Inflation, immigration, laïcité à l'école... Le 8h30 franceinfo de Yaël Braun-Pivet
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Bonjour, Yael Brune-Pivet. Bonjour. Interrogé par Sud Radio hier sur les conséquences du séisme au Maroc et la politique africaine de la France, Bruno Rotaillot, le patron du groupe LR au Sénat, a déclaré « La colonisation, c'est bien entendu des heures qui ont été noires, mais c'est aussi des heures qui ont été belles avec des mains tendues. Est-ce qu'un parlementaire français peut dire ça ? » Écoutez, la colonisation, c'est une histoire de domination. C'est une emprise sur la liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes et je ne vois pas comment, en privant des peuples de leur liberté, on peut avoir une belle histoire. Donc non, ce ne sont pas des propos que j'approuve.
Et je pense aussi que, compte tenu des circonstances, ce n'est pas le moment des petites phrases, ce n'est pas le moment des polémiques, c'est surtout le moment de la solidarité avec le peuple marocain qui souffre. Il a donc dérapé. Est-ce qu'il faut qu'il soit recadré par le patron du groupe LR ? Oui, je ne donne de conseils à personne et je ne qualifie pas les propos des uns et des autres. En tout cas, je ne suis absolument pas d'accord avec cela.
L'actualité, Yael Brunpivet, c'est bien sûr toujours la question du pouvoir d'achat et notamment les carburants qui frôlent les 2 euros le litre à la pompe. Total Énergie, plusieurs grandes chaînes aussi de supermarchés comme Intermarché, System U annoncent des remises. Qu'est-ce que vous dites-vous ? C'est la moindre des choses ?
Non, je salue cet effort, c'est important et c'est important, vous savez, dans un moment où notre pays rencontre des difficultés face à l'inflation, que tout le monde fasse un effort, que tout le monde mette la main à la pâte et donc que l'ensemble des distributeurs fassent cet effort. Je trouve que c'est bien et c'est à saluer.
Tout le monde met pas l'État, Bruno Le Maire et Bercy excluent des remises.
Alors l'État a pris sa part, nous avons fait le chèque énergie, nous avons dès le mois de juillet 2022 pris des dispositions pour faire baisser le coût à la pompe, donc l'État a pris sa part, maintenant c'est ce que je dis, tout le monde doit prendre sa part, c'est important parce que nos concitoyens en ont besoin. Mais les distributeurs qui vous écoutent ce matin doivent enrager aussi parce qu'eux aussi ont pris leur part plus tôt il y a quelques mois en multipliant les remises.
Qu'est-ce que vous répondez à l'extrême droite qui dit que le gouvernement et la majorité font les poches des Français en cette période d'inflation parce que le prix du carburant, en fait, ce sont aussi des taxes qui pèsent lourd à 60%. Oui, mais vous savez, j'ai entendu leur proposition qui était de baisser les taxes, justement, et une proposition qui coûterait 12 milliards d'euros au budget. Qui paierait ces 12 milliards d'euros ? Les Français. Les Français. Le budget de l'État, ce n'est pas quelque chose de désincarné qui est étranger à la population. Et donc, lorsque l'on ponctionne et qu'on augmente les dépenses de l'État, on augmente les dépenses des Français.
Moi, je ne comprends pas ce débat qui consisterait à penser que le budget de l'État, c'est quelque chose sur lequel on peut pomper et on peut pomper indéfiniment sans que ça n'ait aucune répercussion sur les Français. Ça a des répercussions sur les Français. On a une dette qui est très importante. On a le coût de la dette, 3 000 milliards, mais le coût de la dette a augmenté de 50% cette dernière année à cause de la hausse des taux d'intérêt. Donc, il ne faut pas distinguer, en fait, le budget de l'État et les prix directs que peuvent payer les Français. C'est la même chose et donc, il faut avoir une vision globale des choses.
Donc, c'est pour ça, mais il faut aussi saluer les efforts des uns et des autres parce qu'autrement, je crois que ça ne serait pas juste pour ceux, justement, qui prennent leur part.
