Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewParti socialiste (sur YouTube)· 27 août 2023 70 minAutoproduit

Média des Idées | Épisode 4 : Quelle liberté d'informer à l'heure de la concentration des médias ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

est-ce que c'est bon ouais bonjour à toutes et à tous nous sommes très heureux avec Sarah Proust de vous accueillir en direct dans ce formidable décor vous avez la loi juste derrière nous nous sommes dans les jardins de l'Évêché à Blois une édition spéciale du média des idées qui est à la fois en direct et dans cette dans cette décor exceptionnel alors c'est quoi le média des idées pour ceux qui auraient raté le premier épisode nous avons créé le média des idées au mois de juin avec un objectif très précis renouer d'abord avec le monde des idées avec ceux qui les produisent notamment les universitaires les intellectuels les romanciers les écrivains on a déjà produit trois émissions que vous avez peut-être vu si c'est pas le cas et le troisième édition que nous avons publié au mois de juillet avec la philosophe historienne Stéphanie Rosa sur la gauche et les lumières et vous nous retrouverez désormais deux fois par mois à partir de la rentrée sur les réseaux sociaux et la chaîne Youtube du Parti socialiste le média des idées consacre donc sa quatrième édition à la question de la liberté d'informer un sujet d'actualité et donc dans ces conditions du direct mais je laisse Sarah vous présenter la thématique qui va nous animer pendant une heure merci Luc bonjour à toutes et bon j'ai subi ou bien de recul ou bien au contraire a pu avoir de nombreux avancées et donc on voit bien l'articulation entre cette liberté d'informer et les contextes politiques et historiques mais depuis quelques années la concentration des médias le lien entre les actionnaires et la ligne éditoriale la question tout simplement de l'indépendance des médias sont des débats récurrents et pour cause et pourquoi on se souvient 2016 grève à i-Télé 2021 à Europe 1 depuis de nombreux licenciements ou des départs massifs du groupe Prisma media qui est un groupe qui détient de nombreux médias et de nombreux titres français licenciement on va y revenir de manière précise à à Paris Match au printemps dernier et puis bien sûr cet été on s'en souvient depuis le mois de juin jusqu'au premier août 40 jours de grève au JDD contre la nomination de Geoffroy Lejeune comme rédacteur en chef nomination par Arnaud Lagardère et donc on sait à quel point cette question de liberté une expression de liberté des médias est au cœur de l'ensemble de ses conflits et de la liberté de la presse alors loi transpartisane déposée cet été au Parlement mais aussi un engagement de longue date d'un certain nombre de parlementaires et permettez-moi de citer ici le travail de Patrick bloge de David hassouline de Sylvie Robert notamment ces dernières années mais nous devons travailler plus nous devons travailler plus nous devons agir nous devons aussi nous mobiliser plus parce que le contexte l'exige aujourd'hui de plus en plus alors parce qu'il s'agit d'un enjeu fondamental de la démocratie la presse est un pilier de la démocratie parce que notre immobilisme pourrait avoir des conséquences absolument délétères dans les mois qui viennent et parce que nous avons les moyens d'agir parce que nous devons trouver de nouveaux moyens d'agir nous avons donc décidé de conclure ces universités d'été avec cette grande question quelle liberté d'informer quelle liberté de la presse à l'heure de la concentration des médias alors pour nous aider à réfléchir pour nous aider à y voir clair pour nous aider à agir aussi Luc nous avons ce matin beaucoup d'invités de très grands invités on a six invités qui vont se succéder sur ce plateau en deux séquences et je vais me permettre de les appeler les uns après les autres y compris sous vos applaudissements j'accueille d'abord vous le connaissez vous le voyez vous l'écoutez vous l'entendez Patrick Cohen chroniqueur sur France 5 merci Patrick Cohen d'avoir répondu à notre invitation je vous demande d'accueillir également Fabrice Arfi de Mediapart [Applaudissements] et je vous demande d'accueillir avec un soin particulier une journaliste qui a qui va nous raconter son histoire elle est ses collègues qui ont beaucoup souffert je crois et elles veulent le dire au cours des dernières semaines je vous demande d'accueillir Emmanuel soufi du Journal du dimanche ou plutôt ex Journal du Dimanche [Applaudissements] [Musique] [Musique] je viens de le dire vous êtes où vous étiez je ne sais pas comment il faut dire aujourd'hui une journaliste lustre notamment sur les questions sociales aujourd'hui dimanche voilà on a envie de vous demander comment vous avez vécu ces dernières semaines puisqu'on a suivi tous évidemment le mouvement de grève et de protestation des journalistes du Journal du Dimanche voilà je crois que vous avez aussi on y reviendra quelques éléments qui ne vous permettent pas de vous exprimer avec l'entière liberté de la journaliste que vous étiez aujourd'hui dimanche donc voilà peut-être pour commencer cette cette émission on a envie de vous entendre sur la façon dont vous avez vécu à vous et vos collègues puisque vous êtes d'une certaine manière une porte-parole des dizaines de journalistes qui ont subi le même sort que vous de que vous nous disiez comment vous avez vécu cette séquence déjà je voudrais vraiment vous remercier du fond du cœur et puis au nom de toute la rédac de l'ancien parce qu'on parle de l'ancien JDD du nouveau JDD c'est pas le même remercier en fait d'organiser ce genre de débat on sent que voilà aujourd'hui il y a un peu un réveil déconsciences sur l'importance de de la liberté d'informer l'importance de la diversité des opinions et de la façon même de faire notre métier cette façon là elle a été chamboulée si je puis dire avec voilà une nomination qui s'est faite vraiment contre la volonté de la direction enfin de la direction de la rédaction mais pour en tant que voilà l'arrivée de quelqu'un qui avait un comment dirais-je un passé donc qui était lui-même directeur de la rédaction de valeur actuelle qui a été licenciée parce que trop à l'extrême droite arriver à la tête d'un journal comme le JDD qui a 75 ans qui est plutôt alors ces journal du pouvoir alors on a pu lui dire nous dire que on était journal de la macronie on était journal de Sarkozy en fonction du pouvoir qui était à la à la tête de l'État en tous les cas nous on a toujours fait notre travail de façon comme tous les journalistes à charge à décharge on interviewé bien sûr des représentants du Parti socialiste à chaque fois mais en gardant une certaine mesure une équidistance qui est importante dans la profession et c'est vrai que quand on a appris ça par la presse faut pas oublier cette nomination on l'a pas apprise par mail de notre direction de Lagardère non non mais par je pars le monde on a été comme sidéré enfin c'est un peu le mot qu'on a tous employé un peu glacé assez effrayé en se disant mais qu'est-ce qui nous attend en fait et l'espace je sais pas même pas d'une heure il était évident pour toutes ces rédaction qui qui est une rédac plutôt modérée moyenne d'ancienneté au journal 20 ans donc des gens qui sont très fidèles très attachés à leur titre il était évident que ça pouvait pas passer en fait donc on a commencé la grève le 22 juin on l'a arrêté début août on savait très bien que on était le pot de fer contre le pot de terre que cette nomination voulue par notre actionnaire on pouvait pas comment dirais-je l'empêcher mais il fallait au moins s'y opposer c'était voilà le point levé un peu comme dirait d'autres un peu un combat pour la dignité et un combat aussi pour montrer aujourd'hui l'importance enfin sans une