Marine Le Pen : "Les Français ne comprennent plus rien à ce qu’on attend d’eux"
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Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9 la présidente du Rassemblement National, députée du Pas-de-Calais. Vos questions, vos réactions au 01-45-24-7000 sur les réseaux sociaux et l'application de France Inter. Bonjour Marine Le Pen. Bonjour. Commençons Marine Le Pen par les questions sanitaires. Depuis jeudi dernier, 16 départements où l'épidémie flambe font l'objet de nouvelles mesures. C'est une troisième voie que le gouvernement a mis en place. Possibilité de sortir autant qu'on le souhaite, mais interdiction des déplacements entre les régions. Fermeture des magasins essentiels, mais écoles, collèges ouverts, lycées en demi-jauges.
Il s'agit de freiner sans enfermer, de faire baisser la pression sur les hôpitaux tout en ménageant la santé mentale des Français. Cette troisième voie Marine Le Pen, une voie de compromis, est-elle au fond la moins pire pour éviter ce qui serait autrement plus brutal, à savoir un confinement dur ?
Bon, d'abord, il faut quand même admettre que personne n'y a rien compris à ce confinement qui en est un sans en être un, au point que le gouvernement est obligé d'essayer de le résumer avec un slogan qui fleure bon à la fin du siècle dernier. Moi, ce que je crois, c'est que surtout ça cache, en fait, ce qui n'a pas été fait. Vous savez, je l'ai dit, je l'ai répété, confinement c'est quand on a tout raté. Je persiste à le penser, c'est-à-dire que je persiste à penser que le gouvernement confine, reconfine, déconfine, reconfine, sans faire rien à côté, en termes stratégiques, qui permettent d'éviter ce confinement.
Mais vous feriez quoi, avant de parler de ce qu'il faut faire à côté ? Vous nous avez répété, vous étiez là en janvier dernier, vous nous avez dit, il ne faut pas reconfiner. Ce que n'a pas fait Emmanuel Macron, il n'a pas reconfiné. Aujourd'hui, on se retrouve avec le taux d'occupation des réanimations qui est de 115% en Ile-de-France, avec un taux d'incidence à Paris qui est de plus de 500. Aujourd'hui, vous seriez au pouvoir, Marine Le Pen, avec ces chiffres-là, vous faites quoi ?
D'abord, j'ai toujours dit ce que je ferais. Ça fait un an que je dis ce que je ferais. A chaque étape, j'ai dit ce que je ferais. Et bien souvent, le gouvernement, d'ailleurs, a fait ce que je demandais, mais un an trop tard. Donc, c'est un peu dommage. Donc là, tout de suite, à la seconde. D'abord, j'ouvrirai les petits commerces pour une raison très simple. C'est qu'il y a des études qui ont été faites par l'Institut Pasteur qui indiquent qu'il y a 0,07% de chances d'être contaminés dans un commerce de proximité. Donc, ouvrons les commerces de proximité.
Entasser tout le monde dans des grandes surfaces, c'est évidemment un moyen tout à fait stupide et c'est très lourd de conséquences psychologiquement et économiquement. Deuxièmement, j'axe sur la prévention, c'est-à-dire sur la stratégie de tests collectifs et individuels. Collectifs, ce sont les eaux usées. Je vous en ai déjà parlé ici. C'est-à-dire que je pense qu'il faut une généralisation des analyses d'eaux usées. D'ailleurs, pour les nouveaux variants qui ne sont pas détectés par le test PCR nasopharyngé, très certainement, il y a des chances, nous disent les savants, qu'il puisse être détecté dans les eaux usées.
Bon, eh bien s'il est détecté dans les eaux usées, raison de plus pour généraliser cette méthode. Le test généralisé sur les eaux usées permet l'isolement et permet peut-être même des confinements ultra-localisés. C'est-à-dire une école, un EHPAD, un quartier ultra-localisé. Ce qui existe aujourd'hui. Non, ça n'existe pas aujourd'hui. Deux cas, on ferme l'école ? Deuxièmement, ça n'existe pas aujourd'hui. Ça existe pour ceux qui souhaitent le mettre en place. C'est-à-dire qu'il y a des municipalités qui mettent ça en place, de leur propre chef. L'État n'a pris aucune disposition dans ce domaine pour pouvoir généraliser l'analyse des eaux usées.