Le pouvoir d'achat et aller pour une pivée, ça passe aussi par certaines mesures qui dépendent directement des députés. La loi des crozailles qui limite les possibilités de promotion, notamment sur les produits d'hygiène et de soins, elle est décriée ici même. Le patron de Carrefour avait demandé un moratoire. Ici même encore, Bruno Le Maire disait l'autre jour, très bien, mais c'est aux députés de décider. Il faut que ce débat revienne devant l'Assemblée.
Alors, vous savez, à l'Assemblée nationale, cette loi des crozailles a été adoptée, je crois, à une quasi-unanimité ou unanimité il y a quelques mois. Moi, je ne suis pas de celles qui veulent défaire ce que l'on vient de faire.
Mais la situation peut avoir évolué entre temps ?
Oui, elle peut avoir évolué, mais là, je pense qu'il est trop tôt. Je sais qu'il y a des discussions en cours sur un éventuel avancement des dates de négociation. Et ça, nous y sommes effectivement. C'est un autre texte et nous y sommes ouverts. Mais il faudrait, en tout cas, si l'on voulait revenir, de quelque façon que ce soit, sur une loi qui vient d'être votée par le Parlement, qu'il y ait un nouveau débat au Parlement. Il n'est pas question de ne pas appliquer une loi que nous avons votée. Mais l'urgence ne le nécessite pas. L'urgence ne le nécessite pas.
Quand vous entendez Alexandre Bonport, le patron de Carrefour, qui dit « Moi, regardez, les Français qui viennent dans mes magasins, en fait, ils font l'impasse maintenant sur les produits d'hygiène. Ils ne peuvent plus se les acheter. Or, la loi des crozailles, elle limite les promotions qui peuvent permettre aux Français d'acheter ou pas ces produits. » La difficulté sur l'achat des produits d'hygiène, elle ne date pas de la loi des crozailles. Là, elle est omite à 34% les promotions. La difficulté ne date pas de la loi des crozailles. Moi, vous savez, j'ai été longtemps responsable au Resto du Coeur.
Les produits qui étaient les plus demandés par les bénéficiaires des Restos du Coeur, c'était justement les produits d'hygiène parce que c'est ceux-là qui sont difficiles à acheter. Donc, c'est quelque chose qui date d'il y a bien plus longtemps. Ne considérons pas que la loi des crozailles est coupable de tous les mots. qui empêchent les Français d'acheter des produits d'hygiène. Ce n'est pas celui-là, en tout cas, je crois, auquel il faut s'attaquer.
Alors, comme l'année dernière, Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, indique que le barème de l'impôt sur le revenu va être indexé sur l'inflation l'année prochaine. Concrètement, si vous avez été augmenté au niveau de l'inflation, c'est-à-dire de 4,8%, pas de hausse d'impôt en dessous, votre impôt baisse. Cette disposition, elle est prévue en fait depuis 1969, peu importe le niveau d'inflation. Pourquoi est-ce qu'on présente toujours ces mesures comme des mesures nouvelles, alors qu'on ne fait qu'appliquer la loi qui existe ?
Je ne sais pas si c'est présenter cela comme des mesures nouvelles ou simplement détailler l'ensemble des dispositions qui sont prises pour soutenir le pouvoir d'achat de nos compatriotes et donc que ceux-ci puissent avoir une vision globale. Moi, vous savez, de mon côté, inlassablement, j'explique comment fonctionne l'Assemblée nationale, comment on vote les lois, etc. Et vous savez, ce vote des lois existe depuis 1958 et pour autant, beaucoup de nos compatriotes n'en ont pas connaissance. Non, mais ce que je veux dire, c'est qu'il est inlassablement comme un sacrifice de la part du gouvernement pour le pouvoir d'achat des Français.