République comme comme la France d'une information fiable l'info c'est pas l'opinion c'est pas le militantisme c'est pas l'éditorialisme c'est c'est journaliste des faits et ces journalistes du réel et ce journaliste du terrain moi quand je faisais une enquête en politique ou sur les questions sociales que j'ai suivi longtemps bah j'allais pas voir que la parole du chef d'entreprise ou que la parole des syndicats je faisais les deux demain je pense que ce sera un journal qui ira dans un sens et dans un sens qui est celui voulu par le nouvel actionnaire du JDD c'est à dire Vincent Bolloré donc dans une espèce de conquête idéologique alors aujourd'hui on va les fractures françaises il y a autant de gens qui soutenaient les 40 jours de grève que de gens qui nous ont un peu traînés dans la boue dans les réseaux sociaux en disant bah en même temps nous aussi on a des patrons et on s'oppose pas l'arrivée d'un nouveau chef voilà la formation c'est pas fabriquer des pneus des boîtes de conserve j'ai beaucoup de respect pour ce qu'ils font mais l'information c'est délivrer une information c'est un peu comme une forme de service public vous voyez c'est c'est le faire avec une forme de de conscience de respect de ces interlocuteurs de respect aussi de ce qui arrive aux gens qu'on peut croiser et c'est et c'est pas donné du prêt-à-penser enfin moi en tous les cas à la rédaction sur la centaine de journalistes qu'on était je dis qu'on était parce que aujourd'hui on est tous partis ou en tous les cas on était en partance il y a des délais légaux sur les ruptures conventionnelles on était une centaine il reste il en restait trois des CDI maintenant il reste plus que deux on est on avait cette conviction voilà chevillée au corps et il faut savoir demain effectivement on n'a pas le droit on choisit pas il y a la liberté d'entreprendre etc mais l'information n'est pas un bien comme un autre et en plus comment dirais-je c'est que enfin c'est pas s'opposer en fait c'est c'est faire en sorte qu'il y ait des garanties effectives dans nos conditions de travail dans notre protection et dans nos façons de faire le métier et c'est indispensable parce que demain si vous voyez un article dans le JDD donc dans le nouveau JDD vous allez vous dire ah bah attendez ça c'est vrai parce que j'ai des a dit il y a déjà une défiance tel envers la profession qu'on peut pas faire comme ça un hold-up pardonnez-moi l'expression nous on n'avait pas de souci enfin Vincent Bolloré Vivendi pourrait tout à fait créer un nouveau titre qui correspondait à son à sa philosophie à sa volonté de faire une certaine forme de journaliste là de de d'accaparer comme ça une marque forte à une notoriété certaine avec une autorité certaine c'est c'est regrettable en fait c'est regrettable et c'est dangereux si on regarde toutes les échéances électorales à venir les européennes l'année prochaine il municipales les présidentielles les régionales je vais pas à grainer tout mais vous en avez conscience voilà Emmanuel je vais citer un message que vous avez posté le première août ce message que vous avez posté sur les réseaux sociaux c'est partir ou rester quel cruel dilemme on dit que l'union fait la force nous l'avons prouvé mais face au pouvoir des actionnaires nous sommes bien peu de choses sans la loi à vous élus de tout bord d'agir pour ne plus jamais revivre ça la raison pour laquelle on a voulu reprendre ce message c'est que vous êtes déjà dans une interpellation alors des élus bien sûr de pouvoir évidemment qu'est-ce que vous attendez qu'est-ce que vous souhaitez qu'est-ce qui vous semble aujourd'hui nécessaire de pour agir face aux situations que vous avez vécues au JDD et qu'on a vu dans d'autres médias je pense quand je parlais de réveil je pense qu'il y a un tournant alors on peut dire enfin quand même à gauche du côté des écolos de la majorité un peu il faut alors à la fois protéger le métier mais sincèrement c'est à dire que rester dans un journal qui change qui n'est qui correspond enfin qui n'a plus le même ADN depuis 75 ans et dans alors que vous avez fait grève je pense que c'est extrêmement compliqué de résister à certaines pressions internes rappelez je pense qu'il y a aussi tout un chantier sur l'éducation média auprès de la jeunesse qu'est-ce que l'information qu'est-ce que une opinion qu'est-ce qu'une controverse qu'est-ce qu'une polémique le journaliste n'est pas de l'éditorialisme comme je disais tout à l'heure n'est pas de la controverse non plus n'est pas de la polémique ça c'est du débat mais c'est pas des journalistes il y a ça et surtout législateur c'est qu'aujourd'hui la concentration elle a toujours existé la recherche de financement dans la presse elle a toujours été nécessaire parce que c'est gourmands capitaux donc depuis voilà même avant guerre des investisseurs des actionnaires qui étaient des industriels R etc enfin j'ai pas vous faire l'histoire de la presse ça a toujours existé aujourd'hui on est dans un tournant c'est à dire que avant on pouvait avoir des pressions économiques aujourd'hui on voit des pressions politiques arrivées et ça pour moi c'est la nouveauté par rapport même au conflit télé ce qu'on a vécu c'est quand même du jamais vu et en gros il faut pas que ça se reproduise c'est-à-dire si demain Vincent Bolloré veut acheter un quotidien tel le Parisien ou le Figaro dans quelle mesure le législateur peut l'empêcher merci Emmanuel Patrick Cohen vous connaissez bien le sujet vous avez travaillé longtemps à Europe 1 que vous avez quitté en 2021 vous avez évidemment suivi avec beaucoup d'attention tout ce qui s'est passé cet été au fond lorsque vous observez la crise de l'étéo JDD que vous pouvez faire les liens avec ce que vous avez vu et vécu de quoi tout cela est-il le nom au nom de quoi les combats là s'opèrent je crois que c'est très important à caractériser parce que malgré l'évidence pour nous journalistes pour vous militants politiques malgré l'évidence de la malfaisance je pense que c'est un combat qui ne va pas de soi écouter autour de vous un milliardaire un homme d'affaires achète un journal on n'aime pas beaucoup les milliardaires mais c'est son argent il a le droit il est proprio il nomme qu'il veut à la tête du média c'est son droit les journalistes sont pas contents leurs talent peut s'exercer ailleurs on les retient pas il donne une coloration politique à son journal avec celui qui l'a nommé à sa tête à droite ou à l'extrême droite ou au centre droit comme dit Nicolas Sarkozy il a le droit il y a des journaux de gauche il peut y avoir des journaux de droite c'est le c'est le pluralisme c'est ce qu'a dit Nicolas Sarkozy ce discours là et ce raisonnement là vous pouvez l'entendre bien au-delà des tweets de la fashosphère ou de ce qu'a pu dire Nicolas Sarkozy cette semaine à TF1 donc il faut bien mesurer peser les termes du débat et de dire pourquoi nous combattons donc la question c'est le terme du débat est-ce que c'est la concentration des médias moi je pense et on va en reparler que la concentration des médias c'est un problème je ne crois pas que ce soit le problème là en l'occurrence dans ce qui vient de se passer et dans ce qu'on vient de décrire on va pas se mentir si Niel ou crétinski avait racheté les titres du groupe Lagardère on ne serait sans doute pas là aujourd'hui pour pour en débattre mais c'est un problème est-ce que c'est une question de pluralisme je crois qu'il faut être très vigilant sur les les termes de ce débat et sur la la valeur l'argument piégé que peut représenter l'argument du pluralisme par ceux qui l'invoque parce que le pluralisme c'est un problème pour les chaînes audiovisuelles pour la pour la télévision notamment pour une chaîne info en particulier chaîne soumise par l'État autorisation des maîtres et