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Interview sur FranceInfo TV le 19 septembre

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 65 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:12OuverteRéponse directe

    Vous croyez que cette manifestation va prendre de l'ampleur et qu'elle va perdurer ?

  • 3:04OuverteRéponse directe

    Vous appelez à quoi ? La révolution ?

  • 3:57OuverteRéponse directe

    Vous n'occupez pas le même espace politique que celui de Jean-Luc Mélenchon.

  • 4:23RelanceRéponse directe

    C'est que vous dénoncez, c'est qu'il veut juste réformer les institutions, mais il ne veut pas tout renverser.

  • 6:13OuverteRéponse directe

    Vous définissez-vous toujours comme marxiste ou marxiste-léniniste ?

  • 7:49RelanceRéponse directe

    Est-ce que votre logiciel face aux nouveaux défis devrait être remis à l'ordre du jour ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:57Locuteur 3Chiffre
    « En 2017, il y avait 39 milliardaires, il y en a maintenant 145. »
  • 8:03Locuteur 3Chiffre
    « Leur fortune, elle a été multipliée par deux. »
  • 8:22Locuteur 3Chiffre
    « On a des grandes familles bourgeoises qui contrôlent plus de 100 milliards, c'est-à-dire plus que 2, 3 ministères. »
  • 1:09Locuteur 4Chiffre
    « Entre 500 000 et 1 million de personnes dans les rues du pays. »
  • 23:17Locuteur 3Fait
    « Je vais partir à la retraite au-delà de 2020. Donc, il faudra que je cotise jusqu'à 68 ans puisque j'ai commencé à travailler à 26 ans et je partirai avec 38% de mon salaire net. »
  • 2:43Locuteur 3Fait
    « Pour qu'il y ait des milliards et des milliards qui s'accumulent à un pôle et que tout ça finisse par nous exploser à la figure dans une immense crise financière, si ça n'explose pas avant dans une guerre mondiale. »
  • 9:55Locuteur 3Fait
    « C'est un système qui est basé sur la concurrence, sur la guerre économique, c'est-à-dire sur la guerre de tous contre tous. »

Temps de parole

  • Locuteur 372 %
  • Locuteur 210 %
  • Locuteur 110 %
  • Locuteur 48 %

0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur 4

votre invité. Bonsoir Nathalie Arthaud. Bonsoir. Bienvenue. Vous entendez ? Merci beaucoup, bienvenue dans le pour et le contre. Écoutez ce qui est en train de passer. C'est Georges Moustaki, c'est votre chanson exactement, La Révolution Permanente. C'est un peu votre histoire, non ? Je ne vous présente pas Nathalie Paul. C'est un peu votre histoire, non, La Révolution Permanente ?

0:26
Locuteur 3

En tout cas, c'est un formidable hommage à tous ceux qui ont envie en effet de changer la société, de la rendre plus juste, qui parfois peut-être baissent les bras, mais qui se relèvent.

0:37
Locuteur 4

Vous êtes infatigable, on va en parler dans quelques instants. Et une révolutionnaire qui descend aussi dans la rue, et pas plus tard que mercredi dernier, regardez.

0:45
Locuteur 3

Ça suffit, toutes ces attaques contre les travailleurs, contre les malades, on va où ? Avec tous ces sacrifices, pourquoi ? Les grandes fortunes passent de 100 à 150 milliards pour que l'État achète plus de rafales, plus de chars d'assaut ?

1:03
Locuteur 4

Je reprends immédiatement, c'était donc hier, jeudi, le 18 septembre, journée de blocage. On rappelle les chiffres de la mobilisation, entre 500 000 et 1 million de personnes dans les rues du pays. Vous croyez que cette manifestation, elle va prendre de l'ampleur et qu'elle va perdurer ? Vous y croyez vraiment ? Je l'espère en tout cas.

