Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 16 octobre 2024 23 min

Éric Ciotti : "Je n'ai aucun regret"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-10. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le député des Alpes-Maritimes, président du groupe Union des Droites pour la République à l'Assemblée Nationale. Amis auditeurs et amies auditrices, vos questions et réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application de Radio France. Éric Ciotti, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro. Éric Ciotti, on a beaucoup de questions à vous poser sur le budget, la future loi immigration sur le dossier Sanofi. Mais d'abord, rembobinons. La dernière fois que vous étiez dans ce studio, c'était il y a huit mois, soit une éternité en politique.

Vous étiez alors président des LR, en train de ferrailler aux côtés de Bruno Retailleau sur la loi immigration de Gérald Darmanin. Depuis, il y a eu une dissolution. Il y a eu votre décision surprise d'appeler à une alliance entre le RN et LR. Un vaudeville qui vous a valu de très fortes tensions avec les ténors LR. Aujourd'hui, vous êtes donc à la tête de ce groupe UDR qui compte 16 députés. Et vos anciens amis sont, eux, au gouvernement, à Matignon, à l'intérieur. Vous n'avez pas de regrets, Éric Ciotti ? Regrets d'avoir fait de mauvais choix ? Pourriez être au gouvernement aujourd'hui ? Pour y faire quoi ? C'est la vraie question. Non, je n'ai aucun regret.

Je suis bien là où je suis, fidèle à des convictions, à des valeurs. La dissolution a créé une situation inédite. Il fallait faire des choix. Certains de mes amis ont fait le choix de s'allier au premier tour avec Emmanuel Macron et au second avec le nouveau Front populaire. J'ai fait le choix de m'allier avec la droite, avec les mouvements qui étaient, je le considère, les plus proches de moi. C'est la logique du scrutin législatif à deux tours. Quand on fait 7% à une élection européenne, on ne peut pas aller tout seul à une élection législative. Ceux qui ne m'ont pas suivi ont eu la même réflexion. Ils sont au gouvernement. Tant mieux pour eux. Est-ce que c'est bien pour la France ?

Pour quoi faire ? Ce n'est pas ma conviction, moi. J'ai été fidèle au mandat que m'ont donné les électeurs et j'en suis heureux.

2:23
Éric Ciotti

Donc pas de scrupules et pas de regrets quand vous voyez que vous auriez peut-être pu être ministre de l'Intérieur dans cette nouvelle... Pourquoi faire avec quelle marge de manœuvre ? On va sans doute en parler. Vous les connaissez, Michel Barnier, Bruno Retailleau, ce sont vos copains d'avant. Vous avez travaillé avec eux. Vous leur faites confiance pour redresser le pays ?

2:43
Présentateur

J'ai du respect, voire de l'amitié pour eux. C'est vrai qu'on a travaillé longtemps ensemble et notamment avec Michel Barnier qui en était proche au parti. Simplement, je fais un constat sur la situation dans laquelle il se trouve. C'est une situation intenable. Michel Barnier est à la tête d'une... Ce qu'il appelle un socle minoritaire. 160 députés viennent du camp Macron. 47 de LR. Donc, ces marges de manœuvre sont totalement contraintes. Et quand je vois la politique qu'il conduit, qu'il est contraint de conduire finalement, il hérite d'une situation très difficile au plan budgétaire qui peut déraper.

3:21
Éric Ciotti

On va y venir au budget, oui.

3:22
Présentateur

Mais la réalité, c'est... Quand on est un Premier ministre de droite, c'est la question que j'ai posée hier. Désindexer les retraites. Augmenter massivement les impôts. Près de 1% d'augmentation des prélèvements obligatoires. C'est gigantesque. C'est un effort moyen par ménage de près de 1500 euros. Alourdir les charges des entreprises. Est-ce que... Alourdir...

3:48
Locuteur non identifié

On va y venir, on va y venir, on va y venir, on va y venir. Mais si on reprend quand même...

3:52
Présentateur

Toutes ces freins qui vont peser. Aucune économie structurelle, aucune réforme de l'État. Est-ce que c'est être vraiment de droite ? Sincèrement, je ne le crois pas.

