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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 8 mai 2022 25 min

Réinvestiture d'Emmanuel Macron, convention de la Nupes... Le "8h30 franceinfo" de Jean-François Copé

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Le 8.30 France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT. Bonjour Jean-Jérôme Bertolus. Bonjour Racine. Notre invité ce matin, ancien ministre et maire LR de Maud, Jean-François Copé. Bonjour. Bonjour. Merci d'avoir accepté l'invitation de France Info. Hier, pour la cérémonie d'investiture, Emmanuel Macron a promis une nouvelle façon de gouverner pour ce deuxième quinquennat qui commence. Écoutons le chef de l'État et vous réagirez ensuite.

0:31
Emmanuel Macron

Il nous faut tous ensemble inventer une méthode nouvelle, loin des rites et chorégraphies usés, par laquelle nous pourrons seuls bâtir un nouveau contrat productif, social et écologique. Elle sera bien entendu aussi institutionnelle et politique, mais elle doit être en acte et dans la pratique de chaque jour. Et chacun y aura sa part de responsabilité.

0:57
Présentateur

Voilà, promesse d'un quinquennat en rupture avec le premier, sur le fond, sur la forme, vous y croyez ? D'abord, c'est un beau discours.

1:04
Invité

Je ne vois pas qui peut signer contre ce genre de choses. Le problème, c'est que ça commence à faire un petit peu long. Il y a une atmosphère un peu gazeuse, je trouve, depuis le soir du deuxième tour, parce que ce discours-là, on l'avait déjà un peu entendu. Moi, surtout, ce qui m'inquiète, c'est le contraste entre cette espèce de période où il ne se passe rien, rien du tout, et en même temps, l'urgence des sujets. Alors, on peut comprendre s'il y a une alternance politique, mais là, il n'y a pas d'alternance politique.

Donc, ce qu'on ne comprend pas très bien, c'est que pendant ce temps-là, il y a une crise en Ukraine, il y a des inquiétudes absolument énormes des Français, bien sûr, en matière de pouvoir d'achat, mais pas seulement, aussi en matière de sécurité, d'autorité de l'État. Et je suis étonné de voir que sur tous ces sujets apparaît cette espèce de climat d'impréparation. C'est ça qui, moi, m'étonne le plus. Mais effectivement, le gouvernement tarde à être formé. On n'a pas le nom d'un nouveau Premier ministre.

Pour vous, c'est une stratégie où, finalement, compte tenu de ce qu'a indiqué Emmanuel Macron, les promesses sont très larges, eh bien, il doit prendre son temps pour choisir un nouvel exécutif. Mais, encore une fois, ce qui, moi, me surprend, c'est que tout ça n'ait pas été plus préparé, anticipé. Le débat pour savoir si M. Macron allait avoir un parti unique ou une confédération est un sujet qui est sans doute passionnant pour lui, mais pas du tout pour les Français. Et j'ajoute que c'est une vue de l'esprit. Personne n'aurait cru une seconde qu'il allait en plus avoir un parti unique.

Donc, je pense que toute cette perte de temps est difficile à comprendre pour des Français qui ont certes voté, mais qui, pour beaucoup d'entre eux, ont quand même voté pour M. Macron. par rapport à l'extrême droite. Mais comment vous expliquez, alors, ce délai qui est pris, là, avant de connaître... Écoutez, je ne m'explique pas. Je le regrette. Vous le comprenez ou pas du tout ? Non, c'est ce que j'essaie de vous dire. C'est que je ne le comprends pas. Mais au-delà de ça, essayons d'aller un petit peu plus loin. On a un sujet quand même majeur. On a un pays dont les résultats économiques et sociaux montrent qu'il tient bien le choc par rapport à toutes les crises que nous traversons.

Et ça, c'est sans doute grâce à des décisions qui ont été prises pendant la crise sanitaire en particulier et qui ont été bonnes. Mais c'est aussi grâce aux Français qui ont tenu le choc malgré ces difficultés. On voit bien que maintenant, il y a des nouvelles décisions à prendre qui sont des décisions difficiles. Le niveau de la dette, le niveau des déficits, des réformes absolument indispensables et en particulier des retraites qui n'ont jamais été faites depuis 2017. Alors, je me dis, il faut assez vite quand même que le président de la République nous dise ce qu'il entend faire.

