Les confidences d’Eric Zemmour, invité de l’émission « L’interview à la Une » de Nice-Matin
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Bonjour à toutes et tous, bienvenue dans l'interview à la une, le grand entretien, la rédaction de Nice Matin. Une entretien, une émission que j'ai le plaisir d'animer comme chaque semaine avec Nicolas Gallup, rédacteur en chef du groupe Nice Matin. Bonjour Fred. Bonjour Nicolas. Avec nous aujourd'hui, le président fondateur du parti Reconquête, Éric Zemmour, qui est de passage dans la région. Bienvenue Éric Zemmour. Merci, bonjour. Soyez bienvenue dans cette émission. Vous êtes donc venu à Nice pour dédicacer votre nouvel essai paru aux éditions Fayard, La messe n'est pas dite.
Est-ce que c'est un titre que vous avez voulu volontiers provocateur dans un pays qui se veut laïc et universaliste ?
Ah, c'est pas volontiers provocateur que ça provoque certaines personnes, pourquoi pas ? Vous savez, vous me dites le pays laïc, vous avez raison, c'est plus exactement comme disait le général de Gaulle, l'État est laïc mais la France est chrétienne. C'était l'expression du général de Gaulle que je rappelle simplement. Donc je fais un livre sur, si vous voulez, la nécessaire redécouverte et re-enracinement du christianisme et du catholicisme en particulier dans la société française. Parce que, si vous voulez, pour deux raisons. Nous vivons une fin de phénomène historique qui remonte au milieu du XVIIIe siècle et qu'on peut appeler la déchristianisation.
Aujourd'hui, évidemment, on a très très peu de baptêmes d'enfants, on a très peu de gens dans les églises. Le prénom Marie, Jérôme Fouquet le rappelle sans cesse, qui représentait 20% des prénoms il y a 50 ans. Aujourd'hui, c'est 0,2%. Vous voyez, il y a des choses comme ça. Et moi, je dis, je préviens, je dis, c'est le christianisme qui a fait la France. Sans le christianisme, la France n'est plus la France. Et deuxièmement, nous vivons aussi une invasion musulmane, avec des millions de musulmans qui viennent avec leurs mœurs, leurs traditions, leur religion, qui est une orthopraxie, c'est-à-dire qui repose sur un code juridique et qui veulent imposer la charia pour beaucoup d'entre eux.
Et la rencontre de ce vide provoqué par la déchristianisation depuis deux siècles et de ce plein par l'islam est explosive pour moi et très dangereux pour l'identité de la France. Donc je répète à tous les français, même ceux qui ne sont pas chrétiens, le christianisme c'est une foi, on l'a ou on ne l'a pas, mais c'est aussi une identité. Et là, l'identité chrétienne de la France doit être défendue, revivifiée et apprise à tous les enfants français.
Vous avez fait allusion, vous considérez-vous que la pratique de l'islam en France n'est pas compatible avec les lois de la République ?
Alors, j'ai déjà dit que l'islam n'est pas compatible avec la République. L'islam en tant que tel. L'islam en tant que tel, vous savez, c'est tout simplement la France, comment on peut résumer, que ce soit laïque ou chrétienne, c'est liberté, égalité, fraternité. L'islam c'est tout le contraire, c'est la soumission, c'est le sens du mot islam en arabe, soumission, soumission à Dieu, il n'y a pas d'individu libre en islam. Égalité, l'islam c'est l'inégalité, l'inégalité entre les hommes et les femmes, l'inégalité entre les musulmans et les non-musulmans, l'inégalité entre évidemment les hommes libres et les esclaves.
Et la fraternité, en islam la fraternité c'est avec les musulmans, les musulmans du monde entier, la fameuse Ouma, et pas du tout avec les autres, même ses compatriotes qui ne sont pas musulmans. Donc c'est un vrai problème, c'est pour ça que je dis aux musulmans, moi, je ne veux pas changer l'islam, je ne vais pas changer ni le Coran, ni la charia, je ne suis pas le luthère de l'islam, que Dieu me préserve. En revanche, je fais exactement comme la révolution française et Napoléon le fait avec les juifs, c'est-à-dire j'exige que les musulmans adaptent à la France leur religion. Vous savez, c'était la fameuse phrase... C'est ce que fait la majorité des musulmans, non ? Non, je ne pense pas.
Non, je ne pense pas. Quand il y a des, comment dire, quand des gens sortent des tapis de prière dans les entreprises, dans les universités, voire dans les écoles, ce n'est pas ce qu'ils font. C'est pas ultra minoritaire, franchement ? Non, c'est pas ultra minoritaire. Non, je n'ai pas dit ultra minoritaire, j'ai dit minoritaire. Non, ce n'est pas minoritaire, évidemment que ça ne va toujours pas être minoritaire. En tout cas, toutes les femmes qui mettent les voiles islamiques, pour moi, ça devrait être interdit dans la rue. C'est une façon d'afficher ostensiblement sa religion dans l'espace public. La laïcité, normalement, c'est le devoir de discrétion.