1:19
Locuteur 3

Je l'espère parce qu'en effet, à un moment donné, il faut dire, ça suffit. C'est le monde du travail qui est encore et toujours attaqué. Ceux qui sont en activité, au chômage aussi, j'ai oublié, les retraités. Mais par tous les bouts, par tous les bouts, c'est des salaires qui sont insuffisants. Aujourd'hui, vous vous rendez compte qu'il y a des femmes et des hommes qui travaillent, qui travaillent dur et qui vivent la peur au ventre. La peur au ventre de ne pas y arriver, d'avoir un pépin de voiture, d'avoir un pépin de santé, parce que ce n'est plus possible. Ce sont des conditions de travail de plus en plus dures parce que ça n'embauche nulle part.

Donc, en fait, il faut courir, faire le travail de trois, de quatre. Voilà, c'est des horaires. Alors là, les horaires, maintenant, c'est des horaires délirants avec le travail en équipe. Enfin, il y a tout ça. Il y a les reculs sur la santé, sur l'éducation. Pour une partie, le travail seulement pour une partie, une petite partie, en réalité. Mais ça fait 25 ans que finalement,

2:18
Locuteur 4

ce discours, vous le tenez, il n'a pas changé d'un iota. Il n'a pas bougé d'un iota.

2:21
Locuteur 3

C'est la réalité. Mais la réalité, ça grave en réalité. Parce que quand on a cette situation-là, d'un côté, on voit que de l'autre, alors là, par contre, ça dégouline. Les milliards dégoulinent. Les profits explosent. Les grandes fortunes doublent, galopent, etc. Donc, voilà, c'est à un moment donné, il faut dire, ça suffit. Et tout ça, pourquoi ? Je concluais en disant pour qu'il y ait des milliards et des milliards qui s'accumulent à un pôle et que tout ça finisse par nous exploser à la figure dans une immense crise financière, si ça n'explose pas avant dans une guerre mondiale. Voilà, c'est aussi ça. C'est que tous ces sacrifices, mais pourquoi ? Pourquoi ? Voilà.

Cette société, elle va où ? Et là, ce qu'on constate... Vous appelez à quoi ? La révolution ? Moi, j'espère, oui, qu'on arrivera à la changer du tout au tout. C'est quoi la changer du tout au tout ? La changer du tout au tout, c'est considérer qu'il faut qu'on produise, non pas pour enrichir une poignée de milliardaires qui ne font rien de leur dix doigts, mais qu'on produise pour satisfaire aux besoins de l'humanité tout entière, qu'on organise la production, qu'on arrête avec cette compétitivité, cette course au profit, mais qu'on planifie, qu'on arrête avec ce gâchis inouï. Et ça, moi, ma conviction, c'est qu'en effet, seul le monde du travail en révolte est capable de le faire.

Ça ne viendra pas d'en haut parce qu'effectivement, ceux qui ont le pouvoir, ceux qui dominent aujourd'hui, ça leur va bien, en fait. Tout ça, leur va bien. Donc, eux, ils sont bien installés.

3:55
Locuteur 4

On va parler avec l'intérêt de votre ligne politique. Vous n'occupez pas le même espace politique que celui de Jean-Luc Mélenchon. Le chef de file d'Alefi, vous dites, vous n'hésitez pas à le critiquer. Pour vous, c'est un tribun qui veut seulement gérer le capitalisme communiste car, selon vous, ni la Chine, ni la Russie, ni Cuba, aucun de ces pays n'appartiennent, n'ont vraiment réalisé, appliqué le communisme.

4:15
Locuteur 3

Oui, enfin, je ne crois pas que Jean-Luc Mélenchon parle de communisme. Je suis même sûre que non, en fait. Là, on a effectivement...

4:23
Locuteur 4

Enfin, ce que vous dénoncez, c'est que lui, finalement, il veut juste réformer les institutions, mais il ne veut pas tout renverser.

