Laurent Jacobelli : "Retailleau est incapable de passer des paroles aux actes !" (Public Sénat)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 55 %Défensif 15 %
Questions et réponses
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- 0:14OuverteRéponse directe
Bonjour Laurent Jacobelli, merci d'être venu.
- 0:24FerméeÉludée
Le dispositif sécuritaire a-t-il été à la hauteur ?
- 0:48RelanceRéponse partielle
Hier, ça s'est bien passé sur les Champs.
- 1:24FerméeÉludée
Êtes-vous sur la même longueur d'onde que les insoumis sur le sujet ?
- 2:19OuverteRéponse partielle
Bruno Retailleau vous accuse de tromper les Français.
- 2:46RelanceRéponse partielle
Qu'auriez-vous fait de plus que Retailleau ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:38Invité politiqueFait
« Quand on voit des hordes de sauvages débouler dans Paris, brûler des voitures, casser des vitrines, agresser des policiers et des pompiers, ça n'a plus rien d'une fête populaire, c'est du saccage. »
- 1:11Invité politiqueFait
« C'est un échec personnel de Bruno Retailleau, qui, pour la première fois, avait l'occasion de passer des paroles aux actes. »
- 1:49PrésentateurChiffre
« Il y a eu 500 interpellations, plus 300 gardes à vue. »
- 3:02Invité politiquePromesse
« Nous, nous aurions déjà travaillé depuis le temps que M. Macron est là pour que la justice soit implacable. »
- 5:31Invité politiqueFait
« Clairement, on a là un problème de laxisme judiciaire, et je le dis, un problème d'immigration. »
- 5:53Invité politiqueFait
« On a raté l'étape de l'assimilation, en acceptant trop de monde sur notre sol, en acceptant du communautarisme. »
- 7:20Invité politiqueFait
« Une élection libre, sans intervention de l'Union européenne et sans intervention d'Emmanuel Macron, ça fait du bien. »
- 7:31Invité politiqueFait
« Les peuples, les uns après les autres, réclament plus de souveraineté, une Europe bienveillante et non pas une Europe castratrice. »
- 10:14PrésentateurChiffre
« Les recettes fiscales n'ont cessé d'augmenter depuis l'élection. »
- 10:41Invité politiqueChiffre
« La TVA est passée de recettes de 200 milliards quand il était arrivé à 285 milliards aujourd'hui. »
- 11:55Invité politiquePromesse
« Il y aura des taxes supplémentaires, voilà, d'une manière ou d'une autre. »
- 23:32PrésentateurChiffre
« Les Ukrainiens affirment avoir détruit pour 7 milliards de dollars d'avions militaires russes. »
Temps de parole
- Laurent Jacobelli78 %
- Laurent Jacobelli 211 %
- Présentateur11 %
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Bonjour Laurent Jacobelli, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation, députée de la Moselle, porte-parole du Rassemblement National. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Stéphane Vernet de Ouest France. Bonjour Stéphane.
Bonjour Aurélien, Laurent Jacobelli, bonjour. Bonjour.
On va revenir sur la victoire du PSG, la célébration de cette victoire, les joueurs parisiens qui ont fêté leur titre hier à Paris, sur les Champs-Elysées, au Parc des Princes, sans débordement majeur. Cette fois-ci, le dispositif sécuritaire a été à la hauteur ?
Non, bien sûr que non. Ce qui s'est passé pendant ces deux jours, ce n'est d'abord d'un côté la victoire du PSG, une victoire française dont on peut être tous très heureux, et la défaite de la sécurité, la défaite de la civilisation. Quand on voit des hordes de sauvages débouler dans Paris, brûler des voitures, casser des vitrines, agresser des policiers et des pompiers, ça n'a plus rien d'une fête populaire, c'est du saccage.
Hier, ça s'est bien passé sur les champs.
Ça s'est bien passé sur les champs. Si vous estimez que faire des barrages sur le périphérique, comme ça s'est fait hier, avec encore beaucoup d'agressivité, c'est satisfaisant, c'est qu'on est tombé bien bas. C'est qu'on s'est habitué à la décivilisation, c'est qu'on s'est habitué à leur sauvagement. Vous voyez, nous, au Rassemblement National, on ne s'y habitue pas. Et c'est un échec. C'est un échec, évidemment, de la politique de sécurité en France. Et c'est un échec personnel de Bruno Retailleau, qui, pour la première fois, avait l'occasion de passer des paroles aux actes. On a vu que sur un plateau de télé, il savait utiliser les mots.