4:00
Éric Ciotti

Mais quand Bruno Retailleau est à l'intérieur, quand il dit lors de sa prise de fonction que sa priorité, c'est l'ordre, l'ordre, l'ordre, lorsqu'il dit l'immigration n'est pas une chance pour le pays, lorsqu'il annonce une nouvelle loi immigration pour 2025, qu'il promet de régulariser au compte-gouttes. Vous lui donnez... Vous dites bravo, vous dites quoi ? Vous dites nos 16 députés, mes 16 députés vont vous soutenir, Bruno Retailleau ?

4:21
Présentateur

Je suis d'accord avec lui. Et s'il va dans cette direction, naturellement, nous le soutiendrons. Nos députés, d'autres, le soutiendront aussi. Dans notre alliance, nous le soutiendrons globalement. Mais est-ce qu'il pourra le faire ? Vous aviez tout à l'heure, Madame Dariussec, on voit le débat sur l'AME. Chaque fois que Bruno Retailleau émet des propositions, un autre ministre du même gouvernement va dans le sens contraire, y compris le Premier ministre. Il a évoqué, vous évoquiez son propos sur l'immigration n'est pas une chance. Je crois qu'aujourd'hui, en tout cas, l'immigration de masse, il ne faut pas individualiser.

Il y a des personnes issues de l'immigration qui ont beaucoup apporté à notre pays. Donc, on ne peut pas généraliser.

5:09
Éric Ciotti

Mais pour vous, l'immigration n'est pas une chance.

5:10
Présentateur

L'immigration de masse, je dirais, l'immigration de masse, où on donne presque 550 000 titres de façon légale dans notre pays, ce n'est pas une chance. Ce n'est pas une chance pour notre pays, ce n'est pas une chance pour les personnes qui arrivent, parce qu'on ne peut pas les intégrer. Et elles représentent une charge. Et ça pose aussi une difficulté pour elles qui est contraire à un principe d'humanité. Donc, il a raison quand il dit ça. Mais le Premier ministre tient un propos inverse. Vous rappeliez que je défendais, avec Bruno Retailleau, une loi à l'immigration. Moi, je demande deux lois à l'immigration.

Un projet de loi constitutionnel, qui, pour moi, est essentiel, qui doit être validé par référendum, parce qu'il faut que les Français, un jour, aient la parole sur les questions migratoires, qui sont au premier rang, parmi les premiers rangs de leurs préoccupations, et un projet de loi simple. Si ces textes sont portés, nous les soutiendrons. Nous les soutiendrons. Je demande même qu'ils le fassent. Je n'ai pas changé. Je demande à la virgule près que Bruno Retailleau représente les textes qu'on avait portés, notamment la réforme constitutionnelle, avec les quotas migratoires.

Éric Ciotti sur l'immigration, toujours le ministre de l'Industrie, Marc Ferracci, estimé hier, à notre micro, que des lois immigration. Il y en a eu beaucoup dans notre histoire récente. Je pense qu'il faut les évaluer, surtout les mettre en œuvre, car tous les décrets n'ont pas été pris. Il disait aussi que l'immigration, et en particulier l'immigration de travail, est une nécessité. Sans immigration, on ne sait pas faire. Dans l'industrie, Carlos Tavares, le patron de Stellantis, dit la même chose. « La France a besoin d'immigration pour accroître sa richesse et pour servir le mode de vie de sa population ». Ces propos, vous en pensez quoi ?

D'abord, un, ça fait partie des contradictions que je soulevais à l'instant. Ce que dit M. Ferracci est totalement à l'inverse de ce que dit M. Retailleau. Donc, quand on est dans le même gouvernement, il faut qu'il se mette d'accord. Moi, je ne suis pas au gouvernement. C'est au Premier ministre de fixer une ligne, mais il y a une forme d'en même temps exacerbée. Bon, c'est du macronisme. On dit tout et son contraire et au final, on ne fait rien. Moi, sur le fond, je suis en désaccord avec ce que dit M. Ferracci.

Quand on a un nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi qui tangentent toujours les 5 millions de personnes, on ne peut pas dire qu'on a besoin d'une immigration de travail. Il faut mieux former ceux qui sont sans emploi. Il faut les orienter vers les métiers de l'industrie. C'est ce que dit le MEDEF aussi. Ce n'est pas que Marc Ferracci. Vous savez,

7:46
Éric Ciotti

vous avez un désaccord avec le MEDEF sur cette question-là.

7:48
Présentateur

J'ai toujours eu le même désaccord. Je pense que ce qui avait été fait par le précédent gouvernement sur l'apprentissage et qui va être affaibli aujourd'hui, aller dans le bon sens pour orienter des personnes vers ces métiers.

