La parole libérée de Brigitte Macron - Olivier Beaumont - C à Vous - 12/01/2023
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse partielle
Faut-il imposer le port de l'uniforme à l'école ?
- 3:18RelanceRéponse directe
C'est une coïncidence fâcheuse avec la proposition de loi du RN ?
- 4:39OuverteRéponse directe
Des députés Renaissance travaillent-ils sur une proposition de loi sur l'uniforme ?
- 5:30OuverteÉludée
La réforme des retraites peut-elle créer un embrasement social ?
- 5:47OuverteRéponse directe
Quels souvenirs vous marquent depuis que vous êtes analysée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10InvitéFait
« Rendre l'uniforme obligatoire dans toutes les écoles et les collèges publics de France, c'était déjà une proposition de Marine Le Pen, candidate à la présidentielle en 2022 et en 2017. »
- 0:25InvitéFait
« Une France qui transmet, c'est celle d'une école où le maître est respecté, où l'uniforme évitera la concurrence des marques. »
- 2:05InvitéFait
« J'ai porté l'uniforme comme élève, 15 ans de jupettes bleu marine, pull bleu marine, je l'ai bien vécu. »
- 2:11InvitéFait
« Cela gomme les différences, on gagne du temps, c'est chronophage, de choisir comment s'habiller le matin et de l'argent par rapport aux marques. »
- 5:31InvitéFait
« Je ne suis pas économiste. »
- 6:11InvitéFait
« Elle rappelle cette image très forte, quand une effigie d'Emmanuel Macron avait été décapitée sur un rond-point. »
Temps de parole
- Invité46 %
- Invité 219 %
- Présentateur17 %
- Invité 38 %
- Invité 47 %
- Invité 53 %
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Cette question qui ressurgit dans le débat public, faut-il imposer le port de l'uniforme à l'école ? C'est un vieux débat qui a fait son retour dans l'hémicycle cet après-midi à l'initiative du Rassemblement National.
Rendre l'uniforme obligatoire dans toutes les écoles et les collèges publics de France, c'était déjà une proposition de Marine Le Pen, candidate à la présidentielle en 2022 et en 2017. Une France qui transmet, c'est celle d'une école où le maître est respecté, où l'uniforme évitera la concurrence des marques, où le même enseignement, un enseignement de grande qualité, est dispensé à tous. Proposition que le parti compte et soumettre aujourd'hui encore à l'Assemblée Nationale, car avec l'uniforme, le Rassemblement National peut faire coup double. C'est dur la droite qui se prononce pour l'uniforme depuis 2013. Dernière proposition en date, c'est d'Éric Ciotti en novembre dernier.
Et pourquoi pas, fracturer la majorité. Je suis opposé à une loi qui viendrait plaquer et imposer des tenues scolaires pour l'ensemble des élèves. Papandiaï, ce qu'il dit, c'est qu'il ne veut pas l'imposer à l'ensemble des établissements du pays. Moi, personnellement, je suis favorable à ce que tous les établissements qui le souhaitent, publics ou privés, puissent mettre en place l'uniforme. C'est déjà le cas. Oui, en réalité, en large partie, si ça rentre dans leur projet pédagogique.
Moi, donner la possibilité aux chefs d'établissement ou aux parents d'élèves, il pourrait y avoir des consultations, de décider de la mise en place de l'uniforme ou d'une tenue commune à l'échelle de leur établissement. Dans un premier temps, en tout cas, pourquoi pas. La stratégie du parti de Marine Le Pen semble bien ficelée et commence à légèrement agacer les autres députés. Elle a un nom, cette stratégie en politique. C'est la stratégie du coucou, qui consiste à piquer les idées des autres groupes, certaines recopiées au mot près. L'objectif est simple, faire voter vos propositions par les autres, puisque ce sont les leurs.
Dans le cas du Rassemblement National, cela lui permettrait de revendiquer enfin une victoire législative, ce qui serait un grand pas vers la normalisation. Mais le parti ne s'attendait sans doute pas à ce qu'aujourd'hui, la proposition sur l'uniforme obligatoire à l'école bénéficie d'un tel soutien, celui de Brigitte Macron, dans le quotidien Le Parisien Aujourd'hui en France. J'ai porté l'uniforme comme élève, 15 ans de jupettes bleu marine, pull bleu marine, je l'ai bien vécu. Cela gomme les différences, on gagne du temps, c'est chronophage, de choisir comment s'habiller le matin et de l'argent par rapport aux marques.
Donc je suis pour le port de l'uniforme à l'école, mais avec une tenue simple. Et Patrice Thoune, le Rassemblement National à l'Unanimité, s'en est réjoui. Vous avez le sentiment de partager les mêmes valeurs que Brigitte Macron ? Sur ce sujet, manifestement, oui. Je prends cet accord de Mme Macron, comme beaucoup d'autres Français, je crois. Écoutez, elle a raison, donc moi je ne vais pas dire qu'elle a tort. Madame Macron l'a bien dit d'ailleurs, en reprenant un de nos arguments, ça évite cette sorte de concours, d'affichage de marques qui est, je crois, très nuisible à l'égalité de nos enfants dans les écoles.
