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interviewyoutube.com· 11 mai 2026 24 min

The big interview: Gabriel Attal

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Gabriel Attal. Bonjour à vous.

0:04
Gabriel Attal

Bonjour Laurent Serrari.

0:05
Présentateur

Patron du parti Renaissance, auteur de En Homme Libre, ce livre aux éditions de l'Observatoire. On va y revenir dans un instant, mais d'abord une question évidemment sur les États-Unis. Le président Trump a été évacué samedi lors du gala annuel de la presse, après des coups de feu tirés par un individu qui voulait s'en prendre à lui. Il y a de hauts responsables américains. Est-ce que vous pensez que cette forme de violence en politique peut s'exporter dans notre pays en France ?

0:27
Gabriel Attal

D'abord, je pense que c'est très choquant. Ensuite, je pense que c'est effectivement révélateur d'une forme de montée des tensions dans les démocraties. Or, la violence, c'est la fin de la démocratie. Et on voit que les violences verbales peuvent ensuite se transformer en violences physiques ou en tentatives de violences physiques.

0:45
Présentateur

Et qui attise ces violences aujourd'hui, chez nous par exemple ?

0:48
Gabriel Attal

On a tous une responsabilité. Par définition, on est tous acteurs du débat public. Et donc, on doit toujours faire attention aux mots qu'on emploie, à la manière dont on s'adresse à nos adversaires. On peut penser ce qu'on veut du président Trump. On ne peut pas accepter évidemment la violence. De la même manière, on doit être responsable dans le débat public.

1:05
Présentateur

Mais ça veut dire qu'il y a des partis politiques, des formations politiques qui en France aujourd'hui attisent cette forme de violence dans le débat public ?

1:09
Gabriel Attal

Bien sûr qu'il y a des termes qui sont employés par certaines formations politiques. Je pense notamment à la France insoumise à l'égard de l'ensemble des autres partis politiques. Il y a une violence dans le débat. Et cette violence, on le voit, elle peut se transformer ensuite. Parce que vous avez parfois des individus qui sont dangereux ou qui sont déséquilibrés. Elle peut se transformer en tentative de violence physique. Et on doit toujours le condamner.

1:31
Présentateur

On va évoquer aussi le pouvoir d'achat des Français. Parce que le grand sujet, c'est cela. Aujourd'hui, le pouvoir d'achat en berne, un train d'aide ciblée a été étendu et élargi la semaine dernière par Sébastien Lecornu. 3 millions de grands rouleurs et travailleurs modestes pour un coût de 180 millions d'euros. Est-ce que vous en avez fait différemment ? Lorsque vous étiez à Matignon, est-ce qu'il faut aider différemment les Français qui ne s'en sortent pas aujourd'hui ?

1:51
Gabriel Attal

Moi, j'avais été ministre à Bercy quand on avait mis en place, c'était au moment de la guerre en Ukraine. Vous vous souvenez, une ristourne à la pompe, une ristourne carburant, ça coûte très cher. Et donc, c'est quelque chose qui doit être temporaire. Moi, ce que je veux dire, c'est qu'on sait que la solution de long terme, c'est évidemment de moins dépendre du pétrole. Mais d'ici là, on a des Français qui n'ont pas d'autre choix. Vous avez des gens qui doivent prendre leur voiture tous les jours, qui en faisant d'essence pour aller travailler. Et donc là, on doit mettre en place des dispositifs qui doivent être temporaires et ciblés.

2:19
Présentateur

Le problème des dispositifs... Ça vous va ce qu'a proposé Sébastien Lecornu ou pas ? Vous auriez fait pareil ?

2:23
Gabriel Attal

Je crois que ça va être mis en place dans quelques semaines ou quelques mois. On va voir exactement qui peut y avoir droit, etc. Moi, je vais vous dire, la réserve que j'ai sur les dispositifs ciblés, c'est que vous avez des gens qui sont toujours au-dessus des seuils. Moi, je parle beaucoup avec les Français. Vous avez des gens qui disent, moi, je n'ai jamais droit aux aides. Je suis toujours juste au-dessus pour bénéficier des aides alors que je dois bosser, que je dois utiliser ma voiture. C'est ça, la limite des dispositifs qui sont ciblés. Maintenant, c'est vrai qu'une infirmière libérale, elle doit tous les jours utiliser sa voiture pour faire sa tournée, pour aller voir ses patients.

Et l'augmentation du coût du carburant, ça lui coûte énormément. Donc, des dispositifs qui peuvent les aider, évidemment, il faut les prendre. En ayant en tête, quand c'est trop ciblé, vous avez beaucoup de gens qui sont exclus alors qu'ils le mériteraient.

