Crise des librairies : sont-elles encore à la page ?
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
France Inter, France Inter, le téléphone sonne, Christelle Rebière. Le vendredi dernier, la librairie Sorampes à Montpellier n'a pas ouvert ses portes. Pour la première fois depuis 80 ans, les salariés qui étaient venus travailler ont été priés de partir. La liquidation judiciaire de cette institution a été prononcée quelques heures plus tard. On pourrait parler aussi du Furet du Nord, de De Citroën, encore de Gibert en grosse difficulté. L'an dernier déjà, pour la première fois, le nombre de librairies ayant fermé leurs portes a dépassé celui des ouvertures. Quelle est cette crise alors qu'on les a chéries, tant chéries, durant le Covid ?
Un problème de concurrence, de changement d'habitude, les jeunes ne consacrent que 18 minutes par jour à la lecture, contre 3 heures aux écrans. La France, pays de littérature, possède pourtant le réseau de libraires indépendants le plus dense du monde. Et les noms de Mola, Maupetit ou encore les Ombres Blanches sont incontournables à Bordeaux, Marseille ou encore Toulouse. Elles tiennent, mais à quel prix ? Certaines librairies se transforment en café, s'ouvrent largement à la papeterie, créent des événements. Pour rester à la page, comment doivent-elles se réinventer ? Et vous, où achetez-vous vos livres alors que les vacances commencent ?
Lecteurs, libraires, témoignés, la lecture est une porte ouverte sur un monde enchanté, disait François Mauriac. Alors poussons la porte des librairies ce soir tous ensemble dans le Téléphone Son. Le Téléphone Son, 01 45 24 7000. Et pour en parler avec vous, Amanda Spiguel, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes gérante de la librairie Folie d'Ancre à Montreuil, vice-présidente du syndicat de la librairie française. À côté de vous, Régine Hatchondo, bonsoir. Bonsoir. Présidente du CNL, le Centre National du Livre. Et Sarah Soquet, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes professeure de lettres modernes, créatrice d'applications littéraires.
Et vous allez faire paraître au mois d'août, on vous fait déjà de la promo, les 100 romans cultes à lire dans sa vie. On essaiera de parler aussi des romans qu'il faut lire quand même. Et je voudrais saluer Joséphine qui va entamer cette émission. Bonsoir. Oui, bonsoir. Soyez la bienvenue, nous vous écoutons. Merci. Donc voilà, moi j'habite une ville qui s'appelle Coutence dans la Manche, qui possède une librairie indépendante qui existe depuis 1929. Et je suis très attachée à cette librairie. Oui.
Donc j'ai l'habitude d'y acheter mes livres. Et donc je déplore malheureusement la fermeture des librairies indépendantes.
Et donc c'est une librairie qui a su se réinventer avec la papeterie, un rayon disque, un rayon jeu pour enfants, des rencontres avec les auteurs. Donc voilà, j'y trouve mon plaisir d'y entrer, même si je n'achète pas. Et puis ça permet aussi d'avoir des conseils auprès des libraires. Bien sûr. Ça veut dire que vous y allez juste pour le plaisir parfois ? Ça m'arrive d'y aller pour le plaisir et des fois de ressortir avec un livre alors que je n'allais pas pour acheter un livre. Ah, c'est bien. Et donc pour vous, cette librairie, elle est extrêmement importante ?
Elle est extrêmement importante à tel point qu'à un moment donné, ils avaient changé le nom, parce qu'au départ c'est l'OCEP.
Donc ils avaient changé le nom pour Place Média. Et tout le monde disait toujours l'OCEP, donc ils ont remis le nom d'OCEP. Bon, merci Joséphine. Ce sont souvent des institutions comme cette librairie dont parle Joséphine qui existe depuis 1929, Régine Hachondeau.
Oui, je pense qu'un pays comme la France, vous l'avez dit, est une nation de lecteurs, en tous les cas elle a été marquée par cette culture du livre, par un réseau d'une densité incroyable par rapport aux autres pays européens, ou aux Etats-Unis par exemple, qui d'ailleurs existe aujourd'hui encore de manière très vivace grâce au prix unique du livre, qui permet aux libraires de ne pas être trop fortement concurrencés, même s'ils le sont, par les grandes surfaces. Et le libraire, comme le disait cette dame, les librairies sont des lieux de vie, au-delà de lieux de consommation de livres ou d'achat de livres.
Et ça c'est récent ?
Non.
Que ce soit devenu des lieux de vie ?
Non, je pense que c'est absolument historique.
Je vais demander à Amanda Spiegel qui est près de vous
et qui est libraire à Montreuil. Je pense que jusqu'à la fin des années 70, le libraire portait une blouse et servait derrière le comptoir. Donc ça a commencé à être des lieux de vie, à mon avis, dans les années 80-90, avec un renouvellement des libraires qui sont devenus parfois militants, et puis des rayons qui se sont créés, la littérature jeunesse, la bande dessinée, qui ont été des formidables laboratoires et qui ont fait rentrer des publics ultra différents dans les librairies.