Deuxièmement, j'élargis la capacité de vaccination. On va en parler. Ça, on va en parler. Oui, mais il faut en parler. On va en parler tout de suite. On va en parler tout de suite.
Mais pour savoir, juste sur les mesures, comment vous faites baisser la pression sur les hôpitaux si vous rouvrez les commerces, en gros, et vous observez les eaux usées là, vu la situation dans les hôpitaux, si vous ne prenez que ça comme mesure, ça ne baissera pas, Marine Le Pen. Mais pourquoi ? Comment voulez-vous que ça baisse ?
Ça baisse parce que si nous détectons les clusters au plus près de là où ils se produisent, nous pouvons alors mettre en place une politique d'isolement qui soit efficace. Aujourd'hui, ils ont laissé tout cela à volo, permettez-moi, et on se retrouve effectivement dans une situation qui est difficile. Ce que je veux dire, c'est qu'ils n'ont eu comme outil que le confinement. On confine, on déconfine, on reconfine, on déconfine. Et à côté de cela, tout ce que nous avions réclamé comme mesure d'anticipation n'a pas été mis en œuvre.
Et d'ailleurs, la Cour des comptes le dit, la Cour des comptes dans son rapport est extrêmement sévère avec le gouvernement, évoquant l'absence totale d'anticipation, quel que soit le domaine d'ailleurs, dans cette crise sanitaire.
Vous reconnaissez que tous les pays qui nous entourent, que l'Allemagne a confiné, va confiner encore, que l'Italie a reconfiné la semaine dernière, convenez qu'on n'est pas une île à avoir confiné ou déconfiné.
Non, ce n'est pas tout à fait vrai. D'abord, on n'est pas obligé de faire aussi mal que les autres, ça, premièrement. Non, mais ça veut dire que c'est difficile pour tout le monde. On fait plus mal que tout le monde, déjà. Et deuxièmement, il y a toute une série de pays dont on nous a expliqué qu'ils étaient confinés, alors qu'en réalité, les restaurants étaient ouverts jusqu'à 23h. Des couvre-feu, il y en avait, mais ils étaient très tardifs, beaucoup plus tardifs que le nôtre. Donc attention aux comparaisons qui, en l'occurrence, ne sont pas raisons.
Avant d'en venir au vaccin, un mot de ce carnaval sauvage qui a réuni 6500 personnes à Marseille ce week-end. Peu de masques, pas de distance physique, grande inquiétude des hospitaliers de la ville. Un événement de ce type, Marine Le Pen, selon vous, c'est quoi ? Un grand moment d'irresponsabilité collective ou le signe que les Français commencent à craquer ?
Je pense que, d'abord, c'est le signe qu'il y a deux poids, deux mesures de la part du gouvernement, selon ceux qui organisent ce type de manifestation.
C'est-à-dire ?
Voilà, typiquement, le week-end dernier, il y avait une manifestation organisée pour rendre hommage au suicide d'une jeune policière. Elle a été interdite. La manifestation organisée par Mme Assa Traoré, elle a été autorisée. Bon, il y a toujours deux poids, deux mesures. Donc, un certain nombre de commerçants, on leur tombe dessus au motif qu'à 18h05, ils n'ont pas fermé le rideau. Là, il y a des milliers de personnes qui, peut-être parce qu'ils correspondent idéologiquement à ceux qui...
C'est un carnaval de gauche, c'est ça que vous voulez dire ?
Un peu comme les Black Blocs, voilà, il y a une forme d'impunité pour cette extrême-gauche qui est assez incompréhensible. Mais, au-delà de ça, si vous voulez, je pense que le gouvernement est en train de rédiger des lois inapplicables. Or, le meilleur moyen, évidemment, de prendre le risque que plus aucune règle ne soit respectée, c'est de mettre en œuvre des règles inapplicables. On n'y comprend plus rien. Donc, les Français ne comprenant plus rien à ce qu'on attend d'eux, on leur dit, vous pouvez sortir. Mais il faut une attestation. Mais vous serez mieux dehors que dedans. Et en même temps, pas partout dehors. Oui, mais d'accord, mais où alors ?
Si vous voulez, comme plus personne ne comprend rien, le risque, et on sait ça, le risque, c'est que plus aucune règle, en réalité, ne soit respectée. Il faut des sanctions, là. Et ça, c'est très dangereux.