4:28
Locuteur 3

Il veut prendre la place d'Emmanuel Macron. Et voilà, tous les partis de l'opposition, d'ailleurs, nous expliquent que le problème, c'est Emmanuel Macron. Alors, bon, moi, si Emmanuel Macron quitte le plancher, je ne pleurerai pas. Il a quand même bien fait le job pour la grande bourgeoisie et pour les plus riches. Il n'y a pas de doute à avoir là-dedans.

Mais ce que je pense, c'est que derrière la politique d'Emmanuel Macron et de tous les gouvernements qui ont précédé, les présidents de la République qui l'ont précédé, il y a les intérêts, il y a les besoins, il y a les désidératas d'une classe capitaliste et que, quelque part, Emmanuel Macron, comme tous les présidents de la République, servent de paratonnerre.

Ils sont là pour, finalement, concentrer la foudre sociale sur eux, alors même que ceux qui tirent vraiment les ficelles, qui sont les vrais commanditaires et les vrais profiteurs de cette situation, c'est un grand patronat, une classe assez minoritaire, tout à fait minoritaire, en fait, d'une classe capitaliste qu'il faudrait urgemment empêcher de nuire. Et c'est ça que M. Mélenchon ne dit jamais. Voilà, et je crois qu'il n'a pas la volonté de s'affronter véritablement avec cette classe capitaliste. Il n'a pas, je n'entends pas d'ailleurs, parler de lutte de classe, ce n'est plus tellement son problème.

Et or, moi, je pense qu'effectivement, au cœur de la société, il y a une véritable lutte de classe, une lutte de classe qui fait que le monde du travail recule, s'appauvrit, alors qu'en face, en effet, on a une classe bourgeoise de plus en plus déconnectée, de plus en plus richissime. Et voilà.

6:13
Locuteur 2

Moi, il y a une chose que je trouve, qui je trouve doit être mise à votre actif, c'est que, et c'était un peu dit par Claire-Elisabeth tout à l'heure, qui disait depuis 25 ans, finalement, vous dites la même chose. Dans ma bouche, ce n'est pas... Même plus encore. Plus, bien sûr. Et avant vous, Arlette Laguillet, et lutte ouvrière, l'ADN de votre parti. Et je trouve, vous savez, on peut le lire de deux façons. Certains vous le reprocheront, en disant, mais c'est la vieille rengaine, tous les ans, c'est la même chose.

Et d'autres, je fais plutôt partie de cette seconde catégorie, vont le tourner en positif, en disant que finalement, dans un monde d'inconstance, dans un monde où les partis politiques dérivent de droite à gauche, probablement que le Jean-Luc Mélenchon d'aujourd'hui ne dit absolument pas la même chose qu'il disait lorsqu'il était au gouvernement Jospin, par exemple, qu'il était ministre. Le Parti Socialiste, aujourd'hui, on en parlait tout à l'heure avec Nathan, ne dit pas la même chose. LR avec Retailleau, ce n'est pas la même chose qu'il y a 20 ans, etc.

À lutte ouvrière, vous êtes un parti qui n'a jamais varié, que ce soit dans votre champ lexical, que ce soit dans la dénonciation que vous faites du capitalisme, dans la doctrine économique, vous nous parliez de la lutte des classes, vous pourrez peut-être me répondre là-dessus, mais peut-être vous définissez-vous toujours comme marxiste, ou peut-être marxiste-léniniste, mais en tout cas, vous avez gardé un axiome idéologique qui est extrêmement construit, ce qui est assez rare à gauche, mais en parallèle, et là je vais être un peu moins gentil, le monde me paraît avoir évolué de façon très importante.

Et donc, est-ce que votre logiciel, face aux nouveaux défis, à la révolution numérique, à la mondialisation, aux guerres qui menacent aux portes de notre continent, est-ce que vous ne vous dites pas de temps en temps, ce récit idéologique, cet axiome idéologique qu'on a développé, qui est structuré, c'est vrai, devrait être remis à l'ordre du jour, remis à la page, parce que finalement, on est un peu daté face au monde qui nous entoure.