Donc vous voyez, ça, c'est typique d'une exposition de l'islam qui ne connaît pas la différence entre le privé et le public.
Je reviens sur un terme que vous avez employé tout à l'heure, invasion. Nombre de chercheurs s'opposent à vous sur cette question. Comment expliquer, finalement, la différence ?
On n'arrive pas à se mettre d'accord sur la statistique. Mais je vais vous dire, c'est très simple. La statistique, on se met d'accord. On sait qu'il y a 500 000 étrangers qui rentrent tous les ans légaux. Sans compter les 600 à 1 million illégaux. Ça, tout le monde se met d'accord. On sait qu'il y a, par exemple, ça vient de l'INED, ce n'est pas moi, qu'il y a 30%, 40% des enfants en de moins de 4 ans en France aujourd'hui qui sont de parents hors Union européenne, étrangers hors Union européenne. Ça, c'est les statistiques officielles. Après, vous avez raison, on se met pas d'accord sur l'interprétation. Les chercheurs, comme vous dites, pour moi, ne sont pas des scientifiques.
Ce sont des militants qui habillent leur discours militant, des oripeaux de la science universitaire. Parce que comme les gauchistes tiennent les universités, ils leur donnent des chaires, ils leur donnent tout ce qu'on peut, des diplômes, etc. Vous n'êtes pas scientifique. Mais moi, je ne prétends pas être scientifique. Moi, j'observe les chiffres, mais je leur dénie le titre de scientifique. Ce n'est pas la science contre le n'importe quoi. C'est deux interprétations idéologiques. Moi, j'assume mon interprétation idéologique. Eux font semblant d'être des scientifiques. Ce ne sont pas des scientifiques. Ce sont des militants qui habillent leur discours de pseudo-langage scientifique.
Deuxièmement, quand je parle d'invasion, je vais vous dire pourquoi je parle d'invasion. Une invasion, qu'est-ce que c'est ? Une invasion, c'est des gens qui viennent en masse, qui ne sont pas souhaités, qui ne sont pas appelés, accueillis. Et deuxièmement, ce sont des gens qui imposent leur mœurs et leur tradition et leur dieu par la force. C'est exactement ce qui se passe. Aujourd'hui, quand vous avez le gouvernement algérien qui affrête des bus entiers pour convoyer des jeunes algériens, pour qu'ils viennent en France ou en Espagne, j'appelle ça une invasion organisée par un État étranger. Mais là, c'est quand même un phénomène très minoritaire. Non, mais arrêtez de parler de minoritaire.
À force de faire des minorités, ça fait des majorités.
Oui, mais ce que vous dites, c'est que pour certains, ils ont une pratique tout à fait compatible avec la République. Est-ce que ces gens-là ne sont pas le plus grand nombre ? Est-ce qu'on ne focalise pas là sur un petit nombre ?
Monsieur, c'est tout le contraire. Je considère que c'est tout le contraire. Il y a un petit nombre de musulmans, par exemple, en particulier les kabiles, qui, eux, ont très bien compris que l'islam devait s'adapter à la laïcité française et à la devoir de discrétion. Et il y a une majorité, en particulier chez les jeunes, regardez les sondages, plus d'une moitié de jeunes gens musulmans considèrent que la charia doit être supérieure aux lois de la République. Vous savez ce que c'est que la charia ? La charia, c'est par exemple tuer les homosexuels. C'est par exemple que les femmes ont un statut juridique inférieur aux hommes. On pourrait multiplier comme ça. Ça, c'est la charia.
Ce n'est pas quelque chose de politique, ce n'est pas quelque chose d'idéologique. C'est le cœur de l'islam. Vous comprenez ? Si vous voulez, ne venez pas me parler de minorité. Vous savez combien de musulmans font le ramadan aujourd'hui ? 85%. Avant, c'était 50%. Ça ne veut pas dire pour la charia, faire le ramadan. Le ramadan, c'est dans la charia, cher ami. Oui, d'accord. Mais ça ne contrevient pas à nos mœurs et à nos règles. En revanche, ça pose des vrais problèmes économiques, culturels, etc. Mais c'est un autre sujet, je vous l'accorde.
Éric Zemmour, on parle beaucoup d'islam, mais votre livre, lui, se concentre... Absolument. C'est vous qui m'interrogez. Non, non, non, mais tout à fait, tout à fait. Et je voudrais juste qu'on recentre sur le livre parce qu'il y a quelque chose qui m'a interpellé. Vous critiquez l'élite politique sur cette question-là, la question religieuse. Vous dites qu'elle méprise, en fait, la question religieuse, alors qu'elle serait essentielle. Comment reprocher à l'élite politique d'un État laïque de ne pas s'intéresser suffisamment à la religion ? Vous comprenez ce que je veux dire ? Je comprends très bien votre question.