Parce que pour l'instant, celui qui est capable de dire quel est le programme de ce quinquennat, il est très très fort. Parce qu'on a entendu tout et son contraire. Et avec en plus ce que je crois être un énorme malentendu, une énorme incompréhension, c'est ce sentiment qu'il va faire un virage à gauche. Au motif que M. Mélenchon est arrivé troisième. M. Mélenchon qui est le chantre de l'extrême gauche. Donc, je rappelle quand même qu'on est sur quelque chose qui est quand même assez difficile à comprendre.

Ce que dit le président de la République, ce qu'il dit le 24 au soir et ce qu'il a redit hier à l'Elysée, c'est qu'il entend la colère des Français, il entend les fractures et qu'il veut gouverner autrement. Oui, mais ça, Jean-Jérôme Bertolus, moi, la formule, j'entends la colère et l'inquiétude des Français, c'est une formule que je connais par cœur. C'est ce que Chirac disait d'ailleurs. C'est ce que Jacques Chirac disait. Jacques Chirac, Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Esta, enfin on peut les faire tous. Tout le monde, à la tête du pays, explique qu'il entend la colère des Français. La question, c'est de y répondre.

C'est des formules standards qui n'apportent absolument, comme vous le dites très justement, aucune réponse concrète. Qu'est-ce qu'on attend aujourd'hui ? C'est justement des choix stratégiques pour le pays. Et ce qui m'inquiète, c'est que non seulement on ne parle pas du tout de stratégie, d'ailleurs cette campagne électorale est un grand rendez-vous manqué de ce point de vue, mais qu'en plus, à l'heure où nous nous parlons tous les trois dans ce studio de radio, on ne sait toujours pas quelles seront les grandes orientations. C'est quoi les réformes qui devraient être mises en chantier très rapidement ?

C'est vrai que vous rappeliez en creux que Bruno Le Maire a dit, en matière économique, le pire est devant nous, qu'il faut s'attendre effectivement à des jours difficiles. Pour vous, quels sont les chantiers qui devraient être ouverts rapidement ? Ces chantiers, nous les connaissons tous par cœur, il faut juste avoir le courage de les assumer. Un, c'est naturellement, dans le domaine économique, il y a quelques réformes structurelles majeures à faire pour préserver notre modèle social, sinon il va exploser. Et je pense en particulier aux retraites, mais aussi à la réforme hospitalière.

Donc voilà deux domaines dans lesquels on a quand même compris qu'il y avait des choses à faire en urgence. Le président de la République a dit que les retraites, ça sera à l'automne, qu'il espère une réforme dès l'automne. Oui, enfin, on va donc repartir sur le sempiternel numéro des manifs, des blocages, etc. Il fallait, sur ce sujet que nous connaissons tous par cœur, assumer de le faire par ordonnance. Mais c'est pas ça une nouvelle manière de gouverner, comme vous dites, procéder par ordonnance, alors qu'on l'a bien vu, le niveau de l'abstention, le niveau des extrêmes.

Il ne faut pas penser une seconde que c'est une nouvelle manière de gouverner, que de recommencer des marathons législatifs que nous faisons depuis 30 ans sur le sujet des retraites, toujours l'automne, et qui se traduit par un blocage du pays, parce que l'extrême gauche est systématiquement dans la rue. Bon, c'est ça qui ne va pas. Et en réalité, je pense que le changement de méthode gouvernementale devait partir d'un contrat passé avec les Français au moment de la campagne présidentielle sur les 5 ou 10 grandes réformes qu'il faut faire tout de suite. Donc premier rendez-vous manqué.

Deuxième secteur dans lequel il y a un besoin absolu de réponse, c'est tout ce qui relève de l'autorité de l'État. Qui est aujourd'hui le grand chénon manquant du discours de M. Macron. Alors ok, c'est moins chic que de parler d'autres sujets sans doute plus sexy. Mais enfin la vérité, c'est que c'est le maire de mots qui vous le dit. Il y a dans une partie importante de notre pays des attentes très fortes en matière de rétablissement de la sécurité au quotidien. Or il n'y a pas de moyens suffisants, il n'y a pas d'organisation territoriale qui le permettent. Il y a eu comme un premier de loi juste avant le premier tour en matière de sécurité intérieure, une loi de programmation.