à concession accordée en échange du respect d'un certain nombre d'obligations dont l'honnêteté et le pluralisme j'aime souvent rappelé le ce qui est écrit dans toutes les chartes signées par avec le CSA aujourd'hui Arcom l'éditeur doit assurer l'honnêteté de l'information et le garantit le bien fondé les sources de chaque information et si celle-ci est incertaine la présenter aux conditionnel il fait preuve de rigueur dans la présentation et dans le traitement de l'information voilà ce que doivent respecter notamment les chaînes d'information continue ça n'existe pas en presse écrite évidemment chacun en France a le droit d'imprimer ce qu'il veut et naturellement dans les limites de la loi mais c'est un principe cardinal on peut éprouver du dégoût pour le le fonds de commerce de telle ou tel titre mais c'est le droit absolu de publier et je pense que c'est quelque chose qu'on doit rappeler dans ce débat parce qu'en face de vous vous avez des gens qui tentent de de vous faire croire un affrontement idéologique qui ne font pas la différence entre un fait et une opinion et qui en prétendant que que toutes les opinions se valent vous font avaler l'existence de fait alternatif et je crois que c'est vraiment un débat un débat fondamental et si vous les accusez d'être idéologues ils vous renvoie à votre propre idéologie au fond ce sont des gens qui vous expliquent il y a pas de vérité il y a des opinions or la fonction du journalisme c'est de produire non pas une vérité mais de produire des vérités de s'en approcher et de et de et de tenter de de produire de l'information mais si vous êtes passion honnête dès lors que ce que vous défendez véritablement c'est au-delà de la concentration des médias c'est vraiment le statut même de journaliste le métier même la nature même du métier de journaliste il y a Anna Arens puisqu'on est aux médias des idées donc on peut quand même citer les auteurs Anna Arendt écrivait nous avons tendance à transformer le fait en opinion et à effacer la ligne de démarcation qui les sépare là on est vraiment dans la Poste vérité dans ce que vous dites donc pour vous ce qui est fondamental et éventuellement ce que la question dans le politique doit s'emparer demain c'est aussi préserver la capacité des journalistes à le rester préserver la capacité des journalistes et préserver les rédactions et les collectifs qui incarnent les identités des titres de presse et les valeurs qui ont toujours été les leurs je pense que c'est important si je dis que le problème ce n'est pas le pluralisme je pense que le problème c'est ce qui a disparu et ce qui a disparu en l'occurrence ce sont des collectifs ça a été le cas pour Europe 1 c'est le cas aujourd'hui pour le JDD ça a été le cas en partie aussi pour pour Paris Match qui a eu de voilà c'est c'est difficile à expliquer parfois au grand public notre métier c'est pas rien une rédaction un collectif moi je crois énormément à la à la valeur des collectifs dans la dans ce qui fait la qualité de l'information c'est le fait de produire de l'information aussi sous le regard des autres et dans une discussion collective dans une élaboration qui est qui mêle le commun une rédaction c'est pas simplement la somme d'individualité c'est beaucoup plus que ça c'est la qui de savoir-faire d'expérience de spécialisation et de carnet d'adresse aussi évidemment et c'est tout ça qui a été détruit brutalement liquidés dans les entreprises de prédation qui ont lieu ces dernières années avec avec Bolloré et donc je pense que on devrait réfléchir à des dispositions qui puissent garantir ces collectif garant de l'identité des titres de des titres de presse de leur valeur et de leur intégrité de leur pratique journalistique évidemment merci merci d'être cette dernière proposition parce que le but de l'opération aussi c'est que vous puissiez alimenter c'est pour ça aussi que vous êtes là les responsables politiques on y reviendra dans un second temps Fabrice arfit Mediapart il y a peut-être je veux pas trouver les différences entre vous mais peut-être il y a une nuance dans votre analyse par rapport à Patrick Cohen Patrick Cohen faisait bien la différence entre quand même le phénomène Bolloré et la concentration en général des médias depuis quelques temps est-ce que vous vous faites la différence entre Bolloré ou les autres milliardaires qui possèdent des capacités d'information ou est-ce que vous pensez quand même que le verre était depuis longtemps dans le fruit et que quand on est un capitaine d'industrie on n'a pas vocation à avoir des médias en possession merci beaucoup de l'invitation et de la question alors avant de disserter sur la différence je vais je vais parler de ce qui nous réunit et insister sur ce qui a été dit et par Emmanuel et par Patrick je ne vais pas outré mon propos je le pense vraiment ce que je vais dire c'est pas un c'est pas un propos d'estrade la question qui nous réunit est une question de civilisation la question dont nous parlons et dont la crise du JDD est un exemple c'est ce qui questionne notre rapport le rapport des sociétés aux vérités de fait à qu'est-ce qui est un fait et ça dépend rien parce que ça pose la question de est-ce que l'information est un bien comme un autre si on considère que l'information est un bien comme un autre alors ce qui a dit Patrick et ce que les défenseurs qui de Bolloré ou d'autres disent ont raison après tout c'est un groupe privé il fait ce qu'il veut après tout il y a du pluralisme fin du débat si on considère que l'information n'est pas un bien comme un autre alors il faut la protéger et il faut protéger l'outil qui est qui en permet sa production qui est le journaliste vous avez cité un arène contexte c'était dans vérité et politique elle a dit ça et elle parlait de ce qu'elle appelait les vérités de faits et que le danger disait-elle c'est pas le nazi convaincu le stalinien convaincu c'est ceux qui peuvent tomber dans l'effacement de la frontière entre le vrai et le four entre la théorie et l'expérience c'est le régime de la Poste vérité qui fait que une vérité qu'on n'aime pas un fait qu'on n'aime pas devient une opinion comme une autre et ça c'est dramatique parce que c'est la destruction même du débat public c'est pour ça que ce dont nous parlons là il y a beaucoup de monde et c'est heureux ça n'est pas un propos un murmure corporatif de journalistes qui veulent faire ce qu'ils veulent de leur côté la question ça n'est pas nous nous on est on fait ce métier bizarre de ne rien savoir d'apprendre et de transmettre donc la question c'est vous quand je dis vous c'est la question c'est le public c'est la liberté des sociétés à être informé on est au monde des idées le média des idées pardon je peux citer un homme vous venez tous comme un grand écrivain un grand poète qui est Victor Hugo mais ça a été aussi un député son son premier grand discours à l'Assemblée 1848 c'était sur la liberté d'informer sur la liberté de la presse et il disait que dans une démocratie si on n'a pas et le droit de vote et la liberté d'informer la liberté de savoir on n'a pas la démocratie c'est-à-dire que si vous avez vous avez le droit de vote mais pas la liberté d'informer vous pouvez avoir la Russie de Poutine si vous avez la liberté d'informer mais pas le droit de vote c'est Monaco bon je suis pas sûr que la France ait envie d'être l'un l'une ou l'autre bon donc la question qui nous est qui nous est aujourd'hui posée c'est quel est l'environnement et ça me permet de répondre plus directement à votre question et une Bruce aussi dans lequel est produit cette information et le fait que depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale depuis les jours heureux du Conseil national de la de la résistance depuis les grandes phrases du verbe mairie qui disait