Donc il y a eu une diversification dans l'offre de livres à ce moment-là ? Vous dites que dans les années 70, ça a commencé à se transformer un petit peu ?
Oui, dans les années 80-90 pour la plage lettre, et ça ne s'est jamais arrêté. Jusqu'à aujourd'hui, en fait, les assortiments se renouvellent constamment. On crée tout le temps des nouveaux rayons. On a implanté des rayons à manga, des rayons à actualité, des rayons genre, des rayons en histoire qui sont plus portés sur la décolonialisation, des rayons qu'on remet ou qu'on enlève sur la romance, sur des polars domestiques. Enfin, on est vraiment... On a nécessité d'être très agile.
Et quand on met de la papeterie ou qu'on diversifie nos assortiments, c'est aussi de l'agilité pour toucher toujours des plus grands nombres de publics, leur montrer comme ces endroits sont des lieux de vie et des endroits importants. Les commerces sont des lieux importants où l'ensemble des populations peuvent se rencontrer.
Il y a du brassage social finalement dans une librairie parce que moi j'ai l'impression que ce n'est pas toujours si simple de pousser la porte d'une librairie et que parfois on est un petit peu impressionné.
Eh bien, c'est vrai. Ça peut être impressionnant. Des dispositifs comme le Pass Culture, par exemple, qui octroyaient de l'argent sous forme de cartes aux jeunes, leur permettaient de lever tous ces clichés. et ils s'en sont emparés. Et le Pass Culture proposait plein de loisirs hyper différents. Le livre s'est révélé être celui qui a été le plus plébiscité par les jeunes. On a vu vraiment beaucoup d'attractions par les jeunes, beaucoup d'attraits. Ils venaient, on échangeait, etc. Et la baisse des allocations a été un peu dramatique, a coupé cet élan en fait. Et c'est vraiment très dommageable parce que la lecture, c'est du temps long.
Et il faut venir s'habituer, créer du contact, essayer un livre. Ce n'était pas celui-là, ce n'était pas celui-là. Et ce sera celui-là. Et il faut que les gens aient un peu de budget pour qu'on les aide à trouver le livre qui va leur... qui va leur... l'aide leur révélation. Régine Alchondeau. C'est d'autant plus regrettable sur la baisse de la part individuelle du pass culture qu'on a appelé le pass culture pass manga les deux premières années. Effectivement, il y a eu un phénomène à la fois de mode, de goût, d'envie des jeunes d'acheter des mangas.
Mais pour beaucoup d'entre eux, en tous les cas, c'est ce que me disent les libraires, les jeunes franchissaient le seuil de la porte de la librairie indépendante
pour la première fois.
Et là où le manga représentait à un moment 68% des achats des jeunes, il est passé aujourd'hui à 32-33. Et les jeunes continuent quand même à y aller. Donc ça prouve qu'on est tout à fait capable de passer à un autre genre et de jouer des passerelles, notamment quand on est conseillé par un libraire.
En fait, c'est la première fois qui compte finalement dans ce que vous êtes en train de dire.
Souvent dans la vie.
C'est vrai. Ce que je ne comprends pas, c'est que pendant le Covid, il y a eu une histoire d'amour formidable avec les librairies, franchement. C'était notre façon de voyager. C'était ce qui nous sortait de ce huis clos un peu infernal parfois. il y a eu une embellie extraordinaire et là, on a l'impression que tout est retombé et non seulement c'est retombé, mais maintenant on arrive dans une crise. Alors comment vous expliquez ce retournement, Régine Hatchondo ?
La crise est multifactorielle comme souvent. Alors d'abord, l'engouement pour le livre pendant le Covid a été très important. On a pu le voir d'ailleurs parce qu'il y avait des files d'attente extrêmement longues devant les librairies, donc c'était très réjouissant. Je pense que l'amour du livre existe évidemment encore, mais il se trouve aussi que certaines autres activités culturelles n'avaient pas repris. Donc je pense qu'il y avait quand même un petit un miroir déformant si je puis dire. On a le pass culture qui a été diminué de moitié. On a des charges fixes et ça, Amanda en parlera encore mieux que moi, mais je ne veux pas non plus donner trop de chiffres.
Des charges fixes qui augmentent beaucoup les frais de transport d'ouvrage, les loyers, les charges locatives, les salaires sur un ouvrage qui a augmenté un peu, mais peu. Donc tout simplement, et même quand on est en sixième, on le comprend, les coûts ont augmenté plus que le chiffre d'affaires n'a augmenté. Pourquoi ? Parce qu'aussi, à la fois le Covid a été un catalyseur de court terme, éphémère, mais il a aussi contribué à la fréquentation des écrans et des ordinateurs et des écrans multiples dans l'incapacité de se réunir entre copains ou en famille.
Et donc je pense aujourd'hui qu'on est dans un changement d'usage, comme vous avez dit tout à l'heure en introduction, avec un temps passé sur les écrans qui est très important, qui n'est pas forcément un temps qu'on retrouvera directement pour la lecture, s'il y a moins de temps pour les écrans, mais quand même on sait que c'est la lecture et le sport qui ont été plus chassés par une fréquentation trop importante des écrans, trop importante quand elle est addictive, mais elle l'est pour beaucoup de jeunes, entre 16 et 19 ans notamment.
