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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 13 janvier 2020 23 min

Jordan Bardella (RN) : "L'âge pivot n'existait que pour être supprimé, c'est une technique de négociation"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons aujourd'hui dans le grand entretien du 7-9, le vice-président du Rassemblement National, également député européen. Vos questions, amis auditeurs, au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Jordan Bardella, bonjour. Bonjour. Et merci d'être à notre micro aujourd'hui. Commençons par la réforme des retraites. Edouard Philippe a annoncé samedi qu'il retirerait l'âge pivot du projet de loi sur cette réforme des retraites, à condition que les partenaires sociaux trouvent des moyens alternatifs pour assurer l'équilibre financier des retraites d'ici 2027.

Ça, ce sera l'objet de la conférence de financement qui devra avoir bouclé ses travaux d'ici fin avril. Alors, avec le retrait de l'âge pivot, la CFDT a salué une victoire, elle s'en réjouit. Est-ce que vous saluez aussi ce geste d'apaisement de la part du gouvernement ?

0:58
Jordan Bardella

Non, parce que ce que vous appelez un geste d'apaisement était manifestement une escroquerie. Parce que nous l'avions dit depuis le départ, l'âge pivot d'ailleurs a pu s'appeler l'âge pipo puisqu'il n'existait que pour être supprimé. C'est une technique classique de négociation. Sans doute, Emmanuel Macron réutilise les méthodes qu'il a peut-être utilisées dans le passé, dans les milieux d'affaires, dans les milieux banquiers. Il a mis cet âge pivot dans le texte pour le supprimer quelques semaines plus tard. Et d'ailleurs, seule Marine Le Pen l'avait dit, j'ai retrouvé un extrait du mois de décembre, où elle dit que l'âge pivot n'existe que parce qu'il n'a vocation à être supprimé.

On va donner le sentiment de faire une très très... Il n'est pas supprimé, il est retiré provisoirement. Vous avez raison, mais en tout cas, ça permet de faire passer la pilule.

1:42
Invité

Peut-être que dans 4 mois, les partenaires sociaux vont se mettre d'accord sur l'âge pivot.

1:45
Jordan Bardella

Vous avez parfaitement raison et ça permet en tout cas de faire passer la pilule plus facilement. Donc ce texte, c'est une escroquerie sur la forme, c'est une escroquerie sur le fond qui va nous coûter beaucoup d'argent. Moi, j'entendais un économiste nous expliquer hier matin que, en tout cas, ce passage d'un régime à une réforme va coûter entre 50 et 80 milliards. Donc je crois qu'Emmanuel Macron menace gravement l'équilibre financier du pays. Et encore une fois, les Français ont bien compris qu'ils allaient y perdre massivement dans cette réforme. C'est la raison pour laquelle nous avons combattu ce texte et nous continuons de le combattre.

Parce qu'en vérité, on va chercher à faire passer par ce geste d'apaisement tout le reste, qui sont des mesures de régression sociale et qui visent, de manière très claire, à faire baisser de manière générale le niveau des retraites.

2:30
Invité

On va parler du fond dans un instant, mais d'abord, le Premier ministre a dit hier soir, il faut savoir arrêter une grève. Est-ce que vous le dites aussi ce matin ? Ou vous dites qu'il faut continuer ? Il faut continuer les grèves ?

2:38
Jordan Bardella

Je dis que nous continuons, nous, à nous mobiliser, en tout cas sur le terrain politique. Vous savez, le droit de grève, il est constitutionnel. Il y a plusieurs manières de contester une réforme. Nous avons soutenu, nous, cette grande mobilisation populaire du 5 décembre, qui a vu au-delà des grèves des grandes marches organisées partout dans le pays. Je comprends, en tout cas, que beaucoup de nos compatriotes, notamment en région parisienne, soient pénalisées par cette grève. Maintenant, une grande majorité des Français considèrent que cette mobilisation, elle est en tout cas justifiée, même s'ils ne la trouvent pas, ils considèrent qu'elle est justifiée.

