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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 31 mars 2017 10 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Marine Le Pen à l'assaut du plafond de verre - Les questions SMS #cdanslair 31.03.2017

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 22 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:03OuverteÉludée

    Marion Maréchal-Le Pen est-elle concernée par les affaires judiciaires du FN ?

  • 0:22OuverteÉludée

    Qu'a réellement fait Marine Le Pen pour défendre les Français ?

  • 1:46OuverteÉludée

    Le vote Le Pen est-il contestataire ou sociétal ?

  • 4:12OuverteÉludée

    Le protectionnisme de Marine Le Pen ne va-t-il pas provoquer des sanctions économiques ?

  • 4:46OuverteÉludée

    L'Union européenne résisterait-elle à un Frexit ?

  • 5:38OuverteÉludée

    Va-t-il y avoir enfin une vraie proportionnelle aux législatives ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:52InvitéFait
    « il y a quand même des enquêtes qui sont conduites sur l'utilisation de cet argent. »
  • 3:16InvitéChiffre
    « la proportion de ceux qui veulent sortir de l'euro n'a pas bougé. Elle reste toujours à 30%. »
  • 3:51InvitéFait
    « Elle va négocier, elle va renégocier les traités. Évidemment, elle ne renégociera rien parce qu'elle n'y arrivera pas. »
  • 4:56InvitéFait
    « l'Union européenne, elle a pour moteur principal le couple franco-allemand. »
  • 5:19InvitéFait
    « l'Europe serait en charpie. Et les petits États que nous sommes tous aujourd'hui réunis, mais tous séparés, eh bien, on ne pèserait vraiment rien. »
  • 7:20InvitéChiffre
    « abstention attendue à plus de 30%. »
  • 8:21InvitéFait
    « Il y a une probabilité que ça puisse se faire, oui. »

Temps de parole

  • Invité27 %
  • Invité 226 %
  • Invité 322 %
  • Présentateur18 %
  • Invité 48 %

2,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:03
Invité

Marion Maréchal-Le Pen, la nièce, est-elle concernée par les affaires judiciaires du Front National ? Non. A priori, non. Pour le moment, non. Anti-européenne au Parlement européen. Qu'a réellement fait Marine Le Pen pour défendre les Français ? Quelle est la réalité de ces actions ? Le problème, si vous voulez, c'est que d'abord, les élus du Front National siègent très peu au Parlement européen. C'est-à-dire qu'ils s'en servent de ce Parlement européen pour avoir un statut d'élu, parce que les élections européennes sont assez favorables, finalement. C'est là où ils enregistrent des bons scores, en dehors des élections locales. Ça permet d'avoir de l'argent.

Alors pour le moment, tout ça est encore, je dirais, nimbé de la présomption d'innocence. Mais il y a quand même des enquêtes qui sont conduites sur l'utilisation de cet argent. Et c'est pour ça, d'ailleurs, qu'elle est moins inquiétée que François Fillon sur des possibilités d'emplois fictifs. Parce que comme ces emplois fictifs, c'est avec l'argent de l'Europe, et c'est sur le dos de l'Europe, comme l'Europe est très impopulaire auprès de son électorat, ça a un effet. Oui, mais les Français ne le savent pas toujours bien. Exactement, oui. Ça, c'est la deuxième chose.

La troisième chose, c'est que Marine Le Pen, je dirais qu'elle est à la tête d'un parti qui s'appelle le Front National, qui est une espèce de club assez obscur et qui a des modes de fonctionnement qui sont exactement comparables à ceux des autres partis. Il n'est pas plus propre que les autres. Le vote Front National est-il toujours contestataire ou est-il réellement dicté par des considérations plus sociétales ? Anne Rosanchère.

1:46
Présentateur

C'est les deux. C'est-à-dire qu'il y a des considérations sociétales qui sont dans la révolte. Ce qui était intéressant cette semaine, c'est qu'il y a eu la publication du bonheur intérieur brut. Vous savez comment les gens étaient ou pas satisfaits de leur situation, qui est une approche différente du produit intérieur brut. Et ce qui était fou, c'est qu'on voit vraiment la ventilation. C'est-à-dire que les gens qui sont les moins heureux de leur situation votent en majorité pour Marine Le Pen. Et ceux qui sont les plus satisfaits et heureux de leur situation pour Emmanuel Macron.