Il dit même, Bruno Le Maire, ça va représenter un manque à gagner de 6 milliards pour l'État. Mais parce que c'est important d'expliquer ce que l'on fait, d'expliquer comment cela aide les Français et combien ça coûte. Moi, je pense que nos compatriotes sont avides de comprendre, de savoir ce qui est fait parce qu'il faut parler toujours à leur intelligence et leur expliquer quels sont les choix que nous faisons, quelle est la difficulté parfois de faire ces choix et quels sont les équilibres auxquels nous sommes confrontés. Moi, c'est ça que je veux faire en faisant de la politique.
Et donc, oui, c'est important toujours d'expliquer telle et telle et telle mesure et de montrer surtout la globalité parce qu'il y a de la cohérence dans ce budget.
On va continuer de le faire. On va parler de ce budget qui ne sera pas simple à adopter d'ailleurs avec vous, Yael Bonne-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, invitée de France Info. Ce sera juste après le fil info à 8h41.
À Bordeaux, le client d'un bar est mort après avoir contracté le botulisme, maladie neurologique rare mais potentiellement grave. 8 autres clients ont été hospitalisés. La plupart d'entre eux sont en réanimation ou en unité de surveillance continue. La Direction Générale de la Santé estime que l'apparition d'autres cas toujours en lien avec ce bar est possible. Au Maroc, pour la première fois, le roi Mohamed VI s'est rendu au chevet de blessés hier soir dans un hôpital de Marrakech, 4 jours après un séisme dévastateur. Le dernier bilan fait état de 2 900 morts et 5 500 blessés.
De nouvelles recherches infructueuses hier soir dans le hameau du Auvergnet, dans les Alpes de Haute-Provence, pour tenter de retrouver Émile, ce petit garçon de 2 ans et demi disparu début juillet, dans des circonstances toujours très floues. Et puis vous devrez payer un peu plus si vous partez visiter Venise à partir de l'an prochain. Une taxe de 5 euros pour préserver la ville, victime de tourisme de masse. La mesure ne s'appliquera que lors des pics d'affluence, soit 30 jours par an entre le printemps et l'été.
Nous sommes toujours avec Yael Bronpivet, présidente de l'Assemblée Nationale. On le disait juste avant le fil info, les discussions vont sans doute être de nouveau difficiles. À propos du budget, on parle déjà de 49.3 LR. Les Républicains parlent de motion de censure. Ce n'est ni un totem, ni un tabou, dit Olivier Marlex, le patron du groupe LR. Qu'est-ce que vous répondez ? Comment est-ce qu'on prend, quand on est à votre place, des discussions qui commencent comme ça ?
En fait, les discussions budgétaires, elles sont particulières, comme vous le savez. Et le vote d'un budget signe l'appartenance à une majorité. Il ne vous aura pas échappé que nous n'avons pas trouvé, malgré nos efforts, des partenaires pour former une coalition et pour pouvoir diriger la France. Donc nous sommes en état de majorité relative. La conséquence directe de cela, c'est qu'il est probable que nous soyons, et que le gouvernement soit obligé d'activer le 49.3 sur le vote budgétaire. Tout le monde s'y attend. Ça ne fait plaisir à personne, parce que nous aurions préféré avoir une majorité, ou en tout cas la trouvée au sein de l'Assemblée nationale.
Rien n'est perdu, et nous essaierons jusqu'au bout de la trouver, parce que quand nous sommes aux responsabilités, c'est notre devoir à nous de rassembler et d'aller chercher des alliés. C'est ce que nous faisons sur l'ensemble des textes.
Et ça veut dire que comme président, vous vous attendez toujours à présider une assemblée éruptive ?
Alors, ce sont des choses différentes, parce que l'Assemblée est éruptive par moment, mais pas toujours, et c'est heureux. J'espère que cette année, les débats seront plus apaisés, parce que tout l'été, les Français m'en ont parlé, et m'ont dit qu'ils étaient choqués par ce qu'ils voyaient à l'Assemblée nationale. Et donc, j'espère et j'appelle collectivement à un sursaut pour que nous puissions débattre, parfois exprimer des positions qui sont très antagonistes, mais toujours dans le respect de nos concitoyens, parce que l'image a un impact fort sur ce que nos concitoyens pensent de leur démocratie. Et surtout, il y a le braune-pivet que vous risquez la motion de censure.
