L'interview politique intégrale de Sabrina Agresti-Roubache sur RMC
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Les morts, non ? Alors déjà, les premiers mots pour la très jeune victime, le jeune Fayyad, de 10 ans, c'est dans le dictionnaire, les mots n'existent pas pour expliquer la mort d'un enfant. Donc ça, c'est la première chose.
La deuxième chose, c'est que si on part du principe que rien ne marchera, alors ne faisons rien, rentrons tous à la maison. Moi, je n'y crois pas du tout. Moi, je pense au contraire que de pilonner, vous savez, on l'a vu à Marseille.
On l'a vu à Marseille avec la préfète de police qui, quand même, a opéré des opérations, on appelle ça des opérations de pilonnage. 70 points de deal complètement arrêtés. Non pas qu'ils se sont déplacés, complètement arrêtés.
Donc la réalité, c'est que comme vous les pilonnez, comme on ne leur laisse plus la vie tranquille, comme nous n'arrêtons pas de mettre des moyens, des forces de police. Je donne l'exemple de Marseille parce que c'est quand même le plus récent en termes de renfort. 300 policiers, 3 compagnies de CRS.
Et on voit bien qu'en les pilonnant, évidemment que ça crée des tensions. Les saisies de drogue, je vous rappelle quand même 128 tonnes, on bat des records de saisies. On peut parler de Marseille, mais là sur Nîmes, ce qui s'est passé, on a vu la mort du jeune Fayyad, l'envoi de la CRS 8, et dans la foulée, comme une sorte de provocation, les dealers qui continuent, la mort d'un deuxième individu.
On a juste le sentiment que l'État est totalement impuissant. Ça s'est passé à un moment donné où il y a eu, où la police, justement, la CRS 8 n'était pas là. Ils étaient en relève.
Donc ça, vous oubliez quand même de le préciser. Ils n'étaient pas sur place quand ça s'est passé. Non, mais l'annonce avait été faite, l'envoi de la CRS 8 ?
Complètement. Mais à un moment donné, vous savez, des gens qui ont décidé de s'entretuer, vraiment, bien malin celui qui dira, je serai capable d'être derrière chaque dealer, chaque chouf, comme on dit, chaque guetteur, pour l'empêcher. Qu'est-ce que le gouvernement peut faire de plus ?
Le gouvernement...
À part dire, on envoie des renforts. Les renforts à Nîmes. Je vous donne...
On est passé de 210 policiers à 289 policiers. On renforce, on envoie le RAID. On continue à pilonner.
On continue...
Vous savez, il faut les empêcher de dormir. On va les empêcher de dormir, parce que vous oubliez aussi quelque chose...
Vous leur dites, vous dites aux dealers, on va vous rendre la vie impossible. On est en train...
On leur rend la vie impossible. Et je rappelle juste quelque chose. Sous le quinquennat Macron, le premier, 10 000 policiers en plus, on l'a noté, à un moment donné, on ne peut pas dire qu'on les laisse faire.
Et eux, le sapient...
Et les règlements de comptes continuent à arriver. Un chiffre...
On est dans un cycle de vendetta, vous le savez. Un chiffre, Mme Mouache, que je trouve assez singulier. Absolument.
À Nîmes, en 5 ans, plus 40% de policiers en plus. Et pourtant, on voit ce type de scène-là. C'est bien la preuve qu'on ne peut pas réduire la question du trafic de drogue, de la violence dans ces quartiers, simplement aux effectifs que vous envoyez en plus.
Merci beaucoup de me donner la transition parfaite sur la prévention et les consommateurs. Pas de consommateurs, pas de trafiquants. Pas de trafiquants, pas de morts.
C'est ça, la réalité. Moi, je viens d'un quartier comme ça. Donc, s'il n'y a pas de consommateurs à la base, vous n'avez pas de trafiquants.
