Mélanie Vogel, sénatrice Écologiste, est l'invitée de la matinale de Franceinfo
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour, merci d'être venu sur notre plateau ce matin. Alors, je sais pas si vous avez lu Libération ce matin, il y a une une qui dit clairement il y a comme un X référence au réseau du milliardaire Elon Musk qui apporte son soutien à Marine Le Pen avec ce ce poste sur X. Elle est le dernier espoir pour la France.
C'est un soutien appuyé ou une ingérance selon vous ? C'est écoutez, c'est je vois que ça embarrasse le Rassemblement national et Marine Le Pen mais enfin c'est un soutien qui est parfaitement logique. C'est ce qu'on appelle l'international réactionnaire.
Ce sont des gens qui portent un projet similaire. Et donc moi je trouve ça parfaitement logique. Kellon Musk qui au fond défend le même projet aux États-Unis que Marine Le Pen en France la soutienne.
Le Premier ministre avait convoqué un certain nombre de représentants des partis politiques pour parler de ces risques d'ingérence. Vous craignez-vous aussi que le grand rendez-vous démocratique et l'élection présidentielle en mai en avril et mai prochain puisse être victime de ces ingérances, qu'elles viennent des États-Unis, qu'elles viennent de Russie ou d'ailleurs ? Ouais, c'est évident qu'on est particulièrement vulnérable aujourd'hui davantage que ce qu'on a été avant aux ingérences étrangères en particulier dans les processus électoraux.
Ça a été le cas des dernières élections municipales. On a vu à Toulouse des ingérences dans la campagne. Ce sera le cas des élections concernant des candidats insoumis aussi à Marseille et à Roubé.
Parfaitement. Parfaitement. Et on le verra malheureusement lors de la campagne présidentielle puisque la campagne présidentielle, il faut bien voir que le choix que vont faire les Françaises et les Français a une influence sur l'avenir de l'Europe et de la marche du monde et donc intéresse des puissances étrangères qui n'ont pas les mêmes intérêts que nous.
Et donc on peut craindre ces ingérences et il faut on peut se protéger. Il faut se protéger. C'est la question de la souveraineté numérique, du renforcement des règles démocratiques pour que le choix soit fait le plus librement et démocratiquement possible avec toujours un risque de percuter avec les libertés d'expression.
Mais on verra parce que je crois qu'il y a une proposition au Sénat euh qui fait beaucoup parler mais on aura l'occasion d'y revenir. Hier la commission mixte paritaire, j'essaie d'éduquer tout le monde ici, d'expliquer que ce sont sep députés et sep sénateurs qui se rencontrent, ils ont trouvé un compromis, un accord sur la loi d'urgence agricole. Euh bon, ça passera devant l'Assemblée, le Sénat la semaine prochaine.
Pour les écologistes, vous avez fait un communiqué commun avec le groupe donc du Sénat et de l'Assemblée. Pour vous, c'est une loi, vous dites, de régression. Pourquoi c'est une loi de régression selon vous ?
Alors, d'abord le la commission mix paritaire, vous dites, elle a trouvé un compromis. C'est vrai, ils sont arrivés à se mettre d'accord sur un texte qui globalement ne change pas les équilibres de la loi qui a été votée au Sénat. C'est un texte de régression sur deux plans au moins.
D'abord, une régression formelle puisqu'il réautorise deux pesticides interdits en France pour des raisons sanitaires pour leur impact sur la santé publique et sur l'environnement. Donc on est vraiment en train de régresser au sens formel du ter sous contrôle de l'agence de sécurité sanitaire pour vous. C'est pas suffisant.
Non, parce que aujourd'hui les études que nous avons, les études de LINRA et les études de l'EFSA démontrent que nous avons euh des risques sanitaires et des risques pour la protection de l'environnement qui ensuite sont des risques sanitaires euh pour ces deux pesticides. Entre autres cet ami pride qui avait fait tant de bruit avec la loi du plomb qui avait amené une pétition depuis de 2 millions de personnes qui pour les deux pesticides en cause ont un effet létal sur les pollinisateurs. Sans pollinisateur, il n'y a plus de vie.
