mur en fait c'est pas du tout on perd toute la biodiversité, on perd tous les animaux, on perd c'estes pauvres en fait en terme de richesse écologique ces ces plantations et ce ne sont pas des forêts, je le répète, ce sont des plantations. Donc là, les citoyens doivent s'emparer de ce sujet-là.
Dès qu'on voit qu'on rase des forêts, il faut stopper quoi. C'est plus possible quoi. Fabrice cyber.
Oui, c'est sûr que la forêt plus elle est diverse, plus elle est riche. En fait, c'est ce que quand on a une forêt plantée, c'est pauvre, très vite, très très pauvre. Il y a qu'une seule il y a qu'une seule production de de richesse alors que la biodiversité c'est énorme.
Ben on narrête pas de dire les arbres nous ici euh au dans ce dans ce studio. Alors dites-nous quels arbres ? parce que ça fait toujours aussi du bien.
Enfin, je sais pas, il se trouve que il y a pas très longtemps comment la liste des arbres il y a pas très longtemps, je lisais le les pâturages du ciel de Steinbeck et d'une page à l'autre, on parle de seoya, on parle des zones, on parle des ormes. Oui. Des ores qui on sont morts la plupart du temps.
Des Oui, mais on je trouve qu'on a besoin d'entendre ces mots-là. Alors tous les les armes, alors il y a il y a dans les chaînes, il y a au moins 150 sortes de chaînes différentes qui pourrait réci. Après il y a des résines, après il y a les fruitiers. les fruitiers, c'est énorme entre les cerisiers, les pruniers, les péchés, les abricotiers, les toutes toutes ces arbres là qui qui peuvent pousser n'importe où en fait en France.
C'est génial. On pourrait avoir des des forêts de pruniers à Paris pour et on mangerait nos prunes. Alors, peut-être que vous nous disiez tout à l'heure que les piaillements des enfants viennent se mêler souvent à celui des oiseaux parmi vos arbres.
Peut-être que certains reviendront les voir dans plusieurs années quand les arbres auront encore grandi ou que de nouveaux auront poussé semés par vous parce que le vent aura dispersé dispersé quelques graines, revenir voir les arbres de son enfance. Tout le monde n'a pas la chance d'avoir une belle maison dans le loir comme en avait Maurice Jeunevois mais ce qui l'intéressait c'était dehors. J'ai tout de même mesuré à travers les années grâce à cette maison-là comment une maison à l'origine qui n'est que des pierres enliées les unes par-dessus les autres. devenait véritablement une maison.
J'ai vu dans le jardin gravillonné dont je vous parlais où on avait planté des rosier et deux arbres. deux arbres, un cèdre bleu et un maronnier rose. Et bien, j'ai vu ces arbres petit à petit grandir. le cèdre bleu avoir des pommes, ces pommes tombaient sous ces grandes branch germé au point que maintenant dans la maison du Val de Loire que j'habite au Vernel, j'ai planté des petits enfants du cèdre bleu et que ces petits enfants ont quelque chose comme vingt mètres de haut et sont devenus à leur tour des arbres magnifiques.
C'est-à-dire cela m'a permis de prendre conscience charnellement de l'évolution de la vie, de ce que cela a des mouvant dans sa continuité, dans ses répétitions. Et voilà pourquoi j'ai gardé beaucoup de tendresse à cette maison que je n'habite plus. Mais quand je retourne à Châtonu, je passe toujours devant et j'ai un petit space moque cœur bien sûr.
Archive de 1962, Maurice Jean Voie sur France Culture Thomas Brail. Quels sont les arbres que votre fils dans plusieurs années pourront venir voir pour prendre de leurs nouvelles en sachant que c'est son père qui les a planté ou qui les a semé ? Bah déjà il a il a le sien, il a un chaîn Baissant que j'ai récupéré qui avait que que j'ai semé d'ailleurs.
Qu'est-ce que c'est ? Un chaîn Baissant ? Bah c'est un arbre majestueux, magnifique.
Euh je trouve que bon voilà, c'est on le sait, le chaîne c'est le signe de la longévité, c'est euh c'est la robustesse, hein, c'est euh c'est la majestuosité une fois qu'ils sont euh épanouis, qu'ils ont leur leur leur leur vraie silhouette, j'ai envie de dire, parce que souvent on a tendance à toujours un peu tailler les arbres parce que on dit tiens cette branche là, elle me plaît pas trop. En fait, on les met parfois un peu trop à notre image. Les arbres, ils ont juste besoin que le comme disait Francis et j'aimais bien quand il disait ça, qu'on leur foute la paix quoi.
Même quand ils sont morts d'ailleurs, bah il faut il faut prendre en considération que le bois mort, il est important. S'il y a pas de bois mort, il y a pas de larve, il y a pas d'oiseaux, il y a pas de piqu et pêche et qui viennent manger à l'intérieur. Euh voilà, il y a il y a pas de il y a pas de cellulose qui se décompose, il y a pas de champignon, il y a pas tout ça.