Parce qu'ils voient bien que, derrière, si vous voulez, cette grève, il y a la défense de tout un modèle de protection sociale, d'héritage social, qui est basé sur un modèle de retraite, sur la solidarité intergénérationnelle, où ceux qui travaillent paient la retraite de ceux qui ne travaillent pas, hors Emmanuel Macron, en créant un sentiment d'insécurité, puisque les Français ne vont pas connaître l'âge auquel ils vont partir à la retraite, le niveau de leur retraite. Et donc, ça crée un sentiment d'insécurité économique, qui fait que les Français vont devoir se tourner vers des systèmes privés, et vers un système par capitalisation.

3:38
Présentateur

Jordan Bardella, l'intersyndical appelle à une nouvelle journée de mobilisation jeudi prochain. Vous en serez ? Vous manifesterez ?

3:46
Jordan Bardella

Non, mais en tout cas, nous combattons politiquement cette réforme. Vous savez qu'une discussion va s'ouvrir à l'Assemblée nationale le 3 février. Nos députés continueront, évidemment, l'opposition à ce projet de loi. Pourquoi vous ne manifestez pas ? Et nous avons été très clairs.

3:58
Invité

Pourquoi vous ne manifestez pas ?

3:59
Jordan Bardella

Parce que nous avons été très clairs, et que si nous arrivons au pouvoir en 2022, ce qui, je le crois, sera le cas, nous retirons ce projet de loi, et nous retirons ce système à points, qui crée un sentiment de précarité et d'insécurité dans la vie des Français.

4:12
Invité

Si vous arrivez au pouvoir, comme vous le dites, vous reviendrez donc à la retraite à 60 ans, avec 40 annuités... Avec 40 annuités pleines, tout à fait. Est-ce que vous rétablirez les 42 régimes spéciaux ?

4:23
Jordan Bardella

Il faudra en discuter. Moi, j'ai entendu, si vous voulez, en début de quinquennat, le président de la République nous expliquait que d'abord, il ne toucherait pas à l'âge de départ légal à la retraite, et qu'ensuite, il ne pouvait pas demander aux Français de travailler davantage quand on avait 6 millions de chômeurs, et quand le vrai problème aujourd'hui de notre modèle de retraite, c'est que ceux qui cotisent, paient la retraite de ceux qui ne travaillent pas, or, avec 6 millions de chômeurs, vous avez un déficit. Et surtout, il a dit qu'il fallait prendre en compte la spécificité d'un certain nombre de professions. C'est donc bien que ce régime n'est pas si formidable qu'il en a l'air.

Donc, nous l'avons dit, et nous continuons de le dire, il y a des régimes spéciaux qui se justifient. Celui des policiers, celui des marins-pêcheurs, celui des pompiers, celui des gardiens de prison...

5:04
Invité

Ceux qui sont donc conservés dans cette réforme.

5:06
Jordan Bardella

Oui, ce qui veut bien dire que ce système, il n'est pas si formidable.

5:09
Invité

D'accord. Mais par exemple, les cheminots, vous rétablirez le régime ?

5:13
Jordan Bardella

Enfin, il faut être assez honnête, le système, en tout cas, la spécificité des cheminots a déjà largement évolué. Donc, je veux dire, on peut discuter d'un certain nombre de régimes spéciaux, mais quand ça représente, si vous voulez, 3% de 250 milliards d'euros, je crois que ce n'était pas la question. Donc, nous, nous sommes effectivement attachés à ce système par répartition, où votre retraite est prise en compte sur les 25 meilleures années lorsque vous êtes salarié du privé, sur les 6 derniers mois lorsque vous êtes dans le public. Or, en voulant prendre en compte l'intégralité de la carrière, les Français ont bien compris qu'avec le système Macron, ils allaient y perdre.

5:41
Présentateur

Vous dites, Jordan Bardella, que s'il y avait plus d'emplois, s'il y avait moins de chômage en France, une grande partie de l'équation du système...

5:51
Jordan Bardella

Et c'est d'ailleurs ce que disait même Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle.