8:01
Éric Ciotti

Sur le dossier Sanofi, rapidement, qui entend vendre le Doliprane et les autres médicaments sans ordonnance au fonds américain CDR, le ministre de l'Industrie hier nous disait que l'État demandait des garanties sur l'emploi, sur la recherche et développement et sur les sous-traitants. Les sous-traitants, si ces engagements n'étaient pas pris, le gouvernement pourrait bloquer cette vente. A dit Marc Ferraci, vous en pensez quoi ? Il faut l'empêcher, cette vente ? Vous dites comme Jordan Bardella qu'ils sont en train de vendre la France à la découpe ou non ? Ça ne vous scandalise

8:27
Présentateur

pas plus que ça ? Vous savez, j'avais été rapporteur de la commission d'enquête sur le Covid et dans une des propositions, c'était de mettre en place une liste de produits stratégiques, notamment en matière médicale et sanitaire, qui devaient être fabriqués en France. Pour ne pas dépendre en temps de crise comme on a été totalement otage pendant le Covid, de puissances étrangères et notamment de la Chine. Donc, il faut qu'on ait cette souveraineté sanitaire.

8:53
Éric Ciotti

Mais vous ne me répondez pas

8:53
Présentateur

sur ce cas d'espèce. On doit pouvoir bloquer, en effet. Vous, vous êtes contre cette vente d'une partie... Elle me paraît dangereuse et contraire aux intérêts français.

9:03
Éric Ciotti

Mais ça, ce n'est pas très de droite, ça, parce que le patron de Sanofi pourrait vous dire je suis une entreprise privée, je vends une autre entreprise privée. L'État, le député Ciotti, n'a rien à dire.

9:12
Présentateur

Quand on est, vous avez raison sur n'importe quel produit, pas sur des produits qui ont une influence sur notre souveraineté et qui peuvent mettre en danger, en péril, notre indépendance, notamment en temps de crise. Le Doliprane,

9:24
Éric Ciotti

pour vous, c'est un enjeu de souveraineté sanitaire ?

9:27
Présentateur

Peut-être pas que le Doliprane, mais il y avait la question des antibiotiques, des produits sanitaires. Le Doliprane, c'était le traitement privilégié pendant le Covid. Donc, c'était un produit qui est utile et qui est très utilisé par les Français. Le budget 2025, son examen, l'examen du projet de loi de finances commence aujourd'hui en commission. Vous avez demandé une commission d'enquête sur les dérives des finances publiques. Quel est l'objectif ? Qu'est-ce que vous cherchez ? Qu'est-ce que vous espérez trouver quand vous parlez de dissimulation ? Vous pensez qu'il y a eu mensonge volontaire, fraude ou au minimum présentation de comptes insincères ?

Oui, ce sont les questions qui sont posées. Il y a un écart entre les déficits publics qui étaient prévus au budget 2024 de 128 milliards d'euros parce qu'on parle souvent en pourcentage de PIB. C'était 4,4% du PIB. Pour les Français, ça ne veut pas dire grand-chose. C'était 128 milliards d'euros. On finit 60 milliards d'euros de plus. On est à 180. Où est passée cette somme ? Pourquoi il y a telle erreur ? Il n'y a pas d'erreur sur la croissance. Souvent, les prévisions sont contredites parce que la croissance est plus faible donc il y a moins de recettes. Là, ce n'est pas le cas. La prévision de croissance était exacte.

Donc, ça laisse entendre dans la mesure où cette prévision de croissance était exacte qu'il y a sans doute eu et ce sera l'objet de la commission d'enquête que nous avons demandé qui a fusionné d'ailleurs avec celle de la commission des finances. On s'est mis d'accord. Il n'y aura qu'une commission d'enquête. Il y aura...

11:08
Éric Ciotti

Et vous allez entendre Bruno Le Maire qui s'est dit tout à fait

11:10
Présentateur

prêt à répondre à vos questions. Et tous les acteurs de ceux qui ont joué un rôle décisif, majeur, nous demanderont tous les documents aussi voir ce qui s'est passé. Une erreur à près de 60 milliards d'euros, pour moi, ce n'est pas une erreur, c'est une faute et peut-être plus grave. Peut-être plus grave, ça veut dire ? La commission d'enquête le démontrera. Il y avait des élections européennes.

11:35
Éric Ciotti

Il peut y avoir des fraudes, vous pensez ?

