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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 15 janvier 2026 27 min

Dominique Estrosi-Sassone : « Les maires sont les premiers confrontés à la crise du logement »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Dominique, merci beaucoup d'être notre invité. Vous êtes sénatrice à l'aire des Alpes maritimes, vous présidez la commission des affaires économiques ici au Sénat et votre texte sur le logement était donc examiné. On va évidemment longuement y revenir mais d'abord on commence comme tous les jours par les une de la presse régionale.

On en a sélectionné trois. La une des dernières nouvelles d'Alsace Gwenland Iran. Trump prêt à rebattre les cartes du monde à la grande inquiétude de l'Europe, il réitère sa menace d'annexer le Groenland qu'il juge indispensable bouclier antimissile américain.

La deuxième une, c'est celle de l'Union. Les éleveurs sans beau vin mais pas sans colère. En raison de la dermatose, le salon de l'agriculture a décidé de se priver de beau vin cette année.

Une mauvaise nouvelle supplémentaire pour les agriculteurs toujours sur le front contre le Mercour. Et puis la dernière, c'est celle de la dépêche. Notre épargne bat des records, l'épargne des Français qui atteint des niveaux élevés, près de 6500 milliards d'euros assurance vie.

Il vrai les choix d'investissement restent prudents. De quelle avez-vous envie de nous parler ? Bien, écoutez, je vais choisir la une de l'Union puisqueon est quand même vraiment au cœur de l'actualité avec la colère des agriculteurs qui s'exprime plus particulièrement bien sûr depuis de nombreuses semaines mais qui a monté d'un cran supplémentaire la semaine dernière.

Et encore ce début de semaine, même si les agriculteurs pour l'heure en tout cas avec leurs tracteurs ont décidé de regagner leur ferme, la colère n'est pas moins retombée et à quelques semaines du salon international de l'agriculture où pour la première fois euh il n'y aura pas de beau vin parce que bien évidemment il faut d'abord et avant tout être vigilant au regard de la dermatose nodulaire contagieuse. Vous comprenez la décision ? Ah complètement.

Mais vous savez, je me suis rendu avec une délégation de la commission des affaires économiques au sommet de l'élevage. C'était au début du mois d'octobre près de Clermontferrand et déjà malheureusement euh les beauvins n'étaient pas présents. Donc il est important de respecter et d'être vigilant parce que bien évidemment on voit bien combien euh cette maladie euh est contagieuse et comme bien il y a aussi d'autres maladies.

Euh, on parle maintenant de la tuberculose bovigne qui est encore plus une maladie inquiétante parce que c'est une maladie dormante et c'est plus difficile encore de pouvoir arriver à identifier les contaminations. Donc euh les agriculteurs sont malheureusement euh pris en en tenaille de toutes parts et euh aujourd'hui, il faut plus que jamais les soutenir. Le gouvernement a de nouveau annoncé des mesures mais je pense que ce qui est important avant tout, c'est de prendre en compte la question économique des fermes.

Et ce qui est le plus urgent, c'est les problèmes de trésorerie auxquels les agriculteurs de nos entreprises qui sont des entreprises familiales à taille humaine sont confrontés et dont on entend parler depuis des mois voir des années. Ces problèmes de trésorerie, le problème de revenu des agriculteurs, le problème de trop de normes, trop de textees, trop de temps administratif pour les agriculteurs. Pourquoi on narrive pas à régler ces problèmes ?

Et bien parce que je pense qu'on a d'abord trop tardé. Il faut voir que il y a 1 an, nous étions au début de l'examen de la loi d'orientation agricole. Nous avions dit ici-même que cette loi, elle était euh nécessaire mais qu'elle n'était pas suffisante.

