Contre-Matinale #138 | Polémique sur les législatives, cette reconnaissance faciale qui fait peur...
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 13 %Attaque 67 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 7:51OuverteRéponse directe
Pourquoi la préfecture ne vous soutient pas pour votre régularisation ?
- 9:56FerméeRéponse directe
La poste et ses agences ne veulent pas reconnaître que vous travaillez pour elles ?
- 11:17OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pouvez nous raconter ce combat vraiment de l'intérieur ?
- 13:15FerméeRéponse directe
À Alfortville, ils avaient promis la régularisation. Est-ce que c'est le cas ?
- 14:58FerméeRéponse directe
Si la Poste a reconnu que vous avez travaillé pour eux, est-ce qu'elle est d'accord pour vous remettre ces documents ?
- 15:17FerméeRéponse directe
Vous êtes soutenu par des collectifs ou des associations d'avocats dans cette affaire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:59PrésentateurFait
« Le Conseil d'État a validé l'utilisation massive de la reconnaissance faciale pour la police dans le fichier « Traitement des antécédents judiciaires » »
- 4:04PrésentateurChiffre
« En décembre 2019, ils avaient été condamnés à des peines d'un an de prison, dont 8 mois avec sursis et 15 000 euros d'amende pour la période de 2007 à 2008 »
- 4:55PrésentateurChiffre
« la majorité présidentielle obtiendrait entre 310 et 350 sièges à l'Assemblée lors du scrutin des 12 et 19 juin »
- 5:12PrésentateurChiffre
« Quant aux Républicains, ils seraient particulièrement affaiblis, passant de 101 députés actuellement à entre 50 et 70 dans la prochaine législature »
- 6:56PrésentateurFait
« Ils luttent aux côtés des dizaines de travailleurs de l'agence DPD, qui est une autre filiale de la Poste, du coup de Rémonceau, en Essonne, qui sont en grève depuis le 15 novembre pour exiger de l'employeur les documents permettant leur régularisation et l'obtention de titres de séjour »
- 8:30InvitéFait
« On a travaillé des années »
- 9:00InvitéFait
« La préfecture ferme leurs portes »
- 10:46InvitéChiffre
« l'inspecteur de travail a trouvé plus de 63 traces de personnes »
- 13:51PrésentateurFait
« La Poste, le 5 mai dernier, a enfin reconnu que vous aviez travaillé pour eux »
- 18:30PrésentateurChiffre
« Jean-Luc Mélenchon a fait des scores impressionnants à Bobigny, 60,14%, ou encore Saint-Denis, 61,13% »
- 36:08PrésentateurFait
« la commission des lois du Sénat a adopté hier à l'unanimité un rapport d'information sur la reconnaissance faciale et ses risques »
- 38:45Locuteur non identifiéChiffre
« d'après les chiffres officiels, tous les jours, 1200 opérations de reconnaissance faciale qui permettent à la police d'identifier des personnes »
- 38:33Locuteur non identifiéFait
« la France, est en plein pied dedans depuis dix ans. »
- 43:07Locuteur non identifiéChiffre
« l'otage, il y a 20 millions de personnes qui sont fichées, donc pour une population de 70 millions, c'est énorme, et sur ces 20 millions, il y en a 9 millions qui ont des photos. »
- 43:30Locuteur non identifiéFait
« les policiers ne peuvent plus interroger ce fichier à la main, mais à son manuel, ça prendrait trop de temps, donc on a besoin d'une autre technologie de surveillance de masse, de reconnaissance faciale, pour exploiter ce fichier. »
- 45:12Locuteur non identifiéFait
« les JO de 2024 qui sont l'échéance que s'est donné l'industrie française pour déployer au maximum, enfin d'abord pour légaliser et pour déployer tous ces outils technologiques que ce soit reconnaissance faciale, drone aussi, anti-drone, détection de comportement. »
- 49:01Locuteur non identifiéFait
« enlever-les, elles ne servent à rien. »
- 50:14Locuteur non identifiéFait
« même si c'est interdit la reconnaissance faciale, en cas de nécessité absolue, c'est-à-dire si on démontre qu'il n'y avait aucune autre façon d'éviter un drame, là, c'est possible. »
- 52:16Locuteur non identifiéFait
« En France, on a parmi les plus grosses boîtes qui font la reconnaissance faciale au monde. »
- 53:30Locuteur non identifiéFait
« Les personnes qui paient le coût, c'est nous. C'est nous qui sommes les cobayes à la fois des expérimentations pour affiner leur arme pour qu'elle soit la plus efficace. »
- 55:35Locuteur non identifiéFait
« l'État, ils ont des tasers, ils ont des LBD, ils ont des armes qui tuent des gens et l'État, il tue des gens régulièrement de façon volontaire. »
- 57:58Locuteur non identifiéFait
« On a eu des très très belles manifestations et je continue de remercier toutes les personnes qui ont participé. Et à la fin, le Conseil constitutionnel, devant la pression populaire, a censuré massivement la loi. »
Temps de parole
- Présentateur33 %
- Locuteur non identifié30 %
- Invité16 %
- Invité 212 %
- Invité 33 %
- Invité 42 %
≈ 5,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour chers matinaux, comme chaque matin, on est à vos côtés, au réveil ou dans la cuisine quand vous trempez votre tartine dans le café ou encore sur le périph' quand vous êtes coincé dans les bouchons. Avec le temps, un lien se crée, la confiance s'installe et le soutien grandit. Si l'on peut tourner le 138e numéro de la Contre-Matinale, c'est parce que vous participez au collecte de dons et que vous adhérez à la campagne d'abonnement qui est toujours en cours. Vous êtes 9 966 à avoir souscrit à un abonnement mensuel d'un montant de 5 euros ou plus. On vous demande encore un petit effort pour atteindre l'objectif des 10 000 abonnés qui permettront de pérenniser les finances du média.
Le Conseil d'État a validé l'utilisation massive de la reconnaissance faciale pour la police dans le fichier « Traitement des antécédents judiciaires » portant ainsi atteinte aux droits et libertés des personnes concernées et ce malgré les alertes lancées par la Quadrature du Net, Association de défense et de promotion des droits et libertés sur Internet. Nous recevrons Arthur Messaut, juriste à la Quadrature du Net, pour discuter de cette décision de la Haute Autorité administrative qui s'est positionnée en défenseur de la surveillance de masse contre toute attente. Au Média, on aime suivre l'évolution des luttes que l'on couvre.
Nous échangerons avec Aboubakar Dembele, membre du collectif Travailleurs sans Papier, leur combat faire reconnaître leur travail en France pour être régularisés. Actuellement, ils travaillent pour des agences d'intérim, pour la Poste, cotisent, mais n'ont aucun droit. Et dans l'indifférence générale, ça fait des mois qu'ils luttent. Et on avait suivi ça au Média avec notre camarade Lisa Lappe. On vous en dit plus dans cette matinale, nous discuterons également avec Zouina, militante des quartiers populaires et signataire de l'Appel. On s'en mêle, qui a recueilli l'adhésion de plus de 1000 actrices et acteurs des quartiers populaires.
Ensemble, ils avaient fait le choix de saisir collectivement le bulletin de vote du candidat Jean-Luc Mélenchon pour inscrire dans cette campagne, mais aussi au-delà, l'enjeu des quartiers populaires comme une question politique de premier plan. Si Jean-Luc Mélenchon a réalisé un score impressionnant dans les quartiers populaires, c'est aussi grâce à eux qu'elle est désormais la stratégie adoptée pour les prochaines législatives. C'est l'une des questions que l'on posera à Zouina. Il est 8h09, vous regardez ou écoutez la contre-matinale du Média, épisode 138, c'est parti. La sécheresse arrive au boulot. La question climatique est à la une de libération.
Pluviométrie et nappes phréatiques en berne, forte chaleur en perspective. Après un hiver sans précipitation et un printemps historiquement chaud, les récoltes estivales s'annoncent déjà catastrophiques, prévient le journal de centre-gauche. Quinze départements français connaissent déjà des situations d'alerte préoccupantes pour les récoltes et la biodiversité. Les agriculteurs n'ont pas d'autre choix que de s'adapter à la raréfaction de l'eau grâce à l'entraide et des systèmes d'approvisionnement alternatifs. C'est le cas dans le département de la Drôme, touché par la sécheresse. Des solutions existent mais demandent une vraie volonté politique, rappelle Libé.
Question également épineuse à la une de l'Huma, celle des conditions de travail catastrophiques à France Télécom qui ont conduit à une vague de suicides. Les anciens dirigeants de l'entreprise sont jugés à partir d'aujourd'hui devant la cour d'appel de Paris, deux ans après leur condamnation exemplaire pour assainement moral. Ce 11 mai et jusqu'au 1er juillet, comparaissent à nouveau Didier Lombard, PDG du groupe, jusqu'en 2010 et son bras droit, Louis-Pierre Vénès, pour des faits de harcèlement moral institutionnel.
En décembre 2019, ils avaient été condamnés à des peines d'un an de prison, dont 8 mois avec sursis et 15 000 euros d'amende pour la période de 2007 à 2008, du jamais vu en la matière pour des patrons du CAC 40. Les hauts cadres Jacques Moulin, Brigitte Dumont, Guy-Patrick Cherouvrier et Nathalie Boulanger espèrent aussi voir lever leurs sanctions de 4 mois de prison avec sursis et 5 000 euros d'amende pour complicité. De son côté orange condamné comme personne morale à 75 000 euros d'amende, le maximum n'a pas interjeté appel. Quant à l'ex-DRH du groupe Olivier Barbero, il a finalement renoncé.