3:00
Présentateur

Est-ce qu'il n'aurait pas été plus simple de baisser la fiscalité sur les carburants ? On sait à quel point elle est élevée dans notre pays. Est-ce qu'il fallait plafonner les prix ? Proposition est du RN et de LFI pour l'autre ?

3:09
Gabriel Attal

Je pense que la difficulté d'une baisse de fiscalité, c'est qu'on a peu d'exemples de baisse de TVA sur des produits qui se sont répercutés sur les prix. On se souvient la baisse de la TVA sur la restauration, il y a eu les protections périodiques, il y a eu plein d'exemples où la TVA a été baissée. Et pour autant, c'est plutôt les marges des distributeurs qui ont augmenté et pas le pouvoir d'achat des Français qui s'est amélioré. Donc, si une mesure générale devait être prise, moi, je crois que la ristourne qui avait été mise en place à l'époque permettait quand même d'avoir un impact sur le prix, mais elle coûte très, très cher. Et on est dans une situation budgétaire qui est compliquée.

Et je crois aussi que les Français, ils ne sont pas dupes. Parfois, ils se disent, en fait, si on prend une mesure qui coûte trop cher, est-ce que je ne vais pas devoir ensuite la payer en impôts supplémentaires, en charge sur mon salaire, où je gagnerais moins ? Donc, c'est une situation qui est hyper difficile. Je pense que le gouvernement fait du mieux qu'il peut. Et évidemment, l'objectif, c'est que ça puisse retourner à la normale aussi vite que possible, même si on ne bérisse pas tous les tenants.

3:58
Présentateur

Mais je n'ai pas compris ce que vous vous proposez concrètement, c'est une ristourne, c'est ça ?

4:02
Gabriel Attal

Ce que je dis, c'est qu'à l'époque, on avait mis en place cette ristourne. Aujourd'hui, en 2026, la situation n'est pas la même. Je n'ai pas au gouvernement, je n'ai pas tous les détails, si vous voulez, de ce qu'il est possible de faire aujourd'hui. En revanche, ce que je dis, c'est que les dispositifs ciblés doivent être temporaires, parce que le risque, c'est qu'ils créent une forme de frustration chez des Français qui ne peuvent pas en bénéficier.

4:20
Présentateur

Bien sûr, et des Français qui vont continuer à tirer la langue et qui vont continuer à ne pas boucler leur fin de mois. C'est ça qui nous attend dans les mois à venir, parce que la crise s'annonce longue, au moins jusqu'à l'hiver.

4:29
Gabriel Attal

Pour moi, le cœur du sujet, c'est la rémunération du travail. Ce que les Français attendent, je pense, avant tout, plutôt que de recevoir des chèques ou des aides, c'est que leur salaire net se rapproche de leur salaire brut. Pour ça, il faut des mesures, il faut des décisions politiques, il faut des économies sur le modèle social pour que les charges soient moins élevées. Vous savez, j'avais fait des propositions en ce sens, notamment une réforme de l'assurance chômage, des économies sur le modèle social qui permettraient de financer une diminution des charges sur le travail. Ce sera un débat de l'élection présidentielle.

4:57
Présentateur

Bien sûr, nous venons justement à la question du travail que vous abordez aussi dans ce livre. Vous aviez déposé un proposé de loi pour permettre à certains salariés de travailler le 1er mai. Il a été retoqué, enterré par l'Assemblée nationale. Il y a eu un manque de courage politique là-dessus.

5:10
Gabriel Attal

Moi, je regrette et je déplore le choix du gouvernement d'avoir retiré le texte. Il a manqué de courage ou pas ? En tout cas, ils ont cédé quelque part à la CGT, à des partis de gauche qui leur ont demandé, exigé qu'ils retirent un texte qui pourtant est examiné au Parlement. J'étais hier à Bayonne, à la foire au jambon de Bayonne. J'ai échangé avec des charcutiers qui m'ont dit qu'on marche sur la tête. On aimerait pouvoir ouvrir le 1er mai. On a des salariés qui sont volontaires pour travailler le 1er mai parce qu'ils seront payés double, qu'ils auront un jour de repos supplémentaire. Et on nous empêche de le faire. Donc oui, c'est incompréhensible.

