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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 17 décembre 2025 11 min

Agriculteurs : jusqu'où ira la colère ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

il y a le Beurre Moulé ... - C.Roux: Bonsoir.

Bienvenue. Les annonces du gouvernement et l'accélération de la campagne de vaccination n'y changent rien. La colère des agriculteurs enfle avec de nouveaux blocages dans le Sud-Ouest.

En ligne de mire, la signature du Mercosur à la fin de la semaine qui pourrait embraser une situation déjà tendue. Nous en parlons ce soir avec X.Bertrand.

Merci d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes président LR de la région Hauts-de-France et du mouvement Nous France. Vous publiez un livre très personnel, votre premier, "Rien n'est jamais écrit".

On va en dire un mot dans quelques instants. Débutons avec la colère des agriculteurs. Que pensez-vous de la stratégie mise en place par le gouvernement de dire "abattage systématique"?

C'est ce qui a créé le début de la colère des agriculteurs. - X.Bertrand: Ca a créé la colère parce que c'est un traumatisme.

C'est une mesure sanitaire, mais moi, des éleveurs qui ne sont pas concernés m'ont dit: "Tu ne peux pas imaginer ce que c'est, du jour lendemain, de voir tout ton cheptel disparaître. On a beau nous dire qu'on sera indemnisés, mais on sait comment ça se passe. Il faut toujours recommencer sa vie d'éleveur derrière." C'est ce que le gouvernement ne comprend pas.

La politique, c'est à hauteur d'homme et de femme. Je voudrais qu'on... - C.Roux: La politique, c'est aussi l'esprit de responsabilité.

Quand il y a une épidémie en cours, il faut prendre des mesures radicales conseillées par des vétérinaires. - X.Bertrand: J'ai eu à prendre des décisions drastiques en matière de santé publique pour protéger la situation.

Mais derrière, il faut expliquer les choses. Vous ne devez pas donner le sentiment que c'est imposé, que c'est comme cela. Vous savez qu'il y a toujours une remise en cause des avis scientifiques.

S'il n'y a pas de pédagogie, vous laissez la place à la démagogie. Il y a aussi autre chose que je voudrais qu'on puisse tester, qui consiste à abattre, vacciner, surveiller. Abattre dans un troupeau les animaux qui sont malades.

Vacciner ceux qui sont dans le même troupeau et aux alentours. Et ensuite, surveiller, par les vétérinaires et les scientifiques, pour voir. La chambre d'agriculture de l'Ariège, le président du conseil départemental de la Corrèze veulent essayer cette décision.

Est-ce que ça tient la route? C'est la crise de plus, la crise de trop. Ils n'en peuvent plus, depuis des années.

Et surtout, ce qu'on leur a promis n'est toujours pas là. La surtransposition continue. On est en république?

Non. On est plus royalistes...

Aujourd'hui, on se dit qu'il faut réindustrialiser. On essaie de faire la même chose avec l'agriculture, mais on ne pourra pas, un jour ou l'autre, réinstaller des fermiers, des paysans, si on les a laissés mourir. - C.Roux: Vous parlez de la contestation scientifique.

Derrière cette colère, il y a aussi une forme de critique anti-élite, anti-Etat, anti-science, anti-Bruxelles. Les vétérinaires sont pris pour cible régulièrement. Comment vous analysez ce mouvement qui se situe en marge de cette colère des agriculteurs? - X.Bertrand: Depuis le covid, tout le monde a son avis, notamment avec les réseaux sociaux.

Sauf que la science est quelque chose qui doit être respecté. Mais il faut bien comprendre qu'à l'époque des réseaux sociaux, il faut de la pédagogie. Il ne faut pas imposer les choix.

Il faut les expliquer, montrer les avantages et les inconvénients. Ca, c'est une autre approche de l'action politique, de l'action publique et de l'action scientifique. - C.Roux: On peut plus se contenter de dire que c'est la règle et que ça vient du haut. - X.Bertrand: Il faut dire quels sont les choix, pourquoi on les fait.

Vous ne pouvez pas l'expliquer dans les médias. Il faut l'expliquer sur le terrain aussi, à portée d'engueulade, de façon à ce que les gens comprennent que vous venez apporter votre vérité, mais vous ne l'imposez pas d'en haut. - C.Roux: Le président de la FNSEA a été invité ce matin au micro de France Inter.

Voici ce qu'il dit. ...

Lula a appelé son ami E.Macron à accepter l'accord européen sur le Mercosur. On sait qu'U.von der Leyen doit y aller à la fin de la semaine.

Vous appelez vous aussi le gouvernement pour leur dire qu'il est urgent d'attendre pour le Mercosur? - X.Bertrand: Qu'est-ce qu'il y a derrière le Mercosur et derrière notre agriculture?

Il y a ce que l'on mange, ce que l'on donne à manger à nos enfants. Quand ça vient de nos agriculteurs, on sait que c'est de qualité. Quand ça vient de l'Europe, on n'a pas les mêmes garanties, mais on ne vérifie pas grand-chose.

Et de l'autre bout du monde, on ne vérifiera rien. Cet accord ne peut pas être validé. Il ne doit pas être validé. - C.Roux: Il faut que la France tape du poing sur la table. - X.Bertrand: Le président de la République a commencé à le faire.

Il n'est pas question d'accepter le Mercosur aujourd'hui. Il n'en est pas question, ni aujourd'hui ni demain. - C.Roux: Un mot sur le budget.