5:53
Présentateur

Alors, je finis, une partie de l'équation serait résolue. Mais quand on regarde les pays d'Europe qui ont un taux de chômage plus faible que nous, en France, on s'aperçoit qu'ils travaillent aussi plus longtemps. En Allemagne, 3% de chômage, départ à la retraite qui passe progressivement de 65 à 67 ans. Pays-Bas, 3,4% de chômage, départ qui atteindrait 67 ans et 3 mois en 2022. C'est indexé sur l'espérance de vie. Belgique, idem, avec un départ en retraite qui va passer de 65 à 67 ans. Ça montre bien qu'il n'y a pas de corrélation, Jordan Bardella, entre taux de chômage et âge de départ.

6:27
Jordan Bardella

Merci d'abord d'acter, de confirmer la nullité des responsables politiques qui se sont succédés à la tête de l'État et qui ont été incapables de relancer l'emploi dans le pays. Attendez, attendez, l'Allemagne, on parle de l'Allemagne, des Pays-Bas, Belgique...

6:40
Invité

Est-ce que le chômage n'est pas au plus bas depuis 10 ans aujourd'hui ? Est-ce que le taux de chômage n'est pas nettement en baisse ?

6:45
Jordan Bardella

D'abord, je pense qu'on ne peut pas mettre sur le même plan, si vous voulez, l'Allemagne ou les pays du Nord qui ont un modèle qui est basé, vous savez, sur la flexi-sécurité. C'est-à-dire que vous pouvez embaucher très facilement des gens comme vous pouvez en débaucher très facilement. En France, on a un modèle social qui est un petit peu différent et surtout en Allemagne, on a une différence de fond. C'est que nous, après la Seconde Guerre mondiale, on a fait des enfants, on a fait beaucoup d'enfants. L'Allemagne a un déficit démographique et donc l'Allemagne considère qu'il faut donc augmenter sa durée du temps de travail et qu'il faut donc faire appel à l'immigration massive.

Moi, je considère, contrairement à M. Delevoye, que la France n'a pas besoin de dizaines de millions d'immigrés supplémentaires pour sauver son système de retraite, c'est M. Delevoye qui l'avait dit, mais qu'en relançant la natalité et en relançant l'emploi, alors on pourra sauver le système de retraite. Parce que, pardon, mais quand notre modèle de retraite est basé sur un financement par les actifs de la retraite des non-actifs, évidemment que lorsque vous avez 6 millions de chômeurs, alors ça crée un déficit de recettes. Et d'ailleurs, le Conseil à l'orientation des retraites le dit lui-même, la part des dépenses du budget des retraites, elle est globalement stable.

C'est à peu près 14% du PIB, ça sera de même en 2030 et de même en 2050. S'il doit y avoir un problème, c'est un problème de recettes. Et donc, nous, on dit qu'il y a plusieurs leviers. Mais la natalité, M. Orban l'a fait en Hongrie, par tout un système d'incitation fiscale, on peut encourager la natalité et on peut encourager les familles à faire des enfants sans, si vous voulez, cette logique de matracasse fiscale qui les restreint dans beaucoup de cas. En relançant l'emploi, ça veut dire qu'il faut baisser la fiscalité sur les TPE, PME.

Ça veut dire qu'il faut arrêter avec ce modèle de libre-échange qui fait que vous avez des dizaines et des milliers d'emplois qui se délocalisent chaque année. Et il faut, évidemment, aller chercher des sources d'économie. On peut aller lutter contre la fraude. On peut aller récupérer. Vous savez, depuis 1996, les Français financent le déficit de la sécurité sociale. C'est une petite partie de la CSG, une petite partie de la CRDS. En 2024, ce déficit, il va arriver à l'équilibre. Or, on aura une manne de 24 milliards d'euros chaque année qui va se libérer. Eh bien, on pourrait, par exemple, financer la dépendance et financer un éventuel déficit des retraites. Donc, des mesures, il y en a.

Il faut juste faire preuve d'un peu de bon sens et de pragmatisme.

8:37
Invité

On a encore beaucoup de questions à vous poser ce matin. Emmanuel Macron n'est pas de France, avez-vous déclaré le 5 janvier dernier. Qu'est-ce que ça veut dire, ça, Emmanuel Macron n'est pas de France ?