Maintenant, le gouvernement a annoncé que les boulangers et les fleuristes qui souhaiteraient ouvrir le 1er mai ne seraient pas verbalisées. On prend ce qu'il y a à prendre. Moi, je le regrette pour les bouchers, notamment les charcutiers qui aussi auraient aimé pouvoir travailler. Là aussi, je vais vous dire, tout ce qui ne peut pas être fait aujourd'hui, il faudra évidemment le mettre dans le débat de l'élection présidentielle pour le rendre possible ensuite. On voit qu'aujourd'hui, on a un gouvernement, un Parlement qui globalement sont empêchés par la situation politique actuelle. Or, on a besoin de réformes, on a besoin de mesures pour les Français.

6:15
Présentateur

C'est encore long avant la présidentielle. La question de fond, c'est est-ce qu'on doit travailler plus dans notre pays, Gabriel Attal ? Est-ce que les Français ne travaillent pas assez ? Est-ce qu'on peut le dire ouvertement aujourd'hui en étant candidat sans avoir, évidemment, l'ire des Français ?

6:27
Gabriel Attal

Moi, d'abord, je pense qu'on doit être plus à travailler. Et donc, mon premier objectif, le premier objectif, ça doit être de faire en sorte... Pas forcément travailler plus. D'abord, il faut faire en sorte qu'il y ait plus de gens qui travaillent. Parce que quand vous regardez en termes de temps de travail, on est assez proche finalement pour ceux qui travaillent, des Allemands ou d'autres pays qui nous entourent. En revanche, on a une part de notre population qui travaille, qui est moins élevée qu'une partie de nos voisins. D'où la réforme de l'assurance chômage que j'avais proposée, d'où l'investissement... Passer de 6 à 8 mois, effectivement.

Absolument, devoir travailler davantage pour bénéficier du chômage et avoir une durée d'indemnisation du chômage qui est réduite pour nous mettre globalement dans la moyenne des pays européens parce que c'est aussi une incitation à travailler. D'où la réforme du RSA que j'avais portée quand j'étais Premier ministre. Désormais, pour toucher votre RSA, vous devez avoir 15 heures d'activité dans la semaine pour vous remettre le pied à l'étrier vers le travail et on voit que ça fonctionne. Pour moi, le premier enjeu, il est là.

7:15
Présentateur

D'accord, mais sur la question de travailler plus, est-ce qu'on revient sur les 35 heures dans votre proposition ?

7:19
Gabriel Attal

Ce n'est pas ce que je propose, non.

7:21
Présentateur

C'est le totem indépassable, les 35 heures.

7:23
Gabriel Attal

Je vais vous dire qu'il faut que les Français qui souhaitent travailler davantage puissent le faire. Ce débat sur le 1er mai, là on parle d'une journée dans l'année, mais globalement...

7:30
Présentateur

Travailler plus pour gagner plus, c'est votre slogan.

7:32
Gabriel Attal

Voilà, je vais le laisser à son auteur de l'époque qui est Nicolas Sarkozy, mais ce qui est certain, c'est que les Français qui souhaitent travailler davantage doivent pouvoir le faire. D'où le débat aussi sur la défiscalisation des heures supplémentaires. Moi, je suis favorable à ce qu'elles soient défiscalisées intégralement. Nicolas Sarkozy l'avait fait, François Hollande est revenu dessus, Emmanuel Macron a réenlevé une part de la fiscalité et des cotisations, mais je pense qu'il faut aller au bout.

7:53
Présentateur

Un tout petit mot du programme du Parti Socialiste qui a été révélé la semaine dernière. Plus de taxes, taxes sur l'héritage, les 200 000 euros sur les grandes fortunes, réorientation de 30 milliards d'aide aux entreprises, inefficace selon ce qu'il dit dans ce programme. Qu'est-ce que vous en pensez ? C'est un retour en arrière ?

8:08
Gabriel Attal

Moi, je trouve ça très conservateur et effectivement, je trouve qu'en fait, on a le sentiment qu'ils ne perçoivent pas les évolutions du monde, la course technologique qui existe aujourd'hui. Ils proposent par ailleurs des mesures contre lesquelles je suis. Je pense notamment à l'héritage. Je considère que… À 200 000 euros, on est riche ? Moi, je considère que…

8:24
Présentateur

Sur un héritage.

8:25
Gabriel Attal

Vous avez travaillé toute votre vie, vous avez accumulé un patrimoine. D'ailleurs, parfois, c'est même la seule motivation pour des Français pour travailler dur et travailler beaucoup en se disant « je veux quelque chose à laisser à mes enfants ». C'est l'argent qui a déjà été taxé au long de votre vie, donc moi, je ne suis pas du tout pour qu'on touche à la fiscalité sur l'héritage et qu'on augmente la fiscalité sur l'héritage. Et pour le reste, les mesures qui sont proposées, qui sont des mesures de taxation, vont à l'encontre de ce qui se joue aujourd'hui, qui est une forme de guerre technologique, industrielle, entre les États-Unis et la Chine.