On nous répète depuis des années, et c'est le cas, que la France est un État laïque. Pourquoi là, il faudrait que le politique s'intéresse aux religieux ?
D'abord, je ne dis pas qu'elle méprise, je ne dis qu'elle ne le prend pas au sérieux. Ce qui n'est pas la même chose. Ce n'est pas la même chose. Elle ne le prend pas au sérieux. Elle ne pense pas. Elle pense... Elle est tellement... C'est d'ailleurs dans le sens de votre question. Nos élites françaises ont tellement intériorisé la grande transgression du christianisme. Qu'est-ce que c'est que le christianisme ? C'est, pour la première fois, une religion, par l'intermédiaire de Jésus et surtout de Saint Paul, dit que la foi est plus importante que les actes. Ça ne veut pas dire que les actes ne sont pas importants, mais ça veut dire que la foi est déterminante.
Qu'est-ce que ça veut dire, ça ? Ça veut dire qu'on a un rapport à la divinité qui est intériorisé. C'est une révolution par rapport au judaïsme. Et évidemment, par rapport à l'islam après, c'est une révolution. Mais du coup, ça met un rapport entre la religion et la politique très ambigu parce que, justement, c'est individuel. Donc, vous avez tout à fait raison. On ne peut pas inoculer des sérômes de foi. C'est impossible. Et c'est pour ça que la classe politique dédaigne ainsi et ne pense que ce n'est pas sérieux. Et là, il y a deux choses. La première, je vous l'ai dit, le christianisme n'est pas seulement une foi. Elle est une identité.
Une identité qui s'exprime dans l'architecture, dans la musique, dans la littérature, dans la peinture. L'église et le christianisme ont façonné tous nos codes culturels. Vous connaissez le mot célèbre de Cioran qui dit « Dieu doit beaucoup à Jean-Sébastien Bach ». C'est ça, le christianisme. Deuxièmement, vous avez un islam, c'est pour ça que je vous le disais, qui, lui, ne repose pas sur la foi, qui repose sur la pratique et donc sur l'expression en dehors de l'espace privé de cette religion. Et là, les politiques doivent s'en soucier.
Par ailleurs, et je finis là-dessus, la religion, contrairement à ce que croient nos politiques d'aujourd'hui, est fondamentale même dans l'expression politique des votes. Le fondateur de la science politique française, et mondiale d'ailleurs, qui s'appelait André Siegfried, disait « quand le facteur religieux entre en ligne de compte dans les luttes politiques, il prend le pas sur toute autre considération économique et sociale ». Donc nos politiques devraient s'en soucier. Quand vous voyez 69% des musulmans qui votent voter pour Mélenchon à la dernière présidentielle, vous voyez bien que le facteur religieux est fondamental.
Alors en parlant de politique, justement, venons-en à la politique. Est-ce que vous suivez les débats budgétaires à l'Assemblée nationale ?
Je les suis très attentivement. Est-ce qu'ils vous satisfont ? Alors écoutez, je dirais, je distinguerais. Je pense que cette foire aux taxes et aux impôts ne me satisfait aucunement. Je vais dire pourquoi après. En revanche, je vois un intérêt à cette soudaine libération. Puisque avant, vous savez comment se passaient les débats budgétaires sous la 5e armée publique. Bercy faisait le budget et la majorité votait au canon. Au pire au 49-3. Exactement. Donc il n'y avait pas de débat, il n'y avait pas d'expression, des réalités. Et là, pour la première fois depuis très longtemps, on voit chaque parti politique exprimer sa vérité budgétaire, fiscale et donc politique.
Et on voit par exemple le nombre de votes communs entre le Rassemblement national et LFI qui montre bien ce que je dis depuis plus de 10 ans, que le Rassemblement national est un parti socialiste. On le voit, ils ont voté avec LFI un nombre d'impôts nouveaux, que ce soit sur les grandes entreprises, que ce soit l'impôt universel sur les français à l'étranger, que ce soit sur une taxe spéciale de TVA sur les produits de luxe. Donc ça révèle au grand jour. Ça révèle au grand jour. Les conditions. Exactement. La réalité idéologique et donc politique de chacun des partis.
Et on voit à quel point le Rassemblement national est un parti socialiste, en tout cas en économie, exactement, très proche, pas exactement, très proche de LFI. Moi, je trouve ça intéressant pour la clarté des enjeux. Parce que je trouve que le Rassemblement national joue un peu, beaucoup, d'une ambiguïté que moi j'appelle pour me moquer Starsky et Hutch. C'est-à-dire Marine Le Pen tenant le discours socialiste qui plaît, du moins croit-elle, à ses électeurs du Nord. Et Jordan Bardella faisant la danse du ventre devant les patrons. Non, il faut rappeler ce qu'est le Rassemblement national. Il y a une seule ligne. Et cette ligne, c'est une ligne socialiste qui, là, multiplie les impôts.