Pour Jean-Paul Tessonnière, avocat des nombreuses parties civiles, les arguments de la défense promettent d'être douteux. Emmanuel Macron, bien parti pour conserver une large majorité à l'Assemblée, c'est ce que soutient le journal économique Les Echos, propriété de LVMH. Selon la première vague du baromètre hebdomadaire Opinion Way, Kea Partners pour les Echos et radios classiques, la majorité présidentielle obtiendrait entre 310 et 350 sièges à l'Assemblée lors du scrutin des 12 et 19 juin. Avec entre 135 et 165 députés, l'Union de la gauche deviendrait la première force d'opposition.
Quant aux Républicains, ils seraient particulièrement affaiblis, passant de 101 députés actuellement à entre 50 et 70 dans la prochaine législature. Malgré cet avantage manifeste d'Emmanuel Macron, seuls 36% des Français disent souhaiter qu'il dispose d'une majorité. Et ils sont 61% de l'avis inverse. Une confirmation du peu d'enthousiasme suscité par sa réélection. Du côté de la presse indépendante, on vous invite à regarder l'émission spéciale PPDA. 20 femmes prennent la parole, en accès libre sur Mediapart.
Pour la première fois, 20 femmes ayant accusé l'ancien présentateur star de TF1, Patrick Poivre d'Arvore, de violences sexuelles et de comportements problématiques, témoignent sur le plateau de nos confrères. Elles ont entre 28 et 63 ans. Elles sont journalistes, autrices, mais aussi employées de magasins, enseignantes, conseillères aux entreprises, bibliothécaires, etc. Les frais présumés qu'elles racontent remontent aux années 1980 ou à quelques années. À voir absolument.
Le 7 décembre dernier, des travailleurs sans papier de l'agence Chronopost d'Alfortville, qui est une filiale à 100% de la Poste Groupe appartenant à l'État, se sont à nouveau mis en grève et ont démarré un nouveau piqué devant cette agence, appuyée par des nombreux travailleurs sans titre d'autres entreprises. Cette occupation est la deuxième en deux ans devant cette agence. Ils luttent aux côtés des dizaines de travailleurs de l'agence DPD, qui est une autre filiale de la Poste, du coup de Rémonceau, en Essonne, qui sont en grève depuis le 15 novembre pour exiger de l'employeur les documents permettant leur régularisation et l'obtention de titres de séjour.
On y était d'ailleurs avec le média, Elisa Lap, qui était sur le terrain, et les a suivies dans plusieurs manifestations. Leur lutte est aussi en lien avec celle de plus de 80 intérimaires sans papier qui tiennent à piquer devant le siège de l'agence intérim RSI à Gennevilliers depuis le 8 novembre pour exiger leur régularisation. On avait suivi ça aux médias depuis novembre sur le terrain. Depuis, les travailleurs sans papier ne lâchent pas le combat depuis des mois et continuent les mobilisations pour être régularisées. Travaillant et cotisant en France sans aucune reconnaissance, on reçoit Aboubakar Dembele du collectif des travailleurs sans papier.
Eh bien, écoutez, on va l'appeler en direct. On a un petit souci à la régie, donc on va le faire ici depuis ce plateau. Je lance l'appel. Bonjour, Aboubakar Dembele, vous m'entendez bien ? Merci d'avoir répondu à notre invitation. Alors, Aboubakar, vous travaillez en France, vous cotisez en France. On vous refuse des papiers pour pouvoir être régularisés et toucher des droits. Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi la préfecture ne vous soutient pas ?
La régularisation, comme vous avez dit, on vit ici, on travaille ici. On doit être régularisé. On a travaillé des années. Moi, je suis gréviste, délégué des piquets de chronoposte Alpha Vida, Coudray-Monsau, un autre piquet ARC de Gennevilliers. L'idée, c'est de lutter contre l'exploitation du patron et demander la régularisation à l'État. Nous avons travaillé dans le chronoposte, c'était une année 2000, deux ans, trois ans, juste après la lutte de 2019. Donc, on a décidé d'arrêter et demander la régularisation. La préfecture ferme leurs portes. Les préfectures ferment leurs portes.
Les patrons ne veulent pas donner des serfas et concordances qui permettront de faciliter la régularisation auprès de l'État. Nous, on demande la régularisation à l'État, en gros, parce que chronoposte, ça fait partie de l'imposte. C'est une entreprise 100% étatique. C'est une entreprise française. C'est l'État qui exploite. C'est l'État qui doit régulariser. Mais depuis décembre, on manifeste devant les entreprises, au ministère de l'Intérieur, au ministère du Travail, devant les préfectures, devant la direction générale de la poste. Mais des fois, on ne reçoit. Des fois, on ne reçoit pas.
Parce qu'en fait, la poste et donc les agences, qui sont des filiales de la poste, ne veulent pas reconnaître que vous travaillez pour elles. C'est ça ?
Alors, c'est Dresbourg qui nous a envoyés entre les maires de chronoposte. Chronoposte, quand on a été, je ne suis pas l'employeur de ses salariés. C'est Dresbourg non plus. Dresbourg, c'est autre chose. C'est les vrais voyous, nous, on le dit. Parce qu'ils ne sont pas à mesure de dialoguer. Ils ne donnent rien, en gros. Parce qu'ils savent ce qu'ils font, Dresbourg, plus la poste. C'est une complicité. C'est les mêmes marteaux qui frappent la poste. Je ne sais pas, ils utilisent Dresbourg comme bouclier. Dresbourg, il dit, il ne reconnaît pas. À coup de rémoire, il avait dit, il reconnaît quelques personnes. C'était 20, après c'était 8, après c'était 6.
Alors que l'inspecteur de travail a trouvé plus de 63 traces de personnes. Mais Dresbourg, il a évris la préfecture et ils ont fini par donner deux récépissés. Nous, on n'a pas vu de serfa à l'inconcordance. Et ça aussi, on ne comprend pas.
D'accord. Donc, la poste et ses agences ne vous délivrent pas ce fameux papier serfa qui vous permettrait de régulariser votre situation en préfecture. Aboubakar Dembele, on vous voit très souvent en manifestation où le média y est présent. Le combat dure depuis des mois. Vous prenez des risques. Est-ce que vous pouvez nous raconter ce combat vraiment de l'intérieur ?
Ce combat, c'est un risque. Après, il n'y a pas beaucoup de risques dedans parce que c'est avant nous, nous étions à risque. Avant même les combats. Nous, on n'était pas en liberté du tout. Il faut travailler en cachette. Il faut accepter des salaires minables. Il faut accepter d'être insulté au travail. C'est ça qui est dangereux pour une personne. Il faut se cacher en voyant le policier. C'est ça qui était dangereux. Mais une fois qu'on est dans la lutte, on est largement soutenu avec Solidaires 94, 91, etc. Et plus d'autres particuliers, les risques, on l'assume. Mais nous, on espère pouvoir gagner et on va gagner. Parce qu'il est faux. On vit ici, on travaille ici, on doit rester ici.
Quand nous, nous étions à la poste, les cinq derniers, la poste nous a dit qu'il veut résilier une partie de contrat avec Terrisbourg. On nous a dit, vous n'allez pas vous laver les mains comme ça. Si vous voulez qu'on arrête de parler de vous ou qu'on arrête d'éditer, il faut donner des serfas et concordance. On leur a dit que même actuellement, il y a des sans-papiers sur place qui travaillent.
Dans la société de Terrisbourg, c'est ça?
Si entre les maires de Chronopost et sous-traité par Terrisbourg, hier, ils sont venus. Il y avait plus de neuf personnes. Ils savent ce qu'ils font. Ils ne peuvent pas continuer sans nous. On leur a dit qu'ils veulent que leur entrepôt continue à fonctionner. Nous, on n'a pas de problème pour travailler. Mais on veut travailler légalement cette fois-ci, dignement. Ils sont régularisés.
À Alfortville, ils avaient promis la régularisation. Est-ce que c'est le cas? Est-ce qu'ils ont reculé?
Non, contre Alfortville, la préfecture même ne veut pas recevoir les grévistes. C'est silence à radio total. On a été reçu juste une fois. Vous imaginez, bientôt six mois de grève, on n'a été reçu qu'une seule fois. Et ça par un directeur de cabinet de la préfecture qui nous avait dit, j'ai mandat pour vous écouter, et ensuite transmettre le message qui est qu'il y aura après un retour. Cinq mois après, il n'y a pas de retour. On a manifesté devant eux six fois.
Et pourtant, la Poste, le 5 mai dernier, a enfin reconnu que vous aviez travaillé pour eux.
Oui, c'est ça. Je disais, le 5 mai, quand on était là-bas, on est intéressé par la dériage des géopostes, puis c'est un dériage des chronopostes. Ils ont enfin reconnu. Ils ont dit, on va résilier une partie de contrat avec des riche beaux à Koudré-Mousseau et à Alphorville, parce que c'est ces deux sites qui sont concernés. C'est les deux sites dans lesquels les sans-papiers ont travaillé. Alors que ce n'est pas seulement ces deux sites. À Lime et Bravan, à Chili Mazarin, à Olney-Soubois, partout, dans tous les chronopostes, il y a quelques sans-papiers. Il faut décharger dans des heures bien précises. Il faut trier. Il faut finir le travail entre les 4h30 et les 4h30 jusqu'à 7h30.
