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Interviewyoutube.com· 24 octobre 2025 22 minContradictoireFond programmatiqueBudget & impôtsÉconomie & entreprisesRetraitesInstitutions & élections

Budget, censure, RN...l'interview d'Olivier Faure, premier secrétaire du PS, en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 40 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:55RelanceRéponse directe

    Sans taxe sur les plus riches, pas de budget et vous ferez tomber le gouvernement, c'est bien ça ?

  • 2:42OuverteRéponse directe

    Vous vouliez 15 à 20 milliards de la taxe Zuckman : combien pour que l'effort soit suffisant ?

  • 4:00OuverteRéponse partielle

    Faut-il taper sur les riches, ou taxer plutôt les GAFAM comme le propose Jean-René Cazeneuve ?

  • 5:40RelanceRéponse directe

    Êtes-vous prêt à assumer les conséquences politiques d'une dissolution provoquée par votre ultimatum ?

  • 20:25RelanceRéponse partielle

    N'est-il pas dangereux de jouer avec la censure quand une agence menace de dégrader la note de la France ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:06Olivier FaureChiffre
    « qui a une fortune qui est de plus de 150 milliards d'euros, »
  • 5:10Olivier FaureChiffre
    « a gagné en une journée 19 milliards de dollars. »
  • 12:30Olivier FaureChiffre
    « Et je rappelle que ces gens-là ont fait 5%. »
  • 2:06Olivier FaureChiffre
    « et de l'ordre de 15-16 milliards aujourd'hui. »
  • 4:17Olivier FaureFait
    « Nous l'avons proposé dès le mois d'août. »

Temps de parole

  • Olivier Faure62 %
  • Présentateur16 %
  • Invité10 %
  • Invité 27 %
  • Invité 33 %

5,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et j'accueille Olivier Faure. Bonjour Olivier Faure. Bonjour. Premier secrétaire du Parti Socialiste. Est-ce que je me trompe en disant ce matin que Boris Vallaud, qui est le chef des députés socialistes, hier a lancé un véritable ultimatum au gouvernement sur la discussion budgétaire qui commence cet après-midi à 15h dans l'hémicycle ?

0:20
Olivier Faure

Il y a eu un avertissement, y compris en commission des finances, qui a, depuis le début de la semaine, cherché à examiner le texte qui était proposé par le gouvernement. Et comme vous l'aurez noté, ce texte n'a pas trouvé de majorité. Et donc, il y a aujourd'hui, effectivement, une réalité. C'est que si dans les toutes prochaines heures, en gros jusqu'à lundi prochain, il n'y avait pas d'évolution sensible sur le texte, il n'y aurait aucune marge de manœuvre accordée sur le PLF et sur le PLFSS, sur le budget de l'État et sur celui de la Sécurité sociale. Et donc, en réalité, ce serait terminé.

0:55
Présentateur

– Alors, attendez, pour que celles et ceux qui nous regardent comprennent bien, ce que vous dites ce matin, et ce qu'a dit Boris Vallaud hier, c'est en clair, s'il n'y a pas de taxe Zuckmann, s'il n'y a pas de retour de l'impôt de solidarité sur la fortune, s'il n'y a pas de mesure majeure avec des milliards à la clé sur la fiscalité des plus riches, il n'y aura pas de budget, vous ne voterez pas, et en plus, vous ferez tomber le gouvernement. C'est bien ça.

1:16
Olivier Faure

– Vous avez bien compris. Vous avez bien compris, tout simplement parce que, alors, je veux quand même préciser les choses, il ne s'agit pas de dire que nous serons des taxophiles, le but n'est pas là. Mais simplement, il faut comprendre que nous examinons dans un premier temps la partie recette du budget. Si nous n'avons pas de recette supplémentaire, nous ne pourrons pas corriger le reste de la copie qui viendra après. Et par exemple, moi, je ne voterai jamais, et je me battrai même contre un budget qui ferait les poches des retraités, des malades, des jeunes, des familles. Tout ça n'est pas supportable.

On ne peut pas demander à toutes ces catégories-là de la population, aux classes populaires, aux classes moyennes, de continuer à faire des efforts quand les plus riches n'en font pas. Et ce que tout le monde doit comprendre, c'est que tout ce que les plus riches ne paieront pas, tous les autres auront à le payer. Et donc, c'est la raison pour laquelle il y a effectivement de gros efforts à faire et de l'ordre de 15-16 milliards aujourd'hui. Et donc, nous avons besoin d'avancer. Ça n'était pas le cas.