Malheureusement, quand il fallait prendre sa casquette de ministre, pour le coup, c'était le chaos. – Ça veut dire que vous êtes sur la même longueur d'onde que les insoumis, sur le sujet, qui reprochent à Bruno Retailleau d'être responsable des débordements ? – Non, nous, nous sommes à l'opposé. – Vous dites la même chose qu'eux, là. – Oui, mais pour le résultat, eux auraient aimé qu'il n'y ait pas du tout de force de police. Nous, on aurait aimé qu'il y ait plus de force de police, qu'elles soient mieux, que les objectifs soient plus clairs, qu'il y ait des arrestations. Et surtout que demain, ces voyous ne se retrouvent pas dans la rue. J'ai vu…
– Parce qu'il y a eu 500 interpellations, plus 300 gardes à vue.
– Alors, donnons-nous rendez-vous et vous verrez combien sont libres dans quelques jours. Le problème, il est là, c'est que ceux qui vont dans les rues, mettent le feu, agressés, eh bien, ils savent très bien qu'ils ne risquent rien. Et c'est pour ça qu'ils défient la République. C'est pour ça qu'ils défient un pays dans lequel ils ne se sentent pas bien, qu'ils n'aiment pas. C'est pour ça qu'ils veulent contrer l'autorité de l'État. Et vous parliez des députés insoumis. Eux, les députés insoumis, regrettent qu'il y ait eu des policiers. Ils auraient aimé que ces gens puissent se défouler librement.
Parce que là où nous, nous voyons des voyous, là où nous voyons des délinquants, là où nous voyons des sauvages, la France insoumise, elle, voit des électeurs.
– Et Bruno Retailleau, il vous accuse de tromper les Français. Il dit que le RN trompe les Français.
– Oui, mais Bruno Retailleau, probablement, est très suspicieux sur la question, parce que c'est ce qu'il fait à longueur de journée. Vous savez, on accuse souvent les autres de ses propres turpitudes. M. Bruno Retailleau qui est arrivé, qui a dit avec moi, vous allez voir, la sécurité, ça va arriver, je pique le programme du RN et je vais l'appliquer. Comme ça, vous n'aurez pas besoin de voter pour eux. On a vu hier, voilà, on a vu que les mêmes hordes arrivent sur Paris. On a vu la même incapacité à les arrêter. On a vu le même désarroi des forces de police. – Pardon, mais qu'est-ce que vous auriez fait de plus que ce qu'il a fait
et que ce qu'a fait le préfet de police ?
– D'abord, les forces de police supplémentaires auraient été bien plus massives. On s'attendait tous exactement à ce qui s'est passé, malheureusement. Et puis surtout, nous, nous aurions déjà travaillé depuis le temps que M. Macron est là pour que la justice soit implacable. D'abord, la justice des mineurs. Quand un mineur est attrapé en train de faire le délinquant, il peut être garanti qu'il aura une peine, même courte, un mois, deux mois dans un centre spécialisé, mais il aura une peine. – Mais pourquoi vous pentez du doigt Bruno Retailleau ? Il n'est pas ministre de la Justice Bruno Retailleau ? – Non, il est ministre de l'Intérieur et ça n'a pas marché.
– Donc il n'est pas responsable de ce que fait la justice ? – Il est co-responsable du chaos d'hier, voilà. Ça n'a pas marché hier, voilà. Moi j'ai vu des policiers agressés, j'ai vu un pauvre pompier sur lequel des jeunes tombaient en l'agressant. Tout cela n'est pas supportable. Vous pensez aux commerçants qui ce matin retrouvent leur boutique sans dessus-dessous, assez particuliers, qui ont eu leur voiture brûlée et vous allez leur dire que M. Bruno Retailleau a fait le boulot. Il n'a pas fait le boulot. Il faut être clair, il faut dire les choses.
– Sauf que vous pentez du doigt le seul Bruno Retailleau. Vous inquiète à ce point Bruno Retailleau ?
– Non, Bruno Retailleau ne m'inquiète pas, il se trouve que c'est le ministre de l'Intérieur. J'ai dit la même chose de M. Darmanin quand il y a eu des incidents au Stade de France lors de la dernière ligue en 2022. Vous savez, la même chose à chaque réveillon. Ça fait des décennies que nous critiquons les ministres de l'Intérieur. Pour une fois, il aurait fallu mettre les moyens en question adaptés à la menace. Et il faudrait surtout que ces gens qui sont dans la rue sachent qu'ils n'en sortiront pas impunis. Et qu'ils paieront, qu'ils paieront les dégâts. S'ils doivent travailler toute leur vie et que toute leur vie leur salaire soit ponctionné, ça devra être leur cas.