qu'il n'oubliez pas qu'il y ait des puissances d'argent c'était l'explication à la mode derrière les médias qu'il y ait 10 banques ni églises ni état la France s'est reconstruite autour de l'idée que la concentration des médias pouvait être dangereuse ça veut pas dire que il y a pas de racisme de l'argent contre les milliardaires mais il y a un constat qu'on doit faire qui est factuel c'est que jamais aujourd'hui dans l'histoire de France dans l'histoire médiatique française si peu de gens ont entre les mains autant de médias si peu de gens dont le cœur d'activité de leur industrie n'est pas la production d'une information libre et indépendante donc dont les intérêts peuvent être chatouillés pour à une information libre et indépendante quand je dis peu c'est très peu c'est huit personnes qui détiennent l'immense majorité des médias des médias privés donc ça ça pose un problème de nature et pour répondre à votre question est-ce que dans ce problème de nature il y a un problème de degré bah oui il y a il peut y avoir un problème de degré et dans l'offensive que nous avons vécu avec le combat merveilleux de la du collectif du Journal du Dimanche c'est que on voit un groupe on voit des gens s'emparer d'une histoire et des un groupe et des gens dont le rapport à la vérité factuelle à ce dont on parlait par rapport à un arène et complètement émietté donc il va accélérer la dans ce moment de post-vérité de fait alternatif je veux dire c'est pas que Trump on peut se gausser de ce qui se passe outre-Atlantique mais en fait on connaît nous aussi sous d'autres formes parfois avec moins de vulgarité moins de ceci moins de cela dans les attitudes mais on connaît exactement nous ne vivons dans la même époque bon et pourquoi moi j'insiste là-dessus un auteur que comme des millions de personnes j'adore George Orwell dans 1984 on a beaucoup parlé de 84 pour la dystopie le Big Brother etc mais pour ceux qui l'ont lu et qui s'en souviennent le personnage principal Winston Smith fait quelque chose d'interdit dans cette espèce de dictature qui est l'univers de 8 un journal intime et dans son journal intime il écrit cette phrase qui pour moi est la plus belle définition du journalisme il écrit la liberté c'est la liberté de dire que deux et deux font 4 c'est la suite qui est importante qu'on nous l'accorde et le reste suivra et bien aujourd'hui nous assistons à une contre-révolution si j'ose dire ou deux et deux ne font plus 4 et quand on perd ça je crois qu'on perd tout dernière question est-ce que le modèle que vous avez mis en place à Mediapart avec un fond de dotation expliquez-nous peut-être en deux mots et peut-être la façon dont vous considérez que ça préserve l'intégrité des journalistes en fait alors moi je suis pas venu ici sans mauvais jeu de mots pour faire l'article de Mediapart et dire que c'est mieux que les autres et tout c'est pas voilà mais c'est vrai que c'est un journal qui s'est construit et qui est né en 2008 en réaction à l'ultra concentration des des médias avec l'idée qu'il fallait préserver d'un côté l'indépendance économique le journal ne vit sans publicité sans aide de de l'État sans lien avec les gafams Facebook ou d'autres et que cette liberté économique c'est indépendance économique et la première des indépendances pour garantir l'indépendance éditoriale et donc chemin faisant puisque quand nous sommes sortis de terre nous étions une société anonyme classique nous avons créé un nouveau statut qui est un fond de dotation qui permet d'être entre la fondation et l'association pour pour résumer où aujourd'hui nous n'avons plus d'actionnaires et donc le capital du journal a été doté dans ce fond et selon les statuts à jamais il est incessible spéculable achetable en fait on s'est inspiré on s'est inspiré de ce que le un très grand journal outre-Manche le gardiane a fait on est allé les voir à Londres et c'est pour l'éternité c'est écrit comme ça pour l'éternité le capital est inattaquable bon on est content parce que ce modèle là a inspiré le monde qui est maintenant sous un statut de fond de de dotation et inspirer libération qui est désormais sur un statut de fond de dotation mais en fait ça pose une question fondamentale et c'est je crois l'intérêt de ce qui nous de ce qui nous réunit c'est que peut la puissance publique face à ce phénomène là et peut-être évidemment la table ronde d'après va y participer mais il est évident il est évident ça a été montré avec la crise du JDD qui faut un statut juridique des rédactions il faut que les rédactions puissent se protéger des appétits des cupidités des actionnaires il faut revoir la loi sur la concentration des médias il faut discuter des aides directes de l'État aux journaux j'ai repris les chiffres tout à l'heure c'est un peu extravagant la puissance publique attendez parce que FaceTime marche plus la puissance publique je vous donne les chiffres pour prenons quelqu'un d'autre que vous l'aurez Bernard Arnault leader mondial du luxe lequel Bernard Arnault via LVMH a décidé de mettre de la publicité dans le nouveau jdd1 donc il y a oui il continue d'en mettre il continue d'en mettre Bernard Arnault qui est donc la première fortune mondiale détient deux journaux les écoles parisiens qui a reçu de l'État en aide direct 16 millions d'euros en 202122,5 millions d'euros en 2020 le monde de Xavier Niel 18 millions d'euros le Figaro de la famille d'assaut qui n'aime pas beaucoup l'assistanat si je le lis bien 16 millions d'euros libération de Patrick Drahi 14,5 millions d'euros est-ce que ce sont des gens qui ont besoin de cet argent est-ce que on peut pas favoriser l'indépendance quand on est dans la puissance publique pour des nouveaux projets et donc ça c'est une autre question qui qui vous est posée à vous et lui alors justement on voulait conclure en vous demandant Patrick et Emmanuel peut-être ce que vous attendez des politiques à l'automne il y a les étagères de l'information on y reviendra mais si vous aviez sous forme de conclusion un vœu une volonté à adressé aux responsables politiques pas seulement socialiste mais en l'occurrence aux responsables politiques je l'ai évoqué tout à l'heure je parlais de la protection d'un collectif de protéger les rédactions garantes à la fois de leur pratique de l'identité des titres de presse et de leur valeur donc c'est en quelque sorte dans l'ordre c'est ce qu'on appelle donc un droit de veto un droit d'agrément en tout cas des rédactions auprès des des responsables qui leur sont proposés mais c'est il s'agit d'empêcher la destruction comme on l'a vu la destruction des rédactions c'est une sorte de loi anti-destruction ou une loi anti-casseurs merci Patrick Emmanuel alors moi déjà je me félicite un peu quand même que les ça devient la liberté de la presse devient enfin un sujet politique parce que pardonnez-moi mais les élus que ce soit à gauche la liberté de la presse n'a jamais été un dossier très porteur quand on est au Parlement un député ou sénateur donc voilà on disait les sacrifiés de l'histoire mais au moins ça peut-être voilà réveiller un peu tout ça réveiller les consensances non faut absolument qu'il y ait un droit d'approbation c'est pas possible qu'un directeur une directrice de la rédaction arrive prennent la tête prennent le pouvoir pour nous c'est un vrai chef d'orchestre il choisit des sujets les angles il est corrige il est modifie il fait des titres vous savez que avec un titre on dit beaucoup de choses parce que les gens disent les titres mais pas les papiers donc ça peut être assez embêtant donc ça c'est pas possible que quelqu'un qui fait l'unanimité contre lui au contraire puisse diriger ensuite une rédaction donc il faut absolument effectivement comme le propose des députés à l'Assemblée un droit d'agrément sur sur une