Christine Boutin : "La France est en déclin, elle est apostate, renégate… "
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Sud Radio, l'invité politique Jean-François Aili. Bonjour Christine Boutin et bienvenue. Bonjour. Votre parole est rare Christine Boutin, ancienne ministre hein, vous êtes aujourd'hui retiré si je puis dire, de la la vie politique. Vous présidez encore présidente d'honneur hein de ce parti que vous avez cofondé, le parti baptisé Via qui est un parti chrétien démocrate. Christine Boutin, merci d'accorder ces ces quelques mots ce matin sur Sud Radio. Le pape Léon X c'est son étape à lourde ce dimanche pour la catholique que vous êtes. C'est ma première question. Est-ce que cette visite pontificale, qu'est-ce que ça représente personnellement ? Personnellement, ça ça représente tout
pour moi. Euh vous savez, pour moi, la vie c'est le Christ. Euh ça a toujours été, enfin non quand je me suis convertie, mais depuis 1988 où je me suis convertie, pour moi ma vie c'est le Christ. Et c'était vrai en politique. Alors, j'ai j'ai je l'ai vécu et je l'ai dit euh mais maintenant je peux vraiment le vivre dans ma retraite et je suis très heureuse que le pape vienne en France naturellement pour tout catholique et même pour tous les autres. du reste, on le voit bien par la ferveur que l'on a vu pendant ces 48 heures. Alors, vous dites justement la ferveur, ça tombe bien, il y a eu le Stade de France, il y a eu hier la prière place de de la Concorde. Cette ferveur, elle
vous surprend dans une France que l'on dit décristianisée. Oui, elle m'étonne un peu. J'avoue que je ne pensais pas qu'il y aurait autant de personnes, même si on a quand même quelques indices maintenant avec le développement des des baptêmes, du nombre de baptêmes et de et de personnes qui veulent devenir catholiques. Euh comme catholique, je peux vous dire que j'ai vécu à ma à ma manière la difficulté dans une France laïque à la française. J'insiste beaucoup parce que nous sommes les seuls à avoir cette interprétation dans le monde. J'ai vécu quand même un certain nombre de difficultés et de et de de critiques, de
caricature, de ça a été très douloureux pour moi ma vie politique d'être d'essayer d'être fidèle à la doctrine de l'église, la doctrine sociale de l'église parce que je défendais, je n'étais pas favorable à l'avortement. Oui. Moi mon objectif c'était de rassembler toute vie, de défendre toute vie de la de la pas de la naissance mais de la conception à l'amour naturel et de rassembler en même temps tous ceux qui s'occupent des pauvres. Et c'est la raison pour laquelle j'ai donné beaucoup pour la prison. Tout le monde a été surpris mais un catholique et s'occupe aussi bien du respect de la vie puisque cette vie nous a été donnée comme nous l'a dit le saint-père à l'Élysée à son arrivée. La vie nous est donnée. C'est
on n'y peut rien. On vient dans un pays avec des gens qui se sont rencontrés mais on n'y peut rien. Mais à côté de cette vie qui est un don de Dieu, il y a aussi la nécessité de reconnaître dans tout homme qu'il est un don de Dieu. Et même le pire des hommes, je parle de cela pour ceux qui sont en prison et bien ceuxlà méritent d'être sauvés et peuvent être sauvés. Donc si vous voulez, c'est une unité. Moi ce qui me plaît beaucoup dans cette religion, c'est la liberté. Car à chaque moment comme catholique, on peut dire au Seigneur non ou on peut lui dire oui. Et d'un autre côté, on est amené à à tenir compte de la réalité de tout homme. Alors, justement, puisque vous parlez de
liberté et vous évoquez l'avortement, ça a été votre combat de vous y opposer. Christine Boutin, plus de 50 ans après la loi veille, vous vous n'avez pas changé de position, vous êtes toujours sur les mêmes bases. Est-ce que vous comprenez aujourd'hui vous parlez de liberté, est-ce que vous comprenez une femme qui dirait moi je je veux pouvoir pratiquer une IVG je pour être libre. Je je ne veux pas de cet enfant. C'est c'est une forme de liberté aussi. Finalement, vous n'avez pas évolué là-dessus, hein. Euh non non, j'ai pas j'ai pas du tout changé de position, surtout dans ma responsabilité de parlementaire. La la responsabilité du citoyen et le regard que pose le citoyen sur une question n'est pas le même dans n'engage pas la même responsabilité qu'un qu'un député