7:50
Locuteur 3

Le monde a évolué, ça c'est sûr, en pire, en pire. Les inégalités se sont creusées. Voilà, vous vous rendez compte qu'en 2017, il y avait 39 milliardaires, il y en a maintenant 145. Leur fortune, elle a été multipliée par deux. Il y a un gouffre, désormais, entre une classe capitaliste au sommet, qui a un pouvoir, mais un pouvoir, vous savez, qui dépasse en réalité les États. Vous allez vous parler des millionnaires. Vous ne parlez pas de la bourgeoisie. Je parle de la grande bourgeoisie, je parle des milliardaires, je pense aux 500 plus grandes fortunes.

Vous vous rendez compte quand même qu'on a des grandes familles bourgeoises qui contrôlent plus de 100 milliards, c'est-à-dire plus que 2, 3 ministères. Ils ont plus de... Et ça leur donne un pouvoir sur l'économie, sur toute la société, un pouvoir de décider. Et moi, j'ai en tête, par exemple, la leçon de Pouyanné, qui est le PDG de Total Energy, expliquant que, oh, mais ils peuvent organiser des COP 27, 28, 29, 30, ils peuvent faire tout ce qu'ils veulent. À partir du moment où le pétrole, ça se vend et qu'ils peuvent faire de l'argent avec, eh bien, il va continuer de planifier ses forages, ses pipelines, etc. Mais sur le constat, on peut vous suivre, mais quelle solution vous apportez ?

Donc, le monde a effectivement changé en pire et vous avez raison, y compris d'indiquer l'évolution guerrière parce que c'est quand même ce qui frappe. C'est une évolution de plus en plus réactionnaire, de plus en plus nationaliste, de plus en plus raciste, de plus en plus guerrière de la société. Ce n'est pas complètement une nouveauté parce que le capitalisme a quand même plongé l'humanité déjà dans deux guerres mondiales. Deux guerres mondiales. Et en réalité, ma conviction, celle de, effectivement, de Marx et de tous ceux qui ont pris le flambeau de ce combat-là, c'est d'être convaincu qu'en effet, la guerre va de pair avec le capitalisme.

Et pour une raison très simple, c'est que c'est un système qui est basé sur la concurrence, sur la guerre économique, c'est-à-dire sur la guerre de tous contre tous. Finalement, qu'est-ce que c'est que ces affrontements armés, ces affrontements militaires ? C'est la continuation de la guerre commerciale, de ces taxes douanières qui explosent de partout. C'est ça. Donc, oui, moi, je pense qu'aujourd'hui, on y va. On y va à nouveau. Et moi, ça me conforte dans ma conviction que le problème, ce n'est pas seulement de faire un toilettage dans les ministères ou à la présidence de la République ou à l'Élysée. c'est un système. On est confronté à un système de plus en plus prédateur.

10:29
Locuteur 2

Alors, quel est le contre-modèle ? La crise économique, c'est la seconde nature. Le contre-modèle, aujourd'hui, dans le monde, depuis 1991, on le voit bien, il n'y a plus un seul vrai pays communiste qui serait un vrai rempart au capitalisme tel que vous le décrivez. Même la Chine communiste, c'est une Chine communiste capitaliste elle-même. Les grands patrons chinois ont aussi leurs cartes au PC, etc. Ils sont liés avec Xi Jinping, etc. Il y a les oligarques russes dans le même esprit. Donc, en fait, le problème là où moi j'ai du mal à vous suivre, c'est que je me dis, moi je veux bien vous croire sur le constat, etc.

Mais sur les solutions, il n'y a personne qui applique vos solutions aujourd'hui dans le monde. Il n'y a pas de révolution prolétarienne, il n'y a pas de marxisme en action. Donc, on a du mal à croire un système qui serait différent du système actuel mais qui n'existe pas et qui n'est pas appliqué.