Il n'y a plus d'agriculture, il n'y a plus de souveraineté alimentaire. Par ailleurs, nous savons que ce sont des substances qui restent dans l'eau et qui pollue l'eau de manière durable et donc qui ensuite euh ont un impact sur la santé publique et euh sur notre capacité par ailleurs à produire une agriculture saine. Il y a un débat aussi sur l'eau et le partage de l'eau.
Voilà. Donc ça c'est la le deuxième aspect, c'est l'accès à la ressource en eau. Nous sommes en pleine sécheresse.
Nous avons un enjeu existentiel sur l'accès à l'eau potable et sur le partage de l'eau. Et alors que nous devrions être aujourd'hui au Parlement en France, on devrait être en train de discuter d'abord et avant tout d'un grand plan d'urgence pour l'atténuation du r des règlements climatiques et l'adaptation. Et au lieu de faire ça, nous sommes en train, c'est c'est quand même édifiant, au lieu de faire ça, nous sommes en train de voter un texte qui au contraire accélère le dérèglement climatique.
Vous trouvez qu'on concentre trop le l'eau sur le l'exploitation agricole et pas plus globalement. C'est ça un peu que vous reprochez à ce texte. Ce qui est dans ce texte, c'est le fait de pouvoir davantage prioriser par rapport à aujourd'hui l'usage agricole de l'eau à un moment où nous allons en manquer, où la sécheresse s'étend. la sécheresse qui est responsable des incendies que nous voyons aujourd'hui, des dizaines de feux de manière simultanée en France.
Et alors que nous devrions au contraire faire la transition vers une agriculture qui consomme moins en eau, qui est plus adaptée et donc qui est plus durable, nous permettons à un système agricole qui est minoritaire mais qui utilise beaucoup d'eau, nous avons une minorité d'exploitations agricoles qui utilisent toute l'eau consommée par l'agriculture. C'est minoritaire les exploitations agricoles qui ont besoin d'autant d'eau. Et au lieu de faire la transition pour que nous ayons une agriculture durable, raisonnée, qui nourrit de manière saine la population française, nous permettons à la partie de l'agriculture française intensive qui détruit l'environnement et la santé publique de d'être davantage financé et d'avoir davantage de facilité.
C'est l'inverse de l'histoire en réalité. Alors, vous parliez du dérèglement climatique. Euh vos collègues de l'Assemblée nationale ont enfin présenté une proposition de loi euh d'adaptation hein au dérèglement climatique pour le congé climatique qu'avait euh proposé déjà Marine Tondelie, mais aussi pour un possibilité d'un droit de retrait euh qui compléterait un décret de de 2025 qui ne donnait pas assez de conditions pour les pour les pour les employeurs par rapport aux salariés.
Euh on est obligé aujourd'hui de s'adapter euh de subir. Est-ce que l'atténuation du réchauffement euh c'est un combat difficile à mener aujourd'hui ? Non mais euh il faut mener les deux de front, c'est encore possible.
Alors je vais vous dire un truc très concret. Euh dans l'accord de Paris, nous nous sommes engagés à tout faire au niveau mondial pour ne pas dépasser 1,5°gr de réchauffement climatique. Et nous avons échoué.
Nous avons échoué d'un point de vue international. Nous ne sommes plus en capacité aujourd'hui de respecter ces 1,5 %. Néanmoins, l'objectif euh majeur de l'accord de Paris, c'est de ne pas dépasser les 2 degrés de réchauffement.
Pourquoi ? C'est pas un chiffre au hasard. parce que au-delà de 2 degrés, il y a des effets irréversibles que nous ne pourrons plus jamais maîtriser.