Si on est relégué de cette guerre-là, et de cette course-là, en tout cas, plus tard, ce sera l'appauvrissement généralisé des Français. Pour moi, le cœur des années à venir pour la France et l'Europe, c'est l'innovation. La Chine est à la frontière technologique sur à peu près tous les sujets. On est en train d'être relégué de cette course-là. Tout doit être fait pour refaire de la France une nation de scientifiques et d'ingénieurs, pour avoir une fiscalité qui permet l'innovation et l'entrepreneuriat pour l'innovation. Et donc, ça va à la rebourse qu'ils proposent de cet objectif.

9:22
Présentateur

Le Rassemblement National a aussi proposé et présenté son programme économique. Rencontre beaucoup le patronat. C'est normal que les patrons, le MEDEF notamment, rencontrent tous les candidats ?

9:31
Gabriel Attal

Ils ont un groupe à l'Assemblée Nationale. Je ne jette pas la pierre, je ne reproche pas à qui que ce soit de rencontrer des responsables politiques qui sont représentés au Parlement. Donc, je n'ai pas de commentaire à faire sur le sujet.

9:43
Présentateur

Alors, sur l'immigration, quelles sont vos propositions ? En homme libre, vous l'abordez. Par exemple, l'Espagne qui régularise 500 000 clandestins. Quel impact sur la France ? Et vous, qu'est-ce que vous proposez pour la question de l'immigration du travail ?

9:56
Gabriel Attal

Moi, je n'ai pas du tout la même vision, les mêmes propositions que le gouvernement espagnol. Il se trouve que j'étais en Espagne, j'ai rencontré Pedro Sanchez dans le cadre d'une tournée européenne il y a quelques semaines. J'ai rencontré cinq chefs d'État et de gouvernement européens sur la question migratoire. Ce n'est pas du tout la politique que je propose. Moi, ce que je souhaite... Excuse de faire mettez ? Moi, je souhaite qu'on assume une préférence travail. Qu'on assume... C'est-à-dire quoi ? Il faut restreindre les autres motifs d'immigration, notamment le regroupement familial. Vis-à-étudiant ? Au profit de l'immigration par le travail. Vis-à-étudiant ?

Oui, bien sûr, mais au profit de l'immigration pour le travail. Moi, ce que je propose, c'est un, définir les besoins économiques, les besoins de notre économie en matière d'immigration, via les partenaires sociaux, qui, tous les deux ans, définissent quels sont les besoins de l'économie. Deux, on transfère ces besoins au Parlement et le Parlement vote des quotas d'immigration par secteur d'activité, peut-être même par métier. Trois, on importe le système canadien de choix de l'immigration, qu'on appelle le permis à points. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire qu'une personne qui souhaite immigrer en France, qui souhaite avoir une régularisation en France, elle doit remplir un certain nombre de critères. Ça lui donne des points. Si elle a le nombre de points suffisants, elle peut bénéficier du... Mais vous connaissez la réalité de notre pays,

11:01
Présentateur

et avec les frontières qui sont des passoires. Vous le savez, Gabriel Attal, on ne peut pas choisir notre immigration.

11:05
Gabriel Attal

Aujourd'hui, on ne choisit pas notre immigration. C'est ça qu'il faut qu'on soit en mesure de faire. Dans ce livre, vous l'avez dit, je parle d'immigration et je propose ce système qu'on a travaillé évidemment avec mes équipes.

11:14
Présentateur

Mais alors, à charge de réformer le Conseil constitutionnel, de sortir de certains traités qui nous ligotent ou pas ?

11:20
Gabriel Attal

Moi, sur les propositions que je fais, je ne crois pas qu'il y ait besoin de sortir de traités ou de changer le Conseil constitutionnel ou la Constitution... Le réformer, je ne vais pas dire...

11:28
Présentateur

Le réformer, pardon.

11:28
Gabriel Attal

Mais en tout cas, on peut prendre des mesures suffisamment fortes, suffisamment puissantes et radicales sur le regroupement familial. Il n'y a pas besoin de changer la Constitution. On arrête le regroupement familial ? Oui ou non ? En tout cas, il faut le restreindre. Donc ça veut dire... Je vous donne un exemple. Aujourd'hui, la durée de résidence du conjoint pour que sa famille en bénéficie, je crois que c'est 18 mois en France. Il faut augmenter cette durée-là. Il faut la passer à deux ans, peut-être plus. Sur les conditions pour la maîtrise du français, le respect des valeurs de la République, il faut probablement aller plus loin aussi. Mais tout ça, pas pour l'immigration zéro.