Non mais écoutez, encore une fois, moi c'est comme vous voulez. La réalité elle est quoi ? Tant que vous n'aurez pas dans toutes les villes de plus de 10 000 habitants des polices municipales obligatoires, armées, avec des caméras de vidéosurveillance, avec une organisation territoriale qui dédie au sujet de la sécurité une priorité absolue, nous n'y arriverons pas. Voilà typiquement des domaines dans lesquels des attentes très fortes sont exprimées par les français et on ne les voit pas du tout

7:27
Présentateur

dans le discours présidentiel. Jean-François Copé, invité du 8.30 France Info ce matin, on va reprendre cette discussion après le Fil Info avec Sophie Allemand, il est 9h20.

7:37
Invité

En Ukraine, après l'évacuation des derniers civils de la Syrie d'Azovstal à Mariupol hier, le gouvernement ukrainien demande à Médecins Sans Frontières d'organiser une mission pour évacuer et soigner les soldats encore retranchés dans le site. L'Organisation Mondiale de la Santé demande elle à la Russie d'arrêter son offensive en Ukraine, en particulier les bombardements sur les établissements de santé. Il y a eu 200 attaques de ce type depuis le début de la guerre, selon l'agence de l'ONU. Le président Volodymyr Zelensky doit participer aujourd'hui à la réunion des dirigeants du G7 par visioconférence pour discuter de la situation de l'Ukraine.

C'est l'Allemagne qui préside cette année pour le chancelier allemand Olaf Scholz. L'Ukraine rend la cohésion du G7 plus importante que jamais en ce 8 mai, date historique marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale. A cette occasion justement et avant ce sommet, le président Emmanuel Macron est attendu dans la matinée à l'Arc de Triomphe à Paris. Il doit y déposer la traditionnelle gerbe sur la tombe du soldat inconnu. C'est le 77e anniversaire de la victoire du 8 mai 1945. En Guadeloupe, après les émeutes et violences urbaines contre l'obligation vaccinale au mois de janvier, 5 hommes sont condamnés. Leurs peines vont du travail d'intérêt général à un an de prison ferme.

Près de 21 commerces avaient été pillés en deux jours en janvier à Pointe-à-Pitre. Et puis les Nantais, vainqueurs de leur 4e Coupe de France de football. Ils ont battu Nice hier 1 à 0, un trophée attendu depuis 22 ans. Les festivités vont débuter à 17h à Nantes. Annonce de la mairie sur France Info. France Info.

9:11
Présentateur

C'est le maire LR de Maud et figure de la droite française, Jean-François Copé, qui est l'invité du 8.30 France Info ce matin. Jean-Jérôme Bertolus.

9:18
Invité

Les forces politiques tentent de se mettre en ordre de bataille. Pour les législatives, on va venir bien sûr à votre parti, aux Républicains. Mais hier, Jean-Luc Mélenchon est intervenu à la Convention de l'unité populaire, écologique et sociale. C'est le nouveau sigle de l'Union de la Gauche. On l'écoute. Nous posons un acte de résistance collective à une ère de maltraitance sociale, écologique et démocratique qui nous a été annoncée par un pouvoir qui s'est fait élire sous la contrainte d'un deuxième tour par défaut et qui, sans jamais avoir annoncé le moindre programme, a l'intention de nous entraîner encore plus loin dans la déconfiture léolibérale.

Les accords à gauche, c'est une page politique de l'histoire de France, comme l'a souligné hier Jean-Luc Mélenchon, où, pour vous, par exemple, c'est un contresens historique et même vous avez indiqué dans l'Express que pour le Parti Socialiste, c'était une capitulation, un mot qui sonne comme une défaite. Oui, bien sûr. Moi, je suis très sévère sur la décision qui a été prise par le PS de s'aligner et de se soumettre à l'extrême-gauche. Il y a une hypocrisie en France par rapport à ce que représentent Jean-Luc Mélenchon et ses amis. On parle pudiquement de gauche de la gauche parce qu'on ne veut pas dire le vrai mot. Le vrai mot, c'est l'extrême-gauche.