Elle ne traitait que de la question qui est importante, celle du renouvellement des génération. Mais laissait tout le pan que vous avez énoncé, la surréglementation, la concurrence des loyales, la problématique des retenues d'eau de pouvoir euh pouvoir extendre étendre pardon son son bâtiment d'élevage, ben tout ça n'était pas réglé. C'est la raison pour laquelle on a été moteur ici avec Laurent Dupont et Franck Menonville.

Mais quand on voit que cette proposition de loi du plomb qui est devenue une loi qui a été promulguée l'été dernier, les décrets d'application ne sont toujours pas sorti. Et bien ça c'est inadmissible parce qu'on perd du temps et comme on continue à perdre du temps, et bien notre agriculture continue à perdre de sa compétitivité et de sa souveraineté. En parlant de loi, Sébastien Lecnu a promis cette semaine qu'il y aurait une nouvelle loi d'urgence agricole examinée au Parlement d'ici l'été.

Est-ce que c'est la bonne réponse ou est-ce que ça risque d'être une loi de plus ? Alors, on espère toujours euh mais euh j'ai peur que ça soit de nouveau des mesures dont on sait qu'elles sont nécessaires mais qui s'empile les unes sur les autres avec derrière pas forcément de réalité concrètes dans les fermes, dans les étables. En tout cas, nous on sera ici bien évidemment en soutien complet de l'agriculture française comme on l'a toujours été.

On considère bien évidemment que c'est une question de souveraineté. Souveraineté agricult. Qu'est-ce qu'elle doit contenir pour vous cette loi ?

Et bien, elle doit si les décrets d'application de la loi du plomb ne sont pas sortis d'ici-là, elle doit reprendre toutes ces mesures qui concernent par exemple les retenues d'eau parce que il n'y a pas d'agriculture s'il n'y a pas d'eau. Elle doit euh contenir aussi des questions qui touchent à des mesures et à des moyens de production et puis bien évidemment continuer à faire en sorte que nos agriculteurs ne soient pas victimes d'une concurrence déloyale. Bon, ils le sont.

On en a mis l'exemple à travers le Mercosour, mais même sans le Mercosour, sans des accords de libre échange tels qu'ils sont et contre lequel nous élevons, et bien on voit bien que nos nos agriculteurs sont sans cesse en train d'appliquer des normes qui sont plus strictes que celles que les autres agriculteurs s'appliquent à eux-mêmes, que ce soit en Europe, mais bien sûr dans le monde. Votre parti, les Républicains a un temps menacé de censure sur cette question du Mercoso. Finalement, il n'y a pas eu de censure.

Emmanuel Macron s'est opposé. euh à se traiter. Est-ce que c'est quand même un échec pour vous le fait que le mercour soit signé samedi ?

Alors moi je considère que tant que ce n'est pas signé, on peut tout empêcher et aujourd'hui la France doit continuer à faire pression et la France doit continuer à utiliser tous les leviers qui sont à en sa possession et l'un des Mais il a encore le temps parce que dit qu'elle va le signer samedi au Paraguay. Oui, mais l'un des leviers qui est encore possible pour la France et nous l'avons réclamé et nous l'avons voté à la mi-décembre, c'est de saisir la Cour de justice de l'Union européenne parce que ça permettrait de bloquer l'accord et ça permettrait ensuite potentiellement de considérer que cet accord n'est pas conforme aux principes fondamentaux et plus particulièrement aux principes de précaution. Donc sauf que Jean Noël Barre a dit non, il a dit c'est pas au gouvernement de le faire et c'est plus efficace si ce sont les parlementaires européens qui le font.

Bien, on espère en tout cas que les parlementaires européens s'en saisiront. En tout cas, moi je considère qu'on doit combattre jusqu'au bout, qu'on doit pas baisser les bras et que cette ce moyen de saisine est un moyen supplémentaire pour dire notre opposition au MERCour et bien évidemment éviter de d'appliquer cet accord. Après si cet accord s que au niveau européen Dominique Sasson, les parlementaires du PPE, c'est le groupe auquel appartiennent les LR, ils sont majoritairement favorables à ce mercour.