Il faut des sanctions dures et exemplaires sur les organisateurs de ce qu'on arrive.
Mais c'est trop tard. Des sanctions contre qui ? Il n'y aura personne. Ils ne trouvent personne.
Alors, sur la vaccination, Marine Le Pen, Thierry Breton, qui s'occupe de la vaccination au niveau européen, reconnaît qu'il y a eu un retard de trois semaines par rapport au Royaume-Uni ou aux États-Unis. Mais il dit que ça va aller beaucoup mieux dans les prochaines semaines. Il promet qu'on va livrer à 350 millions de doses d'ici la fin du mois de juin sur toute l'Europe. Et donc, dit-il, d'ici le 14 juillet, dans trois mois, nous aurons atteint l'immunité collective au niveau du continent. Est-ce que vous voyez les choses s'accélérer, aller dans le bon sens ? Et si le 14 juillet, on atteint l'immunité collective, est-ce que vous dites, ça y est, on aura passé un cap important ?
Je le souhaite, mais je n'y crois pas du tout. Il faut dire que nous avons été abreuvés de promesses de ce type. Permettez-moi de vous dire. M. Attal, il y a un mois, nous disait à la mi-avril, on revivra normalement. M. Castex disait que 14 millions de Français sont vaccinés au printemps. On en est évidemment extrêmement loin. On a aujourd'hui vacciné 9,25% de Français avec une dose. 3,63% avec deux doses. Normalement, quand on dit vacciné, c'est deux doses. Donc 3,63%. Israël, 60%. Le Chili, 29%. Les Émirats Arabes Unis, 35%. Nous, on est à 9,25% pour une dose.
L'Allemagne, 9%. L'Italie, 8,8%. L'Espagne, 8,8%. C'est le même étiage. Non, là, je vous parle d'une dose. C'est le même étiage pour les pays européens. Il reste donc...
Ah ben oui, non mais pardon, mais merci, merci. J'avoue que le slogan l'Europe qui protège vient de prendre un sacré coup derrière la tête. Ça, c'est le moins qu'on puisse dire. Car l'Europe a tout fait sauf protégé. Union Européenne, 13 vaccins administrés pour 100 personnes. Grande-Bretagne, 44%. USA, 37%. Oui, mais il le reconnaît.
Pardon, l'Europe le reconnaît. Il y a eu un retard. Personne ne dit qu'il n'y a pas de retard. On est en retard par rapport au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, au Chili et aux Émirats-Unis. Je vous réponds. La question est de savoir, est-ce que maintenant, les accélérations vont arriver ? Est-ce que la promesse du 10-20-30 de Jean Castex, 10 millions de vaccinés le 15 avril, 20 millions le 15 mai, 30 millions en juin, est-ce que vous reconnaîtrez, si on arrive à ces chiffres-là, que bon, on a eu du retard ?
Oui, mais si vous voulez, ils ont donné tellement de chiffres, tellement de dates butoires différentes les unes des autres, à un moment donné, vous finissez par avoir, si vous dites, tous les jours, il pleut, il y a bien un jour où vous avez raison. Bon, le problème, c'est que je ne vois pas ce qui, dans l'organisation, peut changer les choses. Est-ce qu'on a massivement, est-ce qu'on fait massivement appel à la diversification de ceux qui peuvent vacciner ? Au moment où on se parle, est-ce qu'on a appelé les médecins retraités, les infirmiers, les étudiants, les étudiants en médecine, les étudiants en pharmacie ? Est-ce qu'on a démultiplié cela ? Réponse, non.
Est-ce qu'on a pris la décision de vacciner 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 ?
Oui, Olivier Véran le disait ce matin, on l'entendait dans le journal de 7h30.
Est-ce qu'on arrête avec ces blocages idéologiques qui fait que, pour des raisons géopolitiques, on refuse pour l'instant d'envisager le vaccin russe, on ne refuse d'envisager le vaccin chinois, alors que manifestement, on n'a pas la capacité aujourd'hui d'une véritable accélération pour vacciner ceux qui le souhaitent ? Bon, je n'ai pas le sentiment qu'on en soit là. Bon, donc on voit bien qu'il y a beaucoup de promesses qui sont faites, moi je crains que le retour à la normale soit très long.