Alors, pour moi, le combat, il est aussi bien contre l'extrême-droite que contre l'extrême-gauche. Le Pen-Mélenchon, même combat. Et il y a une espèce de parfum en France de non-dit sur ce sujet dans le débat politique national que je trouve extrêmement grave parce que les propos tenus par Jean-Luc Mélenchon et surtout un certain nombre de ses lieutenants les contenus du programme sont des contenus qui n'ont rien à voir avec l'ADN d'un parti socialiste issu de la grande histoire républicaine française. Oui, justement, avec l'ADN de la République. Vous mettez l'extrême-gauche en dehors de l'arc républicain ?

Non, mais moi, je sais, le problème de savoir qui est républicain, qui ne l'est pas, on joue sur les mots. Le problème, il est de savoir quel programme respecte ou non ces valeurs auxquelles nous croyons qui sont la laïcité qui est un sujet absolument majeur mais qui est aussi le droit de propriété qui est systématiquement bafoué dans les discours de M. Mélenchon. Et puis surtout, au-delà de ça, ce parfum de haine, ce rapport au communautarisme qui est insidieux et qui consiste à pardonner l'impardonnable sur certains comportements contraires, justement, à la laïcité. C'est sur ces sujets-là que je... Sans oublier l'Europe, naturellement.

C'est sur ces sujets-là que je considère que le Parti Socialiste se dévoie, plutôt ses responsables, et que ça va le faire disparaître. Parce que ce qui a été l'ADN du Parti Socialiste depuis Léon Blum, puisqu'il est bon en ce moment de parler de Léon Blum et du Front Populaire, c'est que c'était justement un parti de gouvernement. On a assumé le fait qu'il y avait l'utopie et puis il y avait aussi le gouvernement. Et bien là, le PS s'est couché derrière l'extrême-gauche et renonce à l'essentiel de son ADN. Une dernière question sur, effectivement, cette nouvelle union populaire. Jean-Luc Mélenchon affirme que ça va permettre de renouveler ceux qui se retrouvent à l'Assemblée, par exemple.

Il souhaite, et c'est le cas, eh bien que, par exemple, une femme de ménage qui s'est battue dans un hôtel Ibis pour améliorer ses conditions de travail est investie par la France Insoumise. D'autres figures comme ça, un petit peu différentes sont investies. C'est bien ? Ça permet un petit peu de... Ou pour vous, c'est démagogique ? Non mais, M. Berthoud, c'est ni l'un ni l'autre. Je n'ai pas de jugement à porter. Chaque Française ou chaque Français est en droit de se présenter aux élections quels qu'ils soient. Et c'est la grandeur de la démocratie. Je rappelle au passage que c'est les dictatures d'extrême-gauche comme d'extrême-droite qui empêchent ce genre de choses.

Donc, au contraire, je pense que le sujet ne peut pas être là. Le sujet, il est de savoir qu'est-ce qu'on veut pour notre pays. Et il faut raconter la vérité à nos concitoyens. Nous avons la chance de vivre dans un pays, la France, où pas un seul Français n'a eu à payer pour se faire vacciner contre le Covid. Il n'y a pas beaucoup de pays dans le monde qui le permettent. Nous avons un système hospitalier qui souffre énormément des exigences du système mais qui a été d'une performance absolument exceptionnelle dans ce contexte.

Ces sujets-là ne sont jamais évoqués de manière positive comme n'est jamais évoqué de manière positive le fait que le système de protection sociale français permet de soigner à des coûts extraordinairement réduits pour les patients chaque Française et même chaque personne qui habite sur notre sol puisque ça concerne aussi les étrangers. J'ai d'ailleurs moi-même une forte réticence sur les étrangers en situation irrégulière parce que ça pose un vrai problème d'appel d'air que nous ne savons pas gérer. Mais sur ces sujets, je trouve qu'on manque de courage de ne pas dire des choses telles qu'elles sont. Et si on veut réformer, c'est qu'on veut préserver justement cette gratuité

14:01
Présentateur

dans le domaine des soins. À propos de votre famille politique maintenant, Jean-François Copé, votre parti, Aurélien Pradier, numéro 2 de LR Explique dans une interview au point, on va le citer, ce que j'ai le plus appris de Nicolas Sarkozy, c'est le sens de la rupture. Je suis certain qu'il ne m'en voudra pas de dire qu'aujourd'hui il faut rompre avec le sarkozisme. Vous êtes d'accord avec ça ? Je vais vous dire,

14:24
Invité

ce n'est pas important ça. C'est des petites phrases. Moi, je les connais par cœur. Je connais Pradier par cœur. Tout ça n'a aucun intérêt, n'est pas du tout du niveau de la gravité des enjeux auxquels est confrontée la droite française.

