Guerre au Proche-Orient, conférence pour le Liban, naturalisation de Paul Watson... le 8h30 franceinfo de Jean-Noël Barrot
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Bonjour Jean-Noël Barraud. Bonjour. La conférence internationale sur le Liban à Paris, hier, a donc permis de récolter autour d'un milliard de dollars, 800 millions d'aides humanitaires, 200 millions pour l'armée. Il faudrait 20 milliards, disent certains experts libanais. Est-ce qu'un milliard, ce n'est pas finalement trop peu ?
Le Liban avait besoin de la communauté internationale et hier à Paris, la communauté internationale ne lui a pas fait défaut. C'est un résultat inattendu, très largement au-dessus de ce qu'on pouvait espérer. Et je suis très heureux que ce soit la France qui, hier, un mois après le début de l'escalade au Liban, ait accueilli cette conférence internationale de soutien à la population et la souveraineté du Liban qui va permettre de répondre à l'urgence à laquelle les Libanais font face aujourd'hui, dans le domaine sanitaire, dans le domaine du logement, dans le domaine éducatif et qui a permis aussi de passer un certain nombre de messages.
100 millions d'euros pour la France, c'est la contribution. Il se trouve que 100 millions d'euros, c'est déjà aussi la somme qui avait été donnée par la France en 2020-2021, après l'explosion du port de Beyrouth. Et à l'époque, Emmanuel Macron s'était dit inquiet de la bonne arrivée, on va dire, de l'aide jusqu'aux citoyens libanais, on va dire. Est-ce qu'aujourd'hui, vous avez des assurances que ça va fonctionner ?
Absolument, parce que ce milliard de dollars que nous avons levé hier, il sera mis entre les mains d'une part du centre de crise et de soutien qui dépend de mon ministère et qui a cultivé et qui entretient avec des acteurs libanais des relations de confiance. C'est le cas de la Croix-Rousse libanaise, par exemple, c'est le cas de l'Orde de Malte. Donc ce n'est pas une aide qui va au gouvernement libanais ? Et par ailleurs, cette aide, elle arrivera chez les Libanais par l'intermédiaire des agences de l'ONU. Et ces agences de l'ONU ont mis en place des mécanismes de traçabilité, de redevabilité, comme on dit dans le jargon, pouvoir rendre des comptes aux donateurs.
Et donc, il n'y a aucun sujet de confiance, cet argent sera mis à profit.
Ça suffit à garantir que cet argent n'ira pas notamment au Hezbollah, c'est la particularité de ce mouvement, qui est aussi au gouvernement provisoire du Liban. Question qui s'était un peu posée pour Gaza et le Hamas.
Évidemment, et d'ailleurs, je le dis aux acteurs français, entreprises, fondations, collectivités, qui voudraient aujourd'hui prendre leur part et aider le Liban, ils peuvent se tourner vers mon ministère, se signaler, puisque nous avons conçu deux fonds, un fonds pour les collectivités, un fonds pour les entreprises, qui leur permettent de soutenir le Liban en toute confiance, puisque l'argent ira à des acteurs avec lesquels nous entretenons des liens de grande confiance.
Là, hier, c'est de l'argent privé, c'est de l'argent, c'est des collectivités, il y a des grosses entreprises qui sont mobilisées, c'est quoi ?
Ce milliard de dollars a été levé auprès des États, mais vous avez raison de signaler que 3 millions d'euros ont été apportés par des entreprises françaises, et notamment CMA, CGM, BNP Paribas ou ENGIE, qui ont décidé d'accompagner cet élan de solidarité, je les en remercie, et j'appelle les autres entreprises françaises à prendre leur part.
Alors, vous évoquiez l'instabilité politique au Liban, enfin, vous l'évoquiez en creux, rappelons que c'est un pays qui n'est plus vraiment gouverné, et ça dure depuis un certain nombre d'années. Est-ce que pour vous, aujourd'hui, il y a un risque de guerre civile au Liban, comme ça a pu être le cas par le passé ?