Les charges ont augmenté, les livres sont en volume moins achetés et l'augmentation du livre lorsqu'il est acheté n'a pas suivi l'inflation et je pense que c'est d'ailleurs bien qu'elle n'ait pas suivi parce qu'il y a aussi un problème probablement de pouvoir d'achat. Et puis le contexte, le contexte géopolitique qui est aussi un facteur de grande inquiétude et on sait que... Il y a une baisse et puis il y a une baisse
de pouvoir d'achat donc mathématiquement...
Et le livre a toujours baissé à l'aube malheureusement des crises de géopolitique et des guerres.
Alors, vous disiez, Régina de Chondeau, la lecture a été chassée. Sarah Soquet, vous, vous êtes professeure de lettres modernes. Est-ce que vos élèves, aujourd'hui, passent beaucoup plus de temps sur les écrans que sur la lecture et est-ce que c'est difficile pour eux d'entrer dans la lecture ?
Ils passent plus de temps sur les écrans. On le voit de manière manifeste. On le voit à l'échelle d'une œuvre, à l'échelle d'un texte, le rapport au langage, à l'entrée dans un univers sont plus compliqués qu'avant. Et je dirais que j'observe ce phénomène depuis 2010 et qui s'est aggravé au moment de la crise du Covid et après. Et donc, aujourd'hui, faire entrer les élèves dans un univers, c'est plus compliqué qu'avant. Et j'essaye vraiment, et les enseignants font ça, de se servir des écrans, des adaptations au cinéma, des adaptations en série pour contourner et faire venir à la lecture.
Amanda Spiegel, on parlait tout à l'heure des problèmes de charge, des problèmes de marge. Vous avez l'impression, vous, que vous êtes sur le fil tout le temps en tant que libraire ?
La librairie, c'est le commerce de détail le moins rentable.
Avec les fleuristes ? Avec les fleuristes.
Très, très loin de l'immobilier, des bijoutiers et des opticiens. Donc, certes, ce n'est pas un métier qu'on fait pour l'argent, mais quand même, on a notre dignité, on veut vivre de notre travail sans être subventionné. Il faut qu'on soit autonome là-dessus et du coup, comme c'est difficile d'être rentable et que pour autant, on est nécessaire, on a besoin qu'il y ait un effort qui soit fait dans les conditions commerciales qui nous sont accordées. Alors, vous pouvez expliquer comment ça se passe entre un éditeur et un libraire ? Donc, on ne contractualise pas avec l'éditeur, on contractualise avec le diffuseur.
Le livre a le même prix partout et c'est ça qui est très, très important de rappeler. Que ce soit sur Internet, un livre neuf a le même prix partout. Donc, ce que je négocie, moi, c'est la remise qui va m'être octroyée. Et les remises, elles oscillent entre 30 et 40%. Nous, on avait, nous, le syndicat de la librairie, on avait estimé qu'en deçà de 36%, ce n'était pas viable de vendre des livres. Le libraire n'en vivait pas. Donc, il y a plusieurs fournisseurs qui nous ont octroyé des remises planchers à 36%. Mais avec l'inflation, maintenant, c'est carrément 38 qu'il faut demander. Et ça, ils ne vous les accordent pas ? Non, les négociations sont trop compliquées.
Et pareil, pour les grandes librairies qui, elles, sont déjà à 40%, ça ne tient plus non plus. Elles sont aussi en grande difficulté. Donc, on a besoin, et on sait que c'est difficile pour tout le monde, mais on a besoin qu'il y ait un effort qui se fasse là-dessus de la part de nos fournisseurs. Ça nous apporterait de l'air et ça nous aiderait à travailler mieux et de manière... Mais les prix
ne sont pas les mêmes dans une petite librairie indépendante ou chez un gros distributeur ?
On vend le livre au même prix partout. Oui, Et vous, je veux dire le prix unique,
mais au départ, dans la négociation avec votre diffuseur...
On n'achète pas le livre au même prix. C'est ça, c'est ça que je voulais dire.
Et en fait, ça, c'est dommage parce que les librairies, qu'elles soient rurales, en ville, en périphérie, elles font globalement un travail de qualité où elles vont chercher des auteurs, elles accueillent les publics, elles interviennent dans les écoles, elles font travailler l'ensemble des éditeurs, c'est-à-dire qu'elles ont vraiment un travail sur la bibliodiversité et pour autant, elles sont, malgré ce que dit la loi sur le prix unique, moins bien rémunérées que des grosses structures qui, elles, ne s'embarrassent pas de ce travail de dentelle et posent des grosses palettes de livres très très best-sellers, mainstream, à mettre entre toutes les mains.
C'est-à-dire que les diffuseurs font du quantitatif, on va dire ? Sur les gros diffuseurs. Nous, on trouve qu'ils ne jouent pas le jeu. Régina de Chondeau.