14:35
Présentateur

Ce n'est pas une histoire de courant ?

14:37
Invité

Non, mais c'est une histoire, c'est très grave ce qui se passe à droite aujourd'hui. C'est la troisième fois que nous perdons une élection présidentielle. La troisième fois. Alors moi, je considère qu'un parti de gouvernement, c'est ce qui fait la différence avec les partis extrémistes comme ceux dont on vient de parler tout à l'heure, le Front National ou Extrême-Gauche. Bon, de M. Mélenchon. Un parti de gouvernement, c'est un parti qui est dédié à servir les Français et à apporter des réponses, des solutions et donc à agir. Un parti de gouvernement comme la droite française, à partir du moment où elle s'interdit de gouverner pendant 15 ans, peut-il encore être un parti de gouvernement ?

C'est ça la question. Mais Jean-François Copé, ça, on vous a déjà entendu, excusez-moi, mais vous le répétez ce matin, mais vous n'êtes même pas entendu par votre famille politique. On voit hier, par exemple, la double appartenance a été condamnée. Double appartenance, ça veut dire éventuellement LR et la majorité. On voit que la majorité actuelle, est-ce que vous avez des contacts avec Emmanuel Macron, avec l'exécutif de la majorité ? Là, vous avez tout à fait raison, c'est que pour que ce genre de choses arrivent, il faut que les deux côtés effectivement se parlent. C'est-à-dire que les gens des LR ne parlent pas avec Macron, mais que Macron ne parle avec personne.

Donc de ce point de vue, c'est sûr que ça ne va pas permettre de faire lancer des choses. Mais ça ne m'empêchera pas de penser qu'il y a aujourd'hui un chaînon manquant dans le dispositif de M. Macron, c'est l'incarnation des fonctions d'autorité, de sécurité, de justice, d'immigration. Ça, c'est des mots un petit peu éculés, ou qu'est-ce qui est ouvert, pas ouvert. Mais c'est que sur ces sujets, il n'y a personne pour incarner ça au nom de la République. Et que ça, c'est aussi un sujet sur lequel la droite de gouvernement peut apporter une valeur ajoutée. Alors ensuite, vous me dites qu'il n'y a pas de double appartenance. Je comprends ça parfaitement bien. C'est normal.

Je rappelle juste une chose. J'espère qu'on aura la même sévérité vis-à-vis de ceux des candidats LR qui n'auraient pas de candidats du Rassemblement National en cas de eux dans leur circonscription. Parce que sinon, alors ça va créer quand même une certaine forme de confusion. Parce que dans l'édito que j'ai écrit dans l'Express où je dénonce la capitulation du PS par rapport à l'extrême-gauche, je termine en disant que j'espère bien que nous en tirerons nous aussi les leçons à droite et que personne ne succombera la tentation d'alliance avec l'extrême-droite qui est tout aussi mortifère.

Le fait que vous ne soyez pas écouté aujourd'hui par la majorité dans votre volonté de passer un pacte de gouvernement, le fait que vous ne soyez pas écouté par votre propre parti, toujours dans cette volonté on va dire d'établir un lien en tant que parti de gouvernement avec l'actuelle majorité. Est-ce que ce chénon manquant ça va faire trébucher, échouer à nouveau LR aux législatives ? Est-ce que c'est un risque ? Alors en même temps on a des atouts pour cette élection législative malgré tous les malheurs qui nous sont arrivés lors de l'élection présidentielle. Nous avons quand même quelques atouts. Le premier d'entre eux c'est justement d'incarner un ancrage territorial très fort.