Est-ce que c'est pas aussi le problème des LR ? Alors, c'est pas forcément le problème. Euh bien sûr, les parlementaires européens ne sont pas tous alignés et on voit bien que dans cet accord, le problème c'est que dans cet accord, il y a des choses qui sont euh favorables, qui sont favorables pour notre pays, pour notre économie et d'autres qui le sont moins.

Mais dans la situation, mais est-ce que les parlementaires LR, François Xavier Bélami, ils ont du mal à peser au sein de leur groupe les députés européens ? Oui, je le conteste pas mais je pense véritablement que ce que nous devons faire si cet accord était finalement approuvé et voté, il faut renforcer les contrôles. Il faut renforcer les contrôles dans les ports, dans les aéroports, en interne pour éviter justement que ces produits qui mettent en danger la la la protection de nos consommateurs et qui mettent en danger bien évidemment l'activité de nos agriculteurs ne puissent pas rentrer impunément sur notre territoire.

On va dire un mot des discussions budgétaires, on l'a vu he dans le journal, elle elles se poursuivent à l'Assemblée. Vous croyez vraiment à un compromis, un budget d'ici la fin janvier ? Non.

Non, moi je pense qu'il n'y aura pas de compromis. Je pense que ce texte n'est pas capable d'obtenir une majorité. Si on l'a pas eu au mois de décembre, je ne vois pas pourquoi on l'aurait au mois de janvier.

Donc je pense qu'il faut siffler la fin de la récréation budgétaire, si j'ose dire. Faut alors il y a deux voies de passage tout le monde s'en fait écho. Les ordonnances bon là c'est une terre inconnue et en plus je pense que ça serait un petit peu une voie acrobatique.

Et puis ce que nous demandons dès l'échec de la commission mixte paritaire, c'est que le premier ministre utilise l'article 493 parce que c'est un moyen qui lui est donné et parce que ça permettrait d'en finir avec le projet de loi de finance, de voter potentiellement un budget, en tout cas de faire en sorte que le budget que la France est un budget, même si ce budget, on le sait, qu'il ne fera pas avancer l'économie, qu'il ne réduira pas les déficits, mais il faut vraiment tourner la page et passer à autre chose. Est-ce que le Sénat va réexaminer ce budget ou est-ce que vous allez faire comme sur le budget de la sécurité sociale laisser désormais la main à l'Assemblée ? Alors, écoutez, je pense qu'il y a encore des des discussions qui sont faites entre le rapporteur général euh de notre assemblée et bien évidemment le rapporteur général euh à l'Assemblée nationale.

Euh pour autant, je pense que la volonté est quand même aujourd'hui d'aller vite. Tout le monde dit il faut qu'on en termine avant la fin du mois de janvier et bien faisons en sorte que l'on passe à autre chose. D'ailleurs, je crois que les Françaises et les Français sont déjà passés à autre chose.

Comment relancer le logement ? C'est un sujet qualifié par beaucoup de bombes sociales. Il fait partie des sujets de préoccupation majeure des Français notamment à l'heure de choisir leur mère.

Et vous avez proposé un texte. La loi dit choc conforter l'habitat, offre de logement et la construction. Texte examiné cette semaine dans l'hémicycle du Sénat en première lecture.

Guimet, il vise à relancer la construction et la production de logement. Qu'est-ce qu'il contient précisément ? Alors, dans les dispositions du texte, il y a d'abord des mesures qui sont saluées par l'ensemble de l'hémicycle comme par exemple le rétablissement d'une programmation nationale du logement, que ce soit pour la construction avec un objectif de 400000 logements construits annuellement d'ici à 2030 ou la rénovation.

Et puis il y en a d'autres beaucoup plus polémiques parmi celle-ci, la place donnée au maire dans l'attribution des logements sociaux. Une mesure contenue dans l'article 4. Les maires deviendraient présidents des commissions d'attribution à la place des bailleurs sociaux et et disposerait donc d'un droit de véto sur les attributions de logement.