11:36
Présentateur

Vous pensez quoi ? Est-ce que le gouvernement a voulu dissimuler à la veille des élections européennes une réalité ? Si c'est le cas, ça serait très grave. Mais je pose cette question, je n'ai pas de réponse à ce stade. Mais en tout cas, nous assistons à une dérive inédite. L'écart aussi fort est quasiment inédit sous la Ve République, hors période de crise. Il ne s'est rien passé, il n'y a pas eu de crise majeure au cours de 2024. Pourquoi ce dérapage ?

12:01
Éric Ciotti

Maintenant, il faut trouver 60 milliards d'euros d'économie. Dans ce contexte, Michel Barnier défend des hausses d'impôts temporaires sur les très grandes entreprises qui font des profits et sur les très très riches. Il parle d'un effort de solidarité nationale après des années où l'impôt sur les sociétés a baissé, où la flat tax a été supprimée. N'est-ce pas le moment pour les très très grandes entreprises qui font beaucoup de profits de faire un acte de solidarité nationale comme dit Michel Barnier ?

12:27
Présentateur

Votre question serait pertinente si nous étions dans un pays où les prélèvements obligatoires n'étaient pas les plus élevés au monde.

12:34
Éric Ciotti

En l'occurrence, pour les impôts des sociétés, ils ont baissé.

12:36
Présentateur

Oui, mais les impôts de production restent en France supérieurs de 8 à 9% à la moyenne européenne. Donc, c'est une perte de compétitivité pour les entreprises. Les entreprises françaises, certes, il y a eu la baisse de l'impôt sur les sociétés, la baisse par deux fois de la CVAE, c'est bien, j'ai soutenu ces mesures, mais néanmoins, on reste quand même à un niveau beaucoup plus élevé que la moyenne européenne.

12:58
Éric Ciotti

Vous dites qu'il ne faut pas le faire.

13:00
Présentateur

Donc, c'est une erreur, c'est une faute économique.

13:01
Éric Ciotti

Vous voterez contre ?

13:02
Présentateur

Je voterai contre, je l'ai dit hier dans ma question au Premier ministre. Pourquoi je voterai contre ? Parce que ces mesures vont avoir un effet récessif. C'est presque 0,8% d'augmentation des prélèvements obligatoires. On est à 48 selon Eurostat, c'est le premier rang des pays de l'OCDE, des pays de l'Union européenne naturellement. Donc, on a ce record du monde, on gagne chaque année la Coupe du Monde des impôts. On ne peut pas charger un peu plus la barque parce que, vous savez, selon le principe de la courbe de l'affaire, l'impôt tue l'impôt, plus on va prélever, ça va casser la croissance et on aura moins de retraite fiscale. Donc, ça sera une forme de double paix.

Vous voterez contre cette mesure-là ou vous voterez contre tout le budget ? Aujourd'hui, le budget tel qu'il est, on va essayer de le modifier. On a des amendements, ne me convient pas, ce n'est pas un budget courageux. Vous avez parlé de budget socialiste. Oui, parce que quand on aurait... Socialiste, Michel Barnier, des socialistes ? Vous savez, quand on augmente les impôts, ce n'est pas moi qui le dit, c'est le Haut Conseil des Finances Publiques, de plus de 30 milliards d'euros. Et ça, ce sont des mesures qui ne sont pas virtuelles. Les économies, elles sont virtuelles. C'est une espérance. Les hausses d'impôts, elles sont réelles, concrètes et elles vont s'appliquer.

Et je le dis, c'est en moyenne 1 500 euros par ménage. 13 milliards pour les entreprises. Donc, quand on va aussi loin dans le choc fiscal, oui, c'est socialiste. Quand on ne réforme pas l'État, quand les dépenses publiques continueront d'augmenter, 2,1%. Donc, là aussi, est-ce qu'il y a une diminution du nombre de fonctionnaires ? Est-ce qu'il y a des suppressions d'agences de l'État ? Une restructuration de l'État ? Non, il n'y a rien de très courageux dans ce budget. Il y a la facilité de l'augmentation d'impôts. C'est pavlovien. Depuis des années, dès qu'il y a un problème, on augmente les impôts et on est arrivé à cette situation qui pénalise notre économie.