Le Liban est un pays pluriel, et il doit le rester. Qu'est-ce que j'entends par pays pluriel ? C'est un pays où coexistent, cohabitent des communautés, des confessions différentes, une mosaïque confessionnelle, avec des musulmans chiites, des musulmans sunnites, des chrétiens maronites, des druzes. Aujourd'hui, depuis le début des opérations terrestres au Liban, vous avez des déplacements de populations massives. Vous avez autour d'un million de personnes qui ont quitté le sud pour fuir les combats, et qui se retrouvent aujourd'hui dans des villages, qui se retrouvent à passer la nuit dans des écoles, ce qui crée des tensions très fortes.
On a entendu sur France Info des reportages avec des citoyens, des Libanais, qui disent, nous, on ne veut pas avoir des chiites chez nous, ils viennent, on ne veut pas les accueillir, parce qu'on a aussi peur de se faire bombarder par Israël. Tout ça est un facteur de tension.
Écoutez, on a peur de se faire bombarder, mais plus simplement, on voudrait que nos enfants puissent retourner dans les écoles, puisqu'aujourd'hui, une grande partie des écoles sont fermées pour pouvoir accueillir ces déplacés. C'est pourquoi la France appelle aujourd'hui au cessez-le-feu, parce que si cette situation devait perdurer, eh bien ces tensions pourraient s'aviver, et effectivement soulever le risque d'une guerre civile qui précipiterait le Liban vers le chaos et l'effondrement.
Alors, on a beaucoup de questions sur la relation entre la France et Israël. La charge très violente d'Emmanuel Macron hier, on ne défend pas une civilisation en semant soi-même. La barbarie est une réponse à Netanyahou, qui l'avait évoqué sur ces news, une guerre pour la civilisation, justement. Qu'espère Emmanuel Macron avec ce type de déclaration ?
La question, c'est plutôt qu'espère Benyamin Netanyahou avec ce type de déclaration, lorsqu'il dit que c'est une guerre de la civilisation contre la barbarie. lorsque l'on se revendique de la civilisation, comme le fait Benyamin Netanyahou, eh bien il faut montrer l'exemple. Mais il met une guerre de la barbarie aujourd'hui. Et il faut respecter le droit international et le droit international humanitaire. Entendons-nous, entendons-nous, le peuple israël, le peuple juif, a été frappé dans sa chair par un attentat terroriste, le pire massacre antisémite de notre histoire depuis la Shoah. C'est un traumatisme qu'il est interdit de sous-estimer et qu'il est interdit de relativiser.
Mais ceci étant dit, ça n'est pas faire offense au peuple d'Israël et au peuple juif de rappeler constamment, et c'est la position de la France, le gouvernement d'Israël à ses obligations au regard du droit international.
C'est ça. J'ai rappelé en permanence cette attaque du terroriste terrible du 7 octobre qui justifie sans cesse cette guerre sans limite de faire sauter six immeubles d'habitation en plein Beyrouth pour aller toucher le bunker d'Assad Nasrallah en tuant 50 civils du quartier chiite.
Ce que nous disons, c'est que la violence engendre la violence. Qu'en semant la violence, on récolte la violence et parfois on crée un mal pire que celui auquel on voulait remédier. Mais le mot parmarine est très fort. Je donne un exemple. Pour le Liban, en 1982, le nord d'Israël, comme aujourd'hui, était menacé dans sa sécurité par une organisation qui s'appelait l'OLP. L'armée israélienne a chassé l'OLP. Mais à force de destruction, à force de déplacement de population, que s'est-il passé ? Cela a créé un terreau propice à l'émergence de qui ? Du Hezbollah. Alors ne répétons pas les erreurs du passé. Cessons le feu. Mais le Hezbollah,
précisément, vous parlez au Hezbollah ? La France parle au Hezbollah ?