Les opposants craignent un risque de dérive et de clientélisme ou encore l'exclusion des personnes à bas revenu. On écoute la sénatrice socialiste Viviane Artialas. Ensuite, le droit de véu des maires dans les attributions de logement présenté comme du bon sens risque surtout de transformer la pénurie en instrument politique local sans créer un logement de plus.

Quand l'offre est insuffisante, la gouvernance ne remplace pas la construction, elle ne fait que déplacer l'attention. Madame la sénatrice, vous comprenez ces craintes ? Comment peut-on s'assurer de garde fou ?

Non, je la comprends pas parce que si l'on veut aujourd'hui euh encourager de nouveau la production de logements et plus particulièrement de logements sociaux, la base c'est de redonner confiance aux élus locaux, aux maires et pour leur redonner confiance, il faut que dans l'acte de construire et bien ils puissent avoir un retour au travers de l'attribution des logements sociaux. Ça ne veut pas dire que les maires feront n'importe quoi. Les maires sont des élus responsables.

Les maires sont ceux qui sont les premiers confrontés à la crise du logement qui touche les habitants de leur commune. Et en devenant président de la commission d'attribution et bien avec des dossiers égaux par ailleurs des dossiers tout autant urgent les uns que les autres et bien le maire parce qu'il aura très certainement une plus fine connaissance de ses candidatures pourra dire cette candidature elle est peut-être encore plus urgente que les deux autres qui ont été proposés et puis je rappelle que nous avons mis un garde fou c'est un droit de véau mais un droit de véto c'est-à-dire que le maire ne pourra pas utiliser son droit de vétoionnelle s'il décide d'utiliser le droit de véto parce qu'il considère que la candidature qui est proposée potentiellement peut déséquilibrer ce qui se passe à l'intérieur d'un bâtiment, et bien il faudra qu'il le motive et je crois que ça c'est vraiment une une volonté de montrer que les maires sont au cœur de la politique du logement, qu'ils veulent avant tout loger leurs concitoyens et qu'ils soient les mieux logés possibles, mais qu'ils veulent aussi éviter que puisse y avoir demain des difficultés à l'intérieur d'un bâtiment parce qu'on aurait proposé une famille qui potentiellement pourrait poser problème ultérieurement. Il y a aussi à contrariux alors vous avez répondu au risque pointe la gauche risque de clientélisme et compagnie mais est-ce que à l'inverse c'est pas aussi mettre les maires sous pression que de leur donner plus de pouvoir dans l'attribution des logements sociaux ?

Non parce que les maires nous le réclament. Les maires nous le réclament parce que ils veulent vraiment pouvoir euh ce sont eux qu'on va voir quand on cherche un logement, mais ce sont eux aussi qu'on va voir quand on n' pas eu de réponse à sa demande de logement ou quand on a eu une réponse qui a été négative. Et bien, il faut qu'il soit à même de pouvoir expliquer à leurs concitoyens pourquoi la commission d'attribution dans laquelle ils ont siégé avec d'autres membres en toute collégialité et bien n'a pas pu satisfaire la demande de logement.

Donc je crois que les maires sont demandeurs et j'insiste vraiment, c'est une question de confiance. Guimet, il y a une autre mesure controversée, c'est l'assouplissement de la loi SRU. Oui, la loi solidarité et renouvellement urbain qui pour rappel impose depuis 25 ans aux communes urbaines entre 20 et 25 % de logements sociaux.

Une obligation que l'article 3 se propose de modifier. Désormais, les communes en retard pourraient entre autres intégrer au comptage des logements locatifs intermédiaires dit LLI, des logements au loyer plafonnés et inférieurs donc au prix du marché. Mais ce n'est pas la seule modification de la loi SRU dénoncée par l'opposition.