Les LR vous préviennent. 49-3, on dégaine une motion de censure. En tout cas, on y participe aussi. Écoutez, nous verrons bien, mais le risque, c'est un risque constitutionnel. À chaque fois que la Première Ministre déclenche le 49-3, les parlementaires ont des délais dans lesquels ils peuvent déposer une motion de censure. C'est la Constitution, donc c'est le strict respect. C'est un risque à prendre. Non, mais de toute façon, nous n'avons pas le choix, parce que la France a besoin d'un budget. Les fonctionnaires ont besoin d'être payés, et ce budget signe des grands engagements que nous avons pris.
7 milliards sur la transition écologique, 4 milliards sur l'école, 3 milliards sur nos armées, nous en avons besoin dans un contexte international qui se dégrade. Il n'y a pas assez d'économies, dit la droite. Donc il y a des économies, nous pourrons, et il faut que nous continuions à discuter avec chacun sur ce budget, mais c'est un budget important qui marque des investissements profonds que l'Assemblée nationale a votés. Les éléments que je viens de vous donner découlent directement de textes que nous venons de voter lors de cette session. Il y a le budget, mais il y a aussi le texte sur l'immigration.
Il arrive dans quelques semaines au Parlement, et le point noir, c'est l'article 3, la régularisation des travailleurs sans papier. La droite, là encore, s'y oppose fermement. Est-ce qu'il faut retirer cette proposition ? Non, il ne faut pas la retirer. Elle participe de l'équilibre du texte, et elle correspond surtout à nos valeurs. Vous savez, moi, depuis que je fais de la politique, on parle beaucoup de la valeur travail. Et cette disposition vise justement les personnes en situation irrégulière, étrangère, qui travaillent sur notre territoire, qui s'intègrent, qui participent à la vie collective de la nation. Et celle-là, nous en avons besoin.
Les employeurs nous disent qu'ils en ont besoin. Les restaurateurs en ont besoin. Les agriculteurs en ont besoin pour faire les récoltes. Moi, je l'entends tous les ans dans ma circonscription, dans la pleine maraîchère de Montesson. Et donc, nous avons besoin de ces personnes. L'équilibre est là. Pourquoi vous n'avez pas signé la tribune transpartisane qui a été publiée, notamment par une partie de députés Renaissance qui se sont alliés avec des députés de la NUPES ? Pourquoi vous n'avez pas signé, cette tribune, si vous êtes pour ?
Alors, pour vous dire que je ne signe jamais de tribune, parce que je considère que, compte tenu de la fonction qui est la mienne, je n'ai pas à m'associer à telle ou telle tribune lancée par des parlementaires. Et la position que je vous décris, et la position que j'ai depuis toujours sur l'article 3, que j'ai toujours exprimée, parce que, moi, en politique, j'ai de la constance.
Et sur l'immigration, que pensez-vous de l'idée d'un référendum ?
Alors, aujourd'hui, il n'est pas possible. Et moi, je trouve que l'hypothèse de modifier la Constitution pour pouvoir faire un référendum sur l'immigration n'est pas une bonne chose. En tout cas, je pense que, tant qu'à faire, faisons d'ores et déjà un référendum sur un sujet qui est possible de faire.
Mais le président Emmanuel Macron, dans sa réponse au parti politique après ses rencontres à Saint-Denis, ne semble pas fermer la porte, lui.
Non, il faut regarder la question du référendum, donc modifier l'article 11 de la Constitution et ça, j'y suis favorable. Mais ce que je dis, c'est que n'attendons pas de modifier éventuellement cet article 11 de la Constitution qui ouvrirait le champ du référendum pour pouvoir procéder à un référendum. Il y a déjà tant de sujets sur lesquels nous pouvons procéder aujourd'hui à un référendum. Justement, l'un des sujets, c'est celui de la fin de vie qui peut être soumis à un référendum. En tout cas, vous, vous le souhaitez pour poser quelle question ?