La France parle à tous les acteurs de la région. Que leur dites-vous ? Ils appellent à cesser le feu. Tout simplement. Nous leur rappelons que leur responsabilité dans la situation actuelle du Liban est très lourde parce qu'ils ont décidé de faire pleuvoir le feu de leur roquette sur Israël dès le 8 octobre de l'année dernière, au lendemain du 7 octobre. Et que ce faisant, ils ont entraîné le pays dans une guerre qu'ils n'avaient pas choisie. Et qu'aujourd'hui, leur responsabilité est la seule chose à faire c'est de baisser les armes.
Voilà, précisément, c'est vrai que depuis un an les Israéliens disent qu'ils vont riposter. Que peut faire la France ? Est-ce que la France peut quelque chose pour stopper le bras du Hezbollah ?
La France peut faire un certain nombre de choses. La première, c'est d'apporter son aide au Liban et c'est ce que nous avons fait hier, un mois après le début de l'escalade, comme nous l'avons fié pour Gaza l'année dernière, un mois après le 7 octobre.
Mais ce n'est pas stopper le bras du Hezbollah ?
Ensuite, effectivement, la responsabilité de la France c'est de faire avancer il y a un mois avec les Américains en présentant une proposition, une formule de trêve de trois semaines suivie de la mise en œuvre de ce qu'on appelle la résolution 1701, c'est-à-dire les règles permettant de garantir à la fois la sécurité au nord d'Israël et puis l'intégrité et la souveraineté du Liban.
C'est-à-dire que le Hezbollah se retire au-delà d'un fleuve au Liban. C'est ça.
Le Liban, l'Hezbollah se retire du sud d'Israël et Israël, du sud du Liban et Israël se retire aussi et ce sont les forces armées libanaises et les casques bleus qui assurent la pacification et la stabilisation de la zone. C'est une proposition qui a été présentée par Emmanuel Macron et par Joe Biden. C'est la base à partir de laquelle nous continuons à engager les deux parties au conflit pour les amener le plus rapidement possible
au Cécile. Concernant ce qui se passe à Gaza, Jean-Noël Barraud et les otages, les négociations doivent reprendre au Qatar, dont on connaît le rôle d'intermédiaire, sur négociations qui impliquent leur libération. C'est ce que dit Israël. D'abord, est-ce que vous avez de l'espoir concernant ces nouvelles négociations ? On sait qu'il y en a eu beaucoup et qu'elles n'ont pas abouti jusque-là.
Vous parlez des otages qui ont été retenus et qui sont parfois décédés dans l'enfer noir de la captivité à Gaza. Je pense aux quatre otages des adolescents qui ont été libérés en fin d'année dernière dans les larmes mais dans la joie. Je pense aux deux otages français qui ont été assassinés et je pense effectivement à nos deux otages qui sont encore retenus au fer Calderon et Oad Yalomi. Évidemment que je cultive un espoir mais je suis très inquiet. Je souhaite que la mort de Sinoir soit un tournant dans cette guerre à Gaza. Mais vous devriez venir le tournant là avec ces initiatives ou pas ? Je ne peux que me réjouir que les discussions se poursuivent.
Je souhaite que Israël, après avoir accumulé les succès tactiques, les succès militaires ces dernières semaines, tournent la page de la guerre à Gaza, obtiennent la libération inconditionnelle de tous les otages, permettent l'acheminement sans entrave de l'aide humanitaire qui est attendue et vitale pour que les populations puissent avoir accès et pour avoir des réponses à leurs besoins les plus essentiels.
Juste pour finir là-dessus, les dernières traces de vie des deux franco-israéliens à la date de camp ?
Nous suivons cette situation au jour le jour. Je ne peux pas évidemment communiquer sur toutes ces informations mais les dernières manifestations de ces otages à leur famille datent d'un certain nombre de mois déjà. C'est pourquoi nous sommes très inquiets et c'est pourquoi nous ne pouvons pas perdre espoir parce que c'est la priorité de la France libérer nos otages.