8:46
Jordan Bardella

Ça veut dire que beaucoup de nos compatriotes ont le sentiment qu'Emmanuel Macron ne défend pas les intérêts français, qu'il défend des intérêts privés, qu'il défend parfois les intérêts de puissance étrangère. Alors, c'est vrai depuis plusieurs années, puisque vous savez qu'il est à la tête de l'État depuis plusieurs années. Il a été secrétaire général adjoint de l'Élysée. Il a été conseiller de France Hollande. Il a été ministre de l'économie. On pourrait reparler, par exemple, de la vente d'Alstom, qui l'a orchestrée, aux Américains de Général Electric.

9:14
Invité

Tout ça est vrai, mais en quoi ce que vous dites conclut à la phrase « Emmanuel Macron n'est pas de France ».

9:20
Jordan Bardella

Je pense que...

9:20
Invité

C'est-à-dire qu'il est d'où, en fait ?

9:22
Jordan Bardella

Oh, il est d'une salle de marché. Il est d'une salle de marché où on joue au casino avec l'argent des Français. Je considère que lorsque vous êtes président de la République, vous devez défendre les intérêts français en toutes circonstances. Intérêts économiques. Moi, j'ai été scandalisé. Je le dis, comme beaucoup de Français d'ailleurs, de voir M. Macron remettre pendant la trêve, pendant les vacances, la Légion d'honneur à M.

Cyreli, qui est le patron de la filiale France de BlackRock, qui est le plus grand gestionnaire d'actifs américain, qui est fortement intéressé par cette réforme des retraites et qui fait partie de ces nombreux fonds privés qui vont bénéficier, et qui seront d'ailleurs les seuls bénéficiaires de cette réforme des retraites. Donc oui, je le dis, Emmanuel Macron défend des intérêts privés.

9:59
Présentateur

Mais qui êtes-vous pour dire qui est de France et qui n'est pas de France ? Je suis... Et votre légitimité à dire une chose pareille ?

10:05
Jordan Bardella

Ma légitimité, je la tiens des urnes, cher monsieur. Je la tiens des 5 millions de Français qui ont voté pour le Rassemblement National. Et donc ça, c'est la légitimité pour dire qui est de France et qui n'est pas de France ? C'est en tout cas ma légitimité pour m'exprimer. C'est en tout cas ma légitimité pour exprimer mes désaccords politiques. Mais là, la question est différente. Avec le Président de la République, nous sommes le premier parti d'opposition. Il est bien normal que nous formulions des critiques. Et c'est vrai que contrairement à beaucoup d'analystes, notre légitimité, nous la tenons des urnes et des Français qui nous ont fait confiance en mai dernier.

10:31
Présentateur

Mais alors dites-nous alors quels sont les critères, les catégories pour dire que tel ou tel est de France ou pas de France ?

10:36
Invité

Est-ce qu'il y a d'autres dirigeants qui ne sont pas de France ?

10:38
Jordan Bardella

Lorsque vous bradez les intérêts français, lorsque vous bradez le patrimoine économique des Français, Engie, la Française des Jeux, Technip, aéroport de Paris, aéroport de Toulouse que vous vendez à la Chine, oui je considère que vous ne défendez pas les intérêts français, que vous défendez des intérêts privés, et bien souvent des intérêts privés de puissances étrangères.

11:00
Invité

Vous maintenez votre expression « n'est pas de France ».

11:02
Jordan Bardella

Oui, je la maintiens, je la maintiens parce que ça s'appuie sur des éléments extrêmement concrets. Et en tout cas, les Français ont le sentiment que depuis qu'Emmanuel Macron a été élu, il met de l'huile sur le feu, qu'il oppose les Français les uns aux autres, et qu'il ne les défend pas en toutes circonstances. Et c'est bien ce qu'on lui reproche.

11:19
Présentateur

Allez, on passe au standard pour ouvrir le débat avec les auditeurs de France Inter. J'accueille Gilbert depuis la ville de Grenoble. Bonjour et bienvenue.