nomination et il faut protéger aussi je pense tous les voilà c'est ça c'est ce que j'allais dire Patrick protège absolument les représentants des journalistes c'est à dire les sociétés des journalistes ou les sociétés des rédacteurs aujourd'hui un syndicaliste qui a un mandat syndical qui représentant CSE il est protégé et on peut pas le virer le licencier pardon pour l'expression du jour au lendemain un membre de la SDJ qui a s'est investi dans un dans un conflit collectif ou à porter le fer en conférence de rédaction pour dire ah bah attendez là ce papier il a été modifié il joue sa tête il joue sa peau et je pense qu'il faut absolument aussi protéger ses représentants alors merci à vous trois et sur le dernier élément qui Emmanuel vous venez de d'indiquer on va justement faire la transition immédiate avec la seconde séquence merci à vous d'avoir accepté de notre invitation [Applaudissements] [Musique] et donc pour la deuxième séquence je vais appeler Caroline fontaine journaliste à Paris Match mais dans les conditions qu'elle va décrire immédiatement j'appelle Antoine Bernard de réseau de Reporters sans frontières pardon et Jean-Pierre Cannet ne cache investigation [Applaudissements] merci beaucoup à tous les trois de nous rejoindre aujourd'hui pour poursuivre le débat que nous avons entamé Caroline fontaine je vais commencer avec vous vous avez été vous-même licencié de Paris Match au printemps dernier victime du même système vous le raconterez j'ai bien sûr vous avez été Emmanuel Sophie l'évoquais tout à l'heure particulièrement visé pour votre rôle au sein de la SDJ que vous avez qui est juste un rôle que vous avez voulu appliquer pour lequel vous avez eu l'ensemble des problèmes pour les pour lesquels sur lesquels vous reviendrez et au fond ce qui est intéressant c'est que vous vous êtes étonné à cette époque là du silence qu'il y a eu un silence généralisé sur ce qui se passait à Paris Match est-ce que vous avez considéré à ce moment là qu'on avait manqué les uns et les autres de vigilance qu'on n'a pas voulu voir qu'on n'a pas voulu entendre des choses qui se passent depuis quelques années et que au fond ce qui s'est passé à Paris Match a pu se faire parce que entre notre immobilisme nos silence ou notre aveuglement nous n'avons pas vu ou pas voulu comprendre ce qui racontez-nous oui bonjour à tous alors en effet donc moi j'ai été licenciée en avril dernier de Paris Match pour mon rôle d'élus au bureau de la Société des journalistes donc c'est on m'entend c'est un rôle bénévole on est comme la rappeler manuel tout à l'heure pas des salariés protégés on s'occupait essentiellement de déontologie et de notre indépendance et j'ai été licencié de manière assez brutale à la fois parce que probablement ils en avaient un peu marre de moi mais aussi pour faire taire l'ensemble de la rédaction pour leur faire peur parce que quand même on imaginait pas qu'il puisse licencier une élu du bureau de la SDJ à l'époque la rédaction de Paris Match a fait un communiqué votée à 100% ce qui n'était jamais arrivé s'indignan de mon licenciement qui plus de 40 SDJ ont écrit donc le monde on va Mediapart tout le monde ont écrit une tribune s'indignan de mon licenciement mais je n'ai entendu enfin apparé et c'était un silence assourdissant coupable des responsables politiques ceci étant dit je dois faire un mea culpa je me souviens quand Europe 1 a fait grève et qu'ils étaient tous en bas et qui et qu'ils ont manifesté nous on n'est pas descendu et je pense que le la liberté de la presse n'est pas dans le débat public et peut se rendre concerné y compris nous avant d'avoir été touché le livre de Jean-Pierre sur Vincent tout-puissant qui dénonçait déjà les agissements de Bolloré date de 2018 enfin il y a eu beaucoup de choses et en fait on on les voit on se dit bon ok mais tant qu'on se sent pas concerné on s'en tient un peu éloigné or c'est c'est presque criminel il faut absolument aujourd'hui je je le sais puisque j'ai été touché moi-même et je sais à quel point c'est important et j'ai compris qu'il fallait absolument se battre pour la liberté d'expression l'indépendance de la presse parce qu'elle est corrélative de notre démocratie et que sans elle est la table ronde précédente elle l'a déjà expliqué sans elle il n'y aura pas de démocratie Julia Caget a d'ailleurs montré quand la PQR disparaît l'abstention augmente et donc il y a un devoir de se battre et de mettre ça dans le débat public et j'espère que les États généraux auront au moins cette vertu qu'on en parle je remercie le JDD qui s'est sacrifié pour cette noble cause et mais tant qu'il n'y aura pas une législation adaptée ça se reproduira ça s'est produit assez télé devenu cnews à Europe à match et aujourd'hui au JDD parce que dans le cas de Bolloré mais il n'y a pas malheureusement que Bolloré son but c'est de vider les rédactions et c'est ce qu'il a fait avec succès à chaque fois alors vous avez quitté la rédaction de Paris Match au printemps dernier mais vous l'avez fait dans des conditions différentes des journalistes pour l'instant en tout cas du JDD expliquez-nous parce que c'est vraiment crucial sur les pressions qui peuvent exercer sur les journalistes avant pendant et après c'est à dire que la plupart des la liste et c'est bien normal vont signer des conventions de départ dans lequel il y a une forme de clause de confidentialité ou de non dénigrement vous vous avez décidé d'aller au prud'hommes et donc vous n'avez pas accepté d'une certaine manière et bien de vous de lier votre parole y compris après votre licenciement oui alors évidemment c'est un combat qui est très rude d'aller au prud'hommes et je condamne pas et je ne juge pas ceux qui n'y vont pas parce que c'est violent c'est difficile c'est incertain ceci étant dit moi j'ai porté ce combat dans mon journal il m'est cher et je n'ai pas fait tout ça pour aller toucher un gros chèque j'ai reçu une lettre de licenciement chez moi je ne m'y attendais pas c'est un recommandé et quand je l'ai reçu ce qui se fait d'habitude c'est de contacter des avocats qui au contacteront la direction de ma rédaction pour trouver un accord financier j'ai choisi de pas le faire parce que je voulais garder ma liberté de parole que je trouve ça absolument dément toutes ces clauses de confidentialité qui s'appliquent aux journalistes alors que nous sommes là justement pour témoigner et on nous refuse ce droit donc il faut absolument lutter contre ça aller au prud'hommes se battre moi dans mon journal 25 personnes l'année dernière de je vous fais un tout petit bref historique mais il y a presque un peu plus d'un an on a une couve sur un cardinal qui s'appelle le cardinal Sarah j'imagine vous ne le connaissez pas il est désormais vous le connaissez un peu mais il est quand même inconnu du grand public c'est un cardinal réactionnaire dont on avait ce qui n'est même pas fait mention dans dans l'article et donc évidemment on s'en est indigné ensuite Bruno je dis qui est un rédacteur en chef qui avait un peu mené la fronde en interne a été licencié on a fait une motion de défiance etc etc et nous on n'a pas pu on n'a pas on a fait une motion de défiance au licenciement de Bono je dis on n'a pas pu aller au-delà parce que Bruno jeudi avait signé une clause du confidentialité qui lui interdisait même de dire qu'il avait été licencié et je sais plus où j'allais non mais c'est important de savoir que le ce qui ne connaissent pas bien ces questions là sache que à un moment donné effectivement il y a des puissances d'argent qui vous contrôle avant et après y compris dans votre liberté d'expression postérieur et maintenant je me souviens où j'allais donc entre le départ de Bruno jeudi et le mien 25 personnes sont partis donc c'est 25 personnes qui ont négocié qui