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Discours / meetingLe Média (sur YouTube)· 9 septembre 2020 8 minAutoproduitFond programmatiqueSécuritéJusticeSanté

CETTE EX-POLICIÈRE EXPLIQUE POURQUOI IL FAUT LÉGALISER LE CANNABIS

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15ex-flicChiffre
    « 56% de l’activité proactive des flics, c’est la répression de l’usage de stupéfiants. »
  • 1:00ex-flicFait
    « L’usage et le trafic de drogues sont insensibles à la répression. »
  • 6:00ex-flicFait
    « Il vaut mieux que les gens achètent et paient une taxe que d’injecter de l’argent dans le marché noir. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

L’amende est une possibilité laissée parmi d’autres laissée aux services de police et de gendarmerie de pouvoir pénaliser ceux qui utilisent la drogue qui tue notre jeunesse. L’usage et le trafic de drogues sont insensibles à la répression. C’est un outil répressif de plus qui va permettre de verbaliser plus de gens.

Une mine d’or pour la politique du chiffre. Je suis ex-flic, j’ai été gardien de la paix et ensuite lieutenant. Il y a un peu moins de deux ans, avec des collègues nous avons fondé un collectif qui s’appelle PCP : Police Contre la Prohibition.

Nous militons pour une réforme des politiques publiques des drogues, en l'occurrence la dépénalisation de l’usage de drogues. Quand une conduite à risque est prohibée, ça rend difficile tout ce qui est de l’ordre de la prévention, de l’information, des conseils de consommation. C’est un peu mystérieux de voir que depuis 1970 on est dans un statu quo total sur les politiques répressives parce que tout le constat statistique, de terrain, tout démontre que l’usage et le trafic de drogues sont insensibles à la répression.

Au niveau police, il faut savoir que la politique du chiffre est complètement adossée à la répression de l’usage de stupéfiants. Moi, j’ai fait un petit calcul chiffré et précis : 56% de l’activité proactive des flics, c’est la répression de l’usage de stupéfiants. Même pas de toutes les infractions à la législation sur les stupéfiants, l’usage de stupéfiants.

Quand ils ne sont pas en train de prendre une plainte ou de faire des constatations, ils courent après des fumeurs de cannabis. Ca prend un temps considérable à la police. Alors pourquoi la police fait ça ?

Parce que c’est un délit, aussitôt qu’il est constaté, il est élucidé. C’est une mine d’or pour la politique du chiffre. C’est également un outil très prisé du contrôle social.

Le prétexte, ça va être la drogue. Le prétexte, ça va être rechercher l’usage ou la détention de petites quantités de stupéfiants. De fait, c’est une répression qui ne fait vraiment pas du bien aux relations police - population.

Si la police pouvait être débarrassée de la répression de ce délit, ça améliorerait beaucoup les choses. Ce matin, qu’ils soient dans les beaux ou dans les quartiers plus populaires, il faut aussi qu’on les pénalise. Nous, l’amende qu’on met en place, il faut qu’on responsabilise, c’est notre travail, le consommateur.

Responsabiliser l’usager comme dit Darmanin, ça n’a aucun sens. Responsabiliser à quoi ? S’il a un usage qui soit lui fait du bien, soit lui fait plaisir, soit même auquel il est accro, quand c’est nécessaire il faut sortir ce délit du champ pénal et le mettre dans le champ de la santé publique.

Si on prend l’exemple du Portugal, ils ont voté une loi en 2000 qu’ils ont appliquée en 2001 qui dépénalise l’usage de toutes les drogues. C’est-à-dire qu’un flic interpelle quelqu’un, s’il a sur lui une quantité en deçà du seuil fixé par la loi, produit par produit, il lui remet une convocation, il se rend devant une commission, je ne sais plus le nom mais avec trois personnes du secteur sociosanitaire et là ils vont évaluer si cet usager de drogue a un problème ou pas, s’il va avoir besoin d’un parcours de soin ou pas. Les consommations ont baissé dans tous les produits.

Quand on regarde sur le site, sur l’observatoire, toutes les données européennes et qu’on compare le Portugal et la France vraiment il n’y a pas photo. Les délits liés aux drogues ont baissé. Les contaminations VIH ont baissé par la même occasion.

On leur avait promis à l’époque où ils ont voté cette loi que ça serait une catastrophe, qu’ils deviendraient la plaque tournante de tous les junkies d’Europe et du monde et il n’y en n’a rien été. Le PCP, non seulement on est favorable à la dépénalisation de l’usage de toutes les drogues pour les mêmes raisons que ce qu’a mis en pratique le Portugal, et la légalisation du cannabis parce que ça porterait un gros coup aux trafics, au marché noir. Le marché noir, déjà c’est dangereux pour les consommateurs.