ou qu'un ministre. Vous savez quand on est parlementaire on a l'obligation en tous les cas moi je l'ai eu, de voir les conséquences qui a qui allait entraîner telle ou telle décision et l'avortement qui du reste pour moi a commencé par la pilule. Les femmes les femmes ont cru qu'elles avaient une liberté. En fait, elle ce n'est pas du tout une liberté d'avorter. Tuer quelqu'un n'est pas une liberté. Et je peux dire, cher Jean-François Aini, au regard des hommes, dans mon combat qui a été celui de la vie, pas uniquement de l'avortement mais de toute la vie, et bien j'ai un au regard des hommes, je suis dans un échec total [grognement] puisque on a constitutionnalisé
l'avortement et qu'on a voté l'euthanasie au mois de juillet. Que dites-vous ? Que dites-vous que dites-vous justement, j'allais y venir, que dites-vous de cette adoption du droit à l'aide à mourir voulu par le président Emmanuel Macron ? Ah ben écoutez, moi personnellement, c'est une grande tristesse. C'est c'est une c'est un enfin c'est c'est incompréhensible pour moi. Euh comment est-ce que l'on peut arriver à décider avec l'énergie qu'a mis monsieur Macron avec tous ces enfin bref, vous vous lui en voulez pour ça ? Vous lui en voulez pour cette cette loi ? Écoutez, je Oui, bien sûr, parce affaire. Vous savez quand monsieur Macron, je ne les connais pas, je ne
l'ai jamais rencontré, quand monsieur Macron s'est présenté en 2017, cet homme, je l'ai suivi naturellement, vous savez, je on me voit pas en politique mais je suis très très présente en politique. J'ai pas abandonné. Et bien en 2017, j'ai pensé que cet homme avait fait un pacte avec le diable et je suis convaincu qu'il l'a fait. Vous aviez surpris en déclarant la chose euh Christi Boutin euh quand vous regardez la France aujourd'hui, vous vous évoquez cette loi fin de vie, vous évoquez le c'est un combat ancien un demi-siècle, celui de Simon Veille, l'interruption volontière de grossesse. Mais la France, quelle est devenue aujourd'hui même d'un point de vue religieux ? Est-ce que la France est encore chrétienne à vos yeux ? Je vais d'abord vous répondre une chose
matérielle. La France est en déclin. Elle est aposta, elle est renéga et c'est la raison pour laquelle ça ne va pas bien. H alors est-ce qu'elle est chrétienne ? Ben oui, elle est Vous savez, j'ai eu la chance à la fin de ma vie politique que j'ai décidé moi-même d'arrêter parce que j'estiméis que l'âge venant, il fallait laisser la place à d'autres. J'ai suivi des cours de théologie à la Cato où le pape était hier. euh pour mettre un peu de raison dans ma foi. Et bien, je suis mais très très solide là-dessus. Je ne condamne personne. Je ne suis pas une femme de combat euh de si de combat, oui, mais de de rejet. Je je comprends la douleur de que les femmes ont que
certaines femmes ont pu rencontrer. Mais quand aujourd'hui vous voyez la progression d'avortement, nous sommes les premiers euh en Europe dans notre taux d'avortement par rapport aux naissance, vous nous il est pas difficile de comprendre même sans avoir la foi, que l'on n'a pas confiance dans l'avenir. Donc il faut retrouver la confiance. Moi, je je condamne personne et et figurez-vous que la politique m'a appris le pardon, le vrai pardon. Vous pardonner. Je Oui. Ah oui, je sais et c'est très difficile. Ça m'a demandé des efforts personnels très importants. Mais le pardon est quelque chose qui vous libère et moi je suis une femme libre et je ne crois pas qu'une femme qui est amenée à avorter, à décider d'avorter soit libre au fond d'elle-même. Je ne le crois pas du tout.