On écoute Yanic Jadu. Le texte traduit également une volonté de décentralisation en matière de logement et d'habitat. Derrière cette intention louable, c'est la loi et c'est rue qui est visé. problème neutralisation des sanctions contre les communes en situation régulières les communes carencées intégration du logement intermédiaire dans le rattrapage des côtats SRU suppression de la commission nationale s tout concours à faire chuter la production de logements sociaux et à déprioriser les publics les plus fragiles.

Nous nous y opposons fermement. Qu'est-ce que vous pensez de sa réaction ? Vous trouvez qu'elle est déconnectée du terrain ?

Bien, écoute, en tout cas, je constate qu'on retrouve un clivage droite gauche sur ces sujets-là qu'on a euh connu depuis de nombreuses années. Nous, on veut assouplir la loi sue. On ne veut en aucune manière, comme ils essaient de le laisser euh dire, détricoter cette loi SRU.

Moi, je considère que la loi SRU, [rires] elle a été efficace parce qu'elle a permis effectivement de produire plus de logements sociaux. Mais en étant pragmatique et réaliste, cette loi SRU, elle pose encore un certain nombre de difficultés, elle est imperfaite. Et comme elle est imparfaite, et bien nous essayons d'y apporter des réponses en prenant mieux en compte les réalités territoriales, les spécificités territoriales, toujours dans le but de dire au maire, il faut que vous continuez à construire, mais parce que vous avez des difficultés, et bien on va mieux accompagner et on va essayer de surmonter avec vous ces difficultés.

Donc c'est plutôt que de décourager les maires en leur tapant dessus, en leur mettant des sanctions financières toujours plus lourdes, et bien prenons le contrepied, disons au maire il faut que vous construisiez. On a pris en compte des difficultés que vous rencontrez donc on essaie et on veut les assouplir pour que vous puissiez vous mettre dans cette position qui vous encourage à continuer à construire parce qu'aujourd'hui les maires nous le disent. S'ils continuent à être sanctionnés alors qu'ils ont fait des efforts qui sont notoires et qui sont reconnus localement, et bien ils vont tout simplement être découragé et arrêter de construire.

Donc c'est tout l'effet inverse de ce que dit la gauche, mais c'est une [rires] un positionnement idéologique avant tout de leur part. Guette, vous avez d'autres questions ? Euh non.

Non. Et le texte, pardon, c'est c'est moi, c'est moi qui qui est une autre lance. Le texte qui fait aussi le diagnostic d'un prix du foncier trop élevé.

Il soulligne que les prix ont presque triplé en 20 ans. Oui, justement et pour tenter de réguler le marché, il y a cette proposition contenue dans l'article 5, permettre aux collectivités à titre expérimental de préampter des terrains si le prix est jugé excessif par rapport à celui du marché. Une mesure saluée par certains qui est que le prix des terrains était jusqu'ici un angle mort, mais une mesure qui pourrait avoir ses limites.

Notamment, vous n'avez pas peur que cela encourage les propriétaires menacés par des préemptions à conserver leur bien plutôt qu'à le mettre sur le marché. Non, je pense qu'au contraire, c'est une volonté de lutter contre la spéculation foncière et contre la rétention foncière. On sait que le foncier, c'est la base de tout.

C'est la matière première si l'on veut mener une politique de production de logement importante. Sauf qu'on voit que dans un certain nombre de territoires les plus tendu, les prix de l'immobilier, les prix du marché du logement ont explosé. Et donc si l'on veut que ce foncier puisse être abordable pour des bailleurs sociaux, pour des opérateurs privés, pour qu'ils puissent ensuite réaliser des opérations de logement, il faut qu'on arrive à régulier les prix du foncier.