Donc, si vous étiez à la place d'Éric Ciotti, vous ne seriez pas à l'aise aujourd'hui. Je rappelle qu'Éric Ciotti est l'allié du Rassemblement national sur une ligne très libérale. Très libérale, oui. Par rapport à ce qu'était vous cette semaine, on peut imaginer qu'effectivement sa position ne soit pas facile.
Mais je vais vous dire, pour moi, c'est encore pire. Ce n'est pas qu'elle n'est pas facile, c'est qu'elle est inutile. C'est-à-dire qu'Éric Ciotti peut dire ce qu'il veut, peut faire les pieds au mur. Alors, ça ne compte absolument pas dans la ligne du Rassemblement national. Mais d'ailleurs, Jean-Philippe Tanguy l'a dit très froidement et très franchement chez vos confrères de CNews. Il a dit, on lui demande pourquoi il s'est allié à Éric Ciotti et pas à Éric Zemmour. Et il répond tout simplement parce qu'Éric Ciotti s'est aligné et effacé. Tout est dit, et sur moi, et sur Ciotti.
Donc, du coup, peu d'espoir d'entente entre le Rassemblement national et vous. Sur la question de l'Algérie...
Non, non, non, non, c'est pas ce que j'ai dit.
Attention, je peux répondre ?
Oui, oui, oui. Parce que c'est important. C'est important si vous nous dites le confrère. Bien sûr. Nous sommes en désaccord sur l'économie, le budgétaire. Moi, je considère qu'il y a trop d'impôts, que tous les Français sont trop imposés, que la France est un enfer fiscal, qu'il faut réduire massivement les impôts, et pour cela, réduire massivement les dépenses. Voilà, ça c'est la philosophie de Reconquête. Vous avez vu le plan qu'a présenté Sarah Cnafo il y a maintenant quelques semaines, où nous faisons déjà en urgence 80 milliards d'économies de dépenses, et où nous supprimons des impôts, impôts sur la succession, impôts de production, etc. Ça, c'est notre philosophie générale.
Vous voyez bien que ce n'est pas du tout celle du Rassemblement national, puisque Jean-Philippe Tanguy fait ses amendements avec le groupe ATT&CK, qui est un groupe d'extrême-gauche.
C'est là où l'économie étant quand même importante, on a du mal à vous imaginer.
Bien sûr, mais vous avez raison. Attendez, je vais vous rappeler. En revanche, avec le Rassemblement national, nous avons un point d'accord fondamental, qui est l'arrêt de l'immigration. D'ailleurs, j'ai approuvé, quand Mme Le Pen a réussi à faire voter la dénonciation du traité avec l'Algérie de 1968, qui favorise l'immigration antérienne. Là, j'ai tout à fait approuvé, même si je crains que ce soit un déclamatoire et qu'on n'ait pas de réaction. Mais, troisième point, je dirais, sur l'arrêt de l'immigration, on est d'accord. Maintenant, sur la gestion de l'immigration et de l'islam, puisqu'on en a parlé tout à l'heure, là, j'ai un désaccord avec le Rassemblement national fondamental.
C'est-à-dire que je vous ai dit, moi, je considère que l'islam n'est pas compatible avec la République. Mme Le Pen dit que c'est compatible avec la République. Moi, je considère qu'il y a un grand remplacement de population. Mme Le Pen dit que ça n'existe pas. Et tous les rassemblements nationaux disent que ça n'existe pas. Je dis qu'il y a une guerre de civilisation dans le monde, et en particulier en France. Mme Le Pen et le Rassemblement national et Jordan Bardella disent que tout ça n'existe pas. Donc ça, c'est des désaccords de fond. Donc il peut y avoir un accord sur un programme commun minimal, au moins d'arrêt de l'immigration.
Pour le reste, pour l'économie et pour l'islam, c'est aux électeurs de choisir. Soit ils veulent le programme du Rassemblement national, c'est-à-dire socialiste en économie et avec l'islam, ignorant des réalités de l'islam, à mes yeux. Et ils votent Rassemblement national. Soit ils préfèrent une économie qui réduit les impôts plus libérales et sur l'islam beaucoup plus ferme, et ils votent pour Reconquête. Et je dirais un dernier point. La fameuse union des droits, j'imagine que vous avez...
C'était la question qui arrivait. Logique. Est-ce que vous avez entendu, David Lysnard, se prononcer comme une primaire avant la prochaine présidence ? Ah, c'est pas la même chose. On va peut-être faire sur l'union des droits d'abord, si vous voulez bien. Mais je vais répondre à Lysnard. En fait, qu'est-ce que c'est l'union des droits dans la tête des gens ?
