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interviewSud Radio· 13 juin 2026 24 min

Karine Buisson : "La psychiatrie, je ne me suis jamais attendue à vivre ça, c'était un vrai choc"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[musique] La Caisse despargne île-de-france fière de soutenir toutes les femmes, vous présente Sud Radio Parlons femmes. Judit Beller. Vous êtes sur Sud Radio et vous écoutez Parlons Femme, l'émission qui met en avant [musique] les femmes qui font la différence.

Bonjour et bienvenue. Aujourd'hui, je reçois pour vous Karine Karine Buisson, pardonnez-moi, qui est père aidante, familiale au GHU Paris en psychiatrie neuroscience, conférencière et auteur de Maman Je ne suis pas malade, une mère sous-titre face à la maladie psychiatrique de son enfant, c'est aux éditions Hol. Bienvenue Karine.

Bienvenue à vous aussi. Bienvenue. Je suis heureuse d'être là et un peu ému.

Et ben écoutez, je suis heureuse d'être avec vous et puis ça nous parle à toutes et à tous à priori ce sujet. C'est parti ! Sud [musique] Radio, parlons femmes.

Juditth Bellaire. Alors, le concept de cette émission, c'est que je vais vous poser des questions déjà qui sont les questions parlons- femme. Ma chère Karine, [grognement] la première étant quelle femme connue ou inconnue vous inspire totalement ?

Il y en a plusieurs. Allez-y. Euh, une qui m'a toujours inspiré, c'est c'est Simone Veille.

Ouais, je pense que je suis pas la seule. Non, on l'entend beaucoup dans cette émission, mais vraiment [rires] pour à la fois l'épreuve qu'elle a vécu euh pour euh sa pudeur, hm hm. Pour son authenticité et puis et puis pour son engagement euh politique et puis pour évidemment tout ce qu'elle a fait pour les femmes.

Rapprochez-vous du micro. Voilà. Il y a il y a aussi dans dans les dans les femmes qui m'ont marqué ces derniers temps, c'est Giselle Pélico.

Clairement parce que je trouve que ce qu'elle a ce qu'elle a osé faire en demandant un une audience publique h c'était très fort et la manière dont elle transforme son épreuve euh c'est remarquable et je trouve que c'est c'est des belles leçons de résilience pour toutes les femmes. C'est vrai. Et puis je dirais aussi pour bah toutes ces femmes qui sont dans des associations bénévoles et qui aident tous les jours des aidants comme moi qui ont vraiment besoin d'être soutenu.

Je pense à ell aussi bien sûr. Je trouve qu'elles sont très inspirantes. Elles vous ont beaucoup aidé vous ?

Beaucoup euh ces derniers temps parce que j'ai j'ai mis longtemps à trouver des associations. J'ai pas cherché. Je maintenant évidemment dès que dès que je suis en contact avec des parents, je leur conseille bien entendu d'aller vers des associations pour les aider.

Mais avant je je savais même pas que ça existait. Mais comme je savais même pas que les maladies psychiques étaient si nombreuses en France. Alors on va le dire he la santé mentale c'est la grande cause nationale 2025, c'est aussi la grande cause nationale 2026.

Il y a 13 millions de Français qui sont touchés chaque année par un trou psik chic et puis les familles autour sont en difficulté. Euh est-ce qu'il y a une rencontre dans tout ça pour vous qui a complètement déplacé votre regard sur vous-même dans votre chemin des dentes ? Oui, il y a eu une rencontre avec un psychiatre qui m'a dit "Vous ne vous en voulez pas, vous n'y êtes pour rien." Ça ça m'a fait beaucoup de bien parce que vous pensiez que vous étiez fautive ?

J'ai Est-ce que votre fils on peut on peut dire ? Oui, bien sûr. Mon fils a une maladie psychique sévère et j'ai mis longtemps avant de comprendre que que c'était en tout cas que tous les éléments successifs, le fait d'être un peu dans le déniut, le fait de pas savoir comment bien réagir, le fait de le croire ou de ne pas le croire, le fait de pas avoir vu qui fumait du cannabis, le fait que j'ai une grossesse difficile, tout ça fait que ça faisait énormément de paramètres qui m'ont mis dans une posture de culpabilité.