C'est le grand échec d'Emmanuel Macron c'est qu'il n'y a pas aujourd'hui... Sans député sortant vous allez retrouver sans député sortant ou au-delà ? J'en sais rien. J'espère le plus possible. Mais en tout cas ce qui est vrai c'est que j'espère que sur tous les territoires où nous sommes très ancrés parce que maire, parce que président de département, nous allons pouvoir convaincre les françaises et les français qu'il faut ce rééquilibrage avec la droite de gouvernement.

Mais j'ai dit mon inquiétude elle est réelle nous avons cependant des atouts et je pense que le fait que monsieur Macron soit très absent sur les sujets d'autorité peut être une opportunité pour LR de prendre cet espace en rassurant les français qui en ont besoin dans de nombreux territoires.

18:07
Présentateur

Jean-François Copé invité du 830 France Info on se reparle après le fil info avec Sophie Allemand il est 9h moins 10.

18:11
Invité

Après deux semaines de silence suite à sa défaite à la présidentielle Marine Le Pen sera à Hénin-Beaumont aujourd'hui ville du Pas-de-Calais où elle est candidate pour les législatives la lideuse du Rassemblement National suivra la cérémonie des dépôts de gerbe du 8 mai 1945 elle prendra ensuite la parole un peu avant midi.

L'union est possible par la rupture les mots de Jean-Luc Mélenchon lors de la convention d'investiture de la nouvelle union populaire à Aubervilliers en Seine-Saint-Denis le leader de la France Insoumise a insisté sur l'aspect historique de l'union de la gauche pour les législatives les républicains eux s'allient avec l'UDI et les centristes en vue de ces élections un candidat unique sera présenté dans 95% des circonscriptions les derniers civils de la Syrie d'Azovstal à Mariupol évacués hier le gouvernement ukrainien demande maintenant à l'ONG Médecins Sans Frontières d'organiser une mission pour évacuer et soigner les soldats encore retranchés dans le site une nouvelle ère pour Orpéa après les révélations du livre Les Fossoyeurs qui mettait en lumière de nombreux manquements dans l'accueil des résidents dans l'accueil des résidents excusez-moi j'ai perdu le texte le nouveau PDG excusez-moi s'est exprimé dans le journal du dimanche ce matin il annonce l'organisation de portes ouvertes dans les EHPAD objectif jouer la carte de la transparence il affirme que le groupe a pêché par manque de rigueur les Nantais l'emportent leur 4ème coupe de France après leur victoire 1 à 0 face à Nice hier en rugby La Rochelle l'a emporté 31 à 19 face à Montpellier et décroche ainsi son ticket pour la demi-finale en coupe d'Europe qualification également de Toulouse après un nul de 24 partout à Dublin France Info

20:00
Présentateur

bienvenue si vous nous rejoignez sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT c'est Jean-François Copé qui est notre invité ce matin Jean-Jérôme Bertolus pour que l'on comprenne bien votre position