Moi, j'aurais souhaité effectivement soumettre aux Français cette question importante de est-ce que vous souhaitez qu'il y ait une évolution de la législation en matière de fin de vie ? Est-ce que vous voulez qu'on étende les possibilités qui vous sont offertes ? Il y a déjà eu la Convention citoyenne, ça n'a servi à rien ? Alors, pas du tout. La Convention citoyenne, elle nous a éclairés, mais la Convention citoyenne, c'est 150 citoyens tirés au sort, j'y suis extrêmement favorable, mais évidemment, ça ne se substitue pas ni au vote des représentants du peuple au Parlement, ni au vote direct par le peuple, par la voie d'un référendum.
Mais c'était une étape importante de réflexion, il faut poursuivre. Moi, je crois que le référendum, vous savez, il a deux intérêts. D'une part, de faire trancher une question par le peuple, mais aussi de créer du débat dans la société. Et je crois qu'aujourd'hui, les Français ont besoin de revivifier leur démocratie et donc avoir des débats de fond et après la possibilité de choisir, c'est pour moi une façon de revivifier cette démocratie. Le projet de loi autorisant l'aide active à mourir devait être présenté à la fin de l'été, mais il a été reporté à cause de la visite du pape à Marseille prévue les 22 et 23 septembre. Pourquoi avoir fait ça ? Vous demanderez au gouvernement.
Moi, c'est le gouvernement qui présente les textes. Moi, ce que je sais, c'est que... Ça veut dire quoi ? Il ne faut pas croiser le pape ? Vous leur demanderez, moi, je n'ai pas à répondre à ce type de questions. En revanche, une chose est sûre, et c'est ça qui intéresse les Français, c'est que nous devons avancer et moi, je souhaite ardemment qu'avant la fin de ce quinquennat, nous ayons en France une législation sur l'aide active à mourir.
On va continuer de parler avec vous de l'actualité et notamment de l'école et de la laïcité. Yael Brunpivet, présidente de l'Assemblée nationale, l'invité de France Info. On vous retrouve juste après le fil info à 8h49. Sophie Echen.
La Corée du Nord sera toujours avec la Russie, affirme Kim Jong-un. À l'instant, le dirigeant nord-coréen est en ce moment en Russie sur une base de lancement avec Vladimir Poutine. Les deux hommes s'entretiennent depuis ce matin. Le président russe a promis que Moscou a aidé Pyongyang à construire des satellites. Une enquête ouverte par le parquet de Reims pour comprendre les causes de la mort d'un jeune homme de 19 ans vendredi pendant les vendanges. Il travaillait sous un soleil de plomb avec jusqu'à 34 degrés enregistrés à l'ombre.
Coca-Cola, Nestlé, Ferrero, entre autres, l'ONG Foodwatch épingle des géants de l'alimentaire les accusant d'être responsables de la malbouffe chez les enfants en les inondant de publicité pour des aliments trop gras, trop sucrés ou trop salés. Avec des emballages colorés, des jouets dans les paquets de gâteaux ou encore leur star préférée sur les canettes de soda, Foodwatch demande à l'État d'instaurer des règles strictes. Elle refuse d'accepter la sanction. La tenniswoman Simona Alep, ex numéro 1 mondial, suspendue pendant 4 ans pour dopage, elle va faire appel. France Info
Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Brachia.
La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, toujours invité de France Info ce matin. La rentrée scolaire a été marquée par l'interdiction de la baïa dans les établissements. A ce propos, juste avant l'été, vous avez confié dans une interview que vous n'hésiteriez pas à voter une nouvelle loi pour, je cite, une école publique parfaitement laïque. Parfaitement laïque, ça veut dire quoi ?
Je pense que c'est très clair. Parfaitement laïque où les religions n'ont pas leur place, où nos élèves peuvent s'instruire, évoluer dans un cadre qui est respectueux des valeurs de la République.
Et vous disiez, ça veut dire sans abaya, ça veut dire sans ramadan ?