En tous les cas, les résultats du développement de l'avortement fait que la France mais de l'avortement et de et la la cohérence du reste avec la loi sur l'euthanasésie amène la France au déclin, c'est tout. Il y a plus d'espérance dans ce pays. Position, vos positions en la matière n n'ont donc pas changé. Christine Boutin, une question, le pape Léon X rencontre à Lourde ce matin les enfin aujourd'hui les les victimes d'abus sexuel. Euh est-ce que pour vous c'est une bonne chose ? Euh pendant trop longtemps, l'église a protégé l'institution plutôt que les les victimes. Quel est votre regard là-dessus ? me permettraz de dire que elle n'est pas la seule et elle est la première à regarder comment régler cette difficulté, cette horreur qui sont les
abus sexuels. Alors, naturellement, ils sont encore plus ressentis par le peuple comme étant plus grave puisqu'il s'agit d'une religion et d'une certaine façon, ils ont raison de penser cela. Mais cela dit, je vous ferai remarquer que l'église, l'institution ecclésiale est la première à essayer de trouver un chemin pour répondre à cette horreur. Alors, j'espère que ce chemin qui est ouvert par l'église qui doit du reste s'améliorer, du reste, je sais qu'il y a des réformes qui sont en cours par rapport au fait de de traiter cette cette erreur. Et bien j'espère que dans d'autres domaines de l'État et bien
seront mis en place aussi des chemins pour trouver des réponses. Quand vous voyez ce qui se passait, vous faites allusion au périscolaire. Au périscolaire ? Oui, bien sûr. Écoutez, mais c'est monstrueux. Comment est-ce que c'est possible ? Comment est-ce que nous avons laissé faire ? Et ça pose du reste des questions de fond sur le regard que l'on pose réellement sur l'enfant. Nous avons des larmes, nous avons des cris, mais qu'est-ce que nous faisons vraiment vis-à-vis de l'enfant ? Est-ce que nous le considérons même quand il est né comme un comme une personne qui doit être respectée ? Voyez bien où nous en sommes arrivés. C'est excessivement inquiétant et grave. Alors l'église, oui, il y a eu des il y a eu des abus sexuels. Elle n'a pas eu peur de de les
accepter, enfin de les reconnaître et de trouver un chemin. Et et je trouve que de ce domaine-là, l'Église catholique est en particulier exemplaire. Donc un bon point pour ce pape Léon XIV qui euh qui prend le le problème à bralcorp qui regarde la vérité en face hein, si vous me passez l'expression Christine Boutin. Euh euh encore un mot quand il dit "N'ayez pas peur, ayez de l'audace, vous êtes les saints de France". Vous avez l'impression que il s'adresse aux jeunes, enfin en tout cas aux catholiques mais que cette parole porte encore aujourd'hui vu les les la complexité, les périls et le retrait du du du catholicisme en France. Oui mais oui oui mais mais là vous savez dans l'histoire de l'église il y a de
France en particulier de France il y a eu des haut il y a eu des bas il y a eu des hauts et des bas c'est la vie ça c'est la vie la vie de l'église de France elle est comme ça vous dites qu'il y a un regain vous ce matin vous dites qu'il y a un regain ah bien sûr mais bien sûr aujourd'hui regardez l'enthousiasme qu'il y avait hier à cette réunion de ces 80000 jeunes enfin c'était extraordinaire et j'ai j'ai pensé à moi quand je suis allée Écoutez Jean-Paul II, j'étais beaucoup plus jeune bien sûr, j'étais député déjà mais j'étais enthousiaste et j'ai été porté par cette foule et ces jeunes d'aujourd'hui qui étaient réunis au Stade de France hier plutôt et bien ils ont manifesté de leur enthousiasme et je suis convaincu que déjà il nous montre le chemin du reste. Je pense que c'est