11:11
Locuteur 3

Vous avez raison que, oui, la perspective pour laquelle nous nous battons, nous à lutte ouvrière, n'existe nulle part et en fait n'a existé nulle part parce qu'en effet, pour nous, la Chine n'a jamais été communiste, c'était pas communiste et que le stalinisme, ça n'avait rien à voir avec la société, avec une perspective, comment dire, démocratique où les travailleurs pourraient décider collectivement de leur sort, etc. Et notre courant en a été victime. Pour autant, il y a eu une multitude de révoltes en permanence dans cette société capitaliste. Une multitude de révoltes. Dernièrement, ça a été au Népal. Il y a quelques mois, quelques années, ça a été au Bangladesh.

Il y a une multitude de révoltes, une multitude de révoltés qui régulièrement s'insurgent, essayent, tentent de changer des choses. Et là, oui, nous, nous pensons que c'est ce qui peut se passer demain. C'est-à-dire qu'on peut voir des explosions sociales à nouveau. Et moi, ce que j'espère, c'est que ces explosions sociales ne seront pas seulement des explosions de révolte, mais qu'elles pourront se transformer en révolution grâce au travers d'une conscience politique, justement. La conscience que les travailleurs peuvent organiser la société sur d'autres bases en s'organisant eux-mêmes au travers de leur propre état,

12:35
Locuteur 4

de leur propre institution. scénario-fiction, le peuple arrive au pouvoir, vous aboutissez à votre révolution et vous êtes aux manettes. Vous faites comment ? C'est-à-dire que vous organisez des référendums. Comment vous faites fonctionner le pays ?

12:47
Locuteur 3

Si les travailleurs étaient au pouvoir, parce que c'est ça, si les travailleurs prenaient le pouvoir, c'est-à-dire s'ils prenaient... Mais quels travailleurs ? Regardez, vous êtes salarié de France Télévisions. Eh bien, vous pourriez finalement remplacer le conseil d'administration de France Télévisions, les salariés, et oui, figurez-vous, les salariés, avec peut-être aussi des représentants des téléspectateurs, et vous pourriez organiser votre travail en fonction de ce qui vous semble être le plus juste. Pour nous. Le plus juste, le plus...

Et ça, c'est vrai, mais dans les usines, dans les multinationales, dans les hôpitaux, nous pensons que ceux qui connaissent le travail, ceux qui savent le faire, le faire bien, et qui ne sont pas aveuglés par la cause de profit, ce sont les travailleurs. Mais je pense que les travailleurs peuvent tout à fait dire voilà la direction dans laquelle on veut prendre, peuvent décider ensemble finalement des grandes orientations. Mais pour décider, il faut avoir un chef ou une hiérarchie. Ah non, pour décider, sinon, on décide. Au bout d'un moment, il y a un mot. Vous avez une question. On peut chacun donner notre avis. Évidemment, ensuite, il faut s'organiser et il faut le mettre en œuvre.

Mais là, bah oui, c'est pas gagné. Ah bah c'est pas gagné. Moi, je ne vois pas d'autres issues à la société, à vrai dire. Je ne vois pas d'autres issues à la société. Voilà. Vous savez, mais partout, j'en ai discuté beaucoup avec mes camarades qui travaillent à la RATP, à la SNCF où ils expliquent, bon, voilà, en tant qu'usagères, moi, voilà, il y a plein de problèmes qui se posent, mais ils expliquent. Mais nous, en fait, on sait comment résoudre ces problèmes-là. On sait, on a la solution. Le problème, c'est qu'on a des directions qui ne nous donnent pas les moyens parce que même quand c'est des services utiles à la population, eh bien, il faut faire de la rentabilité. Voilà.