Alors, je n'avais pas dit sans ramadan. Ce que j'avais dit, c'était à la suite d'entretiens avec des mères qui m'expliquaient qu'ils avaient des parents qui, quand leurs enfants étaient à l'école primaire, demandaient à ce que les enfants n'aillent pas à la cantine et demandaient aux mères de prendre en charge la surveillance des cantines, des enfants qui n'allaient pas à la cantine. Et ça, ce n'est pas à la puissance publique de prendre en charge à l'école publique les choix personnels des parents.
Et quand Jean-Luc Mélenchon vous accuse d'islamophobie sur ce point précis ?
C'est ridicule. Pour faire suite à l'interdiction des Abayas, Gabriel Attal, le ministre de l'Éducation nationale, a embrayé avec la volonté d'expérimenter l'uniforme, la tenue unique à l'école, seulement l'uniforme, la tenue unique. C'est ce qu'a proposé le RN dans une proposition de loi en décembre dernier, proposition qui a été rejetée par la majorité. Vous avez changé d'avis maintenant ? Moi, je n'ai jamais changé d'avis sur cette question. C'est un débat qui parcourt la majorité, qui parcourt, je crois, aujourd'hui, le pays. Aujourd'hui, les établissements peuvent avoir une tenue unique s'ils le décident après une discussion entre la communauté enseignante, les parents, les élèves.
C'est déjà une possibilité qui est ouverte et donc l'expérimentation peut avoir lieu. Pourquoi ne pas avoir voté la proposition du Rassemblement national ? Parce que justement, c'est quelque chose qui peut être souhaité dans des établissements, qui peut être expérimenté. Il ne s'agirait pas de la développer et la déployer sur l'ensemble des établissements français d'un coup d'un seul. Après, il faut qu'il y ait un vrai débat sur ce sujet. Moi, personnellement, je ne suis pas extrêmement favorable au port de l'uniforme obligatoire et pour tous les enfants. Ce que proposait le RN, c'était même une tenue unique qui était choisie par les établissements, au sein des établissements.
Oui, je suis... On ne voit pas la différence avec votre proposition, celle de la majorité et celle du RN. Alors écoutez, moi, en tout cas, je suis assez convaincue qu'il faut laisser nos jeunes avoir une certaine liberté, une certaine expression de leur personnalité. Moi, je ne rêve pas d'une société uniformisée. Moi, je rêve de construire des esprits libres, des esprits critiques, des esprits qui peuvent se mouvoir dans le monde complexe dans lequel nous vivons. Et donc, je ne suis pas fan de ce type de proposition. C'est ce que me disent mes enfants.
Moi, je vois qu'il faut évidemment une tenue appropriée, une tenue qui respecte justement nos valeurs et donc évidemment pas d'abaya à l'école, pas de signes religieux ostensibles, mais à mon sens, il ne faudrait pas aller plus loin, sauf si effectivement dans un établissement, les enseignants, les parents, les élèves sont tous d'accord pour aller plus loin et dans ces cas-là, libre à eux. C'est aussi ça, respecter le dialogue, respecter les gens et les différentes communautés et là, si une communauté scolaire souhaite aller dans cette direction pour telle ou telle raison, libre à eux de le faire. Bien sûr, c'est pour ça que j'ai précisé communauté scolaire.
Yael Pompivet, vous avez annoncé avoir porté plainte après avoir reçu un courrier antisémite. Ce n'est pas la première fois. Il faut le faire à chaque fois.
Il faut le faire à chaque fois. Moi, j'ai fait les comptes justement et c'était la 21e plainte que je dépose en un an. Et donc, oui, il faut le dénoncer. Il faut porter plainte, essayer de retrouver les auteurs pour pouvoir les poursuivre et les punir. Et puis, il faut dénoncer parce que collectivement, nous avons besoin d'avoir une prise de conscience sur cette résurgence de l'antisémitisme dans notre pays et une prise de conscience aussi sur ce que peuvent subir les gens qui s'engagent, les élus. on a eu l'année dernière plus 32% de violences à l'égard des élus. On en a vu, ces violences se sont exprimées durant les émeutes.