C'est la raison pour laquelle on propose de pouvoir utiliser à titre expérimental et puis on en tirera les conséquences, un droit de préomption urbain à la main des collectivités locales. Et je pense que c'est un outil supplémentaire qui s'inscrit toujours dans cette volonté de produire plus de logements dont notre pays à tant besoin. Et pourquoi ne pas encadrer les prix du foncier sur des périmètres délimités ?

Parce que je pense que ça serait peut-être un petit peu trop restrictif. Il faut quand même faire en sorte que bien évidemment nous sommes attachés au respect de la propriété privée et nous prenons en considération les propriétaires privés. Mais on voit que quand même certains propriétaires privés justement attendent le plus loin possible, le plus longtemps possible parce qu'ils savent qu'il va y avoir une surenchère sur les prix.

Si au contraire ils savent que la collectivité locale peut mettre en branle le droit de préomption urbain à condition que derrière il y a une volonté que ce soit fait pour la construction de logement, et bien je pense que les propriétaires privés seront heureux de trouver euh la vente tout de suite et opportunément de leur terrain et cela pourra participer à cette offre supplémentaire de logement. Et pour un mot oui sur parce qu'il y a il y a d'autres mesures hein Guimet notamment des mesures contre les squatterurs dans cette loi. Oui effectivement le texte complète aussi la loi antisquat de 2023 et s'attaque notamment au squatteur Airbnb, c'est-à-dire lorsque des personnes contournent la location meublée touristique et s'introduisent dans un logement de manière tout à fait légale mais continue à l'occuper illégalement à l'issue de la période de location.

Le texte pénalise donc le maintien dans le domicile d'autrui même lorsque l'entrée s'est faite dans un cadre légal. Il élargit aussi les procédures d'expulsion aux bureaux, au commerce et aux autres locaux. Mais il distingue bien les squateurs des locataire en difficulté de paiement.

Il il y avait besoin de compléter cette loi qui date pourtant que de 2003, hein. Oui. Oui.

Mais les choses ont ont évolué. On voit bien avec la multiplication par exemple des meublés touristiques où il y a il peut y avoir une détournement de l'usage de du meublé touristique et à ce moment-là ben le propriétaire est complètement démuni. C'est le cas aussi puisque on avait fait la les procédures antisquat uniquement pour les logements.

On voit que ça peut aussi se produire dans des locaux commerciaux, dans des bureaux et puis n'avait été prise en compte que l'introduction dans un logement par des voies frauduleuses. Or, il y a maintenant des pro des des pros du squat, si j'ose dire, qui peuvent rentrer de façon légale entre guillemets dans un logement parce qu'on leur a par exemple remis des clés. Une fois qu'ils sont dans le logement, ils changent tout de suite les serrures, ils changent les abonnements et bien après le propriétaire n'arrive plus à les faire sortir ou en tout cas ne peut pas engager une procédure dans un temps très très court parce que justement il n'y a pas eu d'introduction par voie frauduleuse.

Donc c'est toujours la volonté de rééquilibrer les relations entre les propriétaires et les locataires. Bien évidemment en prenant en compte la situation des locataires qui ne sont pas des locataires de mauvaise foi. Il s'agit pas bien évidemment d'expulser ce type de locataire.

Il y a d'autres dispositifs pour leur permettre, si j'ose dire, de pouvoir se désendetter ou en tout cas de retrouver le paiement normaux, le paiement normal des loyers. Mais il s'agit vraiment de revaloriser la propriété privée et surtout de dire aux propriétaires, "On a besoin de vos logements sur le marché du logement, mais si effectivement ils savent que potentiellement leur logement peut être squatté et qu'ils n'arriveront pas à faire sortir la personne ou en tout cas pas dans un délai relativement court, et bien on aura de nouveau une attrition des logements sur le marché locatif." On va parler des municipales pour terminer.

Dominique estros son des municipales chez vous à Nice où on va aller. Bonjour Baptiste Bis, merci beaucoup d'être avec nous. Baptiste directeur des rédactions de Nice Matin Var Matin et Monaco Matin.

