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interviewJordan Bardella· 25 juin 2025 13 min

Intervention de Jordan Bardella au Sommet des Libertés.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:02
Présentateur

Bonsoir à tous. Bonsoir, Jordan Bardella. Le chronomètre va partir en 12 minutes et toujours le même format pour chacun. D'abord, avec une question sur l'économie. Notre dépense publique, hors normes, est plus élevée que la Roumanie de Ceausescu, que la Pologne communiste des années 70, que le Venezuela du go de Chavez. La France a la deuxième dépense publique la plus élevée de la zone euro après la Finlande. Pourquoi, Jordan Bardella, on continue à dépenser autant ? Pourquoi cette addiction, selon vous, à la dépense sociale ?

0:39
Jordan Bardella

La France vit depuis maintenant près de 50 ans au-dessus de ses moyens. Et en réalité, ses déficits publics, ses dettes qui s'accumulent sont évidemment autant de poids qui vont venir peser sur les épaules des générations futures. Je voudrais d'abord sortir d'un débat qui consisterait à dire qu'on peut annuler une dette. La France est un grand pays, c'est une grande démocratie. La France dispose de systèmes financiers et d'une économie extrêmement robuste. Et viendra évidemment le moment où il faudra rembourser cette dette. Je pense que pour affronter le mur de la dette, il faut s'intéresser à deux facteurs.

Le premier facteur, c'est celui évidemment des dépenses publiques et notamment des mauvaises dépenses publiques de l'État. Un tiers des dépenses de l'État français sont des dépenses de fonctionnement. On sait que le modèle social prend lui aussi une part très importante dans les dépenses de l'État chaque année. Et moi, je considère que sur ce chemin-là, il est temps de revenir à la raison budgétaire. Alors je ne dis pas à l'orthodoxie budgétaire, mais à minima à la raison budgétaire. Et de prendre ce sujet extrêmement au sérieux en allant tailler dans les mauvaises dépenses publiques.

Ce que les Français ne comprennent pas, c'est qu'ils sont chaque année invités à payer de plus en plus d'impôts. La France est le pays record du monde des prélèvements obligatoires avec 46% de prélèvements obligatoires. Plus les Français payent des impôts, plus la France qui travaille cotise, plus la qualité des services publics se dégrade. Moins il y a de services de santé, moins il y a de sécurité, plus la justice est lente. Donc je crois qu'il est extrêmement urgent d'améliorer l'efficacité de la dépense publique et surtout d'avoir le courage politique de s'attaquer aux mauvaises dépenses de l'État.

Nous souhaitons, par exemple, sur le modèle social, faire en sorte que les allocations familiales, les aides sociales, que la générosité du modèle social français redevienne nationale et qu'elle soit réservée aux citoyens français. Je vous prends un exemple très simple. Comment accepter, comment justifier que dans un pays où un retraité sur trois renonce à se soigner parce que le reste à charge est trop important, qu'on offre, que l'État français offre la gratuité des soins aux étrangers en situation irrégulière. Donc, immigration, fonctionnement de l'État. Alors, il y a beaucoup d'agences publiques qui nous coûtent beaucoup d'argent.

Je prends par exemple les agences régionales de santé qui font doublon avec les compétences des ministères et qui... Vous ne vous gênez pas, il n'y a pas de... Et qui, en pleine crise sanitaire, viennent requérir l'ordre de fermer des infrastructures de santé et notamment de fermer des lits. Donc, immigration, agences d'État qui nous coûtent énormément d'argent, baisse de la contribution de la France au budget de l'Union européenne, comme c'est le cas pour beaucoup de pays européens autour de nous. Je pense par exemple à l'Allemagne ou aux Pays-Bas. Nous souhaitons également réduire l'aide au développement.

Est-il normal que nous donnions, par exemple, de l'argent à l'Algérie, de l'argent à Gaza pour y financer le réseau d'eau, de l'argent à des grandes puissances économiques, quand nous n'arrivons plus aujourd'hui à faire face ? Donc, croyez-moi, de l'argent, il y en a. Il faut simplement avoir le courage de s'y attaquer. Et puis, au-delà de tous ces débats budgétaires sur lesquels je crois qu'il y a un consensus aujourd'hui dans le pays, moi, je veux dire qu'on n'affrontera pas le mur de la dette si on ne recrée pas de l'activité économique.

Si on ne déverrouille pas aujourd'hui toutes les contraintes qui pèsent sur la croissance, sur la production et sur nos entreprises, on n'arrivera pas à rembourser la dette. Précisément parce que qui s'enrichit paye ses dettes. Et donc, pour rembourser le mur de la dette demain, pour remettre de l'ordre dans les finances de l'État, on doit recréer de la richesse dans notre pays. Et on doit donc permettre à nos chefs d'entreprise, à nos artisans, à nos commerçants, à nos industriels, petits moyens comme grands groupes, de recréer de la richesse, la croissance, la croissance, la croissance.