Il ne faut pas qu'en France, lorsque l'on s'engage en politique, il ne faut pas que cela coûte. Il ne faut pas que l'on soit menacé. Il ne faut pas que l'on ait peur de s'engager.
Et ce n'est pas sans lien d'ailleurs avec un courrier que vous avez envoyé au président de la République toujours à la suite des rencontres de Saint-Denis. Vous lui demandez de mettre en place un statut de l'élu. C'est lié notamment au ras-le-bol que peuvent avoir les personnes qui s'engagent en politique et qui en prennent plein la vigueur.
On en parle beaucoup du statut de l'élu depuis très longtemps aussi. Et à chaque fois, on avance par petites touches. Je pense que là aussi, il faut qu'on ait une réflexion globale sur les incitations et les freins à l'engagement. Mais il s'agit de quoi ?
Il s'agit de répondre justement au fait que les gens s'engagent moins parce que c'est trop dur.
Mais d'une façon générale, les gens s'engagent moins. Je viens d'aller au salon des associations dans mes communes et j'ai beaucoup d'associations qui m'ont dit on recherche des bénévoles, on en manque. Et donc on a besoin d'avoir un choc de l'engagement finalement. Dans une société telle que la nôtre, nous avons besoin de gens qui s'engagent. On a besoin d'engager. Mais c'est plus vrai pour la politique qu'en politique. Il faut les deux. Il faut et nous avons une proposition de loi à l'Assemblée nationale sur l'engagement associatif pour favoriser cet engagement.
Il faut travailler sur l'engagement associatif parce que nous avons besoin des bénévoles et il faut travailler sur l'engagement politique parce que nous avons besoin des élus. Nous avons besoin dans nos 36 000 communes de maires, d'adjoints, de conseillers municipaux, de personnes qui s'engagent, qui font vivre nos villes et nos villages. Et donc regardons avec elles, avec les associations d'élus, comment nous pouvons favoriser cet engagement pour que cet engagement ne soit pas une contrainte trop importante qui vient finalement freiner les bonnes volontés et les envies de s'intéresser au vivre ensemble.
Je vous écoute Yael Broun-Pivet et vous racontiez à l'instant que vous receviez de nombreuses lettres de menaces, de nombreuses lettres d'antisémitisme et que ça vous force à aller porter plainte. Comment vous le vivez, vous ? Présidente de l'Assemblée nationale pour sauver ce genre de menaces. Comment vous le vivez ? Je le vis mal.
Je le vis mal parce qu'en plus dans chaque courrier on parle de mes enfants, on parle, on dit qu'on va passer à l'acte et donc je le vis mal parce que en fait, comme vous le savez peut-être, mais moi, ma famille a fui le nazisme et c'est réfugié en France et la France a été la terre qui les a accueillies et qui leur a permis de faire leur vie et leur petite fille aujourd'hui est devenue présidente de l'Assemblée nationale et donc qu'il y ait encore en terre de France des gens qui profèrent ces menaces antisémites, en fait, c'est le pire des cauchemars qu'ils auraient pu vivre puisqu'ils avaient trouvé asile ici et donc ça fait mal et en même temps ça incite au combat parce que je reçois beaucoup de témoignages, je reçois beaucoup de messages de soutien de toutes parts, de tous les camps politiques et je me dis que face à ce combat, face à ces menaces, je ne suis évidemment pas seule et que c'est un enjeu collectif parce que la société que nous voulons construire ensemble c'est une société de respect et c'est une société qui ne tolère pas la haine de l'autre que ce soit pour sa religion ou pour sa culture ou pour son origine et c'est pour ça aussi que quand Jean-Luc Mélenchon vient dire qu'après tel ou tel propos je suis islamophobe, ça n'a aucun sens parce que ça ne correspond tellement pas à mes valeurs et à mon histoire.
Yael Bronpivet, présidente de l'Assemblée nationale, merci d'avoir été l'invité de France Info ce matin.
Yaël Braun-Pivet