11:28
Invité

Bonjour à toute l'équipe. Bonjour. J'ai une question très simple. M. Bardella a dit ce matin dans l'émission que la réforme des retraites préparée par le gouvernement allait coûter des milliards d'euros et à l'État y mettre en péril ses finances, et qu'en même temps, elle était très défavorable aux retraités. Or, ces deux affirmations sont contradictoires. Une réforme des retraites qui coûte de l'argent à l'État ne peut que bénéficier aux retraités. Donc, laquelle des deux affirmations n'est pas complètement exacte ?

11:53
Jordan Bardella

Merci pour cette question. Jordan Bardella vous répond. Bonjour, monsieur. Je pense que... Enfin, en tout cas, je ne le pense pas. J'ai entendu M. Jacques Hubizine, qui est journaliste, qui a expliqué que cette réforme des retraites relatant l'avis d'économistes, en tout cas le passage de régimes spéciaux à régimes spécifiques, c'est-à-dire que le bidouillage économique qui est en train de faire le gouvernement, coûterait entre 50 et 80 milliards d'euros à l'État.

Mais, dans le même temps, ce ne sont pas les retraités qui vont bénéficier de cette réforme, puisqu'il est évident, et tout le monde l'aura compris, que lorsque vous prenez en compte l'intégralité de la carrière et non plus les meilleures années, il est évident que votre retraite baissera, puisqu'elle prendra en compte également vos moins bonnes années.

12:30
Présentateur

J'ai sur l'application France Inter, Blandine, qui vous demande une question sur votre travail. Jordan Bardella au Parlement européen. Bonjour. J'aimerais en savoir plus sur les activités de M. Bardella au Parlement européen. Il n'est pas actif en plénière, ni en commission. L'UE qu'il déteste tant serait-elle uniquement un tremplin ? Vous demande Blandine.

12:54
Jordan Bardella

Alors, j'invite Blandine à aller sur le site du Parlement européen. Elle s'apercevra que je suis pour l'instant parmi les députés français les mieux classés du Parlement européen, puisque j'ai un taux de présence de quasiment 100%, que je travaille beaucoup à déposer des questions écrites, à saisir la Commission européenne, qui fait écho aussi aux nombreux déplacements que je fais sur le terrain. Et en tout cas, nous défendons les intérêts français. Nous nous opposons à l'ensemble des textes en matière économique, en matière sociale, en matière migratoire, qui sont défavorables aux intérêts français.

Et nous travaillons évidemment à l'ensemble de nos alliés à transformer une Union européenne qui est de moins en moins démocratique à une coopération entre nations libres et souveraines. Et en tout cas, nous travaillons avec sérieux au Parlement européen. Et j'invite effectivement Blandine à aller voir mes travaux et à les suivre sur le site du Parlement. Voilà pour votre réponse à notre ditrice, Léa.

13:41
Invité

Un certain nombre de vidéos circulent ces derniers jours montrant l'interpellation par la police de Cédric Chouvia qui en est mort. Autre vidéo, un tir de LBD à un mètre de distance dans un cortège parisien contre les retraites. Dans une autre, on voit un policier qui fait un croche-pied à une femme. Samedi, une grenade lacrymogène a été tirée vers un balcon où des gens filmaient la manifestation à Lyon. Est-ce que vous appelez ça des violences policières ?

14:04
Jordan Bardella

Non, mais j'ai été assez choqué de ces images. Je le dis très clairement. J'ai toujours pour habitude de défendre les forces de l'ordre. En revanche, c'est vrai qu'il y a pu y avoir certains comportements, certains engagements de la force et de la violence qui ne sont en tout cas pas convenables. Et s'il y a ce type de comportement déviant, alors ils doivent être sanctionnés. Et je pense que beaucoup de policiers qui travaillent dans des conditions d'ailleurs de plus en plus difficiles, en ces périodes de montée de l'insécurité, en ces périodes de montée des violences.

Il y a près de 1500 véhicules, c'est un record absolu qui ont été brûlés le soir du 31, sauf dans les villes du Rassemblement National, puisque là-bas on rétablit la sécurité. En cette période de menaces terroristes, en revanche...