Que si leur famille touche les allocations, elle touche l'aide au logement, eh bien les aides seront supprimées. Il faut qu'ils sachent qu'ils finiront en prison. Tout cela ne doit plus rester impunis. On part de la sécurité. Vous savez, à l'étranger, ces images ont fait le tour. La France a une image terrible de pays ensauvagés, de pays où les émeutes ont lieu tous les 4 jours, de pays où on n'est plus en sécurité. Est-ce que c'est ça, notre France ? Est-ce que c'est ça qu'on veut léguer à nos enfants ? Bien sûr que non. On veut pouvoir passer des réveillons en paix. Hier, ça aurait dû être une journée de fête pour le PSG. Célébrer la victoire.
Il aurait dû avoir le champagne qui coule à flot, les gens qui dansent dans les rues, avoir les fêtes populaires. Et on s'en trouve aujourd'hui à faire le bilan, un bilan terrible d'émeutes. Mais qui sont les auteurs de ces débordements, pour vous, en fait ? Vous parlez de jeunes, vous parlez de sauvages, de hordes. Vous avez un profil type ? Ce sont clairement des bandes organisées qui profitent de la joie populaire, des événements publics, pour venir saccager, pour venir attaquer, pour venir piller et venir agresser. Ce sont des gens qui envoient un signal clair à la République française.
Je ne t'aime pas, je t'agresse volontairement, qui se défie de l'autorité représentée par les policiers. Clairement, on a là un problème de laxisme judiciaire, et je le dis, un problème d'immigration, parce que beaucoup de ces gens sont issus de l'immigration, et voient en la France un pays ennemi, un pays hostile, alors qu'avec une politique d'assimilation bien gérée, ils devraient y voir leur mère patrie, celle qui les accueille naturellement, et pour laquelle ils ont une passion. – Pour vous, il y a un lien direct entre ces pillages, ces émeutes, ce débordement et l'immigration.
– Oui, on a raté l'étape de l'assimilation, en acceptant trop de monde sur notre sol, en acceptant du communautarisme, on a fait en sorte que des gens n'adhèrent pas au pacte national, et ne voient pas dans l'autorité de la nation quelque chose de réconfortant et d'admirable, mais ils voient quelque chose d'hostile, et ce n'est pas normal. Et donc il faut travailler en amont sur ces questions-là, il faut travailler sur l'éducation en amont, et puis il faut travailler en aval sur les peines judiciaires.
– Vous avez vu au parallèle, le fait divers qui s'est produit à Puget-sur-Argence dans le Var, c'est un mi-soir, où un quinquagénaire a tué un de ses voisins et en a blessé un autre avant de poster, ou après, enfin il a posté avant et après, des messages vidéo sur les réseaux sociaux à caractère raciste et haineux. – Mais c'est tout à fait condamnable, il doit être évidemment puni, et puni sévèrement.
La France, et c'est tout son honneur, ne tolère pas le racisme comme une opinion, mais comme un délit, de même que l'antisémitisme, il y a eu aussi, vous l'avez probablement vu, sur le mémorial de la Shoah, des textes antisémites tagués, il faut que la justice, une fois encore, soit exemplaire et n'ait pas la main qui tremble.
– On va parler de ce qui s'est passé en Pologne hier soir, élection présidentielle, c'est le candidat nationaliste représentant du Parti conservateur qui l'a emporté devant son rival pro-européen, le maire de Varsovie, le candidat nationaliste qui est connu pour son admiration de Donald Trump. Comment vous réagissez ? Qu'est-ce que ça change pour l'Union européenne ?
– D'abord, je respecte le choix des Polonais, une élection libre, sans intervention de l'Union européenne et sans intervention d'Emmanuel Macron, ça fait du bien. Et puis, je crois qu'il se passe quelque chose en Europe. Les peuples, les uns après les autres, réclament plus de souveraineté, une Europe bienveillante et non pas une Europe castratrice. Ils veulent retrouver les rênes de leur pays, ils veulent pouvoir décider de leur économie, de leur sécurité, de leur immigration. – Enfin, pas tous, vous n'allez pas gagner en Roumanie, par exemple. – Pas tous, oui, enfin, l'Europe a mis le paquet et Emmanuel Macron aussi pour qu'il ne gagne pas.
Donc voilà, on a aujourd'hui cette autre vision de l'Europe, l'Europe des nations. Alors, je n'ai pas à juger le nouveau président polonais, il mènera la politique pour laquelle il a été élu, mais on le voit en Pologne, en Hongrie, dans beaucoup d'anciens pays de l'Est, aussi les pays d'Europe de l'Ouest qui commencent à avancer.