Et le jour où il m'a dit ça, je me suis sorti descendu de vos épaules. Et après, il y a une rencontre avec une femme qui justement est père et dente familiale. Donc père et dente familiale, je vais expliquer quand même pour les éditeurs qui ne savent pas.

Euh c'est quelqu'un qui a vécu euh l'accompagnement d'un proche et qui en a fait son métier. Hm. D'accord.

Il y a des pères aidé. Donc des perédents ce sont des des malades rétablis qui aident au sein des institutions et depuis peu en France, il y a des péridents familiaux comme moi aujourd'hui au GHU, Paris, euh à Saint-Ane entre autres. Et ça consiste en quoi exactement alors à Saintane ?

à Saintane, mon rôle est de avec à la fois des psychiatres ou des infirmiers ou des psychologues d'accueillir des familles, donc ça peut être des parents, des frateries, des conjoints, pour les aider à mieux comprendre la maladie, pour les écouter et puis pour faire le le plus possible de médiation entre ce qu'ils vivent et ce que leur proche vie bien sûr. Euh est-ce que on revient un petit peu aux questions parlons-femme ? On va continuer évidemment he sur votre livre que je rappelle d'ailleurs maman je suis pas malade euh Karine Buisson.

Est-ce que selon vous les femmes puissantes sont tolérées aujourd'hui ou les femmes résilientes ? Oui, je trouve. Je trouve Oui, oui.

Je trouve que ces derniers temps ça bouge bien. Je trouve que ça bouge vraiment. H moi j'ai vécu 28 ans dans un monde automobile très très masculin où j'ai euh j'ai trouvé ma place parce que finalement on était peu de femmes.

Vous avez vous avez joué des coudes ou pas du tout ? Non, j'ai pas joué des coudes parce qu'en fait j'avais pas de prétention particulière. Euh je pense que quelqu'un euh qui aurait été un peu plus ambitieux que moi aurait peiné à l'époque parce que oui, j'aurais été j'aurais pu être plus mise en avant mais c'est pas ce que je cherchais.

H et tous ces hommes ont été quand même très gentils avec la femme que que j'étais et m'ont fait progresser à à la hauteur de mes compétences, même si en effet mon salaire n'a pas été celui que des gens qui des garçons qui avaient le même poste que moi avaient. Mais voilà, c'est une autre époque. Mais oui, j'ai fait avec.

Est-ce qu'il y a un message que vous voudriez transmettre aux petites filles du monde entier ? J'aimerais Oui, j'aimerais leur dire "Croyez en vous, euh aimez la vie [grognement] et attachez-vous au aux petites choses, à toutes ces belles petites choses qu'on voit tous les jours. Euh l'art de faire attention aux choses." Ouais.

Ouais. J'ai la chance d'être né comme ça. Écl Ouais.

Vous voyez les éclats vous ? Ouais. Ouais.

La lumière, les éclat. Ouais. Heureusement hein, parce que sinon avec ce que je viens de vivre, je sais pas si je serai là en tout cas comme ça et je pense qu'il faut vraiment euh euh prendre ce que Florence Serv et et tous ces kiffs de la journée, on en a tous.

Mais quand on a on vit des choses difficiles, on a on a du mal à les voir. On les voit plus. Ouais.

Vous avez toujours réussi. Ouais. Euh [grognement] votre titre maman.

Je ne suis pas malade. Ça résume un drame majeur, un des troupes psychiatriques sévères, le refus, l'impossibilité de reconnaître sa maladie. Ça s'appelle l'anognosie.

J'ai appris ça moi dans cette émission. Oui. Ouais.

Euh et pour les familles, c'est vous parliez de culpabilité tout à l'heure, c'est vraiment ça que ça crée. C'est une tension permanente en fait entre l'amour, la protection, l'impuissance totale où on est et cette culpabilité finalement parce qu'on se sent responsable de quelque chose qui ne nous incombe pas. Finalement, c'est exactement ça.