14:48
Invité

Si ce n'est pas des violences policières, c'est quoi ?

14:50
Jordan Bardella

C'est des ordres qui sont donnés à nos policiers. C'est des ordres qui sont donnés par les plus hautes instances de l'État, qui sont donnés par le ministère de l'Intérieur, puisque comme on n'arrive pas, si vous voulez, à répondre aux attentes sociales du pays. Et d'ailleurs, policiers en premier, parce que bien souvent les policiers, comme je le disais, qui travaillent dans des conditions difficiles, partagent aussi les revendications de beaucoup des Gilets jaunes. Si on parle des manifestations des Gilets jaunes, par exemple, il y a près de 50 policiers qui sont suicidés depuis le début d'année, et bien moi cela m'inquiète.

Mais effectivement, quand on laisse la situation se tendre, quand on laisse une situation de conflit perdurer, et bien d'un côté comme de l'autre, vous avez des gens, des individualités, qui commettent des erreurs, et des erreurs qui peuvent parfois être dramatiques et commettent des blessures.

15:28
Présentateur

Jordan Bardella, sur les djihadistes français détenus en Syrie, la garde des Sceaux Nicole Belloubet a déclaré au quotidien Libération, que considérant le nouveau contexte géopolitique et sécuritaire de la région, je la cite, « S'il n'est plus possible de les juger sur place, je ne vois pas d'autre solution que de rapatrier ces gens ». Est-ce qu'elle a raison ?

15:46
Jordan Bardella

Non, elle a tort, et au moins c'est clair. Pendant plusieurs mois, le gouvernement a tergiversé sur cette question, ils ont été obligés de se positionner sous la pression de l'opposition. Le retour des djihadistes, c'est une aberration. C'est une aberration d'abord juridique, parce que vous ne pouvez pas être jugé sur le territoire français pour des crimes et déliques que vous avez commis à l'étranger, et donc il est évident que des gens qui reviendraient sur le territoire français seraient condamnés à des années dérisoires de prison pour l'association malfaiteur, et seraient remis dans nos rues.

Ensuite, moi j'ai lu avec attention les premières interviews, je n'ai pas encore lu le livre de M. Michéron, qui vient de remettre un bouquin, un travail documenté sur la situation de nos prisons aujourd'hui, qu'il considérait comme l'ENA du djihad. Vous avez près de 1500 détenus radicalisés aujourd'hui qui sont en libre circulation dans nos prisons, puisqu'ils ne sont pas mis à l'isolement, à qui on a essayé de faire caresser des furets en considérant que c'est allé les déradicaliser. Un chèque total du gouvernement de Manuel Valls. Donc on ne les rapatrait pas, mais vous dites quoi ?

16:38
Invité

On les laisse dans la nature sur place ? Au risque qu'ils s'éparpillent, au risque qu'ils puissent revenir et frapper la France ? Est-ce que c'est ça la responsabilité ?

16:45
Jordan Bardella

Ils doivent être confiés à la justice syrienne et à la justice irakienne. Ils doivent être remis aux autorités syriennes et aux autorités irakiennes, qui ont toute la latitude pour les juger. Et certains nous répondront qu'ils risquent là-bas la peine de mort. Et bien moi je leur réponds que ce n'est pas mon problème. Et qu'à partir du moment où vous êtes parti combattre, que vous êtes parti commettre des atrocités, que vous avez brûlé vos papiers d'identité en partant, et bien vous devez en assumer les conséquences.

17:12
Présentateur

Jordan Bardella et Emmanuel Macron réunis aujourd'hui le G5 Sahel. Les troupes françaises sont engagées dans la région. L'opération Barkhane est-elle selon vous toujours nécessaire ou faut-il quitter le Sahel ?