Un mot du sommet des BRICS autour de Vladimir Poutine qui a rassemblé chez lui une vingtaine de dirigeants étrangers dont les présidents chinois, iraniens, turcs, le premier ministre indien c'était à Kazan. Quel regard portez-vous sur ces échanges ?
Je crois que ces échanges c'est un appel au sursaut de la communauté internationale puisque ce qui se passe à Kazan... Certains parlent de basculements possibles du monde. de basculements ou de fractionnements de la communauté internationale entre d'un côté et je mets des guillemets l'Occident et puis de l'autre les grandes puissances émergentes. Je constate que beaucoup de pays se sont rendus à Kazan à l'invitation des BRICS et de Vladimir Poutine. Qu'est-ce que cela nous dit ?
Cela nous dit que beaucoup de pays du monde considèrent aujourd'hui que la protection de l'ONU du droit international n'est pas suffisante et qu'il convient de se placer sous la protection de grands pays comme la Russie ou la Chine. C'est un appel au sursaut. Ce que la France défend, ce que le président de la République défend aujourd'hui c'est une réforme de l'ONU pour permettre au Brésil, à l'Inde mais aussi à des pays comme le Japon, l'Allemagne et à l'Afrique d'être mieux représentés au Conseil de sécurité pour que les décisions de l'ONU soient plus légitimes.
Il faut un sursaut quand vous voyez Antonio Guterres qui va serrer la main de Vladimir Poutine un meurtrier comme dit la veuve d'Alexei Navalny. Ça vous choque vous aussi ça ?
Ce qui me désole c'est précisément ce qu'on appelle un membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies un membre fondateur de l'ONU la Russie aujourd'hui viole délibérément le droit international en s'en prenant à son voisin l'Ukraine mais aussi en se rendant coupable de crimes de guerre avec la déportation des enfants de l'Ukraine.
Pardon mais Antonio Guterres il doit serrer la main de Vladimir Poutine dans un contexte pareil ?
Je vous dis que quand je vois le secrétaire général des Nations Unies aux côtés d'un membre permanent du Conseil de sécurité qui viole tous les jours le droit international je suis inquiet.
Une des toutes dernières questions sur les troupes coréennes nord-coréennes en Ukraine ça a été confirmé notamment par les Américains par l'OTAN j'imagine que la France le confirme aussi cette présence de troupes. troupes ?
C'est une information qui n'est pas tout à fait une surprise dans la mesure où on sait que la Corée du Nord
Ma question pardon parce que ma question était sur les conséquences que ça peut avoir est-ce qu'il faut une réponse de la communauté internationale ?
Les conséquences que cela peut avoir elles je dirais elles émanent du fait que cette information lorsqu'elle sera avérée et documentée constituera une nouvelle étape escalatoire dans ce conflit c'est aussi une certaine manière une exportation de ce conflit vers l'Asie et c'est évidemment très grave maintenant ce que cela souligne aussi c'est la grande fragilité de la Russie de Vladimir Poutine qui est obligée d'aller chercher de l'aide auprès de la Corée du Nord pour continuer son agression contre le peuple ukrainien On ne saura pas
s'il faut répondre ou pas à ses troupes enfin à la présence de troupes nord-coréennes
Mais nous répondons à l'agression de la Russie depuis deux ans et demi sur le plan militaire sur le plan financier sur le plan humanitaire et sur le plan civil et nous allons continuer de le faire parce que ce qui se joue aujourd'hui sur la ligne de front elle nous concerne tous elle concerne tous les français elle concerne nos enfants c'est l'intégrité territoriale de l'Ukraine certes mais c'est aussi la sécurité des Européens
Jean-Noël Barraud vous restez avec nous ce 8h30 France Info se poursuit juste après le fil info de 8h47 Claire Chekaglini