Il faut finir le travail. Il faut que tous les camions soient déchargés, que tous les collets soient triés. Ensuite, les clients viendront récupérer ce qu'ils devraient récupérer dans le chronoposte. Et les restes, les chauffeurs les livreront.
Donc si la Poste a reconnu que vous avez travaillé pour eux, est-ce qu'elle est d'accord pour vous remettre ces documents dont vous avez besoin pour régulariser votre situation ?
Alors ça, elle n'est pas d'accord pour faire ça pour l'instant.
D'accord.
On a dit, ben, s'il voulait, il donnait sa faille concordance. Mais non, la dame même était là. Non.
Vous êtes soutenu par des collectifs ou des associations d'avocats dans cette affaire ?
Non, nous-mêmes, nous sommes un collectif, un collectif des travailleurs sans-papiers d'éviterie. On est soutenu largement par des syndicats. Celui de la 94, 91, c'est le PTT. Après, on est soutenu par d'autres associations et d'autres organisations.
On imagine que vous manifestez depuis des mois. Vous n'allez pas lâcher. Vous avez manifesté hier. Vous prévoyez une autre manifestation demain. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus ? Et comment, d'où vous trouvez vraiment cette force à Boubacar ?
Hier, on a manifesté de la Grande Arche jusqu'à la préfecture de Nader. C'était pour aller chercher une réponse aussi de la part des préfectures qui nous disaient, sur les camarades de Gennevilliers, qu'il y aurait à peu près une trentaine de régularisations. Mais une fois, la préfecture, c'était la députée Elsa Fossion qui a été réçue, plus l'élite départementale de Nader Dachari, qui sont rentrées. En sortant, ils nous disent la mauvaise nouvelle, la préfecture dit qu'elle n'avait pas dit une trentaine de régularisations, alors qu'elle avait bien sorti. La députée avait même parlé de ça dans le média. Mais c'est-à-dire qu'ils ont attendu jusqu'à la dernière minute.
Après, il fait tomber les rideaux en disant qu'on n'a rien dit, qu'on n'a rien promis pour casser le rythme de la lutte, pour entrer la lutte. Mais ils se trompent. Nous, on n'est pas prêts de s'arrêter. On ira jusqu'au bout. Jusqu'au bout, ça veut dire que nous, nous irons jusqu'à la victoire, jusqu'à la régularisation. Demain, nous allons manifester, piquer des chronopostes ici, jusqu'à la préfecture, les départs C.A. 14, pour ensuite demander encore d'être reçus par la préfecture. Ensuite, pouvoir obtenir un rendez-vous et une régularisation sans serfait et sans concordance.
Merci. Merci à vous, Bakar Dembélé. On suivra bien évidemment encore votre mobilisation. On compte sur l'ISALAP, qui est de toutes les manifestations. Et voilà, n'hésitez pas à nous donner des nouvelles et nous informer de l'évolution de votre lutte, à vous Bakar Dembélé. Merci encore. Je vous souhaite une très bonne journée.
Merci à vous. Bonne journée. Bonne journée. Au revoir. Au revoir.
On vous l'a dit, au Média, on aime suivre l'évolution des luttes que l'on couvre. Le 17 mars dernier, nous recevions Zouina, militante des quartiers populaires et signataire de l'appel On s'en mêle, qui a recueilli l'adhésion de plus de 1 000 actrices et acteurs des quartiers populaires. Ensemble, ils ont fait le choix de saisir collectivement le bulletin de vote du candidat Jean-Luc Mélenchon pour inscrire dans cette campagne, mais aussi au-delà l'enjeu des quartiers populaires, comme une question politique de premier plan, une initiative historique qui marquera l'histoire des luttes des quartiers populaires et qui a déjà porté ses fruits.
Le leader de la France insoumise est arrivé largement en tête des suffrages en Seine-Saint-Denis avec 49,32% des suffrages exprimés. Jean-Luc Mélenchon a fait des scores impressionnants à Bobigny, 60,14%, ou encore Saint-Denis, 61,13%, alors que la candidature de Jean-Luc Mélenchon apparaissait comme un espoir pour les quartiers populaires. Ces derniers se considèrent mis à l'écart des accords conclus pour les législatives. Plutôt que d'attendre, le collectif On s'en mêle a décidé d'organiser une Assemblée nationale des quartiers. C'était le 8 mai dernier à Stain.
Macron encore, mais On s'en mêle toujours. Le collectif On s'en mêle appelle à une Assemblée nationale des quartiers le 8 mai 2022 à 14h à Stain. Le troisième tour vue des quartiers. Emmanuel Macron l'a emporté face à la candidate de la haine du repli chauvinos sécuritaire et du racisme. Bien sûr, les habitants des habitants des quartiers populaires ne sont pas dupes. Malgré leur grande colère contre le président des premiers de cordée. Ils ont encore une fois fait preuve d'une intelligence collective. En faisant massivement barrage à l'extrême droite. Alors que nous étions les oubliés du premier tour, nous avons été courtisés pour le second tour de la présidentielle comme jamais auparavant.
Ce qui souligne toute l'importance de nos voix. Et tout l'enjeu de la reconnaissance de notre présence sur la scène politique. Allons-nous donc rempiler pour les cinq prochaines années avec la casse sociale et son lot de violences inouïes contre nos vies ? L'avenir n'est pas muktoub et nous avons encore notre mot à dire. Après avoir fait barrage aux fachos, nous devons maintenant faire barrage à ceux qui les ont montés en épingle. Afin de pouvoir tranquillement mener leurs affaires. C'est pourquoi le troisième tour devrait être celui d'une accélération de nos luttes. De leur convergence. De la jonction des différents acteurs du mouvement social. Ici et maintenant, tout de suite.
Et en parallèle, la campagne des législatives devra donner voix aux acteurs et aux actrices de ces luttes. Car nous l'avons dit lors de notre appel du 17 mars. Nous participerons à la recomposition de la scène politique. Car sans la prise en compte des acteurs et actrices politiques des quartiers, au moment où les petits calculs politiciens vont en bon train entre les différentes composantes de gauche pour faire ou ne pas faire front commun lors du troisième tour électoral, nous affirmons que les acteurs et actrices politiques des quartiers populaires n'accepteront pas d'être encore une fois laissés pour compte.
Nous ne saurons ni les sacrifier des négociations entre appareils ni les faire valoir de personnes et encore moins les victimes d'un jeu de dupe exister, c'est exister politiquement. Et pour cela, nous devons faire encore un effort pour mieux nous organiser. Ne laisser personne prendre la parole à notre place. Ne plus accepter d'être les boucs émissaires du repli franchouillard ou les supplitifs d'un antiracisme chagrin qui prétend se faire la voix des sans voix. C'est pourquoi nous appelons à notre deuxième rencontre nationale le dimanche 8 mai 2022 14h à Stain le troisième tour vu des quartiers vu des tours.
Bonjour, Zouina. Bonjour, Nadia. C'est un plaisir de te recevoir de nouveau. On avait promis aux auditeurs et spectateurs du Média de leur donner des nouvelles du réseau national On s'en mêle dont tu es la déléguée. Je rappelle que Zouina, tu as milité au sein du mouvement de l'immigration et des banlieues. Tu es également passée par le forum social des quartiers et la présidence de l'écho des cités qui est un centre de ressources des archives des luttes dans les quartiers populaires. Alors que vous étiez les oubliés des premiers tours, vous avez été courtisé au second tour comme jamais auparavant. C'est ce qu'on vient d'entendre dans le clip.
Peux-tu nous raconter comment vous avez vécu la défaite de Jean-Luc Mélenchon et les coulisses de l'entre-deux-tours ? Vous avez été courtisé.
Courtisé, oui, de manière générale, mais du coup, l'ensemble des acteurs des quartiers populaires parce que c'est quand même dans ces lieux que le vote pour Jean-Luc Mélenchon a été quand même relativement important, massif. Alors, du coup, on devenait potentiellement… Je parle de manière générale et pas que l'on s'en mêle. Même si le collectif, on s'en mêle à impulser une dynamique, on est aussi conscient et on reste vraiment à notre place en toute humilité pour dire que les habitants des quartiers, y compris les jeunes, ont simplement pris conscience qu'il y avait un enjeu important à faire en sorte de pouvoir dégager de ce pouvoir les extrêmes, en fait.
Voilà, c'est ça, le danger qui nous menace et le danger qui n'est pas écarté, d'ailleurs, qui est toujours présent. Et donc, il y a un enjeu politique majeur à s'inscrire dans la construction d'un bloc de gauche qui puisse prendre en considération toutes ces questions politiques de manière à faire en sorte que les votes extrêmes baissent. Ça, c'est une première chose. L'analyse qu'on en fait.
Donc, on a été courtisés, certes, mais du coup, la suite, elle est un peu compliquée puisque lorsqu'on a organisé notre Assemblée générale, le 8 mai Astin, dans l'idée, un, de faire un premier bilan des présidentielles, d'aborder, du coup, la deuxième phase qui s'ouvre, celle des législatives, pour nous continuer sur la troisième partie qui est celle qui nous intéresse le plus. C'est la construction d'une organisation politique issue des quartiers qui permettra de travailler véritablement la formation de futurs cadres qui pèseront à toutes les échéances, à toutes les élections, en fait.