Tout le monde m'en parle, dans la rue, tout le monde m'arrête en disant « Bon, quand est-ce que vous faites l'union des droits ? » etc. Donc je vais vous répondre comme je réponds aux gens dans la rue. Pour les gens, et ils la réclament, ils la sollicitent, on voit la confirmation dans les sondages, on est à 80-90% dans chacun des partis, c'est l'alliance entre le Rassemblement National, Reconquête, et les LR. Ça, c'est ce qui est dans la tête de tout le monde. Tout à fait. Bon. Maintenant, il faut bien que les électeurs comprennent, quoi, quel que soit leur vote, que le Rassemblement National refuse l'union des droites, refuse. Que ça soit Mme Le Pen, M. Bardella, M.
Tanguy, tous ces gens-là refusent l'union des droites. Vous avez encore dit récemment, Marie Le Pen qui dit « C'est une armésienne, j'en ai marre depuis 25 ans » etc. C'est pas l'interprétation, c'est l'objectif. On l'est d'accord. Donc ils n'en veulent pas. Bon. Deuxièmement, vous avez les LR. M. Retailleau et M. Wauquiez, pour une fois, qui sont d'accord, n'en veulent pas non plus. Ils le disent, ils le redisent et ils le répètent. Donc, je dis aux électeurs qui veulent de l'union des droites, si vous votez pour le Rassemblement National, si vous votez pour LR, vous n'aurez pas l'union des droites.
Si vous votez pour Reconquête, si vous mettez Reconquête en tête parce qu'en politique, c'est le parti en tête qui façonne les coalitions, comme l'a très bien montré M. M. Mélenchon après 2022. On pourrait remonter à plus loin. Donc vous leur tordrez le bras si vous arrivez en tête. Comment ? Vous leur tordrez le bras si vous... Exactement. Si je re Conquête, ou si moi j'arrive en tête, je proposerai, au-delà de toutes les invectives passés, de tous les ressentiments. Il faudra jeter la rancune à l'arrière, comme disait Valéry Giscard d'Estaing.
je jetterai la rancune à l'arrière et je proposerai un accord de gouvernement au RN et un accord électoral au RN et au LR voilà ce que je dis aux électeurs si vous voulez l'union des droites il n'y a que le vote reconquête maintenant vous me parliez de monsieur Lysnard ce n'est pas la même chose c'est la proposition d'une primaire qui rassemblerait toutes les tendances de la droite
dit-il de l'UDI à Sarac-Lafou
ça permettrait de trancher dans ce débat de l'UDI à Sarac-Lafou
je comprend très bien Sarac-Lafou ça veut dire moi je ne parle pas de Lysnard qui est correct je parle de Wauquiez qui joue au demi-habile en essayant de distinguer entre Sarac-Lafou et Rizemont c'est grotesque et ça ne montre que une volonté de diviser ouais c'en est presque naïf en vérité ça se veut subtil et machiavélique et en vérité c'est naïf et stupide mais passons donc revenons à notre question non monsieur Lysnard n'est pas sur cette ligne là il est beaucoup plus respectueux et beaucoup plus loyal j'entends très bien sa proposition je lui dis simplement qu'il me semble moi en 2021 quand j'ai proposé d'être candidat à la primaire de LR LR m'a claqué la porte au nez en rajoutant un article dans ses statuts qui prévoyait que je ne pouvais pas être candidat c'était ça que ça voulait dire donc je lui rappelle ça maintenant je pense que pour la présidentielle c'est différent pour les législatives mais pour la présidentielle la primaire s'appelle le premier tour de la présidentielle c'est comme ça ça a été prévu pour ça et c'est à la loyale on est candidat on peut être candidat on a les 500 signatures est-ce que vous serez candidat justement au prochain présidentiel ?
est-ce que vous serez candidat au prochain présidentiel ? nous verrons en tout cas je m'y prépare sérieusement je travaille j'ai mis en place mes groupes de travail pour le programme j'ai déjà mis en oeuvre le travail pour les parrainages etc ok très bien
qu'est-ce qu'on représente aujourd'hui encore Reconquête ? parce que vous parlez de Sarah Knafo et vous vous avez l'impression qu'il n'y a plus que vous dans ce parti aujourd'hui
c'est déjà pas mal vous savez une députée de cette qualité députée européenne une députée européenne de cette qualité ça ne court pas les rues vous voyez vous n'avez pas de député à l'Assemblée nationale
par exemple
non je n'ai pas de coup dans les assemblées nationales c'est normal vous savez dans le scrutin majoritaire à deux tours si vous n'avez pas d'allié vous ne pouvez pas avoir de député c'est ce qu'a connu le Front National de Jean-Marie Le Pen pendant 30 ans et ça ne l'empêchait pas de faire des scores remarquables à la présidentielle et de finir au second tour donc vous voyez ce n'est pas incompatible en France nous avons l'élection présidentielle qui est la mère de toutes les élections après les législatives donc reconquête aujourd'hui qu'est-ce que ça fait encore ?