Or, je m'en inquiète bien sûr, non seulement parce que, comme vous le dites, les Français commencent à ne plus supporter cette situation, mais aussi parce que, économiquement, on va le payer très cher ce retard. Je m'entends, nous allons perdre des contrats, nos TPE, PME, nos grands groupes vont perdre des contrats. Alors, si nous sommes les derniers confinés par rapport aux pays qui sont en train de déconfiner d'ores et déjà, alors il y aura des conséquences économiques.
Justement, l'économie en France, à cause du Covid et à cause des conséquences économiques du Covid, la dette est abyssale autour de 120% du PIB. Beaucoup de gens, Marine Le Pen, comme Arnaud Montebourg, Jean-Luc Mélenchon, mais aussi de nombreux économistes disent qu'on ne pourra pas rembourser cette dette. Ils demandent à la BCE d'en racheter une partie. Alors vous, dans une tribune au quotidien L'Opinion le 21 février dernier, vous vous êtes prononcé pour le remboursement. Sur le sujet, dites-vous, il y a un aspect moral essentiel et vous estimez qu'un État souverain doit avoir une parole des reins. C'est un changement de doctrine chez vous ?
Vous êtes désormais, Marine Le Pen, partisane de l'orthodoxie budgétaire ?
Non, pas du tout. Je suis partisane de respecter sa parole. Pour une raison simple, c'est que, sans encore une fois mépriser ceux qui souhaitent une annulation de la dette, je les appelle quand même à la raison. Quand vous expliquez à vos créanciers que vous n'allez pas les rembourser, c'est assez difficile d'aller leur redemander éventuellement un prêt par derrière. Donc, attention à ça, attention à la perte de confiance dans la parole de la France, attention aux conséquences de la perte de confiance, qui pourrait être une augmentation importante des taux d'intérêt. Et si on augmente notre taux d'intérêt, alors là, pour le coup, on se retrouve dans une situation éminemment difficile.
Comment vous leur remboursez la dette ?
Est-ce que vous augmentez les impôts ? Est-ce que vous repoussez l'âge de départ à la retraite ?
Vous faites comment ? Non. Alors, arrêtons avec tout cela. Moi, ce que je viens de dire, c'est que il n'y a en aucune manière, et il n'y aura pas dans mon projet, d'austérité budgétaire. On ne rembourse pas la tête en faisant de l'austérité budgétaire. Et c'est si vrai, madame, qu'aujourd'hui, même l'Union Européenne, qui pourtant ne parlait que d'austérité budgétaire, est en train de l'abandonner, car ils se sont rendus compte que nous avions raison. Et ce que nous disions depuis des années était juste. L'austérité budgétaire aggrave la dette.
Comment vous remboursez la dette, tout en dépensant, continuant les dépenses, en ne faisant pas d'austérité budgétaire, et sans augmenter les impôts ?
Il faut justement faire des dépenses. Mais il faut faire des dépenses qui sont des dépenses d'investissement d'avenir. Il faut réfléchir à la manière dont, avec le plan de relance, on va investir dans la réindustrialisation de notre pays. On va investir dans des filières d'avenir. On va investir dans une transition écologique qui est utile pour peu, qu'elle soit véritablement écologique. S'il s'agit d'aller investir dans les éoliennes, ce sera en l'occurrence 100 mois.
C'est ce qui est prévu dans le plan de relance actuellement. Réindustrialiser la France, il y a un milliard.
Un milliard, madame. Certes, c'est un début, je vous l'accorde.
C'est pas un chiffre astronomique. 30 milliards pour la transition écologique dans ce plan de relance, Marie-Le Pen.
Mais encore une fois, il faut s'entendre sur la transition écologique. Est-ce qu'on va investir dans le nucléaire ? Parce que la vraie transition écologique, c'est d'investir précisément dans le grand carénage, par exemple. Pour que cette énergie nucléaire, qui est une énergie à bas coût pour les Français, qui a soutenu notre croissance pendant des décennies, et qui de surcroît est une énergie décarbonée, donc bonne pour la planète, puisse avoir un avenir. Moi, j'entends, au contraire, un gouvernement qui vient nous expliquer qu'il remet en cause le choix nucléaire. Et au passage, il ouvre des centrales à charme. Pas du tout. Le nucléaire, j'en ai besoin, a dit Emmanuel Macron.