Moi, vous savez, ça peut être populaire d'aller dans les médias et de dire, moi, je propose l'immigration zéro. Moi, j'assume de dire que je ne pense pas que ce soit possible ni souhaitable. On a besoin d'une part d'immigration. Il y a d'ailleurs dans tous les pays une part d'immigration. La question, c'est donc pas de dire on la veut ou on la veut pas.

12:11
Présentateur

Tout en remettant certains français au travail. C'est compatible ?

12:14
Gabriel Attal

Oui, c'est compatible. C'est dû en même temps ? Vous savez, j'étais à Bayonne, je vous le disais, j'ai vu des artisans, des commerçants, des chefs d'entreprise. Ils cherchent tous à recruter aujourd'hui. Donc, je pense que c'est tout à fait compatible. Mais en tout cas, pour moi, ma ligne, c'est celle-là. Préférence travail. Assumer qu'une personne qui vient en France pour travailler, qui parle notre langue, qui respecte nos règles et nos valeurs, qui a un contrat de travail et qui bosse, elle doit pouvoir rester en France. Le jour où une de ces conditions-là s'arrête, elle ne travaille plus, elle ne respecte pas nos valeurs, évidemment, elle ne peut plus rester en France.

12:42
Présentateur

Vous avez des propositions fortes aussi concernant notamment la laïcité, le séparatisme. Vous en parlez dans ce livre, En Hommes Libres. Vous êtes un peu moins naïve sur le sujet. Vous avez, à l'époque, quand vous étiez ministre de l'Éducation nationale, prononcé l'interdiction de la baïa pour les fillettes à l'école. Aujourd'hui, encore une fois, est-ce que les digues cèdent sur ce sujet ?

13:00
Gabriel Attal

Alors d'abord, dans ce livre, c'est le premier chapitre de mon livre qui s'appelle Liberté. Je dis que la valeur la plus importante pour moi, et c'est d'ailleurs la première de notre devise républicaine, c'est la liberté. Et qu'il y a un certain nombre de menaces pour la liberté aujourd'hui et que l'entrisme islamiste en fait partie. Et oui, je dis que j'ai eu une forme de prise de conscience dans mes fonctions gouvernementales.

Je raconte que j'étais secrétaire d'État à la jeunesse, que je me suis rendu à Maubeuge et que j'ai été confronté au récit d'une directrice d'école d'enseignants qui m'ont raconté une forme de harcèlement d'une association prétendument d'aide aux devoirs pour des enfants, en réalité une association communautariste qui cherchait à inculquer à des enfants l'idée que des règles pseudo-religieuses étaient au-dessus des règles de la République.

Et je raconte cette scène d'une directrice d'école qui est dans une école intégralement refaite avec 12 élèves par classe, des super-enseignants qui reçoivent une prime importante, un petit déjeuner servi à tous les enfants tous les matins à l'école et pourtant une déscolarisation qui augmente, c'est-à-dire des familles qui retirent leurs enfants de cette école publique. Pour les mettre dans des écoles professionnelles. Pour les mettre officiellement, ils disent, en scolarisation à domicile, mais dans les faits, on s'est rendu compte que ces enfants-là étaient dans cette forme de madrassa clandestine qu'est cette association d'aide aux devoirs.

Et donc évidemment, c'est une situation qui interpelle. On ne peut pas accepter. C'est des brèches dans notre République et dans notre pacte républicain. Et donc il faut prendre des mesures fortes pour lutter contre ça. Moi, j'ai toujours pris dans les fonctions qui étaient les miennes, que ce soit en tant que secrétaire d'État avec le Service national universel, en tant que ministre à Bercy sur le sujet du financement illicite de ces associations, en tant que ministre de l'Éducation nationale sur le port de la Baïa et du Camis dans les établissements scolaires. J'ai toujours été d'une grande clarté, d'une grande famille.

14:39
Présentateur

Alors allons plus loin, Gabriel Attal. Est-ce que vous êtes favorable à l'interdiction du voile pour les mineurs dans notre pays ? On se rappelle que le Laurent Nunez, à la Grande Mosquée de Paris, a affirmé qu'il ne serait pas celui qui irait expliquer à des enfants qu'en portant le voile, elles menacent le vivre-ensemble républicain.