2:13
Invité

Je vous laisse en parlant de mes camarades. Est-ce que ça veut dire que c'est la taxe Zuckman, rien que la taxe Zuckman ?

2:19
Olivier Faure

Ça veut dire que la taxe Zuckman est une solution. Et au gouvernement, de faire la démonstration qu'il y a une autre solution. Moi, ce que je veux, c'est un rendement. Ce que je veux, c'est qu'on ait assez d'argent dans nos poches pour éviter de prendre dans les poches des Français moyens, ordinaires, qui, eux, n'en peuvent déjà plus. Et donc, il y a nécessité... Alors, attendez, soyons concrets ce matin. Vous avez appelé le mot de rendement.

2:40
Présentateur

Vous avez dit rendement. La taxe Zuckman, vous espériez en recueillir 15 milliards d'euros au bas. Bon, peut-être 20, même, disaient certains. Vous voulez combien pour considérer que l'effort demandé aux plus riches est suffisant ?

2:52
Olivier Faure

Je pense que si on arrive à trouver de l'ordre de 15 et 20 milliards d'euros de recettes supplémentaires, et bien, effectivement, nous avons là les moyens de corriger la copie, de corriger une copie qui est...

3:06
Présentateur

Donc, à moins de 15 milliards, c'est censure du gouvernement.

3:09
Olivier Faure

La copie initiale du gouvernement ne sera pas la copie de sortie. Alors, après, il y a un équilibre... Pardon de la technique, mais il y a un équilibre entre les nouvelles recettes et puis le montant du déficit, puisque le Premier ministre a laissé passer l'idée qu'on ne serait pas forcément à 4,7 points de PIB de déficit. Peut-être qu'on irait jusqu'à 5.

3:30
Présentateur

Donc, ce n'est peut-être pas 15 milliards.

3:31
Olivier Faure

Ça peut être moins. Ça veut dire qu'il faut retrouver des marges de manœuvre pour éviter tout ce que la copie initiale comprend, l'abattement sur les retraités, je pense au gel des pensions de retraite, au gel des prestations sociales, à tout ce qui va faire rentrer dans l'impôt sur le revenu des gens qui n'y sont pas aujourd'hui. Toutes ces séries d'horreurs qui, aujourd'hui, frappent les Français et qu'il faut retirer. Et pour les retirer, il faut des moyens pour cela.

3:57
Invité

Est-ce qu'il faut obligatoirement taper sur les riches ? Jean-René Cazeneuve, qui est du socle commun de Renaissance, a fait une proposition, peut-être, c'est de taxer davantage les GAFAM. Est-ce que ça, c'est quelque chose qui vous conviendrait avec un rendement, là aussi, autour de 15 milliards, visiblement ?

4:10
Olivier Faure

Non, ce n'est pas 15 milliards. La réalité, d'abord, nous avons nous-mêmes proposé d'augmenter la taxe sur les GAFAM. Nous l'avons proposé dès le mois d'août. Donc, ce n'est pas, pour nous, évidemment, un problème. Simplement, il faut faire attention, là aussi, les GAFAM, il faut, effectivement, augmenter leur contribution. Dans quelle proportion ? Les GAFAM, pour que ceux qui nous regardent,

4:31
Présentateur

c'est Google, Apple, c'est les géants de la tech.

4:34
Olivier Faure

Oui, ils ne proposent pas 15 milliards. Mais il faut faire attention, là aussi, est-ce qu'il n'y a pas une mesure de rétention au côté américain, qui coûterait plus cher, en réalité, aux entreprises françaises que l'inverse ? Donc, il faut taper sur les gros patrimoines. Mais il faut taper sur les GAFAM, il faut taper sur les ultra-riches, bien sûr. Il faut taper sur les héritages, sur les super-héritages aussi. Il faut faire en sorte qu'on prenne l'argent là où il est disponible. Tout ça en deux jours. D'ici à l'avis, vous vous rendez compte,

4:58
Invité

vous pensez que vous pourriez trouver des accords ?

5:00
Olivier Faure

Rémi Trottin, rendez-vous compte quand même que la semaine dernière, Bernard Arnault, première fortune de France, qui a une fortune qui est de plus de 150 milliards d'euros, a gagné en une journée 19 milliards de dollars. Est-ce que vous considérez que quelqu'un qui gagne en une journée 19 milliards de dollars ne peut pas contribuer plus largement à la prospérité commune ? Est-ce que c'est possible de l'imaginer ou pas ? C'est la question à l'étranger.