La réalité, c'est qu'on n'y a pas en plus. Vous dites comme Gérald Darmanin, c'est la responsabilité aussi de ceux qui prennent un rail de coke, qui fument un joint. Moi, je ne prends pas de drogue.
Je viens d'un quartier. Vous savez, c'est le quartier qui était collé. Donc, il y a la belle de mai.
Félix Fiat était collé. C'est le quartier d'Arcente Connection. Absolument, à Marseille.
Je n'ai jamais touché de la drogue. Vous n'avez jamais fumé ? Je n'ai jamais fumé.
Non, moi, je ne fume pas. Pas d'alcool, pas de cigarette, rien du tout. Non, non, moi, je suis asthmatique.
Donc, moi, je vais vous dire, j'ai toujours pris soin de moi. J'ai toujours pris...
Et pourtant, vous voyez, je viens de milieux où on aurait pu penser. Pas du tout. La réalité, c'est qu'on ne parle plus de prévention.
Moi, je suis pour qu'on renforce aussi les moyens de prévention auprès de nos jeunes. Parce qu'en fait, fumer, ce n'est pas rigolo. Se droguer, ce n'est pas drogue.
Vous dites que ceux qui se droguent ont du sang sur les mains, en quelque sorte, compte tenu de ce qui se passe dans les quartiers de règlement contre. Ils ont une responsabilité. Du sang sur les mains, c'est trop fort.
Ils ont une responsabilité. Quand on fume son joint dans son canapé très cosy d'un arrondissement très chic de Paris, vous pensez qu'ils n'ont rien à voir dans tout ça ? Quand on va acheter son pochon de drogue, vous pensez d'héroïne ou de cocaïne ?
Vous pensez que les gens sont complètement dédouanés juste parce que...
À votre place, hier, Jean-Philippe Tanguy du Rassemblement National disait aussi que c'est une sorte de complaisance des élites vis-à-vis de la drogue, de la consommation de drogue. Moi, je parle comme une enfant des quartiers pauvres de Marseille. Je sais que c'est ceux qui avaient les moyens, qui venaient dans les quartiers pauvres, acheter de la drogue.
Donc, à un moment donné, oui, le consommateur a une vraie responsabilité. Comme je vous le disais, pas de consommateur, pas de trafiquant, pas de trafiquant, pas de drogue. Il faut plus de sanctions à leur égard ?
Est-ce qu'il faut, par exemple, les envoyer en prison ? Oui, ce qu'a dit le président de la République. Le président de la République était aussi pour qu'il y ait une amende forfaitaire délictuelle payée sur place.
C'est-à-dire, on vous attrape avec de la drogue. Qui est très peu recouvrée, Sabrina Gassi-Roubach. J'ai travaillé sur le projet de loi douane avec Gabriel Attal.
Nous avons mis plein de dispositifs en place. À chaque fois qu'on essaie de bouger, on dit « Ah, mais c'est pas assez ». Et j'invite les oppositions, toutes celles, vous les avez reçues, justement, ces deux derniers jours et je les ai suivies.
Votez les textes avec nous. Votez les textes avec nous. Et justement, s'ils considèrent que c'est passé, qu'ils fassent des propositions meilleures.
Non pas en dessous de ce que nous nous faisons. Oui, mais un dernier mot sur ce sujet. La gauche dit qu'il faut ouvrir le débat sur la question de la dépénalisation, voire de la légalisation.
C'est un tabou pour le gouvernement. Alors même qu'on voit bien que la France a un des arsenals les plus répressifs d'Europe. Et en même temps, un des pays où on consomme le plus.
Alors vous, pareil, j'avais fait ma première question au gouvernement. Je l'avais faite à Gérald Darmanin où je parlais de désarmement massif des trafiquants de drogue, mais désarmement financier. Parce que si on ne va pas taper là-haut, là où ils sont, au porte-monnaie...
Donc c'est interdit d'aborder le débat de la légalisation. C'est un sujet totalement tabou. Est-ce que trop facile, trop facile pour cette gauche très...