14:51
Gabriel Attal

J'ai exprimé que j'étais favorable à cette mesure il y a un an maintenant. Interdiction du voile pour les mineurs. Mais parce que vous savez, ce n'est pas expliqué à des fillettes, c'est expliqué à des parents. Une fillette de 5, 6, 7 ans, personne ne peut croire qu'elle fait le choix elle-même en conscience de se voiler. C'est une fillette à qui on impose de se voiler et quelque part, à qui on explique dès le plus jeune âge qu'elle doit être soumise à l'homme et qu'il y a une forme d'impureté à se montrer ou à montrer ses cheveux. Encore une fois, moi, qu'une femme en conscience décide elle-même de se voiler, c'est son choix. Je n'ai pas à le remettre en cause.

Une fillette, ce n'est pas son choix. À l'université, est-ce que vous êtes pour ou contre le port du voile ? Je ne suis pas favorable à des interdictions pour les majeurs. Moi, je parle des fillettes. C'est là où je prends cette... Donc là, pas de problème pour l'université. Je ne suis pas favorable à ce qu'on interdise. Encore une fois, je pense que si on veut que des mesures puissent être prises, il faut que ce soit les mesures qui sont essentielles. Et encore une fois, des fillettes, pour moi, c'est inadmissible. J'assume cette proposition. 18 ans.

15:52
Présentateur

Dans ce livre en homme libre, il y a à la fois vos propositions, à la fois votre parcours. Vous faites la tournée des librairies en ce moment. Vous évoquiez vos différents voyages. Que vous disent les Français ? Quand ils viennent vous voir, est-ce qu'ils vous reprochent votre bilan ? Est-ce qu'ils vous disent que vous êtes trop associé à Emmanuel Macron ? Il faut vous en détacher. Je crois que vous avez déjà commencé un peu à vous en détacher.

16:08
Gabriel Attal

J'ai fait des séances de dédicaces. Les Français qui viennent vous voir dans une séance de dédicaces pour dédicacer votre livre, en général, c'est des gens qui vous soutiennent plutôt, Laurence Ferrari. Je ne pense pas que ce ne sont pas tous les Français. Mais en tout cas, les Français qui viennent, non, il y a des encouragements. Il y a des questions sur le fond. Ils ont aussi très envie de connaître un peu les coulisses de la dissolution. Parce que depuis la dissolution, je rencontre tout le temps des Français qui me disent mais on ne comprend pas comment cette décision aussi folle a pu être prise. Qu'est-ce qui s'est passé ?

Et donc, dans ce livre, je raconte finalement ce qui se passe derrière les portes, dans les réunions, ce que les Français n'entendent jamais. Effectivement, comment est-ce que le président de la République a été amené à prendre cette décision ? Et comment vous l'apprenez au dernier moment, à 18h30 ? En même temps que tous les Français, juste avant qu'ils ne l'apprennent. Avant notre ami Pascal Praud ? Ou après ? Manifestement après. Voilà. Voilà, tant mieux pour lui. Mais effectivement, je raconte tout ça parce que beaucoup de Français ont envie de savoir.

Et donc, effectivement, il y a une partie très détaillée où je raconte presque minute par minute ce qui s'est joué les jours et les semaines qui ont précédé. Donc, je poursuis ces séances de dédicaces. Je serai demain à Lyon, à la librairie de Citres, pour échanger avec les Français. La tournée de France.

17:19
Présentateur

Que devez-vous à Emmanuel Macron ? Le droit d'inventaire, évidemment, c'est une nécessité, un passage obligatoire. Est-ce que vous lui devez quelque chose, Gabriel Attal ? Bien sûr.

17:26
Gabriel Attal

Je lui dois l'honneur d'avoir pu servir mon pays au plus haut niveau. Je n'étais pas en politique engagé, en tant qu'élu, en politique avant son élection. J'étais conseiller municipal dans ma commune. Je le suis depuis 12 ans avant. Mais c'est le président de la République qui m'a donné la possibilité de servir mon pays au gouvernement en tant que ministre puis en tant que Premier ministre. Et donc, j'ai forcément... Mais vous le comprenez un peu mieux

17:46
Présentateur

parce que vous dites que je ne comprends plus le président.

17:48
Gabriel Attal

Vous pouvez avoir une reconnaissance pour un homme et ne pas comprendre des choix politiques. J'ai assumé de le dire. Moi, j'essaye d'être lucide et de dire les choses telles que je les pense et telles que je les ressens. Après, ça peut déplaire mais je pense que c'est ce que les Français attendent. Ça lui déplaît à lui, en particulier. En tout cas, c'est ce que les Français attendent. Il a lu votre livre ou pas ? Je ne sais pas. Il l'a reçu ? Je lui ai envoyé mais je ne sais pas s'il l'a lu. Il se passe beaucoup de choses dans le monde donc ça ne me choquerait pas qu'il n'ait pas eu le temps de le lire encore. Il est sorti il y a quelques jours.