écoutez d'abord je pense que sur le plan politique idéologique de combat culturel je pense que c'est le plus important c'est la mère de toutes les batailles que ne mène jamais la droite et que mène avec une grande vigueur la gauche j'ai lu dans un livre récent de journalistes que M.
Mélenchon disait à ses ouailles le pouvoir est dans la mise en mots dans la meute bravo moi je pense ça depuis longtemps et je suis le seul à le faire à droite je dis que les meurtres de français par des immigrés ou des enfants de l'immigration ce sont des francocides je dis que il y a un djihad du quotidien entre les vols les viols les pillages les crimes les trafics de drogue je lis tout ça je mets en ordre ce qui apparaît comme un chaos incompréhensible aux gens je mène je mène la garde des mots c'est fondamental deuxièmement deuxièmement non mais c'est important deuxièmement vous l'avez cité tout à l'heure nous avons une députée européenne qui est brillantissime qui est travailleuse qui fait l'admiration de tous même les gens qui étaient sont méfiants sont adversaires et en tout cas de tous les électeurs de tous les partis de droite je pense qu'imaginez si on avait un groupe de 20-30 députés imaginez la capacité exceptionnelle de travail de propositions que l'aurait reconquête et par ailleurs nous avons des militants nous avons un nombre très important de militants autour de 70 000 militants qui sont restés avec nous malgré tous nos déboires ce n'est pas rien c'est une force militante importante nous avons des élus locaux et j'espère qu'au municipal nous en aurons encore plus donc vous voyez ça n'existe quand même il n'y a pas que la représentation à l'Assemblée
vous avez fait allusion au plafond de verre qui a connu longtemps le Front National aujourd'hui le Rassemblement National est-ce que vous pensez que justement ce déplafonnement auquel on assiste aujourd'hui est-ce que vous y voyez le succès de la stratégie de Marine Le Pen est-ce que vous la félicitez ?
écoutez la stratégie de Marine Le Pen si j'ai bien compris c'est la fameuse dédiabolisation qu'est-ce que c'est la dédiabolisation ? il faut expliquer aux gens qu'est-ce que c'est la dédiabolisation ?
ça veut dire que on reconnaît aux médias un pouvoir de vie ou de mort sur ce qu'on dit et ce qu'on pense les médias disent que ça c'est interdit donc on se tait c'est ce que fait Marine Le Pen Marine Le Pen se soumet à la toxa médiatique et à entrer dans le rang exactement idéologique ça m'amuse parce que dès que j'ai disparu entre guillemets de la présidentielle elle a de nouveau été diabolisée entre le second tour de la présidentielle le second tour des législatives vous avez vu le résultat et ça a marché ils ont perdu toutes ces élections là donc je pense que cette stratégie n'est pas bonne ce qui a permis la montée du Rassemblement National c'est tout simplement deux choses c'est que Jean-Marie Le Pen avait été visionnaire dans les années 80 et qu'il avait annoncé ce qui se passe aujourd'hui et donc il bénéficie de cela c'est un parti qui a 60 ans sans avoir alimenté ça exactement ils bénéficient de ça ils ont hérité de ça et deuxièmement la situation devient tellement catastrophique à cause de cette invasion migratoire et musulmane que les français se rendent compte de plus en plus de la pertinence de ce qu'avait annoncé Jean-Marie Le Pen et donc ils en font profiter le Rassemblement National mais je ne pense pas que ça soit la stratégie de dédiabolisme de Marine Le Pen qui soit cause de la montée et je voudrais dire maintenant les sondages donnent aux candidats du Rassemblement National quels qu'ils soient entre 30 et 35% d'accord c'est haut incontestablement haut mais en 2021 avant que ne commence la campagne présidentielle Marine Le Pen qui était qui était l'objet du sondage avait déjà entre 30 et 32% et j'étais entre 3 et 5 vous voyez la campagne a changé tout ça et a montré une proximité et un affrontement très âpre entre ces deux candidatures
