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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 18 mai 2015 10 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheImmigration & asileInstitutions & électionsEurope & international

Gérard Larcher

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:01OuverteRéponse directe

    Est-ce que la réforme du collège et celle des programmes mérite tant de bruit, de fureur et de paroles définitives ?

  • 1:52FerméeRéponse partielle

    Le collège unique, il faut y mettre fin. A votre avis, comme le propose Bruno Le Maire, remplacer le collège unique par un collège diversifié, suppression de la deuxième langue vivante obligatoire au collège, et même la création d'un corps unique d'enseignant du CP à la troisième. Est-ce que l'UMP, est-ce que vous-même, vous faites vôtre les propositions de Bruno Le Maire ?

  • 2:38RelanceÉludée

    Donc je comprends à vous écouter, la réponse à ma première question, c'est oui, il y a trop de bruit et de paroles définitives autour de la réforme du collège ?

  • 3:09OuverteRéponse partielle

    Combat effréné vers la médiocrité, réforme irréversible pour notre République, la gauche tourne le dos à toutes les valeurs républicaines, tout ça c'est excessif Gérard Marché ?

  • 3:50FerméeRéponse directe

    Bon, alors vous l'avez condamné cette réforme sur la table aujourd'hui ?

  • 4:05OuverteRéponse directe

    Tout à l'heure Gérard Larcher demandait à tous les états membres de l'Union Européenne de prendre leur part de l'accueil des réfugiés, est-ce que c'est quelque chose d'inconcevable à vos yeux Gérard Larcher ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:17Invité politiqueChiffre
    « En 2012, en rendant un rapport au précédent président de la République, je pointais un chiffre que personne ne conteste plus. 140 à 160 000 jeunes sont chaque année en échec. »
  • 0:20Invité politiqueChiffre
    « 20% ne maîtrisent pas la lecture compréhensive à l'entrée en sixième. »
  • 0:31Invité politiqueChiffre
    « 30%, et ça vient d'être confirmé, ne maîtrisent pas les mathématiques élémentaires. »
  • 0:38Invité politiqueChiffre
    « Et au fond, la première des réformes, c'est 19% en fin de collège. »
  • 1:06Invité politiqueChiffre
    « un jeune adulte sur dix ne maîtrise pas la lecture compréhensive. »
  • 1:36Invité politiqueChiffre
    « près de 25% de nos jeunes sont au chômage. »
  • 2:25Invité politiqueChiffre
    « notre taux de chômage des jeunes soit 2 fois, 3 le taux de chômage moyen national. »
  • 4:50Invité politiqueFait
    « La seconde des choses, c'est que notre capacité d'intégration est une capacité d'intégration que j'ai qualifiée de saturée. »
  • 5:30Invité politiqueChiffre
    « Nous avons 10% de chômage. »
  • 5:40Invité politiqueChiffre
    « On parle de quelques milliers de migrants pour un pays de 65 millions d'habitants. »
  • 6:49Invité politiqueFait
    « la France est le seul pays aujourd'hui en Afrique, à jouer le rôle de stabilisateur, notamment au plan militaire. »
  • 9:31Invité politiqueChiffre
    « Ça peut aller jusqu'à la moitié des indemnités supprimées. »

Temps de parole

  • Gérard Larcher80 %
  • Présentateur20 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Gérard Larger. Bonjour. Est-ce que la réforme du collège et celle des programmes mérite tant de bruit, de fureur et de paroles définitives ?

0:09
Gérard Larcher

Je pense que la question numéro un, c'est la réforme de l'école. En 2012, en rendant un rapport au précédent président de la République, je pointais un chiffre que personne ne conteste plus. 140 à 160 000 jeunes sont chaque année en échec. 20% ne maîtrisent pas la lecture compréhensive à l'entrée en sixième. 30%, et ça vient d'être confirmé, ne maîtrisent pas les mathématiques élémentaires. Et au fond, la première des réformes, c'est 19% en fin de collège. Ça veut dire que tout se joue à l'école primaire. Et c'est à l'école primaire qu'il faut porter cet effort.

Et on le voit bien, parce que les journées Défense et Citoyenneté, je trouve que comme ministre du Travail, j'avais mis en place cette espèce de contrôle pour orienter les jeunes, notamment vers les missions locales. Eh bien, nous voyons que un jeune adulte sur dix ne maîtrise pas la lecture compréhensive. Donc le vrai effort, c'est à l'école. Il ne suffit pas d'avoir changé les rythmes scolaires ou de se glorifier, entre guillemets, d'avoir 9000 professeurs des écoles en plus. Le vrai sujet, nous devons nous y pencher collectivement. Car le collège n'est que la continuité de cela. Et naturellement, les écarts se creusent. Et au fond, le collège unique aggrave ces écarts.