Ils ne vivent pas, la plupart ne vivent pas et ne viennent pas de ces quartiers. Allez demander aux gens dans les quartiers s'ils ont envie de voir la drogue dépénaliser. Mais même si ça permet d'arrêter les trafics...
Regardez les Pays-Bas. Est-ce que vous avez l'impression que c'est devenu...
C'est dépénalisé, pas légalisé. Absolument, dépénalisé et pas légalisé. Et certains à gauche disent qu'il faut légaliser pour organiser les marchés et donc tarir les trafics.
Alors, puisqu'ils ont la solution magique, je les invite à gagner des élections et à le faire. Et vous verrez le résultat. Moi, je suis absolument contre, mais vraiment contre.
Parce que quand vous avez vu des générations entières, sous vos yeux, mourir de la drogue, que ce soit par les règlements de compte ou mes aînés de l'héroïne, vous pensez que moi j'ai envie de parler de...
Je pense que la légalisation et la dépénalisation, ça va régler tous les problèmes. Non, moi je parle de prévention. On vous entend ce matin.
Sabrina Agresti-Roubach, pendant ce temps-là, le ministre de l'Intérieur poursuit son offensive politique. Vous serez à sa rentrée d'ailleurs dimanche à Tourcoing. Enfin, Gérald Darmanin qui explique, dans les colonnes de La Voix du Nord, que la victoire de Marine Le Pen en 2027 est, je cite, « assez probable si la majorité laisse filer les classes populaires et les classes moyennes ».
Bon, c'est clair, il est en campagne là, Gérald Darmanin. Les classes populaires et les classes moyennes, vous savez, à un moment donné, je vous dis, je suis le pur produit de l'ascenseur social. Je suis née dans l'un des quartiers les plus pauvres de Marseille, je ne le rappelle pas.
Gérald Darmanin vient comme moi d'un milieu très populaire. Donc, je pense qu'il faut s'occuper de celle-là. Et j'ai écrit dans mon livre, puisque, vous voyez, je le répète, mais j'ai l'impression de ne jamais être entendue, « Les électeurs du RN ne sont pas nos ennemis.
C'était le fâché mais pas fâcho de Jean-Luc Mélenchon. » Alors, quand c'est lui qui le dit, ça passe. Quand c'est moi qui le dis, c'est un peu plus compliqué.
Il faut parler à tout le monde. Et les classes populaires, et les classes populaires. Mais donc, vous dites, si vous ne parlez pas suffisamment aux classes populaires et aux classes moyennes, comme Gérald Darmanin, est-ce que vous pensez que Marine Le Pen risque d'être élue, sera probablement élue en 2027 ?
Ce que je vois, moi, c'est la poussée du RN. J'ai battu sur ma circonscription...
Est-ce que vous pensez, comme Gérald Darmanin, que c'est probable ? Je pense, non, je pense que c'est probable. Et en plus, je pense que la progression, tout le monde se la cache.
J'ai battu une candidate du Rassemblement national qui n'a pas fait campagne. J'ai fait campagne du matin au soir, 24h sur 24, pendant 4 semaines d'affilée, je la bats à peine de 500 et quelques voix. Vous imaginez où on en est ?
Dans une circonscription qui était de droite, et non pas d'extrême droite. Et le président de la République l'avait dit, on va s'occuper des classes populaires. C'est le président de la République qui a dit, il faut s'occuper des classes populaires et des classes moyennes.
Mais attendez, Sabrina Gressier-Aubache, quand Gérald Darmanin dit ça, on a le sentiment qu'au fond, le gouvernement ne leur parle pas, et qu'il est lui, le seul rempart, il dit, il n'y en a pas beaucoup qui parlent aux classes populaires. Ah si, j'ai lu attentivement ces interviews, il est parfois venu à ce micro. On a parfois le sentiment qu'il est le seul à leur parler ?