Ils ne savent pas ce qu’ils consomment. Et puis, c’est un trouble à l’ordre public pour les gens des quartiers où ça se passe qu’on ne peut pas ne pas prendre en compte. Alors, c’est sûr qu’avec la légalisation, le marché noir ne disparaitrait pas complètement.

Il y a des gens qui continueront à s’approvisionner chez leur dealer parce que simplement ils sont contents de tout ce qu’ils achètent. Et puis, il y a tous les mineurs. Les mineurs n’auraient pas accès au circuit légal, ils sont nombreux.

La légalisation aurait également des avantages économiques. Ça fait un marché, ça fait des emplois. En tout état de cause, il vaut mieux que les gens achètent et paient une taxe que d’injecter de l’argent dans le marché noir.

De la même façon qu’il vaut mieux que les gens cultivent chez eux, ce qui est complètement illégal, ce qui amène plein de gens en garde à vue, que d’acheter dans la rue au marché noir. Maintenant en France, tout le monde est très frileux avec la légalisation du cannabis parce que c’est associé à une image de laxisme. On dit que jusqu’à 200 000 personnes vivent de l’économie parallèle.

Moi, je n’accepte pas l’esprit de capitulation. Il faut lutter contre ça. Ce n’est pas du tout du laxisme, c’est la voix de la raison.

Taxer un produit de consommation courante plutôt que laisser les gens se le procurer au marché noir, c’est la voix de la raison. Peut-être qu’il faut expliquer à l’opinion publique d’une autre manière au lieu de diaboliser les drogues. En leur disant par exemple ce que ça coûte au contribuable une répression qui ne sert absolument à rien.

Ça, ça pourrait être une voie d’explication. Aujourd’hui, le cannabis pose un problème en effet : De sécurité, de lien avec la délinquance dans les quartiers difficiles, de financement de réseaux occultes. Donc, on voit bien que la légalisation du cannabis a des intérêts de ce point de vue.

Macron en avait parlé de la légalisation du cannabis. Maintenant, il a un ministre de l’Intérieur qui tire un discours complètement opposé, voire outrancier. Quand un gamin gagne 150 euros par jour, quand son père va travailler chez Auchan ou chez Carrefour.

Quel est le message de l’autorité ? Vous voulez que je légalise, que je sois partisan de la légalisation d’un esprit où le père n’est plus respecté dans une famille ? Pour avoir sa dose, il faut pouvoir faire des cambriolages, faire des agressions de rue… On a un peu un discours schizophrène.

En tout cas, un discours qui est complètement irrationnel. Il faut vendre de la sécurité. Il faut faire passer le message qu’en interpellant des usagers de drogues, on va remonter des trafics de stupéfiants jusqu’à El Chapo.

On se rappelle forcément que la sécurité c’est un levier électoral énorme. Ça sent un peu 2022 tout ça. L’amende est une possibilité parmi d’autres laissée aux services de police et de gendarmerie, de pouvoir pénaliser ceux qui utilisent la drogue, qui tue notre jeunesse.

L’amende forfaitaire délictuelle, elle a été votée dans le cadre de la dernière loi de réforme de la justice. Elle consiste justement à forfaitiser l’usage de stupéfiants via une amende : 200 euros, 150 si on la paie tout de suite, 450 si elle est majorée. Et elle a plusieurs inconvénients, parce que d’abord d’un point de vue flic il y a un problème avec la séparation des pouvoirs.

Le flic se retrouve autorité de constatation, autorité de poursuite, autorité de jugement. Le verbalisé se trouve privé de l’accès au juge et dans le cas d’une peine qui est indifférenciée. Ça ne va pas, si on parle d’une conduite à risque, la peine ne peut pas être indifférenciée.

Le passage du juge peut justement identifier les cas problématiques des autres. C’était quand même bien utile. Comme cette amende est délictuelle, il y a toujours un casier judiciaire qui marche avec.

Donc, ce n’est même pas comme on peut entendre : “Oui, c’est une amende pour les pauvres parce que les riches pourront la payer.” Parce que tout le monde va avoir une mention au casier judiciaire. Le vrai problème, il est là, c’est un délit.

C’est toujours passible d’un an de prison. Il y a des gens qui vont vous dire : “C’est un fait, on passe à une amende, c’est comme une dépénalisation”. Pas du tout.

Ce qui va normalement avec les délits, d’avoir droit au juge et d’avoir droit éventuellement à une peine adaptée à son cas, ça n’existe plus avec cette amende. C’est un outil répressif de plus qui va permettre de verbaliser plus de gens. C’est une répression accrue.

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