On est perdu entre son désir de voir son enfant aller bien. H et l'impuissance totale de pouvoir enfin totale non, je reviendrai tout à l'heure, mais l'impuissance face à une maladie qui doit être traitée par des spécialistes. Et quand on est par parce que ça se voit pas en plus, c'est pas des maladies qui se voient. la schizophrénie, la bipolarité et tout, c'est pas des choses, c'est pas des maladies handicapantes au même titre que quelqu'un qui vit en situation de handicap et qui a un bras en moins, par exemple.

C'est ça. C'est ça. C'est ce qu'on appelle des handicaps invisibles parce que ce sont bien des handicap handicap sûr, mais en effet personne ne le voit.

Euh pour autant, quand on est euh un proche, on voit bien que ça ne va pas quand on voit son enfant ou son conjoint allité toute la journée, quand on voit euh des propos incohérents, des envies suicidaires qu'on euh là, on voit bien que ça ne va pas quand même. Bon, je vais lire un petit peu pour les auditrices, les auditeurs. Ne me laisse pas maman.

Le 29 septembre 2017, ces mots ont été les derniers que j'ai entendu avant de franchir le seuil d'un hôpital psychiatrique de banlieu parisienne. Derrière moi mon enfant, ce jeune homme de tout juste 18 ans en pleine bouffé, délirante aigu, me suppliant en pleur de ne pas le quitter. La peur et la souffrance envahissaient ses yeux.

Les miens étaient brouillés de larmes. C'est terrible. Euh c'est un un passage particulièrement fort.

Euh quand on est maman, on patisse d'autant plus. Euh les dimensions que ça que ça que ça montre ce texte, c'est aussi la souffrance des des proches aidants, c'est des donc de la maman, mais quel que soit les dents, c'est-à-dire que tout d'un coup, on est obligé de le laisser à un moment donné, on peut plus l'accompagner, on n'a pas les capacités ou ou le ou le la formation en fait tout simplement pour s'occuper de de ces gens qui sont malades. Et alors, quand c'est son enfant, ne me laisse pas maman.

Hm. Bah, ça me fait pleurer rien que quand vous vous lisez ce chapitre, ben ça me rappelle euh cette première hospitalisation où euh il faut quand même savoir que quelques jours avant, il allait très bien. Hm.

Et il y avait aucun signe avantcoureur. Donc euh du jour au lendemain, ça vous tombe dessus. Lui, il était en vacances.

Non, pas en vacances, il était en voyage de classe et on nous a appelé en nous disant il faut à Venise, venez vite le chercher. Il se passe quelque chose de grave. Mais c'est sa première crise en fait hein, c'est ça.

Ouais, c'est la première crise psychotique qui a été déclenchée par le cannabis. On sait pas, on ne sait jamais. On sait pas. son papa a été le chercher, il me l'a déposé puisqu'on était séparé à l'époque.

Et là, je l'ai emmené à l'hôpital et on a été euh transféré dans un hôpital psychiatrique. Euh moi, je connaissais rien à la psychiatrie et je m'attendais vraiment mais je me suis jamais attendu à vivre ça. Donc c'est un vrai choc et ça laisse des traces, c'est-à-dire ces hospitalisations qui pour mon fils ont été répété comme pour beaucoup en fait de de malades parce que ils prennent leurs médicaments et puis quand ça va mieux ils arrêtent et donc ils sont réhospitalisés et c'est un cycle comme ça.

Il en est où votre fils aujourd'hui ? Il va bien. Ouais.

Il est sous traitement. Il est toujours sous traitement. Il est dans un Oui, il est dans un centre de réhabilitation psychosociale.

D'accord. Et c'est je pense ces dernières années ce qui s'est fait de mieux dans la psychiatrie pour aider les jeunes patients. C'est quoi le centre ?

Un centre de réhabilitation psychosociale. D'accord. Il y en a en fait en France.

Pas pas énormément. Il y en a qui sont sous format hôpital de jour. OK.

Lui, il a la chance d'être dans un lieu qui est pris en charge totalement, mais où il est où c'est quand même ouvert. Donc il a une forme de liberté également et où il travaille sur un projet de vie. Bravo.