Donc c'est au fond une sorte de désaveu pour le gouvernement ? Non, pas du tout. Nous avons, tous les deux, et tous ceux qui viennent des classes populaires, on a une certaine appétence sur ces sujets-là.
Pourquoi ? Parce qu'on connaît tellement bien les sujets. Vous savez, il faut vraiment ne jamais avoir mis ses pieds dans un quartier pauvre pour ne pas savoir ce que c'est.
Donc comme nous, on sait ce que c'est. Qu'on en parle un peu plus que les autres, bien sûr. Mais le gouvernement d'Elisabeth Borne, le 2, le 3, on fait le job.
On fait des tas de choses pour les classes populaires. Vous avez lu Gérald Darmanin quand il dit « Attention à ne pas parler aux 4-supes, aux gagnants de la mondialisation, aux technos, aux bobos ». Il vise qui ?
Gérald Darmanin quand il dit tout ça. Il vise les oppositions. Vous savez quoi ?
Ça c'est de la mauvaise foi, ça va venir agresser au badge. Vous savez très bien qui il vise en disant ça. Parce que moi je vois les attaques.
Moi quand j'ai été nommée, Benjamin, et je vais vous le dire, quand j'ai été nommée, les premiers qui m'ont attaqué, c'est justement cette fameuse gauche qui adore l'égalité des chances et qui adore l'ascenseur social. C'est pas vrai, il la déteste. Donc il ne vise pas Elisabeth Borne quand il dit ça à Gérald Darmanin ?
Pas du tout, il vise nos oppositions. Il vise en particulier la nupesse. En particulier la nupesse parce que les attaques les plus violentes que j'ai eues, en incompétence, en toute la mauvaise foi, c'est-à-dire j'ai été nommée, tout le monde peut être nommé sauf moi.
C'est la gauche qui l'a fait, c'est la nupesse, c'est du côté de la nupesse que c'est venu. Gérald Darmanin, c'est un rempart à la probable élection de Marine Le Pen en 2027 ? Ce qui sera un rempart à l'élection, moi je vais vous dire, encore une fois, je l'ai écrit dans mon livre, si on va parler à tout le monde, c'est ça le rempart.
Mais je pose la question sur Gérald Darmanin, est-ce que c'est un rempart à Marine Le Pen en 2027 ? Gérald Darmanin en tout cas, maintenant, est l'un des remparts, oui. On est l'un des remparts, oui.
Gérald Darmanin est l'un des remparts à Marine Le Pen. De cette offensive, en tout cas, ne fait pas l'unanimité. Le patron de votre parti, Stéphane Séjournay, proche du président, dit dans Le Parisien ce matin que les idées doivent passer avant les égaux.
Il fait passer son égo avant ses idées, Gérald Darmanin ? Non, il fait passer ses idées. Non, il fait passer ses idées.
Non, Stéphane Séjournay dit que… C'est de l'égo de parler des classes populaires ? Je ne sais pas, dites-le au patron de votre parti. Je le dis à votre micro.
Et comment vous comprenez cet agacement qu'il y a à l'égard de Gérald Darmanin ? Écoutez, moi je viens du milieu du cinéma, d'accord ? Donc je connais les égaux par cœur, je connais tous ces petits défauts humains.
Qui n'a pas d'égaux en politique ? Et Stéphane Séjournay ne devrait pas dire ce genre de choses ? Il ne faudrait pas… Je ne suis pas là pour commenter les… Franchement, les Français, honnêtement, se foutent complètement de ce genre de débat, de ce que je pense ou pas, de Stéphane Séjournay, qui est le patron de notre parti de Renaissance, et en plus avec qui je m'entends très bien.
En tout cas, vous dites qu'il se trompe. Non, je ne dis pas qu'il se trompe. Si vous dites, non, non, ce n'est pas les égaux avant les idées.
Non, non, vous me parlez de Gérald Darmanin ? Non, Gérald Darmanin a des idées, il va les présenter dimanche, on va avoir plein de tables rondes. Moi, je suis très contente d'aller à tout le coin, et pour moi, c'est une première.