20:08
Invité

votre stratégie Romain Reda un proche de Valérie Pécresse a été investi hier par la majorité présidentielle ce matin vous le félicitez ou vous êtes de ceux qui disent il faut l'exclure vraiment je ne suis plus à la tête je n'ai plus de responsabilité partisane mais vous êtes une voix qui est écoutée bien sûr moi je pense qu'effectivement la double appartenance dès lors que l'LR a décidé qu'elle n'était pas autorisée il ne peut pas faire d'exception ensuite ma question la question elle n'est pas pour moi de savoir qui a raison qui a tort moi je vous ai dit mon point de vue je pense que dans cette période nous avons besoin de souplesse nous avons besoin de réfléchir à une seule chose qu'est-ce qui peut servir le mieux l'intérêt des français et après tout c'est ça qui les intéresse les français c'est de voir quelles sont les forces politiques qui peuvent apporter des réponses or je le répète la droite française de gouvernement peut apporter des réponses dans un certain nombre de domaines nous devons être capables de peser sur des orientations majeures je prends l'exemple de l'écologie qui est un sujet extrêmement important nous avons aujourd'hui montré je crois aux français que nous avions une grande maturité dans ces domaines qui a une écologie positive qu'on n'est pas obligé de culpabiliser les gens et qu'en même temps nous sommes extrêmement performants en France dans le domaine de l'énergie dans le domaine des transports dans le domaine du logement en tant que maire je peux emporter témoignage on fait beaucoup de choses dans tous ces domaines et donc on n'est pas dans la culpabilisation et bien ça c'est un message qui doit être entendu qui doit être mis en oeuvre c'est des domaines dans lesquels on voit bien que la droite peut là aussi comme sur la sécurité comme sur la réforme des retraites comme sur la politique économique apporter des réponses cette absence de souplesse m'inquiète parce qu'elle signifiera que nous aurons beaucoup de mal à nous positionner sommes-nous des opposants systématiques sommes-nous des opposants modérés ça veut dire que dans un cas on sera inaudible parce que l'extrême droite fera mieux que nous dans le genre ou bien si on est trop modéré bah on sera inaudible donc c'est ça la question et c'est toute l'ambiguïté de notre positionnement c'est le positionnement de LR pendant toute la prochaine mandature ça va être face ayant pendant toute la mandature en tout cas ça a été notre positionnement pendant toute la mandature précédente où nous avions parfois des difficultés alors bien sûr ça veut pas dire que nous avons été absents nous avons grâce au Sénat en particulier apporté beaucoup d'amélioration au texte mais je pense qu'on peut aller plus loin en montrant aussi que dans un certain nombre de domaines nous faisons nous-mêmes les choses et pour ça il faut évidemment réfléchir à ce que peut être après les législatives pas avant mais après les législatives une sorte de pacte au service des français au moins pendant les deux ou trois premières années du quinquennat mais par exemple est-ce que ce pacte même après législatif puisque maintenant on voit bien que ce pacte ne débouche pas est-ce que ce pacte après législatif ça peut passer par exemple sur l'inclusion au sein du gouvernement de personnalités de LR comme Damien Abad le patron du groupe LR qui n'était pas d'ailleurs hier au conseil national sauf que pour moi ce qui relève du débauchage individuel a beaucoup moins d'impact auprès des français ce qui a de l'impact c'est pas que telle ou telle personnalité de droite aille au gouvernement c'est qu'une force politique apporte sa contribution qu'est-ce que vous attendez comme signal pour qu'on soit très clair ce matin même après législative il faut quoi il faut je vais vous dire il faut quoi il faut que Emmanuel Macron ou l'un des leaders de la majorité moi personnellement vu le contexte je pense qu'après les législatives il faudra compter un peu les rapports de force et que si LR est suffisamment important si ça a beaucoup de sens et bien je crois que ça pourrait donner une dimension nouvelle de la part du président de la république de venir renforcer son flanc droit parce que paradoxalement notre pays a aujourd'hui besoin d'une politique de droite plus que d'une politique de gauche je rappelle que nous avons aujourd'hui près de 60% de dépenses publiques rapportées au PIB nous sommes dans ce domaine les plus interventionnistes en économie de toute l'Europe que nous avons des niveaux de prélèvement obligatoire qui sont très élevés donc les attentes ne peuvent pas être dans ce domaine là elles sont au contraire dans l'action dans la réforme et ça ça nécessite effectivement la contribution de la droite française oui aujourd'hui le flanc droit de la majorité on voit bien par qui il est incarné ce flanc droit c'est Édouard Philippe il a eu 58 circonscriptions donc manifestement ben voilà l'équation de la droite de cette majorité est résolue et elle passe pas par vous et ben écoutez on verra bien moi j'avais cru lire dans les gazettes que la relation était tellement mauvaise entre monsieur Macron et monsieur Philippe que de toute façon qu'il parle ou qu'il ne parle pas il ne serait jamais entendu j'observe que le nombre de députés qu'on lui a octroyé n'est pas si considérable que ça qu'on l'a obligé à signer un pacte finalement assez partisan avec ses deux autres homologues qu'il m'est arrivé de le voir plus souriant que je ne l'ai vu là je me dis qu'il y a certainement un peu puisque j'ai commencé par dire que l'atmosphère était un peu gazeuse et bien il y a peut-être un peu d'eau dans le gaz voilà donc il me semble que dans ce contexte la droite de gouvernement peut avoir

25:01
Présentateur

beaucoup de choses à faire pour les français on s'arrête là-dessus merci beaucoup Jean-François Copé invité du 830 France Info ce matin si vous aimez le 830 France Info on vous conseille Élisez la bataille le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses à découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur France Info.fr