5:26
Invité

C'est déjà le bureau. Est-ce qu'il est possible d'imaginer d'avoir ces débats sans parler de Bernard Arnault ? Voilà l'autre question. Mais pour vous, je remarque que la sémantique est importante. Ce n'est pas un ultimatum, c'est un avertissement. Vous vous dégagez toujours une petite marge. Est-ce que vous êtes prêt à vivre avec les conséquences politiques de l'ultimatum ou de l'avertissement et de forcer une dissolution ? Et possiblement de politiquement avoir à vivre avec les conséquences d'une dissolution. Parce que votre menace, elle est opérante si M. Lecornu pense que vous avez le cran d'aller jusqu'au bout.

5:59
Olivier Faure

Mais nous avons déjà fait la démonstration à plusieurs reprises que nous avions à la fois le cran de chercher à négocier quand il y avait quelque chose à négocier et que nous avions aussi le cran d'aller jusqu'au bout, c'est-à-dire jusqu'à la censure et jusqu'à la dissolution. Ces nécessités s'en faisaient sentir.

6:14
Invité

Mais j'ai eu l'impression, pendant cette semaine où on ne savait plus vraiment qui était Premier ministre, si M. Lecornu restait ou s'en allait, que vous avez eu un petit frisson quand même à l'idée qu'on se retrouve plus rapidement que prévu dans un scénario de dissolution. – Non, aucun frisson.

6:29
Olivier Faure

– Aucun frisson. – Je vous rassure, aucun frisson.

6:31
Invité

– Néla Latrousse.

6:32
Olivier Faure

– Je suis maintenant rassuré.

6:33
Invité

– Néla Latrousse. – Vous avez un des accords plus fondamentaux avec Sébastien Lecornu et de la même de la taxe Zuckmann, c'est son rendement qu'on évoquait il y a quelques instants. Les services de Matignon disent « Ça ne ramènerait pas 15 à 20 milliards » dans la mesure où… – Alors, toujours là. – Non mais, ils disent « Ça aura des effets néfastes et ça ne rapportera pas autant ». En partant du principe, en contestant la méthodologie qui a été utilisée, à savoir reposer sur le classement fort, dont finalement, ce n'était pas une source scientifique pour le calcul d'une telle taxe.

Est-ce qu'en dessous de 15 milliards, ça ne discute pas, encore une fois, si vous tombez sur un effort fiscal de 10 milliards qui repose sur un bassin à définir avec le Premier ministre ? Ou est-ce que c'est vraiment, qu'importe vos questionnements sur la méthode, c'est 15 à 20 milliards et rien d'autre ?

7:18
Olivier Faure

– Je vous répète ce que j'ai dit tout à l'heure, c'est-à-dire que je veux un rendement. Je veux qu'on puisse épargner les classes populaires et la classe moyenne.

7:27
Invité

– Oui, mais ce n'est pas la même chose si vous divergez sur le rendement de la taxe

7:30
Olivier Faure

c'est que vous arrivez à un effort finalement

7:32
Invité

et à un calcul commun.

7:32
Olivier Faure

– Si le gouvernement considère que la taxe Zuckman ne rapporte que 5 milliards, – Il faut trouver autre chose. – Non, non, bien sûr qu'il faudra trouver autre chose, mais jusqu'ici, ce qu'on nous expliquait, c'est que c'était trop. Il ne fallait pas se polier les grandes fortunes. Bon, si ça ne prélève que 5 milliards sur les grandes fortunes, alors allons-y. Quel est le problème ? En fait, vous pensez vraiment que des gens qui ont accumulé, enfin qui ont passé, qui sont passés d'un patrimoine de 600 milliards à 1 200 milliards en 8 ans, est-ce que vous pensez qu'on ne peut pas leur prélever 5 milliards ?

Si on ne peut pas leur prélever 5 milliards, alors comment voulez-vous, dans le même temps, prélever en fait près de 4 milliards sur les prestations sociales, sur les retraites, etc.