Comment vivre avec un réchauffement de plus 4 degrés d'ici 2100 le plan d'adaptation climatique sera dévoilé par Michel Barnier le Premier ministre se rend cet après-midi à Givore dans le Rhône touché par des inondations la semaine dernière ce matin le Gard et le Var sont en vigilance orange pour pluie inondations le patron du foot français favorable aux sanctions individualisées pour lutter contre l'homophobie dans les stades pour le président de la FFF les meneurs doivent ne plus pouvoir se rendre au match Philippe Diallo rappelle sur France Info qu'en France 10 fois moins de supporters sont interdits de tribunes comparés au Royaume-Uni Donald Trump dément avoir déclaré qu'Hitler avait fait de bonnes choses le candidat républicain à la Maison-Blanche a par ailleurs continué de cibler les migrants hier lors d'un meeting en Arizona nous sommes la poubelle du monde estime le milliardaire il fustigeait ainsi l'arrivée de clandestins aux Etats-Unis une institutrice d'Alès dans le Gard déférée devant un juge pour violences aggravées sur ses élèves les parents de 6 enfants ont dénoncé des comportements humiliants et dégradants l'enseignante conteste les faits France Info
le 8.30 France Info Perangère Bonte Adrien Bec
et ce matin Jean-Noël Barraud ministre de l'Europe des Affaires étrangères vice-président du MoDem on l'entendait on est à 10 jours de l'élection américaine qui n'a jamais été peut-être aussi cruciale la dynamique est plutôt du côté Trump vous allez nous dire la France ne s'immisce pas dans un vote souverain mais quand on entend les dernières déclarations de Donald Trump sur son adversaire sur l'Europe sur la justice américaine sur Hitler qui aurait fait des bonnes choses même si on l'entendait à l'instant il faut peut-être être prudent mais néanmoins ça ne va pas être simple quand même si Donald Trump était élu
ça n'est jamais une bonne nouvelle lorsque la radicalité et l'outrance s'invitent dans le débat démocratique ceci étant dit l'amitié entre la France et les Etats-Unis dure maintenant depuis deux siècles elle a survécu à 59 élections présidentielles américaines je suis confiant qu'elle puisse survivre à une 60ème
amitié franco enfin américaine européenne peut-être pas il dit il compare l'Union Européenne à une mini-Chine sur le plan commercial ils ne prennent pas nos voitures ils ne prennent pas nos produits agricoles ils ne prennent rien dit-il
la France n'indexe pas ses positions sur la politique américaine mais l'Europe non plus puisque depuis 7 ans et sous l'impulsion de la France et du président de la République et bien l'Europe a décidé de prendre son destin en main c'est ce que nous avons fait tout dernièrement lorsque nous avons décidé lorsque la commission européenne a décidé d'infliger des droits de douane sur des véhicules électriques chinois pourquoi ? et bien parce que ces véhicules électriques étaient subventionnés par la Chine au détriment des industries françaises donc oui l'Europe se réveille elle considère qu'elle doit être autonome elle considère qu'elle doit être souveraine peut-être que ça déplait à M.
Trump mais il faudra qu'il s'y habite
à tel point que certains disent y compris dans votre camp c'est le cas de l'eurodéputé Bernard Guetta ce ne serait pas finalement une si mauvaise nouvelle que Donald Trump soit élu ça nous permettrait de resserrer les rangs sur des domaines cruciaux
comme je vous le disais après deux siècles de relations entre la France et les Etats-Unis on s'est adapté à des administrations démocrates des administrations républicaines nous allons continuer à défendre notre vision notre vision du monde et la manière dont nous voulons que l'Europe se renforce
Jean-Noël Barraud l'affaire et le cas Paul Watson qui est toujours en prison détenu au Groenland il a demandé hier à Emmanuel Macron la nationalité française est-ce que c'est une hypothèse à laquelle vous êtes favorable ?