Elisabeth Borne dit « 2027, c'est loin ». Est-ce que, de fait, il n'y a pas une forme de décalage à parler de 2027, au moment même où on voit ce qui se passe à Nîmes, où on voit tous les sujets liés au ministère de l'Intérieur ? Est-ce que les Français ont vraiment la tête à ça ?
Les Français ont la tête à la rentrée. Les Français ont la tête, justement, parce que quand on parle, je reviens sur le débat contre le Rassemblement national, on ne battra pas le Rassemblement national et on n'endigra pas le phénomène en disant qu'ils sont vraiment très méchants. Non, on va les battre, et moi, c'est ma manière de voir les choses, sur le terrain.
Un tout dernier mot sur Gérald Darmanin ? Et en faisant des choses pour les gens tout le monde. Un tout dernier mot.
Il aurait fait un bon Premier ministre, Gérald Darmanin, ou pas ? Non, je ne peux pas répondre à cette question-là. Il aurait fait… Mais tout le monde pourrait faire un bon Premier ministre, même vous.
Non, non, par ailleurs, je ne suis pas candidat. Ce n'est pas le rôle d'une ministre de commenter. Et il ferait un bon candidat en 2027 ?
Mais tous ceux qui seront prêts, et alors je vais vous répondre, il faudra un ou une, c'est ce qu'il a dit, un candidat. Tous ceux qui seront prêts à mener à nos côtés, c'est-à-dire tous ensemble, pour battre le Rassemblement national en 2027, je considérerais qu'ils feront de bons candidats. Donc, Gérald Darmanin, on fait partie.
Donc, pourquoi pas ? Sabrina Agressi-Roubage, votre portefeuille, celui de la politique de la ville, est au cœur de la réponse apportée aux émeutes. Le préfet du Val-d'Oise a annoncé sur Twitter avant-hier avoir expulsé de son logement social un émeutier qui avait participé aux violences urbaines de juin dernier.
Il avait pillé le magasin d'un opticien, il a été condamné à un an de prison. Est-ce que vous assumez cette volonté d'expulser de leur logement social des émeutiers condamnés ? Oui, pour la tranquillité publique.
Parce que quand vous habitez dans un logement social, il y a un contrat qui s'appelle la tranquillité. Vous avez des devoirs quand vous êtes dans un logement social, parce que c'est l'État qui prend en charge une partie. Donc, condamnation égale expulsion ?
Condamnation égale expulsion, ça ne me gêne pas. Alors déjà, ça ne me gêne pas. Et je l'avais dit.
J'avais dit que les familles de délinquants, parce que, encore une fois, tant qu'on n'a pas vécu à côté de familles de délinquants, qui vous pourrissent la vie, tous les jours, alors que vous, tous les jours, vos parents se lèvent à 6h du matin, que votre père se lève à 4h du matin, qu'il a une conjonctivite et qu'il doit aller travailler sur un chantier. Et que ceux-là vous pourrissent la vie. Oui, ils n'ont pas leur place dans un logement social.
Oui, sauf que, attendez, là, on apprend donc que les frères et sœurs du condamné ont aussi été expulsés. C'est un peu la double peine. Ils ne sont pas responsables de la condamnation de leurs frères.
Et pourtant, ils se retrouvent virés, manu militari, de ce logement social. Là, il y a une responsabilité. Les frères et les sœurs ?
Ils ne sont pas chargés de l'éducation de leurs frères. C'est le condamné qui a une responsabilité vis-à-vis de ses frères et sœurs. Si vous voulez que je vous dise ce que je pense.
Quand on a des frères et des sœurs dont on doit s'occuper, on a une responsabilité de rester dans le cadre de la loi et non pas d'aller piller, brûler des magasins. C'est sa responsabilité, lui, pas celle de l'État. Donc, ça continuera, il continuera à y avoir des expulsions pour ceux qui sont condamnés, notamment dans le cadre des émeutes.
