Aller au contenu
Tous les transcripts
Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 27 janvier 2025 8 minContradictoireActualité / polémique

Hausse du chômage en France : "Il y a des secteurs qui restent dynamiques et c'est ça aussi qu'il faut regarder" pour le directeur de Manpower France

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:22OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce sont les intérimaires qui viennent aujourd'hui grossir le rang des demandeurs d'emploi ?

  • 2:35RelanceRéponse partielle

    Est-ce que vous voyez de vrais ajustements dans ce secteur ?

  • 3:59OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous voyez de vrais ajustements dans ce secteur ?

  • 5:56OuverteRéponse directe

    Il y a des économistes qui disent qu'il va y avoir jusqu'à 100 000 emplois détruits en 2025. Un taux de chômage qui va augmenter d'un point pour passer à 8,5% de la population active. Est-ce que vous êtes d'accord ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:32Invité politiqueFait
    « On observe cette tendance depuis maintenant au moins 6 mois et pratiquement 12 mois. »
  • 1:16Invité politiqueFait
    « Ça concerne aussi les CDD et les CDI d'après les informations que j'ai vues dans les chiffres qui ont été communiqués par la Dares. »
  • 1:36Invité politiqueFait
    « Ce sont des clients qui ont baisse d'activité et qui sont en situation d'inquiétude et donc qui ont généralement moins d'activité qu'ils n'en avaient par le passé. »
  • 2:40PrésentateurChiffre
    « Les moins de 25 ans connaissent une hausse de chômage spectaculaire, 8,5% sur un trimestre. »

Temps de parole

  • Invité politique71 %
  • Présentateur29 %

≈ 2,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous. Le chômage en hausse au quatrième trimestre 2024. Les chiffres sont tombés à la mi-journée. Plus de 117 000 chômeurs supplémentaires sans aucune activité sur un trimestre. Une hausse de quasiment 4%. Bonsoir Benoît Devreni.

0:16
Invité politique

Bonsoir Isabelle.

0:17
Présentateur

Vous êtes à la tête de Manpower France, entreprise spécialisée dans l'intérim. Est-ce que ce sont les intérimaires qui viennent aujourd'hui grossir le rang des demandeurs d'emploi ?

0:28
Invité politique

Alors on observe ce phénomène je crois sur l'ensemble des catégories d'emploi. Si j'ai bien lu, comme vous, les chiffres qui ont été communiqués ce matin pour la Dares. Et nous, pour ce qui concerne notre secteur d'activité, on observe cette tendance depuis maintenant au moins 6 mois et pratiquement 12 mois. C'est-à-dire un marché qui est légèrement en repli et qui a tendance à s'accélérer sur la fin de l'année 2024.

0:50
Présentateur

Et donc c'est-à-dire que ceux qui d'habitude enchaînaient les contrats, aujourd'hui se retrouvent concrètement sans rien ?

0:56
Invité politique

Alors on essaye nous, c'est notre métier. Et de systématiquement les proposer ailleurs, c'est l'essentiel, c'est le cœur de notre métier, de nos équipes. D'essayer de les replacer dans d'autres entreprises parce qu'on a une connaissance et un ancrage local très fort. Il y a plus de 650 agences en France. Mais quand on observe les éléments, ça ne concerne pas simplement la population ou les contrats de travail temporaire. Ça concerne aussi les CDD et les CDI d'après les informations que j'ai vues dans les chiffres qui ont été communiqués par la Dares.

1:22
Présentateur

Mais ce sont donc des licenciements sans bruit, des contrats d'intérimaires qui ne sont pas renouvelés ?

1:28
Invité politique

Ce sont des clients qui ont baisse d'activité et qui sont en situation d'inquiétude et donc qui ont généralement moins d'activité qu'ils n'en avaient par le passé. Et donc qui ont tendance à ajuster leurs effectifs par rapport à leurs besoins.