Alors,
j'ai un tout petit point de désaccord avec Amanda qui est celui de souhaiter rester autonome, ne pas être subventionné. Il se trouve que le Centre national du livre a une politique de soutien financier aux librairies indépendantes, aux librairies de qualité par le biais de l'investissement ou du fonctionnement en fonction de certains critères très exigeants pour la qualité des librairies. Je pense que c'est un espace à la fois commercial, privé, mais c'est aussi un espace d'intérêt général, public, pour le centre-ville, pour la vie sociale, pour le lien, et puis pour développer le goût de lire.
Et on sait qu'avec le goût de lire, beaucoup de choses se produisent, notamment l'ouverture d'esprit, la citoyenneté, le respect de l'autre, l'altérité. Donc, au fond, moi, je ne dis pas qu'il faut tout subventionner. Ça ne fait pas partie de mes... Mais je pense, je ne suis pas choquée qu'il y ait des subventions pour les librairies. Et je pense que si elles traversent une crise actuellement, il faudrait les aider à passer ce passage. Et je ne serais pas choquée qu'il y ait un plan spécifique de soutien aux librairies indépendantes aujourd'hui. Bonsoir, Guy.
Bonsoir. Soyez le bienvenu.
Oui, j'appelais parce que vous avez parlé des problèmes de fréquentation des librairies. Donc, vous avez cité les écrans, les affectations des lectures. Oui. Un autre point, c'est est-ce que les visas contribuent aussi à cette désaffection de la fréquentation
des librairies ? Absolument. Pardon, je vais devoir vous interrompre parce que la liaison est très très mauvaise. Mais Guy nous disait « Je voudrais savoir quel est l'impact des liseuses sur la désaffection des librairies. »
Amanda Spiegel. On a prédit mille crises au livre. Ça a commencé avec le vélo, le cinéma, la télé, la radio, le numérique, l'audio. Et finalement, il y a une vraie affection pour la lecture sur papier. Les gens qui ont des liseuses finissent toujours par perdre leur chargeur et leur code d'abonnement et ça meurt de sa petite meur tranquillement. Vous êtes d'accord avec ça, Sarah Soquet ? Oui, tout à fait. On le voit dans les établissements scolaires. Souvent, les élèves ont envie de passer à la liseuse. Il y a un côté gadget, attractif et séduisant. Et puis, très vite, ils reviennent au format papier.
Justement, j'avais Jean-Marc qui nous avait envoyé un message sur WhatsApp pour dire que lui, il lisait de plus en plus sur sa liseuse. Il disait « Pas besoin d'envahir ma maison de bouquins et disponibilité immédiate. » Et il ajoutait « Je relis aussi les classiques à un prix dérisoire et les nouveautés pour un prix inférieur. » Et là, on touche au marché de l'occasion. Est-ce que le marché de l'occasion est en train de nuire gravement aux librairies ? Régine Hatchondo.
Alors, le marché de l'occasion est important. L'occasion, de toute façon, s'est beaucoup développée pour l'ensemble des produits. Et le livre n'y échappe pas. Aujourd'hui, le livre d'occasion représente entre 20 et 23% du marché. Et la problématique majeure sur le livre d'occasion, c'est qu'il ne fait pas partie de l'écosystème de redistribution de la valeur. C'est-à-dire que ni l'auteur ni l'éditeur ne peuvent bénéficier d'un retour sur la vente du livre d'occasion. Ce qui n'est pas le cas par exemple dans le domaine de l'art contemporain ou de l'art plastique où il existe un droit de suite.
Ce n'est pas le cas d'une certaine manière avec le cinéma qui n'a pas un droit dit de suite mais qui a beaucoup de fenêtres qui permettent à l'artiste et au producteur d'être rémunérés à chaque étape de visionnage. Donc, pour le livre, il est évident qu'il y a là 20 à 23% du marché qui échappe totalement à l'économie redistributive de la filière du livre.
Mais ça, ça vous fait du mal concrètement Amanda Spiegel ? Parce qu'évidemment, on les achète beaucoup moins cher les livres d'occasion.
Les études disent que les acheteurs de livres d'occasion sont aussi les acheteurs de livres neufs. On est chez des gros lecteurs là en fait ? On est essentiellement chez les gros lecteurs quand vous achetez des livres pour les enfants. Vous avez déjà acheté trois romans et là, vous voyez deux autres. Oui, pardon. Voilà. Donc, peut-être, on ne le sait pas. Ce n'est pas quantifiable pour nous parce qu'en plus, la librairie n'est pas très entrée encore dans ce marché. peut-être qu'elle ira mais ce qui se passe sur des sites comme Vinted, etc., où les échanges se font de grès à grès, nous, on ne voit pas ce marché nous échapper. On ne le sent pas.
On va écouter une note vocale que vient de nous laisser Marine. Bonsoir, le téléphone sonne. Eh bien, Marine, 37 ans, j'habite dans Lens. Ma consommation de livres est essentiellement alimentée par ma famille qui, constituée de personnes de plus de 70-80 ans, sont de grands consommateurs depuis longtemps de livres et c'est vrai que j'ai la chance de pouvoir récupérer un grand nombre d'ouvrages et aussi on m'en offre et on s'en prête entre amis et pour mes enfants, j'ai plutôt l'habitude d'aller en médiathèque. Très intéressant ce que dit Marine. Là aussi, Régine Achondo, on fait autrement en fait. On se les passe les bouquins.