C'est encore possible et c'est vraiment le message que je veux envoyer aux citoyens et citoyennes aujourd'hui, notamment en vue de la présidentielle, c'est encore possible d'atténuer le dérèglement climatique pour qu'on ne dépasse pas les 2 degrés. C'est difficile. Plus on ralentit notre action, plus c'est difficile mais c'est encore possible.
Et donc l'atténuation, c'est en fait il y a un moment à partir duquel on ne peut plus s'adapter. On peut pas s'adapter à tout. Donc on doit globalement peut oublier par rapport à cette attanuation qui est nécessaire euh l'adaptation pour que on pas par exemple on meurt aujourd'hui en France à cause des canicules.
Tout à fait. Donc il faut faire les deux. Il faut atténuer parce qu'il y a un seuil au-delà duquel on ne peut plus s'adapter mais il y a une partie du CO2 que nous avons rejeté dans l'air qui est là et donc un réchauffement qui est là auquel nous devons nous adapter.
Nous devons nous adapter dans les logements. Nous nous devons nous adapter au travail. Et la proposition du groupe écologiste à l'Assemblée que je salue parce que enfin on est en train de discuter de choses utiles à la situation d'aujourd'hui propose, c'est une pierre dans euh la protection sociale écologique que nous appelons de nos vœux, propose deux mécanismes pour que le monde du travail soit adapté aux contraintes, aux risques que le dérèglement climatique fait peser sur nous.
Alors, on verra comment ce texte est programmé au calendrier de de l'Assemblée. Il y a une autre loi qui a été voté définitivement, hein, c'est le droit à l'aide à mourir qui est donc créé en France. On a beaucoup parlé de cette loi, mais en revanche, il y a deux saisines du Conseil constitutionnel.
Une du Premier ministre qui l'avait annoncé avant le vote et celle du président l'archer qui lui l'avait aussi annoncé. Vous vous êtes sénatrice, vous avez vu comment les Républicains ont ont détricoté ce texte pour ne pas dire autre chose. Vous réagissez comment à ces ces du Conseil constitutionnel ?
C'est un gage donné par le premier ministre aux opposants ou est-ce que c'est pour garantir que ce texte soit applicable par rapport à notre constitution ? Écoutez, pour être très franche, j'ai pas bien compris la saisie du Conseil constitutionnel du Premier ministre puisqu'elle avait déjà été faite par le président du Sénat sur les mêmes motifs. Bon euh après que le Conseil constitutionnel soit saisi, qui se prononce sur le respect de la loi par la loi de la Constitution, c'est parfaitement normal.
Nous sommes dans un état de droit. Moi à titre personnel et politique, il pas un message subliminal dans cette saisine ? Si, bien sûr, bien sûr.
Mais en fait, ce qui nous intéresse aujourd'hui, c'est que cette loi a été votée. Elle correspond, même si elle est très restrictive, elle correspond à une volonté populaire, elle correspond aux aspirations de la convention citoyenne qui avait été réunie, qui avait conclu par ces travaux qu'il nous fallait avancer sur ce sujet. Elle va donner un nouveau droit en France à des personnes dans des situations très particulières de pouvoir décider de partir dignement.
Et donc nous nous l'avons soutenu. J'ai honte de la manière dont les débats se sont déroulés au Sénat. Vous l'avez dit, la droite sénatoriale a détricoter ce sexe.
Mais aussi voilà, je trouve que nos débats n'ont pas été à la hauteur. Maintenant cette loi est votée. Le Conseil constitutionnel va juger de sa constitutionnalité.
On est dans un état de droit. J'espère que rapidement les Françaises et les Français pourront jouir de ce droit que d'autres Européens connaissent et qui aujourd'hui entraînent les Français à malheureusement partir à l'étranger pour pouvoir en bénéficier. Alors, la ministre de la santé a dit que ce texte serait à priori appliqué au 1er janvier 2027.
Mélanie Vogel