Il y a une autre voie possible, celle de l'Europe des peuples, de l'Europe des nations, où chaque pays travaille avec les autres, mais décide pour ses intérêts vitaux, sans avoir une Madame von der Leyen, ou demain un Emmanuel Macron, ou je ne sais qui, que personne n'aura élu et qui, par des lubies et des lobbies, veut nous imposer une politique qui n'est pas celle que veut le peuple. – Est-ce que ça peut remettre en cause la coalition des volontaires, le soutien de la Pologne à l'Ukraine, le fait que ce qu'on appelle le triangle de Weimar s'entendait plutôt très bien et se développait bien, est-ce que ça peut mettre un coup d'arrêt à tout ça ?
– Moi j'espère que le triangle de Weimar que vous avez évoqué continuera à avoir une vision collaborative, une vision commune de la défense. – Mais avec ce nouveau président c'est possible ? – Mais je ne sais pas, je ne le connais pas encore, il vient d'être élu.
– Il dit qu'il ne reviendra pas sur le soutien à l'Ukraine, c'est ce qu'il a dit pendant la campagne. Il ne voulait pas de l'adhésion à l'OTAN, mais qu'il ne reviendra pas sur le soutien à l'Ukraine.
– J'ai tendance à le croire, maintenant on verra bien à l'épreuve des faits, je pense qu'on peut vouloir la souveraineté de son pays, on peut vouloir être un patriote sincère et vouloir que les Ukrainiens puissent eux aussi retrouver leur souveraineté et retrouver leurs frontières. Ça ne me paraît pas incohérent.
– On va parler de ce qui se passe en France, les insoumis ont déposé une motion de censure vendredi, elle sera examinée cette semaine à l'Assemblée, vous la voterez ?
– On va se réunir, on va voir, pour l'instant on n'a pas encore fait cette réunion de décision. – Qu'est-ce qui fera que vous la voterez ou pas ? – On regardera tout simplement les éléments qu'on a en procession, sur le pouvoir d'achat, sur les élections européennes qu'on nous a promises, il semblerait que le Premier ministre veuille avancer. Nous on est très inquiets sur le pouvoir d'achat, quand j'entends parler de TVA sociale, on voit bien ce que ça veut dire, ça veut dire plus de recettes fiscales, point barre, ça ne veut pas dire amélioration du salaire net, je pense qu'on n'est pas assez naïf pour le croire.
– Pour vous ça ne sera pas ça ?
– Non bien sûr, quand on voit les menaces qu'il y a sur les retraites, quand on voit un certain nombre de ballons d'essai qui sont envoyés par des membres du gouvernement pour de nouvelles recettes fiscales, bon c'est sûr que ça vaut mal de… – Mais juste qu'on comprenne bien,
la motion de censure du RN, c'est si la TVA sociale est mise en place ou il y aura d'autres raisons ?
– Ah non mais s'il y a une perte de pouvoir d'achat et une augmentation des impôts, que ce soit la TVA sociale, les 10% d'abattement sur les retraites, quoi que ce soit.
– Pour tout le monde, y compris pour les plus riches ?
– Mais une fois encore, le problème en France n'est pas les recettes fiscales, ce sont les dépenses de l'État. Les recettes fiscales n'ont cessé d'augmenter depuis l'élection.
– Non mais la gauche par exemple dit qu'il faut augmenter les impôts des plus riches, ça ça vous sent sûr pour vous ou pas ?
– Oui mais la gauche a une maladie qui est la taxe, voilà, la gauche a un problème, une taxe, une norme. Comment on va pouvoir antiquiner les Français ? On va leur piquer leur argent et on va leur piquer un petit bout de liberté, comme ça on va avancer. Je pense qu'on a vu ce que ça donne.
– Donc aucune augmentation d'impôts, sinon c'est censure.
– Aujourd'hui ça sert à rien. – Ce qui est la ligne d'Emmanuel Macron, il ne veut pas d'augmentation d'impôts ? – Oui, enfin ce qui est la ligne d'Emmanuel Macron, mais ce qui ne sont pas les actes, puisque la masse de recettes fiscales depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron n'a cessé d'augmenter. La TVA est passée de recettes de 200 milliards quand il était arrivé à 285 milliards aujourd'hui. Donc Emmanuel Macron n'a de leçon à donner à personne. En revanche, le problème ce sont les dépenses. Est-ce qu'on va continuer à dépenser sans compter pour l'immigration ? Est-ce qu'on va continuer à avoir une contribution nette au budget de l'Union Européenne ?
Est-ce qu'on va continuer à avoir un État obèse ? Est-ce que tout ça va continuer ? Ou est-ce qu'avant de faire les poches des Français, on va enfin gérer notre État en bon père de famille ?
– Est-ce qu'il va faire François Bé ou 40 milliards d'économies ?