Le Premier ministre a repris le dossier en main. Il a obtenu le vote définitif du projet de loi de finances de la Sécurité sociale. Est-ce que la France est en train de sortir d'une forme d'impasse politique? - X.Bertrand: Oui.

La vérité, c'est que c'est un budget raté, mais il faut l'adopter. Je suis comme les Français: c'est pas un bon budget. Encore une fois, les services de Bercy ont imposé la logique: vous avez un problème?

Créez un impôt. Vous avez une difficulté? Créez une taxe.

Dans l'outrance, on ne crée pas l'impôt proposé par l'Etat, mais derrière, il faut l'adopter. Ne pas avoir de budget, c'est pas bon pour la France ni pour les Français. Il n'y a que les extrêmes qui adoreraient...

On pouvait faire d'autres choix, mais aujourd'hui, le vin est tiré, il faut clairement le boire. Une fois que ce budget va être voté, il faut que le gouvernement ne se contente pas de gérer les affaires courantes, mais qu'on fasse reculer les problèmes des Français. - C.Roux: Sans majorité? - X.Bertrand: Il n'y a pas que la loi.

Vous avez la possibilité de donner la parole aux Français. Vous avez des décrets et des arrêtés qui permettent d'améliorer la vie des Français, que ce soit sur l'économie, l'entreprise...

Ce sont nos entrepreneurs qui créent les emplois. Plutôt que de leur compliquer la tâche, on peut les aider. - C.Roux: Vous pensez que vos électeurs vont comprendre que la droite se soit associée au vote du PLFSS et à la suspension de la réforme des retraites? - X.Bertrand: A titre personnel, j'étais contre la réforme des retraites telle qu'elle était parce qu'elle n'était pas assez juste.

Je suis attaché à la justice. Les réformes difficiles peuvent passer si vous y mettez du bon sens et de l'esprit de justice. C'était absent.

Je sais qu'en 2027, je proposerai une réforme des retraites radicalement différente. - C.Roux: On y vient, à 2027.

C'est très présent, y compris dans ce débat au Parlement, ce débat budgétaire. Dans votre livre, vous écrivez que vous vous préparez à l'élection présidentielle et que vous ne vous en êtes jamais caché. Vous dites aussi ceci. - X.Bertrand: Les Français diront qui ils ont envie de voir...

Il n'y a plus de sortant. Tout peut se passer, dans cette élection présidentielle. Mais je sais qu'aujourd'hui, beaucoup ont baissé les bras.

Beaucoup ont cédé à l'esprit de défaitisme. Le RN a déjà gagné. Par nature, je me bats, dans la vie, pour les gens, dans ma région et pour mon pays. - C.Roux: Vous pensez qu'il y a une bulle Bardella? - X.Bertrand: Je suis Intimement convaincu que si vous ne menez pas ce combat, ils vont gagner.

Mais ils ne gagneront pas. Je suis persuadé que c'est la droite sociale et républicaine qui a la possibilité de remettre notre pays sur les rails et de réparer la France. Vous avez dit que je pensais à 2027.

Oui. En 2026, il y a des propositions que je mettrai dans le débat pour que le pays aille mieux. Je ne suis pas comme les politiques qui vous disent: "J'ai des idées géniales pour 2027, vous attendrez." A l'époque, j'ai proposé une prime, la prime Macron, pour améliorer le pouvoir d'achat à la sortie de la crise des "gilets jaunes". - C.Roux: Vous êtes déjà en campagne.

Vous avez été à l'inauguration d'un nouveau restaurant Burger King à Valenciennes. Ca nous a fait penser à la photo de D.Trump, à l'époque, devant McDonald.

Ca nous a fait penser à une mise en situation de R.Dati en tenue d'éboueur. Qui vous a inspiré? - X.Bertrand: J'ai une objection.

Si vous voulez voir la vidéo... 2007, j'inaugure également un fast-food Burger King.

Je me fais déjà mon hamburger moi-même. - C.Roux: Ca veut dire qu'il faut faire quel type de campagne? - X.Bertrand: Pas du tout! 2016, il n'y a pas monsieur Trump.

Je le fais parce que c'est une façon de savoir comment travaillent les gens qui sont là. 77 salariés, des jeunes, qui financent leurs études. Ce restaurant est comme le restaurant traditionnel.

Je suis attaché aux 2. Mais je crois que c'est aussi important de montrer qu'on respecte ceux qui travaillent. La réaction des jeunes à la fin montre que, bien évidemment, on était en phase.

Mais c'est pas que les vidéos virales qui sont importantes. - C.Roux: Dans le livre, vous vous racontez comme jamais. - X.Bertrand: J'ai pas attendu 60 ans pour le faire. - C.Roux: Vous avez plein de trucs à raconter: votre adolescence, vos régimes...

Il y a cette fin, page 403, où vous racontez à quel point vous êtes aujourd'hui différent. Les gens ont l'impression que vous avez toujours été candidat à la présidentielle, mais vous dites à quel point ...

Qu'est-ce qui a changé? Pourquoi vous êtes différent, aujourd'hui? - X.Bertrand: C'est surtout que je suis moi-même.

Je suis comme je suis. Ca plaira ou ça ne plaira pas, mais je n'enfilerai pas le costume d'un autre. Cette décennie 2002-2012, je suis quelqu'un qui n'a pas fait les grandes écoles de Paris, et j'ai senti en permanence qu'on me le faisait sentir et j'essayais de devenir comme les autres.

C'est terminé. Les élections régionales de 2015 m'ont confronté à la colère