17:25
Jordan Bardella

Je pense que la présence française là-bas est indispensable. Elle est indispensable parce que la guerre que nous menons contre le fondamentalisme islamiste, qui a entraîné la mort de plus de 260 Français depuis 2012, la mort de plusieurs de nos militaires, de nos forces armées là-bas, sur les théâtres d'opérations, elle se mène en France mais elle se mène aussi à l'étranger. Et les soldats français qui sont là-bas défendent les intérêts de la France et défendent aussi la sécurité des Français. Et malheureusement on pense trop peu à nos soldats qui sont engagés là-bas et qui font un travail courageux. Donc il faut rester ?

Je pense qu'il faut rester parce que c'est de l'intérêt de la France de rester et il en va aussi de la sécurité des Français.

17:57
Présentateur

Maxime sur l'application France Inter vous pose la question suivante. N'est-il pas irresponsable d'appeler à la natalité, à la hausse de la natalité d'un point de vue strictement écologique ?

18:07
Jordan Bardella

Ouh là là ! Absolument pas. Vous voyez il y a deux choix qui s'offrent à nous. Certains dans la classe politique nous expliquent que les futurs travailleurs français il faut aller les chercher à l'étranger. Eh bien moi je réponds que les futurs soignants, que les futurs médecins, que les futurs fonctionnaires, que les futurs artisans de l'économie française, il faut les fabriquer nous-mêmes.

Et compte tenu d'un état démographique de l'Europe qui est extrêmement vieillissant, oui je crois qu'il faut relancer la natalité et qu'il faut faire en sorte que les familles aujourd'hui ne croulent plus sous le matraquage fiscal, que des femmes qui souhaiteraient faire des enfants puissent trouver une maternité, comme ce n'est plus le cas aujourd'hui dans beaucoup de territoires ruraux, dans beaucoup de campagnes où il faut parfois faire 15-20 km de plus pour trouver une maternité, pour trouver une école, puisque pendant que le gouvernement dédouble les classes dans les banlieues, il en ferme dans les campagnes et il en ferme dans la ruralité.

Donc je suis extrêmement optimiste, extrêmement ambitieux pour mon pays et je pense effectivement que la relance de la natalité par des mesures d'incitation fiscale devrait faire l'objet de choix politiques dans les prochaines années.

19:08
Présentateur

Autre question toujours sur l'appli d'Inter. Romain, le FN est-il de France également ? On peut se poser la question, vous dit Romain, vu que l'ERN est financé par les Russes. Que répondez-vous, Jean-Denis Bardella ?

19:21
Jordan Bardella

Le Rassemblement National n'est pas financé par les Russes, ça c'est le fantasme de Maxime. Nous avons contracté un prêt, si c'est à ça que ça fait référence il y a quelques années, auprès d'une banque tchécorusse, à 6% d'intérêt, vous admettrez que ce n'est pas vraiment un prix d'amis, parce que les banques françaises ne souhaitaient pas nous prêter de l'argent.

Donc ce qui devrait être davantage scandalisé Maxime, c'est le fait que le premier parti d'opposition et que l'intégralité des mouvements politiques, à l'exception de La République En Marche en réalité, ne trouvent pas de financement pour financer leur campagne électorale, et que les banques françaises, contrairement à la loi qui aurait dû être votée, qui était soutenue par M. Bayrou, pour la transparence de la vie publique après les élections législatives, la fameuse Banque de la Démocratie n'a jamais vu le jour, encore une promesse qui n'a pas été tenue par Emmanuel Macron. Vous avez remboursé vos prêts russes ? Et donc c'est en cours, et donc le fait que...

20:10
Invité

Vous avez toujours des dettes...

20:12
Jordan Bardella

Oui, ça s'échelonne sur plusieurs mois, sur plusieurs années, mais enfin, ça devrait scandaliser tout le monde, et ça devrait vous scandaliser également, que le premier parti d'opposition se voit fermer les portes par les banques françaises. Ça devrait scandaliser tout le monde d'ailleurs.

20:24
Invité

Jordan Bardella, c'est le coup d'envoi des municipales, c'était le coup d'envoi des municipales ce week-end pour le Rassemblement National. On rappelle que vous avez gagné une dizaine de villes sur les 36 000 communes de France en 2014, mais plus d'un tiers des conseillers municipaux, élus sous votre étiquette, sous l'étiquette FN, ont démissionné. Pourquoi cette hémorragie ? C'est si difficile d'être un conseiller municipal FN ?