– C'est ce qu'il veut faire, c'est ce qu'il déclare faire, sauf que ce n'est pas 40 milliards d'économies qu'ils nous proposent aujourd'hui, c'est 40 milliards de recettes supplémentaires par la voie de recettes fiscales. Or les Français sont essorés. Ce qu'il faut c'est leur rendre du pouvoir d'achat. Et je vais même vous dire, il faut baisser la TVA sur les produits de première nécessité temporairement à zéro, sur l'énergie à 5 et 10%.
– Pas que, quand vous voulez couper dans les agences de l'État par exemple, ce que veut faire le premier ministre, c'est ce que vous demandiez ? – Mais oui, mais enfin il faut y aller maintenant. – Bon, mais ce ne sont pas des recettes.
– Moi j'aime bien tous ces discours, au bout d'un moment, tout le monde vient piocher dans notre programme, tout le monde reprend nos mesures et arrive fièrement à la télévision en disant « je vais le faire », mais ils ne le font pas. Donc nous on le fera en 2027, mais d'ici là, il est temps d'alléger le poids de cet État devenu beaucoup trop lourd pour être compétitif. – A priori vous aurez des réponses à la mi-juillet, on devrait avoir le fameux plan Bayrou-Bayrou sur le budget. – Vous voulez un scoop ? – Je vais vous le donner moi le scoop. – Il n'y aura pas de plan Bayrou ? – Il y aura des taxes supplémentaires, voilà, d'une manière ou d'une autre.
Alors on nous dira, c'est pour l'écologie, on nous dira, c'est pour construire des routes, on nous dira, c'est pour le logement, mais il y aura des taxes supplémentaires.
– Vous demandez toujours la dissolution ? – Oui. – Même si en cas de dissolution, Marine Le Pen pourrait ne pas se représenter ?
– Vous avez déjà rencontré Marine Le Pen ? – Non, mais je ne veux pas le rapport, mais… – Je vous dis pourquoi je vous pose la question, parce que si vous la connaissiez, vous sauriez que Marine Le Pen ne met jamais son cas particulier en avant, elle met l'intérêt général en avant. Et oui, nous voulons de nouvelles élections, au-delà même du cas de Marine Le Pen, dont j'espère qu'elle soit à nouveau notre présidente de groupe, bien évidemment. Pourquoi on veut des nouvelles élections ? Pour qu'il y ait une majorité à l'Assemblée nationale, pour que ces mesures en matière de sécurité…
– Mais ça ne vous freine pas, que votre présidente de groupe ne puisse pas se représenter ?
– Évidemment, il y a urgence dans ce pays. Sans majorité, on ne pourra pas prendre les réformes de fond pour rendre la France plus prospère, plus sûre et plus fraternelle. Et donc il faut y aller maintenant. L'Assemblée est divisée en trois blocs, on n'arrive pas à avancer, et bien il faut qu'on avance. – Mais qu'est-ce qui vous dit que vous avancerez mieux avec une dissolution ? – Parce qu'on le fera tout pour avoir la majorité. – Déjà, vous perdez les législatives partielles ? – Oui, alors vous savez comme moi que les législatives partielles n'ont d'indicateur que le nom. Vous avez vu notre résultat historique, même s'il a été beaucoup critiqué aux dernières législatives.
Nous, nous voulons une majorité, nous aurons un programme pour le faire. Et je pense que les Français ont compris que la droite qui appelle à voter pour l'extrême-gauche antisémite, ça ne peut pas durer, et qu'une Assemblée qui n'a pas de majorité ne peut rien gérer. – Juste concernant l'inégibilité de Marine Le Pen, juste une précision, le tribunal administratif de Lille aura rend sa décision mercredi quant à son mandat de conseillère départementale du Pas-de-Calais, puisque l'inégibilité de 5 ans est immédiate, normalement elle devrait être déchue de ce mandat. Et pourquoi elle conteste ? Et quelles conclusions est-ce que vous attendez ? – Marine Le Pen est combative.
Ce n'est pas parce qu'il y a un obstacle que Marine arrête de progresser. On a clairement une forme d'offensive contre Marine Le Pen. J'ai l'impression que certains ne veulent pas qu'elle soit présidente de la République. Eh bien face à ce mur que le système est en train de bâtir, Marine reste combative. Et elle le montre jusqu'au dernier moment. C'est magnifique. C'est magnifique parce qu'on se dit que si demain elle est présidente de la République, rien ne l'arrêtera pour protéger la France et les Français. Quels que soient les embûches, elle continuera. C'est un signal très fort de détermination, de courage et de volonté.
– Est-ce que s'il y a des législatives prochainement, Jordan Berdella sera candidat ?