14:55
Éric Ciotti

Éric Ciotti, au début de l'entretien, vous nous avez dit « Je me demande si Michel Barnier est encore de droite. » Vous avez posé cette question. J'ai envie de vous demander est-ce que vos nouveaux alliés et le Rassemblement National sont de droite quand on sait que le 31 octobre prochain, le RN aura sa niche parlementaire et proposera l'abrogation de la réforme des retraites et le retour aux 62 ans et même 60 ans pour ceux qui ont commencé tôt ? Est-ce que vous la voterez cette niche parlementaire ? Est-ce que c'est de droite, ça ?

15:21
Présentateur

Je ne la voterai pas en cohérence avec ce que j'ai toujours défendu. Vous savez, on a bâti une alliance, j'évoquais le contexte de cette alliance, elle est solide et durable et je la revendique et je me battrai pour qu'elle soit maintenue parce que nous avons besoin de l'union de tous ceux qui veulent que la France sorte de l'ornière. Mais nous avons des différences parce que si je n'avais pas des différences qui sont notables, si je n'avais pas de différences, je serai au Rassemblement National. Vous avez noté que je ne le suis pas, je suis président de l'UDR entre parenthèses qui est un parti qui désormais a plus d'adhérents que Renaissance. Donc, ce n'est pas rien en un mois à peine.

Et donc, sur les questions économiques, nous avons rapproché nos points de vue pendant la campagne législative dans la plateforme. Il reste des nuances. Il y en a ceux qui nous rassemblent Sébastien Chenu

16:14
Éric Ciotti

du Rassemblement National parlait de votre vote sur cette question. Cela, sur la niche parlementaire et il disait, je crois au bout du compte que les élus d'Éric Ciotti voteront la brogation de la réforme des retraites. Vous lui dites non, on la votera pas.

16:23
Présentateur

Non, nous ne la voterons pas et je l'ai dit très clairement à Marine Le Pen et il n'y a aucun sujet là-dessus parce que le propre d'une alliance quand on a deux partenaires, si on est allié, c'est qu'on a des différences. Et moi, je considère que l'évolution démographique, le rapport entre les retraités et les inactifs, le vieillissement de la population conduit à ce qu'on maintienne cette réforme. Elle était loin d'être parfaite.

16:49
Éric Ciotti

Pour vous abroger, pardonnez-moi, mais pour reprendre vos termes, abroger cette réforme des retraites comme le souhaite le Rassemblement National, c'est socialiste ?

16:56
Présentateur

Non, je ne sais pas si c'est socialiste. En tout cas, personnellement, moi je souhaiterais qu'on améliore la réforme des retraites. Il y a la question des carrières longues et là je suis d'accord avec le Rassemblement National. Il faut qu'on aille plus loin parce que ce n'est pas normal que quelqu'un qui a travaillé très tôt dans les métiers où il y a une grande pénibilité. Ça, c'est un vrai sujet. Et ensuite, moi je suis pour qu'on améliore le système global, qu'on introduise notamment une dose de capitalisation, qu'on garde le système, le socle de répartition, il est essentiel, mais qu'on mette aussi, comme c'est le cas dans la fonction publique, une petite dose de répartition.

17:32
Éric Ciotti

Comment ça va avec le Rassemblement National et avec Marine Le Pen ? Parce que quand ils ont fait leur grand meeting de rentrée il y a deux semaines chez vous, à Nice, ils ont oublié de vous inviter ? Qu'est-ce qui s'est passé ?

17:41
Présentateur

Rassurez-vous, j'étais invité ? Nous nous sommes vus d'ailleurs à Nice de façon très sympathique et très amicale.

17:48
Éric Ciotti

Mais vous n'y étiez pas au meeting aussi ?

17:49
Présentateur

Il n'y a aucun sujet ? Oui, parce que c'était la rentrée du Rassemblement National. Je ne suis pas au Rassemblement National. Il y a des différences. Vous savez, mon parti s'appelle l'UDR, Union des Droites, vous l'avez rappelé. Ça, c'est un fait générateur marquant, mais l'UDR, c'est aussi le parti du général de Gaulle. C'est mon histoire, c'est ma famille, personnel, et j'y suis fier, j'y suis attaché. Et c'est finalement mon double ADN. Allez, on passe au standard inter. Angelo, bonjour.