Et c'est à ce prix-là, à ce prix de la liberté économique pour nos entreprises, de créer, d'innover, d'investir, d'embaucher, qu'on pourra évidemment demain générer de l'argent, générer des impôts, générer des cotisations qui nous permettront de réduire la voilure. Il n'y a pas de raison que tous les pays autour de nous y arrivent, sauf la 7e puissance économique mondiale.

4:55
Présentateur

Immigration, agence d'État, on l'a vu aussi dans l'analyse de Marc Van Garde, que si le Danemark a réduit, par exemple, de 10 points sa dépense publique depuis 2011, on se demande pourquoi nous, on n'y arrive pas. Quelle est la mesure prioritaire, selon vous, en économie à faire ? Vous en avez cité plusieurs. La prioritaire.

5:23
Jordan Bardella

La France est atteinte de ce que M. Fourquet appelle la maladie bureaucratique. Et si demain, nous arrivons à la tête du pays, faisons un peu du chrony, de projection, imaginons que nous sommes en 2027 et que nous remportons l'élection présidentielle, les élections législatives. L'ambition que nous souhaitons porter, c'est de guérir la France de cette maladie bureaucratique.

On a le sentiment, et beaucoup de Français comme de chefs d'entreprise ont le sentiment qu'il y a à la tête du pays, à la tête des institutions européennes, des hauts fonctionnaires, des technocrates, qui tirent profit, qui légitiment leur salaire par le fait d'être toujours plus durs, de punir, de sanctionner les Français par une surchauffe réglementaire qui ne fait que s'accumuler année après année. Et en 20 ans, le code du commerce a augmenté en densité de 300%. Le code de l'environnement, c'est plus 600%.

Le Green Deal, contre lequel je me bats au Parlement européen, qui est inspiré de l'écologie punitive et qui emmène notamment notre agriculture et notre industrie automobile sur le chemin de la décroissance, c'est 850 nouvelles obligations pour nos entreprises depuis 2019. Donc, je veux dire, on n'en peut plus. Et il y a cet impôt en France qui, évidemment, coûte de l'argent si on le supprime. C'est l'impôt de la production, c'est l'impôt sur les sociétés qui s'applique aujourd'hui sur ceux qui créent de la richesse. Mais il y a un impôt qui ne dit pas son nom, c'est l'impôt papier.

Et moi, je souhaite qu'on puisse simplifier la vie de nos chefs d'entreprise, simplifier nos entrepreneurs et rayer d'un trait de plume des normes comme la CSRD, contre laquelle on se bat au Parlement européen, comme le devoir de vigilance qui, aujourd'hui, plombe la croissance. Moi, j'ai écouté avec un très grand intérêt les différentes prises de parole de Luca Demeo qui, en évoquant le cas de Renault, a indiqué qu'entre 2015 et 2030, le prix moyen d'une Clio aura augmenté, in fine, en 2030, de 40% et que ces 40% sont imputables à 90% à la réglementation de l'Union européenne, à la réglementation européenne qui s'applique aujourd'hui.

Et il n'y a qu'un seul malheur, c'est qu'on est toujours plus dur avec nos chefs d'entreprise, qu'on surtranspose toujours à outrance, puisque la France veut être le premier élève de la classe au sein de l'Union européenne, alors que nos partenaires économiques, notamment au sein de la zone euro, ne font pas ce plaisir malsain de la surtransposition. Et bien, en simplifiant l'économie française, c'est évidemment du PIB en plus, c'est de la liberté en plus pour nos chefs d'entreprise. Et il n'y a pas de raison que, sans citer d'exemple, mais que beaucoup de pays dans le monde arrivent à rayer des décrets et que la France, elle, n'y arrive pas.

Je pense que la simplification, ça veut dire une chose très simple en économie, ça veut dire qu'on fait confiance à nos chefs d'entreprise et qu'on arrête de voir l'entreprise et les chefs d'entreprise comme des suspects par définition, comme des pollueurs ou comme des gens qui dégradent la planète. Et moi, je suis allé cet après-midi avec un certain nombre de députés du Rassemblement national. On est allé à Station F, qui est organisé chaque année avec des start-up, des investisseurs au salon de la CPME. Et tous m'ont dit que, évidemment, que cette surchauffe réglementaire qui pèse aujourd'hui sur eux est absolument insoutenable. Donc, ça ne coûte pas d'argent, ça peut se faire très vite.

Et on a besoin, évidemment, de cette simplification parce que ça veut dire qu'on fait confiance à nos chefs d'entreprise.

8:34
Présentateur

4 minutes, 3 questions, 2 thèmes. Passons aux libertés, Jordan Bardella. Ce 8 juin 2025, on a vu au Royaume-Uni que le gouvernement britannique considérait dans certains cas que le rejet de l'immigration de masse peut être têté comme une idéologie terroriste. Je ne sais pas si vous avez suivi cela. En tout cas, pas question donc de critiquer l'immigration de masse. Que comprendre, selon vous, en matière de liberté ? Qu'est-ce qui nous guette, même ici, en France, à travers cet exemple ?