ont signé un accord de confidentialité si c'est 25 personnes avaient choisi de s'exprimer de témoigner de parler peut-être qu'on en serait pas là donc il faut absolument crier hurler dire ce qu'on a à dire rompre ce silence qui nous est imposé et ensuite l'autre chose que je voulais dire qui est importante nous société des journalistes on a aucun pouvoir on a une charte de déontologie non contraignante donc face à l'actionnaire et à notre direction qui sont tout-puissant on n'a pas d'armes donc la question s'est posée nous on interne qu'est-ce qu'on peut faire on a tout fait d'émotion de défiance des communiqués etc on a même alerté la Commission européenne qui à l'époque ont été sur sur l'opéra donc quelles armes a-t-on et c'est de ça dont on a besoin on a besoin de d'être outillés pour avoir dans ce rapport de force complètement inégale quelques armes à notre disposition alors on parlait de la pression que tu entends certains peuvent exercer via la justice Jean-Pierre Jean-Pierre Cannet donc vous êtes aujourd'hui à bonjour à vous et merci d'être là vous êtes à cacher investigation mais vous avez commencé enfin comment c'est votre carrière mais vous étiez il y a quelques années dans une émission sur Canal+ donc vous-même vous êtes partis au moment en fait c'est le contraire je suis parti de cash pour aller à Canal+ parce que il s'agissait de de renouveler un tout petit peu Spécial Investigation qui était l'émission d'enquête de l'époque de vous avez connu vous aussi la prise de pouvoir par Bolloré de Canal+ en 2014 mais vous avez vous m'avez raconté aussi pendant la préparation de l'émission un épisode peut-être sur lequel justement les uns et les autres n'ont pas suffisamment réagi à l'époque c'est triste en valex qui avait sur complément d'enquête cette fois-ci sur le service public sur France 2 fait une enquête sur Vincent Bolloré Bolloré qui a poursuivi ensuite en justice le reportage ouais on peut dire que 2014-2015 c'est un peu le crime originel de Boll à la prise de Canal+ donc moi je suis je suis dans une agence qui s'appelle km on doit fabriquer des documentaires quand même c'était le producteur du Grand Journal à l'époque donc une boîte de prod qui bossait vraiment intimement avec Canal et on a enquêté nous sur une affaire qui est peut-être connue qui s'appelle l'affaire du Crédit mutuel ou grosso modo on enquêtait sur des affaires d'évasion fiscale et on s'aperçut un peu tard que le Crédit Mutuel était en partenariat avec Bolloré ça c'est une première affaire il y avait une autre affaire donc celle-ci va provoquer le début de la fin de Canal+ et en même temps Vincent Bolloré cherchait des noises à Tristan Wallex qui au sein de complément d'enquête avait lancé un portrait enquêté du personnage qui commençait à jouer un rôle central dans notre société française il y avait une troisième affaire qui concerne basta Mag qui est un journal d'enquête qui enquêtait plutôt sur les affaires africaines et ces trois affaires sont oui je dirais le crime originel de Bolloré je vais pas vous raconter cette histoire il suffit d'aller sur google pour regarder mais à l'époque on a essayé d'alerter nous on a pas de droits d'agrément tout simplement parce qu'on s'est dit que en tout cas au sein de km de toute façon ça servait à rien de ce qu'on était même pas protégé par Canal+ mais surtout on s'est dit qu'il fallait porter cette affaire sur la place publique parce que elle racontait non pas une affaire de droite et de gauche a été dit dans le précédent plateau nous ne sommes pas ici en train de défendre un journaliste de gauche nous sommes en train de défendre un journaliste tout court c'est à dire la vérification des faits et l'absence de censure nous avons été avec l'affaire du Crédit Mutuel censuré Tristan Wallex a subi ce qu'on appelle des procédures bâillon c'est-à-dire que pendant avec toute la puissance de feu financière d'un Vincent Bolloré vous traînez un journaliste devant les tribunaux mais vous faites pas que contester les faits vous allez vous allez aller beaucoup plus loin par exemple nous mon collègue Nicolas vescovacci avec lequel j'ai écrit Vincent tout-puissant avait envoyé une série de questions à Vincent Bolloré quand nous avons enquêté sur lui il je me souviens sept groupes de questions très précises ça s'appelle le contradictoire c'est la base du journalisme on fait pas notre boulot si on va pas voir la personne sur laquelle on enquête la réponse de Bolloré a été nous envoyer un huissier c'est à dire que et là en l'occurrence cette affaire de dénigrement est tout à fait symptomatique on a été traîné dans les tribunaux et Nicolas en particulier pour avoir envoyé ces questions pour avoir dénigré et porter atteinte même à la à l'entreprise même je sais pas si on se rend compte de ce basculement civilisationnel disait Fabrice tout à l'heure c'est vraiment le cas c'est à dire que on va chercher des informations près de la personne enquêtée elle nous envoie un huissier bon la justice a tranché mais tout ça ça dure des années ça dure des années nous on a été attaqué sur le sur le bouquin ensuite et pendant quatre cinq ans vous dépensez de l'argent alors quand vous êtes pigiste que vous n'êtes pas dans une rédaction et c'est encore plus compliqué vous avez intérêt à tomber sur des avocats qui vont vous faire des fleurs financièrement et c'est ça la procédure Bayon ça n'est qu'un des aspects de la prise de pouvoir dans Vincent Bolloré qui a profité d'une situation et on en parlera sûrement après ou le cadre législatif pour moi n'était plus adapté et n'est toujours plus adaptée à la défense de ce métier il y a un nom qui a été cité au moins à deux ou trois reprises quand nous vous avons interrogé avant l'émission C'est celui sans le faire de manière trop polémique celui de Nicolas Sarkozy vous avez les uns et les autres enquêter est-ce qu'aujourd'hui dans ce monde médiatique il y a-t-il une place tout à fait particulière jouée par Nicolas Sarkozy et une fois plus on en a parlé avant même qui est cette interview dit à quelques jours où il qualifie le JDD où il utilise justement la presse en disant il y a des journaux de gauche donc il doit y avoir des journaux de centre droit puisqu'il a qualifié de centre droit à la nouvelle rédaction du JDD est-ce que vous avez vous durant ces années considérer qu'il l'a exercé une influence tout à fait spécifique clairement on croit que Vincent Bolloré défend l'extrême droite en fait c'est un ticket Sarkozy Bolloré qui est né juste avant la présidentielle de 2012 qui à l'époque c'était vraiment un une entente d'intérêt politique et industriel d'ailleurs il faut se demander pourquoi Vincent Bolloré continue de prendre comme ça des rédactions qui ne lui rapportent pas d'argent parce que le l'essentiel de de l'apport financier de Bolloré afin de ce qui gagne en tout cas n'est pas n'est absolument pas obtenu grâce aux médias de presse là on parle bien de presse je parle pas de contenu de divertissement parce que il y a eu un ticket qui est né donc on va on va dire juste après 2010 aux alentours de juste avant la présidentielle de 2012 où ce ticket Sarkozy Bolloré a souhaité on a appelé ça un moment donné une révolution grave chienne c'est-à-dire retourner soi-disant la sociologie des médias français qui soi-disant était tous à gauche qui était faux déjà mais en tout cas d'avoir des appuis médiatiques puissants pour pouvoir gagner politiquement ça c'était une entente clairement nous on en parle dans le bouquin bon il se trouve qu'après Nicolas Sarkozy a eu quelques soucis avec la justice donc ça c'est un petit peu affaissé de ce côté-là puis surtout il a pas été élu mais pourquoi la vraie question c'est pourquoi des gens comme Vincent Bolloré prennent autant de place prennent comme ça des rédactions