Oui, oui, tout à fait. Écoutez, franchement, nous, on est favorables à la lecture en général.
Oui, mais ce que je veux dire, c'est qu'il n'y a pas un acte d'achat à chaque fois. Je pensais aux grandes
plateformes numériques qui quand même sont généralement étrangères, ne payent pas leurs impôts en France et développent un véritable marché de l'occasion sauvage qui contribue à fragiliser la filière du livre. C'est là le problème. Ce n'est pas en famille, les livres qu'on se passe. Au contraire, c'est vraiment aucun... Et le fait d'aller en médiathèque...
Ça, ça a toujours existé. Oui. C'est ni plus ni moins qu'avant. Et le fait d'aller en médiathèque
pour les enfants, c'est génial.
Mais alors, la médiathèque, figurez-vous, il y a énormément de... On a énormément de messages sur la médiathèque parce qu'on sent bien qu'il y a un problème de pouvoir d'achat quand même, que le livre reste cher. Et Hervé qui nous dit j'aime beaucoup les librairies mais c'est cher alors que les médiathèques sont gratuites. Ça, vous ne pouvez pas lutter contre les médiathèques. Et au contraire, c'est formidable d'entrer dans une médiathèque c'est comme entrer dans une librairie, Sarah Soquet.
Moi, je crois beaucoup aux médiathèques et je les fréquente moi-même énormément. Il faut vraiment voir la médiathèque comme une passerelle vers l'achat. La médiathèque, c'est emprunter un livre, éventuellement, ne pas le finir, pouvoir le reposer et en prendre un autre. Et ça permet aussi ce plaisir-là et de se décharger de cette culpabilité de j'ai acheté, je ne finis pas. Moi, je trouve que ça n'a que des avantages. Le livre reste le cadeau le plus offert à Noël. Donc, ça montre encore l'attractivité.
C'est le fameux
Goncourt sous le sapin. Oui, ou même pour les enfants plutôt que d'acheter des jouets en plastique, à piles, etc., qui ne vont pas être moins chers, qui vont être plus chers, qui vont finir par se casser. Personne ne va leur montrer la notice. Un livre, on l'ouvre et c'est fini. On sait faire. Bonsoir, Benjamin.
Oui, bonsoir.
Nous vous écoutons.
Écoutez, je voulais juste vous ajouter un petit éloge aux libraires en général d'un point de vue un peu extérieur parce que j'ai grandi aux Etats-Unis. Je suis arrivée en France quand j'avais 20 ans et la deuxième année en France, parce que la première année, il fallait vraiment que je parle avant. C'était, on m'a déposé devant Sauron, à Montpellier. On m'a dit, va entrer là-dedans, achète là-dessus, moi, Zola. Et c'est vraiment comme ça que j'ai appris le français, que j'ai appris Ami la France, que c'est vraiment aussi les prix accessibles qui ne sont pas pratiqués dans d'autres pays, comme vous savez bien. C'est beaucoup plus cher ?
Les livres sont beaucoup plus chers aux Etats-Unis ?
Je pense que pour le neuf, on est sur des écarts assez grands. Mais oui, c'est plus cher. C'est dans l'occasion où les prix se poignent. C'est-à-dire, en France, aux Etats-Unis, c'est vraiment par là où je me suis confié aussi, les livres d'occasion, les bouquinistes. Et même les folios, les classiques qui sont à entre 2 et 5 euros, c'est quand même formidable. C'est un moyen d'instruction des masques et je pense assez important pour la culture française.
Bel hommage Sarah Soquet à la culture française et à notre façon de faire quand même de Benjamin l'américain.
Oui, la culture française. Oui,
il dit que c'est une belle porte d'entrée et le fait qu'il y ait beaucoup de librairies, qu'il y ait autant choix.
On a un rapport au livre, au texte et à l'écriture qu'on ne voit pas ailleurs et qui peut être d'ailleurs un peu paralysant parce que parfois on peut se dire quand on est à la patrie de Flaubert, Proust ou Camus, ça peut être un peu difficile pour des élèves. Intimidant, franchement. Il faut le voir comme un cadeau et une porte d'entrée vers une accessibilité et puis un langage commun qu'on peut tous partager parce que finalement la littérature et la lecture c'est construire des communautés d'imaginaires et de destins.
Bonsoir Franck Brunet. Bonsoir. Merci d'être avec nous. On a voulu vous joindre. Alors vous êtes le responsable du secteur librairie au Furet du Nord de Lille et représentant CFDT. Il y a sept magasins de votre groupe qui vont fermer dans le Nord et en région parisienne. Le groupe Nozoli qui vous possède ainsi que De Citre est en redressement judiciaire depuis le 1er juin. J'ai envie que vous nous racontiez comment vous en êtes arrivé là au Furet du Nord. C'est une vieille histoire parce qu'on a commencé il y a quelques années un peu à décliner des choix stratégiques qui n'ont pas été forcément les bons des implantations.