Il y a toujours du profit. Il y a toujours qui rentre en ligne de compte. Donc, tout ça, il faut le changer, organiser la société sur d'autres bases que nous, les travailleurs, justement, on remette la société sur ses pieds, en fait. Une entreprise, une entreprise, quel doit être son but ? Pour nous, ce n'est pas de faire, fabriquer des bénéfices et de, comment dire, de permettre de verser des rentes à vie et même des générations et des générations à des actionnaires. Une entreprise, elle doit répondre, elle doit produire des richesses pour répondre aux besoins. C'est tout,

15:12
Locuteur 1

pas plus. J'avais une question, Nathalie Artho, sur votre philosophie, en un sens. Pour rebondir sur ce que disait Paul quand il demandait si vous étiez marxiste, marxiste-léniniste, etc. Je ne vous entends depuis tout à l'heure, je vous écoute de façon générale en dehors de tout à l'heure. vous défendez les travailleurs et en effet, vous le faites avec une constance qui force l'admiration. La question que je voulais vous poser, c'était la vision que vous avez du travail.

Alors peut-être juste pour préciser pour tous les téléspectateurs, dans la logique communiste, marxiste, les droits des travailleurs sont évidemment défendus avec cette idée selon laquelle les travailleurs devront se libérer en retrouvant leurs forces de production et leurs moyens de production. mais il y a dans le communisme depuis Marx, chapitre 7, livre 1 du Capital, cette idée que le travail est une activité qui libère l'homme. J'ai l'impression, et je rebondis un peu sur ce que disait Paul quand il disait est-ce que l'époque n'a pas un peu changé ?

J'ai l'impression que ces derniers temps, on entend de plus en plus une petite musique montée et plus que montée dans une partie du monde politique. On a entendu ça chez Sandrine Rousseau réhabilitant les travaux, les écrits de Lafargue sur le droit à la paresse. On a entendu ça chez beaucoup de gens consistant à nous dire en fait le travail, quel qu'il soit, que les ouvriers possèdent ou non leurs moyens de travail, peu importe, le travail est ontologiquement aliénant et en fait défendre les travailleurs ce n'est pas ce que vous faites, c'est libérer les travailleurs non pas de leur patron mais du travail lui-même.

Que pensez-vous de cette évolution dont j'ai l'impression quand même qu'elle est marquante chez énormément aujourd'hui de gens qui sont de gauche ou qui défendent les travailleurs aujourd'hui ?

16:43
Locuteur 3

D'abord je tiens à dire que mon combat ce n'est pas défendre une catégorie de la population, les travailleurs. Moi je pense qu'il faut changer la société, qu'il faut aller vers une révolution et fonder la société sur d'autres bases, pas seulement pour les travailleuses et les travailleurs, pour toute la société. Pour toute la société parce que vous savez quand le capitalisme va avoir détruit la planète, il n'y aura plus de vie pour personne, ni pour les jeunes, ni pour personne. C'est une question de préservation de l'humanité. Moi ce que je pense du capitalisme c'est qu'il offre aux 9 dixièmes de l'humanité une multitude de façons différentes de mourir.

Sous les bombes à Gaza, en étant victime de la famine dans un grand nombre de régions du monde, en étant dans l'enfer du textile au Bangladesh, en mourant d'asthme dans les villes développées, dans les guerres, de l'exploitation aussi. Et j'en viens à votre discussion. Moi, nous, notre combat, c'est pour abolir l'exploitation de l'homme par l'homme, pas pour abolir le travail. On sait très bien que le travail fait partie de la vie humaine qui l'accompagne. Mais le travail, quand vous faites la vaisselle chez vous, je ne sais pas si vous faites beaucoup la vaisselle chez vous, moi je la fais.

Alors vous pouvez dire c'est un travail, mais en réalité, il y a un tas de tâches qu'on réalise comme cela, et y compris dans lesquelles on prend même du plaisir qu'on peut appeler du travail, mais qui est une activité utile à la société. Les millions de gens qui s'engagent dans des associations qui aident les enfants à faire du sport, à faire de la musique, etc. Qu'est-ce qu'ils font ? Ils travaillent, ils ne travaillent pas ? Donc le problème dans la société, ce n'est pas le travail, c'est l'exploitation. C'est le fait qu'aujourd'hui, des millions de femmes et d'hommes ne peuvent pas choisir et effectivement sont aliénés.