Baptiste on va parler de cette campagne des municipales à Nice quelque peu sous tension. Bonjour Oriane et bonjour madame la sénatrice. Alors effectivement à 2 mois des élections municipales à Nice, on peut dire que la campagne bas son plein et que les candidats ne s'épargnent pas.

Alors il faut dire qu'on a la chance à Nice d'avoir deux candidats d'envergure nationale engagés dans cette élection. municipal à ma droite Christian Estros excell passé à horizon avec avec horizon avec avec Édouard Philippe et maire depuis trois mandats et puis à ma droite aussi mais un peu plus à droite Éric Sioti député ancien collaborateur de Christian Estros ancien ami de Christian Estros ex-président de LR qui a fondé l'UDR en 2024 en s'alluant avec le RN les deux hommes ne se font aucun cadeau. vous disais pour vous donner une idée en début de semaine dans le Figaro Eric Sioti s'étonné de la déclaration d'honoraire d' 1,5 million d'euros de la société de conseil dirigée par Christian Estros et puis sur X la semaine dernière son vice-président à la métropole en charge des transports publié une vidéo d'IA présentant vol de mort le méchant d'Harry Potter avec le visage d'Érixioti qui distribuait des sortilèges avec des lasers et des baguettes magiques.

Des sortilèges mortels évidemment à Touva. Alors, nouvel épisode. Cette semaine, Marianne a publié une photo d'Éric Siotti qui pose fièrement avec un moufflon mort qu'il a chassé, qu'il tient par les cornes.

Une vidéo dans laquelle on voit Eric Sioti devant des sangliers, morts aussi à l'issue d'une chasse à cour dans Loirécher a également fuité. Angle d'attaque choisi. Comment peut-on demander un hommage national pour Brigitte Bardau et en même temps pratiquer la chasse ?

On sait tous à quel point Brigitte Bardau détestait la chasse et les chasseurs. Donc dans l'édition papier de Nice Matin aujourd'hui et puis sur Nice Matin.com, Eric Sioti s'en explique.

Il rappelle que c'est une tradition familiale qu'il chasse chez lui dans son village de Saint-Martin Vubi depuis qu'il est tout petit avec son père, avec son oncle. Il ajoute d'ailleurs qu'il ne s'en est jamais caché et qu'il est chasseur et qu'il est passionné de chasse. Plus intéressant encore, il accuse le cabinet de Christian Estros d'avoir fait fuiter cette photo de lui avec le moufflon et la vidéo avec les sangliers et raconte que c'est un de ses anciens collaborateurs qui l'aurait volé, enfin volé entre guillemets parce qu'en fait selon lui, il voulait envoyer cette photo de chasse à son ami François Barouin.

Il s'est trompé, il l'a publié sur WhatsApp en story et son ancien collaborateur l'aurait rapidement récupéré. C'est ce qu'il dit. Au passage, Eric Sioti nous confie qu'il a lui aussi une photo de Christian Estros et de lui-même tenant une tête de serre dans leurs mains à l'issue d'une chasse.

Ça c'était à l'époque où ils étaient amis. Tout ça pour vous dire le niveau de la campagne. D'où mes questions à madame la sénatrice qui est aussi colistière de de Christian Estrosi.

Peut-on être chasseur et vouloir saluer la mémoire de Brigitte Bardaux ? Et puis deux, tous les coups sont-ils permis et que pensez-vous de ce début de campagne des municipales à Nice ? Et bien, écoutez, d'abord je je regrette que cette campagne soit euh du niveau du canivau, mais euh il faut reconnaître que quand les attaques sont portées, et bien euh le camp adverse est amené à à y répondre.