8:14
Présentateur

– Olivier Faure, moi j'aime bien qu'on raconte les coulisses de ce qui se passe, pour que les gens comprennent. Il y a ce qui va se discuter dans l'hémicycle. Les députés vont commencer à plancher cet après-midi à 15h, ils vont travailler samedi, ils vont travailler toute la semaine prochaine. Le vote solennel, c'est de 4 novembre. Pendant qu'il y a ce travail-là dans l'hémicycle, est-ce que vous pouvez nous confirmer ce matin que vous discutez avec le Premier ministre, parallèlement à ce qui se passe dans l'hémicycle, pour discuter du meilleur périmètre possible, pour qu'il n'y ait pas cette censure, et que vous puissiez voter ce budget ?

8:48
Olivier Faure

– Évidemment que des contacts existent, mais le débat, il aura lieu à ciel ouvert.

8:53
Présentateur

– D'accord, mais lors de ces contacts, vous discutez de quoi concrètement ?

8:57
Olivier Faure

– Mais de ce que je vous dis là, et il n'y a pas de on et de off, il y a en réalité un débat qui est un débat que nous devons avoir devant les Français, dans l'hémicycle, et il y aura à ce moment-là la VT des Prix, qui a commencé d'ailleurs en commission. C'est un élément parallèle à ce qu'on vient de se dire, mais vous aviez jusqu'ici un rassemblement national qui s'est toujours tiré de toutes les discussions, en appelant à la dissolution, à la démission, tout ce que vous voulez, mais qui ne disait jamais ce qu'il était. Aujourd'hui, chacun peut se rendre compte que les masques tombés, le RN n'est pas un parti qui protège les classes populaires et la classe moyenne.

C'est un parti qui est du côté du grand capital.

9:39
Présentateur

– Qu'est-ce qui vous permet de dire ça ?

9:41
Olivier Faure

– Mais ils sont absolument contre toute forme de taxation des plus riches. Ils ont défendu les plus riches tout au long de la commission des finances. Et nous allons maintenant voir en séance publique qu'ils vont à nouveau, j'imagine, prolonger ce qu'ils ont fait en commission et nous verrons bien que c'était une imposture et qu'en réalité, ces gens qui se sont fait passer pour les défenseurs de la veuve et de l'orphelin, en réalité, n'ont Dieu que pour, en fait, Vincent Bolloré.

10:09
Présentateur

– Bon, en tout cas, une information, le Parti Socialiste, les députés discutent bien avec Matignon pour trouver une porte de sortie, sans savoir d'ailleurs si cette porte de sortie sera ouverte ou fermée. – Mais pas de sortie, justement. – Aurore Malval.

10:20
Invité

– Par rapport à ça, je reviens sur la question de la suspension de la réforme des retraites. Donc cette lettre rectificative qui en a précisé les modalités de financement. Est-ce que vous avez une impression d'une entourloupe, là, parce que vous n'êtes pas du tout d'accord sur les pistes qui sont proposées ? Donc notamment de faire payer aux retraités la suspension de cette réforme. Comment ça s'est décidé, finalement ?

10:39
Olivier Faure

– C'est le gouvernement qui a accédé à notre demande d'avoir une lettre rectificative qui permet de sécuriser le processus. Il fallait en reprendre la technique. Mais enfin, en gros, maintenant, on est sûr que la suspension aura lieu. – Mais à quel prix ? – Le problème, c'est à quel prix et qui paye. Et là, nous ne sommes pas d'accord. Mais vous pouvez regarder sur le site de l'Assemblée, il y a la lettre rectificative avec une annotation manuscrite du Premier ministre qui dit à débattre sur la façon dont on va financer cette suspension. Et donc, nous débattrons et nous nous opposerons au financement tel qu'il est prévu aujourd'hui.

On ne peut pas dire que parce qu'on va permettre à des gens de partir plus tôt, ce sont les autres retraités qui doivent le payer. Donc, ce n'est pas possible.

11:21
Invité

– Sur le budget, Sébastien Lecornu a dit que ce ne serait pas le budget Sébastien Lecornu. Mais on a l'impression que vous voulez que ce soit le budget Olivier Faure. Mais le budget Olivier Faure ne trouvera pas non plus une majorité. – Bien sûr. – Le budget Olivier Faure tombera parce que les LR ou Horizon votera compte. Donc, en réalité, il n'y aura pas du tout de budget. Est-ce que vous n'êtes pas en train de faire monter trop les enchères actuellement avec un risque au final politique que tout ça se réduise à un état de poussière en réalité ?