18:14
Présentateur

Gabriel Attal, vous êtes candidat à l'élection présidentielle de 2027.

18:18
Gabriel Attal

Municipal, j'ai été réélu quand je sois municipal avant. C'est révélateur. Présidentiel ou pas ? Ce livre, Laurence Ferrari, c'est une forme d'étape décisive sur ce chemin de l'élection présidentielle. Moi, j'ai besoin de ce moment de vérité avec les Français. Je me livre beaucoup dans ce livre. Vous parlez de votre vie privée ? Sur mon histoire, sur mon enfance, ma jeunesse, mon couple. Je pense que je me livre. Il faut tout dire quand on est candidat.

18:43
Présentateur

C'est la transparence totale. Non, je ne crois pas. C'est exposer sa vie privée. C'est obligatoire ? Je ne crois pas qu'il y ait d'obligation de le faire. Parce qu'on voit que Jordan Barnel a fait dans Paris Match pour sa compagne.

18:50
Gabriel Attal

Oui, c'est un choix. Je n'ai pas à le remettre en cause. Je n'ai pas posé dans Paris Match, mais je parle de ma vie dans mon livre. Parce que je pense qu'il y a aussi des événements ou des éléments que vous avez vécu dans votre vie personnelle qui expliquent une partie de vos combats politiques. Dans mon livre, je parle par exemple de ma famille, de ma mère, qui après le divorce avec mon père, nous a élevés seuls avec mes soeurs. Elle n'avait jamais travaillé parce qu'elle s'occupait de nous quand elle était mariée avec mon père. Elle a dû s'assumer elle-même, travaillé, elle a galéré pendant un certain temps.

Ça fait écho à ce que vivent des millions de mères célibataires en France, des mamans solos qui sont en difficulté. C'est aussi pour ça que je m'engage sur ce sujet-là et on peut multiplier les exemples.

19:29
Présentateur

Vous avez aussi fait cet acte de candidature, enfin c'est quasiment un acte de candidature, mais il y a beaucoup de monde qui se déclare candidat. Je pense à Édouard Philippe, évidemment. Il y a eu un pacte secret entre vous deux d'ailleurs ? L'Express dit qu'il y a eu un dîner où vous avez convenu d'un pacte secret entre vous deux.

19:43
Gabriel Attal

Il n'y a rien de secret. D'abord, heureusement, on se parle avec Édouard Philippe. Ce qui est certain, c'est qu'il faut éviter en 2027 un second tour entre la France insoumise et le Rassemblement national. Je veux que les Français, évidemment, aient un autre choix que ça. Ça passe par quoi ? D'abord, ça passe, plutôt que de parler des autres, de taper sur les autres, ça passe par d'abord parler de notre projet à nous et de faire une vraie campagne. Et donc, il y aura tout au long de l'année 2026 une vraie campagne avec différents candidats, y compris sur le même espace politique.

Et ensuite, en 2027, s'il y a effectivement un risque d'un second tour entre LFI et le RN, il faudra que des candidats qui sont sur un même espace politique, c'est-à-dire qui partagent l'essentiel, se rassemblent, évidemment. Donc, si Édouard Philippe est mieux placé,

20:26
Présentateur

vous vous retirez en sa faveur. Si vous êtes mieux placé, c'est lui qui se retient en sa faveur. C'est ça que vous avez décidé ?

20:29
Gabriel Attal

On a mis en place une instance, un comité de liaison, où vous avez un représentant d'Édouard Philippe, un représentant de mon parti, qui se réunissent tous les mois pour préparer cette échéance-là et définir les conditions Vous dites oui.

20:41
Présentateur

Si il est mieux placé que moi, je me retire.

20:43
Gabriel Attal

C'est un travail en cours, puisque... Ça serait logique et cohérent. C'est un travail en cours, Laurence Ferrari, puisqu'il y a plusieurs possibilités de déterminer qui peut mener ce rassemblement. Vous avez effectivement des désistements comme ceux-là, vous avez aussi une primaire, c'est aussi une possibilité. Et donc, on a un représentant d'Édouard Philippe, Christophe Béchure, représentant de moi, Franck Riester, qui se réunissent tous les mois, qui échangent sur ces conditions-là et dans quelques mois, je pense qu'on définira les conditions de ce rassemblement.

21:06
Présentateur

Vous êtes responsable, vous tenez un discours. Si Édouard Philippe est mieux placé que moi, oui, je me retire. Et l'inverse, évidemment.