Alors sur la question entre la chasse et l'hommage à Brigitte Bardau. Effectivement, c'est un mélange des genres, mais on voit bien que c'est euh de la d'abord avant tout du populisme, c'est-à-dire que on saute sur tous les sujets d'actualité et on essaie d'être dans le dans le move et donc on fait plus euh grâce à des arguments qui sont des arguments rationnels. Moi, j'espère véritablement parce qu'on est maintenant à 2 mois à 2 mois du premier tour des élections municipales que tout le monde va se ressaisir et je dirait plus particulièrement que le camp de monsieur Écoti va se ressaisir parce que ce sont eux qui portent les attaques qui sont les les plus graves et ce sont eux qui manient le plus le populisme et qui manie aussi la confusion des genres.

C'est-à-dire que non mais on conduit une liste sans étiquette mais en même temps je m'affiche au vœux de monsieur Bardella en disant bien évidemment que c'est mon ami et je suis quand même le supplétif du RN. Donc il faut assumer, il faut assumer. Mais je crois que les Nissois et les Nissois aspirent maintenant à ce qu'il y ait un véritable débat d'idée.

Les programmes et les projets des candidats vont sortir. En tout cas pour Christian Estrosi, il en fait état tous les jours des projets à venir. Et c'est là-dessus que les Nissois et les Nissois auront à se prononcer, détermineront à qui ils devront témoigner leur confiance.

Et moi je suis confiante parce que je sais que cette ville elle est belle, que cette ville elle est attractive, que cette ville elle s'est bien développée et que les Nissois sont heureux de vivre à Nice et qu'ils seront montrés ainsi leur confiance au maire sortant à Christian Estrosi. Un dernier mot Baptiste. Oui, c'est vrai que dans dans notre journal ce matin dans Nice matin dans l'édition papier c'est déjà en ligne.

On a un article de ma consœur Stéphanie Gaziglia qui vous concerne, madame la sénatrice et qui raconte comment hier sur X, vous avez littéralement dzingué Pierre Hippolito qui est le nouveau colisté d'ÉCiotti. Alors pour celles et ceux qui le connaissent pas, en dehors de la Côte d'Azur, c'est l'ancien patron des entrepreneurs des Alpes Maritimes euh qui qui a annoncé euh cette semaine qu'il ferait équipe avec Christian Estros et qu'il serait son adjoint aux entreprises si pas Christian Estros pardon Lapsus avec Eric Sioti et qu'il serait son adjoint aux entreprises si Eric Sioti était élu. Alors sur X, vous avez raconté comment l'été dernier Pierre Hippolito vous avait approché pour faire équipe avec lui et pour trahir Christian Estros.

C'est comme ça que vous le formulez. Et ma question c'est aussi, on parle beaucoup de trahison. Est-ce que est-ce que vous vous étiez amis avec Cicioti comme Christi avant à l'époque où les deux hommes étaient amis et le considériez-vous à l'époque vous aussi comme un ami ?

Alors euh permettez-moi de dire que je n'avais pas le même degré d'amitié avec monsieur Eric Sioti que l'avait à l'époque Christian Estros et que j'avais très souvent mise en garde de Christian Estros sur la façon dont se comportait Eric Siotti. Euh pour autant, vous remarquerez que jusqu'alors si vous suivez mon compte X, je n'ai jamais réagi ni surréagi dans la campagne de de canivaux qui se passe actuellement à Nice. Si je l'ai fait hier, c'est parce que j'ai voulu mettre fin à l'hypocrisie, à la confusion des genres et à dire véritablement ce qui s'était passé.

Et quand je vois que bien sûr Pierre Hippolito s'est rallié par pur opportunisme, et bien ça m'a fait bondir et j'ai souhaité mettre les choses à plat et dire la vérité. et d'ailleurs il ne l'a pas démenti. Merci beaucoup.

Merci Baptiste d'avoir été avec nous. directeur des rédactions Nice Matin Var Matin Monaco matin. On regarde la une de Nice matin Uni pour la liberté en Iran ce matin.

Merci Baptiste et merci Domicon d'avoir été notre invité.