Paul Watson défend une cause qui est juste et qui est noble et d'ailleurs je la partage la France d'ailleurs la partage puisque comme vous le savez sur la protection des océans nous sommes en première ligne nous avons protégé un tiers de notre espace maritime c'est 3,4 millions de kilomètres carrés Paul Watson a été arrêté au mois de juillet au Groenland nous avons depuis le début de sa captivité si je puis dire suivi la situation de jour en jour et nous avons adressé tous les messages en direction des autorités du Danemark et des autorités japonaises
son extradition
est entre les mains du gouvernement danois il a été question d'une demande d'asile mais qui ne peut être octroyée en droit français que lorsque la personne formule sa demande sur le territoire national Paul Watson a demandé à pouvoir être naturalisé c'est une option que nous sommes en train d'examiner
alors d'autant que ça peut se faire pour le coup à distance il n'est pas obligé d'être sur le sol effectivement français est-ce que de votre point de vue c'est une bonne chose ou ce n'est pas une bonne chose
je ne veux pas préempter une décision qui ne dépend pas de mon ministère ou pas uniquement de mon ministère ceci étant dit si cette possibilité était ouverte j'y serais plutôt favorable
vous êtes souvent à travers le monde mais vous êtes aussi vice-président du Modem Jean-Noël Barraud votre groupe à l'Assemblée et les autres groupes gouvernementaux ont été pris à partie hier soir par la gauche par le RN qui vous accusent de faire de l'obstruction avec des centaines d'amendements sur le budget d'habitude ce sont les oppositions qui amendent hier soir à 22h30 il en restait 2500 des amendements à examiner avant alors normalement c'était ce soir ce sera demain soir et ce qu'ils craignent en clair c'est que le texte soit transmis directement au Sénat sans que l'Assemblée ait pu se prononcer puisqu'au bout de 40 jours il faut que ça bascule c'est ça que souhaite le gouvernement
la question c'est ce que souhaite la France insoumise et après avoir fait de l'obstruction parlementaire aujourd'hui la France insoumise fait un refus d'obstacle refuse de débattre au parlement alors même que dans les conditions dans lesquelles le gouvernement a conçu ce budget il a été dit très clairement par le Premier ministre dès le premier jour que ce budget serait enrichi au parlement la France insoumise n'a qu'une obsession faire tomber le gouvernement elle n'avait qu'une obsession cet été empêcher la gauche d'accéder aux responsabilités elle n'en a qu'une aujourd'hui c'est de censurer le gouvernement elle passe de l'obstruction à laquelle nous avons beaucoup habitué au refus d'obstacle
mais que va faire le gouvernement pour que ce débat aille à son terme qu'on ne soit pas dans ce que certains dénoncent comme un déni démocratique ou alors est-ce que c'est un 49-3 comment on sort de 2500 amendements
avant demain soir par exemple et pour avoir été parlementaire pendant longtemps je sais que c'est parfois un peu désagréable mais le gouvernement a décidé d'ouvrir les débats ce samedi pour donner le maximum de temps aux échanges
ça passera pas c'est impossible il y a eu mille et quelques amendements faits en quelques jours vous savez bien que
mettez-vous à la place du premier ministre qui nous a dit et de manière très sincère qu'il voulait que ce budget puisse être enrichi par les travaux au parlement et bien on donne le maximum de temps au débat et de manière à ce que le budget soit le reflet le plus fidèle de ces débats
donc c'est faire la démonstration que les débats ont eu lieu et faire la démonstration que la gauche a bloqué c'est ça que vous êtes en train de faire en fait c'est ni plus ni moins que cette je récapitule
je récapitule le premier ministre est arrivé à Matignon dans un moment où habituellement le budget est bouclé depuis longtemps il a hérité d'une copie budgétaire il a dit très clairement je veux que le parlement se saisisse de ce budget et qu'il puisse l'enrichir ça serait totalement incohérent aujourd'hui de dire je vais précipiter les choses je vais mettre fin au débat parlementaire quitte à ne pas avoir de vote sur la première partie c'est à dire à l'Assemblée nationale parce qu'on ne sera pas arrivé au bout mais comme vous le savez c'est un long processus puisque le texte part ensuite au Sénat et ensuite l'Assemblée nationale et le Sénat se retrouvent dans une commission mixte paritaire le premier ministre a souhaité donner toute sa chance au débat et je salue cette décision