21:10
Gabriel Attal

Ce que je dis, Laurence Ferrari, c'est que si... Vous ne le dites pas, en tout cas. Si, je vous dis, si il y a un risque LFI-RN, il faut se rassembler. Sur les conditions du rassemblement, est-ce que ça passe par des désistements, comme vous le dites, ou par une primaire ? On est en train d'en discuter à travers des émissaires qui se rencontrent tous les mois pour en parler.

21:23
Présentateur

Le plus grand danger, c'est le RN ou la France Insoumise aujourd'hui ?

21:25
Gabriel Attal

Moi, je m'oppose aux deux.

21:27
Présentateur

On vous a beaucoup reproché de ce que vous avez dit en 2024 par les législatives.

21:30
Gabriel Attal

On m'a reproché parfois de les mettre sur le même plan, dans un sens ou dans l'autre. Moi, je m'oppose aux deux. Je pense que pour les deux, c'est un danger aujourd'hui pour notre pays, pour des raisons différentes. Ils ont une histoire différente. Mais moi, je m'oppose aux deux. Et surtout, plutôt que de m'opposer, parce que c'est aussi un des travers qu'on a eu ces dernières années, à être en permanence, à parler qu'on est contre les extrêmes, s'attaquer aux extrêmes, etc. Parlons plutôt de nous, parlons plutôt de ce qu'on propose aux Français sur les sujets dont on a parlé.

La rémunération du travail, comment on rapproche le net du brut, comment on gère mieux notre immigration, comment on gère mieux la sécurité et la lutte contre les cambriolages. Il y a suffisamment de sujets sur lesquels les Français nous attendent pour parler de nous plutôt que des... Une dernière question, Gabriel Attal.

22:06
Présentateur

Aujourd'hui, les membres de la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public doivent voter pour savoir s'ils publient ou non le rapport de Charles Aloncle. En cas de rejet, ce serait six mois d'enquête qui serait jeté à la poubelle. Quelle est votre position ?

22:18
Gabriel Attal

Alors moi, je ne suis pas membre de la commission d'enquête, donc je n'ai pas accès au rapport, puisque vous connaissez les règles de l'Assemblée, c'est seulement les membres qui ont accès au rapport. Maintenant, j'ai des membres de mon groupe, ils se sont réunis hier et je crois qu'ils ont décidé de s'abstenir pour ne pas empêcher la publication du rapport. Pourquoi ne pas voter pour alors ? Sans pour autant cautionner, en tout cas valider le contenu du rapport avec lequel ils ont des désaccords. S'abstenir, ça veut dire quoi ? Le vote n'est pas uniquement Laurence Ferrari sur la publication du rapport. Le vote, c'est est-ce que vous adoptez le rapport, y compris avec son contenu.

Ils ont des désaccords sur le fond avec le rapport, ils ne veulent pas pour autant empêcher qu'il soit publié. Moi-même, je vais vous dire, je trouve ça très bizarre qu'il puisse y avoir six mois de commission d'enquête et qu'on bloque la publication d'un rapport. D'ailleurs, pour moi, il faudrait peut-être changer les règles à l'Assemblée pour que la publication soit automatique et que le vote soit clairement pour ou contre les conclusions du rapport. Aujourd'hui, ce n'est pas clair. Si la majorité est contre, il n'y a pas de publication. Et donc, le choix qu'ils ont fait, c'est une abstention qui permettra, a priori, la publication du rapport sans pour autant...

23:12
Présentateur

Avec une réforme de l'audiovisuel à la clé, vous y êtes favorable, l'audiovisuel public, le réformer,

23:17
Gabriel Attal

le rendre plus efficace. Bien sûr, il y a toujours de l'efficacité à gagner et à trouver. Et peut-être même, je le lirai le rapport, peut-être même que dans le rapport, il y a certaines mesures qui sont intéressantes, qui sont utiles pour faire des économies, pour réformer. Je pense qu'il faut le faire plutôt en regardant l'avenir, plutôt qu'en essayant de ramener l'audiovisuel public à une espèce d'ORTF. Voilà, je pense que ça doit être ça, l'objectif. Donc, je lirai le rapport. Je pense qu'il y a évidemment des mesures à prendre. Il y en a eu d'ailleurs ces dernières années. Il y a des économies qui ont été demandées à l'audiovisuel public. Il faut regarder ça de manière dépassionnée.

23:46
Présentateur

Merci beaucoup, Gabriel Attal. En homme libre, aux éditions de l'Observatoire. C'est votre livre adressé aux Français. Merci à vous. Bonne journée. Merci, Laurence Farah. C'est New Zealand Europe 1. C'est New Zealand Europe 1.