une des raisons pour lesquelles le saint-père est venu étonné de voir ce qui se passait avec la France qui est devenue quasiment apostat. il a voulu voir qu'est-ce qui se passe, pourquoi il y a tant de baptême, pourquoi il y a tant de conversion, pourquoi pourquoi ? Et là, il a rencontré les et les les ces jeunes. Mais je trouve que le le sujet enfin le le parcours de de ces qu jours du Saint-Père est une un parcours universel. Sa parole est juste, il n'a pas eu peur de dire devant monsieur Macron ce qu'était la laïcité. H elle n'est pas celle la française. Euh si vous voulez qu'on que je vous en parle, je vous en parle très rapidement. Tout le monde dit pour la laïcité rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu pour justifier
qu'il faut séparer la vie publique et la vie privée. Ça a été tellement bien fait en France que la religion s'est effacée et que nous avions peur de parler de notre religion. La réalité et l'interprétation de ce verset euh de la Bible et bien c'est qu'en réalité César effectivement est le responsable de des valeurs terrestres et il faut suivre les valeurs terrestres. Mais ces valeurs terrestres pour les suivre, il faut qu'elles soient ordonnée à notre conscience. Nous ne devons pas oublier notre conscience et c'est ce que la France fait. Les autres pays au monde ne séparent pas la conscience de de l'État. Christine Boutin Oui ouais deux questions. Mais non mais j'entends ce que vous dites hein. Justement je rebondis là-dessus, il reste très peu de temps. Mais euh vous dites quoi vous ?
Vous êtes une femme politique hein, vous l'êtes toujours hein, je je l'entends. Vous dites quoi ? Euh le voile tiens certains s'y attaquent le voile le voile pour la religion de l'islam. vous, il faut tomber le voile. Écoutez, moi j'ai j'ai voté contre cette loi du voile. On était très peu nombreux parce que je savais dans mon cœur et dans mon intelligence aussi que c'était impossible de faire une loi sur l'habit, sur la façon de s'habiller. On s on est rentré dans un truc qui est complètement voué à l'échec. Ouais. Ah, c'est une impasse totale. Et ça se vérifie. Ça se vérifie. Euh c'est la raison pour laquelle je n'ai pas voté à l'époque. J'ai pensé que nous allions donner un signe distinctif et incontrôlable à des radicaux islamistes
pour exister. Et c'est ce qui se passe. Oui. Oui. Pour vous pour vous ça a favorisé l'islam politique. Toute dernière question. Christine Boutan on a plus le temps. Euh vous allez voter pour qui en 2027 ? Ça me démange de vous poser la question parce que je vous sens toujours très engagé. Oui. Écoutez, on risque de vous déplaire. Je dis simplement au français, ils attendent cette libération de 2027. Moi, je ne la vois pas cette libération parce que je ne vois pas l'incarnation de celui qui est capable aujourd'hui alors que nous sommes à Lourde qui est capable de redresser ce pays en donnant de l'espérance, de la joie et de la charité. Je ne vois pas. Et donc je pense que nous allons continuer à avoir
de grosses difficultés. Mais peut-être que quelqu'un va, vous savez, tout est possible avec Dieu. Il est possible que quelqu'un se révèle d'ici 2027. Pour l'instant, je ne vois pas l'incarnation. Ce serait à vos yeux un miracle, j'imagine. En tous les cas, [rires] ouais, oui. Absolument. Merci en tous les cas. Merci Christine Boutin euh d'avoir réservé de votre temps pour ces ces quelques minutes sur Sud Radio et puis vous restez une femme politique hein. Je vous sens très active. Allez, merci à vous Christine B. Merci beaucoup. Merci. À bientôt. Au revoir.
Christine Boutin