– Alors il faudrait lui poser la question. – On parle de lui dans le Var notamment ? – Écoutez, posez-lui la question. En tout cas, moi je sais que ce serait une immense valeur ajoutée dans notre groupe parce que Jordan a une vraie vision de la France, un vrai sens de l'intérêt national. Et puis il sait gérer un parti, donc il saurait… – Et vous aurez besoin d'un président de groupe. – … co-gérer ou gérer ses activités à l'Assemblée nationale. Et puis voilà, donc il serait le bienvenu. Mais je sais qu'il fait un travail formidable aussi au Parlement européen où notamment il est en train de gagner avec son groupe, avec notre groupe, un certain nombre de batailles contre l'écologie punitive.
Et ça fait du bien.
– Un mot sur ce qui va se passer à l'Assemblée cet après-midi ?
– Oui, cet après-midi à 16h, une proposition de loi composée d'un article unique va être examinée. Et cet article dit « La nation française élève à titre posthume Alfred Dreyfus au grade de général de brigade ». Est-ce que les députés du Rassemblement national voteront cette proposition symbolique vis-à-vis à l'initiative de Gabriel Attal ? – Oui, bien sûr, nous en avons débattu en commission de défense dans laquelle j'ai la chance de siéger. C'est une évidence, c'est une évidence parce que Dreyfus aurait fait une autre carrière s'il n'avait été empêché gelé dans sa progression pendant les années où il était à l'île du diable pendant 5 ans.
Donc il aurait très probablement terminé général de brigade, voire au-dessus. Et donc il est assez normal qu'on rétablisse finalement une forme de vérité, une forme de compréhension pour ce qui s'est passé. Et puis je pense que la République à l'époque s'est mal comportée. Je pense que ça tombe aussi à un moment où l'antisémitisme explose en France, où certains nous expliquent que pour défendre Gaza, il faut critiquer Israël et que quand on critique Israël finalement, on peut bien critiquer les Juifs.
Et tous ceux qui mettent une cible dans le dos de nos compatriotes de confession juive doit comprendre que nous ne céderons pas un pas sur ce chemin-là et qu'il y a des actes symboliques, je crois que c'en est un.
On va parler du déplacement de Marine Le Pen en Nouvelle-Calédonie.
Oui, quel bilan tirez-vous de ces trois jours de déplacement de Marine Le Pen en Nouvelle-Calédonie ? Sa proposition de pause institutionnelle suivie d'un nouveau référendum dans 40 ans n'a pas du tout plu apparemment aux loyalistes ? Eh bien il faut discuter. Je pense que l'intérêt que ce voyage avait, c'était de proposer aux gens, de discuter avec eux, loyalistes, indépendantistes, tout le monde. Parce que ce qui manque aujourd'hui, c'est cette conversation, cette discussion permanente, comme il y avait d'ailleurs avant la période Édouard Philippe.
Sauf que ça fait des années que votre parti est du côté des loyalistes. Et pour une Nouvelle-Calédonie française, là maintenant vous êtes un peu du côté des loyalistes, un peu du côté des indépendantistes, vous êtes un peu du en même temps.
Non, non, il n'y a aucun changement de pied, nous sommes toujours pour que la Nouvelle-Calédonie reste française, nous y tenons, ça fait partie de l'espace national, nous y sommes très attachés. Je crois que les néo-calédoniens aussi l'ont dit par trois fois. En revanche, c'est une question de méthode.
Alors pourquoi vouloir un quatrième référendum ?
C'est une question de méthode. Aujourd'hui, il y a peu de temps, il y a eu des émeutes, vous les avez vues comme moi, on est aujourd'hui dans une incertitude totale en Nouvelle-Calédonie. C'est-à-dire qu'on ne sait pas ce que va devenir l'île économiquement, socialement. Comment voulez-vous que des investisseurs viennent en Nouvelle-Calédonie en ne sachant pas quel sera le statut de l'île dans quelques mois ou même si elle sera sûre et calme ?
Donc il faut faire une pause institutionnelle, chercher quels sont les axes de développement économique, donner le temps long pour que les investisseurs investissent dans le tourisme, dans le nickel, dans plein d'autres choses, pour que les entreprises grandissent dans le calme. Et puis après, lorsque les choses seront apaisées, lorsque la Nouvelle-Calédonie aura un avenir économique, social, eh bien on re-réfléchira aux institutions. C'est une méthode que Marine Le Pen a proposée. Elle est évidemment soumise à discussion. C'est ça aussi les accords et les désaccords qui peuvent y avoir. Mais je crois que ce souci de discussion avec tous, eh bien Marine Le Pen l'a remis au centre du jeu.