et vous savez ce que ça veut dire partir au Sénat c'est une assemblée qui est plus favorable à la droite et clairement ça donne une couleur pas du tout mais les deux assemblées ont été élues différemment mais les deux sont légitimes et le débat doit avoir lieu dans les deux
et c'est pourquoi nous avons des procédures parlementaires qu'il faut que c'est d'abord l'Assemblée qui examine le budget c'est ensuite le Sénat et qu'à la fin il y a une commission mixte paritaire avec des sénateurs et des députés qui travaillent à partir du texte des deux assemblées
les députés de vote parti le modem ont voté avec la gauche cette semaine contre l'avis du gouvernement pour pérenniser notamment la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus on sait que le gouvernement voulait que ça dure trois ans et l'idée est de les pérenniser est-ce que le modem a encore sa place
dans ce socle commun ? mais le modem depuis de nombreuses années a toujours défendu la justice sociale et la justice fiscale le modem a régulièrement défendu des amendements il n'y a pas de solidarité
gouvernementale dans cette affaire
attendez le modem depuis sept ans j'en sais quelque chose j'ai moi-même porté ces amendements a défendu des idées consistant à répartir différemment la charge des finances publiques ça n'est pas ça n'est pas s'écarter du soutien au socle commun que de faire des propositions et parfois de les faire adopter ça s'appelle la démocratie parlementaire
le socle commun qui s'est constitué son programme commun parce que clairement vous n'êtes pas d'accord
le socle commun il est constitué de personnalités et de forces politiques qui ont décidé de faire le seul choix responsable dans la situation dans laquelle se trouvait le pays c'est-à-dire de faire des compromis et de travailler avec d'autres forces qu'ils avaient par le passé combattues le temps des grandes confrontations politiques reviendra aujourd'hui le temps est à l'action
vous avez entendu peut-être Gabriel Attal qui dit le modem ne nous aide pas beaucoup sur ces coups-là notamment après l'élection d'un vice-président écologiste de l'Assemblée puisque votre candidat si on rentre un peu dans le détail sans y passer trop de temps mais Christophe Blanchet a ratissé bien au-delà du modem aux deux premiers tours alors que la consigne de Gabriel Attal c'était de dire tout le monde vote pour le LR qui doit siffler certains disent la fin de la récresse et Michel Barnier à un moment qui doit dire le socle commun c'est comme ça
alors d'abord le fait que Christophe Blanchet ait rassemblé sur sa candidature un nombre de suffrages beaucoup plus important que celui du groupe de modem témoigne de la place de l'importance du rayonnement du groupe modem deuxièmement à qui la faute ? à qui la faute ? est-ce la faute du modem ?
ou est-ce la faute du groupe de la droite républicaine qui il y a deux semaines a décidé de présenter des candidats lors du renouvellement des présidences de commission contre les candidats des groupes qui étaient sortants excusez-moi une histoire de vengeance c'est pas une histoire de vengeance mais c'est une vous m'interrogez sur la responsabilité je crois pas que ce soit la responsabilité le socle commun vit bien on est d'accord je vous l'ai dit
toutes les formations politiques
du socle commun ont fait un choix difficile un choix de responsabilité qui est celui de travailler avec des formations politiques qu'ils avaient combattues et j'ai beaucoup d'estime pour les dirigeants de ces familles politiques qui ont fait ce choix là parce qu'il n'était pas facile beaucoup d'autres ont fait le choix inverse qui est celui de rester dans leur coin comme des tireurs couchés à vouloir faire échouer le gouvernement ou à vouloir faire échouer la formation du gouvernement pour précipiter le pays dans l'instabilité
merci beaucoup merci Jean-Noël Barraud ministre de l'Europe et des affaires étrangères d'avoir été l'invité de France Info ce matin merci à vous Bérangère Bond
Jean-noël Barrot