Bonsoir Olivier Beaumont. Bonsoir. Grand reporter au service politique du Parisien. C'est vous qui avez coordonné avec d'autres journalistes de la rédaction cet entretien. La première dame face au lecteur de votre quotidien. L'entretien a eu lieu mardi.
Tout à fait, mardi matin, au journal.
Mais il est publié aujourd'hui, pile le jour où le Rassemblement national présente une proposition de loi au sujet du port de l'uniforme. C'est une coïncidence fâcheuse, c'est le moins qu'on puisse dire ?
C'est un mauvais télescopage, en tout cas, pour la majorité présidentielle, effectivement. Brigitte Macron ignorait, on va être très clair, l'existence de cette niche du Rassemblement national et particulièrement cette mesure qui allait être portée par le parti de Marine Le Pen. C'est une question qui lui est posée par l'électeur du Parisien. Elle répond à titre personnel, une conviction personnelle, même si, évidemment, ça a forcément un retentissement politique. Et elle ne dit pas qu'il faut l'imposer. Pas du tout.
Non, non. Elle dit qu'elle est pour l'uniforme à l'école.
Dans le principe, oui. Elle rappelle sa propre expérience personnelle. Elle dit qu'elle n'a pas été traumatisée quand elle a porté les jupes à son époque. Et il faut aussi remettre ça dans le contexte de l'interview. Souvent, c'est face au lecteur. Là, l'interview, elle a duré 1h40. C'est un format d'interview assez long en presse écrite. Et sous un format qui est souvent le même. C'est-à-dire qu'au début, les panélistes interrogent l'invité sur ses sujets de force. En l'occurrence, Brigitte Macron voulait parler des pièces jaunes et puis de son combat concernant le harcèlement à l'école.
Et puis souvent, en fait, la seconde partie de l'interview est souvent consacrée au sujet plus politique. Et puis, en fin d'interview, des questions plus personnelles. Et c'est à ce moment-là, effectivement, qu'elle a interrogé sur un certain nombre de points, sur sa vie à l'Elysée, son rapport au pouvoir, sa relève avec Emmanuel Macron, et aussi sur cette question de l'uniforme à l'école.
Ce qui est sûr, c'est que des députés Renaissance travaillent également à l'élaboration d'une proposition de loi sur le port de l'uniforme. Déjà, pour s'emparer du sujet et ne pas laisser le RN appréhender complètement le préempter. Mais aussi parce que c'est un sujet qui est quand même plus porteur dans l'opinion que celui des retraites. Oui, alors après, pourquoi le rassemblement ?
C'est un vieux combat pour le RN. Il ne vous a pas échappé que ce parti a un groupe, maintenant, à l'Assemblée nationale. Donc, ça lui permet de porter des initiatives parlementaires sur des sujets qui lui semblent importants. Là, en l'occurrence, la question de l'uniforme à l'école, en sachant en plus qu'une grande partie des élus et les républicains qui sont prêts à soutenir cette proposition, ça ne fait pas pour autant une majorité dans l'hémicycle.
La première dame, qui est évidemment interrogée, questionnée par les lecteurs sur la réforme des retraites, elle botte en touche. Je ne suis pas économiste, dit-elle. En revanche, son silence quand un lecteur lui demande si elle crée un embrasement social est assez évocateur du traumatisme de la séquence Gilets jaunes.
Ça a même été un moment un peu fort de cette interview, effectivement, qui intervient là aussi en fin d'interview, où elle est interrogée sur, je n'ai plus le nom de la personne qui lui posait la question, mais effectivement sur la réforme et puis sur le climat social. Et tout de suite, en fait, ça lui rappelle d'autres moments. C'est Félix, je crois, qui a peur. C'est Félix, exactement. Un chef d'entreprise et puis un enseignant, un enseignant sur le plateau de Creil dans l'Oise. Et puis, tout de suite, ça lui rappelle des images. Et derrière, elle est interrogée par Claire sur son plus mauvais souvenir depuis qu'elle est analysée.
Et elle rappelle cette image très forte, quand une effigie d'Emmanuel Macron avait été décapitée sur un rond-point. Donc, elle a vécu la crise des Gilets jaunes. Elle a été traumatisée par cela. Il y a des images qui lui reviennent. Et effectivement, elle dit que ça peut arriver à tout moment. Et elle dit d'ailleurs qu'elle sent cette colère des Français, parce que, contrairement à ce que les Français ou les personnes peuvent penser, elle explique que tous les jours, elle sort. Elle n'est pas enfermée dans le palais de l'Elysée. Elle nous explique qu'elle fait ses courses, qu'elle sort en émot. Et que, dans la rue, les gens l'interpellent.
Quand elle fait ses courses, les personnes qu'elle croise dans les réseaux de commerce, ils l'interpellent. Certains lui disent « tenez bon ». « Tenez bon ». D'autres lui disent « je n'ai plus la phrase précisément en tête, mais je ne vous dis pas, mais si je me lâchais, je pourrais vous en dire plus ». J'en pense pas moins. Mais j'en pense pas moins exactement. Donc, voilà, on lui renvoie quand même quelque chose des colères des Français, des colères du moment particulièrement.
Et sur les retraites en particulier.