1:39
Présentateur

Et donc c'est effectivement l'incertitude dont parlent beaucoup les responsables patronaux qui font qu'aujourd'hui il n'y a pas d'investissement, il n'y a pas d'embauche. Vous, vous le constatez ?

1:48
Invité politique

Je le confirme absolument. On a bien vu le mécanisme s'accélérer à partir du mois de juillet. À partir du mois de juillet ? Oui, absolument. On l'a un peu moins vu cet été. Donc la dissolution ? Certainement l'incertitude politique et les conséquences en fait d'incertitude économique. Et ce que vous avez rappelé est tout à fait juste, en gros la réaction c'est de dire, en attendant d'y voir clair, on est plus prudent sur les investissements et on est plus prudent sur les embauches. On l'a moins vu sur le troisième trimestre parce qu'il y avait le phénomène des Jeux Olympiques. Et si vous avez lu les chiffres, le PIB du troisième trimestre était de l'ordre de 0,4%.

La bonne moitié s'expliquait par l'activité des Jeux Olympiques. On n'a pas encore le produit intérieur brut du dernier trimestre mais il est à craindre qu'il soit proche de zéro. Et donc on est véritablement sur la situation et l'incertitude actuelle qui fait que tout le monde est en position d'attente.

2:35
Présentateur

Et alors je vois aussi que les jeunes font partie des catégories dont le chômage augmente le plus. Les moins de 25 ans connaissent une hausse de chômage spectaculaire, 8,5% sur un trimestre. Est-ce que ça aussi ce sont des populations que vous voyez beaucoup ?

2:50
Invité politique

Alors nous on est extrêmement actifs sur les jeunes. Il faut savoir que la moitié de nos intérimaires ont moins de 30 ans. Donc vraiment c'est une population qu'on connaît et qu'on connaît bien. Et pourquoi ? Parce qu'en fait c'est un vecteur d'insertion extrêmement efficace. En fait ils viennent généralement vers nous pour deux raisons. Soit à un moment de leur vie étudiante ou de leur vie professionnelle au démarrage, ils ont envie d'essayer plusieurs choses et donc le travail temporaire est une très bonne solution. Soit c'est un facteur d'insertion professionnelle et ça leur permet en fait d'accumuler de l'expérience pour choisir ensuite l'orientation qui leur convient.

3:22
Présentateur

Et donc aujourd'hui c'est moins le cas que d'habitude ?

3:24
Invité politique

Alors aujourd'hui ils sont particulièrement pénalisés. Moi j'ai une vraie pensée pour les jeunes parce que je trouve que c'est compliqué quand on a fait des études et qu'on a des attentes d'insertion dans la vie professionnelle de se retrouver dans une situation plus compliquée que les autres. Je pense que cette situation d'ailleurs de recherche d'emploi telle qu'on le vit, c'est pas une bonne nouvelle. C'est une mauvaise nouvelle pour les hommes et les femmes qui sont concernés. D'être privé d'emploi, c'est une difficulté économique d'agore. Mais pas simplement, c'est aussi une difficulté sociale, d'insertion sociale. Donc je trouve que c'est un sujet sur lequel ça nous préoccupe tous.

3:53
Présentateur

On dit souvent que l'intérim est un thermomètre de la situation de l'emploi. Donc ça m'intéresse de savoir quels sont les secteurs où vous voyez, vous, dans votre métier, une baisse d'activité. Est-ce que ce sont seulement ceux qui sont dans l'actualité, l'automobile, la chimie, la grande distribution, ou est-ce que vous en voyez d'autres ?

4:13
Invité politique

Alors vous avez raison de rappeler qu'il y a des vraies disparités. Il y a une disparité d'âge, on vient d'en parler, et il y a une disparité sectorielle. Les secteurs les plus impactés en ce moment, c'est toute la filière automobile. Donc pas de surprise ? Évidemment, il y a le sujet du thermique et de l'électrique, et donc il y a un mouvement structurel derrière qui a des conséquences importantes.