Donc on a vraiment les deux favoris qui tiennent les deux bouts de ce baromètre du bonheur ou de la satisfaction. Et donc on voit bien ce qu'on disait tout à l'heure, que vous avez deux candidats entre guillemets ni droite ni gauche. Celle des insatisfaits et celui des satisfaits. En vérité, ce qui fait un peu peur, c'est que les insatisfaits sont plus nombreux. Mais la question qui se posera à la fin, c'est est-ce qu'il y a toujours ou pas une majorité absolue de Français pour qui Marine Le Pen présidente, ça ne le fait pas. C'est la seule question et je pense que c'est même assez indépendant de sa stratégie pendant les dernières semaines.

2:47
Invité

J'ajouterais un autre aspect. Il y a dans la société française, dans ces tensions, dans ces difficultés, une envie très forte de protestation, de colère qui s'exprime. On le voit bien. Et en même temps, il y a le besoin et l'envie de solutions. Et autant sur certains sujets, les solutions proposées par Marine Le Pen peuvent convaincre son électorat. Je ne sais pas si elles sont bonnes ou pas, mais si elles peuvent convaincre son électorat. On voit bien, il faisait allusion tout à l'heure, que l'euro, c'est une partie du plafond de verre de Marine Le Pen. Parce que, non pas, les Français ont pris des distances vis-à-vis de l'Europe.

Mais par contre, depuis plus de dix ans, la proportion de ceux qui veulent sortir de l'euro n'a pas bougé. Elle reste toujours à 30%. Et sur ce point-là qui est clé, notamment dans l'électorat retraité, dans l'électorat retraité, y compris chez les retraités les plus modestes, on voit bien que c'est une barrière qui empêche que le vote Front National, tout d'un coup, apparaisse au-delà d'une vote de protestation, comme un vote de solution. Surtout qu'il y a quand même sur l'Europe, il y a quelque chose qu'il faut dire, et qui est peu rassurant pour beaucoup de Français, c'est qu'elle a décliné son plan pour sortir de l'Europe. Elle va négocier, elle va renégocier les traités.

Évidemment, elle ne renégociera rien parce qu'elle n'y arrivera pas. Après, elle veut consulter par référendum les Français. Qu'est-ce qu'elle fait si elle perd ce référendum ? Elle quitte l'Elysée ? Ça veut dire qu'il y a une crise politique d'ici au mois de décembre. C'est un réel souci que certains n'ont pas oublié. Alors, autre question. Le protectionnisme de Marine Le Pen ne va-t-il pas provoquer des sanctions des pays avec lesquels nous avons des échanges économiques et donc nous pénaliser ? On voit bien qu'on est encore une fois au cœur du problème de ce programme qui pose beaucoup de questions. Olivier Beaumont ? Le problème, c'est qu'il n'y a pas de précédent. C'est très compliqué.

C'est très compliqué. On voit que c'est ce qu'essaie de faire aujourd'hui Donald Trump. Entre les intentions et puis la réalisation, il y a toujours un petit fossé. Donc, voilà. Moi, je suis incapable de savoir. La situation du Brexit aussi a bien vu qu'on est encore dans le flou. Donc, c'est difficile de répondre à une question. On a une question qui prolonge un peu la précédente. Dans le cadre de l'élection de Marine Le Pen, l'Union européenne résisterait-elle à un Frexit ? Non. Je pense que l'Union européenne, elle a pour moteur principal le couple franco-allemand.

Si la France n'est plus là, même si, évidemment, le dynamisme économique est plutôt outre-Rhin, l'Europe, surtout que s'ajouterait à ça, ce serait un deuxième exemple après le Brexit, eh bien, la volonté probablement d'autres pays de nous imiter. Simplement, l'Europe serait en charpie. Et les petits États que nous sommes tous aujourd'hui réunis, mais tous séparés, eh bien, on ne pèserait vraiment rien pour M. Trump, pour M. Xi Jinping en Chine et pour M. Poutine en Russie. Et la pauvre Allemagne coincée entre Washington, Paris et Moscou, puisqu'il y aurait forcément un axe assez fort entre ces trois pays-là. Va-t-il y avoir enfin une vraie proportionnelle aux législatives ?

En tout cas, on peut imaginer qu'on est arrivé à un moment particulier de l'histoire politique et que si, comme on le mesure aujourd'hui, les deux candidats qui arrivaient au second tour n'étaient pas les deux candidats qui représentaient les deux grands partis, ils auraient besoin pour trouver une majorité d'une forme de proportionnelle. La difficulté, c'est que cette forme de proportionnelle, elle ne peut pas se modifier, le scrutin peut difficilement se modifier avant les législatives qui sont prévues le 11 et le 18 juin. Une fois que vous avez une majorité, vous ne repassez pas la proportionnelle pour remettre votre majorité en cause.

Au sujet des législatives, regardez la question suivante. Si Marine Le Pen est au second tour, mais qu'elle ne gagne pas, il va bien falloir tenir compte de son électorat au Parlement.