Avec d'ailleurs un chiffre terrible, au bout du compte, près de 25% de nos jeunes sont au chômage. Dans des pays qui ont fait des modules de formation initiale puis d'orientation, je pense à l'Autriche, le taux de moyen de chômage des jeunes est égal au taux moyen de chômage national.

1:52
Présentateur

Le collège unique, il faut y mettre fin. A votre avis, Gérard Larcher, comme le propose Bruno Le Maire, remplacer le collège unique, dit-il, par un collège diversifié, suppression de la deuxième langue vivante obligatoire au collège, et même la création d'un corps unique d'enseignant du CP, du cours préparatoire, à la troisième. Est-ce que l'UMP, est-ce que vous-même, vous faites vôtre les propositions de Bruno Le Maire ?

2:15
Gérard Larcher

Je pense que cette réforme du collège ne doit être que la conséquence de la réforme du primaire. C'est vraiment pour moi la priorité, parce que peut-être ce sont mes gènes d'anciens ministres du Travail, ce qui me révulge le plus, c'est que notre taux de chômage des jeunes soit 2 fois,3 le taux de chômage moyen national. C'est pour nous un vrai défi, et le premier sujet de l'égalité, c'est la réussite scolaire en primaire.

2:38
Présentateur

Donc je comprends à vous écouter, la réponse à ma première question, c'est oui, il y a trop de bruit et de paroles définitives autour de la réforme du collège ?

2:47
Gérard Larcher

Je pense qu'on fait du bruit sur une partie de la conséquence, et pas sur la cause fondamentale qu'est l'échec en primaire. D'accord, mais là on a entendu Nicolas Sarkozy, une réforme désastreuse, irréversible... Oui mais là vous m'entendez, et je vous redis ce que je ne cesse de répéter, depuis trois années, c'est en primaire qu'il faut s'engager.

3:03
Présentateur

Bon, combat effréné vers la médiocrité, réforme irréversible pour notre République, la gauche tourne le dos à toutes les valeurs républicaines, tout ça c'est excessif Gérard Marché ?

3:12
Gérard Larcher

Non, je pense que par exemple sur le sujet de l'histoire, il y a une approche qui nécessite vraiment un dialogue et un débat, parce que j'entendais Bernard Guetta parler d'accueil, on pourrait parler aussi d'intégration, même d'assimilation, c'est un terme du code civil de 2003, et bien partager le récit national, c'est pas dire je suis gaulois alors que je viens d'un autre pays, c'est partager les valeurs qui sont les nôtres. Et je croisais il y a un instant dans les couloirs de France Inter, Jean-Pierre Chevènement, qui disait apprendre à aimer le pays dans lequel on vit, dans lequel on va partager le destin, c'est quelque chose d'essentiel.

3:50
Présentateur

Bon, alors vous l'a condamné cette réforme sur la table aujourd'hui ?

3:53
Gérard Larcher

J'ai demandé il y a deux semaines qu'elle soit revue, reprise, et qu'elle ne soit que la conséquence d'une vraie réforme du primaire.

4:01
Présentateur

D'accord, on a compris, on y reviendra sans doute avec les auditeurs de France Inter. Tout à l'heure Gérard Larcher demandait à tous les états membres de l'Union Européenne de prendre leur part de l'accueil des réfugiés, est-ce que c'est quelque chose d'inconcevable à vos yeux Gérard Larcher ?

4:16
Gérard Larcher

Il y a un mois j'étais en Italie et j'ai rencontré le procureur de Catane. J'ai rencontré le directeur de la police de l'air et des frontières italiennes. C'est certain, l'Italie est seule pour faire face à un drame humain. Des centaines de milliers d'hommes et de femmes poussés vers la mer par la misère, parfois aussi par un certain nombre de mouvements qui sont des mouvements terroristes et ils embarquent dans des bateaux dans lesquels on ne donne pas la quantité de carburant pour faire la traversée du détroit. C'est ça la réalité. La seconde des choses, c'est que notre capacité d'intégration est une capacité d'intégration que j'ai qualifiée de saturée.

Et que la réponse, elle est bien sûr une réponse immédiate d'humanité dans laquelle il faut faire une distinction, j'entendais Bernard Guetta, entre asile, immigration. Les distinctions difficiles. Car on le sait, il faut quand même le rappeler Bernard Guetta, la France est le troisième pays d'Europe en termes d'asile. Après l'Allemagne, après la Suède, qui sont les destinations, j'allais dire, recherchées des demandeurs de migration économique. Assez loin derrière l'Allemagne et comparé à la population, la Suède, on est très derrière. Nous avons 10% de chômage. Nous avons une démographie à 2, alors que l'Allemagne a une démographie à 3 et un chômage autour de 5.