Dans le cadre de la loi, absolument. Toujours sur les émeutes, Sabrina. Pour la tranquillité publique, quand même, et des autres habitants qui n'ont juste rien demandé, juste à vivre tranquillement.
Dans les colonnes du point, Emmanuel Macron a appelé à re-civiliser en réponse aux émeutes. Vous pouvez nous faire la traduction de ce que ça veut dire ? Re-civiliser, ça veut dire amener, justement, ces jeunes.
Vous l'avez vu, pendant les émeutes, on a eu, je crois, à peu près 500 villes qui ont été touchées, 350 appartenaient à des QPV, 150 autres, sans trop de problèmes. Bon, re-civiliser, c'est quoi ? Quartier politique de la ville, les QPV.
Exactement, quartier politique de la ville, dont je m'occupe. La réalité, c'est que le président a raison, quand il a eu, je me rappelle d'une interview, ici chez vous, pas avec vous, mais ici chez vous, sur la décivilisation. Ils n'ont plus de code, ils n'ont plus de repères, ni à l'autorité de leur parole.
Oui, mais comment on les re-civilise ? C'est le mot qui est utilisé ? L'école en premier.
Un peu abscour. L'école en premier. L'école en premier.
Quand le président vient à Marseille, fait des annonces sur quartier 2030, il dit, je veux que chaque collégien, de 8h à 18h, c'est le président de la République qui l'annonce, avant les émeutes, avant les émeutes, quelques jours avant, je veux que chaque collégien ait une solution, c'est-à-dire ait un professeur en face de lui, pour faire des devoirs, pour faire de la lecture, pour faire des activités culturelles, 8h, 18h, ça c'est mon travail, de généraliser ça, dès la rentrée avec Gabriel Attal. Par exemple, par l'école. Moi, je crois beaucoup à l'école.
Moi, je crois aux activités dans les quartiers. Quartier d'été, 30 millions d'euros par an, j'ai décidé de le pérenniser, de pérenniser ce dispositif, en quelques mots. Vous parlez de millions d'euros juste, et pourtant, vous avez dit dans le journal du dimanche, la politique du chéquier avec moi, c'est fini, ça ne marche plus.
Pour une secrétaire d'État chargée de la ville, c'est quand même assez paradoxal, de dire en fait, voilà, non, je n'ai pas besoin de budget. Donc, vous dites à Bercy, allez-y. Je n'ai pas dit, je n'ai pas besoin de budget, mais parce que vous n'êtes pas, parce qu'en fait, comme on caricature tout ce que je dis, je...
Ah non, vous êtes là pour vous expliquer, justement. 30 millions d'euros, c'est sur l'année, et j'ai décidé dans la circulaire des contrats de ville de permettre la simplification pour les élus, que les élus locaux, les élus locaux, enfin, on ait un plan pluriannuel, c'est-à-dire qu'il n'est plus toutes les années à demander, à déposer des dossiers. Donc, je vous donne juste le montant.
Ça sera à 360...
Donc, le chéquier, parfois, ça sert à quelque chose ? Non, le chéquier, c'est global. Le porte-monnaie, c'est quand on va donner 1 500 euros ou 2 000 euros à une association qui fait un travail remarquable et à qui on ne va pas demander chaque année de monter des dossiers sur lesquels elle n'a pas, de toute façon, la compétence pour pouvoir les monter.
Donc, je veux qu'on fasse confiance a priori, le contrat de confiance, et surtout qu'on arrête d'enquiquiner les assos qui travaillent au pied des immeubles sur des petits montants. Et là, je parle de 1 500 euros, 2 000 euros, 5 000 euros. Et c'est ce qu'elle nous demande.
Merci beaucoup, Sabrina Grécy Roubach, secrétaire d'État chargée de la ville. Il est quasiment 8h53 sur RMC BFM TV. Merci, Benjamin Duhamel.
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Sabrina Agresti Roubache