Moi je pense qu'il y a un certain nombre d'erreurs en tout cas dans notre chaîne. Et quand je vous écoute il y a aussi depuis peu une désaffection aussi du livre et de l'achat du livre. Oui moi je pense qu'on est surtout sur des choix stratégiques plus que sur des erreurs. Et pourtant la librairie de la Grand Place à Lille a été dans les années 90 paraît-il la plus grande librairie du monde ? Je pense qu'elle est toujours la plus grande librairie du monde parce qu'on exploite à peu près 8000 m² 4700 m² dans le magasin. On a un gros choix de vivre. On a à peu près 120 000 références 420 000 livres en magasins. Un choix pour tout le monde et une grande richesse.
Maintenant il faut la faire vivre comme les centres-villes et on a aussi ces difficultés-là. On est emmenés comme tout le monde aussi des commerçants de centres-villes qui vivent aussi des passages plus difficiles. On a des concurrents que ce soit sur l'internet et puis il ne faut pas oublier aussi toute la vague cultura qui est venue s'installer en extérieur de ville. Vous savez ça a rabattu aussi beaucoup les cartes pour des magasins de centres-villes. Votre groupe il s'est diversifié au fur et à du Nord il y a de la papeterie il y a des jeux il y a des loisirs créatifs ça n'a pas suffi ou vous dites finalement c'était peut-être un mauvais choix ça ?
Alors moi je pense que c'est un bon choix parce qu'en vous écoutant et l'analyse de tout le monde c'est de dire aujourd'hui que les librairies ne sont pas des musées. C'est important aussi de pouvoir passer de parler à toutes les populations de ne pas faire peur aussi parce que quand on écoute aussi vous voyez ok on parle de Flaubert de Balzac de Maupassant et c'est vrai que c'est un grand point de la culture française mais il faut aussi que des jeunes s'y retrouvent on n'ait pas peur de rentrer dans une librairie pour être intimidé par la culture et je pense que ouvrir ça à ce bassin de culture loisir si on se rend compte de ça je pense que c'est plutôt une force.
Franck Brunet vous pensez vous que c'est le modèle qui est en crise ou que c'est juste une crise passagère ?
C'est difficile de répondre à ça parce qu'on n'a pas beaucoup de lutules en tout cas pour notre modèle nous on le voit bien chez Sobrant Souchiver nous notre modèle à nous est en crise ça c'est clair que je pense que l'analyse elle est là vous savez la grosse difficulté de vivre c'est toujours la même c'est les marges commerciales et la valeur de marge que ça dégage le livre il est aujourd'hui moins augmenté que le reste des produits en France l'inflation a été moins forte sur le livre je pense qu'aujourd'hui c'est ça il faut se repositionner on n'a pas forcément dans des groupes de taille moyenne comme les nôtres beaucoup d'agilité donc c'est difficile aussi de se remettre de ça après on est sur un court terme plus difficile mais là vous voyez le mois de mai c'est à moins 5 le mois de juin on est à moins 1 sur le marché donc le marché il n'est pas si déclinant que ça il faut arrêter ce pessimisme aujourd'hui alors oui on va être confronté à l'intelligence artificielle oui on va être confronté des problèmes de l'universitaire parce qu'il faut parler de ça aujourd'hui et puis parler aussi de niveau aussi aujourd'hui de l'école en France en général ramener les gens à la lecture le prix est certainement un frein aussi pour beaucoup de monde mais il y a quand même une appétence sur des rayons qui fonctionnent super bien je veux dire on peut parler des bandes dessinées de la jeunesse il y a des rayons loisirs qui fonctionnent très bien quand même il y a la BD la jeunesse ça a sauvé parfois merci infiniment Franck Brunet ça a sauvé parfois Régine Hatchondo certaines librairies de se spécialiser ou pas ?