9:08
Jordan Bardella

Je pense que la liberté... On pourrait pérorer des heures sur la définition, sur la philosophie même du concept de liberté qui a enfanté aussi la nation française. Mais je pense que la liberté, défendre la liberté dans la période dans laquelle nous sommes aujourd'hui, c'est un état d'esprit. Cet état d'esprit, c'est celui de refuser les tutelles. Je veux dire, on vit dans un pays, aujourd'hui, la France, où par une décision administrative, une autorité politisée a décidé de fermer la première chaîne de la TNT, la chaîne la plus populaire de la TNT, au motif...

9:44
Présentateur

Vous pouvez applaudir, ça sera décompté de son temps de parole. On laisse applaudir 30 secondes. Merci.

9:54
Jordan Bardella

Oui, par exemple, une mesure pour les libertés, ça pourrait être de fermer l'ARCOM et de rouvrir C8. Par exemple, plus sérieusement, toutes nos libertés sont menacées. On a parlé de la liberté économique, j'ai écouté avec un très grand intérêt les débats qui nous ont précédés. On parlait beaucoup de la liberté de pouvoir travailler, de vivre de son travail, vivre de son salaire. Il y a beaucoup de libertés qui sont menacées. La liberté, évidemment, d'expression, qui est menacée par le politiquement correct.

Et moi, je vous appelle à ne pas vous soumettre aux occasions de la gauche, de l'extrême gauche, qui, depuis 30 ans, squatte l'ensemble des têtes médiatiques, des têtes culturelles, des têtes intellectuelles dans toutes les grandes administrations, et à imposer cette hégémonie culturelle qui fait qu'aujourd'hui, le moindre rééquilibrage, si tant est qu'il soit un petit peu orienté à droite et un petit peu décorrélé de la gauche, est perçu comme quelque chose d'horrible. Donc il ne faut pas lâcher parce que j'ai la conviction que les idées qui sont dominantes aujourd'hui sur beaucoup de plateaux de télévision ne sont pas les idées qui sont majoritaires dans le pays.

Et il ne faut jamais perdre cette vue de l'esprit. Il y a évidemment la liberté de pouvoir se déplacer dans la rue en sécurité, la liberté de pouvoir être une femme française, de pouvoir s'habiller comme on le souhaite, de pouvoir se maquiller comme on le souhaite et de pouvoir sortir le soir, prendre le RER sans regarder derrière soi, parce qu'on a l'inquiétude d'être harcelé, invectivé ou violenté. Donc ces libertés-là, elles sont le creuset même de ce qu'est notre pays, elles sont le creuset même de la République française.

Et il est vrai qu'on a le sentiment aujourd'hui que beaucoup de gens dans notre pays, disons une minorité certaine, cherchent à abîmer cet esprit de liberté, à imposer à l'ensemble de la société française l'ensemble de ses interdits. Je pense bien sûr à l'idéologie islamiste. Et donc si on veut défendre les libertés françaises, il faut évidemment se battre pour la liberté d'expression, il faut évidemment se battre pour la liberté du peuple à demeurer lui-même, pour sa sécurité, pour son identité, et pour sa capacité, hier, aujourd'hui comme demain, à pouvoir vivre décemment de son travail et de son salaire.

11:56
Présentateur

Jordan Bardella, 45 secondes et deux questions. Rapidement, quelle est la mesure prioritaire pour garantir les libertés en France ? Et ensuite, ma dernière question, en 30 secondes.

12:07
Jordan Bardella

Ben, fermez l'arcomme !

12:08
Présentateur

D'accord, c'est noté. Mesure prioritaire pour garantir la liberté des Français ?

12:12
Jordan Bardella

Je pense que la France est engagée aujourd'hui dans un défi existentiel. La question qu'on doit tous se poser, c'est est-ce que dans 20 ans ou 30 ans, la France existera toujours comme grande nation, libre, indépendante, souveraine et autonome ? Et donc, la première mesure qu'on mettra en œuvre si nous arrivons à la tête du pays, c'est le déclenchement d'un référendum sur l'immigration, parce que je pense que ce sujet aujourd'hui, tel qu'il est pratiqué depuis 30 ans, menace la liberté même du peuple français à être et à demeurer lui-même.

12:39
Présentateur

Le gong est terminé. Un mot. Au-delà des réformes, que dites-vous à une société gagnée par la lassitude, l'espérance ?

12:46
Jordan Bardella

Je lui dirais que, en citant Bernanos, que l'espérance, c'est le désespoir surmonté et qu'il n'y a aucune raison, absolument aucune, pour que beaucoup de pays autour de nous relèvent la tête et que le peuple français, qui est peut-être le plus grand de tous, ne le puisse pas.

13:06
Présentateur

Mesdames, Messieurs, Jordan Bardella, merci.

13:09
Jordan Bardella

J'ai respecté le timing.

13:11
Présentateur

On a rajouté un peu pour les applaudissements. Merci.

13:14
Jordan Bardella

Merci à vous.

13:14
Présentateur

Merci pour votre présence. Merci beaucoup.

13:17
Jordan Bardella

Merci beaucoup et bonne soirée à tous.