Voilà. Mélenchon n'a pas été élu parce que je rappelle que c'était quand même une première des collectifs, un collectif d'acteurs des quartiers populaires qui appelle à voter pour un candidat. Il ne s'agissait pas seulement d'appeler à voter, mais vraiment pour un candidat. Je ne sais pas s'il y a eu une forme de déception ou pas. Vous vous attendiez à ce que Jean-Luc Mélenchon ne soit pas au second tour. Là, maintenant, c'est les législatives. Vous vous regardez droit devant vous. Comment vous avez accueilli la nouvelle union populaire, écologique et sociale conclue entre les principaux partis de gauche ?
Alors, il y a deux dimensions. Il y a la première dimension où on savait qu'il n'irait pas au second tour parce qu'il y a eu trop de divisions à gauche, clairement. Voilà. Ça, c'est un des éléments de ce résultat, 22 %. Les 22 %, ce n'est pas rien. Ce qu'on observe, c'est que ce qu'on trouve intéressant, c'est la démarche de vouloir s'associer à l'ensemble des représentations politiques de ce pays, à gauche, pour pouvoir aller vers une majorité, du coup, qui ne soit pas une majorité favorable au gouvernement Macron, mais du coup, une majorité dans laquelle la gauche a une place suffisamment représentative pour bloquer un certain nombre de réformes. Clairement, c'est ça l'idée.
Donc, je trouve que le pari, en tout cas, qui a été fait par la France insoumise autour de cette démarche, c'est un beau pari, en fait. C'est un bel enjeu. Ce n'est pas facile à tenir. Ce n'est pas facile à tenir parce que je vais prendre l'exemple de nous-mêmes, issus des quartiers populaires, de manière très large et pas qu'on s'en mêle. On a du mal à digérer des alliances avec le Parti communiste, avec le Parti socialiste, avec les Verts, avec tous ceux qui ont participé à faire qu'on en est là aujourd'hui, à une grande trahison, à un dérapage vers le racisme, en fait, clairement, je me dirais comme ça. L'islamophobie, le racisme, etc.
Vous parlez surtout de Fabien Roussel, là, en l'occurrence.
Tout à fait, mais pas que. Tout à fait. Les dernières sorties de Fabien Roussel, elles sont inadmissibles, même pendant la campagne, d'ailleurs. Je veux dire, pendant la campagne, en parlant des quartiers périphériques radicalisés, enfin, voilà, venant du Parti communiste, quand même. Mais en même temps, l'histoire nous rappelle qu'il y a déjà eu des passages de ce type, quand on a viré les dents maliens. Bon, voilà. Donc, ce n'est pas nouveau. Là, les attaques contre Tawaf, enfin, moi, je suis surprise que ça émane du Parti communiste. Mais finalement, en même temps, ils vont manifester avec les syndicats de police. Bon, voilà. Donc, après, c'est ça, c'est cette dérive.
Donc, du coup, c'est difficile à accepter ces fameuses alliances, mais elles se font sur la base d'un programme et elles se font avant tout pour tenter de réussir à faire que l'Assemblée nationale de demain soit investie majoritairement en candidats de gauche. Ça, c'est la première chose. Nous, on est sur cette logique-là et on s'inscrit dans ce projet-là. Après, évidemment, il y a des déceptions parce que les représentants issus des quartiers populaires, moi, je parle de ceux qui sont acteurs, qui ont derrière eux une histoire, un engagement local sur un certain nombre de questions, de sujets de société. Je parle de ceux-là.
Je ne parle pas de ceux qui ont émergé dernièrement sous prétexte d'être issus des quartiers populaires, revendiquent une députation alors que derrière, il n'y a pas véritablement d'histoire. Voilà, je ne comprends pas.
Tu vises, par exemple, enfin, je dis vous, pour le collectif, tu penses notamment à Esdine Taibi, maire communiste de Stein, qui se présente maintenant de manière autonome sur sa circonscription après avoir été écartée des accords de la NUP, même cas de figure dans la dixième circonscription du Val-d'Oise. Sana Saïtouli, militante de terrain et fondatrice de Sergi Demain, qui maintiendra quand même sa candidature, face notamment Aurélien Taché, qui est aujourd'hui un candidat NUP, anciennement membre du parti présidentiel. Alors, on parle souvent de Paris, on va parler de la province.
C'était aussi le cas à Marseille avec le militant associatif Kévin Vaché, figure du collectif du 5 novembre et qui était originalement encarté LFI, qui n'a pas été retenu sur la quatrième circonscription des Bouches-du-Rhône ou encore en Seine-Maritime avec le maire socialiste Delboeuf, Djudé, Mère-Abbé. Pour vous, qu'importe les accords d'appareil, toutes et tous se présenteront.
Tout à fait. Il y en a un certain nombre qui ont pris la décision d'y aller seul sans aucune investiture parce que du coup ne l'ont pas été retenu. Alors après, ça, nous, on soutiendra. À partir du moment où c'est une candidature effectivement qui s'inscrit, un, sur le territoire, deux, avec une histoire de lutte et d'engagement autour des questions d'égalité et des anges de société, on soutiendra. Après, il y a d'autres personnes aussi qui ont été proposées, qui n'ont pas non plus été retenues, pour lesquelles il n'y a pas eu un effort suffisant d'essayer de faire une place.
Je pense, moi, à Salah Moukran qui est avec nous, qui est un des initiateurs de l'Appel, on s'en mêle, qui a une histoire politique, enfin voilà, qui est connue et reconnue et qui n'a plus rien à prouver. Je trouve dommage qu'on soit passé à côté de ce type de candidature qui représente énormément pour les milieux populaires. Mais bon, malgré tout, on continue, nous, à travailler, à construire l'avenir. On aurait pu dire on claque la porte, c'est pas bon, on n'a pas été retenu, un tel, un tel, un tel, sauf que la politique, c'est aussi, à un moment donné, c'est un rapport de force.
Nous, on reconnaît que le rapport de force, il n'existe pas de l'autre côté pour le moment parce qu'on n'a pas de structure organisée qui permette, à un moment donné, d'être sur ce terrain-là puisqu'on est sur d'autres terrains mais pas celui de la question politique et de la question électorale et donc on va s'inscrire sur ce terrain-là pour permettre à l'avenir que le rapport de force soit réel parce qu'au-delà de ce qu'on représente par le poids de notre histoire, on a une capacité à emmener, impulser, accompagner et à dire des choses, malgré tout, voilà, les places ne sont pas si importantes que ça.
De l'autre côté, il y a Kader Lamar qui sera du coup investi à vos envelins mais c'est pas la hauteur en fait, voilà, mais c'est pas grave, on continue parce que l'enjeu quand même c'est de faire que dans ce pays les choses elles changent politiquement parce que c'est plus possible, voilà, ça réellement.
Donc vous continuerez à vous mobiliser aux côtés de ces partis de gauche et pas contre ?
Tout à fait, on continuera à faire un chemin avec le Parlement de l'Union Populaire pour construire du coup l'organisation politique des quartiers populaires tel qu'on l'entend nous parce que si on regarde l'ensemble des députés qui vont être investis, prenons juste une photographie en fait, la photographie parlera d'elle-même et après si on regarde de près, voilà, je ne vois pas pourquoi certains seraient tout légitimes à être investis alors qu'ils ne sont connus de personnes sous prétexte, qu'ils ont des relations avec un tel, un tel, quand au niveau local, on a des candidats qui sont déjà présents, enfin voilà, qui sont reconnus par leur père, qui ont fait un travail important, c'est ça en fait qu'on a du mal à saisir.
Mais bon, après, ce n'est pas nous qu'avant le monde, comme on dit.
Mais est-ce que la solution n'est-elle pas de présenter finalement des listes indépendantes ?
Oui ou non, parce que ça s'est aussi fait, la présentation de listes indépendantes, pour pouvoir présenter des listes indépendantes, il faut être fort en fait, il faut avoir une organisation derrière, il faut avoir les moyens financiers et humains de pouvoir mener cette campagne, enfin, ce n'est pas si simple que ça. Et en plus, c'est une possibilité, mais on l'a déjà fait, voilà, je veux dire, dans le réseau, il y en a déjà qui ont présenté des listes indépendantes, ça c'est depuis les années 2000, à différents rendez-vous électoraux, soit les municipales, que ce soit les législatifs, que ce soit les régionales, ça c'est déjà fait en fait.
Donc, ça n'amène pas plus de possibilités ou de capacités à être investis ou à être dans le jeu électoral. Voilà, on l'a déjà fait à plusieurs reprises.
Et donc, le 8 mai dernier, c'était donc une date très importante, c'était la deuxième rencontre nationale du collectif Ensemble à Astin, un peu plus de 250 personnes étaient réunies à l'espace Pôle-et-Loire à Astin, donc quelles ont été les pistes de réflexion ? Tu nous l'as un peu dit, mais quels sont les engagements que vous avez pris alors pour la suite ?