Claire, net et précis. Il l'a dit en décembre dernier. Non, mais Mme Pompili n'est pas ministre. Parce que Mme Pompili, elle, elle dit l'inverse. Non, mais à un moment donné...
D'accord, mais au dernier nouvel, c'est Emmanuel Macron qui fixe la ligne, il me semble. Non, mais d'accord, Mme Pompili.
Le en même temps ne peut pas être un élément dont l'objectif est de rendre la pensée confuse. Et dont l'objectif est de trahir, en réalité, les Français, en faisant dire aux uns l'inverse de ce que disent les autres. Moi, je vois qu'il y a quelqu'un qui est ministre, et qui vient dire que l'objectif d'Emmanuel Macron, ce serait d'accélérer la disparition du nucléaire. Alors, si Emmanuel Macron était en désaccord avec ça, il faut qu'il change Mme Pompili. C'est aussi simple que ça. Car, encore une fois, les Français ont besoin de savoir précisément ce qu'il en est. C'est un sujet fondamental pour l'avenir de notre industrie et l'avenir de notre économie.
Léa, vous posez la question rapidement des retraites. En 2012-2017, vous étiez favorable au retour à la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisations. Allez-vous à nouveau défendre cette position pendant la présidentielle ou allez-vous l'abandonner ?
Non, non, je vais continuer à la défendre car je la considère comme juste et surtout je la considère comme économiquement tenable. Pour peu, encore une fois, qu'on se donne les conditions d'un retour à la création de richesses, à la création d'emplois, avec une modification de ce modèle économique qui a démontré son incapacité à protéger, qui est le modèle ultra-libéral dont il faut définitivement se séparer.
J'en conclue quand je vous écoute ce matin que vous voulez rembourser la dette, mais sans augmenter l'âge de départ à la retraite, en continuant à dépenser, donc vous allez augmenter les impôts, soyons clairs. Non ! Mais c'est incroyable d'être comme ça !
Mais c'est comment alors ? Expliquez-nous comment vous allez rembourser la dette ? En produisant de la richesse, Madame Salamé, de la richesse, de l'emploi ! Sur la croissance, vous comptez sur la croissance, le retour de la croissance. Mais bien sûr que oui ! Et d'ailleurs, le remboursement de la dette doit être adapté à ce chemin de croissance, car on ne réglera aucunement le problème de la retraite si on ne retrouve pas la voie de l'emploi. C'est le seul moyen de sauver une retraite, disons les choses très clairement.
Comment arrêtons de penser qu'on est enfermé dans le triangle des Bermudes, des néolibéraux, qui consiste à dire, pour régler le problème de la retraite, il faut soit augmenter les cotisations, soit baisser les retraites, soit augmenter le temps de travail. Ça n'est pas vrai ! C'est un mensonge ! Sortons de ces mensonges ! Soyons imaginatifs, soyons volontaires, et sachons précisément ce que nous souhaitons. C'est mon cas !
Michael et Benoît sur l'application de France Inter vous demandent si vous êtes pour la mise en place d'une vaccination obligatoire pour tous les citoyens français, y compris les enfants. Réponse Marine Le Pen ?
Non ! Non, même pas pour les soignants. Pas d'obligation. Je trouve que la manière d'ailleurs dont on parle des soignants est inadmissible. On les culpabilise. On en fait aujourd'hui quasiment les vecteurs de contamination à l'hôpital, alors qu'ils sont pour beaucoup d'entre eux morts sans masque, sans gants, sans blouse, lors de la première vague. Je trouve que ce renversement est en même temps injuste et immoral.
Marine Le Pen, vous protestiez il y a deux mois à ce micro contre la décision de Gérald Darmanin de dissoudre Génération Identitaire. Vous nous disiez que ce qui scandalise Gérald Darmanin doit faire l'objet d'une dissolution. Ça, ça n'est pas l'état de droit. Alors, vos deux lieutenants, Jordan Bardella et Sébastien Chenu, demandent aujourd'hui à dissoudre l'UNEF. Donc, Génération Identitaire, on ne dissout pas. L'UNEF, on dissout ?
Non mais pardon, mais d'abord, moi je ne suis plutôt pas pour les dissolutions. De manière générale, je suis plutôt pour la préservation de la liberté d'association, etc. Sauf quand il y a des appels ou des actes de violence, comme c'est le cas pour les Black Blocs.