Parl en femme, c'est un espace de parole libre hein pour celles qui avancent sans renoncer dans les situations difficiles. Sur ce plateau aujourd'hui, la père et dente familiale du GHU Paris en psychiatrie neurosciences conférencière aussi d'ailleurs Karine Buisson. Karine, vous êtes auteur de maman je ne suis pas malade.

Une mère face à la maladie psychiatrique de son enfant est sortie aux éditions Hérol. Vous restez avec nous, on vient tout de suite. La Caisse départne île-de-france [musique] fière de soutenir toutes les femmes, vous présente Sud Radio Parlons femmes.

Juditth Beller. Parlons femmes sur Sud Radio. C'est votre rendez-vous du samedi à 13h30 avec les femmes qui comptent.

Et oui, mon invité du jour Karine Buisson qui est père et dente familiale au GHU Paris en psychiatrie en neurosciences. Elle est aussi conférencière et auteur de maman. C'est votre premier livre hein ou je ne suis pas malade, c'est une mère face à la maladie psychiatrique de son offrand aux éditions [grognement] c'est un livre coup de point un beau livre.

Euh vous m'avez dit aux antenne et on peut le dire à l'antenne du coup que il y a 60 % des aidants qui sont des femmes. Ouais hein. Ce qui veut dire que 40 % sont des hommes.

Mais dès que il y a un besoin de ker qui est qui est beaucoup plus présent, on passe à 78 %. Hm. Et j'ai animé de nombreux groupes de parole.

Plus de 90 % étaient des femmes. Aujourd'hui, c'est vrai que dans les consultations qu'on fait à l'hôpital, euh j'ai beaucoup plus d'hommes parce que je pense que quand ils sont dans un cadre euh avec moins de monde, ils ont plus de facilité à s'exprimer. D'accord.

Les femmes en groupe, elles ont l'habitude et et on a l'impression qu'ils ne sont pas présents alors qu'ils sont bien présents, mais ils ont plus de mal à à faire part de leurs émotions et à parler de ce sujet très tabou encore. H euh vous animez des groupes de paroles he depuis 2023, Karine, vous venez de le dire, sein de l'association La maison Perchée, hein, qui est devenue la sentinelle des aidants d'ailleurs depuis quelques temps. ces groupes de parole, ça s'appelle la boussole montrer le nord en fait.

On essaie en tout cas on essaie de redresser il y a quand même 5 millions de prochédents qui accompagnent 3 millions de personnes qui sont atteintes de troubles psychique sévère euh qui nécessite une prise en charge permanente en fait hein. C'est ça. C'est énorme.

C'est énorme. C'est énorme. Je comprends que ça soit une cause nationale.

Tout d'un coup quand on plonge un peu le nez dedans, on se dit il y a quand même un gros problème. Non mais on se rend pas compte et moi depuis que je parle de la maladie de mon fils entre autres sur les réseaux sociaux sur LinkedIn, j'ai fait pas mal de posts où j'ai eu beaucoup de gens qui m'ont écrit en message privé merci merci parce que on n pas la force où on ne peut pas parler pour x raison. Euh merci de parler pour nous parce qu'en fait on se rend compte que des malades ont pris la parole h mais très peu très très peu de de famille.

Donc aujourd'hui c'est important pour moi euh d'avoir réussi à écrire ce livre. C'était pas simple he mon fils il était très fier de moi. Il n'a pas tout lu.

OK. Il a le livre à côté de lui. Instagram tout ça comment il le prend.

Enfin ou LinkedIn ou LinkedIn il voit pas. Voilà ça l'intéresse pas. Instagram, il est très Ah oui oui oui.

Et ça lui fait du bien à lui aussi. En tout cas, il était heureux que j'écrive. Bon et il était heureux qu'on de que je ne le mette pas en avant.

C'est qu'on a pas le même nom et je ne cite pas son prénom. Je dis mon fils pour garder son intimité, son anonymat. C'est déjà notre histoire mais voilà je je pense ça suffisait.