– Il y a les enjeux pour la Nouvelle-Calédonie, ça c'est une chose, mais il n'y a pas que ça. Pour Marine Le Pen elle-même, ce n'était pas une manière aussi de se remettre sur la scène médiatique, en position de future présidente de la République ? – Ah, et là… – Il y a une dimension campagne présidentielle dans ces passants. – En plus de campagne, je dirais préparation. On parlait tout à l'heure de la combativité de Marine Le Pen. Elle se place évidemment dans le costume de celle qui pourrait demain être présidente de la République. Et donc elle fait des voyages internationaux, elle fait des voyages dans les territoires ultramarins, elle fait des propositions à l'Assemblée nationale.
Bref, elle fait tout ce qu'il faut pour évidemment tracer le chemin de ce que serait la présidence de Marine Le Pen, et puis pour commencer à travailler tout de suite, pas attendre encore un an parce qu'on a assez perdu de temps.
– Et d'ici des petites phrases, disons qu'elle connaît mieux les dossiers néo-calédoniens que Jordan Bardella, c'est le début de la fracture ?
– Mais arrêtez avec ça, moi je… honnêtement, vous savez… – On a quand même senti que la question l'a gassé un peu, la réponse est verte. – Je vais vous dire un petit peu. Vous savez, quand on cherche, quand on cherche, quand on veut le storytelling, comme on dirait en anglais dans le cinéma, qu'il y ait une division, qu'il y aurait une division au Rassemblement national pour avoir un scénario à écrire, parce que finalement c'est ennuyeux un temps d'entend. – Donc il n'y a aucune division, il ne faut pas trop bien.
– Enfin là, elle a prononcé cette phrase.
– On dissèque chaque phrase et on lui donne un sens ou une intention qui n'est pas la bonne. Écoutez, je vais vous dire.
– C'était quoi l'intention ?
– Mais il n'y en avait pas justement. L'intention est de dire que Marine Le Pen, elle a étudié ce dossier depuis longtemps, qu'elle était sur place et que donc forcément, comme elle voyait tous les intervenants, elle avait une vision plus amène, plus actualisée. – Là, ça laisse à penser, Jordan Bardella n'est pas prêt pour la présidentielle, il ne connaît pas le dossier. – Mais c'est totalement faux, Jordan travaille tous ses dossiers, évidemment, et vous savez avec qui en plus, je vais vous donner un secret, avec Marine Le Pen.
Donc il y a aller chercher de la division ailleurs, parce que je crois que chez les LR, ça va se battre dur, chez les macronistes, n'en parlons pas, à l'extrême gauche, ça ne se bat pas à l'extrême gauche, puisqu'il y a le patron de la SEC qui dit vous vous taisez ou vous partez. Mais chez nous, vous voyez, ce n'est pas comme ça. On a un tandem qui discute, qui travaille ensemble et qui progresse ensemble. On a une chance infinie, je crois que les Français aussi, beaucoup de chance.
– Avant la présidentielle, il y a les municipales, quel est l'objectif pour le Rassemblement national ou municipal ?
– On va conquérir des communes, bien évidemment. – Lesquelles par exemple ? – Nous verrons bien, mais je…
– Non mais vous avez des villes cibles, j'imagine. Vous avez fait votre premier mai à Narbonne. Narbonne, c'est une ville cible ?
– Écoutez, nous verrons bien. Nous avons d'abord des villes qui fonctionnent bien. Hénin-Beaumont, Haillange, Perpignan et plein d'autres. Je ne voudrais pas en oublier, Bocaire, pour ne vexer personne, mais nos maires font un travail excellent. On a des gens qui, sur les terrains, font un travail exemplaire. Je pense à Laure-la-Valette, par exemple, à Toulon. Bref, il y a des gens bien partout. – Donc Toulon, ça fait partie des villes que vous voulez conquérir ? – En tout cas, moi, je serais extrêmement heureux que ma collègue se présente là-bas et puisse gagner.
– C'est pas fait ? Elle n'est pas sûre de se présenter ?
– Surtout, c'est à elle de le dire et puis c'est à elle de faire campagne si elle le veut. Moi, vous savez, je crois qu'on peut s'implanter localement beaucoup plus que nous le sommes aujourd'hui, par des maires, par des conseillers municipaux. Nous aurons beaucoup de listes, là où nous pouvons gagner, dans les villes préfectures, dans les chefs-lieux. Pourquoi ? Parce que les Français ont l'habitude de voter à l'Assemblée nationale maintenant, à toutes les élections, il faut qu'ils puissent le faire aux élections municipales. Et la gestion RN, ça marche. Moi, vous savez, mon suppléant, c'est Fabien Angelman, le maire de Hayange.
Et bien, Hayange est devenue une ville plus sûre, plus propre, avec des événements culturels, festifs, beaucoup plus accessibles, une ville qui rayonne.
– Vous serez candidat, vous, au municipal ?