11:44
Olivier Faure

– On parle de quelle copie ? – On parle d'une copie qui est une copie partagée entre, en réalité, à la fois les LR et ce qu'on a appelé le… je ne sais plus comment on les appelle. – Le bloc central. – Le bloc central. – Bon, eh bien, en fait, tous ces gens-là étaient d'accord sur la copie initiale. C'était même la copie initiale du gouvernement Lecornu 1 dans lequel ils étaient tous présents. Donc, cette copie-là, c'est la leur. On parle de leur copie. Et donc, nous, nous amendons leur copie. – Mais il n'y aura pas de majorité, votre copie, le seul risque. – Il n'est pas illogique que nous ayons des exigences parce que c'est quand même un peu fort de café.

Nous avons, l'an passé, été placés en tête par les Français dans le scrutin. Ils sont, eux, au gouvernement. Les LR sont encore au gouvernement puisqu'ils sont simplement suspendus pour ceux qui y sont. Et je rappelle que ces gens-là ont fait 5%. Donc, comment est-il possible qu'on nous demande à nous de vouloir approuver un Premier ministre, un gouvernement et une politique qui ont été défiées par les Français ? Et maintenant, il faudrait en plus qu'on baisse pavillon. Non, nous ne baisserons pas pavillon. Et donc, nous exigeons effectivement de vrais correctifs. Si ces correctifs n'existent pas, alors nous partirons aux urnes. Et ça n'est pas si grave. Moi, ça ne me pose pas de problème.

– Est-ce que vous êtes en train de dire qu'on va censurer tout Premier ministre ? – Il faut que nous ayons un budget avant la fin de l'année. Mais si, à un moment, il n'est pas possible d'en trouver les conditions, alors nous irons aux urnes. – Donc, ça revient à dire

13:05
Invité

« Nous censurerons tout Premier ministre ». Si je fais de la politique fiction pour vous suivre, Sébastien Lecornu, qui a une autorité toute relative sur ce bloc central, c'est-à-dire que ce coup de pression fonctionne s'il avait la main sur la majorité, que l'ensemble des députés l'équipentait, de LR jusqu'à EPR, c'est-à-dire Renaissance, le groupe de Gabriel Attal. Ce n'est pas franchement le cas. Vous censurez Sébastien Lecornu. Derrière, pas de budget, ou en tout cas, difficilement des débats budgétaires dans les temps contraints par la Constitution.

Ça veut dire très probablement, si un nouveau Premier ministre est nommé ordonnance, aucune raison par ordonnance de vous accorder la même chose que Sébastien Lecornu a refusé sur la taxation des plus riches, etc. Non, mais je continue le scénario. Donc, on recensure. Et donc, c'est ce que vous êtes en train de dire. Nous censurons tant que nous n'obtiendrons pas.

13:52
Olivier Faure

– Mais vous êtes en train d'expliquer très exactement les raisons pour lesquelles nous n'avons pas censuré a priori. Et donc, je partage complètement ce point de vue. – Mais donc, c'est-à-dire censure

14:01
Invité

de tout Premier ministre renommé par Emmanuel Macron qui ne cèderait pas à vos demandes.

14:05
Olivier Faure

– Mais il n'y aura une discussion. Et la réalité, c'est que nous avons quand même… Enfin, c'est là où je trouve ça… Enfin, il ne faut pas inverser à la charge de la preuve. La réalité, c'est que nous, nous avons fait l'effort de ne pas censurer un Premier ministre, a priori, pour toutes les raisons que vous venez d'évoquer, parce que c'était en réalité très contre-productif, puisqu'en réalité, nous nous aurions fait imposer tout ce que nous ne voulons pas. Donc, nous avons accepté d'entrer dans la discussion. Maintenant, il faut qu'il y ait une discussion. Pour l'instant, nous n'avons pas vu trace de la volonté de compromis de la part du bloc central.

Et l'avertissement, il n'est pas simplement pour le Premier ministre. Il est aussi pour les groupes parlementaires qui constituent ce bloc central et qui ont, eux aussi, une part de la réponse. Et donc, c'est à eux aussi de faire l'effort.

14:48
Invité

– Stéphane Bureau. – Vous parlez de ce que, sur la question des dépenses, pardon, des revenus, il faut faire des gains. Vous voulez absolument faire des gains, soit. Mais sur la question des dépenses, où êtes-vous prêt à retrouver, peut-être à mi-chemin, M. Lecornu et le fameux bloc central? Parce que, nécessairement, il doit y avoir un point d'équilibre. Sinon, on se retrouve dans les passes, comme le dit Néla. Et êtes-vous prêt à mettre sur la table, déjà, d'annoncer des choix que vous seriez prêt à concéder au gouvernement?