6:27
Présentateur

Oui, bien sûr, mais de toute façon, là encore une fois, si elle est au second tour et qu'elle ne gagne pas, mais mettons que ce soit Emmanuel Macron qui gagne dans ces cas-là, lui, il est pour réinjecter de la proportionnelle à l'Assemblée nationale. Donc, normalement, dans les prochaines années, je ne sais pas si c'est souhaitable ou pas, d'ailleurs...

6:43
Invité

Mais si elle fait 40% au deuxième tour, imaginons, c'est ce qui est annoncé. Si elle fait 40% au deuxième tour...

6:49
Présentateur

Ah oui, si elle fait 40% dans la France, elle ne va pas dans les législatives, oui.

6:51
Invité

Non, mais il n'y aura pas de réforme du mode de scrutin pour les législatives à venir.

6:53
Présentateur

Alors, Bruce, je vais vous répondre, ça fait longtemps qu'on aurait dû tenir compte des victoires électorales de Marine Le Pen pour infléchir et pour parler, pour faire de la politique autrement, si vous voulez. Ce qu'on a décrit tout au long de cette émission, c'est quand même une dynamique qui prend ses racines il y a fort longtemps. Donc, en effet, tout comme on aurait dû tenir compte déjà des scores qu'ils avaient faits au régional.

7:16
Invité

Alors, question pour Bernard Salanès. Comment se fier au sondage ? Ça commence bien. Avec autant d'indécis... C'est une vraie question intéressante. Et une abstention attendue à plus de 30%. Est-ce que cette abstention modifie vos données ? Alors, d'abord, abstention attendue à 30%. On ne sait pas. On voit bien que la mobilisation est plus tardive. En même temps, cette campagne, elle a commencé plus tard que les autres fois. On peut imaginer, même si la prestation sera peut-être plus basse que d'habitude, on n'est pas sûr. Entre 20 et 30%, il y a quand même des chiffres différents. Première chose. Deuxièmement, oui, il y a une indécision. Oui, ça nous amène à beaucoup de prudence.

C'est évident. Je ne peux pas vous dire que c'est le cauchemar des sondeurs, l'indécision. Mais évidemment, ça joue. Et puis, il y a encore un ou deux débats. Ces débats sont nouveaux dans la dynamique de la campagne électorale. On a vu leur impact pendant les campagnes des primaires. Donc, après les débats, on y verra sans doute un peu plus clair. Mais il y aura encore une fois une très grande incertitude jusque dans les tout derniers jours, voire les tout dernières heures du scrutin. C'est mardi prochain, le 4 avril, le prochain débat sur BFMTV et CNews. Est-il possible que les électeurs de Mélenchon reportent leur voix sur Le Pen au second tour ? Oui, c'est tout à fait possible.

Il y a une probabilité que ça puisse se faire, oui. Certains. Les passerelles entre l'extrême gauche et l'extrême droite, elles ont toujours couru, c'est très longtemps. Aujourd'hui, dans la configuration, par exemple, Fillon contre Marine Le Pen, on voit bien qu'il y a beaucoup d'électeurs de gauche qui disent qu'ils s'abstiendraient, qu'ils ne savent pas encore se prononcer. Il faut voir après comment la dynamique du second tour se fait. Mais sur les questions européennes, il y a des passerelles. « Existe-t-il une passerelle entre l'électorat de Jean-Luc Mélenchon ? » Et c'était justement la question suivante. Eh bien donc, oui.

Il existe des passerelles sur des sujets, sur des problématiques. Il n'y a pas de passerelles.

8:56
Présentateur

Ce ne sera pas tous, il n'y a pas un vase communiquant.

8:59
Invité

Pourquoi Marion Maréchal-Le Pen est-elle aussi discrète dans la campagne présidentielle du Front National, Olivier Beaumont ? Il y a un coup d'après, puisque l'enjeu pourrait, c'est un groupe parlementaire très fort, et puis briller la présidence de ce groupe. Vous vous rendez compte de la puissance politique que ça lui donnerait, notamment si sa tante n'est pas élue présidente de la République. Il faut quand même savoir que derrière, dans quelques mois, en fin d'année, il peut y avoir un congrès du Front National. Donc, si Marine Le Pen fait un score inférieur aux prédictions sondagières, ça peut tanguer fort en interne. Ça va tanguer fort. Merci beaucoup à tous les quatre.

Merci à l'équipe qui a préparé cette émission. Dans un instant, Anne-Sophie Lapix pour cet avou. Ce soir, la Rodif est à 22h40. On se retrouve demain en direct pour le C dans l'air du samedi. Très bonne soirée sur France 5.