On parle de quelques milliers de migrants pour un pays de 65 millions d'habitants. Je pense personnellement que la notion de quota, c'est une notion qui doit être choisie pour l'immigration régulière, qu'il faut débattre au Parlement et fixer. Que la réforme du droit d'asile, c'est ce qui est en cours au Sénat actuellement, doit se doubler parallèlement d'une politique de l'immigration, parce que nous fabriquons des sans-papiers. Les députés du droit d'asile, ils sont à peu près 75% de ceux qui demandent l'asile, au fond, ne sont jamais reconduits, ou si peu reconduits.

Et puis la troisième des choses, c'est qu'il va falloir d'abord qu'on arrête ce qui se passe, d'où le soutien que nous devrions recevoir, je l'espère cette semaine, de l'ONU, pour casser ces nouveaux négriers, ces trafiquants, et en même temps, il faut des accords de co-développement. Voilà pourquoi je soutiens la démarche de Jean-Louis Borloo, notamment sur le co-développement en Afrique, et la stabilisation. Et je pense que, vous allez voir, je suis un président d'opposition, je pense que la France est le seul pays, aujourd'hui, en Afrique, à jouer le rôle de stabilisateur, notamment au plan militaire.

Et nous allons avoir en Afrique, il faut réfléchir à la lumière du Burundi, 18 élections présidentielles, dans les deux ans qui viennent. Et c'est un élément d'inquiétude, non pas que la démocratie s'exprime, mais des risques de déstabilisation. Et au fond, Boko Haram nous envoie aussi, beaucoup de ces migrants, qui sont des hommes et des femmes, en état de détresse, mais que nous ne pouvons pas accueillir, d'où l'importance des accords de co-développement. Et il y a eu une réussite, avec le Sénégal et la Mauritanie, c'était il y a 9 ans, c'est l'affaire des îles Canaries, souvenez-vous.

Et ils étaient des centaines à aller vers les îles Canaries, venant notamment de la région de Caïs, le long du fleuve Sénégal. Et il y a eu des accords de co-développement, et une politique de quota fixée par l'Espagne. Je crois que c'est autour de ça qu'il faut réfléchir. Attention à l'appel d'air.

7:38
Présentateur

Quelques mots, Gérard Larcher, sur une réforme, celle-là que vous avez engagée, ça pourra nourrir une discussion, un dialogue avec nos auditeurs, réforme du Sénat, du règlement du Sénat contre l'absentéisme des sénateurs. Vous avez adopté, vous avez donné votre feu vert à cette réforme mercredi dernier. Les sénateurs pourraient être tapés au portefeuille s'ils sont trop absents, des réunions de commissions, des séances, des votes, etc. Vous pensez que ça aura un effet, que ça sera dissuasif ?

8:12
Gérard Larcher

Le Sénat s'est fait pour faire la loi, pour contrôler le gouvernement, et c'est le rôle des parlementaires, députés et sénateurs, de faire la loi. Et donc, il fallait d'abord que nous réorganisions le travail, parce que le travail est extrêmement dense, peu organisé. Il fallait aussi que nous donnions autant de paroles dans un parlement qui aime beaucoup parler, un encadrement qui permet de donner au débat plus de force. et derrière cela, nous avons en quelque sorte dit qu'il y avait trois moments essentiels.

Le temps de la commission, notamment quand elle est en vote législatif, le temps du contrôle au gouvernement, les questions d'actualité, et le temps des grandes explications de vote et du vote solennel des textes. Et c'est vrai qu'à l'unanimité, moins le vote du groupe communiste, mais pour d'autres raisons qui étaient liées à la situation des groupes minoritaires, le Sénat a retenu le principe, et bien que quand on est présent, ceci doit valoir l'ensemble des indemnités, quand on est présent à moins de 50%, il y a des conséquences qui ne sont pas cosmétiques. J'avais annoncé que ce ne serait pas cosmétique, mes collègues m'ont suivi.

D'ailleurs, sur le rapport d'Alain Richard et Roger Carucci, deux collègues, l'un socialiste, l'autre UMP. Ça peut aller jusqu'à la moitié des indemnités supprimées, c'est ça ? La moitié des indemnités représentatives de frais de mandat, et une part de l'indemnité de fonction.

9:45
Présentateur

Gérard Larcher, président du Sénat, invité de France Inter jusqu'à 9h moins 5. On vous retrouve dans quelques minutes, donc avec les questions 01, 45, 24, 7000 dans 30 secondes, la revue de presse.