et s'approprie des des titres qui ont qui sont historiques déjà et qui ont une influence dans la société c'est pas pour gagner de l'argent tant mieux si ça vient mais ça vient pas c'est une influence politique une influence politique pourquoi peut-être pour d'autres marchés quand on quand on part ailleurs on a des activités autres qui peuvent concerner l'État français bon il y en a d'autres il y a pas que Bolloré d'assaut par exemple mais cette prise de pouvoir en France par ce ticket là pour moi raconte aussi le fait que c'est important en France d'avoir un lien fort avec l'État et on peut même se demander d'ailleurs s'il y a terme puisqu'il a il a tout fait Vincent bollory il a accumulé beaucoup d'argent il a un groupe considérable quel est le but final en fait c'est quoi c'est c'est une prise de pouvoir politique c'est une vraie question on se la pose rarement cette question là je suis pas sûr d'avoir la réponse en tout cas je suis absolument certain que c'est pas pour faire de l'argent on a parlé tout à l'heure avec Sarah des des efforts législatifs qui ont pu faire des amis comme Patrick Bloch ou David insuline et notamment la création des comités d'éthique quand on a préparé cette émission là aussi vous avez dit ça va dans le bon sens mais enfin les comités d'éthique ont été un peu perverties dans la dans dans les faits et dans la réalité puis deuxième question connexe on dit parfois que les journalistes sont avec les responsables politiques les professions les plus détestées de France qu'est-ce que au regard de des gages d'indépendance qui doivent être donnés y compris par le législateur quel travail vous faites vous-même sur votre propre profession en matière d'éthique de déontologie vous avez deux heures vous avez deux minutes alors d'abord ce qu'on a vécu tous là et les derniers épisodes en date c'est le JDD et Paris Match on est dans la haine quoi jusqu'ici tout va bien puis en fait nous on est les signaux faibles on est les signaux faibles que personne veut voir et puis par ailleurs comme il est vrai que dans notre société les journalistes sont décriés pour parfois de des raisons tout à fait valables et ben nous on a avancé pendant toutes ces années en essayant de dénoncer la situation en se faisant souvent qualifier de gauchistes ou d'un arbre je ne sais quoi d'autre alors qu'on défendait ce métier vraiment là ça y est ça commence à arriver mais tout ce qui s'est passé jusqu'à présent y compris la loi blush qui allait dans le bon sens la loi Bloche et le et la fait avancer la cause journalistique sur la liberté notamment des journalistes à l'intérieur des rédactions mais ça reste c'est pas du tout c'est pas du tout pour être négatif que je dis ça mais ça reste du bricolage c'est à dire que pour l'instant nous n'avons pas encore vécu la révolution législative nécessaire et notamment par exemple la réforme de la loi de 86 qui la loi sur la concentration des médias je me réfère à Julia kg qui a une formule qui est tout à fait adaptée je pense à la situation elle dit la loi de 86 c'est un peu comme si face à l'introduction de l'électricité on allait dépoussiérer les chandeliers ben c'est exactement ça ça ne prend pas en compte l'Internet ça ne prend pas en compte l'intelligence artificielle c'est pour prendre plein de choses donc il y a un énorme chantier qui est un chantier de vous les politiques de gauche comme à droite parce qu'encore une fois ce n'est pas une histoire de gauche pour l'instant les petites réformes qui ont eu lieu et si j'en reviens à la loi Bloch et là par exemple obligé les rédactions à créer des chartes éthiques alors une charte éthique s'il n'y a pas d'obligation vous mettez ce que vous voulez dedans et par exemple la charte éthique de Canal+ est iTele qui a été écrite à cette occasion et ben elle n'interdit pas ce qu'on appelle les ménages les ménages c'est quand un journaliste va animer par exemple une conférence d'assureur et qu'il est payé pour ça le dimanche et puis le lundi il va recommencer son travail et faire un beau papier sur l'assurance au fil d'intérêt évident la charte de Canal+ c'est n'interdit pas ça donc on peut faire toutes les chartes et déontologie qu'on veut à partir du moment où on met sur le même plan un ménage et une enquête indépendante il y a pas de charte de déontologie merci Antoine Bernard reporters of frontières a priori on vous attend et on vous entend sur ce qui se passe en dehors de nos frontières mais vous avez eu un rôle tout à fait singulier dans ce qui s'est passé au JDD vous avez été très actif vous avez mené un certain nombre d'actions et c'était important de pouvoir montrer ce que cette grande organisation qui est reporter son frontières c'est faire et peut faire aussi lorsque en France des médias sont dans la situation et dans la difficulté qui a été celle du JDD est-ce que vous pouvez nous dire d'abord en quelques mots qu'elle a été l'action et au nom de quoi RSF est intervenu sur cette histoire du JDD l'affaire du JDD merci beaucoup de l'invitation avec plaisir d'être avec vous l'affaire de du JDD est une XIème illustration du système B et au-delà le système Bell system Bolloré on l'appelle le système B a RSF et il démontre combien il est absolument vital de protéger l'indépendance éditoriale des rédactions au sein des entreprises de presse il s'était agit pour nous d'abord d'exprimer une solidarité absolument simple spontanée et total avec l'ancienne rédaction du JDD et son son extraordinaire mobilisation pour nous faire tout et tous prendre conscience de l'importance de cette indépendance éditoriale et puis à travers à travers cette lutte soulignée combien la loi est insuffisante les carences sont là mais également mais également la loi aujourd'hui en vigueur doit être appliquée et complètement impliqué or elle ne l'est pas et reporters Sans Frontières le démontre à travers deux contentieux importants qui sont en ce moment en train d'être traité le premier concernant directement Vivendi Lagardère le JDD et Paris Match puisqu'on a obtenu fin juillet l'ouverture par la Commission européenne d'une enquête pour gun pour avoir pris possession des futurs acquisitions alors que celle-ci n'avait pas fini d'être autorisé par la Commission européenne c'est une violation du droit européen et français qui est susceptible d'extensionner par une amende pouvant égaler 10% du chiffre d'affaires mondial des groupes impliqués ça n'est donc pas rien cette enquête s'ouvre concrètement nous avons toute une série d'indices pour faire valoir que Vivendi a violé son obligation de suspension Sten style obligation donc ça ça s'ouvre ça va démarrer le deuxième dossier concerne cnews cnews et là nous voulons faire la démonstration que un la loi en vigueur doit être complètement impliquée mais deux les organes de mise en oeuvre l'organe de contrôle le régulateur doit mettre en action tous les moyens que lui donnent la loi et nous considérons que l’arcome dans le dossier cnews ne l'a pas fait en 2021 on avait mesuré la place de l'information à l'antenne 13% sur les quelques mois sur lesquels on a fait l'étude 13% or la fréquence publique attribuée à cnews les conventionnellement pour faire de l'information 13% l'arcade n'a pas voulu nous suivre nous saisissons le Conseil d'État les audiences vont se tenir à l'automne pour qu'ils nous disent qu'il en est maintenant en effet le droit est insuffisant il faut le compléter il faut être à la hauteur du moment qui est celui de la prise en compte de l'information pour l'importance qu'elle a pour les citoyennes les citoyens là la démocratie ils font encore actualiser c'est absolument essentiel ce droit et on est dans un moment législatif extrêmement fort en France et en Europe en France sur le moment JDD et merci vraiment à l'ancien réaction