Alors, les engagements qu'on a pris pour la suite par rapport au collectif Ensemble, c'est de deux choses, c'est donc soutenir en tout cas les candidats qui pour nous représentent véritablement une histoire, d'engagement sur leur territoire, c'est de les soutenir pour qu'ils puissent effectivement gagner l'investiture au moment des élections législatives. Donc ça, c'est une chose. Et d'ailleurs, qu'ils soient investis ou pas par le NUX, nous, on va y compris regarder ceux qui partent tout seuls, parce qu'on en a un certain nombre, et donc on va leur donner de la force et une aide. Ça, c'est pour les législatives.
Et dans un deuxième temps, nous, on poursuit le travail autour de l'organisation politique et on espère bien, mais en tout cas, pour le moment, c'est ce qui se passe. On a beaucoup, beaucoup de sollicitations, d'attentes, de demandes, d'envies, y compris de plus jeunes. Et notre idée, c'est de monter une école de formation politique pour pouvoir demain faire que Easy Eye sans, comment dire, en se sentant véritablement à leur place. Légitime. Légitime. À leur place pour aller se préoccuper de tous les enjeux électoraux partout. Les municipales, partout, partout, partout. Les législatives, voilà. On veut demain former les futurs cadres politiques issus des quartiers populaires.
C'est très important, effectivement, de les former, de les préparer à cette vie politique qui est rude où les coups bas font son légion. N'est-ce pas ? Très bien. C'est quoi le prochain rendez-vous, peut-être ? Est-ce qu'il y a une actualité que tu aimerais partager avec nous, Zouina, avant de partir ?
Alors, nous, le prochain rendez-vous, alors là, du coup, j'en profite pour le dire à toutes les personnes qui pourraient être intéressées par la démarche, n'hésitez pas à vous faire connaître auprès du collectif Ensemble. Nous, à l'issue de la journée du 8 mai, nous allons sortir un appel qui sera un peu bilan synthèse mais qui dresse aussi puisqu'on a participé à la salle à la création de cet appel qui paraîtra demain donc on va diffuser largement.
On travaille sur l'organisation de groupes régionaux donc nous, on a un groupe on s'en mêle à Paris, on en a un autre à Marseille, on en a un à Toulouse et on va en créer un à Lyon donc voilà, sachez qu'on s'organise au niveau régional et on va vers la préparation d'universités d'automne à priori fin août, début septembre pour pouvoir commencer à travailler sur la fondation de cette organisation politique avec tous ceux qui voudront en faire partie.
Merci beaucoup Zouina, militant des quartiers populaires, on vous invite à suivre toutes les actions du collectif on s'en mêle sur les réseaux sociaux, Instagram, Twitter, Facebook aussi j'imagine. Voilà, on garde le contact avec le collectif et on vous tient informé de cette mobilisation une fois de plus historique des militants des quartiers populaires.
Merci Nadia et merci à toute l'équipe du Média.
Merci Zouina. À très bientôt. À très bientôt. Pendant que notre attention était tournée et continue d'être tournée vers les élections, le législateur en profite pour grignoter nos droits et libertés encore plus. Le Conseil d'État a validé l'utilisation massive de la reconnaissance faciale par la police dans le fichier traitement des antécédents judiciaires portant ainsi atteinte aux droits et libertés des personnes concernées et ce malgré les alertes lancées par la quadrature du NET Association de défense et de promotion des droits et libertés sur Internet.
Nous recevons Arthur Messaud, juriste à la quadrature du NET pour discuter de cette décision de la haute autorité administrative qui s'est positionnée en défenseur de la surveillance de masse contre toute attente. On va diffuser une petite vidéo aussi puisque la commission des lois du Sénat a adopté hier à l'unanimité un rapport d'information sur la reconnaissance faciale et ses risques. Ce document qui sera rendu public aujourd'hui alerte sur l'absence de cadre juridique clair face aux nouvelles technologies d'identification et recommande le lancement d'une série d'expérimentations.
On ne peut pas rentrer dans une société de surveillance avec Big Brother partout. Ça ne nous voit pas. Mission Impossible ou Jason Bourne, non. Ce n'est pas l'état d'esprit du Sénat depuis longtemps. Et d'un autre côté, il faut accepter qu'on puisse expérimenter un certain nombre de cas d'usage qui peuvent être liés au terrorisme, qui peuvent être liés à la protection de grands sites sportifs aux Jeux olympiques, qui peuvent être liés à la nécessité pour la police ou la gendarmerie de vérifier que la personne qu'elles ont en face d'elle est bien une personne qui n'est pas au fichier de la délinquance et qu'elle porte le même nom que celui qu'elle a dans son fichier.
Bref, tout ça peut se faire, mais de manière encadrée, proportionnée, ça veut dire qu'on a recours à ces technologies qu'en dernier recours, et puis avec la nécessité de réaffirmer la souveraineté numérique de l'Europe et de la France.
Bonjour Arthur. Tu réagissais déjà à cette vidéo, justement, je vais te demander ce que tu en penses de cette proposition d'une expérimentation. Je rappelle que tu es juriste à la quadrature du net et que le 26 avril, le Conseil d'État a rejeté vos critiques contre l'utilisation massive de la reconnaissance faciale par la police dans le fichier traitement des antécédents judiciaires. Donc, clairement, Arthur, qu'est-ce que tu penses de ce rapport qui préconise la mise en place de différentes expérimentations sur, on dirait, de trois ans ?
Ça, c'est le grand discours du gouvernement de nous dire qu'on va expérimenter des nouvelles technologies. Alors, il faut tout de suite raboter ce discours en rappelant que l'expérimentation, elle est là depuis dix ans, en fait. On n'est pas du tout dans une phase d'expérimentation. Ça fait dix ans que la reconnaissance faciale est déployée de façon massive en France et on n'a pas attendu d'expérimentation. C'est dans les textes juridiques.
La police le fait au quotidien et c'est quelque chose qui, souvent, nous, quand on essaie d'expliquer ça au public, qui surprend beaucoup de gens parce que les gens pensent que la reconnaissance faciale, c'est qu'en Chine ou c'est que dans Black Mirror et qu'en France, non, c'est pas possible. Et du coup, il y a vraiment une difficulté à accepter, à accepter quelque chose d'assez dur. C'est normal que ce soit difficile à accepter qu'en fait, non, la reconnaissance faciale, la France, est en plein pied dedans depuis dix ans. Et en fait, la police ne s'en est jamais cachée. C'est des textes officiels.
La police, on a plein de faits divers où elle explique aux journalistes qu'elle a utilisé la reconnaissance faciale. Et aujourd'hui, on a tous les jours, d'après les chiffres officiels, tous les jours, 1200 opérations de reconnaissance faciale qui permettent à la police d'identifier des personnes sur des caméras d'idées de surveillance, sur Internet ou même lors de contrôle d'identité. Et ce qui est choquant, c'est que le sénateur qu'on vient d'entendre dit, ah, ce serait bien de faire des expérimentations pour contrôler l'identité des personnes arrêtées. Et ça, ça fait dix ans que c'est officiel, que c'est fait de façon régulière, 1200 par jour.
On n'a pas besoin d'expérimentation parce que c'est déjà fait. Et c'est trop long de voir qu'on en arrive encore à débattre d'une chose comme si c'était le futur alors que pas du tout c'est le passé. Ça fait depuis dix ans que c'est là et que c'est tous les jours que c'est fait comme ça. Alors nous, on a essayé de contester ça devant le Conseil d'État, cet état de fait qui n'est connu de trop peu de gens en disant mais de un, en fait, cette reconnaissance faciale fait 1200 fois par jour, il n'y a pratiquement aucun cadre juridique. C'est vraiment, c'est complètement sauvage.
C'est les policiers seuls, sans le contrôle d'un juge ou même d'un procureur qui décident de déployer telle ou telle technologie à quel moment.
Et d'ailleurs Arthur, justement pour illustrer ce que tu viens de dire, on a réussi à trouver une petite vidéo sur Twitter. Lisa, tu peux peut-être nous envoyer ça s'il te plaît.
Plus des mineurs en fugue ou des sans-papiers payés 70 euros la journée. Regardez là-bas. Mon famille, c'est quoi ? Celui-ci dit ne pas avoir de papier sur lui.
S, H, S ou C, H.
Pour vérifier son identité, le policier utilise un logiciel de reconnaissance faciale. Moi, je ne suis pas physionomie, je ne reconnaîtrais même pas mon frère, mais il me semble que c'est lui. Comme il a déjà été arrêté. Oh non, il ne faut pas mentir, il faut bien la vraie identité. Les policiers ont une fiche à son nom. Enfin, à ses noms.
Alors, un jour, tu t'appelais Mouzide, un jour, tu t'appelais Djeloul, t'as la même coupe de cheveux, la même couleur de cheveux. J'ai aucun problème, de toute façon. Moi non plus, je n'ai pas de problème. T'as déjà connu des services de police, c'est sûr. T'as déjà connu
des services de police. Et prendre les empreintes, etc., là maintenant, la reconnaissance sociale, c'est top. L'homme, en situation irrégulière, est emmené en garde à vue, tout comme le deuxième guetteur qui, lui, a déjà été condamné pour trafic de stupéfiants.
Les dérives, typiquement, la reconnaissance faciale.
Est-ce qu'on peut parler de dérive dans la mesure, en fait, la police fait ça quotidiennement ? C'est devenu la pratique normale. Alors, c'est une dérive dans la mesure où ce n'est pas encadré juridiquement. Là, ce qu'on vient de voir, c'est qu'il n'y a aucun texte. C'est illégal. Mais c'est complètement illégal. Ce n'est pas prévu, c'est vraiment la police de sa propre initiative qui s'est donné des pouvoirs de surveillance de masse. Et vraiment, c'est ça, l'état actuel de la police en France. Il faut voir que c'est assez inédit. Partout ailleurs en Europe, les gens, quand ils parlent de la France, c'est de façon apeurée.