Donc vous n'êtes pas pour dissoudre l'UNEF, contrairement à vos lieutenants ?
Mais là, ce n'est pas uniquement scandalisé, l'UNEF. C'est du racisme. Enfin, je veux dire, on nous a expliqué pendant des années que le racisme est un délit, et heureusement d'ailleurs, c'est profondément immoral ce qu'ils font. Ils rompent avec toute la tradition républicaine, qui consiste dans leur esprit à séparer les gens en fonction de leur race. Enfin, je les appelle quand même à la lecture de la Constitution française. Chacun est égal devant la loi, quelle que soit sa race, quelle que soit son origine ou sa religion. C'est un syndicat qui commet des actes racistes, incontestablement.
Alors, il faut les poursuivre de ce fait, et s'ils persistent, encore une fois, avec ce fonctionnement raciste, soutenu d'ailleurs par M. Hamon et par M. Mélenchon, ça en dit long, moi je trouve quand même, sur la dérive de M. Mélenchon notamment, de soutenir ces actes racistes, dont je vous rappelle qu'on parle ici d'organisation, d'ateliers réservés aux Noirs ou interdits aux Blancs. Donc, ça en dit long, et moi je pense que cette pensée racialiste est une pensée séparatiste, qui devrait d'ailleurs peut-être tomber sous le coup de la loi contre le séparatisme, peut-être.
Au standard, Christophe. Bonjour Christophe, bienvenue.
Bonjour à tous.
Bonjour.
Merci de prendre mon appel. Ma question sera très simple. Madame Le Pen, quelles seraient vos trois ou quatre premières fortes décisions pour la France, si vous étiez élue présidente de la République ?
Merci Christophe pour cette question. Marine Le Pen vous répond.
Alors d'abord, ma première décision, ce sera l'organisation d'un référendum sur l'immigration, parce que je pense que ça fait maintenant des décennies que les différents gouvernements prennent des décisions en matière d'immigration, sans que jamais le peuple français n'ait été entendu ou n'ait été questionné sur ce sujet. Et je crois savoir, si j'en crois les études d'opinion, que le peuple français est en désaccord depuis des décennies avec la politique qui est menée en matière d'immigration.
Donc un référendum sur l'immigration ?
Un référendum sur l'immigration, avec un certain nombre de questions qui interviendront. Deuxièmement, j'irai, je l'ai dit, auprès de la Commission européenne, leur expliquer ce que je considère comme étant non négociable dans le domaine de la souveraineté nationale, et notamment la maîtrise de nos frontières, car je considère que la maîtrise des frontières relève de la souveraineté nationale.
Vous demandez la suspension de Schengen ou non ?
Je demande, enfin, c'est-à-dire que moi...
Parce que j'ai l'impression que vous avez changé d'avis sur cette question-là. Non, non, j'ai pas changé d'avis. C'est Florian Philippot qui dit que vous avez changé d'avis, que vous abandonnez le Frexit, que vous abandonnez Schengen. En gros, vous faites du Macron, s'il est écrit.
Florian, il a besoin d'exister, je vais pas lui en vouloir, bon. Mais le problème, c'est que si vous voulez, je pense qu'Emmanuel Macron devrait immédiatement demander, puisqu'il avait dit qu'il voulait réformer Schengen, devait immédiatement demander à ce que la liberté de circulation ne s'applique qu'aux nationaux des pays européens. Voilà. Il n'y a aucune raison pour que le droit d'arriver en Allemagne, qui est donné par l'Allemagne, permette de venir en France, en Italie, en Espagne, quand on est un étranger et qu'on n'a pas la nationalité. Donc ça, c'est un sujet qui m'apparaît essentiel.
Et puis, deuxièmement, je crois qu'il faut qu'il y ait une réforme fiscale, parce que la pression qui pèse sur les classes moyennes aujourd'hui est une pression qui est insoutenable.
En dix secondes, le gouvernement attend l'avis du Conseil scientifique le 1er avril pour savoir s'il faut maintenir ou pas les régionales. Vous en dites quoi ?
Oui, il faut maintenir les régionales. On ne peut pas repousser indéfiniment les élections. S'il n'y a plus d'élections, on n'est plus dans une démocratie.
Merci Marine Le Pen. Merci.
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Marine Le Pen