– Je ne serai pas candidat au municipal.
– Est-ce que vous craignez quand même de perdre des villes ?
– Non, mais vous savez, les élections sont toujours imprévisibles, mais avec le très bon bilan de nos maires, je pense qu'ils ont quelque chose à proposer à leurs électeurs de solide.
– Vous irez tout seul ou vous ferez des alliances avec Éric Ciotti, par exemple ?
– Éric Ciotti est un allié naturel à l'Assemblée nationale. Je crois que ça ne choquerait personne que, sur des listes, il y ait à la fois des membres du RN et des membres de l'UDR d'Éric Ciotti.
– Les négociations sont compliquées avec l'UDR ?
– Mais l'UDR, c'est très fluide. Alors, écoutez, honnêtement, Éric Ciotti et ses équipes sont des partenaires en or. Ils ont leur conviction, ils ont leur façon de faire, mais c'est un dialogue permanent, une écoute permanente mutuelle, un travail en commun. C'est fluide, je ne vois pas d'autres mots, et c'est très constructif, c'est une belle alliance. – Il peut y avoir une bascule, ça peut être pour vous l'année de la bascule 2026 pour les municipales, notamment en zone rurale, avec les villes de moins de 10 000 habitants ? – Oui, je pense qu'il peut y avoir effectivement beaucoup de villes, et notamment des petites villes, mais pas seulement, des villes moyennes…
– Ça fait partie de vos objectifs ? – Qui passent sous les couleurs du Rassemblement national, parce que nous y faisons des scores assez élevés, que les gens ont confiance en nous. Mais vous savez, l'équation municipale, elle est particulière. D'abord, le maire sortant, quelle que soit son étiquette, peut avoir une bonne écoute auprès des habitants, même s'ils ne sont pas d'accord politiquement, sur la couleur politique. Donc c'est compliqué.
– Donc ça va être une élection difficile pour vous ?
– Non, c'est compliqué pour tout le monde, y compris pour le Rassemblement national.
– Pas plus pour le Rassemblement national que pour d'autres parties.
– Non, parce qu'aujourd'hui, nous avons vraiment des gens qui viennent à nous, qui veulent l'investiture, des candidats légitimes, qui travaillent le terrain depuis longtemps. Le fait que nous ayons des députés qui se baladent dans toutes leurs circonscriptions, qui rencontrent des gens, des élus, ça joue aussi beaucoup. Je crois que le travail de sérieux que nous avons proposé a convaincu beaucoup de monde. Et puis le fait qu'aujourd'hui, tout le monde reprend nos mesures, montre que finalement, nous sommes un parti qui prône le bon sens pour gérer le pays. Et le bon sens dans les communes, c'est probablement le meilleur moyen de gérer.
– Un dernier mot Stéphane.
– Un mot sur l'Ukraine. Vous avez vu que les Ukrainiens ont mené une opération, une attaque avec des drones sur une base aérienne située en Sibérie, à plus de 4000 km du front russo-ukrainien. Les Ukrainiens affirment avoir détruit pour 7 milliards de dollars d'avions militaires russes. Et tout ça s'inscrit la veille même de pourparlers, qui sont censés reprendre entre les Russes et les Ukrainiens à Istanbul. Est-ce que la paix est encore possible dans ce conflit ? Ou est-ce que vous attendez une nouvelle escalade entre les deux ? – En fait, la paix est non seulement possible, mais c'est la seule issue possible. Donc tout doit être mis en œuvre pour que cette paix arrive.
Et elle arrive le plus vite possible. Nous, on demande depuis longtemps une conférence internationale sous l'égide de l'ONU, avec évidemment l'Ukraine et la Russie autour de la table, les États-Unis, la Chine, les pays de l'Est européens, les pays baltes, qui sont très directement concernés par la menace russe, pour avancer. Ce qui s'est passé hier et cette attaque de drones m'inspire deux réflexions. La première, c'est que ce sont souvent les derniers sous-Bressot les plus violents avant la négociation. Chacun veut arriver en position de force à une négociation. Peut-être, et peut-être que je suis optimiste, mais est-ce un signe de volonté de négocier ?
La deuxième, c'est que sur notre propre défense, nous en France, on doit revoir aussi notre logiciel et l'équation. La puissance de ces drones, qui coûtent finalement très peu par rapport à ce qu'ils peuvent détruire, leur rapidité d'action, leur précision d'action, nous amène, nous, à réfléchir. Et nous sommes encore en manque de politique et d'investissement dans le drone français.
– Merci beaucoup, merci Laurent Jacobelli, merci d'avoir été notre invité. – Sous-titrage Société Radio-Canada
– Sous-titrage Société Radio-Canada
Laurent Jacobelli