Alors, vous voulez vraiment œuvrer Carine Buisson à digmatiser la santé mentale et à faire prendre conscience du soutien aussi nécessaire pour les aidants. [grognement] Et ce qui est intéressant, c'est que ça, c'est parce que vous avez vécu le l'épreuve vous-même parce que comme vous l'avez dit tout à l'heure, vous aviez été pendant presque 30 ans dans le secteur du design puis de la direction de création chez Peugeot, chez Citroën. Et puis il y a 6 ans, après l'annonce du diagnostic de la maladie psychique de de votre fils, vous aviez passé 2 ans très difficiles, vous avez tout bouleversé dans votre vie.

Et puis vous avez découvert ensuite cet univers complexe de la psychiatrie. Finalement, ça a fini par vous passionner quoi. Ouais, hein.

C'est ça. Parce que vous allez passer un diplôme aussi universitaire en septembre. Qu'est-ce que vous avez passé comme diplôme ?

Alors ça s'appelle diplôme universitaire en de pér et danse familiale en santé mentale et neurodéveloppement. D'accord. Et ça me semblait important de compléter mon expérience de vécu avec ce diplôme qui couvre le champ évidemment de de la psychiatrie mais aussi euh de tout ce qui est médico-social.

Et quand on rentre dans l'univers de la maladie psychique, on rentre aussi dans l'univers médico-social puisque tout d'un coup votre proche euh et ben devient handicapé, même si c'est très dur pour eux à supporter ce mot et même pour moi, mais en tout cas, il a un handicap et ensuite il faut trouver des structures pour nous aider tant que le rétablissement n'est pas là. Bon, si la résilience avait une définition, vous vous serez seriez sa définition en fait quand même du coup hein parce que quand même vous avez réussi à transformer quelque chose d'absolument douloureux et terrible en quelque chose de beau parce qu'il est fier de vous votre fils maintenant. Ouais.

Est-ce que ce serait pas ça un message un peu universel à donner ? C'est quel que soit le chemin dans la difficulté et cetera. Finalement, il y a toujours une solution, une nouvelle marche à monter et cetera, quoi.

Ouais, je pense et je pense que euh chaque chaque chemin est unique. Donc euh on je peux pas dire à un autre parent, il faut faire comme moi. Dans le livre, je je j'essaie de dire comment j'ai réussi à faire ça, comment comment Est-ce que vous diriez à quelqu'un qui est terrassé, par exemple, un parent qui est terrassé par la maladie de son enfant, qui arrive pas à trouver la lumière.

Je lui dis c'est normal h il va falloir du temps. H c'est il y a que ça en fait temps. C'est le temps et on va marcher pas à pas et il faut vous faire aider et aller parler avec des gens qui ont vécu la même chose que vous.

Il y a des associations formidables. Vous en avez cité une tout à l'heure où où j'ai travaillé. Il y a Luna Fam qui est une des plus grandes associations françaises et une des plus anciennes.

Il y a des associations qui sont plus spécialisé dans certaines pathologies connexion familiale Argos 2001 enfin il y a une multitude de lieux et de gens pour vous aider. Après évidemment il y a les psychologues, mais je vois bien que à quel point ça fait du bien de rencontrer quelqu'un qui a vécu la même chose que vous. Je vois quand le psychiatre avec qui je travaille me présente le soulagement physique même de de certains parents qui se disent "Ah ouais, il y a quelqu'un qui a vécu la même chose que moi." Et puis ça va plus loin parce que vous êtes formé aujourd'hui à la psychoéducation, à l'accompagnement du deuil, à l'animation d'at de psychologie positive.

Vous avez suivi une formation résilience d'ailleurs et altruisme. Ouais. Avec [grognement] Carouna Chéchen.

Qu'est-ce que qui c'est ? C'est Mathie Ricard. Matard qui a a créé une association.

C'est son nom de bouddhiste, c'est ça ? Ou ? OK.

Euh et il a monté Caruna ses chaînes et et ils font des groupes comme ça pour réfléchir sur l'altruisme et la résilience. Je me suis rendu compte bah à l'époque je me suis pas rendu compte si ça m'aidait ou pas mais je prenais vous avez pris tout ce que vous pouviez. Ouais.

Tout ce que je pouvais. Ouais. Et je pense ça aide beaucoup euh après à cheminer parce que pareil quand j'ai fait ma formation pour accompagner le deuil euh ça pouvait paraître étrange mais en fait c'est une forme de deuil ce que je ce qu'on vit.