avant de parler des municipales juste une dernière question là-dessus est-ce que Marine Le Pen elle n'a pas compris quelque chose avant tout le monde et mieux que tout le monde c'est la question du pouvoir d'achat qu'elle a mise dans le débat public et qui aujourd'hui manifestement lui réussit encore parce qu'on voit bien que si une bonne partie quand même de l'électorat de gauche a basculé vers la Rassemblement National
qui avait cette sensibilité populaire je ne crois pas je savais on parlait déjà de gaucho-lepénisme sous Jean-Marie Le Pen et il ne parlait pas de pouvoir d'achat je pense que les gens de gauche qui étaient de gauche qui étaient socialistes qui étaient communistes qui votent pour le Rassemblement National aujourd'hui votent pour le Rassemblement National parce que leur priorité a changé et que la priorité aujourd'hui c'est l'immigration et que donc ils votent pour le Rassemblement National en raison de ce que je vous ai dit tout à l'heure souvenir de Jean-Marie Le Pen donc ça n'a rien à voir avec le pouvoir d'achat c'est simplement et justement ça trompe parce que les observateurs disent comme vous ils votent pour pour le Rassemblement National à cause du pouvoir d'achat non ils votent contre l'immigration je pense que c'est d'ailleurs un problème quand on a comme ça un parti qui est socialiste que de fausser les causes du vote les municipales les municipales
on se rapproche de l'échéance 15 et 22 mars prochain vous avez un candidat à Nice qui s'appelle Cédric Vela avant d'en parler quel regard vous portez sur le duel fratricide annoncé entre Eric Ciotti et Christian Estrosi les coupes l'oeuf déjà
écoutez c'est un je dirais que c'est un classique de LR voilà monsieur Ciotti de veto à monsieur Estrosi c'est lui qui l'a fait évidemment il se retourne contre lui c'est voilà c'est un classique de la politique et malheureusement un classique des relations d'entre politiques c'est un mélange d'ingratitude et de carriérisme qui moi vous savez je ne suis pas un politicien c'est dur je dis c'est ça la vie la vie politique en général voilà ils sont tous comme ça je les ai c'est l'histoire humaine comme disait justement on citait Jean-Marie Le Pen là où il y a de l'homme il y a de l'hommerie
vous faites référence aux européennes avec le départ de Marion Maréchal
entre autres
Philippe Vardon qui était à Nice-Foy qui est parti avec elle qui vous a lâché
au soir des européennes non il ne m'a pas lâché je les virai c'est pas pareil parce que moi je vire les traîtres vous parlez des deux là ?
oui absolument je parle des deux absolument moi ces gens comme ça je ne les garde pas sans regret sans regret sans le moindre regret moi vous savez je ne suis pas un politicien c'est ma différence avec tous ces gens moi j'avais une activité professionnelle j'étais journaliste j'étais écrivain surtout c'est le plus important pour moi je suis un écrivain c'est pour ça que j'écris encore des livres c'est ça moi je suis d'abord un écrivain un écrivain ni un essayiste j'ai écrit des romans j'ai écrit des essais je suis un écrivain et pour moi c'est ce qu'il y a de plus important je suis un écrivain qui se jette dans la bataille politique parce que je pense que mon pays va mourir et à partir du moment où mon pays va mourir pour les raisons que je vous ai dites tout à l'heure je ne veux pas le laisser mourir et je vois que les politiciens eux ne pensent qu'à leur boutique qu'à leurs intérêts qu'à leur carrière moi je me bats pour que la France ne meure pas et que la France reste la France et mes candidats mes candidats sont sur cette ligne surtout les candidats qui sont restés et les gens qui sont restés avec moi après la trahison des politiciens que vous avez cités moi je pense que ce sont des gens fidèles loyaux sincères et c'est le plus important et je voudrais dire ça à tous les niçois qui vous regardent et qui nous regardent je pense que le candidat Cédric Vela et justement pas de ralliement comment ?