15:16
Olivier Faure

– Mais vous aurez noté que j'ai parlé tout à l'heure d'entre 16 et 20 milliards. Je n'ai pas dit que c'était l'intégralité de ce qui était proposé, qu'il fallait rejeter. Donc, j'ai bien conscience du fait qu'il faut arriver à trouver une trajectoire de désendettement du pays. Et quand nous, nous avons proposé notre propre contre-budget au mois d'août, nous avons fixé une trajectoire à 5%, ce qui n'est pas, en fait, ce qui est...

15:44
Présentateur

– Très éloigné de ce que propose Sébastien Lecorn.

15:46
Olivier Faure

– Il propose 4-7, on propose 5, on est à 5-4 aujourd'hui. Donc, on est à mi-chemin. Cette trajectoire, nous ne l'avons pas fixée seule, c'est la trajectoire fixée par l'OFCE. Et donc, nous sommes dans une situation où nous cherchons à faire à la fois du désendettement, mais ne pas étouffer l'économie. Si vous tuez la consommation populaire, vous tuez l'économie tout court, et vous n'aurez pas de croissance.

Donc, nous avons besoin là de maintenir un effort qui soit un effort soutenu, mais un effort qui soit acceptable, un effort qui ne porte pas principalement sur les classes populaires et la classe moyenne, parce que si c'est eux qui payent, vous savez que vous allez effondrer l'économie française.

16:20
Présentateur

– Je reviens sur ce que Boris Vallaud, le chef des députés socialistes, a dit hier. Il a dit, ça m'a frappé cette phrase, il a dit, tout se joue ce week-end. Parce que je le disais, les députés vont travailler dès cet après-midi, toute la journée de samedi, et puis reprendre la semaine prochaine. Pourquoi ce week-end ? Ça veut dire que dès ce week-end, vous pourriez dire, ok, le compte n'y est pas, on arrête les frais et mettre le pouce en bas ?

16:41
Olivier Faure

– Parce que dans la discussion des premiers articles, il y a là, en fait, des éléments qui permettent de se dire si nous aurons des marges de manœuvre ou pas, pour la suite. Et donc, c'est peut-être pas simplement aujourd'hui, d'ailleurs ce soir, on va commencer les articles à 21h. Mais ce soir, demain, lundi, il y a l'essentiel de ce que peut être la marge de manœuvre d'un budget qui permettrait ensuite d'enlever tout ce qu'on a appelé nous-mêmes le musée des horreurs. Donc que si nous n'avons pas les moyens de retirer ensuite les horreurs, effectivement, il n'y a plus de débats possibles.

17:19
Présentateur

– Quand on vous écoute, on a l'impression vraiment que le pouvoir est vraiment entre Matignon et le Parlement. Est-ce qu'il y a un troisième personnage, le président de la République, qui gêne les discussions que vous pouvez avoir avec le Premier ministre ? Ou est-ce que vous avez le sentiment que le Premier ministre a carte blanche pour négocier avec vous ?

17:37
Olivier Faure

– Je n'en sais rien. Le nom du président de la République n'apparaît jamais dans les discussions. Mais peut-être est-il effectivement un frein. Je n'en sais rien. Je n'en ai aucune idée. Mais simplement, ce que je sais, c'est qu'il y a en fait un chemin qui est étroit. Nous avons fait un pari. Le pari, il est un pari conjoint. Se dire que nous pouvons avoir un Parlement qui, en liberté, parvient à trouver un moment, une voie de passage, donc des compromis, qui permettent au pays d'avancer. Voilà. C'est simple.

18:07
Invité

– Vous parlez avec Gabriel Attal, avec Laurent Wauquiez, avec Marc Fénaud. Puisque vraisemblablement, vous dites, c'est au Parlement de trouver les voies du compromis. Or, pour l'instant, le message de Boris Vallaud, il est adressé à Sébastien Lecornu et pas aux autres présidents de groupe. – Non, non, non.

18:21
Olivier Faure

– Brice Vallaud s'adresse aussi aux présidents de groupe.

18:22
Invité

– Vous nous avez dit, on parle avec Matignon. Il y a des échanges. Est-ce que vous avez des échanges avec les autres présidents de groupe parlementaire ?