Oui même si là les librairies spécialisées sont quand même en difficulté aussi mais ça a dû être bien sûr au moment de l'accroissement énorme du marché de la bande dessinée des mangas je pense que ça a été pour certaines librairies une véritable opportunité la romance est aussi une source de vente très conséquente auprès des jeunes adolescentes notamment après pour revenir sur le marché dont monsieur disait qu'il n'était pas totalement en déclin entre 22 et 25 on a perdu 8,7% du volume donc on n'est quand même pas dans des on n'est pas dans l'épaisseur du trait quand même Amanda Spiegel en plus en plus comme on est sur des marches qui sont extrêmement faibles ces variations on les ressent extrêmement fort il a évoqué l'IA comme difficulté à venir et il y a d'autres sujets qui sont des grosses difficultés à venir mais par exemple remplacer les manuels scolaires dans les écoles par des tablettes c'est un problème de société c'est inutile de faire ça c'est générer du plastique et du matériau qui est obsolète qui sera obsolète très très vite et à la place d'habituer des gens à lire sur des manuels ça déroute une filière en fait ça c'est compliqué je voudrais juste demander Sarah Soquet est-ce que vous êtes d'accord
avec ce que dit oui totalement je rejoins Amanda
lire sur papier lire sur un manuel scolaire papier n'a rien à voir avec lire sur tablette
bah non c'est comme la liseuse c'est pareil c'est pas tout à fait le même plaisir
le rapport au temps long à l'effort n'est pas du tout le même et pour la mémoire la concentration les repères donc c'est tout à fait prouvé sur le plan cérébral que la lecture sur support numérique n'a pas du tout le même effet et notamment en phase d'apprentissage là on pense aux jeunes gens qui sont encore à l'école collège et lycée ça n'a pas du tout la même efficacité que sur support numérique et d'un point de vue économique sur la filière aussi c'est à dire c'était le métier des gens les éditeurs vivaient avec ça des librairies vivaient avec ça aussi et ça faisait rentrer des gens en librairie on parle de l'IA oui ça vous fait peur Amanda ben oui extrêmement mais en même temps les librairies sont un peu des îlots et je pense que les gens viendront chercher de l'authentique en librairie donc nous on doit être garant de l'authenticité de ce qu'on va vendre et pour ça il faut que les choses elles soient très encadrées qu'un livre qui soit fait avec de l'intelligence artificielle se soit stipulé est-ce qu'un livre fait avec une IA peut se retrouver en librairie alors pour l'instant on essaye vous n'en avez pas pour l'instant mais pour l'instant on a confiance dans le peigne des éditeurs mais par contre les gros faiseurs en ligne les pure players ils inondent le marché de livres faits par de l'IA c'est pas c'est pas c'est pas clair on le voit pas et un livre fait par de l'IA il coûte beaucoup moins cher peu importe peut-être qu'à la vente il est au même prix mais en tout cas il a zéro coût de fabrication il est pas au même prix non non il est pas au même prix et surtout il n'y a aucune alerte qui est faite sur le fait qu'il est entièrement rédigé par l'IA parce qu'il existe aujourd'hui des ouvrages entièrement rédigés par l'IA
et là parfois on ne le sait pas vous voulez dire
non en tous les cas ce n'est pas signalé donc ça c'est un dossier sur lequel on est en train de travailler avec la profession parce qu'on pense qu'il faut signaler il faut distinguer la création humaine de l'intelligence artificielle et il n'y a pas de dépôt légal il n'y a pas de numéro ISBN enfin c'est vraiment un pan aujourd'hui qui échappe totalement au marché mais qui le parasite et d'ailleurs le syndicat national de l'édition est en train d'attaquer avec la SGDL Amazon sur ce sujet en ce moment
Bonsoir Jean-Louis Bonsoir Soyez le bienvenu sur France Inter
Merci Nous vous écoutons Je suis libraire depuis 36 ans Oui Je suis bientôt à la fin J'ai racheté enfin on a racheté avec mes employés la librairie la librairie qui s'appelle je ne sais pas si j'ai le droit de le dire mais
Profitez-en Comment elle s'appelle ?
Expérience Depuis 1973 c'est la plus ancienne librairie de bande dessinée de France
Et vous êtes à Lyon ?
Qui avait été créée par une dame d'ailleurs qui était Madame Cricorian qui était une super super nana et en fait qui était voilà qui était pote avec qui était pote avec Bilal Loisel enfin tous les grands noms de la bande dessinée d'aujourd'hui Ça fait rêver Oui Oui un petit peu mais c'était un bel héritage et moi je voulais réagir sur une chose c'est que de plus en plus maintenant on a contact avec des jeunes et ces jeunes qui viennent des collèges des lycées l'info ne passe plus les cinq pour enfin le prix unique du livre ne passe plus alors nous vos invités vous moi on en parle on le sait on l'a enregistré tout va bien les campagnes qui sont faites malheureusement dans des bouquins ou dans des revues comme Téléramat qui sont déjà acquis à la cause ça ne sert plus à rien moi je pense que quelque chose va se passer à ce niveau-là pour que les jeunes reviennent en librairie pour que les jeunes reviennent et qu'on puisse à nouveau les happer parce que c'est notre métier notre métier moi c'est aimer les gens c'est parler aux gens c'est arriver dans une librairie et leur dire ben voilà j'ai lu ça j'ai lu ça ça me plaît ça me plaît pas enfin bref de pouvoir échanger et moi je pense que ça c'est vraiment un déficit et plus ça va et l'exemple il est simple 30 personnes 30 gamins vous leur posez la question il y en a 10 qui vous disent qu'ils savent que le prix est unique sinon tous les autres pensent que c'est Amazon pensent que c'est la Fénérale pensent que c'est des grandes enseignes et ça ça se vérifie à chaque fois malheureusement donc je pense que là il y a vraiment un déficit et que effectivement pour nous qui vivons dans le livre c'est tellement normal qu'on ne fait plus attention et c'est dommage c'est dommage et on effectivement je vous en parlais parler par exemple des librairies essentielles des choses comme ça oui on a été vraiment ça a été très chouette et effectivement le pass culture a été pour nous une bouée même si c'est pas le coup du manga parce que du coup ben vous pouvez rebondir sur d'autres choses oui oui c'est ce qu'on disait