4:31
Présentateur

Donc vous voyez, Benoît Dorigny, excusez-moi de vous couper, mais vous voyez de vrais ajustements dans ce secteur ?

4:37
Invité politique

On voit, c'est un des secteurs les plus impactés. On a aussi l'ensemble du bâtiment, et encore la construction plus exactement. A l'intérieur, il y a des variations. Par exemple, la construction de bâtiments neufs est plus impactée du fait, on le sait, de la hausse des taux d'intérêt qui a ralenti les programmes de logements neufs. A l'inverse, dans le bâtiment ou dans la construction, il y a d'autres secteurs qui restent dynamiques. Et donc il y a des vraies variations sectorielles. De l'autre côté, il y a des secteurs, et c'était aussi, je crois, le sens de votre question, qui sont dynamiques et qui restent dynamiques. Je crois que c'est ça aussi qu'il faut regarder.

Donc des secteurs qui embauchent ? Ben oui, quand vous prenez l'aéronautique, c'est un secteur sur lequel ils ont une visibilité dans leur carnet de commandes sur plusieurs années. Vous pouvez prendre les secteurs du service, les métiers de l'énergie, il y a les métiers du transport. Simplement, souvent, ces métiers-là, et d'autres d'ailleurs, souffrent parfois d'un déficit d'images ou de connaissances, tout simplement, d'attractivité. Et puis, d'une manière générale, indépendamment du mouvement qu'on vit actuel, et dont j'espère qu'il ne sera conjoncturel, on sait, de toute façon, pour des raisons profondément démographiques, qu'il y a une pénurie quand même durable de métiers qualifiés.

Et quand je dis métiers qualifiés, c'est des métiers qualifiés soit dans l'industrie, soit dans la construction, soit dans le tertiaire. Et ça, de manière durable, tout simplement parce que la pyramide des âges annonce ça.

5:47
Présentateur

Et donc, ça veut dire qu'il y a toujours des embauches à faire dans ces secteurs. On voit que les perspectives pour 2025 sont carrément pessimistes. Il y a des économistes qui disent qu'il va y avoir jusqu'à 100 000 emplois détruits en 2025. Un taux de chômage qui va augmenter d'un point pour passer à 8,5% de la population active. Est-ce que vous, Benoît Dorigny, de votre fenêtre, celle de l'intérim, vous êtes d'accord ?

6:11
Invité politique

Alors, clairement, l'annonce s'était annoncée début 2024, qu'on allait avoir une remontée du taux de chômage. Et on n'a pas le quatrième trimestre. Mais ça va vraisemblablement se confirmer. Et c'est encore probablement le cas en 2025. Maintenant, je pense qu'il faut aussi le regarder dans l'autre sens. Je pense qu'on est plus sur des variations conjoncturelles liées à des cycles économiques. Mais structurellement, si vous regardez la décade précédente, on était, je crois, en 2015 à 10,5% de taux de chômage. Je pense, très personnellement, que nous ne reviendrons pas sur des taux de chômage aussi importants. Et je m'en réjouis pour les personnes concernées.

On est plus sur un cycle conjoncturel de variations très accentué par le contexte politique et économique. Mais structurellement, les taux de chômage tels qu'on a connus dans les années 2010 ou dans les années 90, 96, je crois que c'était là aussi 10,6. Donc, on ne reviendra pas. Je pense qu'on n'y reviendra pas parce que précisément, on sait que la population active, il y a une pénurie de talents et de métiers qualifiés et pas forcément très qualifiés et de manière structurelle. Donc, c'est plus un défi de formation, d'information et d'accompagnement.

ou si on a la malchance de se retrouver dans une situation où son emploi s'arrête, comment je peux être aidé pour rebondir et retrouver une opportunité ailleurs ?

7:20
Présentateur

Et donc, juste une hausse du chômage conjoncturel plus que structurel avec un taux de chômage qui reste, selon vous, Benoît Dorigny, en dessous de 10%. Merci beaucoup, Benoît Dorigny, directeur général de Manpower France, invité éco de France Info. Merci.