H deil de quoi ? Bah le deuil de ce qu'on a fantasmé de l'enfant de fantasmé alors que mon fils aujourd'hui je l'adore tel qu'il est. Je crois qu'on le fait tous ce deuil là à un moment donné.

Vous savez Karim, on fait tous le deuil de l'enfant fantas [rires] vers 12 13 ans peut-être. Mais euh finalement euh faire le deuil c'est quelque chose qu'on fait régulièrement dans la vie. Ouais hein.

C'est même parfois des petites choses dans la journée comme ça qu'on doit laisser partir. Mais ça c'est une très belle leçon de liberté. Qu'est-ce que vous en pensez de se détacher de ces choses-là ?

Ouais mais on n'est pas tous capable. Hm. Et ce que je me je me rends compte tous les jours, c'est que quand on a cette base là, cette de la pyramide de Masselot, la base de la sécurité affective ou financière, après c'est plus simple d'accepter les choses dès qu'il y a des éléments qui commencent à et puis quand ça touche à votre enfant euh là on rentre dans une sphère qui est très difficile à expliquer.

Hm. Mais qui est de l'ordre de viscéral. Ouais.

Et donc euh moi j'ai un papa qui m'a dit récemment euh je voilà c'est je donnerai tout pour qu'il soit plus malade. Hm. Et je pense qu'il le pensait sincèrement parce que lui il vous voit souffrir aussi parce que oui.

Et moi je je l'écris dans mon livre mais oui vous l'avez dit dans le cul. Allez-y je vous compris. Je disais dans mon dans mon livre, je j'explique aussi que à partir du moment où j'ai un peu lâché la bride où j'étais moins parce que je devenais un radar quoi dès que et je en fait ça mettait un poids sur mon fils mais je le mesurais pas ce poids.

Et à partir du moment où j'ai lâché la bride et ça je l'ai appris grâce à la psychoéducation, lui aussi a respirer différemment et aujourd'hui on a trouvé cette cette balance où on trouve nos marques, où chacun essaie de de vivre au mieux avec ce problème qui est en est qui en est un. Mais euh aujourd'hui, on a beaucoup progressé. Je dis on parce qu'on est deux dans l'affaire et moi je réagis différemment et lui euh logiquement aussi.

Hm C'est très joli ce que vous racontez. Ce que vous dites, c'est que malgré la fatigue et la détresse, bah l'amour maternel, il continue d'exister même quand tout semble s'effondrer. C'est ce qui est de plus puissant au monde en fait, maternel.

Hm. [grognement] Et qu'est-ce que vous aurez comme conseil aussi euh euh ces jeunes qui souffrent et qui peut-être ne veulent pas en parler ou euh sont tristes sans trop savoir pourquoi ou des sauts d'humeur mais peut-être qu'il faudrait qu'il consulte. Ouais, j'ai vraiment envie de s'en saisir, hein.

Je sais pas s'il y a beaucoup de jeunes qui vont nous écouter, mais en tout cas euh dès que vous sentez les choses qui euh qui commence à basculer, si vous n'avez plus envie de grand-chose, si vous avez des sautes d'humeur, si euh vous n'avez plus faim, si vous avez envie de mourir, il faut vraiment aller consulter un médecin et il faut aussi en parler à vos parents parce qu' ils vous adorent et ils sont là pour vous protéger. C'est beau ce que vous dites Karine. Merci beaucoup.

Vous êtes très touchante. Merci. Écoutez, on vous souhaite en tout cas que votre combat continue vers le positif, vers la lumière comme vous le faites.

Bravo. Je rappelle votre livre he maman, je ne suis pas malade. Une mère face à la maladie psychiatrique de son enfant, c'est sorti aux éditions Hérol.

Merci Karine Buisson d'être venue partager aujourd'hui. C'est la fin de Parlons femmes sur Sud Radio. Merci pour votre écoute, votre fidélité.

On se retrouve samedi prochain à 13h30 puis demain à 19h pour cette excellent évidemment. Merci à Julien. à la réalisation puis à très vite.