Moi je pense qu'aujourd'hui pour la majorité du monde du travail, le travail est une prison. Non mais ça, moi Nathalie,

18:51
Locuteur 1

je suis totalement d'accord avec vous là-dessus, mais à titre personnel, on ne peut pas choisir, on ne peut rien choisir, ni ce qu'on fait,

18:57
Locuteur 3

ni le métier qu'on fait. Enfin, après, ça dépend. Pas toujours. Mais l'écrasante majorité, en particulier les enfants des classes populaires, eh bien non, ils ne choisissent pas. Ils ne choisissent ni leur métier et une fois qu'on travaille, on n'a rien à dire. Le constat, il est vrai. On ne peut rien dire, on n'a jamais d'autre mot à dire sur comment on doit faire le travail, pourquoi on doit le faire.

19:19
Locuteur 1

Moi je suis d'accord avec vous, on a la chance d'aimer le travail qu'on fait, que ce soit intervenir dans le débat public, écrire, etc. Il y a évidemment beaucoup de gens qui détestent leur travail, il y a des études qui sont faites régulièrement, l'exploitation de l'homme par l'homme, je vous suis. La question que je vous pose, c'est qu'il y a aujourd'hui dans une partie de la gauche, l'idée qui se répand selon laquelle le travail en tant que tel, quel qu'il soit, est aliénant. Avec l'augmentation de l'IA, c'était un vieux rêve que déjà Wild avait de se dire peut-être qu'on pourrait imaginer dans les décennies qui viennent une humanité délivrée du travail.

Est-ce que vous croyez à cette utopie ou non ? Parce que vous croyez à l'utopie manifestement de la libération des travailleurs. L'utopie de l'abandon du travail, est-ce que vous y croyez ou vous trouvez ça complètement stupide ?

19:58
Locuteur 3

Non, je pense qu'il y a beaucoup de progrès qui sont possibles, mais moi ça fait partie aussi des choses qui justement me confortent dans mon combat. C'est-à-dire qu'à la fois, l'humanité est capable de réaliser des choses fantastiques, fantastiques, et l'intelligence artificielle, je suis sûre que cela pourrait en effet apporter énormément de choses.

Alors dans le domaine de la médecine, c'est une évidence, mais je sais aussi qu'entre les mains des capitalistes, ça peut donner le pire, que ça peut déboucher sur une fac de licenciement, sur une remontée du chômage, ça peut déboucher sur n'importe quoi, parce que de toute façon, tout ce qu'ils utilisent, même quand c'est quelque chose qui a priori est potentiellement positif, eh bien ils s'en servent pour faire du fric, que du fric, et rien que du fric. Et c'est ça le problème. Ce n'est pas que ça le capitalisme,

20:53
Locuteur 2

c'est une grande innovation qu'on doit aux capitalistes, comme vous dites. Les grandes entreprises qui ont innové dans le secteur pharmaceutique.

20:58
Locuteur 3

Et je pense que ça soulagera, évidemment, mais vous comprenez, prenons des exemples concrets, les caisses automatiques dans les grandes surfaces, on aurait pu se dire, bon ben, super, ça supprime des emplois. Super, les caissières, elles ne bosseront pas comme ça à la...

21:17
Locuteur 1

C'est ce que vous dites ou pas ? Super ou pas super ?

21:19
Locuteur 3

Mais le problème, c'est que ce n'est pas super. Parce que, tout simplement, ils s'en servent pour licencier et au lieu de soulager les caissières de leur travail, eh bien, c'est toujours aussi intense. C'est toujours aussi intense. Donc, oui, je pense que ces outils-là, justement, les travailleurs, ils s'en serviront. Ils s'en serviront pour soulager le travail. Je suis convaincue que si les travailleurs organisaient, vous voyez, leur travail, une des premières mesures qu'ils feraient, c'est qu'ils ouvriraient les portes grands à la jeunesse.