Voilà. Fabrice, vous laissez aussi une grande liberté, enfin vous laissez la nature prendre ses marques, ses droits Oui, absolument. on essaie de pas trop pas trop aller dans la forêt mais sauf quand il y a un peu de vent par exemple où il y a des des des catastrophes, on essaie d'en prélever quelquesun pour que ça puisse encore être vivable et puis et puis après mais moi j'ai l'histoire d'un grand chaîne aussi qui a qui était qui était qui avait été planté ou semé je ne sais pas avant la révolution et sous lesquels j'avais dessiné à la lune quand j'étais petit quand j'étais quand j'avais 19 ans et donc j'avais ça un chaîne et puis l'année l'année d'après de après avoir fait ce dessin il y a une la foudre est tombée sur l'arbre et a cassé C'est la grande la grande c'était c'est hallucinant mais il est toujours vivant hein.
Il va il va me survivre. Il est énorme juste maintenant ce chant là s'appelle le champ de la lune d'ailleurs. Et qui avait gardé sa mémoire ?
Parce que pour que vous sachiez qu'il datait de la la révolution cet arbre là c'est que parce qu'en fait c'est c'est juste ce petit village de de la série là c'est juste c'était il y avait un trois ici en fait qui c'était en fait ce il y avait tout le long pour descendre à la rivière. Il y avait des chaînes et donc c'est le seul chaîne qui était resté. On savait ça, tout le monde savait ça.
Alors Fabrici Bert, l'Institut Pasteur vous a sollicité pour une sorte de comment dire de partenariat. Euh qu'est-ce que vous souhaitez apporter aux sciences ? Qu'est-ce que les sciences veulent apprendre de votre regard à la fois de peintre, d'artistes plasticiens avec une passion pour les sciences naturelles ?
Mais vous vous n'êtes pas scientifique. Qu'est-ce que l'Institut pasteur attend de vous ? Enfin, qu'est-ce que les sciences attendent de vous ?
Moi, j'ai toujours été attiré attiré par les S parce que j'ai fait des études de scientifiques au tout début et puis euh et puis la recherche scientifique, c'est toujours des gens qui quand les chercheurs sont des gens qui qui inventent qui ont besoin de de d'absorber d'autres d'autres milieux, d'autres d'autres vocabulaires pour enrichir leur propre recherche. Et en fait, je les accompagne dans on a on a créé un un je vais offert des œuvres d'ailleurs qui sont en Institut Pasteur, un énorme œuvre qui est en porcelaine qui fait 20 m de haut où qui ça qui où je raconte l'histoire du du vivant et tout ça. C'est c'est magnifique.
Et puis vous pouvez les visiter. Et puis après, je fais une autre œuvre aussi qui est qui est un personnage qui a qui s'appelle Toufu et en fait c'est un personnage que le sur le sol comme ça où il y a tous les médicaments qui les plantes qui correspondent à chaque partie du corps pour [grognement] soigner chaque partie du recors comme une sorte de de de de de médecine initiale comme ça. et et en fait, on a créé un petit organisme à l'intérieur de l'Institut pasur qui s'appelle organoïde où on fait intervenir des artistes dans avec l'Institut Pasteur, avec des chercheurs pour trouver des moyens de de de d'imag par rapport à des recherches qui sont quelquefois très difficiles à visualiser.
En Fabrice Hiber, vous parlez souvent de votre œuvre comme un gigantesque risô comme si c'était le cheminement de votre pensée. Vous nous l'avez dit tout à l'heure peut-être pour conclure Thomas Brail. Vous quand vous êtes là-haut dans les arbres, vous pensez à quoi ?
Je pense à mon fils. Voilà, je suis un peu ému de le dire à chaque fois, mais je pense à lui quoi. Je pense qu'on devrait tous penser à nos enfants euh avant de peut-être de les abattre ou de faire des projets qui n'ont plus de sens aujourd'hui.
C'est notre seul salut les arbres. Je suis désolé de le redire. Si on n pas d'arbres, si on n pas des océans qui sont en bonne santé, on est foutu quoi.
Voilà. Je suis désolé de finir sur cette note là, mais l'optimisme, j'en veux, je veux bien en donner, mais il faut que les politiques aussi se réveillent quoi. Et juste pour terminer aussi, adéressa si vous voulez que qu'on puisse continuer à sauver les arbres quoi.
Voilà. De pardon, j'ai de donner à l'association. Ouais, adhérer bien sûr.
Adhérer au GS, vous savez où que votre argent sera bien placé en tout cas. Il a quel âge votre fils ? Mon fils, il va avoir 9 ans quoi.
Voilà. Merci beaucoup Fabrice Hiber, artiste plasticien d'avoir été avec nous. On met toutes les références de de votre travail sur notre site.
Merci beaucoup Thomas Braille, grimpeur arboriste. J'ai pas à mentionner votre livre L'homme qui sauvait les arbres par chez Hartau. Vous êtes aussi le co-auteur avec Raphaël Martin du livre jeunesse, le défenseur des arbres paru chez Acte Sud jeunesse.
Et je conclus si vous le voulez bien avec ces mots de gion. Pour que le caractère d'un être humain dévoile ses qualités vraiment exceptionnelles, il faut avoir la bonne fortune de pouvoir observer son action pendant de longues années. Si cette action est dépouillée de tout égoïsme, si l'idée qui la dirige est d'une générosité sans exemple, s'il est absolument certain qu'elle n'a cherché de récompenses nulle part et qu'en plus elle a laissé sur le monde des marques visibles, et bien on est alors sans risque d'erreur devant un caractère inoubliable.
Jono, l'homme qui plantait des arbres.