18:18
Auditeur

Bonjour France Inter, bonjour M. Ciotti. Bonjour. Alors, moi je suis athée, j'habite dans une république laïque et je suis bien content. Je voulais savoir si vous étiez d'accord avec la déclaration de Marine Le Pen selon laquelle le voile est l'uniforme de l'islamisme et le projet du Rassemblement National d'interdire le voile, je précise, sur la place publique étant entendu que moi, dans l'ensemble scolaire, je ne suis pour aucune représentation religieuse. Mais là, il y a quand même quelque chose d'important puisque moi, je suis athée, république laïque, donc on ne privilégie ni nostracise aucune religion. Il y a des femmes qui portent le voile par choix.

et comment on peut faire valoir un projet pareil et être en accord sinon que donner raison aux gens qui n'arrêtent pas de crier à l'islamophobie à tout va et là, ils trouveront un pont d'or pour le faire.

19:15
Présentateur

Merci. Merci Angelo pour cette question. Éric Ciotti, vous répond. D'abord, une petite remarque. Vous dites, il y a des femmes qui portent le voile par choix, peut-être, mais il y en a beaucoup qui sont contraintes et permettez-moi de penser à ces femmes qui luttent et qui sont menacées dans leur vie en Iran parce que justement, elles veulent enlever le voile. Donc, je ne pense pas que ce soit dans le pays des libertés un signe de progrès que défendre ce qui est quand même un instrument de soumission pour la femme au moment où on porte ce combat pour l'égalité, pour la liberté. J'y vois une forme de recul. Et sur l'interdiction dans l'espace public ?

Moi, je suis, je l'ai toujours défendu, je suis pour l'interdiction des signes religieux dans les espaces de services publics. Vous savez, dans les services publics, c'est constitutionnel, il y a la neutralité pour les agents. Je pense qu'il doit y avoir aussi la neutralité pour les usagers parce qu'on ne peut pas imposer dans un lieu de services publics au guichet d'une administration, par exemple, ces appartenances religieuses.

20:26
Éric Ciotti

Donc, vous voulez qu'une femme qui va à l'hôpital, une femme qui va à l'hôpital public doit retirer son voile, c'est ce que vous dites ?

20:31
Présentateur

Je pense que c'est un des lieux, en effet, où cette neutralité doit s'imposer. Éric Ciotti, quand vous étiez président de LR, votre priorité était d'imposer Laurent Wauquiez en candidat de votre parti pour 2027 et le tout sans primaire. Une personnalité dispose des meilleures qualités pour incarner l'avenir de la droite. Laurent Wauquiez, il est le mieux placé, disiez-vous, au JDD en septembre 2022. Il est toujours le mieux placé ? Sans doute pas. Sans doute pas, parce que je pense qu'il a raté plusieurs occasions, et notamment cette occasion de porter avec moi cette alliance. S'il avait fait, la France serait aujourd'hui gouvernée à droite. Il a fait partie de ceux qui s'y sont opposés.

Il a fait de façon moins caricaturale que M. Bertrand qui a appelé à voter communiste ou insoumis. mais il a quand même participé à bloquer le fait que la France pourrait avoir un gouvernement majoritaire et non pas cette coalition des contraires un peu ridicule. Voilà, donc à un moment, il faut faire des choix. Laurent Wauquiez a des qualités. Celles que je soulignais n'ont pas disparu, mais je crois qu'il a raté quelques opportunités et la vie politique, c'est aussi savoir ouvrir une voie, être dans l'anticipation. Et pour 2027, si Laurent Wauquiez se présente et si Marine Le Pen se présente, vous soutiendrez qui ? Nous verrons bien, cette question n'est pas posée à ce stade.

Moi, je conforterai l'alliance que nous avons portée.

22:12
Éric Ciotti

Avec le Rassemblement National. Donc, vous nous répondez quand même que vous soutiendrez le candidat ou la candidate du Rassemblement National.

22:17
Présentateur

Je suis attaché à ce que cette alliance qui a ouvert une fissure dans ce mur qui avait été érigée par la gauche pour empêcher la droite de gouverner. C'était la stratégie de François Mitterrand qui a été, il faut bien le reconnaître, assez efficace. Eh bien, nous nous adapterons aux circonstances.

22:37
Éric Ciotti

Il vous a envoyé son livre, Jordan Mardala ?

22:40
Présentateur

Pas encore. Vous l'attendez. Mais nous en avons parlé ensemble.

22:43
Éric Ciotti

Merci.

22:43
Présentateur

Merci Eric Ciotti, président de l'Union des Droites pour la République, l'UDR. Merci d'avoir été au micro d'Inter.

Éric Ciotti : "Je n'ai aucun regret" — Éric Ciotti · Pourquijevote