On est vraiment un pays qui est en avance dans la violation de l'état de droit technologique sur les points de vue de surveillance technique. Du coup, nous, on s'est dit, on va saisir le Conseil d'État. De façon évidente, le Conseil d'État, il va avoir tous ces débordements dans tous les sens. Il va interdire ça d'une façon ou d'une autre. Bon, malheureusement, ce n'est pas ce qui est arrivé. Comme tu l'as dit, ce qui s'est passé,
raconte-nous.
Ce qui s'est passé, autant nous, on était très confiants d'un point de vue juridique parce que devant une telle absence totale de cadre juridique, on s'est dit, on va gagner. Mais en même temps, le Conseil d'État, il a toujours systématiquement ces dernières années, toujours défendu la police et le gouvernement et les services de renseignement sur tous les sujets technologiques. Donc, on s'est dit, le Conseil d'État va vouloir défendre la police, mais juridiquement, ça va être compliqué. Alors, l'astuce qu'il a trouvé, il a trouvé deux astuces assez terribles.
La première, c'est qu'il nous a dit, ok, certes, peut-être qu'il y a énormément de dérives, peut-être que 1200 opérations par jour, la plupart sont peut-être illégales, mais ce n'est pas à moi d'en juger. Le Conseil d'État a dit, moi, je suis juste là pour juger les décrets, le droit en général, et si vous voulez contester la pratique de la reconnaissance faciale, il faut attaquer chacune des mesures au cas par cas devant la CNIL ou devant les juges.
Vous imaginez bien que 1200 par jour, ni nous, ni la quadrature minette, ni personne, peut saisir un juge 1200 fois par jour pour contester des mesures qui ne sont en plus pas connues, parce que la plupart du temps quand la police fait ça, c'est de façon opaque, c'est au commissariat, on ne sait même pas combien même on voudrait attaquer 1200 fois par jour, on ne serait même pas qui est attaqué, quand attaqué, pour défendre quelle personne. Donc là, le Conseil d'État s'est défaussé dans un endroit où il savait très bien qu'on ne pourrait pas aller.
Et c'est pour ça, c'est ce qu'on dénonçait dans cette mesure de surveillance de masse, c'est que par principe la surveillance de masse, on ne peut pas l'attaquer au cas par cas parce qu'elle est de masse. Et c'est ça qu'on reprochait au système, le Conseil d'État a fait semblant de ne pas avoir le problème. L'autre argument qui est sans doute le plus terrible, c'est qu'il nous a dit qu'en fait, aujourd'hui, dans les fichiers de police, il y a tellement de photos, il y a tellement de gens qui sont fichés, donc le fichier principal qui est utilisé, c'est le fichier de traitement d'intestinence judiciaire comme tu as dit, donc l'otage.
Aujourd'hui, l'otage, il y a 20 millions de personnes qui sont fichées, donc pour une population de 70 millions, c'est énorme, et sur ces 20 millions, il y en a 9 millions qui ont des photos. Donc il y a 9 millions de photos dans l'otage, donc plus d'une personne sur 10, peut-être toi, peut-être moi, qui a son visage dans ces documents, dans ce fichier de police.
Et le Conseil d'État nous a dit, en fait, il y a tellement, tellement de visages, on a tellement ouvert les vannes du fichage qu'on ne peut plus, que les policiers ne peuvent plus interroger ce fichier à la main, mais à son manuel, ça prendrait trop de temps, donc on a besoin d'une autre technologie de surveillance de masse, de reconnaissance faciale, pour exploiter ce fichier. Il faut bien comprendre l'astuce qui est terrible, ce qui nous dit que la surveillance de masse reconnaissance faciale, une de 100 fois par jour, est justifiée par une autre surveillance de masse qui a été le fichage d'une personne sur 10 qui a son visage dans un fichier de police.
Et c'est terrible parce que ce raisonnement, il est circulaire, on peut tout justifier avec ça. Et nous, ce qu'on voit aussi, le parallèle qu'on fait et qui est immédiat, c'est qu'on a aujourd'hui des caméras de vidéosurveillance qui vont permettre la reconnaissance faciale qui sont déployées partout en France.
En fait, il y en a tellement qu'aujourd'hui, on a un discours des industries et des politiciens de droite qui vont nous dire qu'il y a trop de caméras, on ne peut plus les exploiter à la main, donc on a besoin de logiciels, soit reconnaissance faciale, soit des logiciels de détection de comportement qui vont détecter les mendiants, qui vont détecter les jeunes qui traînent trop longtemps sur un banc, ou pas jeunes d'ailleurs, qui vont détecter les militants, les militantes, et avec le même argument qu'on a tellement déployé de surveillance, que ce soit les caméras ou le fichage, qu'on a besoin d'en rajouter encore plus pour que ça fonctionne.
Et évidemment ça, comme argument, que son politique ou juridique, nous, on considère comme étant irrecevable et absurde, seulement le Conseil d'État, on n'y peut rien. Une fois que le Conseil d'État a rendu sa décision, c'est la plus haute juridiction dans son ordre, on ne peut rien faire d'autre. Par contre, ce qu'on peut comprendre, c'est qu'il nous a dit aller attaquer les fichiers au cas par cas, aller attaquer le système dans son ensemble et ça, on peut l'entendre et du coup réfléchir à d'autres étapes pour contester cette surveillance de masse.
Donc justement, c'est ce que vous disiez dans cet article, dans ce communiqué, vous ne vous découragez pas, vous pensez déjà à la suite, c'est quoi le point d'action, c'est quoi la stratégie ?
Alors déjà, le point d'action pour nos adversaires, il faut voir lequel il est. Donc dans le petit extrait au Sénat, le sénateur ne s'est pas trompé, il a évoqué les JO de 2024 qui sont l'échéance que s'est donné l'industrie française pour déployer au maximum, enfin d'abord pour légaliser et pour déployer tous ces outils technologiques que ce soit reconnaissance faciale, drone aussi, anti-drone, détection de comportement et le but, c'est qu'en fait, de profiter du projecteur mondial qui sera sur la France et surtout sur Paris pour faire une démonstration de force, une démonstration technologique des armes de la France.
Et ça, c'est l'industrie à tout compris, enfin le but de l'industrie française, c'est de vendre en fait des armes technologiques à tous les pays du monde. La France a très bien compris aussi son intérêt de briller, enfin la France en tant que, le gouvernement français en tout cas, de briller au point de vue international en tant que puissance sécuritaire et puissance technologique sécuritaire. Donc tout doit être en place pour 2024. Alors du coup, on s'attend déjà nous à une loi en France qui pourrait arriver, qui pourrait essayer de légaliser encore plus ce qui est déjà fait aujourd'hui, donc ça pourrait venir de ce rapport du Sénat.
Et au niveau européen, on a un texte, on a une loi sur l'intelligence artificielle qui est actuellement débattue, qui va avoir ce même but en fait de venir légaliser après coup ce qui est actuellement déployé et ce qui actuellement est complètement illégal d'après nous. Donc ça, c'est le programme qui est en face, donc ça va nous offrir des opportunités de manif, d'aller voir des députés, d'aller rappeler un peu ce qui se passe aujourd'hui en France et qui est illégal.
Et en parallèle, nous, après notre perspective, ça serait peut-être, enfin peut-être, d'attaquer ce qui est déjà là, d'attaquer la reconnaissance faciale, peut-être pas devant le Conseil d'État, mais il y a d'autres instances, peut-être MacNil par exemple, d'attaquer aussi tout le système en fait sur lequel la reconnaissance faciale se base. Et on l'a dit, enfin le Conseil d'État l'a dit, si la reconnaissance faciale est justifiée d'après lui, c'est parce qu'on a fiché toute la population.
Peut-être qu'il faut s'attaquer aussi au fichage de toute la population, qu'il y a quelque chose que, bon, on ne sera pas les premiers les premiers à attaquer ça, mais c'est quelque chose qu'il faut constamment critiquer. Ce n'est pas normal qu'il y ait 20 millions de personnes qui soient fichées en France par la police. Il faut bien dire aussi que c'est qui ces personnes fichées, ce n'est pas des grands criminels. C'est n'importe quelle personne qui est connue de la police, c'est-à-dire soit en tant que personne poursuivie, soit en tant que personne témoin ou victime, va être fichée. Et quand je dis personne poursuivie, ce n'est pas pour des crimes.
On a des contraventions de cinquième classe, donc tout ce qui va être dégradation, etc., ça va nous faire terminer dans ce fichier de police. Et même les personnes en pratique ne sont jamais fâchées du fichier. Donc en fait, si par exemple toi, tu es poursuivi parce que je ne sais pas parce qu'on te reproche d'avoir fait un tag et d'avoir tagué
sur le mur du média
pour dire Macron démission. Et qu'après coup, on apprend que ce n'est pas toi, que c'est moi. Et pendant 20 ans, tu seras toujours fiché dans ce fichier de police. Et ce fichier de police peut être utilisé de toutes les façons du monde. On sait qu'il est utilisé. De toute façon officielle, il est utilisé. L'administration va regarder pour donner des titres de séjour ou non pour ouvrir l'accès à certains emplois qui sont liés à la sécurité ou aux services publics. Et tout ça, tout ça est complètement laissé en roue libre. Et nous, on dit encore une occasion d'attaquer. Et encore, dernier truc à attaquer comme système de surveillance de masse, c'est les caméras.