18:27
Olivier Faure

– Il y a des échanges entre les présidents de groupe parlementaire, bien sûr, et il y a évidemment une discussion ininterrompue. – Mais infertile. – Comment ?

18:38
Invité

– Mais infertile, vraisemblablement.

18:39
Olivier Faure

– Mais inaboutit. Donc, pour l'instant, nous n'en sommes pas… – Enfin, vous avez le résultat de la commission. Mais si vous voulez qu'on reproduise en séance publique tout à la fin en commission…

18:47
Invité

– Non, il disait hier, ce n'est pas un échec, c'est juste un rejet. Il disait, il y aura de la responsabilité dans l'hémicycle. Ça, vous ne croyez pas ?

18:52
Olivier Faure

– Si, j'y crois. Je crois que c'est possible. Je ne suis pas venu ce matin vous dire, c'est fini. Je suis en train de vous dire que, pour l'instant, on est très loin du compte. Et que donc, il y a une discussion qui va être une discussion difficile, que nous mènerons ardemment et nous ferons en sorte de nous faire entendre parce que si nous ne sommes pas entendus, l'histoire s'arrête.

19:12
Invité

– J'ai raté tout à l'heure que vous avez dit « nous » avons été choisis il y a un an par la majorité des Français. Ce « nous » est-il encore existant ? Est-ce qu'il y a un « nous » de la gauche qui travaille ou ce sont les socialistes en cavalier seul qui, aujourd'hui, arbitrent les débats ? Avez-vous l'impression de parler aussi avec vos anciens amis ?

19:30
Olivier Faure

– Mais il n'y a pas d'anciens amis. En fait, il y a des gens avec qui je partage des combats et avec lesquels je continue à partager des combats. On a beaucoup parlé de la taxe Zuckman. On pourrait aussi parler de la suspension des retraites. On pourrait parler de tout ce qui a été notre socle commun à nous. – Il y a toujours un « nous » ? – Il y a toujours un « nous » bien sûr. – Avec les insoumis aussi ? – Mais en commission, les combats sont souvent des combats partagés où nous votons ensemble les mêmes amendements. Après, il y a ceux qui sont dans une forme d'intransigeance et qui considèrent que c'est tout ou rien.

– Vous n'êtes donc pas dans les intransigeants dans le cas des intransigeants ? Nous, nous considérons que ce n'est pas tout ou rien parce que si c'est tout ou rien, ce ne sera rien. Donc nous préférons évidemment le fait d'avoir au moins une partie de ce que nous cherchons. Mais sur les objectifs fixés, bien sûr que nous sommes ensemble.

20:18
Présentateur

– Ce n'est pas un peu compliqué, dangereux même de jouer avec le feu, la censure, etc. au moment où une troisième agence de natation s'apprête peut-être à dégrader la note de la France. On imagine les conséquences d'une censure. Vous dites « tout se joue ce week-end ». Donc ce que j'entends, c'est qu'il pourrait y avoir déjà peut-être une censure qui arriverait dès le début de la semaine prochaine. Ce n'est pas dangereux de jouer avec le feu comme ça compte tenu de la situation économique de la France ?

20:43
Olivier Faure

– Laurent Neumann, en fait, le gouvernement chiffre à 15 milliards le coût d'une dissolution. Je vous ai dit que moi, je cherchais des marges de manœuvre entre 15 et 20 milliards. Et qu'est-ce que préfère le gouvernement ? Il préfère chercher une stabilité avec nous et faire en sorte qu'il y ait une vraie évolution pour épargner les Françaises et les Français qui ne peuvent plus payer ce qu'on leur demande ? Ou est-ce qu'il préfère une dissolution qui le coûtera de toute façon 15 milliards ? Moi, je pense qu'à un moment, il faut essayer de raisonner à froid et essayer de trouver les bonnes solutions.

21:14
Présentateur

– Merci Olivier Faure, merci d'être venu répondre aux questions de tous mes complices. Ils avaient plein de questions à vous poser. Je retiens un chiffre, 15 à 20 milliards.

21:22
Olivier Faure

– On peut rester après une heure, c'est vrai.

21:22
Présentateur

– 15 à 20 milliards. Non, parce que dans un instant, on va aller suivre Gérald Darmanin qui arrive dans quelques minutes à Bordeaux. Il se rend à l'École nationale de la magistrature. C'est tous les futurs magistrats. On a besoin de magistrats. On va parler de droit, entre autres. On revient dans un instant. – Sous-titrage Société Radio-Canada –