C'est-à-dire qu'ils répartiraient le travail en embauchant, en faisant rentrer des forces vives et qu'on travaillerait tous, oui, mais tous beaucoup moins. Et bien sûr que ça transformerait, y compris la nature du travail, les relations au travail. Mais ça changerait l'homme, en fait. Ça changerait l'homme. Quand vous n'êtes pas forcé de passer votre vie au boulot et quand vous... Quand arrive le... Voilà, moi, je travaille, je suis enseignante, mais je peux vous assurer qu'après une jour de boulot, je suis lessivée. Mais c'est le cas de la plupart des gens. On passe les trois quarts de notre vie consciente au boulot.

Et malheureusement, pour beaucoup, à faire des choses qui ne leur plaisent pas. Et bien, qu'est-ce que ça sera quand, justement, ça sera quelques heures qu'on vivra le travail autrement parce que ça ne sera pas les mêmes rapports, pas les mêmes relations ? Moi, c'est tout cela que je vois. Et mon combat, effectivement, pour faire la révolution, c'est un combat à la fois basé sur une révolte de toutes les horreurs auxquelles on assiste aujourd'hui, les inégalités, les guerres, les crises, etc. Mais c'est aussi convaincu, justement, de toutes les potentialités de l'humanité. Moi, je suis convaincue qu'on les a là, on les a apportées demain.

22:57
Locuteur 4

Nathalie Arthaud, on passe à l'un des rendez-vous de notre émission, votre première télé. Je ne sais pas si vous vous en rappelez. Regardez, c'était en mai 2003. Une équipe du 20h, vous avez suivi et vous avez interviewé, vous étiez alors prof d'économie. Ils vous avaient interrogé à propos de quoi ? Je vous le donne en mille. C'était à la veille d'une manifestation contre la réforme des retraites. Oui, oui, ça, je me souviens bien.

23:17
Locuteur 3

Je vais partir à la retraite au-delà de 2020. Donc, il faudra que je cotise jusqu'à 68 ans puisque j'ai commencé à travailler à 26 ans et je partirai avec 38% de mon salaire net.

23:28
Locuteur 4

Vous n'avez presque pas changé. Presque. Même dispo, en tout cas, même fou. En tout cas, voilà. Et le combat, c'est toujours là.

23:34
Locuteur 2

Moi, j'ai une petite question subsidiaire. Vous avez été depuis 2003 trois fois candidate à la présidentielle. Est-ce que cette année, en 2027, vous allez de nouveau porter cette voix, la voix de votre parti aux présidentielles ?

23:46
Locuteur 3

Vous savez, nous, nous sommes vraiment très singuliers dans tout le paysage politique. On est vraiment très particuliers parce que, justement, ce n'est pas un parti électoral, lutte ouvrière. Nous, notre conviction, c'est qu'on ne va pas construire le futur, l'avenir, dans les salons ministériels. Ça veut dire oui, vous serez candidats. On va résumer, ça veut dire oui. L'avenir, on le construira dans les entreprises, dans les quartiers populaires, avec des travailleurs conscients qu'il ne faut pas laisser les manettes à une classe capitaliste aussi irresponsable.

24:20
Locuteur 1

qui nous dit non qu'on sent. Vous avez annoncé votre candidature chez nous. Qui nous dit non qu'on sent.

24:25
Locuteur 3

Mais en tout cas, je peux vous dire que ce n'est pas mon problème. Mon problème, c'est qu'en effet, les femmes et les hommes qui travaillent aujourd'hui réalisent la richesse qu'ils représentent, la force qu'ils ont, en effet, pour changer les choses. et j'espère que la mobilisation va suivre et qu'elle va justement conforter les travailleurs dans cette idée-là. Merci Nathalie Arthaud

24:48
Locuteur 4

d'être venue sur ce plateau.

24:50
Locuteur 3

Merci à tous les deux. Merci.