Les caméras de vidéosurveillance qui sont partout dans la rue. Quand ils ont commencé à s'installer, je pense que la population en a pris conscience il y a 15 ans ou un peu plus, il y a eu un premier mouvement de contestation qui était un mouvement dont nous, on est admiratif et qui était très puissant mais qui a perdu sur le long terme parce que c'était très dur à l'époque et encore aujourd'hui de sensibiliser les gens au danger qu'on présente une caméra dans la rue. C'est un danger qui est un peu abstrait parfois, qui est un peu dur à expliquer.
Mais aujourd'hui, maintenant qu'on a des nouvelles technologies qui apparaissent sur ces caméras qui font très peur à beaucoup de gens et tant mieux, la reconnaissance faciale ça fait peur à beaucoup de gens et tant mieux. Nous, on a l'espoir que ce soit une façon, un nouveau biais pour requestionner ces caméras et demander à les enlever. Et nous, aujourd'hui, quand on parle à des maires de gauche, que ce soit à Marseille, à Bordeaux, enfin de gauche large, nous, on leur dit que votre mission en tant que politique élu de gauche, c'est de un, de jamais autoriser de la reconnaissance faciale ou des nouvelles technologies sur les caméras et de deux, d'enlever les caméras.
En fait, enlever-les, elles ne servent à rien. Pour le coup, même que ce soit le cours des comptes ou n'importe quelle institution un peu sérieuse qui a examiné l'utilité des caméras de vidéosurveillance, tout le monde est d'accord pour dire qu'elles ne servent à rien, qu'en termes de dissuasion, ça n'a jamais fonctionné, c'est clair, mais même en termes de poursuite, ça fonctionne pratiquement ça, c'est jamais utilisé.
On n'arrive pas à interpeller une personne sur la base de ces images qui auraient été captées par la vidéosurveillance ?
On n'y arrive pas, en fait, on y arrive tellement peu que la police s'en sert très peu. S'en sert très peu. Parce qu'ils ont tellement d'autres moyens de fliquer à la population et tellement plus efficaces et moins chers qu'ils s'en servent assez peu des caméras. Donc nous, ce qu'on dit, c'est retirer les caméras, retirer les fichiers, effacer les fichiers et évidemment, ne mettez pas on est fiers d'être dans nos rues et tranquillement.
Oui, c'est bien de le rappeler et on va marteler encore que l'utilisation massive de cette technologie est interdite aux règles du droit des données personnelles. Mais il y a des situations exceptionnelles où on peut recourir à cette reconnaissance faciale.
C'est juste que la police le fait. Enfin, c'est pas le fait juste parce que...
Mais en cas de nécessité absolue, est-ce que la police... Oui, voilà. Dans ces cas-là, très précis.
Oui, oui, oui. En théorie, oui. Le droit prévoit que, même si c'est interdit la reconnaissance faciale, en cas de nécessité absolue, c'est-à-dire si on démontre qu'il n'y avait aucune autre façon d'éviter un drame, là, c'est possible. Alors, cette nécessité absolue, il faudrait qu'elle soit contrôlée par un juge au préalable et qu'elle soit extrêmement limitée par un cadre juridique. Rien de tout ce cadre n'est actuellement prévu. Donc oui, dans l'absolu, on peut réfléchir à un système qui serait différent. Mais nous, vu que ce système n'est pas là du tout, nous, on ne peut que s'opposer massivement à la reconnaissance faciale.
D'ailleurs, là, on l'a vu, on a vu que c'était une opération illégale de reconnaissance faciale. Tout ce qui pourrait être relevé durant cette opération, par exemple, la personne est en situation d'irrégularité, vu que l'opération est illégale, la personne ne devrait pas pouvoir être poursuivie, en principe. Je ne sais même pas
si la personne est poursuivie, je ne sais pas ce qui lui est arrivé à cette personne. C'est juste, enfin, le contrôle d'identité, souvent, c'est juste des mesures de harcèlement. Ce n'est pas forcément pour poursuivre. Ou aussi, moi, ce que j'ai vécu et beaucoup d'autres camarades, c'est en sortie de manifestation. Toutes les personnes qui sont contrôlées, on va relever leur identité. On ne sait pas pourquoi. Est-ce que c'est pour remplir derrière la fiche qui existerait déjà pour faire du fichage politique, tout simplement ? Il y a quelque chose que la police ne s'en cache pas de faire ça.
Et moi, je n'avais pas de carte d'identité quand je fais une manifestation à Marseille contre la loi sécurité globale. Ça tombe bien. Et je sors, je n'ai pas de carte d'identité parce que je n'en ai pas. Donc, ils voulaient me prendre en photo pour faire la reconnaissance faciale, pour faire quoi ? Pour ficher, etc. Donc, il n'y aura même pas de poursuite forcément derrière. Le principe de la surveillance de masse, ce n'est pas que mettre des gens en prison, c'est aussi harceler, faire peur. Et pour le coup, on a raison d'avoir peur.
Est-ce que l'argument, alors on ne l'a pas entendu, mais dans cette interview de ce sénateur, il faisait remarquer que pour la souveraineté, il était important de sauvegarder la souveraineté numérique. Donc, juste pour expliquer ce que c'est, c'est qu'aujourd'hui, les opérations, les nouvelles technologies de reconnaissance faciale sont surtout commercialisées par la Chine ou par Israël. Et pour lui, il est important d'être maître, en fait, finalement, de ces nouvelles technologies. C'est un argument que j'imagine...
C'est forcément le discours qu'on entend beaucoup chez le personnel politique. Alors, d'abord, a priori, il n'est pas tout à fait juste. En France, on a parmi les plus grosses boîtes qui font la reconnaissance faciale au monde, il n'y a pas de doute. Donc, tu as raison de citer Israël, la Chine, les États-Unis aussi, clairement. Mais en termes d'opérations sécuritaires, de flicage des rues, la France est vraiment très, très, très dans le haut du panier. Quand on parle de souveraineté numérique, bon, c'est un mot fourre-tout, donc tout le monde s'arrange. En vrai, ce qu'ils veulent dire, et ils le disent eux-mêmes dès qu'on va dans les conférences, etc., ils parlent de concurrence économique.
Ce n'est pas une souveraineté et la souveraineté, tout le monde s'en fiche, c'est la concurrence. Ils savent que les Chinois avancent, ils savent qu'Israël avance, que les États-Unis avancent. Et nous, on a vraiment des pions à jouer dans la guerre à l'armement d'un point de vue économique. Alors, c'est des pions qu'évidemment, nous, on n'aimerait pas qu'ils soient joués. Mais d'un point de vue libéral, d'un point de vue capitaliste, oui, il faut que la France puisse offrir des produits qui permettent de concurrencer les produits chinois, américains, israéliens. Et en fait, on y arrive aujourd'hui, il n'y a pas de souci. La France déploie largement.
Nous, quand on dit qu'on importe depuis la Chine des produits de surveillance, c'est vrai. Il y a des villes aujourd'hui en France qui sont équipées de technologies chinoises, mais l'inverse aussi est vrai. Il y a des endroits en Chine qui sont équipées de technologies françaises. Et ça se passe très bien dans le meilleur des mondes capitalistes. Les marchands d'armes peuvent n'importe quelle nationalité. Du moment que les armes circulent, tout le monde en profite. Et donc, voilà, cette concurrence économique, il faut voir qu'elle se fait au détriment de la population.
Non seulement la population, que ce soit en Chine ou partout en Afrique, où évidemment, tout le monde veut déployer un maximum d'expérimentations, ou sur notre territoire directement en France ou partout en Europe. Les personnes qui paient le coût, c'est nous. C'est nous qui sommes les cobayes à la fois des expérimentations pour affiner leur arme pour qu'elle soit la plus efficace. Et ensuite, on est secondement, d'abord, on est victime en tant que cobaye. Ensuite, on est victime juste en tant que personnes qui vont être harcelées, qui vont être interpellées, qui vont aller en prison dans plein des cas.
Puis à terme, il y a d'autres victimes, peut-être pas en France, mais sur d'autres territoires qui seront les victimes militaires. Parce qu'évidemment, ces technologies-là, il ne faut pas du tout les dissocier de drones tueurs qui vont identifier des personnes automatiquement. C'est le même écosystème technologique et économique. Et alors, peut-être pas qu'en France, moi, je n'ai pas peur tout de suite qu'il y ait des drones tueurs en manifestation pour tuer les militants. Je pense qu'on n'est pas à ce niveau-là du tout de violence encore. Mais il y a d'autres territoires dans le monde. Oui, c'est le cas.
Et aujourd'hui, la population française et plein d'autres populations servent de cobayes pour perfectionner ce genre de technologie-là. Et c'est vrai, cette concurrence économique, elle va enrichir tout un tas d'entreprises, notamment françaises, mais aussi dans d'autres pays. Et elle va appauvrir tout le reste de la population.