20:47
Jordan Bardella

Ça fait partie, en tout cas, d'être conseiller municipal des mandats les plus difficiles, parce que vous êtes en première ligne, face à la détresse sociale, économique de nos compatriotes, qui viennent souvent chercher auprès des conseillers municipaux, et auprès du maire, le réconfort et la solution à de nombreux problèmes qu'ils rencontrent au quotidien. Mais vous savez que certains démissionnent, d'autres sont réélus, puisque c'est des scrutinistes, ça fait partie de la vie classique d'un mouvement politique.

21:10
Invité

Un tiers ont démissionné, c'est beaucoup un tiers.

21:11
Jordan Bardella

Ce que je note, moi, dans ces élections municipales, c'est que, d'abord, notre bilan, il est très bon. Dans les villes que vous avez citées, à Fréjus, à Hénin-Beaumont, on a fait des cartons lors des élections européennes, 40%, 55% lors des élections européennes.

21:25
Invité

C'est bizarre, non ?

21:25
Jordan Bardella

Notre bilan, il est très bon. Partout, les Français nous ont fait confiance, nous avons baissé les impôts, nous avons ramené la sécurité, je le disais, le 31 décembre, pas une seule voiture brûlée, à Fréjus, à Hénin-Beaumont, à Ayange, à Boquer. Et nous, nous avançons clairement, sous nos drapeaux, sous nos couleurs, ce qui n'est pas le cas de La République En Marche, qui, je le dis, dans ces élections municipales, avance masquée. Vous avez vu ces reportages qui suivent des candidats à La République En Marche, ils ne souhaitent pas mettre les logos sur les partis, ils fuient l'étiquette de La République En Marche, La République En Marche, elle-même, le recommande.

Et je sais la question que vous allez me poser. Oui, je vais parler de Louis Alliot. Vous allez me dire, mais Louis Alliot a perdu le logo.

21:59
Invité

Alors lui aussi, est-ce qu'il a le RN honteux ?

22:01
Jordan Bardella

Mais Louis Alliot, il n'a pas le RN honteux, il est intervenu d'ailleurs, juste avant moi, hier, à la convention municipale, il a été très applaudi par nos militants, nos électeurs. Et alors pourquoi il ne met pas le logo sur ces affiches ? Mais parce que Louis Alliot est suffisamment connu à Perpignan, il a fait plus de 40% des voix, je crois, en 2014, il est suffisamment implanté pour se passer des étiquettes, mais évidemment qu'il a le soutien du Rassemblement National.

22:22
Invité

Mais pourquoi vous reprochez aux autres d'avancer masqué quand Louis Alliot avance masqué également ?

22:25
Jordan Bardella

Mais enfin, pardon, mais vous ne pouvez pas comparer, si vous voulez, Louis Alliot, qui est parfaitement identifié à Perpignan, à un candidat de La République En Marche, qui ne connaît que sa boulangère et son coordonnier. Gérard Collomb, il n'est pas identifié ? Et qui se passe... Mais Gérard Collomb est parfaitement identifié. Mais il se trouve que dans une note interne qui a été transmise à ses candidats, La République En Marche recommande à ses candidats de planquer le logo de La République En Marche. Sans doute ont-ils le bilan honteux du Rassemblement National... de La République En Marche. Pardon de ce lapsus.

En tout cas, nous nous sommes très très fiers de notre bilan, nous sommes très très fiers de nos mairies. Et je dis aux Français, saisissez-vous des urnes les 15 et 22 mars prochains pour faire élire des conseillers Rassemblement National qui vous défendront et qui défendront vos intérêts et qui contribueront à la baisse de la fiscalité et au retour à la sécurité dans vos villes.

23:07
Présentateur

Monsieur le vice-président du Rassemblement National et député européen, merci d'avoir été au micro d'Inter ce matin. Merci à vous et très belle année encore. Merci Jordan Bardella. C'est à 8h45.