du JDD d'avoir complété un combat initié dans les tristes épisodes précédents parce que vous avez permis de cristalliser ce moment il y a aujourd'hui sur la table au Parlement pas moins de 5 propositions de loi une proposition partisane 4 autres pour essayer de répondre à la problématique soulevée par le dossier JDD des garanties pour l'indépendance éditoriale et au niveau européen il y a une très grosse actualité merci Antoine de nous avoir donné aussi cette éclairage et vous avez les autres à la fois Fabrice arfier Emmanuel soufi Patrick Cohen que on remercie mais vous trouverez également insistez sur la nécessité qui est un moment donné un suivi politique de tout ça si vous me permettez c'est un peu improvisé mais je vais demander à Olivier fort le premier secrétaire du Parti socialiste de monter sur scène pour dire un mot aussi en deux trois minutes il n'aura pas plus de temps que les autres mais pour dire aussi un peu comme peut-être la suite de ces débats puisque il faut aussi dans cette rentrée politique au-delà des thèmes qui ont déjà été abordés lors de ce test université d'été il est important que nous ayons là aussi un curseur politique autour des thèmes qu'on vient d'aborder qu'il y a un suivi de tout ça et je vais demander à nos trois premiers invités de nous rejoindre pour que nous soyons tous ensemble au moment de cette conclusion [Musique] [Applaudissements] asseyez-vous les uns les autres non il y a des chaises pour tout le monde voilà donc en guise de conclusion merci d'être tous là réunis et vous remercier une dernière fois d'être d'être d'avoir répondu à notre invitation et puis Olivier un petit peu de synthèse de ce que tu viens d'écouter devant devant tous nos congressistes bon on aborde merci à tous les 6 d'être venus et c'est vrai que nous voulions conclure ce campus pas cette question centrale qui est celle que vous avez posée brillamment et qui doit être extrêmement sensible pour celles et ceux qui militants vont continuer le débat dans les prochaines semaines et les prochains mois ça a été dit avant moi et je vais être très court pour le répéter mais la question que vous évoquez celle de la liberté d'informer est une question éminemment démocratique démocratique pour des raisons qui sont évidentes parce que quand les journalistes ne peuvent plus falloir métier et qu'ils sont tenus par leur mandant enfin en tout cas par leurs actionnaires ce qu'ils ne sont pas leur demandant et bien c'est un problème mais aussi parce que le pouvoir détenu par celles et ceux qui détiennent les journaux a aussi des conséquences sur les marchés publics soit un nombre de d'éléments et sur la capacité de ces gens qui détiennent des journaux à faire valoir leur point de vue auprès de l'État et donc à tout point de vue cette question pose enfin se pose au milieu du système du système démocratique et donc je vais être très court mais pour dire que nous devons nous toutes et tous prendre un engagement devant vous et je salue le courage à la fois d'Emmanuel et de Caroline qui ont fait un choix qui nous oblige on ne peut pas avoir soutenu pendant des mois pendant un mois la grève au JDD avoir regardé de plus loin ce qui s'est passé à Paris Match parce que c'était effectivement beaucoup moins médiatisé et puis beaucoup moins symbolique aussi d'ailleurs je fais une parenthèse sur le pluralisme la réalité du Journal du Dimanche c'est que ce n'est pas n'importe quel journal c'est un journal qui est en situation de quasi monopole sur le dimanche et qui lance chaque semaine l'actualité politique et donc avoir Geoffroy Lejeune qui n'est pas de centre droit comme le dit Nicolas Sarkozy qui est et c'est son droit et qui est un supporter assumé de l'extrême droite et notamment d'Éric Zemmour et donc d'avoir un journal qui désormais va influencer le débat public par sa publication quasimonopolistique le dimanche c'est un sujet qui n'était pas un sujet neutre bon je reviens à ce que je disais pour dire que votre courage nous oblige et que nous devons toutes et tous faire en sorte que dans les prochains mois puisque le président de la République a lancé un débat auquel Christophe deloitre qui est le patron de RSF va qu'il a présidé et bien nous devons à notre façon y participer créer un rapport de force peser pour répondre aux questions qui nous ont été posées aujourd'hui et donc tout mettre en oeuvre pour qu'au Parlement et bien nous puissions avoir le débat qui n'a jamais été autorisé à ce stade un débat sur les propositions de loi qui ont été déposées peut-être aller plus loin que celle qui sont déposées mais ça a été dit avant moi c'est quand même extraordinaire de savoir que vous avez en fait aujourd'hui des journalistes qui peuvent qui ne sont considérés que comme finalement des gens de rien pour prendre une expression bien connue qui peuvent être balayés à la suite d'une discussion entre actionnaires qui peuvent disparaître qui peuvent être contraints au silence dans la foulée de leur licenciement et avec des médias qui eux continuent à toucher de l'argent public et bien puisque le droit d'être informé le droit à informer son non pas des droits banins banal mais véritablement des biens communs qui appartiennent à l'ensemble démocratique nous devons nous battre maintenant à la fois je crois pour que on ne puisse plus nommer le directeur de la rédaction contre la vie d'une rédaction qu'on ne puisse plus dans ce cas là avoir la possibilité de toucher des aides à la presse sans doute faut-il et c'est ce que je retiens de ce matin se poser la question de savoir si il est possible y compris d'acheter le silence de gens dont la vocation et le métier est d'informer ce qui est créerait aussi une autre façon d'avoir des sujets et interdirait dans la dans l'avenir et bien que les choses se passent de la même façon et puis ensuite chercher à s'inspirer de tout ce que vous aviez pu dire et sans doute aussi réfléchir à une façon de faire émerger des médias vraiment indépendants je retiens la leçon Mediapart et pour moi enfin je dois dire que je suis très soucieux de ce qui a été fait je l'ai dit quand nous étions au pouvoir et quand il y a pas ta sortie la faire c'est l'acte j'ai voulu effacer ma mémoire cette mais quand j'étais interrogé à l'époque régulièrement sur le fait de savoir si j'en voulais à Mediapart si je contester Mediapart etc et j'ai toujours dit l'inverse j'ai toujours dit que je reconnaissais le droit de mes appart à trouver à chercher à faire son devoir de journaliste et qu'il était absolument nécessaire que je dois voir puisse être exercée complètement il se trouve que mes apparts a eu raison qu'il y avait parmi nous quelqu'un qui ne méritait pas de l'être et ça fait partie de la noblesse de ce métier même si parfois nous le contestons même si parfois nous ne sommes pas d'accord avec ce que vous écrivez et bien nous avons besoin de cette liberté et donc nous devons toutes et tous ici nous engager et bien à être pleinement dans ce combat qui est un combat essentiel nous sommes socialistes sociaux-démocrate Jaurès sa synthèse entre la question démocratique à la question sociale si nous voulons être fidèles à ceux qui l'a porté nous devons être le premier rang de ce combat voilà merci merci Olivier merci Olivier merci à tous merci au public puisque pour la première fois le média des idées était enregistré en direct n'hésitez pas à nous écouter tout au long de l'automne et puis à réécouter si vous l'avez pas encore fait Nicolas Mathieu Éric Orsenna Stéphanie Rosa c'était des éditions absolument excellentes à bientôt à bientôt pour ceux qui ont la chance d'être ici on peut continuer un peu le débat et on salue tous ceux qui nous ont regardé de loin et donc on se retrouve dans quelques semaines pour le prochain édition merci à tous [Musique]