pas de ralliement à Eric Ciotti alors et non mais il n'y a pas de ralliement mais j'aurais une moyenne dans cette campagne
de trouver 69 colistiers de mener cette campagne mais mon cher on les aura
vous verrez vous verrez d'accord on les a déjà ne vous inquiétez pas donc on fera campagne il y aura une liste reconquête conduite par Cédric Vela qui fait exactement ce que je vous dis c'est à dire un jeune homme qui a une activité professionnelle qui est volontaire sincère dynamique fringant loyal je crois que c'est ça que les niçois aujourd'hui réclament et comme tous les français
un petit mot dans le bas votre ancien référent départemental et ami Marc-Etienne Lansade a été démissionné d'office du mandat de maire de Cogolin cet été parce qu'il avait été condamné à trois ans d'inéligibilité avec l'exécution provisoire pour abus de faiblesse est-ce que c'est une affaire
embarrassante pour vous ? non vous savez moi je garde mon amitié aux gens quelles que soient leur situation les malheurs qui peuvent les comment dire les atteints les toucher les toucher maintenant Marc-Etienne est un ami il restera un ami quoi qu'il arrive lui ne s'est pas comporté comme les traîtres que vous avez cité tout à l'heure et en revanche j'ai vu que madame Christiane Larda est devenue à ma grande joie maire de Cogolin c'est aussi une amie très chère c'est aussi une fidèle entre les fidèles donc c'est pas perdu pour reconquête c'est pas perdu pour reconquête et cette ville est une ville reconquête donc il faut continuer comme cela
est-ce qu'il y aura d'autres villes dans lesquelles vous présenterez des listes sur la côte d'Azur
pour le municipal nous présenterons le maximum de listes partout il y a d'autres villes
auxquelles vous songez
non il y aura vous verrez je ne veux pas donner des noms comme ça je suis à Nice je parle de Cédric Béla et je suis là pour parler des municipales à Nice mais dans toute la région il y aura vous savez j'ai fait des très beaux scores dans toute cette région je pense profondément profondément que reconquête je vous ai donné la ligne générale reconquête correspond à une majorité des lecteurs dans les Alpes-Maritimes et plus largement dans toute la région du Sud-Est je pense que ça correspond à la sociologie je pense que ça correspond à la culture il y a ici beaucoup d'anciens pieds noirs il y a ici beaucoup de petits commerçants il y a ici beaucoup de gens qui ont le culte du travail de la France et je crois que ça correspond tout à fait à l'âme de reconquête et donc je pense que nous avons vocation à devenir de plus en plus forts dans toute cette région bien sûr une question complémentaire
juste avant de finir avant la question personnelle Philippe Devilliers c'est quelqu'un qui est devenu très important qui a pris beaucoup plus d'espace et d'importance aujourd'hui sur les idées conservatrices est-ce qu'il n'a pas récupéré votre rôle d'agitateur d'idées d'influence sur ce terrain-là ?
Écoutez Philippe Devilliers est d'abord un ami depuis des dizaines d'années première chose nous sommes en phase vraiment entre lui et moi il m'a appelé la semaine dernière pour me dire tout le bien qu'il pensait de mon livre et je suis justement en train en venant chez vous dans l'avion j'ai commencé son livre et je trouve ça absolument formidable instructif c'est le nouveau Zemmour ?
lyrique non il n'y a pas de il est le Philippe Devilliers qu'on connait depuis 30 ans comme moi je suis Éric Zemmour il n'y a pas de nouveau Zemmour moi je ne suis pas je n'ai pas abandonné je vous l'ai dit tout à l'heure quand j'étais à la télévision je menais un combat idéologique culturel on dit toujours Gramsci etc oui je continue à le mener je vous ai dit c'est ma grande spécificité par rapport aux autres politiciens on va compléter Philippe fait la même chose c'est nous et même le combat culturel
on est sur la même ligne d'accord on va compléter et finir justement par la question perso qui est à ce sujet donc la question perso
Nicolas Gallup et on va prolonger ce que vous étiez en train de dire Éric Zemmour est-ce que vous ne regrettez pas du coup de vous être engagé en politique est-ce que vous n'aviez pas plus d'influence comme politique comme l'abstus comme polémiste
essayiste ou journaliste vous savez cher ami on me pose cette question tout le temps depuis 4 ans je vous répète que mes livres mes interventions télévisées et désormais mon engagement politique tout ça c'est le même homme c'est la même chose je fais toujours la même chose je me bats toujours pour les mêmes idées et de la même façon c'est-à-dire que je me bats parce que moi je mène ce combat intellectuel et culturel que la droite ne mène jamais donc voilà que ça soit que je sois candidat à une élection que je ne sois pas candidat à une élection c'est la même chose donc je ne pense pas avoir perdu en influence comme vous dites parce que regardez je sors là un livre et vous avez vu hier nous étions très nombreux il y a eu je crois que j'ai dédicacé pendant entre 3 et 4 heures c'est pareil à Paris et ça va être pareil et partout qu'est-ce que ça veut dire ça et quand je vais sur les médias pardon je ne sais pas pour être prétentieux mais à chaque fois je fais des records d'audience ça veut dire quelque chose ça veut dire que les gens m'écoutent ça les intéresse et je pense que je pense que je dis une parole vraie authentique et qui parle aux gens et que j'essaye comme je vous l'ai dit c'est mon rôle à la fois d'écrivain et de politique de mettre de l'ordre donc ce qui peut apparaître comme un chaos indescriptible au contemporain et donc vous ne lâcherez pas la politique pourquoi voulez-vous que je lâche la politique j'ai toujours fait de la politique je vous le répète là maintenant j'ai compris votre question je ne lâcherai pas la politique électorale j'essaye de la faire sans les travers d'un politicien voilà la ligne de craque est étroite mais je m'y tiens très bien merci merci beaucoup
Eric Zemmour de votre participation à cette émission merci Nicolas merci à vous merci à Christelle Benjamin pour sa préparation à Sophie Doncé et Philippe Bertigny pour sa réalisation merci à tous de l'avoir suivi très bon week-end et rendez-vous la semaine prochaine et rendez-vous
Éric Zemmour