C'est marrant parce que c'est toujours ce même sénateur opposé aussi à un autre argument. C'est que pourquoi s'inquiéter du recours à des nouvelles technologies de reconnaissance par les opérateurs publics alors qu'au quotidien, ce sont des opérateurs privés, surtout, qui ont recours à ces nouvelles technologies et que ça ne nous poserait pas de problème ?
D'abord, il faut voir que ce n'est pas forcément vrai. J'imagine qu'on pense à Google et Facebook, qu'on les imagine faire la reconnaissance faciale demain. Non, ce n'est pas vrai. Ils ne font pas vraiment ça. En Europe, Facebook, il aimerait bien faire la reconnaissance faciale mais très vite, il se dit qu'il allait se prendre des murs d'un point de vue juridique et que nous-mêmes, on ne l'aurait pas raté au tournant. Donc, ils ont plutôt réduit ça. Ils n'ont pas des grands intérêts. Ils ont certains intérêts à développer des technologies pour les revendre, etc. Mais après, eux-mêmes, ce n'est pas la police.
Google et Facebook, ils n'ont pas d'intérêt d'identifier quelqu'un à manifestation pour l'arrêter ou pour le ficher. Ça, c'est la police qui fait ça. Et c'est pour ça que dans cet argument, toujours, on rappelle quand on dit « Ah, mais Google et Facebook le font déjà donc ce n'est pas grave si l'État le fait. » Il faut toujours rappeler que l'État, ils ont des tasers, ils ont des LBD, ils ont des armes qui tuent des gens et l'État, il tue des gens régulièrement de façon volontaire. Et Facebook et Google, ils n'ont pas comme projet d'être en mesure de tuer des gens s'il le faut. Et ça pose des problèmes extrêmement importants.
Facebook et Google, évidemment, on ne va pas dire que ce n'est pas grave, il faut vraiment les surveiller et un péché qui nuise, mais ils ont une nuisance en matière létale beaucoup moindre que celle de l'État. Et moi, désolé, mais si on doit juste parler du sujet de genre être enfermé, être tué, moi, j'ai moins peur de Facebook et Google que de l'État français.
Et puis, je le rappelle aussi, l'État français fait la reconnaissance faciale quotidiennement sur toute la population à partir d'un réseau de vidéos de surveillance qu'il y a partout en France, partout en rue, dans la rue, ce que ne fait pas Google et Facebook juste parce qu'ils n'ont pas les moyens, ils ont juste Facebook et Google, ils n'ont pas le même réseau, ils n'ont pas les mêmes nombres de policiers qui peuvent faire cette reconnaissance faciale et surtout, ils n'ont pas les armes et les prisons dans lesquelles nous enfermer.
Oui, c'est bien de le rappeler, Arthur, et on a parlé de cette expérimentation qui semblerait être l'orientation prise par le législateur, en tout cas, au Sénat. Les retours d'expérience pourraient, c'est ce que nous disent aussi ces sénateurs, enclencher un processus législatif plus fouillé et détaillé, en clair, une grande loi biométrie. En d'autres recours possibles pour vous, alors ?
Alors, ça sera un prétexte pour manifester, pour faire du bruit sur ce sujet-là, mais il faut voir l'enfumage et il est difficile à encaisser pour nous, c'est qu'ils vont vouloir autoriser un truc qui est déjà autorisé. Et nous, comment on fait pour dénoncer ça après l'expérimentation ? Elle est là depuis 10 ans et elle a porté ses fruits et en fait, les fruits, c'est que c'est super efficace pour la police. La police va dire ça, ça permet d'utiliser des fichiers de plus en plus gros comme l'a dit le Conseil d'État. Donc l'expérimentation, on connaît déjà les résultats, on connaît déjà l'ambition de l'industrie, l'ambition de la droite d'autoriser tout ça.
Donc je veux dire, il n'y a pas besoin qu'ils s'embêtent à faire une expérimentation, ils ont déjà la réponse qu'ils cherchent.
Mais si cette expérimentation doit aboutir sur une loi, une grande loi, ça vous permettrait, vous, peut-être, de faire une QPC ? Une question prioritaire de constitutionnalité ? De la contester plus facilement ou pas du tout ? C'est compliqué.
Alors, ce que tu décris, c'est une stratégie habituelle qu'on a en tant que militant et militante, c'est d'aller devoir au Conseil constitutionnel dans l'espoir que sous la pression politique, le Conseil constitutionnel fasse appliquer les textes fondateurs pour rejeter une ambition un peu trop autoritaire du gouvernement. On l'a vu avec la loi sécurité globale, donc on avait eu de très très grandes manifestations, c'était une loi qui allait autoriser les drones, qui allait autoriser tout un tas de nouvelles vidéosurveillances. On a eu des très très belles manifestations et je continue de remercier toutes les personnes qui ont participé.
Et à la fin, le Conseil constitutionnel, devant la pression populaire, a censuré massivement la loi. Bon, sur le coup, on était contents. Quelques mois plus tard, le gouvernement revient, il repose la même loi, qui passe sans souci. À ce moment-là, il y a eu d'autres difficultés, on n'a pas réussi à faire du tout le même mouvement social, c'est normal, c'est super dur de faire deux fois d'affilée. Le texte passe au Conseil constitutionnel sans aucune censure, pratiquement. Il passe très tranquillement. Et tout ce qu'on avait réussi à obtenir quelques mois avant, on l'a perdu là.
Parce que le Conseil constitutionnel, c'est comme le Conseil d'État, il n'a pas du tout pour but de protéger la population contre le caractère autoritaire du gouvernement. Il est juste là pour arrondir les angles quand vraiment la population est trop fâchée. Mais il a le même programme politique, c'est-à-dire capitaliste, autoritaire, que toutes les autres institutions de la République. Alors par contre, on peut aller voir, on peut chercher peut-être d'autres voies que ces institutions-là. Je disais, toutes les institutions de la République ont le même programme politique. Non, ce n'est pas vrai.
Mais si vous allez voir peut-être des juges de plus bas niveau, si vous allez voir la CNIL, si vous allez voir des institutions qui ne sont pas forcément situées en France mais au niveau européen, on peut espérer sortir de ce prisme très très autoritaire français. Mais il ne faut pas non plus trop se faire d'inquiétude, enfin, pardon, pas trop se faire d'espoir sur le long terme. Ces nouvelles technologies-là, elles sont déployées partout dans le monde. Et si on veut les repousser, ce ne sera qu'avec un changement culturel de masse.
Ce sera vraiment qu'il faudra qu'on s'habitue tous ensemble à accepter que tous les jours on parle de ça, qu'on dit que la reconnaissance sociale, on n'en veut pas. Et aussi peut-être remettre en question tout l'écosystème numérique qui permet de rendre ça acceptable, que ce soit les téléphones, les ordinateurs partout, la surnumérisation à la fois de nos vies au quotidien et des services publics. Tout ça, c'est un écosystème qu'il faut savoir critiquer dans son ensemble pour pouvoir, en bout de course, dire que la reconnaissance faciale, ce n'est pas une évidence. Ce n'est pas parce que c'est un Chine aux Etats-Unis que ça doit être aussi un Europe.
D'ailleurs, aux Etats-Unis, ça n'est pas tant que ça. Un Chine, ça n'est pas autant qu'on le dit. Donc arrêtons de penser que c'est un destin inévitable. Ça ne l'est pas du tout. Il y a plein de technologies dans l'histoire de l'humanité qu'on a su repousser, que ce soit le clonage ou l'arme nucléaire qu'on arrive à désescalader dans sa production. Ce n'est pas parce qu'une technologie existe qu'elle va forcément se répandre. Et non, on peut complètement la rejeter et avoir une vie beaucoup plus simple sans toutes ces surveillances de masse-là.
Merci beaucoup, Arthur. Messau, juriste à la Quadrature du Net, on vous invite vraiment à suivre leurs travaux, à les soutenir aussi. Comment on peut vous aider ?
Très simplement, avec des dons. C'est la version la plus simple. On ne vit que par des dons des gens, comme le média. Et sinon, dans les semaines, dans les mois à venir, je pense qu'on aura besoin de soutien peut-être un peu plus dans la rue ou par des actions juridiques. On vous en parle très vite.
Très vite, bien sûr. On garde le contact. Et voilà, encore une bonne raison d'aller voter lors de ces législatives, pour voir voter pour des parlementaires qui sont très attachés aux libertés et aux droits des individus.
On aimerait bien que, oui, pour le coup, les représentants de la gauche, quand ils sont élus au niveau municipal, en général, ce ne sont pas les plus alliés contre la surveillance de masse, mais ils sont peut-être moins fiers que les autres. En vrai, non, non, ils ne sont pas au niveau, la plupart.
Bon, très bien. Alors, quoi dire ? Vive les listes indépendantes !
Oui, oui, oui.
Merci, Arthur. Merci à vous de nous avoir suivis pour cette matinale que vous pouvez voir en replay, bien évidemment. Il y a le podcast aussi disponible. On vous rappelle que la campagne d'abonnement est toujours en cours. On a atteint 9 966 abonnés. C'est énorme en quelques semaines. On vous remercie. On n'essayera jamais de le faire. Et on vous rappelle que l'objectif est 10 000 abonnés. Encore un petit effort. Vous trouverez en description de la vidéo le lien pour pouvoir souscrire un abonnement, 5 euros par mois ou plus, pour soutenir le média. On se retrouve demain. Je serai également à l'animation. Je vous souhaite une très belle journée.
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