depuis le début on arrive il y a une porte d'entrée puis après on se débrouille Amanda Spiegel merci Jean-Louis
alors il faut marteler partout qu'un livre a le même prix partout un livre neuf a le même prix partout ça il faut le dire dans les écoles les professeurs doivent envoyer les élèves en librairie chercher leurs livres prescrits oui oui bien sûr j'en doute pas mais encore plus et il y a une responsabilité des pouvoirs publics à plein de niveaux la défense de la loi langue la communication sur la loi sur le prix unique et ben voilà la communication sur le prix unique et on a d'autres attentes auprès des pouvoirs publics donc là il y a la nouvelle ministre qui a lancé une mission flash sur la librairie dont on attend beaucoup et peut-être nous on a évoqué l'idée d'une taxe donc je disais tout à l'heure qu'on aimerait être autonome dans notre travail pour être digne mais pour l'instant on a vraiment besoin d'être aidé et évidemment donc on a aussi énormément besoin du CNL donc on est très inquiet par la baisse des budgets au CNL donc les pouvoirs publics ils ont un rôle à jouer Sarah Soquet
voulait ajouter quelque chose
oui il faut vraiment rappeler que la rencontre avec un livre c'est quelque chose de spirituel et de presque mystique quand on entre dans un livre c'est presque un voyage du héros qu'on fait et une rencontre avec un livre c'est un ravissement c'est quelque chose de rare et presque chaque lecteur ou chaque potentiel lecteur peut avoir un livre qui va changer son rapport à la lecture et le faire devenir lecteur et les libraires ils ont ce rôle vraiment de passeur de conseiller et moi je suis devenue une grande lectrice parce que petite mes grands-mères allaient à la librairie chante-livre ou à l'île aux images à Angoulême et elles étaient conseillées et donc je crois vraiment à cette notion de conseil que peut apporter un libraire c'est très important Régina Chondeau
le conseil d'abord
le contact aussi
souvent en zone rurale il y a des petites librairies qui marchent très bien parce que justement
il y a un rôle social
quand même
bien sûr et le conseil du libraire est absolument essentiel et je pense en plus qu'une relation de grande confiance peut se créer avec le libraire sur la durée il finit par nous je pense qu'il finit par nous connaître comme notre psy d'une certaine manière je pense qu'on peut repérer l'état psychique d'un être à travers ses lectures
puisque vous parlez de psy il y a une neuropsychiatre je crois qui a fait un travail là-dessus sur le plaisir de la lecture et sur le bien que ça fait au cerveau Sylvie Chocron et on a édité
ce tract avec les éditions Fleurus et je regrette parce que je voulais vous en apporter un et j'ai oublié mais on vous l'apportera demain et vous verrez Soledad Bravi a illustré ce tract qui résume les six grandes vertus de la lecture et qui raconte ce qui se passe dans le cerveau Amanda Spiegel Sylvie Chocron elle a raconté ce que la lecture comme la lecture fait du bien au cerveau et elle a aussi raconté comme aller dans les librairies fait du bien au cerveau et détend on ralentit le rythme cardiaque c'est une safe place
en fait c'est assez intéressant parce que je trouve qu'on a toujours ce ressenti quand on arrive dans une librairie de quelque chose de calme d'abord on fait moins de bruit je pense qu'on parle moins fort déjà on chuchote oui on chuchote il y a quelque chose d'apaisé il y a quelque chose d'assez magique Sarah Soquet
oui et par rapport au plaisir il y a la notion aussi de plaisir coupable c'est à dire que un livre quand il vous emporte il y a une espèce de jubilation on n'arrive pas à le lâcher et il faut vraiment rappeler ce plaisir presque enfantin parfois un peu honteux qu'on peut avoir vraiment avec la lecture qui n'est pas qu'un rapport intellectuel et là l'été c'est le moment d'y aller
quoi ah oui l'été c'est le moment d'y aller oui on part à la plage on fait exactement ce qu'on veut quoi parce que parfois il y a les parents qui râlent sur les ados sur la romance en disant quand même c'est pas de la grande littérature mais au fond ce qui est intéressant c'est juste de lire quoi oui
il faut que les parents lisent aussi parce que les enfants disent dans notre étude c'était intéressant par rapport à il y a 10 ans aujourd'hui 18% d'entre eux des 7-9 ans disaient mais moi je vois jamais mes parents lire alors que c'était 7% il y a 10 ans il faut donner l'exemple je pense qu'on est tous complètement on est collectivement on est collectivement concernés par la question de la relation de notre nation au livre
et bah voilà lisons lisons et allons chez les libraires merci à vous toutes d'avoir participé à cette émission merci à l'équipe du Téléphone Sun Marieuse Seriez Pierre De Certaine à la programmation Baptiste Piqué à la documentation et à la technique en ce moment Julien Dumont et Marie Potier après 20h les petits bateaux avec la question d'Alice 6 ans
et j'aimerais savoir pourquoi du coq à l'âne et pas de la girafe à la chouette chouette à l'ouibou à l'ouibou
à l'ouibou